Tuesday, November 29, 1994

Deux additifs à ma «Réponse à Jean-Claude Pressac» [1]


L’ouvrage de Jean-Claude Pressac sur Auschwitz [2] vient d’être traduit successivement en allemand [3] et en anglais [4]. Ces deux traductions sont riches de révélations à la fois sur le travail et sur la personnalité de J.-C. Pressac, pharmacien à La Ville-du-Bois (Essonne).


Dans la traduction en allemand, l’auteur révise une nouvelle fois à la baisse son estimation du nombre des morts d’Auschwitz. En 1989, il évaluait le nombre des seuls gazés à un chiffre compris entre «1.000.000 et 1.500.000 » [5], ce qui laissait supposer que, pour lui, le total des morts devait s’élever à un chiffre compris entre 1.500.000 et 2.000.000. En 1993, dans l’ouvrage auquel j’ai répondu, J.-C. Pressac réduisait le total des morts au chiffre de 775.000 (chiffre arrondi à 800.000), dont, précisait-il, 630.000 juifs gazés [6]. Dans ma Réponse à J.-C. Pressac, j’annonçais que cette révision à la baisse serait probablement suivie d’une autre révision à la baisse. J’écrivais en note :


Je sais, mais ne puis ici dévoiler ma source, que Pressac envisage, le moment venu, d’abaisser le total des morts d’Auschwitz à sept cent mille si les esprits lui semblent préparés à accepter cette nouvelle baisse [7].


Or, dans la traduction en allemand, J.-C. Pressac évalue le nombre des morts d’Auschwitz aux chiffres – arrondis – de 630.000 à 710.000, dont, précise-t- il, de 470.000 à 550.000 juifs gazés [8]. La traduction en anglais est encore plus intéressante. Pour commencer, elle ne contient plus aucune évaluation du nombre total des morts ou du nombre des gazés ! Je savais, mais là non plus je ne pouvais révéler ma source, que J.-C. Pressac rencontrait des difficultés à publier son ouvrage aux États-Unis, en anglais. Il était en tractations délicates avec Michael Berenbaum, directeur, sur le plan scientifique, de l’Holocaust Memorial Museum, musée qui s’est ouvert à Washington en avril 1993. J.-C. Pressac, qui cherche à compenser une personnalité fragile par des attitudes de bravoure, assurait qu’il «ne se laisserait pas faire». Or, la traduction en anglais, parue en juillet 1994, montre non seulement qu’il «s’est laissé faire» mais qu’il a consenti à l’une des pires humiliations que puisse connaître un auteur : il s’est vu imposer un tuteur ! On l’a obligé à amputer son ouvrage, à le refondre et à le réduire aux dimensions d’un chapitre d’un ouvrage collectif, et tout cela sous la surveillance d’un homme de confiance de M. Berenbaum. Pour commencer, on lui a interdit de publier ses propres chiffres de morts ou de gazés. Il faut voir en quels termes M. Berenbaum remet à sa place le pharmacien. Il écrit en effet :


Robert-Jan van Pelt a travaillé étroitement avec M. Pressac afin de garantir qu’un article technique fût clair et transparent en même temps que précis et fondé sur les plus récentes données de la science [9].


Comment mieux faire entendre qu’au goût de M. Berenbaum le livre de J.-C. Pressac en français (Les Crématoires...) était confus, obscur, imprécis et insuffisamment scientifique ? Il faut dire que, malgré les efforts de R. J. Van Pelt, le texte de J.-C. Pressac est aussi détestable en anglais qu’il l’était en français.


Le même ouvrage collectif en anglais (Anatomy...) confirme que, dès 1982 (!), J.-C. Pressac, qui aimait à se présenter en chercheur indépendant, recevait de l’argent d’une riche fondation juive (la Beate Klarsfeld Foundation). M. Berenbaum écrit :


Depuis 1982, le travail de M. Pressac a été encouragé et soutenu sur le plan documentaire, éditorial et financier par la Beate Klarsfeld Foundation [10].


En 1955, à la fin de Nuit et Brouillard, film d’Alain Resnais constamment projeté, aujourd’hui encore, dans toutes les écoles de France, le chiffre des morts d’Auschwitz est censé s’élever à neuf millions : « 9.000.000 de morts hantent ce paysage» !


