Wednesday, March 7, 1990

Lettre à Olivier Mathieu (et, s’il le veut, à ses avocats)

Cher ami, 
Votre adversaire parle de « faits historiques faisant pourtant l’objet d’un consensus au sein de toutes les nations ». 
Il est probable qu’il entend par le mot de « consensus » ce que les Latins appelaient le consensus omnium, c’est-à-dire le consentement universel. C’est en appeler à la voix publique. 
Il faudrait d’abord prouver qu’il existe un tel consentement par toute la terre et que, d’une seule voix, les peuples du monde libéral, du monde arabo-musulman, du monde africain, du monde asiatique, du monde communiste proclament que Hitler a utilisé des chambres à gaz pour tuer des juifs. Soit ! 
Ensuite, il faudrait prouver que, parce que tout le monde le dit, tout le monde le pense (et le pense pour y avoir réfléchi). Soit ! Puis, il conviendrait de démontrer que, parce que tout le monde le dit et le pense, c’est exact (j’éviterais le mot de « vrai », qui est galvaudé).
Pas un seul État n’a jusqu’ici érigé en loi qu’il fallait croire à ces chambres, pas même dans les pays où il arrive à la justice de condamner des gens qui disent qu’ils ne croient pas aux dites chambres à gaz. Ces gens-là, soit dit enpassant, sont des preuves vivantes de ce que le consensus omnium est une fiction. Même en RFA, il n’existe pas de loi en ce sens. La loi dite du « mensonge d’Auschwitz » (15 juin 1985) ne parle ni de génocide, ni de chambres à gaz, ni d’Auschwitz ; elle sanctionne « l’atteinte à la mémoire des morts» lorsque le mort a été la «victime d’un gouvernement de violence et d’arbitraire national-socialiste ou autre» et elle permet – c’est là la véritable innovation – une assignation directe par le ministère public sans qu’aucun individu ou aucune association ait à porter plainte. Cette loi a des côtés inavouables : elle est faite 1) pour réprimer les révisionnistes ; 2) pour éviter aux juifs d’apparaître comme de constants accusateurs et de dépenser leur propre argent. Dans cette loi (article 194 du code pénal, nouvelle mouture), ni les révisionnistes (les vraies victimes), ni les juifs (les vrais bénéficiaires) ne sont nommés.
Les révisionnistes ne sont jamais condamnés pour le vrai motif mais pour des motifs d’emprunt ou de circonstance : injure raciale, dommage à autrui, apologie de crimes, propagation de fausses nouvelles, cruauté mentale... s’ils tombent sous le coup de la loi, ce n’est pas directement, mais indirectement. (Je suppose que, de 1550 à 1650, quand on a condamné tant d’hommes et de femmes parce qu’ils avaient « commerce avec le diable », c’était aussi au nom de lois qui ne réprimaient pas, expressis verbis, le « commerce avec le diable »).

Mais vous sentez bien que ces considérations et bien d’autres considérations touchant à la loi, au droit, aux principes, aux belles idées, n’auraient aucune portée aussi longtemps qu’elles s’adresseraient à des magistrats qui, dans leur tête, dans leur cœur, dans leur « âme », persisteraient à croire aux magiques chambres à gaz. Ce qu’il faut, c’est briser ou endommager le joujou magique. Il faut les conduire à douter de ce joujou. Alors, et alors seulement, ils vous écouteront. Ils sont obnubilés, sidérés, offusqués. Ils sont sourds. Ouvrez-leur les yeux et les oreilles. Dites-leur que le roi est nu et que les chambres à gaz n’ont pas existé. Ils se débattront d’abord. Ils protesteront. Ils pousseront l’audace jusqu’à dire que c’est un sujet d’histoire et qu’ils ne sont pas compétents en matière d’histoire. C’est le faux-fuyant habituel. Les avocats aiment à faire chorus. Ce sont là des réactions dictées par la peur de l’inconnu et par l’amour des habitudes. Ce sont des réactions de paresse intellectuelle.

Il faut être brutal. Vous devez leur secouer les puces. Ils ont besoin d’un happening. Mais soyez habile. Prenez-les à revers. Dites-leur : vous avez raison. Il y a un consensus. Ce consensus date de 1945 et du Tribunal militaire international de Nuremberg. Eh bien, précisément, parce qu’il y avait un consensus dès cette époque, on s’est dispensé alors d’apporter la preuve de l’existence des chambres à gaz. C’est le moment de réciter à ces juges les stupéfiants articles 19 et 21 du statut du TMI et, pour couronner cela, de leur rappeler le double aveu de Serge Klarsfeld, dans VSD et dans Le Monde Juif. Cela donne :

TMI, article 19 : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques, relatives à l’administration des preuves [...]. »

TMI, article 21 : « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis [...].»

