Wednesday, August 1, 1990

Un mensonge gros comme le siècle


Michel Castex, président de la société des rédacteurs de l'Agence France-Presse, est chef adjoint des informations générales de cette agence. Il vient de publier Un Mensonge gros comme le siècle. Roumanie, histoire d'une manipulation. En décembre 1989, depuis Bucarest, il avait dirigé l'équipe de journalistes de l'AFP chargée de couvrir la « révolution roumaine » lorsque, nous disait-on, les combats faisaient rage en de nombreux points de Roumanie. Dans le présent ouvrage, il confesse qu'il a, en fin de compte, grossièrement mystifié, avec ses collègues français et étrangers, les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs de tout le monde occidental. C'est ainsi qu'il avoue avoir personnellement participé au mensonge, « gros comme le siècle », de Timisoara.

Un révisionniste ne peut que se délecter à suivre les explications d'un journaliste qui raconte comment il a donné dans un tel panneau. Après tout, le mythe d'Auschwitz ne présente pas de différence essentielle avec celui de Timisoara. La manipulation est identique ; seules les proportions diffèrent. Au « panthéon de l'arnaque », pour reprendre une image de M. Castex, « Auschwitz » éclipse même « Timisoara », à tous points de vue.

Nul doute que M. Castex se croit aujourd'hui plus clairvoyant. Il s'imagine qu'il s'est laissé prendre comme un nigaud mais qu'on ne l'y reprendra pas. Il se trompe : il a été et il reste un nigaud qui, simplement, croit avoir été déniaisé. Il garde tous les traits du parfait journaliste de l'orthodoxie en cours. Je suis convaincu que, formé ou plutôt déformé comme il l'est, il continuera, au sein de l'AFP, à souffler dans le sens du vent, à nous servir les mêmes billevesées, à gonfler, comme il le dit, les mêmes « poupées », à manifester la même servilité à l'égard des puissants du jour et à faire preuve de la même crédulité. Il fait songer à ces marchands de bons sentiments, toujours à prôner le respect des grands principes, toujours à dénoncer l'intolérance et qui ne s'avisent pas un seul instant qu'ils sont, dans la pratique, inhumains, cyniques et intolérants à l'égard de leurs frères humains palestiniens, nationaux- socialistes, révisionnistes ou simplement non juifs. J'ignore si M. Castex est juif mais je lui trouve un fanatisme et un aveuglement d'ayatorah.

Fanatisme et aveuglement de M. Castex

En juin 1987, Pierre Guillaume diffusait un tract qu'il avait intitulé : « Ouvrez les yeux, cassez la télé ! » Ce tract reproduisait un texte auquel j'avais, pour ma part, donné le titre de : « Shoah, film de C. Lanzmann ». Le 1er juillet, l'AFP publiait un communiqué signé de M. Castex. En voici l'intégralité :

Shoah-réactions

La Fédération française des sociétés de journalistes demande un arrêt immédiat des agissements des « révisionnistes ».

PARIS, 1er juil. (AFP) — La Fédération française des sociétés de journalistes a demandé mercredi qu'il soit mis un terme immédiat aux agissements des « révisionnistes » qui s'emploient à nouveau à nier le génocide des juifs par les nazis, en attaquant cette fois « de façon infâme » le film « irrécusable » de Claude Lanzmann, Shoah, actuellement diffusé sur TF1.

Cette attaque est notamment contenue dans un tract où apparaît le nom de M. Robert Faurisson, intitulé « Ouvrez les yeux et cassez la télé ».

« Des individus comme Robert Faurisson, estime la Fédération, ne devraient pas pouvoir écrire impunément ce qu'ils écrivent et diffusent. L'infamie et le racisme ont des limites. La déontologie de l'information interdit qu'on puisse écrire n'importe quoi, les contre-vérités les plus folles, au mépris de la vérité et donc de la liberté de savoir, en connaissance de cause ».

« Salir un film comme Shoah, que personne ne peut voir qu'avec un terrible effroi et une infinie compassion, relève de l'atteinte pure et simple aux Droits de l'Homme », écrit la Fédération, ajoutant : « Le journaliste est toujours témoin de son temps, et en ce sens Claude Lanzmann a fait œuvre admirable de journaliste, recueillant dix années durantles plus effarants témoignages, non seulement des victimes, mais de leurs bourreaux, et des Polonais voisins des camps. C'est horrible, et c'est sans doute ce qui gêne ces révisionnistes-là, qui apparemment, ne se sont toujours pas remis de la défaite nazie ».

« En plein procès Barbie, et alors que les tentatives révisionnistes se multiplient, conclut la Fédération, il est urgent que les autorités judiciaires au nom du respect de l'information et des Droits de l'homme, sanctionnent de tels tracts infamants et leurs auteurs, en les empêchant de récidiver ».

La Fédération française des Sociétés de journalistes, regroupe plus de vingt sociétés (notamment TF1, A-2, FR-3, l'Agence France Presse, Le Monde, Sud-Ouest, L'Équipe...), soit plus de 2.000 journalistes au total.
MIC/dl 

Ce communiqué reflète l'intolérance, l'aveuglement, l'esprit de délation qui sont de règle chez les journalistes aux ordres d'« une insupportable police juive de la pensée » (Annie Kriegel). 

Mais venons-en au livre même de M. Castex. Le style en est vulgaire ; la pensée, basse ; le ton est celui du bateleur d'estrade mais le tout est instructif et divertissant. Il n'est pas une page qui ne pourrait s'appliquer au mensonge d'Auschwitz quoique l'auteur n'en ait, bien sûr, pas le moindre soupçon. Il ressemble au bouffon de scène, au matamore, qui narre ses exploits avec la plus vive satisfaction sans se rendre compte que, plus il croit fournir de preuves de sa supériorité ou de sa perspicacité, plus il montre sa niaiserie et son aveuglement.

Mensonges des journalistes et réalité des faits

Pour commencer, M. Castex rappelle que le chiffre des morts de la « révolution roumaine » a été, dans les médias, multiplié par près de cent. 