Pourtant, dix ans auparavant, au procès de Nuremberg, un document ayant «valeur de preuve authentique» (sic) avait évalué ce nombre à quatre millions.


En 1989, J.-C. Pressac réduisait le total des morts à un chiffre vraisemblablement compris entre 1.500.000 et 2.000.000. En 1993, il réduisait ce total à un chiffre d’environ 775.000. En 1994, il en vient à un chiffre compris entre 630.000 et 710.000. Du coup, on le fait taire. Et il accepte de se taire.


Les révisionnistes, eux, ne se tairont pas. Ils persisteront à poser des questions et à proposer leurs réponses :


1. Quel est le total des morts d’Auschwitz ? Est-ce neuf millions, comme on ose encore l’enseigner aux enfants de France ? Ou bien est-ce peut-être 630 000, comme l’envisage aujourd’hui J.-C. Pressac ?


Les révisionnistes proposent, étude à l’appui, le chiffre de cent cinquante mille.


2. Pourquoi persiste-t-on à ne nous fournir aucune représentation physique de la chambre à gaz nazie, ce fantastique abattoir chimique à l’acide cyanhydrique ? Pourquoi s’abstient-on maintenant, dans les ouvrages historiques, de montrer en photographie la prétendue chambre à gaz homicide d’Auschwitz-I, qui a été jusqu’ici visitée par des millions de touristes ? Pourquoi l’accusation n’a-t-elle jamais osé nous présenter une expertise de l’arme du crime ?


Les révisionnistes, eux, ont des arguments pour dire que la plupart des morts d’Auschwitz sont dues aux épidémies et qu’il suffit d’un peu de jugeote pour se rendre compte que les locaux «en état d’origine», «reconstruits» ou «à l’état de ruines» n’ont jamais pu être des chambres à gaz homicides mais... de typiques chambres froides pour la conservation des cadavres en attente de crémation. Et les révisionnistes disposent d’expertises (rapport Leuchter, rapport Rudolf, document Lüftl et même l’ébauche d’un rapport polonais) pour soutenir ce qu’ils avancent.


Seules les personnes indifférentes aux faits et aux chiffres pourront prétendre que tout cela n’a pas d’importance.


29 novembre 1994



Notes


[1] Robert Faurisson, Réponse à Jean-Claude Pressac sur le problème des chambres à gaz, Paris, Diffusion RHR, 1994.


[2] J.-C. Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse, Paris, CNRS éditions, 1993.


[3] J.-C. Pressac, Die Krematorien von Auschwitz. Die Technik des Massenmordes, Munich et Zurich, Piper, 1994.


[4] J.-C. Pressac with Robert-Jan van Pelt, «The Machinery of Mass Murder at Auschwitz », chapitre 8 (p. 183-245) de l’ouvrage collectif publié par Yisrael Gutman et Michael Berenbaum, Anatomy of the Auschwitz Death Camp, Indianapolis, Indiana University Press, 1994.


[5] J.-C. Pressac, Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, New York, The Beate Klarsfeld Foundation, 1989, p. 553.


[6] J.-C. Pressac, Les Crématoires..., p. 148.


[7] R. Faurisson, Réponse à J.-C. Pressac, note 4 au bas des pages 13-14.


[8] J.-C. Pressac, Die Krematorien..., p. 202.


[9] Y. Gutman et M. Berenbaum, Anatomy..., p. XV.


[10] Id., p. XIII.

Monday, November 14, 1994

Attention ! ceci n’est pas un appel à l’aide mais une information

Les pages qui suivent portent sur mes dernières condamnations financières pour délit de révisionnisme historique. Au terme de trois récents procès il m’a déjà fallu verser plus de cent cinquante mille francs en l’espace de dix-huit mois (avril 1993-octobre 1994) ; il me reste à verser près de cent dix mille francs. Deux autres procès sont en cours.


Depuis 1979, j’avais déjà fait l’objet de bien d’autres condamnations pour le même motif.


Par ailleurs, de novembre 1978 à mai 1993, j’ai été la cible de dix agressions physiques de la part de personnes qui me reprochent de dire que les prétendues chambres à gaz nazies constituent une impossibilité physico-chimique (fait maintenant prouvé par quatre expertises que la grande presse s’attache à passer sous silence).


