Thursday, March 3, 1994

Le témoignage du «commandant d’Auschwitz» est déclaré sans valeur !


Depuis près d’un demi-siècle, les historiens avaient l’habitude d’avancer le témoignage de Rudolf Höss, l’un des trois commandants successifs du camp d’Auschwitz, comme la preuve par excellence de la réalité du prétendu génocide des juifs et des prétendues chambres à gaz nazies.

Or, voici que ce témoignage vient d’être désavoué par deux professeurs américains, l’un et l’autre connus pour leur engagement en faveur de la thèse de l’ « Holocauste» : Christopher Browning et Deborah Lipstadt. Les révisionnistes avaient donc raison, qui, depuis longtemps, déniaient toute valeur à ce témoignage, extorqué, disaient-ils, par la torture. C. Browning, collaborateur de l’Encyclopaedia of the Holocaust, est l’auteur d’un livre consacré aux activités d’un bataillon de police allemande sur le front de l’Est (Ordinary Men); toute la presse française en fait actuellement l’éloge. D. Lipstadt a publié en 1993 un ouvrage antirévisionniste dont il sera parlé ci-dessous.

Certes, en 1985, au premier procès du révisionniste Ernst Zündel, à Toronto, j’avais, par l’intermédiaire de l’avocat Douglas Christie qui lui posait des questions que j’avais moi-même préparées, contraint le professeur Raul Hilberg à de surprenantes concessions quant au témoignage de Rudolf Höss. L’auteur de ce monument de fausse science qu’est The Destruction of the European Jews (La Destruction des juifs d’Europe) avait dû admettre à propos de la déposition de R. Höss (doc. PS-3868) :

[It] seems to have been a summary of things [Höss] said or may have said or may have thought he said by someone who shoved a summary in front of him and he signed it, which is unfortunate [1].

En 1989, Jean-Claude Pressac, à son tour, avait dit que les «erreurs» commises par R. Höss au sujet des gazages s’expliquaient par le fait que « Höss was present without seeing [2]. » En 1993, il dénonçait chez Höss tout à la fois « une invraisemblance de taille », un « anachronisme net », des « erreurs chronologiques [...] fréquentes », une « visite imaginaire par Himmler », des chiffres de morts «régulièrement multipliés par deux ou trois» et il concluait : «Höss, malgré son rôle essentiel dans la “Solution finale”, ne peut plus être considéré actuellement comme un témoin fiable sur les dates et les chiffres [3] ».

Le témoignage de Höss était, par conséquent, remis en question par les défenseurs mêmes de la thèse de l’extermination des juifs, mais il gardait beaucoup de son prestige et de son utilité pour la légende d’Auschwitz.

Or, s’il faut en croire un journaliste de Vanity Fair, le célèbre magazine de la vie culturelle des États-Unis, C. Browning vient de porter le coup de grâce à ce témoignage et D. Lipstadt ne serait pas loin de partager le jugement de C. Browning. La sentence vient de tomber : «Höss was always a very weak and confused witness » (Höss a toujours été un témoin très faible et confus) et, pour mieux faire comprendre que ce témoignage n’est plus bon qu’à jeter aux chiens, C. Browning ajoute au sujet de Höss : «The revisionists use him all the time for this reason in order to try and discredit the memory of Auschwitz as a whole.» (C’est pour cette raison que les révisionnistes l’utilisent tout le temps afin d’essayer de discréditer la mémoire d’Auschwitz dans son ensemble). Cette dernière remarque est d’une rare impudence si l’on se souvient que le moyen le plus traditionnel de répliquer aux révisionnistes était, immanquablement, de leur lancer à la face le nom de R. Höss [4]. Voila qu’aujourd’hui C. Browning ose prétendre que c’est nous qui «utilisons tout le temps» le nom de R. Höss !

D. Lipstadt qui, elle, est d’origine juive, se contente, quand on l’interroge sur R. Höss, de renvoyer à la page 188 de son récent ouvrage : Denying the Holocaust. The Growing Assault on Truth and Memory (La Négation de l’Holocauste: l’attaque grandissante contre la vérité et la mémoire), mais le contenu de cette page revient à dire qu’on ne peut pas faire confiance au témoignage de l’ex-commandant d’Auschwitz ; il semble que, pour elle, les chiffres qu’il a donnés pour les morts de ce camp soient plus ou moins à ranger dans la même catégorie que le mythe du savon juif, qu’elle dénonce également.