« Roumanie : Ceaucescu et sa femme jugés et exécutés. Après l'horreur, la vengeance. Un premier bilan : soixante mille morts depuis le début des émeutes [1] » : tel avait été le titre d'un journal de l'époque. M. Castex écrit :

Soyons sérieux. Aujourd'hui le bilan le plus récent des victimes, évoqué entre deux virgules lors du procès récent de quatre misérables et veules caciques du régime défunt, fait état de 689 morts. On se réjouit de la baisse ; après l'irrésistible flambée des cours de décembre [1989], elle assainit enfin le marché des valeurs, à la bourse des morts de Bucarest [2]

M. Castex n'a pas, bien sûr, une pensée pour « la bourse des morts » d'Auschwitz. Il décrit

... une intoxication remarquable, sans précédent, à laquelle se sont laissé prendre les médias occidentaux, qui ont relayé comme un seul homme les informations les plus folles, tétanisant une opinion qui ne demandait qu'à croire à toutes ces horreurs, dès lors qu'elles étaient attribuées à un dirigeant honni, dont la chute était souhaitée par tous, de part et d'autre de l'ancien rideau de fer [3]

M. Castex ne voit pas que cette intoxication remarquable a eu un précédent : Auschwitz, et qu'à partir de 1945 les médias occidentaux ont tétanisé une opinion qui ne demandait qu'à croire toutes les horreurs inventées sur le compte d'Adolf Hitler. Il ne voit pas non plus que ce qu'il dit des récits démentiels colportés sur les hôpitaux, les cadavres, les tortures, les disparitions de morts, les atrocités en tout genre, les femmes éventrées, les enfants ou les bébés achevés, les empoisonnements généralisés par le cyanure se trouvait déjà, dès 1945, dans le mythe d'Auschwitz, tel que celui-ci a d'abord été forgé par Hollywood et par Moscou, puis tel qu'il s'est enrichi au cours de ces quarante-cinq dernières années. Le procès du couple Ceaucescu n'a été, en raccourci, qu'une réplique du procès, à Nuremberg, en 1945-1946, des dirigeants du IIIe Reich, puis, en 1947-1949, des médecins allemands, des industriels allemands, des officiers ou des bureaucrates allemands, tous vaincus et soumis à l'arbitraire des vainqueurs qu'enivrait leur propre propagande à base de récits d'atrocités.

Page après page, la ressemblance avec « Auschwitz »

Glanons, en suivant l'ordre du récit, quelques éléments qui, concernant ici « Timisoara », s'appliqueraient tout aussi bien à « Auschwitz » et relevons quelques commentaires de M. Castex qui trouveraient tout aussi bien leur place dans un ouvrage révisionniste sur le rôle des médias dans la propagation de certains mensonges de la seconde guerre mondiale :

L'accusation [au procès Ceaucescu, le 25 décembre 1989] : « Aujourd'hui, il y a plus de soixante-quatre victimes dans toutes les villes [4]. » [La même accusation s'adressant à Elenea Ceaucescu :] « Dernière question, j'ai vu la villa de votre fille (Zoia), elle avait une balance en or avec laquelle elle pesait la viande apportée de l'étranger ». [Réplique d'E. Ceaucescu :] « Quelle villa ? Elle vit dans un appartement comme tout le monde. Elle n'a rien. Elle vivait comme tout le monde. Extraordinaire! Quelle honte ! [5] ». [Toujours l'accusation s'adressant au couple Ceaucescu :] « Des enfants innocents ont été écrasés par des tanks. Vous avez habillé les officiers de la Securitate avec des uniformes de l'armée pour dresser le peuple contre elle. Si encore vous aviez fusillé des vieux comme vous. Mais vous avez arraché les tubes d'oxygène dans les hôpitaux, vous avez fait exploser les dépôts de plasma sanguin [6]. » 

La femme et l'enfant : [la photographie] fit la « une » de tous les médias épouvantés. Ils ne s'étaient pas trompés sur le symbole, offert sur fond de charnier, avec même une fois cette légende à l'insoutenable photo : une femme enceinte éventrée et son bébé assassiné. Mais la légende, hélas, n'était qu'une légende, dans le pire sens du terme, et c'est une chose qu'on ne devra jamais oublier, ni pardonner. — Comme pour le prétendu génocide à l'échelle du pays, on nous a menti sur celui de Timisoara. On nous a parlé de charniers de 4.630 corps, on nous a jeté en pâture cinq mille morts, et même douze mille. On nous disait le 20 décembre [1989] que tous les étudiants de la ville avaient été déportés dans des camions. On nous a pris pour des cons [7]

[La femme et l'enfant] Il s'agissait en fait d'une Roumaine décédée d'une intoxication alcoolique et d'un enfant qui ne lui était pas apparenté, ont déclaré [trois médecins de l'hôpital de Timisoara]. Ces médecins ont affirmé avoir reconnu treize des corps montrés à la télévision, dont certains, selon eux, portaient clairement des cicatrices dues à l'autopsie [8]

Alors on ranima, ce n'était pas la première fois, le spectre du grand exterminateur que fut Adolf Hitler. On se souvint de ses techniques. La rumeur prétendit alors que, dépassées par l'énormité de leurs crimes, la Securitate, du moins les « unités spéciales », version roumaine des SS, avaient appliqué les mêmes méthodes. Et [c'est ainsi qu'on inventa que] des milliers de corps trop gênants, car attestant l'horreur à la face du monde s'ils avaient été retrouvés, s'étaient envolés en fumée : incinérés un peu partout dans le pays, à Bucarest notamment, après avoir été transportés avec les moyens du bord, par exemple en réquisitionnant des camions frigorifiques. – L'ombre d'Auschwitz plana sur Timisoara [...]. Et nul ne se posa réellement les bonnes questions, en particulier sur l'entreprise gigantesque d'une telle liquidation, et l'organisation que cela impliquait. Car escamoter aussi vite plus de quatre mille personnes n'est pas une mince affaire. Il y faut d'importants effectifs, pour la seule manutention des cadavres. Il y faut au moins des dizaines de camions, qu'ils soient ou non frigos ; tout un dispositif technique, que ce soit pour incinérer ou creuser des fosses communes géantes [9].

