Friday, February 1, 1991

Éditorial de la "Revue d'histoire révisionniste", n°4


En dépit de la multiplication des écueils, le révisionnisme poursuit son cours et gagne en puissance. 

En France, on voit se former contre lui une sorte d'union sacrée de tous les pouvoirs : le pouvoir législatif (avec la loi Fabius dite Gayssot), le pouvoir exécutif (avec les arrêtés Joxe), le pouvoir judiciaire (avec les décisions Grellier), le pouvoir des grands organes de presse (avec, en particulier, Le Monde), les associations juives et autres ligues (avec onze d'entre elles se constituant partie civile au procès Faurisson), les milices juives (qui frappent partout en toute impunité), l'Université (avec l'affaire Notin), l'enseignement supérieur (avec l'affaire Reynouard), les syndicats (qui, par tracts et articles, alertent leurs militants), et enfin des officines gouvernementales spécialisées comme la Direction des libertés publiques (sic) au ministère de l'Intérieur ou la Direction de l'information historique (sic) au secrétariat d'État chargé des anciens combattants.

Colloques et collectifs antirévisionnistes abondent. Depuis quelques mois, les petites villes de la France profonde sont conviées, elles aussi, à se tenir en état d'alerte pieuse. On mobilise les enfants des écoles ; on les mène de centres d'histoire de la Résistance et de la Déportation en projections spéciales de Nuit et Brouillard (film où la salle de douches de Majdanek est encore présentée comme une chambre à gaz homicide, où le bobard du savon à base de graisse humaine persiste, où l'on enseigne qu'à Birkenau il est mort neuf millions de déportés) ; les lycéens aux horaires pourtant surchargés doivent écouter d'anciens déportés, sortes de témoins professionnels qui parcourent la France pour y porter la bonne parole, puis à ces mêmes lycéens on fait rédiger des dossiers sur les horreurs de la dernière guerre (certaines horreurs, toujours les mêmes et jamais les autres). Les historiens de cour et les facteurs de manuels d'histoire font allégeance au credo institutionnel. Les révisionnistes ont enfin contre eux « la conscience universelle » : la formule est de Mme Édith Dubreuil, procureur et porte-parole du ministre de la Justice. 

Enfin, force du tabou : parce qu'il ne croit pas aux chambres à gaz hitlériennes, un professeur est condamné à une peine de deux cent cinquante mille francs dont cent mille francs avec sursis. Chez les universitaires, chez les historiens, chez les hommes politiques, pas une voix ne s'élève. Ce silence effraie ; il est celui de la peur. 

Bref, tout, en apparence, devrait donc aller pour le mieux dans notre pays si l'on se place au point de vue des intérêts propres à Élie Wiesel, Simon Wiesenthal, Serge Klarsfeld ou encore aux points de vue du R.P. Riquet et de Mme Geneviève Anthonioz-De Gaulle.

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Or, à en croire ces personnes, tout va pour elles de mal en pis. Elles découvrent que les révisionnistes français semblent puiser de nouvelles forces dans l'épreuve. C'est ainsi, pour commencer, que ces derniers persistent à publier, livraison après livraison, une Revue d'histoire révisionniste que leurs adversaires qualifient de pseudo-scientifique, ce qui pourrait bien signifier qu'elle est authentiquement scientifique. En plein Paris, au cœur du Quartier latin, les révisionnistes ouvrent une librairie située au 12 de la rue d'Ulm, à quelques pas de l'École normale supérieure où, du même coup, se crée un « Comité anti-négationniste ». Tenue par des libertaires, cette librairie est systématiquement assiégée, attaquée ou souillée. Mais elle reste ouverte à tous, ouverte au dialogue et aux discussions publiques ; on y trouve même les ouvrages les plus hostiles au révisionnisme. Sur l'autre rive de la Seine, au 10 de la rue des Pyramides, une librairie de droite vend à profusion les écrits révisionnistes ; on ne l'attaque plus car elle se défend. En d'autres points de France, d'autres librairies et des centres de diffusion, parfois clandestins, répandent ces mêmes écrits. La répression a eu pour effet de susciter des activités de samiszdat qu'on ne parvient plus à localiser, tant les sources deviennent nombreuses de ces actions disparates, parfois brouillonnes ou irritantes, mais souvent ingénieuses. Nos relations avec l'étranger se diversifient. L'échange rapide d'informations et les consultations sur la marche à suivre, d'un pays à l'autre, dans les périodes de crise permettent de nouer les contacts nécessaires au renforcement d'une internationale révisionniste à travers le monde, au-delà de toutes les opinions politiques. A peu près partout se profile un désastre pour les tenants de la religion de l’« Holocauste », tant leur pouvoir n'a d'égal que leur impuissance. 

