Thursday, November 29, 1990

Un faux : « La prière de Jean XXIII pour les juifs »


Nous sommes aujourd’hui conscients de ce que beaucoup, beaucoup de siècles d’aveuglement ont offusqué nos yeux de sorte que nous ne pouvons plus ni voir la beauté de Ton Peuple Élu ni reconnaître sur leurs faces les traits de nos frères privilégiés. Nous nous rendons compte de ce que la marque de Caïn est inscrite sur nos fronts. Au cours des siècles, notre frère Abel est resté étendu dans le sang que nous avions versé ou a répandu les larmes que nous provoquions par notre oubli de Ton Amour. Pardonne-nous la malédiction que nous avons faussement attachée à leur nom de juifs. Pardonne-nous de T’avoir une seconde fois crucifié dans leur chair. Car nous ne savions pas ce que nous faisions... [Traduit de l’anglais.]



Cette « prière pour les juifs » attribuée au pape Jean XXIII, mort le 3 juin 1963, est un faux. Ce faux est apparu en janvier 1965 dans un « rapport » de la revue juive américaine Commentary intitulé « Vatican II and the Jews » (Vatican II et les juifs) sous la signature de F. E. Cartus, présenté par ladite revue comme « le pseudonyme d’un observateur catholique romain qui a suivi de très près les développements du concile œcuménique [1] ».

Le seul contenu de ce texte aurait dû donner à penser qu’un pape, même très favorable aux juifs comme l’était Angelo Roncalli (1881-1963), ne pouvait guère s’exprimer en ces termes sur le compte des catholiques. Cette « prière » revient, en effet, à dire : les juifs sont beaux ; ils sont le peuple élu de Dieu ; ils portent sur leurs visages les traits de nos frères privilégiés. Pendant des siècles les juifs ont versé sang et larmes. Nous, catholiques, nous avons été aveugles à tout cela. Nos visages à nous sont hideux en ce qu’ils portent la marque de Caïn. Nous sommes responsables du sang et des larmes versés par les juifs. Nous avons oublié l’amour de Dieu. Nous avons menti en inventant que Dieu avait maudit les juifs. C’est nous – et non les juifs – qui avons crucifié Dieu. Nous étions des inconscients.


Ce texte est excessif ; il en transpire trop de haine pour les uns et trop d’amour pour les autres.


A suivre chronologiquement le destin de cette « prière » dans la seule presse française de 1966 à nos jours, on s’aperçoit que le faux a d’abord été très vite dénoncé, puis que, devant les assauts répétés de certains en faveur d’un texte si intéressant pour la cause des juifs, on a d’abord tu la vérité, puis laissé croire qu’il s’agissait d’un document authentique.

Le journal Le Monde, par exemple, essaiera pendant quelques années de mettre ses lecteurs en garde contre le faux, qu’il présentera prudemment comme « apocryphe », puis il renoncera à toute mise au point et même, ainsi qu’on va le voir, il finira par donner implicitement sa caution au faux.

Année 1966

Sous le titre « Une Prière de Jean XXIII pour les juifs », La Documentation catholique publiait un texte présenté comme la reproduction d’un article de La Liberté de Fribourg (Suisse) du 9 septembre 1966. Le texte commençait ainsi :

Les milieux du Vatican ont confirmé le 7 septembre l’existence et l’authenticité d’une prière composée par Jean XXIII quelques jours seulement avant sa mort et dans laquelle le Pape demande pardon à Dieu pour toutes les souffrances que l’Église catholique a fait subir aux juifs.

L’existence de cette prière qui, selon les intentions de son auteur, aurait dû être récitée dans toutes les églises, avait été annoncée récemment au cours d’une conférence a Chicago par Mgr John S. Quinn, qui fut un des experts du Concile [2].



Suivait le texte de la « prière ». Aucune précision n’était fournie sur « les milieux du Vatican » qui avaient, paraît-il, confirmé l’authenticité de la pièce, ni sur la source permettant d’affirmer que, selon les intentions du pape, la « prière » devait être récitée dans toutes les églises.

Un mois plus tard, La Documentation catholique publiait un démenti sous le titre : « La Prière de Jean XXIII pour les juifs est un faux ». Voici le texte intégral du démenti :


La Secrétairerie d’État a publié, le 26 octobre, le communiqué suivant au sujet de la soi-disant prière de Jean XXIII publiée dans notre numéro du 2 octobre, col. 1728, en nous faisant l’écho d’une information de presse à laquelle nous n’ajoutions aucun commentaire personnel :


« La Documentation Catholique (2 oct. 1966, n° 1479, col. 1728) reproduit, d’après La Liberté de Fribourg, du 9 septembre précédent, une "prière de Jean XXIII pour les Juifs" et affirme que les milieux du Vatican en auraient confirmé l’authenticité.

Il s’agit, en réalité, d’un faux.

La Liberté de Fribourg a repris ce texte du journal hollandais De Tijd du 18 mars 1965. Le Tijd le tenait de American Commentary de Chicago (organe de l’"American Jewish Committee") de janvier 1965, signé d’un pseudonyme ("F. E. Cartus") sans aucune indication de source ni d’authentification. Le fait même de publier la chose sous un pseudonyme aurait dû mettre en garde. Mgr Quinn, qui est de Chicago, fit sienne cette prière (en toute bonne foi, on peut le croire) et en parla à une réunion interconfessionnelle.