Le paradoxe est ici que M. Castex, précisément alerté par les énormités qu'il découvre dans l'histoire de Timisoara, ne s'avise pas un seul instant que ces énormités sont identiques à celles d'Auschwitz, de Treblinka ou de Babi Yar et que les « escamotages » sont dans tous les cas aussi invraisemblables ; on aimerait qu'il nous explique quelles « techniques » ou « méthodes » Hitler a utilisées pour faire disparaître à Auschwitz non pas quatre mille personnes mais quatre millions de personnes selon la thèse du musée ou 1.250.000 personnes selon la thèse de Raul Hilberg.

Pourquoi n'enverrait-on pas sur place, à Timisoara, une commission d'enquête internationale afin de faire toute la lumière sur ce qui s'est passé dans cette ville qui fut le détonateur de la Révolution roumaine ? [10]

M. Castex sait-il que, depuis quarante-cinq ans, Auschwitz, Treblinka, Babi Yar attendent encore leur « commission d'enquête internationale » ? Va-t-il demander l'envoi, enfin, d'une telle commission sur place, envoi que les juges de Nuremberg et d'ailleurs auraient dû ordonner ?

Le quatrième chapitre est consacré au mythe du bateau des mercenaires étrangers [11]. M. Castex place le mot de bateau entre guillemets. A-t-il jamais songé à l'énorme « bateau », au mythe d'Auschwitz ? 

Le cinquième chapitre [12] porte sur le mythe de la Securitate qui, en particulier, « avait injecté des doses massives de cyanure dans les canalisations d'eau de la capitale » [13]. M. Castex s'est-il interrogé sur la thèse selon laquelle, a Auschwitz ou en d'autres camps, les Allemands auraient injecté des doses massives dans les canalisations des prétendues chambres à gaz homicides (thèse concurrente de celle du déversement de granulés de Zyklon B) ? 

La deuxième partie du livre s'intitule « Les maîtres du mensonge » [14] 

... à d'infimes exceptions près, tous les grands mensonges fondateurs sont venus des pays de l'Est ; ce sont eux les maîtres du mensonge [15].  

[...] Eugène Ionesco, académicien français d'origine roumaine, fait de fracassantes révélations à la radio israélienne : « Selon les témoignages de Hongrois et de Yougoslaves, les soldats roumains ont refusé de tirer sur la foule en Roumanie, et ce sont les soldats nord-coréens qui ont ouvert le feu » [16]

[...] A Paris, le ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, fait une déclaration remarquée : la France serait prête à intervenir en Roumanie « si on lui en fait la demande ». « Moi, dit-il, je verrais bien la constitution d'une brigade de volontaires ; si des Roumains en exil, si des Français, voulaient se constituer en corps de volontaires, nous faciliterions la tâche [17]. » 

M. Castex ignore-t-il que le document officiel de référence sur Auschwitz, aux yeux des juges de Nuremberg, provient de l'Est (document URSS-008 du 6 mai 1945) ? 

Moscou attendait seulement l'occasion d'agir sans apparaître ouvertement dans le jeu. Et l'occasion fut Timisoara. Elle fut exploitée aussitôt, et donna lieu à l'entreprise d'intox médiatique la plus fantastique que je connaisse. Je passe [...] sur les trafiquants de cadavres de Timisoara qui nous firent croire quelques jours, le temps que ce fut nécessaire, à la plus totale ignominie du régime [18]

M. Castex ne se rappelle pas qu'arrivés à Auschwitz le 27 janvier 1945 les Soviétiques découvrirent sur place un camp si différent de la description dantesque fournie par les officines de la propagande alliée qu'ils en restèrent cois pendant plusieurs jours et eurent besoin de plusieurs mois pour mettre au point et lancer, après les juifs européens et américains, le 6 mai 1945, le mythe des chambres à gaz d'Auschwitz et de Birkenau.

A partir de ce moment, nous fûmes en Occident sous transfusion vingt-quatre heures sur vingt-quatre [19]

Que pourrait dire M. Castex d'une autre transfusion qui, elle, dure depuis quarante-cinq ans ?

L'écrasante responsabilité des médias

M. Castex affecte de battre sa coulpe. Il estime que le commun des mortels a fait preuve de plus de perspicacité que les journalistes. C'est découvrir la lune. L'homme de la rue ment moins que le journaliste de la grande presse parce qu'il n'a pas autant d'intérêt à le faire tandis que le journaliste, lui, peut trouver profit à mentir, à inventer, à fabriquer de toutes pièces des récits qui donneront la chair de poule. M. Castex écrit :

J'ai rencontré bien d'autres personnes. Non journalistes. Et je dois dire qu'à les entendre il semble bien qu'elles se soient en général méfiées beaucoup plus vite que nous. Nous passons pourtant pour être plus sceptiques que nos concitoyens moins bien informés ; on nous crédite d'un sens critique aiguisé par le souci de comprendre en profondeur l'événement, de prendre du recul, de relever à chaque fois les contradictions, les invraisemblances. Eh bien non, cette fois nous avions perdu toutes ces qualités de base, c'est vrai nous avions été nazes, je fais partie du lot [20].

« Cette fois » ? « Cette fois » seulement ? Pour lui emprunter son langage, M. Castex et ses confrères n'ont-ils pas été et ne sont-ils pas encore aujourd'hui « nazes » au dernier degré dans leur incessante évocation des « nazis » ? Il ajoute :

Nous avons répercuté l'intox en lui donnant un écho surmultiplié. Ce faisant, et cela requiert qu'on y songe sérieusement, nous sommes devenus, pour la première fois à ce degré, des acteurs de la manipulation. Oh, je sais bien que ce fut involontaire, et que la meilleure bonne foi présida à notre aveugle entrain ; nous avons cru sincèrement aux mensonges qu'on nous faisait rapporter, nous avons été sincèrement scandalisés et horrifiés. — Mais il est impossible aujourd'hui de ne pas se demander comment une telle cécité fut possible [...]. Ce que je dis ici vaut pour tous les médias, je n'exclus pas la presse écrite, non plus que les grandes agences, dont la mienne, qui furent en amont des sous-traitants, les premiers « grossistes » du mensonge répercuté. [21]

Il écrit encore : 

Nous avons préféré imaginer d'abracadabrants scénarios d'escamotage immédiats et massifs de dizaines de milliers de cadavres [...]. Nous voulions Auschwitz à toute force. Nous eûmes donc Auschwitz [22]

M. Castex ne croit pas si bien dire. En fait, « Auschwitz » et « Timisoara » ont été fabriqués selon les mêmes méthodes à partir, dans les deux cas, de réalités suffisamment horribles pour que l'honnête homme, lui, ne se croie pas obligé d'en rajouter. 

