Thursday, October 28, 1993

A Pierre Marais et à Maître Éric Delcroix pour valoir ce que de droit

Attestation concernant le Struthof


Je, soussigné, Robert Faurisson, professeur d’université, demeurant à l’adresse indiquée ci-dessus, atteste ce qui suit :


En 1979, la LIC(R)A et huit associations juives ou d’anciens déportés m’intentaient un procès pour «dommage à autrui par falsification de l’histoire» (sic). Ces organisations prétendaient détenir la preuve de l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIe Reich. Constatant qu’elles n’en possédaient pas, elles étaient conduites à solliciter l’accès aux archives de l’instruction du «procès du Struthof», archives détenues à Meaux par la Direction de la gendarmerie et de la justice militaire. Elles espéraient y trouver la preuve de l’existence d’une telle chambre à gaz au camp du Struthof (Natzweiler).


La consultation de ces archives, transportées au palais de justice de Paris, leur était accordée ainsi qu’à moi-même.


Du 27 mars au 5 juin 1980, lors d’un ensemble de huit séances, nous avons pu, Me Éric Delcroix, M. Pierre Guillaume, M. Jean-Claude Pressac et moi-même, consulter ces archives et prendre des notes manuscrites de leur contenu.


Il ressort de ces archives qu’en 1945 une expertise avait été demandée au professeur René Fabre, doyen de la faculté de pharmacie de Paris, afin de déterminer si une chambre à gaz homicide avait existé et fonctionné au Struthof.


Le texte de cette expertise a disparu.


Mais, par le contenu d’un rapport d’expertise de MM. les professeurs et docteurs Simonin (de Strasbourg), Piédelièvre (de Paris) et Fourcade (de Strasbourg), il est possible d’affirmer ce qui suit :



– Le rapport d’expertise du professeur René Fabre était daté du 1er décembre 1945 ;


– Il devait répondre à deux questions : le local suspecté d’être une chambre à gaz homicide fonctionnant à l’acide cyanhydrique avait-il pu fonctionner à cet usage et les cadavres d’anciens détenus du Struthof, cadavres conservés dans le formol à l’hôpital civil de Strasbourg, étaient-ils, comme on l’affirmait, ceux de personnes tuées avec de l’acide cyanhydrique ?


– Pour répondre à ces deux questions, le professeur Fabre avait, notamment, recueilli des produits de raclage et des plâtras de la «chambre à gaz» et il avait procédé à l’autopsie des cadavres ;


– Dans les deux cas, les conclusions du rapport d’expertise étaient négatives.


MM. Simonin, Piédelièvre et Fourcade rapportaient ces conclusions pour les contester.


Tout cela peut se vérifier en consultant, dans le premier carton d’archives, la pièce 96 B :


– à la page 52, pour l’analyse des bocaux W (produit de raclage du mur extérieur de la chambre à gaz autour de la cheminée) et des bocaux X (plâtras provenant de la cheminée extérieure de la chambre à gaz au moment de son enlèvement) ;


– à la page 61, pour les recherches toxicologiques, les prélèvements de sang, de viscères faits au cours des autopsies («Dans les viscères conservés dans le liquide conservateur (alcool + formol) et remis aux fins d’analyse, il n’a pas été décelé de liquides volatils, et particulièrement d’acide cyanhydrique») ;


– à la page 67, pour les «conclusions du rapport d’expertise du professeur Fabre» : MM. Simonin, Piédelièvre et Fourcade affirment : « Les conclusions négatives du rapport d’expertise du professeur Fabre ne s’inscrivent pas en faux contre la possibilité et même la grande probabilité de l’intoxication par l’acide cyanhydrique».


Je possède, par ailleurs, toute une série de documents ou d’informations, en provenance de ces archives ou d’autres sources, qui permettent de conclure que la prétendue chambre à gaz homicide du Struthof a été, en un premier temps, une chambre froide, puis, en un second temps, une chambre à gaz pour l’entraînement des recrues au port du masque à gaz (on utilise dans ce cas un gaz qui est très loin de posséder la toxicité du gaz cyanhydrique et qui, à la différence de ce dernier, n’adhère pas aux surfaces, s’évacue facilement et ne nécessite pas des précautions draconiennes d’étanchéité : d’où le caractère rudimentaire de l’installation).