Christopher Hitchens – tel est le nom du journaliste de Vanity Fair a procédé avec un mélange d’ingénuité et d’ingéniosité. Constatant que les tenants de la thèse de l’«Holocauste» des juifs refusent tout débat avec les révisionnistes, il a eu l’idée de ce qu’il appelle une «expérience». Il s’est tourné vers C. Browning et D. Lipstadt pour leur demander de l’aider dans son expérience et il a apparemment obtenu leur accord. Il s’est alors adressé à l’Institute for Historical Review de Los Angeles qui, depuis 1979, a publié des milliers de pages de littérature révisionniste. Il raconte qu’il a demandé à cet institut de lui envoyer son meilleur «coup» et qu’en réponse il a reçu « un article d’un Français du nom de Robert Faurisson, d’après lequel Rudolf Höss, l’un des commandants d’Auschwitz, aurait été torturé par les Britanniques et aurait ainsi confessé un nombre fantastique et incroyable de crimes» (il semble qu’en réalité notre institut lui ait envoyé une importante documentation dans laquelle le journaliste a jeté son dévolu sur mon article de 1987 [5]). Puis, s’adressant à nouveau à C. Browning et D. Lipstadt, il a sollicité leur opinion sur cet article. Mais laissons la parole à C. Hitchens :

[Traduction]

« [...] [l]’Institute for Historical Review (Institut de critique historique) en Californie est la cible d’un livre récent de Deborah Lipstadt, professeur à Emory University à Atlanta, qui a écrit Denying the Holocaust. The Growing Assault on Truth and Memory [La négation de l’Holocauste : l’attaque grandissante contre la vérité et la mémoire] comme une réplique contre la prolifération de la “négation” dans les débats télévisés, sur les campus universitaires et ailleurs – sans compter, plus récemment, une campagne de tracts au National Holocaust Memorial Museum qui vient de s’ouvrir à Washington.

Deborah Lipstadt refuse tout débat en direct avec les négateurs de l’Holocauste parce qu’elle croit que ceux-ci cherchent à réhabiliter les Nazis ; elle a néanmoins accepté de m’aider pour une expérience. Prenant contact avec l’Institute for Historical Review, je leur demandai de m’envoyer leur meilleur coup. Je transmis celui-ci au professeur Lipstadt et au professeur Christopher Browning de la Pacific Lutheran University, auteur de Ordinary Men [Des hommes ordinaires], rapport d’activité cauchemardesque d’une équipe d’extermination nazie en Pologne pendant la guerre. Les révisionnistes m’envoyèrent un article d’un Français du nom de Robert Faurisson, d’après lequel Rudolf Höss, l’un des commandants d’Auschwitz, aurait été torturé par les Britanniques et aurait ainsi confessé un nombre fantastique et incroyable d’assassinats: “Par la présente, je déclare sous serment que, dans les années 1941 à 1943, sous ma responsabilité de commandant en exercice du camp de concentration d’Auschwitz, deux millions de juifs ont été mis à mort par le gaz et un demi-million par d’autres moyens.” Cette déclaration, spécialement mise en évidence et reproduite, est une pièce importante de l’Holocaust Memorial.

Je me mis alors en rapport avec Lipstadt et Browning et leur demandai leurs réponses, qui furent surprenantes : “Höss a toujours été un témoin très faible et confus”, dit Browning, qui avait déposé comme expert dans des procès impliquant Auschwitz. “C’est pour cette raison que les révisionnistes l’utilisent tout le temps, afin d’essayer de discréditer la mémoire d’Auschwitz dans son ensemble.” Et le professeur Lipstadt me signala la page 188 de son livre, et quelle page ! Il y est dit que les histoires de nazis transformant les juifs en savon sont entièrement fausses et il y est aussi dit que, bien qu’à Auschwitz le monument de pierre lui-même indique que le nombre des victimes – juives et non juives – est de quatre millions, le vrai chiffre se situe plutôt entre un million et demi et deux millions. Comme Höss a été le commandant de l’endroit pendant une partie seulement de l’existence du camp, cela signifie que, selon les contre-révisionnistes, un élément important des preuves assemblées par l’Holocaust Memorial n’est pas digne de foi. Une sensation de vertige, s’il en fut.

“Il en va de même avec l’histoire du savon”, dit Lipstadt. “Je reçois des protestations de survivants, me disant que je ne devrais pas reconnaître que ce n’est pas vrai, parce que c’est donner des munitions à l’ennemi. Mais seule m’intéresse la découverte de la vérité.” Un concept passé de mode. [...] [6]

La soudaine concession de nos deux historiens de l’« Holocauste » est plus grave que toutes les concessions successives, tous les abandons, toutes les révisions déchirantes auxquelles, depuis quelques années, l’histoire officielle s’est vue contrainte sous la poussée du révisionnisme historique.

Le 15 avril 1946, au procès de Nuremberg, le témoignage de R. Höss avait bouleversé le monde entier. A l’époque, il était apparu si peu «faible et confus» que pas un avocat allemand n’avait osé contre-interroger le témoin sur ses fantastiques allégations. C’est ce témoignage qui avait servi de pièce maîtresse aux accusateurs de l’Allemagne vaincue et il figure en bonne place dans le texte même du jugement de Nuremberg. R. Höss, en fait, avait été torturé par des juifs de la sécurité militaire britannique. Il lui avait fallu, à peine conscient, signer une déclaration dont on peut dire qu’elle était, en fait, tout droit sortie de cerveaux malades. Puis, R. Höss avait été livré aux communistes polonais. Là encore l’attendaient des juifs. Il « améliora » son témoignage et l’étendit considérablement. Après quoi, condamné à mort, il fut pendu à Auschwitz le 16 avril 1947. Onze ans plus tard, pour la honte de la science historique allemande, il se trouva un historien du nom de Martin Broszat, membre à l’époque – et futur directeur – de l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, qui, en 1958, publia ces écrits, non sans les tronquer, comme s’il s’agissait d’une œuvre sincère et authentique. Au cœur de l’Holocaust Memorial Museum de Washington qui a été inauguré le 22 avril 1993, les deux principales preuves de l’extermination physique des juifs sont une porte de chambre à gaz... d’épouillage (reconnue comme telle même par un Jean-Claude Pressac) et le témoignage de R. Höss. Enfin, est-il besoin de l’ajouter, les manuels d’histoire contemporaine de nos lycées font état de ce même témoignage comme d’un document authentique de la plus grande portée.