La fin du neuvième chapitre intitulé « Ceaucescoop, méditations d'un intoxiqué » serait tout entière à citer [23].

L'auteur explique successivement comment on a « été jusqu'à tresser des lauriers aux menteurs », à quoi peut conduire le « [péché] du scoop et du sensationnel » et de quelle manière les journalistes, dans leur crainte de livrer des faits ou des chiffres moins sensationnels que ceux d'un confrère, sont amenés à tout exagérer. Par exemple, pour le chiffre des morts, M. Castex conseille à l'apprenti journaliste d'exagérer d'emblée, quitte à devoir ultérieurement corriger ce chiffre à la baisse. Il écrit exactement :

Si j'étais cynique, ce qu'à Dieu ne plaise, je donnerais ce conseil : « Prenez garde aux morts, débrouillez-vous toujours pour avoir une courte tête d'avance. » Quitte à devoir réviser à la baisse un peu plus tard. On vous le reprochera, mais moins de toute manière que d'avoir toujours été à la traîne des cadavres, comme un coureur qui n'arrive pas à recoller au peloton [24]

M. Castex consacre un développement à la préposition « selon », sorte de mot magique qui permet toutes les élucubrations. On écrit : « Selon le journaliste présent sur place », « selon Budapest », « selon Belgrade », « selon telle agence » et on peut ainsi, à loisir, produire telle information de pure fantaisie. 

M. Castex cite d'autres cas d'exagérations spectaculaires qui sont sans rapport avec la Roumanie et Timisoara. Il évoque « la prime au mensonge » [25]

Pour conclure, il se moque des formules qu'on peut trouver dans les manuels de la profession sur l'honneur des journalistes ; il écrit : 

 ... « l'honneur d'un journaliste », larirette, larirette [26]

M. Castex au service du mensonge d'Auschwitz

Après la lecture d'Un Mensonge gros comme le siècle, il est plaisant de retourner au communiqué de l'AFP du 1er juillet 1987. A cette époque, il n'y avait pas, pour l'auteur, de « larirette, larirette » quand on évoquait « l'honneur d'un journaliste ». Ledit communiqué en appelait gravement à « la déontologie de l'information » qui « interdit qu'on puisse écrire n'importe quoi, les contrevérités les plus folles ». Il proclamait : « Le journaliste est toujours témoin de son temps, et en ce sens Claude Lanzmann a fait œuvre admirable de journaliste. »

A ceux qui objecteraient que « Timisoara » n'a duré que quelques semaines tandis qu'« Auschwitz » dure depuis près d'un demi-siècle, on répondra que, dans le premier cas, le mensonge a très vite perdu son intérêt politique, tandis que, dans le second cas, les intérêts politiques et financiers à maintenir le mensonge – tout en lui apportant année après année quelques corrections inévitables – sont proprement gigantesques. Dès janvier 1990, l'ordre du monde n'avait plus besoin de « Timisoara » alors que, depuis janvier 1945, l'ordre du monde a un besoin vital d'« Auschwitz ». Ce besoin est devenu tel qu'en France, par exemple, on vient d'instituer, dans une loi « sur la liberté de la presse », une disposition qui prévoit peine de prison ou amende pour quiconque se permettrait de contester « Auschwitz ». Le vote d'une telle loi de censure s'annonçait laborieux mais, providentiellement, une sorte de « Timisoara » à la française a levé tous les obstacles : en mai de cette année, la violation – réelle – du cimetière juif de Carpentras a donné lieu à une telle manipulation des esprits par la police juive de la pensée, par certains hommes politiques et par tous les grands médias, que l'accouchement de cette loi monstrueuse a pu se faire sans aucune douleur.

Là encore, l'AFP et les journalistes dans leur ensemble ont rempli leur office, comme le dit l'intéressé, de « maquilleurs de la mort ». Ils ont, sans aucune preuve, attribué cette profanation au Front national et aux révisionnistes. M. Castex a récidivé dans le commerce de ce qu'il appelle « la poupée gonflable ». Il lui suffira de répéter un jour : « Emportés par la vague de l'émotion, nous avons surfé sur elle avec une déconcertante légèreté. Sans rien vérifier [27]. » Cette phrase, il pourra la replacer dans un gros ouvrage sur l'arnaque d'« Auschwitz » ou dans un petit livre sur l'exploitation politique de « Carpentras ».
1er août 1990

Notes

[1] M. Castex, Un Mensonge gros comme le siècle, Paris, Albin Michel, 1990, p. 12. 
[2] Ibid. 
[3] Id., p. 13.
[4] Id., p. 39. 
[5] Id., p. 41. 
[6] Id., p. 45. 
[7] Id., p. 67. 
[8] Id., p. 68.
[9] Id., p. 70-71.
[10] Id., p. 73.
[11] Id., p. 75-84.
[12] Id., p. 85-122.
[13] Id., p. 85.
[14] Id., p. 123. 
[15] Id., p. 125. 
[16] Id., p. 130-131. 
[17] Id., p. 136. 
[18] Id., p. 156-157. 
[19] Id., p. 158-159.
[20] Id., p. 176. 
[21] Id., p. 177-179. 
[22] Id., p. 180.
[23] Id., p. 181-188. 
[24] Id., p. 183. 
[25] Id., p. 186. 
[26] Id., p. 187.
[27] Id., p. 69.

Katyn à Nuremberg



Le 8 août 1945, par l’« Accord de Londres », la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’URSS établissaient un Tribunal militaire international (TMI) pour juger les criminels de guerre allemands. 