Klarsfeld : « [En 1986, pour l’existence des chambres à gaz, il n’y avait pas encore de vraies preuves.] Il y avait des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissonniens [...]. »

Klarsfeld encore : « Il est évident que dans les années quiont suivi 1945 les aspects techniques des chambres à gaz ont été un sujet négligé parce que personne alors n’imaginait qu’un jour on aurait à prouver leur existence. »

Puis, vous mettrez au défi les magistrats de réclamer à votre adversaire ce que tout tribunal exige pour le moindre des assassinats : une expertise de l’arme du crime, établissant que tel local aujourd’hui à l’état originel (Struthof, Mauthausen, Auschwitz-I, Majdanek) ou à l’état de ruines (Auschwitz-II ou Birkenau) a bien été un abattoir chimique, et un rapport d’autopsie établissant que tel parmi des milliers de cadavres autopsiés à partir de la fin 1943 (début en URSS des procès pour « gazages ») a bien été le cadavre d’une personne tuée par gaz-poison.

Quand on demandera des preuves à votre adversaire, il ne faudra pas qu’ils répondent par des témoignages ou des aveux, car la justice a besoin d’abord de preuves, aussi matérielles que possible, et de témoignages, ensuite, éventuellement.

Vous, vous apportez le « rapport Leuchter ». 

Et, en face, qu’apporte-t-on ? 

Le gros livre récemment publié en anglais par Jean-Claude Pressac (et Serge Klarsfeld), c’est la montagne qui accouche d’une souris. Ce livre apporte mille preuves de ce qu’il a existé un camp, celui d’Auschwitz, avec crématoires, fours, chambres à gaz de désinfection, Zyklon, installations de toutes sortes mais il ne fournit pas une seule preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide. Klarsfeld voulait nous faire croire que pendant quarante-cinq ans, ou peu s’en faut, on n’avait pas encore trouvé de « vraies preuves » mais seulement des « débuts de preuves » et puis que, soudain, J.-C. Pressac avait découvert dans un fond de tiroir un document qui, à ses yeux, était la preuve d’un gigantesque massacre. C’est idiot. 

Sarfatti vous accuse. C’est à lui de fournir des preuves de ce qu’il avance. Il ne faut pas inverser les rôles. 

Empressez-vous de rectifier l’image que les juges peuvent avoir des photos choisies par les Alliés en 1945; il s’agit de photos de victimes des épidémies de typhus, de dysenterie, etc. : soit des morts, soit des mourants, soit des malades. C’est du « Timisoara » 1945.

Et puis, comment Sarfatti peut-il expliquer qu’en 1988, soit quarante-trois ans après la fin de la guerre, Arno J. Mayer, juif, professeur d’histoire à Princeton, ait pu admettre que « les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses » et que « [les] témoignages doivent être scrutés avec soin, vu qu’ils peuvent avoir été influencés par des facteurs d’une grande complexité ».

Si votre procès a lieu, il est indispensable que je puisse venir témoigner en votre faveur. Je viendrai avec le livre de Pressac, notamment, et on s’amusera. 

Vous serez condamné parce que la Belgique fait partie des territoires occupés et qu’elle a tout de même une belle tradition de bassesse dans la répression des hérétiques de votre espèce. Mais vous vous serez battu.

Comptez sur moi tant que je serai en vie (il n’y en a probablement plus pour longtemps) et tant que vous garderez la tête haute et n’accepterez pas d’entrer dans le jeu des pleutres et des paresseux.

Bien à vous.

P. S. : Attention au piège des mots ! Nous ne nions pas l’existence des chambres à gaz mais nous affirmons, avec des preuves et des raisons, que ces chambres à gaz n’ont pas existé. A l’exemple de l’esprit de la Renaissance, l’esprit du Révisionnisme est perçu comme négateur parce qu’il est en fait positif et « positiviste ».

