Saturday, June 30, 1979

Justice française (suite)


– Le Conseil d’Etat a jugé que je n’avais jamais rien publié (!) et cela de mon propre aveu (!).
– Mme Rozès (tribunal de grande instance de Paris) a jugé que j’avais été diffamé par le Matin de Paris ; elle m’a accordé le franc symbolique de dommages-intérêts mais elle m’a refusé l’insertion du jugement dans la presse ainsi que le droit de réponse. « En raison des circonstances particulières [lesquelles ?] de la cause » il ne lui a pas paru « opportun d’ordonner la publication sollicitée » !
– C’est elle qui me jugera dans l’affaire que m’intentent sept associations qui m’accusent de dommages par falsification de la vérité historique.
– Le parquet de Lyon a classé sans suite ma plainte pour violences ainsi que ma plainte pour entraves à la liberté de travail.
– Le tribunal administratif de Paris n’a jamais étudié ma requête de mars 1975. Aucune suite ne lui a été donnée.

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Le Progrès, 30 juin 1979, p. 3 :
M. Faurisson débouté dans une procédure contre «Le Progrès» 

M. Robert Faurisson, professeur à l’université de Lyon-II, qui réfute notamment l’existence des chambres à gaz durant la seconde guerre mondiale, vient d’être débouté dans une procédure engagée contre Le Progrès de Lyon, pour « refus du droit de réponse ».
M. Faurisson avait demandé au tribunal de police de Lyon de déclarer la société éditrice du Progrès coupable de la contravention de refus d’insertion prévue par la loi du 29 juillet 1881. Il demandait à répondre à un article du quotidien publié le 18 novembre 1978, sous le titre: « L’Université de Lyon-II rejette les affirmations scandaleuses de M. Faurisson. »
Dans la procédure introduite par son avocat, Me Daniel Burdeyron, M. Faurisson reprochait notamment aux journalistes du Progrès « leur collusion depuis trente-cinq ans avec les milieux officiels et officieux, pour travestir la vérité historique sur l’existence des chambres à gaz ».
Pour sa part, Le Progrès s’était refusé à publier le texte du professeur, estimant qu’il ne pouvait se transformer en «tribune pour des thèses qui voudraient réduire les atrocités nazies à un mythe».
Le tribunal a débouté M. Faurisson, considérant que sa lettre au Progrès «contenait des affirmations contraires aux bonnes mœurs et à l’ordre moral ». [Note de R. Faurisson : C’est exact. Le juge (Mme Baluze-Frachet) précise même, par exemple : – « Attendu que les chambres à gaz ont existé, et que le simple fait de vouloir faire insérer dans un quotidien un article dont l’auteur se pose la question de leur existence porte atteinte au respect des bonnes mœurs. »]
M. Faurisson, selon son avocat, a l’intention de faire appel.


Saturday, June 16, 1979

Répression et censure en RFA


1°) Dr Wilhelm Stäglich, magistrat à Hambourg, publie un court témoignage sur Auschwitz en 1973. Il prend sa retraite. Il est condamné à voir le montant de sa retraite amputé d’un cinquième pendant cinq ans. Motif : par son témoignage il a porté atteinte au crédit de la magistrature (« Ansehen der Richterschaft ». Jugement du 1er juillet 1975 du Richterdienstsenat bei dem Hanseatischen Oberlandsgericht). Il fait appel du jugement auprès de la Richterdienstkammer bei dem Landgericht Hamburg. Celle-ci rend son jugement le 22 avril 1977. Un point, parmi d’autres, des attendus de ce jugement (lui aussi défavorable à W. Stäglich) mérite attention : comme W. Stäglich faisait valoir que des auteurs niaient qu’Auschwitz fût un camp d’extermination (doté de « chambres à gaz » notamment) et comme il citait, à propos, l’Américain Arthur R. Butz pour son livre sur L’Imposture du siècle et le Français Robert Faurisson pour sa déposition écrite sur le même sujet, le tribunal se débarrassait d’un mot, d’un seul mot, de Butz et de Faurisson en faisant savoir qu’il s’agissait de... pseudonymes. Le texte porte « Butz pseudonyme » et « Faurisson pseudonyme ». Or Butz s’appelle bien Butz et Faurisson s’appelle bien Faurisson. La déposition écrite de Faurisson portait même la signature légalisée de son auteur. Tampon et cachet émanaient de la mairie du septième arrondissement de Lyon, à la date du 3 novembre 1976. Il est à noter que ce type de légalisation française est valable en Allemagne. Dans son mémoire du 21 juin 1977, l’avocat de W. Stäglich, tentant un nouveau recours auprès d’une autre instance, faisait valoir que cet argument des pseudonymes était particulièrement inadmissible. Il apportait de nouveaux arguments en faveur du point suivant : Butz s’appelle Butz et Faurisson s’appelle bien Faurisson. En vain. La nouvelle instance repoussait la demande de W. Stäglich. Cette fois-ci, Faurisson n’était même plus mentionné, ni sans doute Butz (je n’ai pas le texte du jugement).