Les révisionnistes ne cessent de proposer à leurs adversaires un débat public. L’article de Vanity Fair nous permet de comprendre pourquoi ces derniers fuient comme la peste l’offre d’un tel débat. C. Browning, en particulier, a des raisons personnelles de l’esquiver. En 1988, il avait commis l’imprudence de venir témoigner contre E. Zündel au second procès de Toronto (R. Hilberg, échaudé par son expérience du premier procès, en 1985, avait refusé de revenir à la barre). L’avocat Douglas Christie, que je conseillais là encore sur le plan historique, avait littéralement anéanti C. Browning, qui était apparu non comme un historien – son ignorance était stupéfiante – mais comme une sorte de procureur remarquablement naïf pour qui l’histoire de l’« Holocauste» des juifs ne peut s’écrire qu’en écoutant l’accusation. C. Browning n’avait jamais soupçonné que, lorsqu’un «nazi» ou un «criminel de guerre» comparaissaient en justice, il leur fallait composer avec l’accusation, entrer dans le jeu de l’adversaire tout-puissant et feindre d’admettre l’existence des pires horreurs, quitte à minimiser ou à nier leur participation personnelle à ces horreurs. Aujourd’hui, C. Browning joue les autorités en matière d’histoire de l’ « Holocauste» !

D’une certaine façon, C. Hitchens m’a personnellement mis à l’épreuve et confronté avec C. Browning. Je constate que mon étude sur le témoignage de R. Höss a bien surmonté l’épreuve. Je m’en réjouis mais non sans un regret: celui de n’avoir pas eu en face de moi un homme capable d’affirmer que ce sont les révisionnistes qui « utilisent tout le temps » le cas de Höss. Il me semble que je lui aurais demandé compte d’une telle affirmation qui me paraît constituer l’un des plus hardis mensonges de ces dernières années. Je lui aurais aussi demandé pourquoi, à son avis, R. Höss avait «toujours été un témoin très faible et confus» devant ses interrogateurs britanniques, devant ses interrogateurs américains, devant le tribunal de Nuremberg, devant ses interrogateurs polonais et devant le tribunal de Cracovie.

Mais oublions ces considérations et saluons ici l’une des plus importantes avancées de la science historique : le témoignage de R. Höss est enfin déclaré sans valeur; du même coup s’effondre la «preuve» la plus accablante dont on se soit jamais servi pour accuser l’Allemagne vaincue du plus horrible des crimes.

Pour reprendre l’expression de C. Hitchens, on en éprouve «une sensation de vertige, s’il en fut ».
3 mars 1994

Notes

[1] « [Cette déposition] semble avoir été un résumé de choses que [Höss] a dites ou qu’il a peut-être dites ou qu’il a peut-être pensé qu’il avait dites, un résumé que quelqu’un lui a fourré sous le nez et qu’il a signé, ce qui est fâcheux. », Queen vs. Zündel, p. 1230.
[2] « Höss, tout en étant présent, n’avait rien vu. », J.-C. Pressac, Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, New York, The Beate Klarsfeld Foundation, p. 128.
[3] J.-C. Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse, Paris, CNRS éditions, 1993, p. 102-103.
[4] Encore tout récemment, un certain Richard Malher, de Vancouver (Canada), croyait trouver une parade décisive contre l'argumentation révisionniste en m’opposant le témoignage de R. Höss (« Even Holocaust criminals refute prof’s numbers », North Shore News, 19 décembre 1993, p. 8).
[5] R. Faurisson, «Comment les Britanniques ont obtenu les aveux de Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz», reproduit dans le volume II des Ecrits révisionnistes (1974-1998) à la page 657.
[6] C. Hitchens, « Whose history is it ? », Vanity Fair, décembre 1993, p. 117.

Monday, February 28, 1994

Début, en France, de la controverse révisionniste (1974-1978)


Au début de 1974, je décidais d'adresser à de nombreux destinataires, historiens et spécialistes connus, à travers le monde, une lettre à en-tête de la Sorbonne (où j'enseignais alors). En voici le texte :

Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment, votre sentiment personnel, sur un point particulièrement délicat de l'histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l'obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit, selon vous, il convient d'accorder au « document Gerstein », à la confession de R. Höss, au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d'une façon générale, à ce qui s'est écrit de ce point de vue sur Auschwitz, sur le gaz Zyklon-B, sur le sigle « N. N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescio » ?) et sur la formule de « solution finale » ? Votre opinion sur la possibilité d'existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd'hui ce qu'elle était il y a vingt-neuf ans ?