Nos adversaires s'inquiètent du désarroi qui règne dans leurs propres rangs. Leurs dissensions éclatent au grand jour. On prendra connaissance ci-dessous des vicissitudes que traversent, dans une atmosphère irrespirable, les Claude Lanzmann, Arno Mayer, Pierre Vidal-Naquet, Raul Hilberg, Léon Poliakov et, surtout, les responsables du musée d'Auschwitz, confrontés aux résultats d'une expertise imprudemment réclamée à un Institut de criminologie de Cracovie. La Revue d'histoire révisionniste est la première publication française à faire état de cette expertise que la grande presse et les historiens de l'« Holocauste » cherchent à tenir cachée.

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La « guerre du Golfe » continue, quant à elle, d'avoir les suites désastreuses qu'on pouvait prévoir : désastreuses pour tous sauf – au moins provisoirement – pour l'État d'Israël qui, enrichi de nouvelles prébendes financières, aggrave sa politique de colonisation. L'histoire de cette guerre offrira un vaste champ d'investigation au révisionnisme historique. Nous ne savons encore à peu près rien sur les causes du conflit, sur son déclenchement, sur son déroulement. En revanche, sur la propagande des vainqueurs et sur leurs mensonges, nous en savons déjà beaucoup. Même un Jean-François Kahn s'en avise, quoique un peu tard. Après « Timisoara », les journalistes s'étaient juré qu'on ne les reprendrait plus à forger et à colporter d'hallucinantes histoires d'atrocités ; l'un d'eux, Michel Castex, a même écrit un livre sur le sujet : Un Mensonge gros comme le siècle. Mais ce siècle a duré six mois. Les journalistes ont récidivé avec « Carpentras ». Puis, ils ont recommencé avec « Bagdad » et surtout avec « Tel Aviv ». Le mythe des chambres à gaz et des gazages est revenu en force. Il est douteux que, dans la confection du mensonge historique, on se renouvelle beaucoup. D'âge en âge, les formes les plus défraîchies de ce type de mensonge produisent les mêmes horreurs de fiction. Dans la « guerre du Golfe », le mythe des chambres à gaz est réapparu quasiment à l'identique, au point que l'hebdomadaire juif américain à grand tirage The Jewish Press pouvait, dans une atmosphère d'excitation belliciste, titrer en première page de sa livraison du 15 février : War News ! Irakis Have Gas Chambers For All Jews (Nouvelles du front. Les Irakiens possèdent des chambres à gaz pour tous les juifs).

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L'un des intérêts du révisionnisme est qu'il apprend à voir les événements avec une sorte de recul instantané. Un révisionniste conséquent n'a pas plutôt vu qu'il revoit. Si on lui propose des images, il les scrute. Si on lui impose un commentaire, il l'analyse. Si on lui annonce qu'il va être le témoin d'abominations sans précédent soit par la qualité, soit par la quantité, sa méfiance s'éveille et, le plus souvent, il détectera sous une apparence nouvelle le vieux produit frelaté de la haine et de l'exagération. Fera-t-on appel à son cœur, aux bons sentiments, aux grands principes, il saura qu'en la circonstance rien n'est plus suspect. Un révisionniste – qui sait ? – a peut-être autant de cœur qu'un autre. Peut-être est-il sensible aux bons sentiments et aux grands principes. Mais, ce qui est sûr, c'est que, d'abord et avant tout, il désire voir, revoir et savoir avant de juger. C'est son droit, pense-t-il, et même son devoir.