Depuis 1950, d’innombrables révisionnistes ont connu un sort identique au mien, en France et à l’étranger. Voyez Éric Delcroix, avocat au barreau de Paris, La Police de la pensée contre le révisionnisme.


«Never complain, never explain». Je ne me plains ni ne m’explique ; j’informe. Et je n’informe que parce que les grands médias, dès qu’il s’agit de l’argumentation révisionniste ou de la répression qui s’abat sur les révisionnistes, mentent, cachent ou déforment.


Condamnations financières pour un universitaire publiant le résultat de ses recherches


– Septembre 1990 : Le magazine Le Choc du mois publie une interview où je dénonce la toute récente loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 instituant le délit de révisionnisme historique ; cette loi interdit toute «contestation des crimes contre l’humanité» ; un an plus tard, le député RPR Jacques Toubon, pour sa part, qualifiera cette loi de stalinienne et prononcera que «le délit de révisionnisme fait reculer le droit et affaiblit l’histoire [1]». « [La loi Gayssot] est une très mauvaise loi parce qu’elle consacre un délit d’opinion [2] ». « Cette loi Gayssot est une loi atroce qui crée le délit d’opinion en France [3] Voyez également, Me Éric Delcroix, La Police de la pensée contre le révisionnisme historique.


– 10 avril 1992 : L’hebdomadaire Rivarol publie un article où je rends compte du documentaire télévisé « Premier Convoi ».


– 9 décembre 1992 : Par un arrêt de la XIe chambre de la cour d’appel de Paris (Mme Françoise Simon), nous sommes condamnés, Le Choc du mois et moi-même, à verser au Trésor, séparément, 30.000 F d’amende chacun et, à onze associations parties civiles, solidairement, 313.000 F de dommages divers. Le total des condamnations s’élève ainsi à 373.000 F (30.000 F + 30.000 F + 313.000 F). Pour ma part, j’aurai donc à payer 30.000 F d’amende et 156.500 F de dommages divers.


– 10 décembre 1992 : Le Quotidien de Paris et Libération, tronquant la vérité des faits et des chiffres, publient que nous sommes condamnés, le magazine et moi-même, à 30.000 F d’amende chacun et ils passent sous silence les 313.000 F de dommages divers à verser aux associations parties civiles.


– 24 décembre 1992 : Sur ma demande, Le Quotidien de Paris publie un texte en droit de réponse où je rétablis la vérité des faits et des chiffres et où j’ajoute que «contrairement au principe “non bis in idem”, deux autresprocès sont en cours pour la même interview. Nos frais ont été jusqu’ici considérables. L’ensemble des peines et des frais dépassera vraisemblablement un million de francs. Dans le passé, on a déjà saisi mon salaire. Je suppose que mon salaire (unique) sera saisi pour le restant de mes jours. [...]»


J’envoie à Libération la page même du Quotidien de Paris où est paru ce texte en droit de réponse. D’une personne appartenant au service juridique du journal j’obtiens la promesse que le même texte paraîtra dans Libération. Mais la promesse n’est pas tenue et je porte donc plainte pour refus de droit de réponse. L’affaire trouvera sa conclusion le 24 mai 1994, date à laquelle, par un arrêt de la XIe chambre de la cour d’appel de Paris (Mme Hannoun), je suis débouté de ma plainte et, au surplus, condamné à verser à Libération, d’une part, et à Serge July, d’autre part, la somme de 30.000 F (5.000 F et 10.000 F pour Libération ainsi que 5.000 F et 10.000 F pour Serge July).


– 29 janvier 1993 : Le Choc du mois et moi-même, nous avions sollicité le paiement échelonné sur deux ans des 313.000 F dus aux onze associations parties civiles ; par ordonnance de référé, le tribunal de grande instance de Paris (Mme Ramoff) nous refuse tout délai de grâce et nous condamne aux dépens. Nous interjetons appel.


– 20 février 1993 : Sans attendre la décision de la cour d’appel, la SCP des huissiers Lévy et Lachkar (156, rue Montmartre, 75002 Paris), sur la demande des onze associations, saisit aux NMPP la totalité des sommes appartenant au magazine, soit 259.253,69 F.


– 19 avril 1993 : Je suis donc contraint de rembourser au magazine victime de la saisie environ la moitié des sommes qui lui ont été prises, soit 128.500 F. J’opère ce jour même un premier versement de 30.000 F.