7 mars 1990

Sunday, March 4, 1990

Lettre à Daniel Vernet, "Le Monde"

A publier
[Cette lettre a été envoyée avant la parution, je suppose, du Monde diplomatique de mars ou à peu près au même moment. NdA]

Monsieur, 

Pour des raisons qu’il me paraît inutile de préciser, il devient indispensable de ne pas exagérer l’estimation des pertes juives durant la seconde guerre mondiale. Dans votre numéro du 28 février (p. 3), vous affirmez que, dans le camp de Majdanek, près de Lublin, « les nazis ont exterminé près d’un demi-million de Juifs ». Or, Raul Hilberg, dans La Destruction des Juifs d’Europe (Fayard, 1988), évalue le nombre total des morts juives dans ce camp à cinquante mille (p. 774 et 1045). Dans votre numéro daté du 4-5 mars (p. 2), Thomas Schreiber affirme que les juifs de Hongrie auraient compté « six cent dix-huit mille déportés et tués ». Or, Raul Hilberg évalue le nombre total des morts juives, déportés et non déportés compris, à « plus de cent quatre-vingt mille » pour la Hongrie proprement dite (et à deux cent soixante-dix mille pour la Roumanie) (p. 1046).

Les exagérations du style « Timisoara » doivent être évitées à tout prix.

4 mars 1990

Tuesday, February 27, 1990

Lettre à Ernst Nolte

Cher Collègue, 
J’espère que vous avez bien reçu ma lettre du 4 février. Je vous confirme mon jugement du livre de Pressac. J’ajoute que j’en connaissais déjà tous les documents, à l’exception de quelques-uns qui ne sont que des « frères » de ceux que je connaissais. 

J’ai lu votre article de Junge Freiheit de ce mois. 

Je me permets de vous signaler qu’il n’a jamais existé d’expertise des «chambres à gaz» par les Polonais ou les Soviétiques. Ainsi que je le rappelais dans ma Réponse à Pierre Vidal-Naquet publiée en 1982, ce que le juge d’instruction Jan Sehn a ordonné, c’est une expertise de six pièces de zinc dont il affirme qu’elles provenaient du Leichenkeller-1 du Krema-II (la fameuse « chambre à gaz » en sous-sol !!!) et vingt-cinq kilos et demi de cheveux (avec quelques barrettes, une paire de lunettes, etc.). Comme vous le verrez par la photocopie que je vous envoie ci-joint, l’expertise avait été rédigée [en polonais] le 15 décembre 1945 par le Dr Jan Z. Robel, directeur de l’Institut d’expertises judiciaires, 7, rue Copernic, à Cracovie. Si vous le désirez, je peux vous envoyer copie d’une traduction en français de cette expertise qui signale la présence de restes d’acide cyanhydrique (cyanures). Rien d’étonnant à cela. Ce qui est remarquable, c’est précisément l’absence de toute expertise de l’arme du crime de la part d’un... institut d’expertises judiciaires. Une « chambre à gaz » en sous-sol, c’est tellement inepte que même un fanatique comme Jan Sehn ou un menteur comme Davidowski devaient s’en rendre compte. Le fameux toxicologue français Truffert avait eu un haut-le-corps quand je lui avais montré le plan et la situation de cette prétendue «chambre à gaz». 

Je vous trouve imprudent de mentionner le livre de Pressac sans l’avoir lu. Cher collègue, je travaille depuis tant d’années sur ce sujet que vous devez bien vous douter que je le connais assez bien et qu’il serait, par exemple, peu vraisemblable qu’un document important m’ait échappé. Je vous fais une proposition : bien que débordé de travail et de soucis, je m’engage à répondre à vos consultations. Je ne pourrai certes pas vous envoyer beaucoup de documents parce que je n’en ai pas le temps mais demandez-moi seulement de vous donner brièvement mon avis. Cela ne vous engage à rien. 

Les condamnations et les violences pleuvent. Ma santé est mauvaise. Mais je me battrai jusqu’à mon dernier souffle, jusqu’en janvier 1994. J’arrêterai alors, si je suis encore en vie, ce dont je doute fortement. Ihr ergebener.