Enfin, au procès dit du Struthof, soit en première instance (Metz, 1952), soit en appel (Lyon, 1954), il n’a plus été question de l’existence et du fonctionnement d’une chambre à gaz homicide au camp du Struthof.


28 octobre 1993

Wednesday, October 13, 1993

Lettre à H. F. Doeleman


Amsterdam


Monsieur,


De retour d’un voyage, je trouve votre lettre du 4 octobre.


Vous m’adressez une «mise en demeure» et des «sommations» dont m’étonnent à la fois l’imprudence et l’impudence. Plutôt que d’impudence, d’ailleurs, je parlerai de «chutzpah».


Le Journal d’Anne Frank, tel que l’avait fait imprimer Otto Heinrich Frank, le père de la malheureuse enfant, est une imposture. En 1986, pour essayer d’en démontrer l’authenticité, on a publié de ce journal une édition faussement savante sous le titre Journaux d’Anne Frank (sic) : De Dagboeken van Anne Frank. Les auteurs de cette édition, à la fois par ce qu’ils disent, par ce qu’ils déforment et par ce qu’ils cachent, confirment involontairement l’imposture. Avant de se livrer à cette escroquerie littéraire, O. H. Frank avait eu sa part, semble-t-il, de graves malversations financières ; sa banque avait eu de sérieux ennuis avec la justice ; les journaux en avaient parlé. Toute sa vie, il a aimé et pratiqué les fictions, les stratagèmes et les subterfuges. Le grand public l’ignore.


Nul doute qu’à l’occasion d’un procès (en première instance, en appel, en cassation et peut-être plus), je me ferai un devoir de révéler à ce grand public ce que malheureusement il ne sait pas encore. Par la même occasion, je lui dévoilerai la grande imposture du siècle : celle de la magique chambre à gaz nazie dont personne ne peut nous fournir une représentation matérielle. Bref, comme on dit en bon français: « A bon entendeur, salut ! »


13 octobre 1993

Saturday, October 2, 1993

Lettre à Ernst Nolte


Mon cher collègue,


Vous avez remarqué que, dans ma lettre du 27 septembre, j’ai pris soin de n’engager aucune discussion, ni sur le contenu de votre livre ou de vos interviews, ni sur aucun point de votre propre lettre du 30 août.


Réflexion faite, j’ai pensé qu’il était imprudent de ma part de vous adresser une telle lettre sans procéder, pour le moins, à une mise au point pour la postérité. Vu le train où vont les choses, la postérité me jugera et peut-être vous jugera-t-elle aussi. Je ne veux pas qu’on puisse affirmer un jour qu’après avoir lu votre Streitpunkte j’ai négligé de vous signaler une grave erreur que vous y avez commise à mon préjudice.


Je veux parler de ma phrase de soixante mots.


Déjà, le 16 mars 1993, ma sœur vous avait mis en garde. Elle vous écrivait alors :


Monsieur le professeur,


Permettez-moi de vous dire que vous avez commis une très grave erreur dans votre transcription de cette phrase. Vous avez, en effet, oublié [après le mot “mensonge”] un mot essentiel : le mot “historique” ! C’est extrêmement grave et j’insiste beaucoup sur cette gravité. En effet, un “mensonge” laisse entendre qu’il y a des menteurs. Or, jamais Robert n’a écrit que les juifs avaient menti dans cette affaire ! En revanche, un “mensonge historique” est tout autre chose et ce n’est pas à un historien comme vous que j’expliquerai la différence.