– 18 mai 1993 : Par un arrêt de la XIe chambre de la cour d’appel de Paris (Mme Hannoun, encore une fois) se trouve confirmé le refus de tout délai ; nous sommes, au surplus, condamnés à verser 4.000 F à chacune des onze associations, soit un total de 44.000 F alors que ces associations ne s’étaient fait représenter devant la cour que par un avocat et un seul.


– 28 mai 1993 : J’opère un deuxième versement de 30.000 F au profit du magazine, victime de la saisie.


– 28 juin 1993 : Troisième versement (35.000 F).


– 28 juillet 1993 : Quatrième versement (15.000 F).


– 29 août 1993 : Cinquième et dernier versement (18.500 F).


J’ai donc versé, à la date du 29 août 1993, 128.500 F au magazine victime de la saisie diligentée par la SCP des huissiers Lévy et Lachkar.


– 6 septembre 1993 : Par un jugement de la XVIIe chambre du tribunal de grande instance de Paris (Mme Ract-Madoux), nous sommes condamnés, l’hebdomadaireRivarol et moi-même, pour l’article du 10 avril 1992 à 10.000 F d’amende chacun, à 9.750 F de dommages-intérêts chacun et aux frais d’une publication judiciaire.


Total : 39.500 F + frais de publication judiciaire.


– Juin-octobre 1994 : Le cabinet des huissiers Giolitto et Benabu, de Vichy, me délivre divers commandements (aux fins de saisie-vente) ou autres pièces et exige le versement de diverses sommes réclamées dans le cadre de l’affaire de Libération ou dans le cadre de l’affaire du Choc du mois (demandes de parties civiles, de leurs avoués, etc.), cependant que le Trésor, de son côté, me réclame le versement sous trente jours des trente mille francs d’amende dans le cadre de l’affaire du Choc du mois. Dans la semaine se terminant le samedi 17 septembre, le cabinet Giolitto-Benabu, informé (!) de ce que je suis à l’étranger, demande au commissaire de police de Vichy, Yves Maille, de procéder à une saisie-vente à mon domicile avec l’aide d’un serrurier. Le commissaire de police suggère qu’on attende mon retour de l’étranger. Je rentre de l’étranger le samedi 17 septembre au soir. Le lundi 19 septembre, je passe au cabinet Giolitto-Benabu où je me vois réclamer 45.914,33 F (6.251,10 F pour l’avoué d’une association dans l’affaire du Choc du mois + 31.240,10 F pour Libération et Serge July + 8.423,22 F pour l’avoué de Libération et de Serge July). Rentré à mon domicile, je trouve dans mon courrier l’avis du Trésor public me réclamant 30.688 F (amende dans l’affaire du Choc du mois ). Pour cette seule journée du 19 septembre 1994 je me vois donc réclamer 76.602,33 F (45.914,33 F par les parties civiles + 30.688 F par le Trésor).


– 19 septembre 1994 : Je verse aux huissiers de Vichy 6.500 F pour le compte des intimés (procès Libération).


– 30 septembre 1994 : J’ai achevé le versement des 9.750 F de dommages- intérêts du procès Rivarol.


– 12 octobre 1994 : Je verse aux huissiers de Vichy 4.000 F pour le compte des intimés (procès Libération).


– 3 novembre 1994 : Dans l’affaire de Libération, mon propre avoué me réclame par lettre RAR la somme de 4.390,09 F en complément des 3.558 F que je lui ai versés à titre de provision.


– 7 novembre 1994 : Le Trésor public m’annonce que le 15 novembre la somme de 10.600 F me sera réclamée dans le cadre de l’affaire de Rivarol (10.000 F d’amende).


Le total de mes versements aux parties civiles ou intimés (procès contre Le Choc du mois, Rivarol et Libération) est de : 148.750 F (128.500 F + 9.750 F + 10.500 F) et à mon avoué de 3.558 F. Au 15 novembre, il me restera donc à verser aux parties civiles (dommages-intérêts et frais d’avoués pour les procès Le Choc du mois et Libération) 63.414,33 F (28.000 F + 45.914,33 F - 10.500 F), au Trésor public 41.288 F (30.688 F + 10.600 F) et à mon avoué 4.390,09 F.