27 février 1990

Thursday, February 15, 1990

Mon ami Ernst Zündel


Mon ami Ernst Zündel vient d’être définitivement condamné à neuf mois de prison parce qu’il a, sur le prétendu Holocauste des juifs et sur les prétendues chambres à gaz homicides du IIIe Reich, exactement la même opinion que moi. 
Je considère donc que je viens en quelque sorte d’être moi aussi condamné à neuf mois de prison pour « délit d’opinion ». J’ai assisté mon ami tout au long de ses différents procès. Jamais, depuis 1945, les révisionnistes n’ont à ce point accumulé devant des tribunaux une masse aussi impressionnante de preuves de ce que nous avons raison et de ce que les tenants de l’histoire officielle ont tort. Le « rapport Leuchter » constitue l’une de ces preuves mais il y en a bien d’autres. C’est précisément parce que nous avons trop raison que les gens en place prennent peur devant les énormes conséquences du révisionnisme et c’est cette peur qui leur dicte des condamnations comme celle d’Ernst Zündel par des magistrats canadiens.

Le Canada se ridiculise et se déshonore. Ce que la reine d’Angleterre permet en Angleterre, elle l’interdit au Canada. Je m’explique. E. Zündel s’était contenté de diffuser en 1981 une brochure imprimée et librement diffusée en Angleterre dès 1975 : Did Six Million Really Die ? et signée Richard Harwood (nom de plume d’un citoyen britannique). Jamais la Justice anglaise, en la personne de la reine Elizabeth, n’a poursuivi l’auteur de cette brochure. En revanche, la Justice canadienne, en la personne d’« Elizabeth Regina », a poursuivi, jugé, condamné et emprisonné E. Zündel, simple diffuseur d’un écrit autorisé en Angleterre depuis quinze ans. Dans la salle du tribunal de Toronto, il y avait, au-dessus de la tête du juge, le blason de la reine d’Angleterre avec les formules françaises bien connues : « Honi soit qui mal y pense » [sic] et « Dieu et mon droit ». Le procureur était appelé « The Crown » (la Couronne). Les témoins recevaient une convocation lancée par « Elizabeth Regina ». Je suis donc en droit d’affirmer que, ce que la reine d’Angleterre autorise en son royaume, elle le refuse en son dominion. Une liberté accordée à Londres est refusée à Toronto, et cela par la même personne. Voilà une absurdité parmi cent autres où conduit la défense frénétique d’un mensonge.

Les juges canadiens ont osé soutenir qu’en condamnant E. Zündel ils ne condamnaient pas une opinion mais... un acte : l’acte de propager une information que l’on sait être fausse. La Justice canadienne qui n’a pas froid aux yeux, tranche de tout en histoire, en psychologie et en sociologie. En histoire, elle a décrété souverainement que l’Holocauste des juifs a existé. En psychologie, elle a sondé le cœur et les reins d’E. Zündel et découvert, sans l’ombre d’une hésitation que ce dernier, sait qu’il ment quand il dit que ledit Holocauste n’a pas existé. En sociologie, elle a prononcé, sans aucune enquête préalable, que ce prétendu mensonge d’E. Zündel trouble ou est de nature à troubler l’harmonie raciale et sociale du Canada tout entier. 

Les juges de la cour d’appel (Justices Brooke, Morden et Galligan) se sont livrés dans leur arrêt à de stupéfiantes attaques contre Douglas Christie, l’intrépide avocat de l’accusé. On cherche manifestement à intimider tout avocat qui se porterait à la défense d’un révisionniste ou de tout autre tenant d’une vue impopulaire. Nous devons manifester notre réprobation par des manifestations, des lettres, des appels téléphoniques auprès des ambassades du Canada, des consulats, des médias, des instances judiciaires canadiennes et, en particulier, par l’envoi de lettres au :

                      Judicial Council in Canada 
                      Room 450 112, Kent Street
                      Ottawa, Ontario K1A 0W8 (Canada)

En plus de l’action ci-dessus, je recommande une autre action dont j’ai eu l’occasion de remarquer qu’elle embarrasse les autorités canadiennes ou les simples citoyens du Canada. Je leur écris la lettre suivante :

J’ai entendu dire que, dans votre pays, on risque d’aller en prison si on rend public son doute sur l’Holocauste des juifs et sur les chambres à gaz ou, plus simplement, si on se contente de poser la question suivante : Est-il vraiment mort six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale ?

Je me permets de vous demander respectueusement si ce que j’ai entendu dire là est vrai ou non.

Veuillez, je vous prie, trouver ci-joint une enveloppe à mon nom pour votre réponse. 

Actuellement le développement rapide du révisionnisme provoque une tétanisation de l’adversaire. Si la répression s’accroît, c’est le signe que nous sommes en train de gagner. Nul n’a fait plus qu’Ernst Zündel et Douglas Christie pour la défense de quelques-unes de nos libertés. Nous leur devons notre aide.