Je n'ai pu, jusqu'à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d'authenticité. Ni le Centre de documentation juive de Paris, ni l'Institut für Zeitgeschichte de Munich n'ont pu m'en fournir. Auriez-vous, pour votre part, connaissance de photographies à verser au dossier de la question ?

Merci d'avance pour votre réponse et peut-être pour votre aide.

Au nombre de mes destinataires se trouvait le Dr Kubovy, responsable d'un centre de documentation juive à Tel-Aviv. Mais – je l'ignorais alors – le Dr Kubovy était décédé. Ses héritiers confièrent ma lettre au quotidien Yedioth Aharonoth, qui la publia le 26 mai 1974, sous une forme tronquée. En France, Tribune juive se fit l'écho de l'affaire le 14 juin de la même année. Puis, un hebdomadaire satirique, Le Canard enchaîné, fit de même le 17 juillet. Les autorités de la Sorbonne dénoncèrent mes « allégations » et je fus ultérieurement chassé de mon syndicat.

Pendant trois ans, les médias pratiquèrent la politique du silence. Mais, pendant ces trois années, tout en continuant mon travail de recherche, je ne cessais d'adresser au Monde et à quelques autres publications un abondant courrier sur le problème des chambres à gaz et du génocide.

C'est alors que Le Monde décida de passer à l'offensive contre le révisionnisme historique. Le journaliste Pierre Viansson-Ponté consacra une chronique venimeuse à la version française de la brochure de Richard Harwood Did Six Million Really Die ? [1] Je redoublais donc d'activité et accablais Le Monde de lettres. En août 1977, le magazine Historia publia une lettre de moi où je parlais de « l'imposture du génocide ». En juin 1978, une publication d'extrême droite, Défense de l'Occident, dirigée par Maurice Bardèche, l'auteur de Nuremberg ou la Terre promise (1948) et de Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs (1950), publia une étude que j'avais intitulée « Le Problème des chambres à gaz ».

La pression montait. En 1978, Pierre Viansson-Ponté repartit à l'attaque et préconisa le recours à des poursuites judiciaires contre les révisionnistes [2]. Le 28 octobre, le magazine L'Express publia une retentissante interview de Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire de Vichy chargé des questions juives et réfugié alors en Espagne. Celui-ci était censé avoir déclaré : « Je vais vous dire, moi, ce qui s'est vraiment passé à Auschwitz. On a gazé. Oui, c'est vrai. Mais on a gazé les poux [3]. » Bien des raisons donnent à penser que cette interview ne fut que le résultat d'un montage dû à un journaliste discrédité, Philippe Ganier-Raymond, déjà condamné en justice, sur mon intervention, pour un montage de textes signés de Louis-Ferdinand Céline. Il est probable qu'en France certains milieux, inquiets d'apprendre qu'un professeur d'université déployait une intense activité pour rendre publics ses arguments révisionnistes, avaient décidé d'allumer un contre-feu afin de pouvoir présenter éventuellement un jour R. Faurisson comme un continuateur du « nazi » Darquier de Pellepoix. Le journal Le Matin de Paris montait, à son tour, une provocation et me mettait directement et nommément en cause [4]. Tous les médias, à l'unisson, se déchaînèrent. L'indignation contre l'hérétique prit de telles proportions qu'un journaliste juif et des organisations juives allèrent jusqu'à suggérer l'usage de la violence contre le professeur. J'enseignais alors à l'université de Lyon-II. Le 20 novembre, je fus violemment agressé à deux reprises. La presse relata les faits, à sa manière.

En France, il existe, du moins en principe, ce qu'on appelle le « droit de réponse ». En vertu de ce droit, toute personne nommée ou désignée dans un journal peut exiger, sous certaines conditions précises, la publication d'un « texte en droit de réponse ». Le Monde se vit ainsi contraint de publier un texte à la fin duquel je glissais les phrases suivantes :

J'attends un débat public sur un sujet que manifestement on esquive : celui des « chambres à gaz ». Au Monde que, depuis quatre ans, je sollicite en ce sens-là, je demande de publier enfin mes deux pages sur « La Rumeur d'Auschwitz ». Le moment est venu. Les temps sont mûrs.

Il est évident que les lecteurs du Monde n'auraient pas compris que leur journal refuse de publier les deux pages en question. On peut dire que Le Monde, en fin de compte, se trouvait pris à son propre piège. Pendant des années, il avait traité un universitaire révisionniste soit par la calomnie, soit par le silence. Il lui fallait maintenant, à contrecœur, donner la parole à cet universitaire. Le 29 décembre 1978, Le Monde publiait donc «La Rumeur d'Auschwitz», non sans accompagner mon texte d'un ensemble impressionnant d'autres textes uniformément hostiles au révisionnisme, lesquels m'ouvraient, automatiquement, un nouveau droit de réponse. Le 16 janvier 1979, Le Monde publiait mon droit de réponse sous le titre «Une lettre de M. Faurisson». La controverse allait se poursuivre longtemps encore mais sans que le journal m'accorde le moindre droit de répliquer aux innombrables mises en cause dont je devenais l'objet.