En France, il n'est guère de quotidien qui cherche plus que La Croix-L'Événement (directeur de la rédaction : Noël Copin) à jeter le discrédit sur le révisionnisme et il est peu d'historiens qui se soient autant acharnés contre nous que Madeleine Rebérioux, récemment devenue présidente de la Ligue des droits de l'homme, ligue qui nous a poursuivis jusque devant les tribunaux. Cependant, La Croix-L'Événement, Madeleine Rebérioux et la Ligue des droits de l'homme ont tous trois aujourd'hui un autre point commun : les voici qui découvrent que le révisionnisme avait peut-être raison dans sa dénonciation de certains témoignages, de certains chiffres ou de certains faits relatifs à Auschwitz. A leur tour, ils suspectent les « souvenirs » de certains survivants, les chiffres « mal vérifiés » et même les chambres à gaz « reconstruites de toutes pièces pour les visites ». Mais écoutons plutôt :

[Question de La Croix-L'Événement :] 
Malgré la loi antiraciste [du «13 juillet 1990] – qui considère comme un délit la « négation de crimes contre l'humanité » – le révisionnisme ne s'est jamais aussi bien porté. Que faire de plus contre Faurisson ?

[Réponse de Madeleine Rebérioux :]
– Avec cette nouvelle loi, le pouvoir politique a eu tort de laisser aux juges le soin de décider de la vérité historique. Il n'y a en effet pas d'autre réponse au révisionnisme que la confrontation patiente entre la mémoire et l'histoire, entre les souvenirs des derniers survivants du génocide juif et le travail modeste de l'historien qui rectifie tel chiffre et “révise” tel témoignage incomplet.

La connaissance sur Auschwitz est loin d'être épuisée. Les chambres à gaz y ont été détruites à la Libération et celles qu'on y « trouve aujourd'hui ont été reconstruites de toutes pièces pour les visites. Ce n'est donc pas à partir de leur étude ni d'un nombre de morts mal vérifié apposé sur une plaque à l'entrée du camp, que peut surgir la vérité. Face à Faurisson, il n'y a pas d'autre perspective pour l'historien que de cultiver le doute sur chaque point particulier, sans remettre en cause l'essentiel : à savoir la réalité incontournable de la Shoah” [1]

Le révisionnisme, assurément, « ne s'est jamais aussi bien porté. »


[Publié dans la Revue d'histoire révisionniste, n° 4, février-avril 1991, p. 5-8.]


[1] M. Rebérioux, propos recueillis par P.-Y. Le Priol, La Croix-L'Événement, 5-6 mai 1991, p. 24.

Crise au musée d’Auschwitz – La contre-expertise de Cracovie



Nous apprenons qu’une expertise des prétendues chambres à gaz d’Auschwitz et de Birkenau, menée par la section de toxicologie de l’Institut d’expertises médico-légales de Cracovie, tend à confirmer l’expertise de l’Américain Fred Leuchter : nulle trace significative de ferro-cyanures dans les locaux réputés avoir servi d’abattoirs chimiques pour des centaines de milliers ou des millions de victimes, mais, en revanche, abondantes traces de ferro-cyanures dans des chambres à gaz de désinfection fonctionnant à l’acide cyanhydrique. 

Dans une lettre en date du 24 septembre 1990 adressée par cet institut aux autorités du musée d’Auschwitz, il est dit en substance que ces autorités ont demandé une analyse d’échantillons à prélever sur les murs des chambres à gaz aux fins d’y rechercher des traces d’acide cyanhydrique.

La demande a été formulée « en conjonction avec des rapports publiés dans les pays occidentaux et avec des procès où des opinions ont été émises selon lesquelles on n’a pas utilisé à Auschwitz de Zyklon B pour y tuer des êtres humains ».