Nous ne vivons, mon épouse et moi-même, que sur mon salaire de professeur d’université en fin de carrière (20.844,44 F nets par mois). Nous sommes accablés de dettes parce qu’il nous a fallu emprunter une bonne partie des sommes jusqu’ici versées dans ces trois seules affaires du Choc du mois, de Rivarol et de Libération et Serge July, soit 152.308 F (128.500 F + 9.750 F + 10.500 F + 3.558 F).


A cette somme de 152.308 F il convient d’ajouter les frais d’avocat qu’il m’a fallu verser, sans compter les frais – considérables – de correspondance, detéléphone, de photocopies, de recherches, de voyage et de séjour dans la capitale pour les différentes instances des différents procès ainsi que pour la recherche d’emprunts financiers afin de subvenir, pour partie, au paiement des sommes que je suis condamné à verser.


Bien d’autres sommes ne m’ont pas encore été réclamées à ce jour mais risquent de l’être sous peu, notamment les frais dus aux avoués des parties civiles qui ne se sont pas encore manifestés. Deux autres procès pour ma seule interview du Choc du mois sont à prévoir.


Le 26 janvier 1995, je serai à la retraite et mes revenus baisseront en conséquence.


En résumé


Je me suis vu demander à ce jour :


– dans le cadre de l’affaire du Choc du mois :


• par les parties civiles :156.500,00 F

• par l’un de leurs avoués : 6.251,10 F

• par le Trésor : 30.688,00 F


– dans le cadre de l’affaire de Rivarol :


• par les parties civiles : 9.750,00 F

• par le Trésor :10.600,00 F


– dans le cadre de l’affaire de Libération :


• par les intimés : 31.240,10 F

• par leur avoué : 8.423,22 F

• par mon avoué : 7.948,09 F

__________

TOTAL : 261.400,51 F


ET J’AI VERSE A CE JOUR :


– dans le cadre de l’affaire du Choc du mois : 128.500,00 F

– dans le cadre de l’affaire de Rivarol : 9.750,00 F

– dans le cadre de l’affaire de Libération : 14.058,00 F

__________

TOTAL : 152.308,00 F


Il me faut donc encore verser (au moins) : 109.092,51 F.


11 novembre 1994



Notes


[1] Journal officiel de la République française, Assemblée nationale, 22 juin 1991, p. 3571-3573.


[2] Me Thierry Lévy.


[3] Me Yves Baudelot, avocat du Monde, dans Libération, 17 octobre 1994, p. 18.

Friday, October 28, 1994

Traiter une personne de «faurissonniste» c’est l’injurier !


Le bateleur Guy Bedos avait traité publiquement de «faurissonniste» un critique du Figaro-Magazine. Il devra verser à ce dernier trente mille francs de dommages-intérêts. D’autres sanctions financières s’ajoutent probablement à cette sanction-là.


Le Figaro, 29-30 octobre 1994, p. 9 : «Guy Bedos vient d’être condamné par le tribunal de Paris à payer trente mille francs de dommages et intérêts au critique du Figaro Magazine Jacques Nerson pour l’avoir traité de “faurissonniste”, terme que le jugement qualifie d’ “injurieux”. M. Bedos s’en était pris à M. Nerson lors de l’émission “Synergie”, le 4 janvier sur France-Inter [...] ».


Déjà en 1990, le professeur Bernard Lugan avait obtenu la condamnation du radioteur Ivan Levaï pour un motif identique. Pour avoir tenu des propos «assimilant Bernard Lugan à Robert Faurisson», I. Levaï s’était vu condamner à verser à B. Lugan un franc de dommages-intérêts pour diffamation publique. A cette sanction de principe s’était ajoutée une condamnation à verser six mille francs, sans compter les frais du procès [1].


En 1992, le même B. Lugan avait obtenu la condamnation d’une publication satirique, Le Canard enchaîné, qui l’avait traité de «révisionniste». La publication avait été condamnée à verser à B. Lugan cinquante mille francs de dommages-intérêts. A cette sanction s’ajoutait une condamnation à verser huit mille francs, sans compter les frais du procès [2].


Parlant de ce qu’il appelait les «thèses révisionnistes», le président du tribunal avait écrit : «[...] il est admis par tous et notamment par la jurisprudence que ces thèses sont blessantes pour les survivants des persécutions raciales et de la déportation, et outrageantes pour la mémoire des victimes ».