On trouvera ci-dessous mon article et ma lettre tels que Le Monde les publiait respectivement dans ses livraisons du 29 décembre 1978 et du 16 janvier 1979 [5], déclenchant ainsi ce qu'on appellerait plus tard la « déferlante négationniste » [6].

En France, le feu de la controverse s'est donc allumé en 1974 ; puis, il s'est vite éteint, du moins en apparence, mais il couvait sous la cendre. Pourquoi a-t-il repris en 1978 avec une telle virulence et pour ne plus s'éteindre depuis ce temps-là ?

On peut imaginer plusieurs motifs qui tiennent aussi bien à l'action des révisionnistes en France et dans le monde qu'à la réaction des anti-révisionnistes.

Pour ma part, je formulerais une hypothèse : c'est à partir du moment où j'ai utilisé l'argumentation matérielle (à base de considérations physiques, chimiques, topographiques et architecturales) que la partie adverse s'est sentie véritablement en danger. Dans la lettre qu'en 1974 j'avais adressée au Dr Kubovy et à bien d'autres historiens et spécialistes, mon argumentation, implicite, restait de nature historique. En revanche, dans les lettres que j'ai ensuite adressées au Monde et, en particulier, dans mon article sur «Le Problème des chambres à gaz ou la Rumeur d'Auschwitz», je m'engageais sur un terrain plus solide. Faisant appel :


1) aux plans des crématoires d'Auschwitz-Birkenau
2) à des documents sur le gazage de désinfection au Zyklon B, et
3) au système américain d'exécution en chambre à gaz


je quittais le terrain trop mouvant de l'histoire pour celui, plus ferme, de la science. C'est pour cette raison, me semble-t-il, que l'adversaire a perdu pied et que, dans son affolement, il a désormais répondu par des manifestations de schizophrénie collective ainsi que par d'incessantes manœuvres de diversion et d'intimidation, montrant par là qu'il voulait à tout prix éviter les risques d'un débat que – non sans raison – il sentait perdu d'avance.
28 février 1994
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Notes

[1] P. Viansson-Ponté, « Le Mensonge », Le Monde, 17-18 juillet 1977, p. 13.
[2] P. Viansson-Ponté, « Le Mensonge (suite) », Le Monde, 3-4 septembre 1978, p. 9.
[3] L'Express, 28 octobre 1978, p. 173.
[4] Le Matin de Paris, 16 novembre 1978, p. 17.
[5] Ces articles sont reproduits dans le vol. I d'Ecrits révisionnistes (1974-1998), p. 122 et 131, ainsi qu'à http://robertfaurisson.blogspot.com/2000/05/trois-lettres-au-monde-1978-1979.html (avec une présentation par l'auteur datée du 8 mai 2000).
[6] Courrier international, n° 167, 13-19 janvier 1994, p. 38.

Les chambres à gaz des pénitenciers américains


Pour l'exécution des condamnés à mort, certains états des États-Unis emploient des chambres à gaz dites «execution gas chambers». Le produit utilisé est toujours le gaz cyanhydrique (hydrogen cyanide). Depuis 1922, c'est précisément ce gaz que les Allemands emploient pour la destruction des parasites dans les bâtiments, les navires, les silos... ou encore dans des chambres à gaz spéciales dites chambres à gaz de désinfection, de désinfestation ou d’épouillage. La dénomination commerciale du produit, à base d'acide cyanhydrique, est «Zyklon», qui veut dire «cyclone». Le plus répandu de ces produits s'appelle « Zyklon B ». La légende prétend que, pendant la seconde guerre mondiale, en particulier à Auschwitz, les Allemands se sont servis du Zyklon B non seulement comme insecticide mais aussi comme moyen chimique d'extermination physique des juifs.


Ceux qui, au procès de Nuremberg et dans d'autres procès du même genre, se sont permis de porter une aussi terrible accusation auraient dû exiger une expertise de l'arme du crime prétendument utilisée par les Allemands. Ils ne l'ont pas fait, sauf dans le cas du Struthof-Natzweiler (Alsace) où l'expertise du professeur René Fabre, en décembre 1945, a révélé que la prétendue chambre à gaz n'était pas une chambre à gaz homicide. Ils auraient également dû, pour comparaison, examiner les chambres à gaz des pénitenciers américains pour s'interroger sur la procédure à suivre en vue d'exécuter un individu avec du gaz cyanhydrique. Ils ne l'ont pas fait non plus. Mais le plus extraordinaire peut-être est que les révisionnistes eux-mêmes ne semblent pas avoir songé à entamer une recherche sur les chambres à gaz américaines. Les révisionnistes allemands, pourtant armés de toute la science allemande, surtout en matière de chimie, ont été particulièrement timides dans le domaine de l'investigation chimique et les révisionnistes américains, qui pourtant savaient que dans leur propre pays on exécutait des prisonniers avec du gaz cyanhydrique, ont, eux aussi, négligé l'argument chimique et, en particulier, l'argument des chambres à gaz américaines.