Le Statut annexé à cet Accord et formant partie intégrante de l’Accord comporte deux articles qu’il convient de rappeler pour la bonne compréhension du procès en général ainsi que des erreurs historiques commises par ce Tribunal (y compris l’« affaire de Katyn », telle qu’elle a été jugée par ce Tribunal).

Voici ces articles dans leur version française officielle, laquelle exige quelques observations qu’on trouvera plus loin :

Article 19 :
Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide et non formaliste et admettra tout moyen qu’il estimera avoir une valeur probante [souligné par nous].

Article 21 :
Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans les divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres tribunaux de l’une quelconque des Nations Unies [souligné par nous].


L’article 19 prévoit, dit le texte français, une procédure « rapide ». Il s’agit là d’une erreur de traduction. Le texte anglais, auquel le président du TMI, Lord Justice Lawrence, renverra souvent, prévoit une procédure «expéditive» (en anglais : « expeditious »).

L’article 21 est peu compréhensible pour qui ignore ce que le droit anglo-saxon entend par « to take judicial notice » (prendre connaissance d’office ou prendre note d’office). Dans ce droit, il faut tout prouver sauf ce qui, avec la permission du juge, peut n’être pas prouvé parce qu’il s’agirait d’un fait de notoriété publique à tenir pour acquis : par exemple, « le jour succède à la nuit », « la capitale du Royaume-Uni s’appelle Londres ». Mais, dans le cas du TMI, on verra les juges étendre l’emploi de ce procédé bien au-delà des limites habituelles. La seconde phrase de l’article 21 va jusqu’à donner valeur de preuves authentiques (une « valeur d’office » ou une « valeur officielle ») à une foule de documents et de rapports officiels rédigés à la hâte par les commissions d’enquête ou les tribunaux de l’une quelconque des Nations Unies (les quatre principales nations et dix-neuf autres nations). 

C’est ainsi que le rapport rédigé par la commission d’enquête soviétique en janvier 1944 sur l’affaire de Katyn a, le 8 août 1945, pris rétroactivement valeur de « preuve authentique » indiscutable, et cela avec l’assentiment, dans l’ordre, de la France, des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’URSS. Ce document porte la cote URSS-54 et il figure intégralement dans le volume XXXIX du TMI (p. 290-332) dans une version allemande. Il a été au centre du débat d’environ un jour trois quarts consacré à l’affaire de Katyn.

On a parfois fait remarquer, à la décharge de ce Tribunal, que dans le jugement final le nom de Katyn ne figure pas. C’est exact. Mais ce jugement se contente souvent de rappeler les crimes allemands dans leur généralité. Par exemple, seuls trois camps de concentration y sont nommés : Flossenbürg, Treblinka et Auschwitz.

L’acte d’accusation, lui, porte en toutes lettres : 

En septembre 1941, onze mille officiers polonais, prisonniers de guerre, furent tués dans la forêt de Katyn près de Smolensk [1]

Cet acte d’accusation a été rédigé en commun par les quatre ministères publics. Celui de la France comprenait Edgar Faure. Il est donc faux de dire qu’au procès de Nuremberg seuls les Soviétiques ont accusé les Allemands de ce crime. 

Ce qui est vrai, c’est que le juge soviétique, auprès duquel n’avaient pas craint de siéger, pour la France, le professeur Henry Donnedieu de Vabres ; pour les États-Unis, Francis Biddle ; pour le Royaume-Uni, Lord Justice Geoffrey Lawrence, n’était autre que le major général I. T. Nikitchenko, qui avait, en 1936, présidé le tribunal des « procès de Moscou ». 

Ce qui est également vrai, c’est que l’instruction de ce procès a été expéditive. Entre le 8 août 1945 et l’audience d’ouverture du tribunal le 18 octobre 1945, il s’est écoulé soixante et onze jours. Il est intéressant de savoir que l’audience d’ouverture a été tenue à Berlin sous la présidence du major général Nikitchenko lui-même. C’est lors de cette audience qu’il sera décidé que :

Lord Justice Lawrence présidera le procès de Nuremberg [2].

Lors de ce procès, les vainqueurs ont jugé le vaincu, selon leur loi (une loi forgée en toute hâte), sans possibilité d’appel, en violant le principe de non-rétroactivité des lois et en adoptant le principe de la responsabilité collective (tout membre d’une association déclarée criminelle, comme par exemple le cabinet du Reich, l’état-major, les SS, était présumé coupable, rétroactivement).

Pour ce qui est de la France, dans l’affaire de Katyn : 

– elle a accusé les Allemands de ce crime ;
– elle a affirmé que le nombre des victimes était de onze mille ; 
– elle a admis d’office comme « preuve authentique » le rapport de la commission d’enquête soviétique déclarant que les Allemands étaient coupables de ces onze mille assassinats ; 
– elle a admis que le président du Tribunal, le juge britannique Lawrence, fasse obstruction à la défense des accusés allemands ; 
– elle a admis que le juge soviétique (l’ancien président du tribunal des «procès de Moscou») intervienne en procureur.

Conclusion

La France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union soviétique ont, dans l’acte d’accusation commun à ces quatre nations, accusé l’Allemagne d’avoir assassiné onze mille officiers polonais à Katyn. Puis, ces mêmes nations ont en fin de compte jugé l’Allemagne coupable de cet assassinat lorsqu’elles ont déclaré, en s’appuyant sur l’article 21 du statut du Tribunal militaire international, que le rapport de la commission d’enquête soviétique avait valeur de « preuve authentique » indiscutable et irrécusable.





Récapitulation 
(Katyn dans le procès du TMI [3])

• Tome I, p. 57 : Acte d’accusation dressé par tous les Alliés [4] :

En septembre 1941, onze mille officiers polonais, prisonniers de guerre, furent tués dans la forêt de Katyn près de Smolensk.

N.B. : C’est ce chiffre de onze mille qui sera toujours cité ; à Katyn, on dénombrera, en fait, quatre mille cent trente-quatre (ou quatre mille deux cent cinquante-trois) cadavres ; dix mille autres Polonais, internés dans deux autres camps d’URSS, ont disparu.