Personnellement, je mettrai les points sur les «i» et, pour être clair, je reprendrai ici la comparaison que vous avez lue sous ma plume et que j’ai souvent utilisée devant les tribunaux français et canadiens (pour ces derniers, il existe une transcription littérale des débats) : ceux qui affirment que Néron a incendié Rome et qui propagent cette affirmation comme s’il s’agissait d’une vérité historique ne sont certes pas des menteurs ; ce sont des moutons de Panurge, des chiens de Pavlov, des perroquets, des victimes d’un mensonge historique ou, si vous préférez ce néologisme d’intellectuel, d’un «mythe». Plus on avance dans le temps ou dans l’histoire, plus le nombre et, parfois, la conviction des victimes s’accroissent ; vous connaissez le raisonnement cher aux colporteurs de ragots : «Il n’y pas de fumée sans feu». C’est ainsi qu’un simple mensonge ou une rumeur deviennent historiques. Les livres d’histoire en sont pleins.


Il suffit, d’ailleurs, d’un peu d’attention auditive pour se rendre compte que ma phrase est faite d’éléments qui s’appellent et se répondent l’un l’autre. J’ai tenu à conférer au début de cette phrase tout son poids d’histoire avec les trois mots suivants que je souligne pour la circonstance :


« Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique [...] »


Hitler..., les juifs..., l’histoire... Sans jeu de mots, il me semble qu’il y a là toute l’histoire dont nous débattons. Si vous supprimez l’adjectif d’«historique», vous retirez à tout ce début son poids d’histoire et vous m’attribuez une phrase qui est boiteuse.


Certes, lorsque je parle ou que j’écris, il peut m’arriver d’éviter l’emploi, à chaque fois, de l’adjectif «historique». Je ne vais pas assommer mon lecteur ou mon auditeur avec le binôme lancinant de «mensonge historique», mais soyez assuré que le contexte le plus direct est là pour leur faire entendre que «mensonge» signifie alors «mensonge historique».


J’ai, par ailleurs, le droit d’être lu avec un minimum d’attention, surtout par un homme que le mot même d’«historique» ne saurait normalement laisser indifférent.


Je suis à votre disposition pour les références, si vous les désirez.


Cette mise au point, je le répète, me paraissait nécessaire pour l’avenir, et même pour le proche avenir.


2 octobre 1993

Friday, October 1, 1993

Lettre à Alice Kaplan

aux bons soins de [la revue] Lingua Franca


J’ai pris connaissance de votre article sur Maurice Bardèche, dont il se trouve que je ne partage pas les idées en politique mais qui est un honnête homme et un chercheur scrupuleux, un très bon écrivain aussi [1].


Je vous fais mes compliments de cet article. La haine y parle toute pure.


Bonne chienne, se dit-on, chasse de race. Votre père était-il Benjamin Kaplan, Sydney Kaplan ou tel autre des ces chiens de Nuremberg portant le nom de Kaplan ?


Vous nommez Céline. Relisez Bagatelles pour un massacre [des non-juifs, des goyim] et L’École des cadavres [non-juifs ou goyim] [2].


Vous avez beaucoup menti et cela commence à se savoir. Un exemple parmi cent («le savon juif», etc.): aux dernières nouvelles, il serait mort à Auschwitz 775.000 personnes (chiffre arrondi à 800.000) selon M. Jean-Claude Pressac, le néo-nazi repenti (il avait chez lui un buste de Hitler) et le protégé des menteurs [3]. Dans le film Nuit et brouillard, qu’on montre à tous les enfants de France, encore aujourd’hui, le chiffre est de neuf millions. Selon les chiens de Nuremberg, il était de quatre millions. Encore un effort et on parviendra au chiffre exact d’environ, sans doute, cent cinquante mille morts (surtout des victimes de «mort naturelle» comme le reconnaît Arno Mayer : des victimes du typhus). Mais, peut-être vous moquez-vous de l’exactitude en histoire ? Sincèrement et sans chutzpah [4] !


1er octobre 1993


Notes


[1] A. Kaplan, « Out of the Past », Lingua Franca, 1993.


[2] Alice Yaeger Kaplan, Américaine, professeur de français à Duke University (Caroline du Nord), est l’auteur d’un ouvrage bien connu des céliniens, Relevé des sources et des citations dans Bagatelles pour un massacre. [NdÉ].