Le rapport de six pages, en polonais, explique qu’en deux périodes distinctes de 1990 des échantillons de plâtre, de briques, etc. ont été prélevés ; 1° dans le crématoire-I (Auschwitz) et dans les crématoires-II, III et V (Birkenau) ainsi que dans les caves du Block 11 (censées avoir servi pour des opérations de gazage homicide) ; 2° dans quatre chambres à gaz de désinfection au Zyklon B du Block 3 au camp d’Auschwitz même ; 3° pour comparaison, dans des endroits où il était exclu qu’il ait pu y avoir la moindre contamination avec de l’acide cyanhydrique.

Dans les locaux censés avoir servi à des gazages homicides, on n’a trouvé aucune trace, sinon une trace infime sur un pilier de la prétendue chambre à gaz homicide du Krema II de Birkenau (Fred Leuchter avait fait la même découverte : rappelons que ce local était en fait un dépositoire et que les dépositoires étaient parfois désinfectés à cause, notamment, des cadavres detyphiques). Dans les chambres à gaz de désinfection, on a trouvé des traces importantes d’acide cyanhydrique malgré le fait que les murs avaient été replâtrés ou repeints. On n’a trouvé aucune trace d’acide cyanhydrique dans les autres endroits examinés.

Les experts sont dans l’embarras. Ils expliquent qu’après quarante-cinq ans il n’était guère possible de trouver des traces « dans des matériaux de construction (plâtre, brique) si ceux-ci étaient exposés à l’action des éléments atmosphériques tels que pluies acides [etc.] ».

A quoi nous répondons, pour notre part, que : 

   1) Les experts ont accepté de conduire cette expertise même s’ils pouvaient penser qu’elle serait sans doute vaine ; le fait demeure qu’ils ont cherché comme s’ils pouvaient trouver et qu’ils n’ont rien trouvé de ce qu’ils espéraient ; 
   2) Il est faux que toutes les prétendues chambres à gaz homicides aient été exposées aux pluies ; par exemple, celle du Krema I (situé à Auschwitz) et celle du Krema II (situé à Birkenau) sont, au contraire, protégées des pluies, dans le premier cas par le toit « d’origine » et, dans le second cas, par les blocs de béton du toit effondré ; les caves du Bunker 11 sont intactes ; 
   3) Les ferro-cyanures peuvent, semble-t-il, subsister pendant des siècles, quelles que soient les intempéries. 

L’institut en question porte le nom de « Jan Sehn ». Jan Sehn est ce juge d’instruction qui mena de bout en bout la mise en scène du procès de Rudolf Höss et d’autres anciens gardiens du camp d’Auschwitz. C’est à lui que nous sommes redevables des incroyables confessions de R. Höss ordinairement publiées sous le titre de Commandant à Auschwitz. Jan Sehn est également l’auteur d’un livre sur le camp. On remarquera que, si les autorités actuelles du musée d’Auschwitz ont réclamé cette expertise, c’est qu’elles savaient pertinemment que Jan Sehn n’avait, en 1945, ordonné aucune expertise de « l’arme du crime ». Et si, de son côté, l’Institut Jan Sehn a accepté de mener une expertise en 1990, c’est qu’il savait, lui aussi, qu’on n’avait jamais expertisé « l’arme du crime ». 

Cette expertise de l’Institut Jan Sehn, qu’il faudrait appeler la « contre-expertise » de Cracovie, apporte une confirmation inattendue aux découvertes que Fred Leuchter exposait dans son étude de cent quatre-vingt-douze pages sur « les présumées chambres à gaz d’exécution d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek » [1]

La décision de procéder à cette expertise remonte à 1989. Les prises d’échantillons ont eu lieu le 20 février et le 18 juillet 1990. Le résultat a été communiqué au musée par une lettre, ainsi que nous l’avons dit, du 24 septembre 1990.