Tome VII, p. 430-433 : 

Le colonel Pokrovski, procureur général adjoint (URSS) parle (14 février 1946) :

La lecture de l’Acte d’accusation nous révèle qu’un des plus importants forfaits dont ont à répondre les principaux criminels de guerre consiste dans l’exécution massive par les envahisseurs germano-fascistes de prisonniers de guerre polonais, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. [souligné par nous]

La preuve présentée est le document URSS-54 qui est le rapport de la commission spéciale soviétique, en date du 24 janvier 1944. Ce rapport figure, en allemand, parmi les documents du TMI [5]. Selon la version soviétique, les fusillades ont été accomplies au cours de l’automne 1941 par le régiment du génie allemand 537 ; au printemps 1943, en exigeant de faux témoignages et par d’autres moyens, les Allemands ont tenté d’attribuer au NKVD soviétique la fusillade des onze mille victimes.

La commission était composée de treize personnalités éminentes, dont le métropolite Nicolas (de Kiev), le même qui, avec le biologiste Lyssenko, attestera de ce qu’il y a eu à Auschwitz des chambres à gaz homicides (doc. URSS-008 du 6 mai 1945).

Tome IX, p. 9-10 : L’avocat de Hermann Göring, Dr Stahmer, parle (8 mars 1946). Il dit qu’il n’a toujours pas reçu le document URSS-54. Il sollicite l’autorisation de faire convoquer un certain nombre de témoins de ce régiment du génie ainsi que le professeur Naville :

Le professeur Naville, professeur de médecine légale à l’université de Genève, qui a fait partie à l’époque [avril 1943] d’une commission internationale chargée de procéder à l’examen des cadavres à Smolensk a établi, d’après l’état de conservation des cadavres et d’après les notes et autres pièces à conviction trouvées dans les poches des vêtements, que l’exécution remontait à 1940.

N.B. : En 1940, la région était occupée par les Soviétiques.

Le président, le Britannique Lord Justice Lawrence, demande à l’avocat allemand de présenter ces requêtes par écrit. Le Tribunal les examinera.

Tome XII, p. 40 : Sans intérêt.

Tome XIII, p. 451-452 : Le colonel Pokrovski parle (11 mai 1946) : 

Je n’ai aucunement l’intention de traiter à fond l’incident [sic] de Katyn. Le ministère public soviétique a, dès le début, considéré le cas de Katyn comme un fait notoirement connu, et le Tribunal, en constatant le peu de place que nous avons réservé à ce crime dans notre acte d’accusation, comme aussi le fait que nous n’avons lu que quelques extraits de l’exposé de la commission, a pu discerner que nous n’y attachons qu’un caractère épisodique.

N.B. : Par « notre » acte d’accusation, le procureur soviétique entend l’acte d’accusation qui « nous » est commun (dans l’ordre : France, États-Unis, Grande-Bretagne, URSS). Les mots «un fait notoirement connu» (le traducteur aurait dû dire : « un fait de notoriété publique ») renvoient à l’article 21 du statut. Ils signifient que le procureur invoque ici le droit de n’avoir pas à démontrer que le massacre de Katyn est un crime allemand parce qu’un rapport dressé par une commission alliée (ici : soviétique) établit que telle est la vérité. Comme on le verra ci-dessous, ce droit ne lui sera pas contesté, même par l’avocat allemand Dr Stahmer.

Tome XV, p. 299-303 : Le général Rudenko, procureur général soviétique, parle (3 juin 1946) :

Ce document [le rapport dressé par la commission soviétique] a été présenté par le ministère public soviétique sous le numéro URSS-54, le 14 février 1946, et a été accepté par le Tribunal ; et d’après l’article 21 du Statut, il ne saurait faire l’objet de contestations [6]

L’avocat allemand, Dr Stahmer, déclare :

Le général Rudenko désire rejeter ma demande de preuves en invoquant, je crois, l’article 21 du Statut. Je ne crois pas que les stipulations de cet article puissent infirmer cette demande. Il est évidemment exact que les rapports officiels constituent des modes de preuves [7] ...

Le Président interrompt l’avocat et déclare : 

Docteur Stahmer, je crois que le Tribunal a déjà décidé que cet article n’empêchait pas la citation de témoins. Mais en plus de l’argument tiré de l’article 21, le général Rudenko a également donné les raisons particulières qui s’opposent à la citation de ces témoins [8].

Tome XV, p. 433 : Sans intérêt.

Tome XVII, p. 277-380 : A l’extrême fin de l’audience du 29 juin 1946, le président fait savoir au Dr Stahmer qu’il n’aura le droit de faire comparaître que trois témoins. L’affaire de Katyn occupera l’audience du lundi 1er juillet et une bonne partie de l’audience du 2 juillet. Tout au long de cette journée et de ces trois-quarts de journée, le Président fera obstruction aux avocats allemands et facilitera la tâche des Soviétiques. Quand un avocat allemand, le Dr Laternser, avocat de l’État-Major allemand, dira :

Je voudrais demander au Ministère Public à qui [à quel accusé au juste] doit être imputée l’affaire de Katyn...,

le président répondra : 

Je n’ai pas l’intention de répondre à des questions de ce genre [9].

Le juge soviétique était le général Nikitchenko, célèbre pour avoir présidé les « procès de Moscou » en 1936. Il interviendra à plusieurs reprises, à la façon d’un procureur [10]. Les avocats allemands ne pourront faire venir à la barre que trois officiers allemands qui étaient sur place à Katyn en 1941-1943. Ils ne pourront convoquer aucun membre de la Commission allemande d’enquête ou de la Commission internationale d’enquête ou de la Commission polonaise d’enquête. Même le professeur Naville, suisse, ne pourra venir. La tactique des avocats allemands sera purement défensive. 