C'est vers 1977 que j'ai personnellement pensé qu'il était indispensable d'examiner ces chambres-là. Je connaissais déjà assez bien les procédés de désinfection, de désinfestation ou d'épouillage à l'aide du Zyklon B et j'avais notamment étudié sur ce sujet des documents relatifs aux chambres à gaz Degesch. Mais l'expérience m'avait appris à me méfier des raisonnements par analogie. Du fait qu'on sait comment utiliser le gaz cyanhydrique pour désinfecter une matière morte comme des tissus ou des vêtements, il ne s'ensuit pas qu'on sache comment tuer des êtres vivants avec ce même gaz. Vers le milieu de 1978, je me tournais vers un avocat américain, Eugene Brugger, pour lui demander d'entreprendre une enquête auprès des pénitenciers possédant des chambres à gaz. E. Brugger apporta à ses investigations le plus grand soin. Il adressa à ces pénitenciers deux questionnaires minutieux. Il reçut de six d'entre eux des réponses qu'il me communiqua. A la simple lecture des réponses et des documents accompagnant celles-ci, il devenait d'une évidence implacable que les prétendues chambres à gaz nazies (« à l'état d'origine», «reconstruites» ou «à l'état de ruines») n'étaient que des impostures et que les prétendus récits de gazages homicides à Auschwitz n'étaient que des inventions de la propagande de guerre. L'exécution d'un seul homme dans une chambres à gaz américaine exige une machinerie si compliquée qu'il est impensable que les Allemands aient pu, de leur côté, exécuter des centaines de milliers d'hommes dans des « chambres à gaz » aussi frustes que celles qu'on présente aux touristes d'Auschwitz ou que les témoins nous décrivent parfois si succinctement.


La première exécution d'un condamné par le moyen du gaz eut lieu à Carson City (Nevada) en 1924. Elle faillit tourner à la catastrophe. La raison de cette mésaventure vaut d'être méditée parce qu'elle permet de mesurer la naïveté de la plupart des gens – y compris des scientifiques, des ingénieurs et même parfois des toxicologues – qui parlent des chambres à gaz nazies. Ces gens ont tendance à oublier que, de toutes les armes, le gaz toxique est probablement la plus difficile à utiliser, surtout si on l'applique à la matière humaine.


C'est, semble-t-il, vers 1917 que des Américains épris d'idées humanitaires ont imaginé qu'une exécution par un gaz mortel constituerait un procédé à la fois plus humain, plus discret et plus aisé que la fusillade, la pendaison ou la chaise électrique. Ils se trompaient. Se tuer soi-même avec un gaz peut être relativement facile (encore que beaucoup de tentatives de suicide par le gaz se soldent par des échecs, par des explosions ou par des catastrophes pour l'entourage) mais tuer avec un gaz quelqu'un d'autre que soi sans encourir de risques pour autant est particulièrement difficile.


Sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, en Europe, il est souvent arrivé que l'usage d'un gaz contre l'ennemi se soit retourné contre l'utilisateur. Plus récemment, un désastre comme celui de Bhopal, en Inde, montre à quel point, malgré les progrès de la science, on maîtrise encore mal l'emploi de certains gaz particulièrement toxiques. Aujourd'hui encore, soixante-dix ans après l'expérience de Carson City, le problème n° 1 des chambres à gaz américaines reste celui... de l'étanchéité ! Il faut savoir que l'acide cyanhydrique présente la particularité de ronger jusqu'aux joints d'étanchéité. Après chaque exécution, il est d'usage de changer tous ces joints en vue d'une nouvelle exécution ou d'un nouvel essai.


J'ai expliqué par ailleurs la procédure du gazage d'exécution aux États-Unis et je n'y reviendrai donc pas. Je me contenterai d'apporter ici huit photographies de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore (Maryland) que j'avais déjà publiées en France en 1980 [1], avec leurs explications et j'y ajouterai quelques observations complémentaires. Mais, auparavant, il convient sans doute d'aller au devant de certaines objections qui pourraient se résumer ainsi :


Si les chambres à gaz américaines sont si compliquées, ne serait-ce pas à cause d'une propension – bien américaine – au luxe de précautions, à la sophistication scientifique, aux égards pour le condamné et même, dans ces dernières années, au souci de ménager l'environnement ? Les nazis, eux, étaient brutaux, rudimentaires et n'avaient aucun égard pour leurs victimes.