Le 13 mars 1991, R. Faurisson révélait l’existence, jusqu’ici soigneusement tenue cachée, de cette expertise et de ses résultats, désastreux pour la cause exterminationniste. Il le faisait lors d’une conférence prononcée à Bruxelles dans une salle du Palais des congrès, en présence notamment de journalistes de la presse belge. Dans son édition du surlendemain on pouvait lire dans Le Soir de Bruxelles :

Nous avons pris contact avec le Dr Maurice Goldstein, président du Comité international d’Auschwitz [à Bruxelles]. Il nous a affirmé qu’à sa connaissance aucune demande d’expertise n’avait été adressée à un institut par le musée d’Auschwitz ni par le comité supérieur dont il fait partie. De telles enquêtes, accomplies cinquante ans après les événements n’ont d’ailleurs aucun sens [2]


Le Dr Goldstein, manifestement embarrassé, ajoutait que des analyses avaient été faites, dès 1945, par l’Institut de chimie de Cracovie. En réalité, il commettait là une erreur [3]

Cette contre-expertise de Cracovie est d’autant plus fâcheuse pour les tenants de la thèse exterminationniste qu’elle survient juste après l’affaire des plaques commémoratives d’Auschwitz. Les autorités du musée avaient retiré, en avril 1990, du mémorial international devant lequel venaient s’incliner tous les grands de ce monde, les plaques commémoratives qui mentionnaient en dix- neuf langues la disparition de quatre millions de victimes [4]. Le chiffre devenant, avec les progrès du révisionnisme, de plus en plus insoutenable, on avait retiré ces plaques mais, aujourd’hui, un an après leur enlèvement, on ne sait toujours pas quel nouveau chiffre substituer à l’ancien.

Les tensions sont vives au sein du musée et dans les relations des responsables du musée avec certaines autorités juives mondiales. Georges Wellers vient d’écrire :

Il ne fallait pas tenir compte des estimations irresponsables de beaucoup d’anciens déportés [...]. A la suite de l’incapacité pendant plusieurs décennies, de la Direction du Musée d’Auschwitz, d’éviter de grossières erreurs d’interprétation des archives, un nouveau comité directeur de seize membres a été formé [5].

Références de l’expertise de Cracovie : Institut d’expertises médico-légales Prof. Dr Jan Sehn à Cracovie, Section de toxicologie, Cracovie le 24 septembre 1990, Westerplatte 9, code postal 31-033. Tél. : 505-44, 592-24 ; 287-50. Référence 720-90. Au musée d’Auschwitz-Birkenau. Votre réf. : N° 1-8523/51/1860/89. Signé de Prof. Jan Markiewicz, Dr Wojciech Gubala, Ing. Jerzy Labedz, Beate Trzcinska. Ont assisté aux prélèvements d’échantillons Dr Franciszek Piper, responsable du musée, et Piotr Setkiewicz, assistant. 


[Publié dans la RHR, n° 4, février-avril 1991, p. 101-104.]



Notes

[1] F. Leuchter, « Rapport technique sur les présumées chambres à gaz d’exécution d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek », Annales d'histoire révisionnisten° 5, été-automne 1988, p. 51-102, préface de Robert Faurisson.
[2] Le Soir (Bruxelles), 15 mars 1991, p. 18. 
[3] Voy. R. Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Vieille Taupe, 1982, p. 35. 
[4] Voy. Revue d'histoire révisionniste, n° 3, novembre 1990-janvier 1991, p. 30-32. 
[5] Le Monde juif, octobre-décembre 1990, p. 187, 195.

Friday, January 18, 1991

Arno Mayer, texte et traduction


Les éditions de la Découverte viennent de publier une traduction du livre retentissant d’Arno Mayer : La « Solution finale » dans l’histoire. Charles Filippi en signe un compte rendu dans Rivarol [1]. C’est également dans Rivarol que j’avais, en son temps, publié une étude de l’ouvrage original dans sa version anglaise sous le titre : « USA, un universitaire juif s’engage dans la voie révisionniste [2]. »

Édulcoré

La comparaison entre la version originale de 1988 et la version française de 1990 est instructive. On constate que ce que j’appellerais les deux phrases les plus importantes et les plus inattendues de ce livre ont été retouchées soit par l’auteur à l’occasion de cette traduction, soit par ses deux traductrices, Marie-Gabrielle et Jeannie Carlier avec l’accord probable de Pierre Vidal-Naquet qui est l’ami et, pour la circonstance, le préfacier d’Arno Mayer. La première phrase porte sur les chambres à gaz et la seconde sur la mort des juifs dans les camps. Dans les deux cas, on a édulcoré. Et, si on l’a fait, c’est parce que ces phrases, dans leur version d’origine, étaient explosives. Elles donnaient tellement raison aux révisionnistes français qu’elles auraient, en France, paru administrer un cinglant démenti à ceux qui traitent les révisionnistes de « falsificateurs ».