15 février 1990

Tuesday, February 6, 1990

Révisionnistes en prison


En Suède, Ahmed Rami, directeur de Radio Islam, vient d’être condamné à six mois de prison pour cause de révisionnisme et sa station de radio a été fermée. Déjà, en 1982, le révisionniste Ditlieb Felderer avait fait six mois de prison à la suite d’une condamnation prononcée par un tribunal de Stockholm.

En Autriche, le Dr Herbert Schweiger vient d’être condamné à un an de prison, au terme d’un procès expéditif, pour avoir dit que les chambres à gaz n’ont pas existé ; il avait déjà fait trois mois de prison préventive. 

Au Canada, Ernst Zündel vient d’entrer en prison (le 5 février) pour y accomplir une peine de neuf mois d’emprisonnement. Le tribunal de Toronto lui reproche d’avoir diffusé une brochure en anglais dont le titre signifie : « En est-il vraiment mort six millions ? ». Cette brochure, écrite par un Anglais et imprimée en Angleterre depuis 1974, n’a fait dans ce pays l’objet d’aucune poursuite du fait de la justice anglaise qui, comme on le sait, est représentée par « Elisabeth Regina ». Pourtant, au Canada, c’est au nom même d’« Elisabeth Regina » qu’Ernst Zündel a été poursuivi et condamné. La salle du tribunal était décorée aux armes de la reine d’Angleterre et le procureur était appelé « The Crown » (la Couronne). Ce que la reine permet en Angleterre, elle ne le tolère pas dans son dominion du Canada.

En Espagne, il en va autrement. Tuvia Friedmann avait porté plainte contre Léon Degrelle parce que celui-ci avait mis en doute l’existence des chambres à gaz. Elle a perdu son procès en première instance, en appel et, récemment (décision du 5 décembre 1989), devant le Tribunal suprême.

En France, les révisionnistes ont fini par avoir gain de cause devant les tribunaux et, comme vient de l’admettre La Lettre télégraphique juive (20 décembre 1989), « la négation de la Shoa n’est plus punie par la loi ».

6 février 1990

Monday, December 11, 1989

Identités successives du ghetto-boy, de 1960 à 1982 :


1. David Rabinovitch, Paris-Match, 23 avril 1960, p. 22 ; il serait mort ; 
2. David X..., in programme du cinéma bruxellois « Arenberg » (17 mars 1961) pour le film Opération Eichmann ; présenté comme devant témoigner au procès Eichmann (1961) ; 
3. Arthur ou Artek Chimiontek ou Chmontiak, Le Soir (de Bruxelles), 4 août 1978 ; il serait mort en déportation ; il est parfois appelé, à tort, à mon avis, Arthur Domb (nom de sa tante) ; 
4. Anonyme (plus tard, se révélant être Israël ou Izzy Rondel), The Jewish Chronicle, 11 août 1978, p. 1-2. Il vivrait à Londres ; 
5. Dr [Tsvi C.] Nussbaum, The New York Times, 28 mai 1982, p. B1-B2. Il est aujourd’hui oto-rhino-laryngologiste à Rockland, N.Y.

11 décembre 1989

Friday, December 1, 1989

Agressé en septembre, le professeur Faurisson persiste : « Pour me faire taire, il faudra me tuer »


Vichy, novembre 1989. Victime d’une agression d’une violence inouïe le 16 septembre dernier, le professeur Faurisson est en convalescence, mais poursuit avec toujours autant de minutie ses recherches historiques. La récente édition de « l’intégrale » des journaux d’Anne Frank lui en fournit la matière. Il nous reçoit chez lui.

Le Choc du mois : L’agression dont vous avez été victime est la sixième en onze ans. Quel est votre état d’esprit ? 
Robert Faurisson : Mon état d’esprit est celui d’un homme qui a échappé de peu au lynchage. Mon état physique reste médiocre et j’aurai à subir une opération chirurgicale complémentaire, à la jambe droite. Parmi les révisionnistes, je ne suis pas le plus mal loti. François Duprat a été assassiné ; son assassinat a été revendiqué par un « commando du Souvenir » et un groupe révolutionnaire juif, puis ce crime a été justifié par Patrice Chairoff, en fait Dominique Calzi, un ami du couple Klarsfeld [1]. Michel Caignet a été vitriolé par le juif Yves Aziza que l’on a laissé s’enfuir. Notre Institut d’histoire révisionniste de Los Angeles a été détruit de fond en comble par un incendie volontaire en juillet 1984 et, le lendemain, des juifs sont venus danser sur les ruines.