[3] J.-C. Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz, p. 148.


[4] Terme yiddish qui désigne l’impudence. [NdÉ]

Thursday, September 30, 1993

"Libération", "Le Monde" et "Le Nouvel Observateur" sur "Les Crématoires d’Auschwitz" de Jean-Claude Pressac


Le 23 septembre, j’ai rendu compte du dossier consacré par L’Express au livre du pharmacien Jean-Claude Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse, CNRS éditions, 1993.


Je passerai ici en revue ce que Libération, Le Monde et Le Nouvel Observateur ont publié sur le même sujet. Je ne reviendrai pas sur les points déjà traités dans mon compte rendu du 23 septembre. Prochainement, je produirai une recension du livre même de Pressac.


– Libération [1]


L’article de Libération n’apporte guère d’éléments nouveaux par rapport au dossier de L’Express. J.-C. Pressac s’y présente comme un ancien «proche de Faurisson», un disciple repenti. Il déclare:


La thèse de Robert Faurisson [...] s’appuyait sur une assez bonne connaissance des invraisemblances techniques du processus d’extermination [à Auschwitz] tel que les historiens l’expliquaient [...]. J’ai été un proche de Faurisson qui m’a assez bien formé à la critique négationniste à la fin des années soixante-dix [...]. Il faut savoir que Faurisson en savait beaucoup. Il disposait de plans et de photos qu’on n’avait jamais vus.


– Le Monde [2]


L’article du Monde est surprenant. Il est signé de Laurent Greilsamer, lequel, en son jargon, se félicite de ce que J.-C. Pressac « récus[e] une certaine idée de l’histoire qui voudrait que seule la mémoire soit noble». J.-C. Pressac confie au journaliste comment il en est venu à douter des témoignages, puis à les écarter : «Personne ne pouvait m’expliquer les contradictions des témoignages auxquelles je me heurtais». Aussi a-t-il, en conséquence, «délibérément tourné le dos aux témoignages des survivants pour s’intéresser aux ruines des crématoires et aux documents préservés de la destruction». « Le drame », ajoute-t-il, « c’est que l’histoire de l’extermination ne reposait que sur des témoignages. Or beaucoup ne tiennent pas». Il ne croit guère à la thèse du «langage codé» : « Il n’y a jamais eu camouflage, contrairement à ce que l’on dit » chez les SS constructeurs des crématoires et des chambres à gaz. Il évalue «à 800.000 le nombre des morts dans [le camp d’Auschwitz] alors que les chiffres les plus couramment cités étaient de plusieurs millions ». Il estime qu’«en France, la loi Gayssot interdit de s’exprimer librement». Il révise « ce que la communauté des historiens croyait acquis ». Il dénonce la « couardise universitaire » et les chercheurs qui « se sont tus pour conserver leurs précieux fauteuils».


L. Greilsamer a la prudence de ne pas faire état du document sur les détecteurs de gaz.


– Le Nouvel Observateur [3]


L’enquête du Nouvel Observateur est encore plus surprenante. Elle est de Claude Weill. En plus d’une interview de J.-C. Pressac, elle comprend des interviews de Pierre Vidal-Naquet, Raul Hilberg et Claude Lanzmann. J’y suis nommé plus de vingt fois mais la parole ne m’est pas accordée une seule fois bien que je paraisse dans cette enquête en posture d’accusé et même de faussaire.


J.-C. Pressac dénonce en Faurisson «une intelligence brillante, mais perverse, diabolique».


A la question : « Pensez-vous que dorénavant les révisionnistes seront réduits au silence ? » P. Vidal-Naquet répond : «J’en doute. Les révisionnistes sont réfractaires à tout argument. Le seul révisionniste que Pressac ait convaincu, c’est lui-même».


Pour R. Hilberg, le livre de Pressac semble soulever plus de questions «cruciales» qu’il n’apporte de réponses.