Mais, en 1610, un tribunal n’avait-il pas, en quelque sorte, décidé que les thèses de Galilée étaient blessantes et outrageantes pour les chrétiens ?


L’ennui est que ces thèses-là allaient être corroborées par les données de l’observation astronomique. De même, aujourd’hui, les «thèses» révisionnistes sur les prétendues chambres à gaz homicides d’Auschwitz sont corroborées par les données de l’analyse chimique (à ce jour, quatre expertises différentes sur le contenu desquelles la grande presse se fait particulièrement discrète).



28 octobre 1994



[1] TGI de Paris, 1ère chambre, 1ère section, présidente : Mme Lefoyer de Costil, 23 mai 1990.


[2] TGI de Paris, XVIIe chambre, président : Jean-Yves Monfort, 8 juillet 1992.



Friday, October 21, 1994

Rabin, prix Nobel de la paix en faveur de la torture, du nettoyage ethnique et de l’apartheid


« Tel-Aviv. – [...] Yitzhak Rabin va par ailleurs de- mander au Parlement des pouvoirs spéciaux pour réprimer le Hamas [1] responsable de trois attentats en moins de deux semaines. Le Premier ministre souhaite prolonger la détention préventive, actuellement limitée à six mois.


Il demande par ailleurs que les interrogatoires de terroristes soient conduits sans restriction.


“Nous avons besoin d’une séparation entre nous et les Palestiniens, pas seulement pour quelques jours, mais dans notre manière de vivre”, a résumé, mercredi soir [19 octobre], le Premier ministre [2]


21 octobre 1994



[1] Le Hamas, acronyme en arabe du Mouvement de la Résistance islamique, prône «l’expulsion de tous les juifs de la Palestine», y compris du territoire israélien. «Notre lutte contre les juifs est une manière de vénérer Dieu», a affirmé [le 20 octobre] un des principaux responsables [du Hamas], Imad Faloji.


[2] «La riposte d’Israël», La Montagne (Clermont-Ferrand), vendredi 21 octobre 1994, p. 10.

Tuesday, October 4, 1994

Ernst Nolte est un exterminationniste de droite


Le 3 octobre 1994, l’hebdomadaire Der Spiegel a publié une longue interview de l’historien Ernst Nolte.


Le même jour, sous la date du 4 octobre, Le Monde se fait l’écho de cette interview. Les extraits qu’il donne de l’interview sont à peu près exacts mais la présentation d’ensemble est tendancieuse tandis que le titre est fallacieux.


E. Nolte semble appartenir à la droite conservatrice. Il est hostile au national-socialisme. Il n’est pas révisionniste mais exterminationniste. Il soutient la thèse selon laquelle le IIIe Reich a pratiqué une politique d’extermination des juifs, notamment par le moyen de chambres à gaz homicides. Il est vrai qu’il défend cette thèse d’une manière qui ne plaît pas aux juifs. Il prétend que la politique d’extermination des juifs par Hitler est une sorte de réponse à la politique d’extermination d’une classe sociale par Staline ! Cette interprétation – plutôt spéculative – tend, pour les juifs, à relativiser le génocide perpétré, disent-ils, par Hitler.


En 1988, l’Américain Fred Leuchter avait rédigé une étude technique sur les présumées chambres à gaz d’exécution à Auschwitz, Birkenau et Majdanek : le «Rapport Leuchter». Dans l’interview du Spiegel, on demande à E. Nolte si, à son avis, ce rapport constitue «une enquête sérieuse et scientifique» (eine seriöse wissenschaftliche Untersuchung). Sa réponse est non [1].


Or, E. Nolte, «historien des idéologies», ne semble pas avoir la moindre connaissance du monde pratique, matériel, technique et scientifique. Il veut bien admettre qu’il se cache dans les écrits des révisionnistes une «once de vérité [2]» et il lui arrive même de rendre hommage à l’étendue des connaissances chez certains révisionnistes mais il tient à se dire personnellement «convaincu qu’il y a eu, sur une grande échelle, de massives exterminations dans des chambres à gaz [3]».