Ceux qui m’ont agressé et qui, sans l’arrivée de trois pêcheurs, m’auraient achevé à coups de pied dans la tête, n’avaient-ils pas un rapport avec les milices juives chères à M. Joxe ? Je vous rappelle à ce propos la déclaration de Mme Françoise Castro, épouse de Laurent Fabius : « Extraordinaire nouveauté dans le comportement politique, la gauche a permis à des milices juives de s’installer dans des quartiers à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, à Strasbourg [et d’avoir] des contacts réguliers avec le ministre de l’Intérieur [2]. »

J’ai vu ces milices à l’œuvre en décembre 1987 à la Sorbonne lors d’un colloque antirévisionniste où Simone Veil nous avait traités de « clowns » et Pierre Vidal-Naquet d’« excréments ». Ces jeunes juifs se promenaient en bandes sous les yeux de la police. Dix d’entre eux ont « massacré » un jeune de vingt ans, à coups de pied, rue Saint-Jacques. Pierre Guillaume, Michel Sergent et moi-même, nous avons été attaqués par un autre groupe. Un appariteur a saisi l’un de nos agresseurs. Le responsable des appariteurs a refusé de nous donner le nom de l’agresseur et l’a fait relâcher cependant qu’il m’empoignait par le manteau et me jetait manu militari hors de la Sorbonne. Aucune suite ni policière, ni judiciaire. 

Dans les cas que je connais de crime ou de délit commis par des agresseurs juifs dans de telles circonstances, il n’y a jamais eu de véritables suites policières ou judiciaires, même quand les auteurs étaient connus.

Un cas particulièrement révoltant est celui d’un membre de l’INSERM, âgé d’environ soixante ans – j’ai moi aussi soixante ans –, et qui, grièvement blessé par un collègue pour cause de révisionnisme, a vu son affaire se clore sur un non-lieu.

Mon agression du 16 septembre 1989 est la sixième depuis le 20 novembre 1978 à l’université Lyon-II : deux agressions à Lyon, deux à Paris et deux à Vichy. 

(Le professeur Faurisson, le jour même de notre entretien, venait d’échapper à une menace d’agression dans une librairie vichyssoise. Nous avons obtenu confirmation sur place, NDLR.)

Choc : Vous n’êtes donc pas surpris ?
R.F. : Nullement. Nous autres révisionnistes, nous avons toujours pensé que notre engagement était celui d’une aventure intellectuelle avec les risques de toute nature que cela comporte. J’ai souvent déclaré : « Je suis optimiste pour le révisionnisme ; je suis pessimiste pour les révisionnistes. » Il est trop tard pour arrêter le révisionnisme, qui a acquis l’élan et la force d’un mouvement naturel. Mais ceux qui sont en première ligne vont le payer cher.

– Arrêt de mort –

Choc : Qui mettez-vous en cause ?
R.F. : Je ne peux pas vous le révéler. Je peux seulement vous dire que ma première pensée est allée à un jeune homme que, la veille de l’attentat perpétré contre moi, j’ai eu la surprise d’apercevoir dans mon quartier, le long du parc. Le 12 juillet 1987, celui-ci m’avait violemment frappé au Sporting Club de Vichy. 

Je voudrais surtout insister sur la responsabilité intellectuelle du couple Klarsfeld. Exemple : en 1978, Serge Klarsfeld voulait obtenir le jugement de Kurt Lischka par le tribunal de Cologne. Je cite Le Monde : « Et si le tribunal de Cologne refuse de juger Lischka ? Me Klarsfeld répond sans détour : "Ce serait en quelque sorte signer son arrêt de mort.” [3] » 

Voici quelques extraits du Chicago Tribune (29 juin 1986) qui donnent une idée des moyens auxquels les Klarsfeld envisagent de recourir lorsqu’il se sentent dans leur bon droit :