De son côté, à la question : « Quelle importance accordez-vous à la parution du livre de Jean-Claude Pressac ?» C. Lanzmann répond :


C’est une pierre supplémentaire qui vient s’ajouter à l’immense édifice du savoir déjà accumulé sur la solution finale. Rien de plus, rien de moins. Cela seulement. Présenter ce livre comme l’ont fait le journal de TF 1 et certains autres médias relève de la désinformation. Si l’on excepte le document de la firme Topf und Söhne sur les détecteurs de gaz, il n’y a rien dans l’immense article de L’Express qui ne soit archiconnu.


C. Lanzmann emploie à six reprises, et avec raison, le mot d’«archiconnu». (En ce qui concerne les détecteurs de gaz (Gasprüfer), il semble ignorer que ces instruments étaient d’un usage courant dans les opérations de désinfection.) Il dénonce chez Pressac un homme hanté par Faurisson et Faurisson seul :


Faurisson est le seul interlocuteur qui compte aux yeux de ce converti. Il doit, pour être entendu de lui, parler son langage, faire sienne sa démarche, épouser sa problématique, exhiber la preuve cruciale, l’ultima ratio qui convaincra son ancien maître. D’où l’importance démesurée attachée au document (qui ne sera en aucun cas, on peut en être sûr, le mot de la fin pour Faurisson) sur les détecteurs de gaz. Même pour les réfuter, on légitime ainsi les arguments des révisionnistes, qui deviennent ce par rapport a quoi, à qui, tous se situent. Les révisionnistes occupent tout le terrain.


C. Lanzmann annonce la parution en novembre dans sa revue Les Temps modernes d’un «article fulgurant» montrant que l’extension du révisionnisme a pris les proportions d’une «catastrophe».


Il juge «scandaleuses» les interviews où J.-C. Pressac frappe de suspicion ou de nullité les témoignages sur les chambres à gaz homicides.


Il vise, en particulier, l’article susmentionné de L. Greilsamer dans Le Monde.


Il considère que la publicité faite à l’ouvrage du pharmacien est «une faute morale». S’en prenant, sans le nommer, à P. Vidal-Naquet, il déclare :


Le triste est qu’un historien, menacé sans doute dans son statut ontologique par la véracité, la force, l’évidence des témoignages [rapportés par C. Lanzmann lui-même dans son film Shoah] n’hésite pas à cautionner cette perversité. Un historien abdique devant un pharmacien, qui par ailleurs « révise » à la baisse, selon des calculs bien à lui, le nombre des victimes. Qu’on y prenne garde, on dira peut-être dans vingt ou cinquante ans : « Bien sûr, les chambres à gaz ont existé, mais on n’y a jamais gazé que des poux ou des menteurs ». Ce sera l’ultime avatar du révisionnisme.


Conclusion


Ces articles de Libération, du Monde et du Nouvel Observateur confirment l’impression donnée par le faux scoop de L’Express. On songe ici aux communiqués de victoire des armées en retraite. Les déclarations fracassantes, les coups de cymbales et le son du clairon ne parviennent pas à dissimuler l’ampleur du désastre. En 1943, après leur capitulation à Stalingrad, les Allemands n’avaient plus eu pour unique ressource que de vanter, sur le mode héroïque, les mérites de la «défense élastique». On s’y croirait. C. Lanzmann, lui, est le seul à ne pas tenter de donner le change. Il voit poindre à l’horizon la victoire des révisionnistes et la capitulation des exterminationnistes. Ses affres ont leur raison. Voilà quinze ans, je prenais publiquement l’initiative – c’était la première fois au monde – de placer «le problème des chambres à gaz» sur le plan scientifique et matériel. Mon audace avait longtemps paru sacrilège. Aujourd’hui, les adversaires des révisionnistes se voient contraints d’avancer sur le terrain où j’espérais les voir s’engager. Et C. Lanzmann redoute que ne se lève cette fois-ci, pour son camp, le vent de la défaite.


30 septembre 1993



Notes


[1] «Des documents ignorés sur la Shoah. Le devis d’Auschwitz», Libération, 24 septembre 1993.