Aucun bureau du Vatican ne peut avoir confirmé l’authenticité de cette prière, qui n’existe ni à la Pénitencerie apostolique, ni dans les écrits, tant imprimés qu’inédits, du Pape Jean XXIII. Mgr Loris Capovilla, qui est le dépositaire de ces derniers, dément sans hésiter l’authenticité de cette prière. L’examen attentif du texte fait d’ailleurs apparaître qu’elle est étrangère au style et au vocabulaire du regretté Pontife. » [3]

Peu auparavant, le journal Le Monde avait publié un article intitulé : « La Prière pour les juifs attribuée à Jean XXIII est apocryphe ». L’article était présenté comme provenant du correspondant particulier du journal à Rome et il était daté du 26 octobre. Il commençait en ces termes :

« La prière pour les juifs attribuée au pape Jean XXIII est apocryphe. » Telle est l’assertion catégorique que nous tenons d’une source compétente du Vatican.

Le reste de l’article montrait que le correspondant du Monde et l’auteur de l’article publié dans La Documentation catholique du 6 novembre avaient puisé à la même source, à Rome. Mais Le Monde procédait à trois gommages. Au lieu d’un titre clair, il choisissait un titre obscur et inexact ; « apocryphe », mot rare, signifie : dont l’authenticité est douteuse. Au lieu de préciser que le texte provenait de Commentary, organe de l’« American Jewish Committee », il se contentait de dire : « [Cette prière] a été publiée aux États-Unis ». Enfin, pour atténuer un peu plus la valeur de ce qu’il appelait « l’assertion » (proposition que l’on avance comme vraie) d’une source compétente du Vatican, le journal ajoutait le commentaire que voici :

Ce démenti ne touche très précisément que ce texte. Il ne saurait remettre en cause l’attitude du pape Jean qui exprima, on le sait, sa volonté d’inclure dans les documents du concile une déclaration sur les juifs dont le cardinal Béa fut le principal auteur [4].

Année 1967

Six mois après cet avertissement du Monde, Henri Fesquet, envoyé spécial du journal à Lyon au congrès de l’amitié judéo-chrétienne de France, n’en commençait pas moins son papier en ces termes :

L’épopée de la renaissance de l’État d’Israël, malgré l’ambiguïté de sa signification, a forcé l’attente du monde tandis que l’Église romaine se donnait peu après un pape vraiment attentif aux requêtes de Jules Isaac, l’auteur de L’Enseignement du mépris ; Jean XXIII n’avouait-il pas : « Le signe de Caïn est gravé sur nos fronts. Des siècles et des siècles d’aveuglement ont fermé nos yeux. Pardonne-nous, Seigneur, de t’avoir crucifié une seconde fois dans la chair des juifs. Car nous ne savions pas ce que nous faisions. » ? [5]

On comparera la version d’Henri Fesquet à la version originale des faussaires.

Quelques jours plus tard, Le Monde publiait un rectificatif sous le simple titre de « Jean XXIII et les juifs ». Il confiait que le fragment de la « prière », cité par son correspondant, avait été « puisé dans l’ouvrage Rome et les juifs de M. P. E. Lapide, qui vient d’être publié – traduit de l’anglais – par les éditions du Seuil ». Après cette publicité pour un ouvrage contenant un faux, il ajoutait que Mgr Capovilla avait « démenti tardivement [sic] l’authenticité [de la prière] [6] ».

Années 1974-1975

Le 31 décembre 1974, Le Monde publiait une correspondance de « M. Paul Samuel, de Paris » sous le titre « L’UNESCO, le Vatican et Israël ». Il s’agissait d’une protestation contre l’attribution par le Vatican du prix Jean XXIII à l’UNESCO. M. Samuel estimait que l’UNESCO avait, en excluant Israël, obéi « à la dictature du totalitarisme pétrolier » ; quant à la décision du Vatican, il la critiquait, jugeant que « le plus grand pape du vingtième siècle, Jean XXIII, n’aurait pas agi ainsi ». Et de citer le texte de la « prière ».

Le Monde acceptait de publier cette lettre alors que celle-ci contenait un faux : un faux contre lequel le journal n’estimait plus nécessaire de mettre en garde ses lecteurs [7].

L’ironie voulut que des juifs, probablement émus et ravis de découvrir la « prière », écrivissent au journal pour s’étonner du silence entourant ce document. Tel fut le cas de « M. et Mme Léon Zack, de Vanves ».

Il fallut bien se résoudre à démentir. Mais le démenti du Monde prit une telle forme que le lecteur pouvait croire que le « texte apocryphe » avait été diffusé avec la même bonne (ou mauvaise) foi par Commentary (sans indication du caractère juif de la publication) et « différents organes d’Europe, y compris La Documentation catholique ». Titre choisi : « A propos de la prière apocryphe de Jean XXIII sur les juifs » [8].

Année 1983

Le 30 janvier 1983, Alexandre Szombati publiait dans Le Monde une prétendue « Enquête sur le meurtre de Theodor Erich von Furtenbach qui se disait nazi ». Il écrivait :

Après la guerre, l’Église a renié ses égarements et un pape lui-même a reconnu « le signe de Caïn sur nos fronts ».

Ces paroles étaient attribuées à un « témoin » de l’assassinat, un assassinat qui, soit dit en passant, allait valoir à l’assassin un seul jour de prison ; ce dernier avait fait œuvre pie [9].

Année 1989

En septembre 1989, dans une émission de La Cinq sur le carmel d’Auschwitz, Jean Kahn, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), lut devant le père Martelet la « prière » de Jean XXIII. Le père Martelet se garda bien de signaler qu’il s’agissait d’un faux.

Le mois suivant, à l’occasion du nouvel an juif, le même Jean Kahn accordait un entretien à deux journalistes du Monde, Patrice Jarreau et Henri Tincq. Au cours de l’entretien, il déclarait :

[Mgr Decourtray] a décidé, aussi, de transmettre à toutes les paroisses la dernière prière rédigée par Jean XXIII, regrettant les siècles de mépris de l’Église à l’encontre du peuple juif, afin qu’elle y soit lue par les curés [10].