Beate Klarsfeld raconte comment elle a harcelé au moins trois anciens nazis jusqu’à ce qu’ils se suicident ou meurent ; comment elle a organisé, dans d’autres cas, des tentatives d’enlèvement [...] ; un jour, avec des amis, elle a cherché à kidnapper Kurt Lischka ; [...] Ernst Ehlers [...] harassé par des manifestations que les Klarsfeld organisaient devant sa maison, démissionna d’abord de son emploi, puis se suicida. [...] Quant à Walter Rauch, nous fîmes le siège de sa maison. Quelques fenêtres furent brisées. Nous le bousculâmes dans la rue, dit Klarsfeld. Il est mort quelques mois plus tard. J’en fus heureux parce que, aussi longtemps que vivent ces gens, ils sont une offense à leurs victimes [...]. Un jour, mon mari, dit Beate, mit un pistolet sur la tempe de Rauch, juste pour lui montrer qu’il pouvait le tuer mais il n’appuya pas sur la détente.

Dans Life, Klarsfeld confie qu’en 1982 il avait loué les services d’un spadassin pour assassiner Barbie ; il s’agissait d’un socialiste bolivien, d’origine indienne, se faisant appeler Juan Carlos [4]. Quant à Alois Brunner, réfugié en Syrie et affreusement mutilé par des lettres explosives, « l’éventualité d’envoyer quelqu’un pour le liquider n’est pas exclue ». Pour ce qui est de Le Pen : « Personne ne s’est vraiment mobilisé contre Le Pen. Il aurait fallu provoquer des affrontements pour [...] qu’il aille jusqu’au bout de ses positions extrémistes [5]. » Depuis le 14 mars 1989, Serge Klarsfeld est officier de l’Ordre national du Mérite.

Choc : Ne pensez-vous pas que, s’ils avaient réellement voulu vous tuer, vos agresseurs l’auraient fait d’une façon plus discrète et efficace ?
R.F. : Cela, c’est pour l’avenir. Le 16 septembre, mes agresseurs ont reçu pour mission de me « corriger » publiquement quitte à me laisser sur le carreau. Il leur importait peu de savoir si je n’étais pas, par hasard, cardiaque ou diabétique ; les coups de pied m’ont été administrés à toute force, sans aucune retenue, je vous prie de le croire. C’est la méthode pratiquée couramment en Palestine. C’est le procédé biblique de la lapidation. Bien malin qui peut dire quelle est la pierre ou quel est le coup de pied qui a achevé la victime. L’avantage tient à ce que, en cas d’arrestation et de jugement, l’affaire pourra aller en correctionnelle pour coups et blessures et non aux assises pour tentative d’assassinat. Le message publié par lAFP était là pour faire croire à une simple intention de « corriger le négateur Faurisson ».

– Dialogue impossible –

Choc : Ne craignez-vous pas que ce genre de pratiques n’aille en s’amplifiant ?
R.F. : Il ira en s’amplifiant à cause du rôle criminel de la grande presse et parce que certains milieux juifs s’affolent des progrès du révisionnisme. 

Lorsque la communauté juive s’apercevra qu’elle a ajouté foi à d’abominables inventions, qu’on dirait recyclées des horreurs de l’Ancien Testament, elle criera plus que jamais à la persécution contre elle et elle exigera la persécution tous azimuts des révisionnistes. Les responsables des organisations juives ne préconiseront peut-être pas la violence physique, comme le font les Klarsfeld ou tel conseiller d’ambassade israélien, mais il est aisé d’échauffer les esprits, et de susciter l’action de justiciers.

Choc : Peut-on imaginer que ces violences, tant physiques que verbales, s’estomperaient si une confrontation entre vous et des intellectuels juifs avait lieu ? 
R.F. : Voilà longtemps que nous proposons un débat public à des gens qui, de leur côté, nous proposent, au choix, le tribunal, la prison, l’asile, l’hôpital ou la morgue. Nos contradicteurs, eux, refusent tout débat avec les sous-hommes ou les non-personnes que nous sommes à leurs yeux. Voyez dans les AHR « Les révisionnistes proposent un débat public » [6]. La position de Vidal-Naquet a toujours été : « On doit discuter sur les révisionnistes... on ne discute pas avec les révisionnistes [7]. »