[2] L. Greilsamer, «Un chercheur amateur révèle la machinerie des crématoires d’Auschwitz. Les plans de la mort», Le Monde, 26-27 septembre 1993.


[3] C. Weill, « Auschwitz : enquête sur la mécanique de l’horreur », Le Nouvel Observateur, 6 octobre 1993.

Thursday, September 23, 1993

Sur Auschwitz : encore un scoop bidon


L’Express publie quelques articles ou documents à propos d’un ouvrage du pharmacien Jean-Claude Pressac, Les Crématoires d’Auschwitz. La Machinerie du meurtre de masse, éditions du CNRS [1]. On y prétend, une fois de plus, river son clou au révisionnisme historique. Mais, en réalité, une fois de plus, sous le couvert de prétendues révélations et de commentaires tonitruants, on est contraint d’y faire de nouvelles et importantes concessions aux révisionnistes.


Pour commencer, ce livre n’a rien d’une nouveauté, si l’on en juge par les extraits qu’on en a choisis et le résumé qui en est proposé. Il semble qu’il s’agisse seulement de la traduction, de l’adaptation et du résumé en français de l’énorme et grotesque ouvrage que J.-C. Pressac avait publié en 1989, à New York, à l’enseigne de la Beate Klarsfeld Foundation sous le titre prometteur et mensonger de: Auschwitz. Technique and Operation of the Gas Chambers. Selon toute apparence, l’ouvrage fut rapidement retiré de la vente. J’en avais rendu compte dans la RHR n° 3 sous le titre de «Auschwitz. Technique and Operation of the Gas Chambers ou Bricolage et “gazouillages” [2] à Auschwitz et Birkenau selon J.-C. Pressac». J’avais montré que l’auteur parlait surtout des fours crématoires et des chambres à gaz de désinfection. J’avais rappelé que des mots comme «Vergasung», «Gaskammer», «Gasprüfer» [3], en lesquels il croyait voir des «indices», disait-il, et non des «preuves», ajoutait-il, de gazages homicides n’avaient qu’un sens normal et bénin. J’avais montré qu’en passant il avait procédé, de son propre aveu, à une formidable révision des faits et des chiffres de la littérature holocaustique.


Depuis la publication de ce pensum en anglais, l’auteur s’est rendu à Moscou et à Wiesbaden. En a-t-il rapporté des documents bouleversants ? Dans le dossier de l’Express, je n’aperçois nulle trace de tels documents. Ceux que je vois sont connus depuis longtemps. Je constate seulement que, chez J.-C. Pressac, les incertitudes s’aggravent, les spéculations se multiplient, les récits romanesques abondent. La «chambre à gaz» que les touristes visitent à Auschwitz continue de perdre son crédit : elle n’aurait que « très peu » servi (théorie du «gazouillage» chère à l’auteur). Les gazages systématiques de Birkenau n’auraient commencé qu’en juillet 1942. Il y aurait eu beaucoup de «pannes». Himmler aurait, en novembre 1944, donné l’ordre de cesser ces gazages mais cet ordre, présenté jusqu’ici comme écrit (et donc prouvable), est devenu «oral» (et donc improuvable).


Et, surtout, le nombre des morts d’Auschwitz continue sa descente. Il ne serait plus de 9 millions (c’est le chiffre fourni dans Nuit et Brouillard ; il est faux que, comme le dit l’Express, le chiffre donné dans ce documentaire, plein d’erreurs, soit de 4 millions), ni de 4 millions (Tribunal de Nuremberg), ni de 1,2 million (Hilberg), ni de 1,1 million (Piper), ni de 950.000 (Bédarida), mais de... 800.000. Il faudra bien, un jour, parvenir au vrai chiffre qui doit se situer aux environs de 150.000 victimes (la plupart mortes du typhus ou, comme le dit Arno Mayer, de « mort naturelle»).


Nous attendons depuis un demi-siècle un ouvrage technique intitulé non pas Les Crématoires d’Auschwitz mais Les Chambres à gaz homicides d’Auschwitz. Evidemment, cet ouvrage contiendrait ce que nous réclamons depuis si longtemps et qui serait élémentaire: une photographie, un dessin ou une maquette de cet incroyable abattoir chimique avec l’explication de sa technique et de son fonctionnement. Pourquoi cette stupéfiante lacune ?