Pourquoi en est-il «convaincu» ? Pour une raison qu’il exprime obscurément et qui est – je le cite : « l’emploi fréquent du mot “humain” dans ce contexte [4]» ! Ce qui paraît signifier que, selon E. Nolte, les nazis ont fréquemment parlé des chambres à gaz homicides comme d’un moyen « humain » de perpétrer de massives exterminations physiques ! E. Nolte ne fournit qu’un exemple, et cela dans un langage allusif que je traduis pour le lecteur. Il dit que, dans l’une de ses toutes dernières déclarations, Adolf Hitler, qui va mourir, se déclare rempli de satisfaction à la pensée que le principal responsable des horreurs de la guerre – le judaïsme international – a expié sa faute «fût-ce de manière plus humaine [5]» que la manière utilisée par les Alliés pour affamer ou massacrer les hommes, les femmes et les enfants européens. Pour E. Nolte, les mots «fût-ce de manière plus humaine» contiendraient une claire allusion à une politique d’extermination des juifs et à l’emploi massif d’abattoirs chimiques appelés chambres à gaz !


Une telle spéculation est arbitraire.


Le texte d’Hitler auquel il fait allusion est le «testament politique» rédigé par le chancelier du Reich le 28 avril 1945, soit l’avant-veille de son suicide. On le trouve dans les documents du procès de Nuremberg [6]. Ce texte est remarquablement commenté par le Dr Wilhelm Stäglich dans Der Auschwitz Mythos [7]. Hitler impute la responsabilité principale de la guerre en Europe au judaïsme international (celui qui règne à l’Est comme à l’Ouest et qui a voulu une croisade en Europe). Il rappelle qu’il avait prévenu les juifs que, si pour leurs intérêts financiers ils voulaient déclencher une guerre en Europe, ils le paieraient cher. Hitler précise que, si des millions d’enfants européens devaient mourir de faim, si des millions d’hommes adultes devaient périr sur les champs de bataille et si des centaines de milliers de femmes et d’enfants devaient brûler et mourir dans l’incendie des villes, le coupable devrait expier sa faute, « fût-ce par des moyens plus humains » (wenn auch durch humanere Mittel).


Hitler n’a pas précisé ces moyens et nous n’avons pas à spéculer là-dessus mais, s’il fallait le faire, pourquoi ne pas commencer par les suppositions les plus simples et les plus probables avant d’en venir aux plus hardies et aux plus improbables (et même, les révisionnistes le savent, aux plus impossibles pour des raisons d’ordre physique et chimique) ? A elles seules, la déportation des juifs et leur mise dans des camps de concentration ou de travail forcé ne pouvaient-elles pas être considérées comme des «moyens plus humains» que l’extermination par la famine, par le fer et par le feu ?


Je saisis l’occasion de cette mise au point pour signaler que dans l’ouvrage qu’il a publié en 1993, Streitpunkte [8], Nolte commet de nombreuses et de graves erreurs à la fois sur le chapitre de ce qu’il appelle l’extermination des juifs et sur celui du révisionnisme. Tout récemment, il a commis d’autres erreurs (notamment en rapportant des chiffres attribués à Jean-Claude Pressac), dans un article publié par la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 23 août 1994 (« Ein Gesetz für das Außergesetzliche »).


4 octobre 1994


Notes


[1] E. Nolte, Die Spiegel, 3 octobre 1994, p. 85.


[2] Ibid. : ein Körnschen Wahrheit.


[3] Id., p. 87 : überzeugt, daß es in großem Umfang Massenvernichtungen in Gaskammern gegeben hat.


[4] Ibid. : der häufige Gebrauch des Wortes « human » in diesem Zusammenhang.


[5] Id., p. 90 : wenn auch auf humanere Weise.


[6] TMI, XLI, p. 548-552.


[7] W. Stäglich, Der Auschwitz Mythos, Tübingen, Grabert, 1979 (p. 85-89 et p. 83-87 de la version française, Le Mythe d'Auschwitz, Paris, La Vieille Taupe, 1986).


[8] Dans cet ouvrage (p. 306-307), E. Nolte m'imputait la responsabilité des agressions physiques dont j'avais été l'objet. Il estimait que les juifs pouvaient à bon droit s'estimer offensés notamment par la manière « agressive» dont j'avais, en une phrase de soixante mots, résumé le point de vue révisionniste. Pour commencer, il se rendait coupable d'une fâcheuse omission en reproduisant ma phrase. Enfin, en février 1994, il était à son tour l'objet d'une agression à Berlin en raison de ses écrits, sans doute jugés trop peu conformes à la norme.