L’accusation soviétique changera de cible à trois reprises en quelques heures. Elle accusera d’abord le colonel Ahrens, du régiment 537. Puis elle accusera le prédécesseur de cet officier allemand, le colonel Bedenck. Puis elle accusera le SD. La défense allemande en sera déconcertée, s’en plaindra mais le Président fera la sourde oreille [11]. Les Soviétiques convoquent comme témoin un professeur d’astronomie (Boris Bazilevski), ancien maire-adjoint de Smolensk. Puis il feront venir le professeur Markov, un Bulgare, qui avait fait partie de la Commission internationale d’enquête et avait donc chargé les Soviétiques. Celui-ci se rétractera et dira que son expertise n’avait pas la signification que lui donnaient les Allemands. Le troisième témoin sera le président de la commission d’enquête soviétique [12]

Le Dr Stahmer obtiendra que soit versé au dossier le Livre blanc rédigé par les Allemands en 1943 et chargeant les Soviétiques, mais cette pièce n’aura qu’une « valeur probante » éventuelle (article 19 du Statut) et non pas la valeur d’une « preuve authentique » irrécusable (article 21), ce qui était le cas du rapport soviétique URSS-54. Cette distinction fondamentale – et fatale pour les Allemands – le Président la rappellera [13]

Le 13 avril 1990, la presse internationale annonçait que, selon les autorités soviétiques, le crime de Katyn avait eu pour auteurs Beria, Merkoulov et leurs agents du NKVD. Ce camouflet infligé à l’histoire officielle, telle que les vainqueurs l’avaient écrite à Nuremberg et telle que la loi Fabius alias Gayssot voudrait la perpétuer, montre une fois de plus qu’il n’appartient pas à un tribunal, fût-il militaire et international, d’écrire l’histoire.

1er août 1990

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[Publié dans la Revue d'Histoire Révisionniste n° 2, août-octobre 1990, p. 138-144.]


Notes

[1] Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international, Nuremberg, 14 novembre 1945-1er octobre 1946, édité à Nuremberg, 1947-1949, quarante-deux volumes ; vol. I, p. 57. 
[2] TMI, I, p. 27.
[3] La version française de Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire international ne compte, en réalité, que quarante et un volumes : l’un des deux volumes d’index n’a jamais été publié.
[4] Pour la France, François de Menthon, Auguste Champetier de Ribes, Charles Dubost, Edgar Faure, Serge Fuster (« Casamayor »).
[5] TMI, XXXIX, p. 290-332.
[6] TMI, tome XV, p. 300. 
[7] Id., p. 302. 
[8] Ibid.
[9] Id., p. 293. Voyez aussi p. 311. 
[10] Id., p. 302-303. 
[11] Id., p. 316. 
[12] Doc. URSS-54.
[13] TMI, XVII, p. 357.

Graphiques et photos de Dachau


Les deux graphiques ci-après (voy. le cahier photographique, à paraître) représentent la mortalité du camp de Dachau. L’un est d’origine française et l’autre, d’origine américaine. 

Le premier (pièce n° 1) a été découvert dans des circonstances qu’il ne nous appartient pas de révéler. Il s’agit apparemment (voy. le vide du second cartouche sans doute prévu pour recevoir une inscription, par exemple, sur la provenance des chiffres) du projet d’une instance officielle française, que nous connaissons et qui se manifestera peut-être à la parution de ce graphique dans notre revue.

Le second (pièce n° 2) a été établi sur notre demande à partir d’un document américain cité en référence. 

On remarquera la concordance d’ensemble des deux graphiques. 

Le premier porte sur la période du 11 mai 1941 à la fin août 1945. L’original est bicolore et indique en rouge le nombre des Français morts dans ce camp (et ses sous-camps) ; le camp ayant été libéré le 29 avril 1945, les chiffres de mai, juin, juillet et août 1945 concernent les morts durant la présence américaine.

Le second porte sur la période du 18 février 1940 à la fin avril 1945. 

De mars 1933, date de la création du camp principal, à la fin avril 1945, il est entré au camp principal de Dachau et dans ses sous-camps deux cent six mille deux cent six détenus. En douze ans, il est mort environ trente-deux mille détenus. Le pourcentage des survivants est donc d’environ 85 % et celui des morts d’environ 15 %. Ces chiffres paraissent aujourd’hui à peu près admis aussi bien par le Service international de recherches (Comité international de la Croix-Rouge) sis à Bad Arolsen (RFA) que par les autorités du musée de Dachau. Rappelons que le chiffre des victimes était parfois évalué, à la fin de la guerre, à environ deux centre trente-huit mille !L ’Encyclopædia Judaica (1971) pour sa part, dans son article « Dachau », parle encore de quarante mille tués dont 80 % à 90 % auraient été juifs ! 

Il est manifeste, au vu de ces graphiques, que la situation de Dachau – comme celle de tous les autres camps – est devenue catastrophique dans les derniers mois de la guerre. L’Allemagne tout entière, ses soldats, ses civils, ses prisonniers ou détenus connaissaient l’apocalypse. Vivres et médicaments manquaient. Les transports étaient frappés de paralysie.

Lorsque les GI américains découvrirent le camp, le 29 avril 1945, leurs sentiments allèrent de la stupéfaction à la révolte. Dans la zone du crématoire, les cadavres s’entassaient. Les wagons d’un train, qui avait erré à travers l’Allemagne sous les bombardements alliés avec son chargement de détenus vivants, ne contenaient plus que des cadavres. La puanteur était affreuse. Les soldats américains ne firent pas de quartier ; avec l’aide d’anciens détenus, ils massacrèrent au fusil, à la mitrailleuse, à la pelle et à la pioche cinq cent vingt soldats allemands qui, peu de jours auparavant, étaient venus prendre la relève des gardiens de Dachau. Les chiens furent égorgés [1].

Il est probable qu’en découvrant les horreurs du 29 avril 1945 les Américains durent penser que Dachau avait toujours offert à peu près le même spectacle depuis sa création et qu’un camp de concentration ne pouvait être qu’un lieu d’extermination programmée.

Si nous publions ces graphiques, c’est d’abord pour rectifier cette impression. On sait aujourd’hui que le brusque accroissement de mortalité de l’été 1942 était dû au typhus ; qu’en 1943, à la suite de mesures draconiennes prises selon les ordres de Heinrich Himmler et d’Oswald Pohl par le service de santé des camps de concentration, cette mortalité connut une baisse sensible malgré l’augmentation progressive du nombre des détenus pour faits de « terrorisme » ou de « Résistance » ; et que l’hiver 1944-1945 tourna à la catastrophe.