Cet argument n'a pas grande valeur. Il est sûr qu'avec le temps la technologie des chambres à gaz américaines a bénéficié des acquis les plus récents de la science ; par exemple, au lieu d'un simple stéthoscope, le médecin qui surveille les battements de cœur du condamné dispose maintenant d'un stéthoscope électronique. Mais, si on passe en revue tous les détails de cette technologie (en prenant pour exemple une chambre à gaz américaine des années trente, quarante ou cinquante) et si on élimine tous les détails dont l'existence peut être due soit à un excès de sophistication, soit aux égards pour le condamné, on découvre que la simple nécessité de protéger ceux qui emploient la chambre à gaz exige des mesures draconiennes, bien plus encore que pour les chambres à gaz qui servent à la désinfection des vêtements. En effet, au terme d'une opération de désinfection, on peut, sans trop de difficultés, chasser les molécules de gaz cyanhydrique qui se sont accumulées dans les vêtements : des courants d'air chaud et d'air froid chassent une grande partie de ces molécules et les vêtements peuvent être battus, tandis qu'au terme de l'exécution d'un homme par le même gaz il est extrêmement difficile de chasser ces molécules car celles-ci se sont incrustées dans la peau, la graisse et les humeurs : on ne peut ni chauffer ni battre ce cadavre pour en chasser le gaz. On a besoin, dans ce dernier cas, d'instruments particuliers et d'une procédure spéciale. Le médecin et ses deux aides qui vont pénétrer dans la chambre à gaz où se trouve le cadavre du prisonnier doivent d'abord attendre que des ventilateurs orientables et un système d'aspiration puissant balaient et expulsent le gaz qui est dans la chambre à gaz. Ce gaz est expulsé vers un barboteur où il est neutralisé (au moins partiellement). Après une attente plus ou moins longue, ce médecin et ses deux aides, munis de masques à gaz, de tabliers et de gants de caoutchouc, doivent décontaminer le cadavre et ses vêtements. Le médecin commence par secouer la chevelure du cadavre, puis les deux aides vont laver le cadavre lui-même à grande eau, jusque dans ses ouvertures naturelles, sans oublier le pli des bras et des jambes : rien de comparable avec une désinfection de vêtements !


Au début de 1988, Ernst Zündel, révisionniste établi à Toronto (Canada), me demandait de lui communiquer les lettres que j'avais reçues des différents pénitenciers américains munis de chambres à gaz. Grâce à ces lettres, son avocate, Barbara Kulaszka, put se mettre en rapport avec Bill Armontrout, directeur de l'un de ces pénitenciers, qui lui signala que le meilleur spécialiste des chambres à gaz aux États-Unis était Fred Leuchter, lequel habitait Boston.


Sur la demande d'E. Zündel, je rencontrais F. Leuchter à Boston. Je découvris que ce dernier croyait, comme presque tout Américain, à l'existence des chambres à gaz nazies sans s'être jamais posé de questions sur la nature exacte, la configuration et le fonctionnement de ces extraordinaires abattoirs chimiques, capables, si l'on en croit la légende, de performances qui auraient laissé loin derrière elles les performances des chambres à gaz américaines. F. Leuchter, à qui je montrais des photographies et des documents concernant les prétendues chambres à gaz nazies, commença à se poser des questions. Rapidement il se rendit compte qu'il existait un «problème des chambres à gaz» nazies. Par la suite, il accepta de se rendre à Toronto pour y analyser la question de plus près, notamment en examinant les maquettes qu'E. Zündel avait fait construire par Hans Beisner à l'aide des plans que j'avais trouvés à Auschwitz en 1976. Il accepta de se rendre en Pologne, bien décidé à tirer l'affaire au clair, et en rapporta son fameux rapport sur les présumées chambres à gaz d'Auschwitz et de Majdanek.


Visite de la chambre à gaz de Baltimore


Le 14 septembre 1979, je visitais la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore sous la conduite du lieutenant Walter Farrier. Celui-ci n'avait pas assisté à une exécution et ce qu'il me dit fut, par conséquent, simplement ce qu'il lui avait fallu apprendre pour le cas où il aurait eu à procéder à une exécution. Il chargea un prisonnier, James F. P..., de prendre huit photographies selon mes instructions. On trouvera ci-dessous ces photographies [2].


La chambre à gaz de Baltimore a été bâtie dans les années cinquante mais, d'après la documentation que j'avais obtenue d'autres pénitenciers, sa technologie n'était pas essentiellement différente de celle des chambres à gaz des années trente ou quarante.


Le lieutenant me fournit des explications sur la chambre, sur son fonctionnement ainsi que sur l'exécution du condamné et sur le traitement du cadavre. Ces explications corroboraient celles que j'avais puisées dans ma documentation écrite (avec des variantes, parfois surprenantes comme on en découvre toujours chez les «spécialistes» ou prétendus tels). Je compris, par exemple, que s'il suffit de quelques milligrammes de cyanure pour tuer un homme, il faut, en réalité, jusqu'à une ou deux livres de cyanure dans une chambre à gaz car tout l'espace de la chambre doit être rempli du gaz mortel (ce qui complique l'opération d'évacuation de quantités si importantes). Il m'expliqua également pourquoi l'habitacle devait être fait d'acier et, pour les vitres, de verre Herculite (avec un dispositif pour empêcher la formation de buée).