2°) En 1979 le même W. Stäglich publie un gros ouvrage sur le Mythe d’Auschwitz. Légende ou réalité ? On se dispose, semble-t-il, à le poursuivre en justice ;

3°) L’historien anglais David Irving écrit directement en allemand un très gros manuscrit intitulé : « Hitler und seine Feldherren ». Un contrat d’édition est signé avec Ullstein Verlag à Berlin (Groupe Axel Springer). Irving corrige les épreuves et donne le bon à tirer. Le livre est publié. David Irving découvre alors avec stupeur qu’on a très gravement amputé et remanié son texte. Il faut dire que D. Irving, qui croit comme presque tout le monde à la thèse de l’extermination mais qui s’est concentré sur la personne et les actes de Hitler, n’a rien trouvé qui lui permette de dire que Hitler ait la moindre responsabilité dans une extermination quelconque. Alors, cela, il le dit. Il ajoute que, puisque cette extermination est néanmoins un fait, c’est que le coupable est ailleurs. Il en déduit que le coupable est sans doute Himmler, lequel aurait caché tout cela à Hitler. Cette thèse marque, à mon avis, la bonne foi et la candeur de D. Irving. Le jour où D. Irving étudiera Himmler comme il a étudié Hitler, il trouvera peut-être que Goebbels était coupable. Et ainsi de suite. Toujours est-il que son éditeur a dû trouver que D. Irving faisait l’apologie de Hitler. Avec un beau sang-froid il a, sans en avertir l’auteur, gravement transformé le texte. D. Irving a été contraint d’interdire toute nouvelle impression. Puis, il a publié son travail aux Etats-Unis, en anglais, sous le titre de Hitler’s War. Voici ce qu’il écrit dans son introduction, à la page XVII à propos de l’éditeur allemand d’Ullstein Verlag : « [...] le responsable de l’édition trouva maints de mes arguments détestables et mêmes dangereux et sans m’en informer il les supprima ou même les changea du tout au tout : dans leur texte imprimé Hitler n’avait pas dit à Himmler qu’il ne devait y avoir pas de liquidation des juifs (le 30 novembre 1941) ; il lui avait dit de ne pas utiliser le mot “liquider publiquement en relation avec leur programme d’extermination. C’est ainsi qu’on falsifie l’histoire ! (Ma proposition de publier la note de Himmler en fac-similé avait été ignorée). J’interdis toute nouvelle impression du livre, deux jours après sa sortie en Allemagne. Pour expliquer leurs actions, les éditeurs berlinois soutinrent que mon manuscrit exprimait des vues qui étaient un “affront à l’opinion historique établie (an affront to established historical opinion) dans leur pays ».

4°) En juillet 1978, il s’est tenu à Aschaffenburg (RFA) un colloque d’historiens spécialistes de Hitler. D’après un hebdomadaire d’extrême droite, D. Irving a été conspué et n’a pas pu développer sa thèse1. Le modérateur n’a rien pu y faire. La télévision a gommé l’incident. Je suppose que D. Irving a connu là le traitement que j’ai moi-même connu au colloque de Lyon consacré à « Eglises et Chrétiens de France dans la seconde guerre mondiale », le 29 janvier 1978. Je n’ai pu parler que deux minutes et cinquante-cinq secondes sur le mythe des « chambres à gaz ». J’ai été interrompu. La salle a éclaté en huées et en protestations. J’ai été insulté. La presse était là. Elle n’a rien rapporté. En novembre 1978, « mon affaire » éclatait en France. C’est alors que la presse révélait qu’elle connaissait mon opinion depuis longtemps mais qu’en accord avec les universitaires elle avait décidé de ne pas toucher mot de mon intervention. Quant aux organisateurs ils m’avaient fait savoir – en réponse à une question que je leur posais le lendemain du 29 janvier – qu’ils se réservaient de consigner ou de ne pas consigner le texte de mon intervention dans les actes officiels du colloque.