Les seules confrontations possibles ont eu lieu lors d’un débat télévisé à Lugano en 1979 (télévision suisse italienne), qui a tourné à la complète déconfiture des représentants de l’orthodoxie holocaustique, et lors des procès qui nous ont été intentés à Paris ou à Toronto. A Toronto, d’abord en 1985, puis en 1988, à l’occasion de deux procès intentés par la communauté juive à Ernst Zündel, la débâcle des témoins et des experts de l’accusation a pris des proportions spectaculaires. Le témoin numéro un, Rudolf Vrba, et l’expert mondial numéro un, l’historien Raul Hilberg, ont été confondus. Il faut dire qu’ils ne s’attendaient pas à rencontrer des arguments d’ordre physique, chimique, topographique, architectural et documentaire. En 1988, l’ingénieur américain Fred Leuchter, appelé par les révisionnistes, a pu prouver qu’il n’avait jamais existé de chambres à gaz homicides à Auschwitz, Birkenau et Majdanek. L’expertise de ce spécialiste des chambres à gaz américaines et l’analyse des échantillons prélevés sur place sont irréfutables. Nos adversaires le savent bien.

– Simone Veil dans la nasse –

C h o c : Croiriez-vous à un complot juif ?
R.F . : Non. J’ai toujours qualifié d’infantile cette idée d’un complot. Et je ne crois pas non plus à un complot antijuif. Il y a des croyances. Rien n’est plus difficile à combattre qu’une croyance. J’estime, en revanche qu’il existe un terrorisme juif ; il est « gémissant » ; les gémissements couvrent le bruit des coups et les cris des victimes.

C h o c : Etes-vous antijuif ?
R.F. : Est antijuif celui qui hait les juifs et qui est haï par les juifs. Je ne les hais pas, mais je dois malheureusement admettre que je suis haï par la communauté juive dans son ensemble, qui ne se gêne pas, d’ailleurs, pour me le faire savoir de toutes les façons possibles. Je suis, dans mon pays, traité en Palestinien. Aussi mes écrits sont-ils mes pierres, mon Intifada. Je témoignerai devant les tribunaux en faveur de Claude Autant-Lara et je révélerai pourquoi Simone Veil ne pouvait pas porter plainte contre lui. La presse a brodé sur le thème du danger que représentait mon agression... pour la communauté juive et sur ce nouveau malheur, dont celle-ci se serait bien passée. Pierre Joxe a réagi en créant au ministère de l’Intérieur « une nouvelle cellule chargée de lutter contre le racisme et l’antisémitisme » [8].

Choc Qu’est-ce qui vous a conduit à vous lancer dans cette aventure et pourquoi persistez-vous ?
R . F . : La curiosité m’a conduit à étudier les prouesses de la magique chambre à gaz. Quand j’ai découvert l’imposture des prétendues chambres à gaz et du prétendu génocide, j’ai estimé que je me devais de dénoncer cette calomnie qui permet à de nombreux juifs d’accuser la terre entière ; pour eux, il y a eu, pendant la seconde guerre mondiale, d’un côté, les juifs et, de l’autre, tous les responsables du monde entier : Hitler les a massacrés et les autres responsables ont été complices par le silence et l’inaction (Roosevelt, Churchill, Staline, Pie XII, le Comité international de la Croix-Rouge, etc.). J’ai pensé : « Comme le roi est nu, je vais le dire. » J’ai décidé :  « J’appellerai un chat un chat, et Élie Wiesel un fripon. » J’ai mis mes actes en conformité avec mes pensées. C’était en quelque sorte pour moi un devoir civique. Plus on a cherché à me faire taire, plus je me suis débattu, avec mes faibles moyens. Pour reprendre la formule de Pierre Guillaume, je vous assure que les chambres à gaz ne sont pas indispensables à mon bonheur. En revanche, je constate malheureusement qu’elles sont indispensables au bonheur de beaucoup de juifs et au récit de leurs malheurs. Pour me faire taire, il faudra me tuer. Une foule de révisionnistes, en France et à l’étranger, prendra alors la relève.

Propos recueillis par Christian Ville 

[Publié dans Le Choc du mois, décembre 1989, p. 42-43.]


Notes

[1] Voy. Le Monde, 23 mars 1978, p. 7 et 26 avril 1978, p. 9. 
[2] Le Monde, 7 mars 1986, p. 8.
[3] Le Monde, 24 juillet 1978, p. 4.
[4] Life, février 1985, p. 65. 
[5] Le Soir [de Bruxelles], d’après Rivarol, 1er juillet 1988, p. 5.
[6] Annales d'histoire révisionniste, printemps 1988, p. 9-24. Ce texte est reproduit dans le  volume II des Ecrits révisionnistes (1974-1998) à la page 733.
[7] P. Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987, p. 10.
[8] Le Monde, 6 octobre 1989, p. 15.