Un lecteur du Monde écrivit le lendemain une courte lettre à André Fontaine, directeur du journal :

Jean Kahn, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vous a déclaré (Le Monde, 3 octobre 1989) que le cardinal Decourtray aurait décidé de transmettre à toutes les paroisses « la prière de Jean XXIII pour les juifs ». Je suis surpris qu’à cette occasion votre journal, qui recueillait là un « entretien » avec Jean Kahn, n’ait pas cru devoir rappeler, comme il l’avait fait au moins en une autre circonstance, vers 1974, que cette prière n’est qu’un faux ; pudiquement, vous parliez de texte « apocryphe ». – J’attends votre rectification [11].

La rectification ne vint jamais et la lettre « à publier » ne fut pas publiée. J’ignore si le cardinal Decourtray eut jamais l’intention de diffuser le faux ou s’il s’agit là d’un projet que lui prêtait abusivement J. Kahn. Peut-être le cardinal de Lyon a-t-il eu cette intention et peut-être même l’a-t-il mise à exécution. J. Kahn est un cas. Il serait doté d’une « sensibilité particulière » et d’un « supplément d’âme » ; chez ses coreligionnaires il existerait, en effet, « une sensibilité particulière qui fait que l’électeur juif est un électeur avec un supplément d’âme [12] ». Pour lui, les juifs français sont « des Français souvent plus patriotes que les autres [13] ».

Quant au journal Le Monde, tout au long des années 1966-1989, il aura donc, selon une tradition qui lui est propre en pareil cas, traité le sujet de manière oblique.

Les responsables de l’American Jewish Committee participaient, dans leur style, à la campagne menée auprès du Vatican et de Paul VI pour que l’Église catholique en vînt à décharger les juifs de leur responsabilité dans « la condamnation à mort de Jésus Christ ». Les textes de l’office du Vendredi Saint dénoncent les « juifs perfides » qui exigèrent de Ponce Pilate cette condamnation :

[Les juifs] voulaient rejeter l’injustice de leur forfait sur la personne du juge [romain] ; mais pouvaient-ils tromper Dieu qui est juge aussi ? Pilate a été participant de leur crime dans la mesure de ce qu’il a fait ; mais, si on le compare à eux, on le trouve beaucoup moins criminel [14].

En 1965, les juifs espéraient que le concile œcuménique Vatican II déclarerait sans ambiguïté la non perfidie des juifs et leur absence de responsabilité dans la condamnation à mort du Christ. Mais, plus le concile se prolongeait, plus il apparaissait que le Vatican hésitait, surtout sous la pression des catholiques d’Orient.

En fin de compte, la « Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes » du 28 octobre 1965 fit de larges concessions aux juifs mais les déçut.

Ce point est peu connu et, aujourd’hui, la rumeur veut que l’Église ait, en 1965, déchargé les juifs de l’accusation de perfidie et de toute responsabilité dans la condamnation du Christ. La vérité est différente. Le Concile rappela « le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament avec la lignée d’Abraham », réprouva et déplora l’antisémitisme, dit que le Christ « en vertu de son immense amour » s’était « soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut ». Il insista pour que les juifs ne fussent pas « présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture ».

Mais quelques mots – huit mots dans le texte latin – rappelaient tout de même, à l’intérieur d’une proposition concessive, que « les autorités juives, avec leurs partisans poussèrent à la mort du Christ » (auctoritates Judæorum cum suis asseclis mortem Christi urserunt). Les pères conciliaires ne pouvaient tout de même pas altérer le contenu du récit évangélique [15].

Jacob Kaplan, grand rabbin de France de 1955 à 1980, devait écrire, tout en se félicitant de certains aspects de la déclaration conciliaire :

Ce qui était espéré de Vatican II, c’était surtout le rejet de l’accusation de déicide portée contre les juifs. On était en droit de l’espérer. Comme on le sait, il y eut trois projets sur la question. Le premier en 1963, le second en 1964, le dernier qui devint définitif en 1965. Or, la version de 1964 (la deuxième) rejetait effectivement l’accusation de déicide, mais dans la dernière il n’en fut pas question. Il a été tout simplement supprimé. Que s’était-il passé ? Un article dans Le Monde (19 juin 1987) nous le fait savoir. Dans le compte rendu du livre écrit en anglais d’un orientaliste qui fait autorité, Bernard Lewis, on donne un passage de son ouvrage Sémites et Antisémites où il fait état de pressions de nations arabes sur la Papauté afin que ne fussent pas disculpés les juifs du crime de déicide. Le Vatican céda. Regrettant cette suppression, le cardinal Liénart, de Lille, ne put s’empêcher de dire : « L’on pourrait croire que le Concile ne veut pas laver le peuple juif de l’accusation de déicide. » [16]

Année 1990

Aujourd’hui d’autres combats mobilisent les juifs dans leurs exigences à l’égard des catholiques.

Un récent article d’Henri Tincq dans Le Monde rappelle que, dans l’affaire du Carmel d’Auschwitz, les juifs ont obtenu satisfaction et que les carmélites devront quitter leur lieu de prière en lisière du camp pour un centre de dialogue et de recherche sur la « Shoah » [17]. Les catholiques ont déjà versé de fortes sommes pour l’édification de ce centre mais le pape Jean-Paul II annonce le déblocage d’un complément de cent mille dollars pour hâter la construction.