Chambres à gaz

Le texte anglais portait : « Les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et non fiables.» Les mots employés étaient exactement : « rare and unreliable [3]» Ce dernier adjectif est particulièrement péjoratif : il qualifie une personne ou une chose à laquelle il n’est pas question de faire la moindre confiance. Par exemple, pour un tribunal anglo-saxon, un témoin ou une pièce jugés « unreliable » sont comme s’ils n’existaient plus et le juge fait savoir aux jurés qu’ils doivent rayer de leur mémoire ce témoin ou cette pièce. Si je choisis cet exemple, c’est parce que l’existence des chambres à gaz hitlériennes n’a jusqu’ici guère été fondée que sur ce qui a été produit devant les tribunaux. Or, la traduction française porte : « Les sources dont nous disposons pour étudier les chambres à gaz sont à la fois rares et peu sûres [4] » ; la différence n’est certes pas considérable et il serait déjà intéressant qu’un universitaire juif américain réplique par cette phrase à de prétendus historiens français qui, depuis près d’un demi-siècle, nous répètent avec aplomb que les sources dont nous disposons pour l’étude de ces chambres à gaz sont à la fois abondantes et solides : à telle enseigne, d’ailleurs, que celui qui « conteste » l’existence de ce « crime contre l’humanité » risque maintenant d’aller en prison au nom de la loi Fabius-Gayssot, parue au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1990 sous la signature de François Mitterrand. Mais enfin la traduction française est fautive : les sources ne sont pas « peu sûres » mais pas sûres du tout, A. Mayer le montre bien dans les explications qu’il fournit ensuite ; j’y renvoie le lecteur, en lui recommandant, toutefois, ici encore, l’original anglais.

La mort des juifs

La seconde modification est plus grave. Le texte anglais portait que, de 1942 à 1945, c’est-à-dire dans les années où les Allemands auraient systématiquement cherché à tuer les juifs selon un plan concerté, les causes dites « naturelles » tuèrent plus de juifs que les causes « non naturelles » : le texte ajoute que tel fut le cas « certainement à Auschwitz mais probablement partout ailleurs » aussi [5]. Or, la traduction française porte seulement que cela se produisit « à Auschwitz en tout cas » [6]. Là encore, on se félicitera de ce qu’un éminent historien juif reconnaisse qu’à Auschwitz, censé être le haut lieu de l’ « Holocauste», les causes naturelles « comme la sous-alimentation, la maladie, les épidémies et l’épuisement » aient tué plus de juifs que toute autre cause [7]. Mais enfin le texte français diverge ici gravement de l’original anglais : dans ce dernier, ce qui était certainement vrai d’Auschwitz était, de surcroît, probablement vrai aussi de tous les autres camps.

La contrariété de P. Vidal-Naquet

P. Vidal-Naquet éprouve une contrariété certaine à voir comment son ami Arno Mayer traite la question des chambres à gaz. Aussi, faisant appel à un ouvrage du pharmacien français Jean-Claude Pressac, paru en anglais (!) il y a un an et demi, il écrit : « Personne en tout cas, désormais – je veux dire : après le livre de Jean-Claude Pressac – ne pourra plus parler à propos des chambres à gaz d’Auschwitz de sources “rares et peu sûres” comme le fait Mayer » [8]. Il n’y a qu’un ennui – un ennui complémentaire – pour notre Torquemada du révisionnisme, c’est que le livre en question est aussi vide de substance qu’il est volumineux ; s’il avait apporté la moindre preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide, les médias du monde entier auraient retenti de la nouvelle. Ce livre porte le titre tout à fait trompeur de Auschwitz, Technique and Operation of the Gas Chambers (Auschwitz, technique et fonctionnement des chambres à gaz) ; il est paru aux États-Unis en 1989 sous les auspices de la « Beate Klarsfeld Foundation ». J’en ai rédigé un compte rendu qui paraîtra sous peu dans une revue révisionniste que la loi m’interdit de nommer ici. M. Pierre Joxe, éclairé par ses collaborateurs de la « Direction des libertés publiques » (sic), M. Jean-Marc Sauvé et Mme Sarra Ouaknine [9], interdisent toute forme de publication à cette revue parce qu’ils la décrètent « antisémite ». Je fais donc, si l’on peut dire, de la publicité à mon collègue juif américain, Arno Mayer, en dépit de son hostilité affichée pour les révisionnistes et bien qu’il continue, à ce qu’il affirme, de croire aux chambres à gaz.