23 septembre 1993


Notes


[1] L’Express, 23 septembre, p. 76-80, 82-87.


[2] Le mot de « gazouillage(s) » est de Pressac qui l’emploie dans ses conversations privées où il confie volontiers qu’il ne croit pas, en réalité, à la thèse des gazages systématiques et à grande échelle mais seulement à des gazages occasionnels et improvisés que, d’un mot, il appelle des... « gazouillages ».


[3] Le 2 mars 1943, la firme Topf et fils d’Erfurt adresse à la direction des constructions d’Auschwitz une lettre concernant une commande de dix détecteurs de gaz cyanhydrique pour le Krematorium-II d’Auschwitz. Il n’y a là rien d’étrange. La lettre est commerciale et sans aucun caractère secret. Elle porte en toutes lettres «Gasprüfer-Krematorium» (détecteurs de gaz-crématoire). Les appareils sont appelés «Anzeigegeräte für Blausäure Reste» (détecteurs pour restes d’acide cyanhydrique). C’est ce que, dans mon Mémoire en défense..., p. 171, j’ai appelé «appareil de détection du gaz restant », qui est la traduction de « Gasrestnachweisgerät ». Ces appareils se trouvaient partout où s’entreposait le matériel de gazage (Vergasung) et partout où se pratiquaient des désinfections au Zyklon. Vu les ravages exercés par le typhus à Auschwitz et vu l’accumulation des cadavres de typhiques dans les crématoires, l’utilisation de ces détecteurs à papier sensible était normale. Depuis 1922 et encore aujourd’hui, le Zyklon s’emploie à la désinfection des locaux d’habitation, des silos, des bibliothèques, des navires, etc.


Wednesday, September 22, 1993

Les juifs pourraient renoncer au mythe de la chambre à gaz nazie


Après l’avoir dénoncé, persécuté, condamné comme le pire des criminels, les juifs se sont vus contraints, devant l’abondance des découvertes révisionnistes sur la réalité du camp de Treblinka, de relâcher John Demjanjuk, à qui ils auront, au total, infligé un calvaire de seize années. Quant à Yasser Arafat que, pendant vingt ans, ils ont présenté comme un nouvel Hitler, ils viennent de lui faire, au moins en apparence, d’importantes concessions. Dans les deux cas, les juifs ont estimé que le prestige et l’avenir de l’État d’Israël, ainsi que l’idéologie politique qu’est le sionisme, exigeaient ce genre de révisions.


La religion de l’«Holocauste» est en péril ; bâtie sur tout un ensemble de mythes, elle a exigé, de la part des juifs, bien des renoncements et elle va, dans un proche avenir, exiger d’eux un renoncement suprême : il leur faudra abandonner le mythe de la chambre à gaz nazie. La surabondance des découvertes et des publications révisionnistes sur ce mensonge se révèle accablante pour les historiens et les intellectuels juifs. Pour devenir un pur article de foi religieuse, la croyance en l’«Holocauste» des juifs devra se délester du mythe de plus en plus encombrant de cette absurde chambre à gaz qui aurait défié, si elle avait pu exister, toutes les lois de la physique et de la chimie.


Dans un récent passé, les juifs ont déjà prouvé qu’ils étaient capables, non seulement d’abandonner certains mythes de l’«Holocauste», mais de se présenter, par la même occasion, en pourfendeurs de ces mythes. Ils sont allés jusqu’à s’approprier d’importantes découvertes révisionnistes et à se présenter en champions de la vérité historique. Après avoir longtemps accusé l’Allemagne de crimes imaginaires fondés sur des rumeurs, ils l’accusent d’avoir elle-même fomenté ces rumeurs dans un esprit d’hostilité aux juifs.