Nous publions ces graphiques pour une autre raison. Ainsi qu’on le voit, nous avons marqué d’une flèche le mois de juin 1941 et celui de novembre 1944. La raison en est que, selon la légende, Adolf Hitler aurait donné vers juin 1941 l’ordre d’exterminer les juifs et Heinrich Himmler aurait, en novembre 1944, ordonné l’arrêt de cette extermination [2]. Il suffit d’un simple coup d’œil à ces graphiques pour se rendre compte que les faits démentent la légende. A moins, bien sûr, qu’on ne veuille nous faire croire que les responsables du camp de Dachau se sont ingéniés à désobéir d’abord à Adolf Hitler, puis à Heinrich Himmler et ont voulu prendre le contre-pied des ordres reçus, des ordres dont, il faut le rappeler, on n’a jamais trouvé trace. 

Un document américain qui, aux Archives nationales des États-Unis, accompagne le document que nous avons utilisé pour l’établissement du second graphique, prouve que dans les dix-sept premiers jours du mois de mai 1945, les troupes américaines ayant pris le commandement du camp, il est mort 1.588 détenus, c’est-à-dire plus de détenus qu’il n’en est mort pendant toute l’année 1943 du temps de la présence allemande (1.100 décès en 365 jours). Ce fait, à lui seul, illustre combien des horreurs que l’on serait tenté de mettre au compte de l’un ou de l’autre des belligérants sont surtout à porter au compte de la guerre et des fléaux qui l’accompagnent : épidémies, famine...

A Dachau, les Américains ont aussi découvert des détenus en bonne santé que la presse mondiale s’est, en général, abstenue de montrer (pièces n° 3, 4 et 5). 

La photo des juives hongroises et de leurs poupons (pièce n° 3) n’a, à notre connaissance, jamais été publiée. Elle tend à prouver, en dépit de la légende dont l’affuble la propagande de l’époque, que l’extermination des juifs en général et des femmes et des enfants en particulier est pour le moins douteuse.

Les Archives nationales des États-Unis (Record Group 238, VII US Army, Signal Corps) accompagnent cette photo de la légende suivante :

Photo n° 205488 : Quand les Allemands commencèrent à retraiter de Hongrie, ils emmenèrent avec eux beaucoup de gens pour aller travailler dans les usines allemandes. Les sections de travail forcé comprenaient beaucoup de femmes juives – dont certaines étaient enceintes. Au début ces femmes enceintes étaient contraintes à l’avortement mais, dans les derniers mois, on autorisa les mères à garder leurs enfants. On voit ici un groupe de juives hongroises : des mères avec leurs enfants. Dachau, Allemagne, 13 juin 1945.

Les photos n° 4 et 5 représentent des prisonniers acclamant leurs libérateurs de la VIIe armée américaine à leur entrée dans le camp de concentration de Dachau, le 13 avril 1945. La photo n° 4 a déjà été publiée ; la photo n° 5 est inédite.

1er août 1990
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[Publié dans la RHR, n° 2, août-octobre 1990, p. 147-150.]

[1] Howard A. Buechner, Dachau. The Hour of the Avenger... ; compte rendu par Jessie Aitken, « Dachau. L’Heure du Vengeur », Annales d'histoire révisionnistes n° 2, Eté 1987, p. 27-29. 
[2] En réalité, comme cet ordre n'a jamais existé, les historiens exterminationnistes ont proposé bien d'autres dates, sur une période de... deux ans ! Celle de l'été 1941 ou de juin 1941 est la plus courante.








Le « protocole secret » germano-soviétique et le Tribunal militaire international de Nuremberg


On appelle « protocole secret » ou « protocole additionnel secret » ou « pacte secret » un protocole annexe au pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS signé à Moscou le 23 août 1939 par Ribbentrop et Molotov [1]

Aux termes de ce protocole, l’Allemagne et l’URSS se partageaient Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Bessarabie en « sphères d’intérêts ». 

Toujours à Moscou, le 23 septembre 1939, soit exactement un mois plus tard, Ribbentrop et Molotov signaient un « protocole additionnel secret » prévoyant notamment que la Lituanie qui, un mois plus tôt, avait été cédée à la « sphère d’intérêts » de l’Allemagne, serait cédée à la « sphère d’intérêts » de l’URSS.

Encore à Moscou, le 10 janvier 1941, le comte von der Schulenburg et Molotov signaient un « protocole secret » accordant à l’URSS la partie de la Lituanie accordée à l’Allemagne le 23 septembre 1939, et cela pour la somme de sept millions et demi de dollars-or payables notamment par la livraison à l’Allemagne de métaux non-ferreux [qui permettront de faire la guerre au Royaume Uni].

Tous ces protocoles secrets étaient connus du DAlfred Seidl, avocat de Rudolf Hess et de Hans Frank devant le Tribunal militaire international de Nuremberg. Le DSeidl multiplia les efforts pour produire ces documents, surtout celui du 23 août 1939. Il se heurta au refus du Tribunal qui, après en avoir délibéré, renouvela son refus. Prétexte fut pris par Lord Justice Lawrence de ce que l’avocat allemand n’avait pas consenti à révéler le nom d’un « allié » qui lui avait remis copie du document en question.

Le paradoxe est que le Tribunal autorisa la production et l’utilisation du pacte de non-agression lui-même pour prouver que l’Allemagne avait agressé l’Union soviétique [2] !


On a donc là un exemple de falsification délibérée de l’histoire par refus de laisser produire des documents accablants pour l’Union soviétique et ses alliés. 

D’une manière générale, dans son « jugement », où on le voit faire l’historique de la seconde guerre mondiale, le Tribunal passe sous silence toutes les agressions, occupations de territoires ou annexions dues aux Alliés et, en particulier, à l’Union soviétique.

1er août 1990
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[Publié dans la RHR n° 2, août-octobre 1990, p. 145-146.]




[1] Voy. Le Monde, 1er août 1989, p. 5. 
[2] Références : TMI, III, p. 339 ; V, p. 10-11 ; X, p. 13-15 et 326-329 ; XI, p. 612-614 ; XIV, p. 299-303 ; XXXIX, p. 559.