Cependant, le pape reste suspect et, comme le dit le journaliste du Monde, « le procès de “révisionnisme” a été intenté à Jean-Paul II ». Le pape tarde trop à publier un document qu’il avait promis, en septembre 1987, de rédiger sur l’« Holocauste » et qui cautionnerait la thèse de la réalité des chambres à gaz hitlériennes [18]. Il s’intéresse trop au projet de béatification d’Isabelle la Catholique. Les juifs, avec l’appui de Mgr Lustiger, s’efforcent d’empêcher la béatification d’une reine « trop catholique », coupable d’avoir, en 1492, signé l’édit de bannissement des juifs de son royaume, et cela sous l’influence de Torquemada, inquisiteur général qui, dit-on, avait abjuré sa foi d’origine : la foi juive.

Le mythe de « la prière de Jean XXIII pour les juifs » n’est guère vivace ; mais il demeure et, en raison même de sa discrétion, il risque de survivre bien des années encore.

Quant à l’American Jewish Committee, continuant sur sa lancée, il vient d’annoncer deux fausses nouvelles : selon son correspondant (?) à Paris, Roger Kaplan, la loi Fabius-Gayssot n’est pas passée et Faurisson est décédé [19].


29 novembre 1990


Notes


[1] Commentary, mensuel de l’American Jewish Committee (New York, Chicago, Los Angeles), janvier 1965, no 1, vol. 39, p. 19-29 ; la « prière » figure à la page 21.

[2] La Documentation catholique, Montrouge, 2 octobre 1966, col. 1728.

[3] La Documentation catholique, 6 novembre 1966, col. 1908-1909.

[4] Le Monde, 27 octobre 1966, p. 9.

[5] Le Monde, 21 avril 1967, p. 11.

[6] Le Monde, 7-8 mai 1967, p. 17.

[7] Le Monde, 31 décembre 1974, p. 4.

[8] Le Monde, 2 février 1975, p. 8.

[9] Le Monde, 30 janvier 1983, Supplément, p. I, IV-V. Sur le personnage qui signe « Szombati », on pourra lire un article que je lui ai consacré sous le titre : « Une enquête du Monde diplomatique sur les chambres à gaz » dans les AHR, reproduit dans le volume II des Ecrits révisionnistes (1974-1998) à la page 751.

[10] Le Monde, 3 octobre 1989, p. 16.

[11] Lettre de M. G. D., aimablement communiquée par son auteur.

[12] Le Quotidien de Paris, 11 février 1986, p. 6.

[13] Le Figaro, 20 novembre 1989, p. 16. A rapprocher d’un article d’A. Glucksmann : « L’Europe sera “juive” ou ne sera pas » (Libération, 16 avril 1982, p. 14) et d’une déclaration du grand rabbin Sitruk : « Chaque juif français est un représentant d’Israël » (Le Monde, AFP, 12 juillet 1990, p. 7), propos qui sera déformé et atténué par deux journalistes du Monde qui demanderont au grand rabbin : « Lors de votre dernier voyage en Israël, n’aviez-vous pas déclaré que tout juif français devait se considérer comme un représentant d’Israël? » (Le Monde, propos recueillis par Jean-Michel Dumay et Henri Tincq, 30 septembre 1990, p. 9.) (souligné par moi).

[14] Dom Gaspard Lefebvre, Missel vespéral romain (quotidien), Bruges, 1946 [1920], Vendredi Saint, Office des Ténèbres, 6e  leçon, p. 674.

[15] Concile œcuménique Vatican-II, Paris, éd. du Centurion, 1989, p. 698.

[16] « Dossier juifs et catholiques en dialogue », La Documentation catholique, 3 juillet 1988, p. 680.

[17] Le Monde, 7 décembre 1990, p. 1 et 14.

[18] Le 26 août 1989, cependant, dans un message aux évêques polonais, il a enfin évoqué l’extermination des juifs dans les chambres à gaz. Puis, le 27 septembre 1990, L’Osservatore Romano publiait en première page un article sur son audience générale de la veille avec la relation d’une « méditation du "Cycle de Jasna Gora" ». Parlant des juifs, Jean Paul II y aurait déclaré en polonais : « Ce peuple a été frappé par la mort terrible de millions de ses fils et de ses filles. D’abord, on les a marqués d’un signe particulier. Puis, on les a jetés dans des ghettos, des quartiers isolés. Puis on les a portés aux chambres à gaz, leur donnant la mort – seulement parce qu’ils étaient des enfants de ce peuple ("... Poi portati alle camere a gas, dando loro la morte – soltanto perché erano figli di questo popolo") ». A moins d’une erreur de ma part, Jean-Paul II aura donc été le premier pape à cautionner ainsi – timidement, il est vrai – l’existence des chambres à gaz homicides.


[19] Commentary, août 1990, p. 49 et 51.

Un falso: “la preghiera di Giovanni XXIII per gli ebrei"


Noi siamo oggi coscienti del fatto che molti molti secoli di cecità hanno offuscato i nostri occhi in modo che non possiamo più né vedere la bellezza del Tuo Popolo Eletto né riconoscere sui loro volti i tratti dei nostri fratelli privilegiati. Noi ci rendiamo conto del fatto che il marchio di Caino sta sulle nostre fronti. Nel corso dei secoli, il nostro fratello Abele è rimasto a giacere nel sangue che noi avevamo fatto scorrere o ha versato le lacrime che noi causavamo dimenticando il Tuo Amore. Perdonaci per la maledizione che noi abbiamo falsamente attribuito al loro nome di ebrei. Perdonaci per averTi crocifisso una seconda volta nella loro carne. Perché non sapevamo quello che facevamo... [Tradotto dall’inglese.]