5°) Hellmut Diwald est professeur d’histoire à l’université d’Erlangen (RFA). Il publie en 1978 une Histoire des Allemands (Geschichte der Deutschen) chez Propyläen Verlag à Berlin (Groupe Axel Springer). Dans les pages 163 à 165, il exprime un certain nombre de vues hétérodoxes. Il écrit notamment à la page 165 que « malgré toute la littérature » consacrée au sujet on ne voit pas encore bien clairement ce qui s’est réellement passé dans les années 1940 à 1945 du point de vue de la « solution finale ». Le passage serait trop long à citer. Ce qui en ressort, c’est que H. Diwald paraît sceptique sur le sujet de la réalité du « génocide ». Vive émotion en Allemagne. Heinz Galinski, président de la communauté juive allemande (officielle), exprime son émotion en des termes tels qu’Axel Springer se hâte d’annoncer que le livre de H. Diwald va faire l’objet d’une édition révisée « en une forme changée et améliorée ». Effectivement, dans sa seconde édition, les pages 163 à 165 sont refondues, une photographie montrant des cadavres dans un camp de concentration est ajoutée et on peut lire notamment que la réalité de l’extermination systématique des juifs n’est en rien discutable (« An der Tatsache der systematischen Vernichtung der Juden [...] ist nichts strittig »). Je crois savoir que H. Diwald n’a pas rédigé ce nouveau texte. C’est un point à éclaircir.

6°) La traduction en allemand du livre de l’Américain A. Butz vient d’être inscrite sur la liste des ouvrages « dangereux pour la jeunesse », ce qui en rend la vente ou la diffusion tout à fait aléatoires (même la vente par correspondance en est interdite).

(Dernière minute : Stäglich poursuivi pour sa préface au Mensonge d’Auschwitz, de Christophersen, poursuivi aussi. Le précédent préfacier (Me Manfred Roeder) radié du barreau et contraint à l’exil (mais attention : Roeder a aussi une action politique).

16 juin 1979


[1] National-Zeitung, 14 juillet 1978, page 1.

Débat à la télévision suisse italienne (Lugano) sur les « chambres à gaz » et le « génocide » : légende ou réalité ?


Le mardi 17 avril 1979, la TV de Lugano a enregistré une émission d’une durée de trois heures sur le sujet suivant : « Les crimes nazis, quelle vérité historique ? »

Cette émission a été intégralement diffusée le vendredi 19 avril 1979 sous le contrôle d’un notaire-huissier constatant l’absence de toute coupure ou insertion. L’émission était dirigée par MM. Leandro Manfrini et Willy Baggi.

Défendaient la thèse de l’imposture (thèse révisionniste) : 

– M. Robert Faurisson, maître de conférences à l’université Lyon-II (spécialité : Critique de textes et documents) ;
– M. Pierre Guillaume, libraire-éditeur à Paris de « La Vieille Taupe » (révolutionnaire) (spécialité : Œuvres de Paul Rassinier) ;

Défendaient la thèse de la réalité des « chambres à gaz » et du « génocide » (thèse exterminationniste) :

– Mme L. Rolfi, ancienne déportée de Ravensbrück ; 
– Mme Tedeschi, ancienne déportée juive d’Auschwitz-Birkenau, 
– M. Enzo Collotti, auteur de Germania Nazista (éditions Einaudi, de Turin) ; 
– Dr Wolfgang Scheffler, de Berlin, collaborateur de l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, expert de la question des « crimes nazis » auprès des tribunaux de la RFA.

Cette émission, tout à fait exceptionnelle, a suscité un tel intérêt qu’elle sera à nouveau diffusée le dimanche 6 mai 1979 à 9 h.

Ouvrage (nouveau) montré au début de cette émission : Der Auschwitz Mythos (Legende oder Wirklichkeit?), par Wilhelm Stäglich.

16 juin 1979