A la fin de la visite, il me demanda la raison de ma curiosité. Je lui répondis que je m'intéressais aux chambres à gaz nazies. C'est alors que cet homme me dit : « Terrible ! Have you seen Holocaust ? » Il voulait parler du soap-opera consacré au prétendu génocide des juifs. Cet homme sensé venait de m'expliquer combien l'exécution d'une seule personne, aux États-Unis, par le moyen du gaz, était compliquée et dangereuse, et voilà que ce même homme n'éprouvait apparemment aucune difficulté à croire qu'en Allemagne on avait, pendant des années et le plus aisément du monde, gazé des milliers de personnes par jour.


Au cours des années suivantes, j'allais me rendre compte que même des ingénieurs, des toxicologues, des médecins, des scientifiques et des professeurs, même des spécialistes de la désinfection des vêtements au gaz cyanhydrique, avaient de ces naïvetés-là. Il y a, même chez l'homme bardé de connaissances, une forme de crédulité particulièrement déconcertante.


Le meilleur ouvrage technique que je puisse personnellement recommander sur les chambres à gaz américaines est The Third Leuchter Report: A Technical Report on the Execution Gas Chamber at Mississippi State Penitentiary, Parchman, Mississippi.


Sur mes conseils, E. Zündel a juxtaposé, à la page 2, la porte de la chambre à gaz de ce pénitencier et une porte de la prétendue chambre à gaz d'Auschwitz-I : une misérable petite porte vitrée. La juxtaposition des deux photographies est parlante.


Au sujet de la première exécution en chambre à gaz, celle de Gee Jon à Carson City en 1924, et au sujet de quelques autres parmi les premières exécutions aux États-Unis, on peut lire Frederick Drimmer, Until You Are Dead / The Book of Executions in America.


28 février 1994


Notes


[1] Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, p. 301-309.


[2] Elles sont reproduites ci-après.


***








Monday, February 7, 1994

Lettre à Françoise Simon, Présidente de la XIe chambre de la cour d’appel de Paris


Voyez la pièce ci-jointe. Vous constaterez que s’y trouve cité à comparaître devant votre cour, le mercredi 9 février 1994, à 13 h 30, un certain Robert Faurisson né à Brunei Darussalam. Je suis né en Grande-Bretagne.

Half British, je ne cesse, depuis 1947, d’observer les magistrats français et le fonctionnement de la justice française. J’y trouve, comme j’ai eu l’occasion, je crois, de vous le dire, un sujet d’émerveillement devant la servilité des magistrats français (à de rares exceptions qui indignent leurs collègues), devant leur mauvaise tenue, leurs négligences, leur désordre et, surtout, devant le fait qu’à de rarissimes exceptions près aucune transcription des propos tenus dans un procès n’est consultable, pour la bonne raison... qu’il n’y a pas de transcription. La manière dont vous vous êtes personnellement conduite à mon égard est édifiante : pendant une heure cinquante (durée de ma défense personnelle à la barre) vous avez ostensiblement détourné votre regard de celui qui vous parlait ; quand j’ai voulu une fois – une seule fois – vous lire un court extrait du statut du tribunal militaire international de Nuremberg, vous m’avez lancé : «Ah non ! Pas de lecture !» et cette interdiction, vous ne l’avez pas fait acter par la greffière, si bien qu’il n’en reste aucune trace. Par la suite, vous avez rendu un arrêt parfaitement inique : pour une interview, vous m’avez condamné, solidairement avec Le Choc du mois, à des peines dont le montant s’élevait à trois cent soixante-quatorze mille francs. A l’heure qu’il est, j’ai personnellement versé cent vingt-huit mille cinq cents francs. Je suis un professeur à salaire unique et j’ai élevé trois enfants. Mon crime : avoir dit la vérité sur l’atroce bobard – votre cher et ignoble bobard – des prétendues chambres à gaz hitlériennes. Selon l’usage, dans le texte de votre arrêt, on n’aperçoit pas l’ombre d’un seul des arguments que, pendant une heure cinquante, j’ai pu développer devant vous. Je vous ai dit l’horreur que m’inspirait votre conduite. Par la suite, j’ai appris accidentellement que mon avocat, Me Éric Delcroix, avait pris l’initiative de vous demander une entrevue afin de vous présenter ses excuses (!) pour mon comportement à votre égard. Il n’en avait pas le droit, ainsi que je le lui ai fait savoir quelques jours plus tard.

J’ai la faiblesse de croire que j’honore ce pays, qui n’est qu’à demi le mien, par mes recherches historiques. J’attends une convocation régulière pour décider de la suite que je donnerai aux injonctions de votre justice (française).

7 février 1994

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[La citation est adressée à « Faurisson Robert. Né le 25/01/1929 à Londres (BRUNEI DARUSSALAM) ». Par quel miracle un scribe ou une machine ont-ils pu ainsi localiser la ville de Londres (qui n’est nullement le lieu de naissance de l’intéressé) dans la ville-Etat du nord de Bornéo, un émirat pétrolier dont le nom officiel est effectivement « Brunei Darussalam » ? Il y a là un mystère que nous léguons aux générations futures. – NdÉ]