C’est ainsi que, dans leur ensemble, les historiens juifs ont fini par reconnaître que l’histoire du savon juif, pourtant entérinée par le tribunal de Nuremberg, n’était qu’une fiction. Par un extraordinaire retournement, ils ont ensuite mis cette fiction sur le compte des Allemands qui, selon la nouvelle version juive, auraient colporté cette histoire de savon en vue d’effrayer les juifs.


Ces mêmes historiens ont dû admettre que le chiffre de quatre millions de morts à Auschwitz, pourtant imposé d’office par le tribunal de Nuremberg, constituait une énorme exagération. Ils avaient pris l’habitude de préciser ou de laisser entendre que la plupart de ces victimes étaient juives. En 1990, ils ont réduit ce chiffre à environ un million, un million et demi, en maintenant que la plupart des victimes étaient juives et en imputant aux Polonais l’invention du chiffre d’origine ; les Polonais, expliquent-ils, avaient ajouté de deux millions et demi à trois millions de victimes polonaises dans le but de minimiser la souffrance des juifs. Précisons, en passant, que le nouveau chiffre d’un million à un million et demi devra à son tour être réduit à probablement cent cinquante mille morts (pour la plupart dues au typhus).


Si, à son tour, le mythe de la chambre à gaz nazie devait être abandonné, les juifs ne manqueraient probablement pas d’imputer l’invention et le succès de ce mythe aux Allemands et aux Polonais. Le principal responsable deviendrait l’Allemand Rudolf Höss, prisonnier des Polonais après l’avoir été des Britanniques. Dans ses prétendus «mémoires», dont nous sommes redevables à ses geôliers polono-communistes, ce SS se voit déjà reprocher par certains juifs d’avoir glissé des absurdités ou des énormités relatives aux chambres à gaz «comme autant de bombes à retardement contre les juifs».


Les historiens juifs, passant sous silence les découvertes révisionnistes, s’institueraient en découvreurs du «mensonge des chambres à gaz». Ils rappelleraient que l’historienne juive Olga Wormser-Migot a écrit, dans sa thèse universitaire, en 1968, qu’Auschwitz-I était «sans chambre à gaz» et que, d’après elle, d’une façon plus générale, il existait bel et bien un «problème des chambres à gaz». Ils citeraient l’historien juif Arno Mayer, professeur à Princeton, qui, en 1988, écrivait que «les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et sujettes à caution». Ils mentionneraient J. G. Burg et peut-être David Cole.


Sur le chapitre des persécutions subies depuis un demi-siècle par les révisionnistes, ils auraient la partie un peu moins facile mais ils pourraient décliner toute responsabilité en la matière. Les persécutions subies par les révisionnistes allemands seraient imputées aux gouvernements allemands successifs ; celles subies par les révisionnistes autrichiens seraient imputées au gouvernement autrichien et à ce «nazi» de K. Waldheim qui ont signé récemment la loi anti-révisionniste ; quant aux révisionnistes français, leur persécution serait le fait du gouvernement français et de la loi qui porte le nom d’un communiste : la loi Gayssot. Dans tous les autres pays du monde il serait possible de rejeter ainsi sur les gouvernements en place et sur leur système judiciaire la responsabilité de la persécution.


L’«Holocauste» lui-même, désormais épuré de toute contingence matérielle, n’offrirait plus de prise à la contestation. D’un sens idéalement vague et accédant au statut de vérité hypostatique, il s’intégrerait pleinement à la religion juive. Il deviendrait l’article de foi privilégié d’une religion millénaire.


Sa contestation n’en serait que plus sacrilège. Les révisionnistes se verraient alors accuser de vouloir persécuter les juifs pour leur foi. Ils seraient présentés en adeptes de l’intolérance religieuse. Les juifs, eux, se décriraient en apôtres de la tolérance religieuse et en défenseurs de la vérité historique ; la preuve : sans eux l’humanité aurait continué de croire au mythe de la chambre à gaz nazie.


Les juifs qui, par le passé, ont tant œuvré en faveur du communisme, n’ont-ils pas fini par se décrire en champions de l’anticommunisme, en dénonciateurs du «mensonge communiste» ?


22 septembre 1993