  Questa “preghiera per gli ebrei” attribuita a papa Giovanni XXIII, morto il 3 giugno 1963, è un falso. Questo falso è apparso nel gennaio 1965 in un “rapporto” della rivista ebraica americana Commentary intitolato “Vatican II and the Jews” (Il Vaticano II e gli ebrei) a firma di F. E. Cartus, presentato da detta rivista come “lo pseudonimo di un osservatore cattolico romano che ha seguito molto da vicino gli sviluppi del concilio ecumenico [1]”.
 Il solo contenuto di questo testo avrebbe dovuto far pensare che un papa, anche molto favorevole agli ebrei come lo era Angelo Roncalli (1881-1963), non poteva proprio esprimersi in questi termini sul conto dei cattolici. Questa “preghiera” equivale, infatti, a dire: gli ebrei sono belli; essi sono il popolo eletto da Dio; essi portano sui loro volti i tratti dei nostri fratelli privilegiati. Per secoli gli ebrei hanno versato sangue e lacrime. Noi, cattolici, siamo stati ciechi di fronte a tutto ciò. I nostri propri volti sono ripugnanti in quanto portano il marchio di Caino. Noi siamo responsabili del sangue e delle lacrime versate dagli ebrei. Noi abbiamo dimenticato l’amore di Dio. Noi abbiamo mentito inventando che Dio aveva maledetto gli ebrei. Siamo noi – e non gli ebrei – che abbiamo crocifisso Dio. Noi eravamo degli incoscienti.
 Questo testo è eccessivo; traspira troppo odio per gli uni e troppo amore per gli altri.
 Seguendo cronologicamente il destino di questa “preghiera” sulla sola stampa francese dal 1966 ai giorni nostri, ci si accorge che, prima, il falso è stato ben presto denunciato, poi che, davanti ai ripetuti assalti di certuni a favore di un testo così interessante per la causa degli ebrei, prima si è taciuta la verità, poi si è lasciato credere che si trattasse di un documento autentico. Il giornale Le Monde, per esempio, cercherà per alcuni anni di mettere in guardia i lettori contro il falso, che presenterà prudentemente come “apocrifo”, poi rinuncerà ad ogni messa a punto e persino, come si vedrà, finirà per farsi implicitamente garante del falso.
Anno 1966
  Con il titolo “Une Prière de Jean XXIII pour les juifs” (Una Preghiera di Giovanni XXIII per gli ebrei), La Documentation catholique pubblicava un testo presentato come la riproduzione di un articolo di La Liberté di Friburgo (Svizzera) del 9 settembre 1966. Il testo incominciava così:
 Gli ambienti vaticani hanno confermato il 7 settembre l’esistenza e l’autenticità di una preghiera composta da Giovanni XXIII soltanto alcuni giorni prima della sua morte e nella quale il Papa chiede perdono a Dio per tutte le sofferenze che la Chiesa cattolica ha fatto subire agli ebrei. 
     L’esistenza di questa preghiera che, secondo le intenzioni dell’autore, avrebbe dovuto essere recitata in tutte le chiese, era stata annunciata recentemente nel corso di una conferenza a Chicago da Monsignor John S. Quinn, che fu uno degli esperti del Concilio [2].
Seguiva il testo della “preghiera”. Non veniva fornita nessuna precisazione sugli “ambienti vaticani” che pare avessero confermato l’autenticità del pezzo, né sulla fonte che permettesse d’affermare che, secondo le intenzioni del Papa, la “preghiera” doveva essere recitata in tutte le chiese.
Un mese dopo, La Documentation catholique pubblicava una smentita con il titolo: “La Prière de Jean XXIII pour les juifs est un faux” (La Preghiera di Giovanni XXIII per gli ebrei è un falso). Ecco il testo integrale della smentita:
  La Segreteria di Stato ha pubblicato, il 26 ottobre, il seguente comunicato in merito alla cosiddetta preghiera di Giovanni XXIII pubblicata sul nostro numero del 2 ottobre, col. 1728, facendo eco ad una nostra informazione di stampa alla quale noi non aggiungevamo alcun commento personale:
  « La Documentation catholique (2 ott. 1966, n. 1479, col. 1728) riproduce, secondo La Liberté di Friburgo, del 9 settembre precedente, una “preghiera di Giovanni XXIII per gli Ebrei” ed afferma che gli ambienti vaticani ne avrebbero confermato l’autenticità. Si tratta, in realtà, di un falso.
  La Liberté di Friburgo ha ripreso questo testo dal giornale olandese De Tijd del 18 marzo 1965. De Tijd lo aveva ricevuto dall’American Commentary di Chicago (organo dell’American Jewish Committee) del gennaio 1965, firmato da uno pseudonimo (“F. E. Cartus”) senza alcuna indicazione di fonte né di autenticazione. Il fatto stesso di pubblicare la cosa sotto uno pseudonimo avrebbe dovuto mettere in guardia. Monsignor Quinn, che è di Chicago, fece sua questa preghiera (si può credere, in piena buona fede) e ne parlò ad una riunione interconfessionale.
  Nessun ufficio vaticano può avere confermato l’autenticità di questa preghiera, che non esiste né nella Penitenzieria apostolica, né negli scritti, sia stampati che inediti, di Papa Giovanni XXIII.
 Monsignor Loris Capovilla, che è il depositario di questi ultimi, smentisce senza esitare l’autenticità di questa preghiera.
 Da un attento esame del testo emerge d’altronde che essa è estranea allo stile e al vocabolario del compianto Pontefice » [3].
Poco prima il giornale Le Monde aveva pubblicato un articolo intitolato “La Prière pour les juifs attribuée à Jean XXIII est apocryphe”. L’articolo era presentato come proveniente dall’inviato speciale del giornale a Roma ed era datato 26 ottobre. Esso incominciava in questi termini:
“La preghiera per gli ebrei attribuita a Giovanni XXIII è apocrifa”. Tale è l’asserzione categorica che noi abbiamo avuto da una fonte competente del Vaticano.
Il resto dell’articolo mostrava che il corrispondente di Le Monde e l’autore dell’articolo pubblicato su La Documentation catholique del 6 novembre avevano attinto dalla stessa fonte, a Roma. Ma Le Monde procedeva a smorzare il tono in tre modi. Invece di un titolo chiaro, sceglieva un titolo oscuro ed inesatto: “apocrifo”, parola rara, significa: la cui autenticità è dubbia. Invece di precisare che il testo proveniva da Commentary, organo dell’“American Jewish Committee”, si accontentava di dire: “[Questa preghiera] è stata pubblicata negli Stati Uniti.” Infine, per attenuare maggiormente il valore di quella che esso chiamava l’“asserzione” (affermazione che viene presentata come veritiera) di una fonte competente del Vaticano, il giornale aggiungeva questo commento:
Questa smentita riguarda molto precisamente solo questo testo. Non può rimettere in discussione l’atteggiamento di papa Giovanni che espresse, si sa, la volontà d’includere nei documenti conciliari una dichiarazione sugli ebrei, il cui principale autore fu il cardinale Bea [4].
Anno 1967
  Sei mesi dopo quest’avvertimento di Le Monde, Henri Fesquet, inviato speciale del giornale a Lione al congresso dell’amicizia giudeo-cristiana di Francia, cominciava nondimeno il suo articolo in questi termini:
L’epopea della rinascita dello Stato d’Israele, nonostante l’ambiguità del suo significato, ha forzato l’aspettativa del mondo mentre la Chiesa romana si dava poco dopo un papa veramente attento alle richieste di Jules Isaac, autore di L’Enseignement du mépris; Giovanni XXIII non confessava forse: “Il segno di Caino è inciso sulle nostre fronti. Secoli e secoli di cecità ci hanno chiuso gli occhi. Perdonaci, Signore, per averTi crocifisso una seconda volta nella carne degli ebrei. Perché non sapevamo quello che facevamo” ? [5]
Si confronterà la versione di Henri Fesquet con la versione originale dei falsari.
Alcuni giorni dopo, Le Monde pubblicava una rettifica dal semplice titolo “Jean XXIII et les juifs”. Confidava che il frammento della “preghiera”, citato dal suo corrispondente, era stato “attinto dall’opera Rome et les Juifs del Sig. P. E. Lapide, che è appena stata pubblicata – tradotta dall’inglese – dalle Éditions du Seuil”. Dopo questa pubblicità per un’opera contenente un falso, aggiungeva che Monsignor Capovilla aveva “smentito tardivamente [sic] l’autenticità [della preghiera] [6]”.
Anni 1974-1975
  Il 31 dicembre 1974, Le Monde pubblicava una corrispondenza del “Sig. Paul Samuel da Parigi” con il titolo “L’UNESCO, le Vatican et Israël”. Si trattava di una protesta contro l’attribuzione da parte del Vaticano del premio Giovanni XXIII all’UNESCO. Il Sig. Samuel riteneva che l’UNESCO, escludendo Israele, avesse obbedito “alla dittatura del totalitarismo petrolifero”; quanto alla decisione del Vaticano, egli la criticava, giudicando che “il più grande papa del ventesimo secolo, Giovanni XXIII, non avrebbe agito così”. E citava il testo della “preghiera”. Le Monde accettava di pubblicare questa lettera, mentre essa conteneva un falso contro il quale il giornale non riteneva più necessario mettere in guardia i lettori [7].
L’ironia della sorte volle che degli ebrei, probabilmente commossi e felicissimi di scoprire la “preghiera”, scrivessero al giornale per stupirsi del silenzio che attorniava questo documento. Tale fu il caso di “M. et Mme Léon Zack, de Vanves”. Fu proprio necessario decidersi a smentire. Ma la smentita di Le Monde assunse una forma tale che il lettore poteva credere che il “testo apocrifo” fosse stato diffuso con la stessa buona (o cattiva) fede da Commentary (senza indicazione del carattere ebraico della pubblicazione) e da “vari organi di stampa d’Europa”, compresa La Documentation catholique. Titolo scelto: “À propos de la prière apocryphe de Jean XXIII sur les juifs” (A proposito della preghiera apocrifa di Giovanni XXIII sugli ebrei) [8].
Anno 1983
 Il 30 gennaio 1983, Alexandre Szombati pubblicava su Le Monde una pretesa “Indagine sull’omicidio di Theodor Erich von Furtenbach che si diceva nazista”. Egli scriveva:
 Dopo la guerra, la Chiesa ha rinnegato i propri smarrimenti e persino un papa ha riconosciuto “il segno di Caino sulle nostre fronti”.
 Queste parole erano attribuite ad un “testimone” dell’assassinio, un omicidio che, sia detto per inciso, sarebbe valso all’assassino un solo giorno di prigione; quest’ultimo aveva fatto un’opera pia [9].
Anno 1989
  Nel settembre 1989, in una trasmissione della rete televisiva La Cinq sul Carmelo di Auschwitz, Jean Kahn, presidente del consiglio rappresentativo delle istituzioni ebraiche di Francia (CRIF), lesse dinanzi al teologo gesuita padre Martelet la “preghiera” di Giovanni XXIII. Padre Martelet si guardò bene dal segnalare che si trattava di un falso.
 Il mese successivo, in occasione del capodanno ebraico, lo stesso Jean Kahn concedeva un’intervista a due giornalisti di Le Monde, Patrice Jarreau e Henri Tincq. Nel corso dell’intervista, egli dichiarava:
 [Monsignor Decourtray] ha deciso, pure, di trasmettere a tutte le parrocchie l’ultima preghiera redatta da Giovanni XXIII, che si duole per i secoli di disprezzo della Chiesa verso il popolo ebraico, affinché essa sia letta dai parroci [10].
 Un lettore di Le Monde scrisse all’indomani una breve lettera ad André Fontaine, direttore del giornale:
Jean Kahn, presidente del consiglio rappresentativo delle istituzioni ebraiche di Francia (CRIF), vi ha dichiarato (Le Monde, 3 ottobre 1989) che il cardinale Decourtray avrebbe deciso di trasmettere a tutte le parrocchie “la preghiera di Giovanni XXIII per gli ebrei”. Sono sorpreso dal fatto che in quell’occasione il Vostro giornale, che stava raccogliendo un’“intervista” con Jean Kahn, non abbia ritenuto di dover ricordare, come aveva fatto in almeno un’altra circostanza, intorno al 1974, che questa preghiera non è che un falso; pudicamente, Voi parlavate di testo “apocrifo”. – Attendo la Vostra rettifica [11].
  La rettifica non venne mai e la lettera “da pubblicare” non fu pubblicata. Non so se il cardinale Decourtray avesse mai avuto intenzione di diffondere il falso o se si trattasse qui di un progetto che gli attribuiva proditoriamente Jean Kahn. Forse il cardinale di Lione ha avuto quest’intenzione e forse l’ha persino messa in atto. Jean Kahn è un caso a parte. Egli sarebbe dotato di una “sensibilità particolare” e di un “supplemento d’anima”; per i suoi correligionari esisterebbe, infatti, “una sensibilità particolare che fa sì che l’elettore ebreo sia un elettore con un supplemento d’anima [12]”. Per lui, gli ebrei francesi sono “dei Francesi spesso più patrioti degli altri [13]”.
 Quanto al giornale Le Monde, nel corso degli anni 1966-1989 avrà dunque, secondo una tradizione che gli è propria in casi simili, trattato l’argomento per vie traverse.
 I responsabili dell’American Jewish Committee partecipavano, nel loro stile, alla campagna condotta presso il Vaticano e Paolo VI affinché la Chiesa cattolica cominciasse a sgravare gli ebrei dalla responsabilità nella “condanna a morte di Gesù Cristo”. I testi della funzione del Venerdì Santo denunciano i “perfidi giudei” che pretesero da Ponzio Pilato questa condanna:

[Gli ebrei] volevano far ricadere l’ingiustizia del loro misfatto sulla persona del giudice [romano]; ma potevano forse ingannare Dio che è pure giudice? Pilato è stato partecipe del loro crimine nella misura di ciò che ha fatto; ma, se lo si paragona a loro, lo si trova molto meno criminale [14].

 Nel 1965, gli ebrei speravano che il concilio ecumenico Vaticano II avrebbe dichiarato senza ambiguità la non perfidia dei giudei e la loro assenza di responsabilità nella condanna a morte del Cristo. Ma, più si prolungava il concilio, più appariva chiaro che il Vaticano esitava, soprattutto per le pressioni dei cattolici d’Oriente.

 In fin dei conti, la “Dichiarazione sulle relazioni della Chiesa con le religioni non cristiane” del 28 ottobre 1965 fece ampie concessioni agli ebrei ma li deluse.

 Questo punto è poco conosciuto e, oggi, corre voce che la Chiesa abbia, nel 1965, sgravato gli ebrei dall’accusa di perfidia e da ogni responsabilità nella condanna del Cristo. La verità è diversa. Il Concilio ricordò “il legame che unisce spiritualmente il popolo del Nuovo Testamento alla stirpe di Abramo”, condannò e deplorò l’antisemitismo, disse che il Cristo “in virtù del suo immenso amore” si “era sottoposto volontariamente alla Passione e alla morte a causa dei peccati di tutti gli uomini ed affinché tutti gli uomini ottenessero la salvezza”. Insistette affinché gli ebrei non fossero “presentati come dannati da Dio né maledetti, come se ciò derivasse dalla Sacra Scrittura”.

 Ma alcune parole – otto parole nel testo latino – ricordavano tuttavia, entro una proposizione concessiva, che “le autorità ebraiche, con i loro seguaci, spinsero alla morte del Cristo” (auctoritates Judaeorum cum suis asseclis mortem Cristi urserunt). I padri conciliari non potevano tuttavia alterare il contenuto del racconto evangelico [15].

 Jacob Kaplan, rabbino capo di Francia dal 1955 al 1980, doveva scrivere, pur felicitandosi per certi aspetti della dichiarazione conciliare:

Ciò che si era sperato dal Vaticano II, era soprattutto il rigetto dell’accusa di deicidio mossa contro gli ebrei. C’era motivo per sperarlo. Come si sa, ci furono tre progetti sulla questione. Il primo nel 1963, il secondo nel 1964, l’ultimo che divenne definitivo nel 1965. Ora, la versione del 1964 (la seconda) rigettava effettivamente l’accusa di deicidio, ma nell’ultima non se ne parlò nemmeno. È stato semplicemente soppresso. Che cosa era accaduto? Ce lo fa sapere un articolo di Le Monde (19 giugno 1987). Nel resoconto del libro scritto in inglese da un orientalista che fa testo, Bernard Lewis, si fornisce un brano della sua opera Sémites et Antisémites dove si parla di pressioni di nazioni arabe sul Papato affinché gli ebrei non fossero scagionati dal crimine di deicidio. Il Vaticano cedette. Rammaricandosi di questa soppressione, il cardinale Liénart, di Lille, non poté fare a meno di dire: “Si potrebbe credere che il Concilio non voglia lavare il popolo ebreo dall’accusa di deicidio” [15].
Anno 1990
 Oggi, altre battaglie mobilitano gli ebrei nelle loro pretese nei confronti dei cattolici.
  Un recente articolo di Henri Tincq su Le Monde ricorda che, nell’affare del Carmelo di Auschwitz, gli ebrei hanno ottenuto soddisfazione e che le carmelitane dovranno lasciare il loro luogo di preghiera al limitare del campo ad un centro di dialogo e di ricerca sulla "Shoah" [17]. I cattolici hanno già versato forti somme per l’edificazione di questo centro ma papa Giovanni Paolo II annuncia lo sblocco di un supplemento di centomila dollari per affrettare la costruzione.
  Eppure, il Papa resta sospetto e, come dice il giornalista di Le Monde, “è stato intentato a Giovanni Paolo II il processo per ‘revisionismo’”. Il Papa tarda troppo a pubblicare un documento che, nel settembre 1987, aveva promesso di redigere sull’“Olocausto” e che avvallerebbe la tesi della realtà delle camere a gas hitleriane [18]. Egli s’interessa troppo al progetto di beatificazione di Isabella la Cattolica. Gli ebrei, con l’appoggio di Monsignor Lustiger, si sforzano d’impedire la beatificazione di una regina “troppo cattolica”, colpevole di avere, nel 1492, firmato l’editto di Torquemada, grande inquisitore che, si dice, aveva abiurato la sua fede d’origine: la fede ebraica.
 Il mito della “preghiera di Giovanni XXIII per gli ebrei” non è molto vivace; ma rimane e, proprio a causa della sua discrezione, rischia di sopravvivere per molti anni ancora.
 Quanto all’American Jewish Committee, continuando nel suo slancio, ha appena annunciato due false notizie: secondo il suo corrispondente (?) da Parigi, Roger Kaplan, la legge Fabius-Gayssot non è passata e Faurisson è deceduto [19].
29 novembre 1990

[Articolo pubblicato in appendice al libro Il Revisionismo di Pio XII, 2006, disponibile presso le Edizioni all'Insegna del Veltro, Parma: http://www.insegnadelveltro.it/libreria/?page_id=806


Note

[1] Commentary, mensile dell’American Jewish Committee (New York, Chicago, Los Angeles), gennaio 1965, n. 1, vol. 39, p. 19-29; la “preghiera” figura a pagina 21.
[2] La Documentation catholique, Montrouge (presso Parigi), 2 ottobre 1966, col. 1728.
[3] La Documentation catholique, 6 novembre 1966, col. 1908-1909.
[4] Le Monde, 27 ottobre 1966, p. 9.
[5] Le Monde, 21 aprile 1967, p. 11.
[6] Le Monde, 7-8 maggio 1967, p. 17.
[7] Le Monde, 31 dicembre 1974, p. 4.
[8] Le Monde, 2 febbraio 1975, p. 8.
[9] Le Monde, 30 gennaio 1983, supplemento, p. I, IV-V. Sul personaggio che si firma “Szombati”, si potrà leggere un articolo che gli ho dedicato con il titolo “Une enquête du Monde diplomatique sur les chambres à gaz (mars 1988)” (Un’inchiesta di Le Monde diplomatique sulle camere a gas [marzo 1988]) negli Annales d’histoire révisionniste, n. 4, primavera 1988, p. 135-149, riprodotto nel II volume dei miei Écrits révisionnistes, op. cit., alle pagine 751-763.
[10] Le Monde, 3 ottobre 1989, p. 16.
[11] Lettera del Sig. G. D., cortesemente comunicata dall’autore.
[12] Le Quotidien de Paris, 11 febbraio 1986, p. 6.
[13] Le Figaro, 20 novembre 1989, p. 16. Da raffrontare con un articolo di A. Glucksmann: “L’Europe sera ‘juive’ ou ne sera pas” (L’Europa sarà “ebrea” o non sarà) (Libération, 16 aprile 1982, p. 14) e con una dichiarazione del rabbino capo Sitruk: “Ogni ebreo francese è un rappresentante d’Israele” (Le Monde, AFP, 12 luglio 1990, p. 7), affermazione che sarà alterata ed attenuata da due giornalisti di Le Monde che chiederanno al rabbino capo: “In occasione del suo ultimo viaggio in Israele, Lei non ha forse dichiarato che ogni ebreo francese doveva considerarsi come un rappresentante d’Israele?” (Le Monde, dichiarazioni raccolte da Jean-Michel Dumay e Henri Tincq, 30 settembre 1990, p. 9) (corsivo dell’autore).
[14] Dom Gaspard Lefebvre, Missel vespéral romain (quotidien), Bruges, 1946 [1920], Venerdì Santo, Ufficio delle Tenebre, 6a lezione, p. 674.
[15] Concile œcuménique Vatican II, Parigi, Éditions du Centurion, 1989, p. 698.
[16] “Dossier juifs et catholiques en dialogue”, La Documentation catholique, 13 luglio 1988, p. 680.
[17] Le Monde, 7 dicembre 1990, p. 1 e 14.
[18] Il 26 agosto 1989, tuttavia, in un messaggio ai vescovi polacchi, egli ha infine ricordato lo sterminio degli ebrei nelle camere a gas. Poi, il 27 settembre 1990, L’Osservatore Romano pubblicava in prima pagina un articolo sulla sua udienza generale del giorno precedente, con la relazione di una “Meditazione del ‘Ciclo di Jasna Gora’ [Polonia]”. Giovanni Paolo II, parlando degli ebrei, avrebbe dichiarato in polacco: “Questo popolo è stato colpito con la morte terribile di milioni di figli e figlie. Prima li hanno marcati con un particolare marchio. Poi spinti in ghetti, in quartieri isolati. Poi portati alle camere a gas, dando loro la morte – soltanto perché erano figli di questo popolo” (in italiano nel testo, corsivo dell’Autore). Salvo errore da parte mia, Giovanni Paolo II sarà dunque stato il primo papa ad avallare così – timidamente, è vero – l’esistenza delle camere a gas omicide. 
[19] Commentary, agosto 1990, p. 49 e 51.