Un auteur à soutenir

Il a besoin qu’on le soutienne. Aux États-Unis et en France les attaques fusent. Alain-Gérard Slama lui a consacré un article intitulé : « Arno Mayer ou les dangers de la révision de l’histoire » [10]. A l’exemple de tous ceux qui s’indignent du livre de Mayer, il n’ose pas citer la phrase sacrilège sur les chambres à gaz mais il écrit tout de même ceci, qui prouve le désarroi :

[Arno Mayer] ne semble pas apercevoir qu’il remet en cause l’idée de l’intentionnalité du massacre, lorsqu’il rappelle qu’un nombre impossible à apprécier de juifs sont morts à Auschwitz, victimes de la maladie et de la malnutrition. – Quel gâchis ! Ce livre constitue le coup le moins attendu porté aux recherches couronnées par la somme de Raul Hilberg (La Destruction des juifs d’Europe, Fayard, 1988).


[Publié dans Rivarol, 18 janvier 1991, p. 12.]


Notes

[1] Rivarol, 21 décembre 1990, p. 5. 
[2] R. Faurisson, Rivarol, 9 juin 1989, page 91. 
[3] A. Mayer, Why did the Heavens not Darken? The "Final Solution" in History, New York, Pantheon Books, 1988, page 362.
[4] A. Mayer, La “solution finale” dans l'histoire, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Découverte, 1990, page 406. 
[5] Id., p. 365. 
[6] Id., p. 410. 
[7] Id., p. 453.
[8] Id., p. IX. 
[9] Commissaire, Mme Ouaknine fut chargée de « suivre l’extrême-droite » quand le ministère de l’Intérieur était occupé par Charles Pasqua. On voit qu’il y a parfaite continuité Place Beauvau. [Note de Rivarol
[10] Le Figaro, 22 novembre 1990, p. 16.

Lettre à M. l’ambassadeur d’Irak à Paris

Monsieur l’ambassadeur, 

Votre pays traverse une épreuve particulièrement tragique et, avec lui, les peuples du monde arabo-musulman et, avec ces peuples, à un moindre degré, tous les peuples de notre planète, à l’exception peut-être de la communauté juive, en Israël et hors d’Israël, qui a tant œuvré pour qu’éclate cette guerre. 


Les chances d’un retour à la paix resteront minces aussi longtemps que le mythe fondateur de l’État d’Israël ne sera pas remis en cause. Ce mythe est celui du prétendu « Holocauste » des juifs durant la seconde guerre mondiale. C’est grâce à la perpétuation du mensonge historique du « génocide », des « chambres à gaz » et des « six millions » que votre principal adversaire jouit d’un énorme crédit moral et financier, largement immérité. Le révisionnisme historique conteste avec des arguments d’ordre historique et scientifique la religion de l’« Holocauste » et ses dogmes. Ainsi que j’ai eu l’occasion de le déclarer en 1980 sous la forme d’une phrase de soixante mots,

Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’État d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier.

Le révisionnisme historique est l’arme atomique du pauvre, à ceci près qu’il ne tue personne et que, fondé par un pacifiste (Paul Rassinier (1906-1967), ancien déporté), il en appelle à l’examen critique de toutes les propagandes de guerre et de haine.


En un premier temps, les intellectuels et les dirigeants du monde arabo-musulman pourraient signer une déclaration inspirée [d’un projet qui est en possession de M. Ahmed Rami, de Stockholm].


18 janvier 1991