Thursday, December 26, 1985

Lettre à M. David McCalden


Vous m’avez demandé mon témoignage en ce qui concerne le reportage d’Annette Lévy-Willard : L’Espion qui venait de l’extrême droite

Voici ce témoignage : 

Du 3 au 5 septembre 1983, s’est tenu à Los Angeles, Californie, exactement au dernier étage du « Grand Hotel » d’Anaheim, le cinquième congrès international de notre « Institute for Historical Review ».

J’étais l’un des conférenciers annoncés, parmi d’autres universitaires ou chercheurs.

La date du congrès, les noms des conférenciers, les sujets de certaines conférences avaient été, comme d’habitude, annoncés plusieurs mois à l’avance. Comme d’habitude aussi, le nom de la ville ou de la région avait été annoncé mais l’emplacement exact avait été tenu caché pour des raisons évidentes de sécurité et pour prévenir toute tentative d’intimidation auprès des responsables des emplacements choisis (universités, hôtels, etc.).

En juin 1983, soit trois mois avant la date de la conférence, une journaliste d’extrême-gauche, Madame Annette Lévy-Willard, cherchait à me joindre au téléphone à mon domicile. On lui indiquait que j’étais alors à Paris chez mon éditeur, Pierre Guillaume. Elle m’y téléphonait ainsi qu’à Pierre Guillaume. Elle nous faisait savoir qu’elle comptait se rendre à Los Angeles à notre conférence avec une équipe de la télévision française. Elle comptait obtenir une interview de moi. Je lui faisais alors, en présence de Pierre Guillaume, la réponse suivante :

– je n’accorderais pas d’interview si la conférence allait être troublée d’une façon quelconque ; 
– j’accorderais peut-être une interview dans le cas contraire, mais ce serait à la fin de la conférence.

Mme L.-W. n’était pas satisfaite de ma réponse. Elle me faisait valoir qu’il lui serait difficile de déplacer toute une équipe de télévision jusqu’à Los Angeles pour une interview hypothétique. Je l’invitais pourtant à venir de toute façon.

Arrivé à Los Angeles, j’apprenais de Tom Marcellus, directeur de notre institut, qu’une équipe de la télévision française désirait m’interviewer. Je tombais d’accord avec T. Marcellus pour révéler à A. L.-W. que la conférence se tenait à Anaheim au dernier étage du « Grand Hotel ».

A la fin de notre conférence, j’apercevais dans le couloir menant à la salle de conférence une équipe de télévision dirigée par une femme. Je m’approchais sans me faire connaître. Je m’apercevais immédiatement, par la nature des questions posées aux personnes sortant de la salle, que la dame (A. Lévy-Willard sans doute) était animée par des sentiments hostiles au révisionnisme historique. J’aurais pu alors rentrer chez moi sans accorder d’interview. Au lieu de cela je décidais de me présenter à cette dame et de lui dire que j’étais « le professeur Faurisson ». Je lui dis que j’avais écouté les questions posées et que je n’étais nullement disposé à répondre à des questions qui n’avaient pas de rapport étroit avec nos recherches historiques. De plus, constatant que son équipe s’efforçait de se glisser sans autorisation dans la salle de conférence et d’y surprendre des conversations privées, je lui notifiais l’interdiction de pénétrer dans cette salle. Cette interdiction était immédiatement confirmée par M. Tom Marcellus.

Une longue discussion allait s’ensuivre entre Mme L.-W., un membre de son équipe et moi-même. Je posais mes conditions : j’acceptais d’être filmé à la condition de pouvoir faire seulement une courte déclaration et à la condition que ce fût dans un endroit neutre de l’hôtel. Je voulais un endroit neutre parce que je sais trop comment il est possible à des cameramen de créer un contexte artificiel (par exemple, filmer une interview avec, en arrière-fond, une vue sur Disneyland qu’on peut apercevoir par les fenêtres du « Grand Hotel »). Je prévenais Mme L.-W. du contenu de ma « déclaration d’une minute ». J’y donnerais aux téléspectateurs français une information dont les avait délibérément privés la télévision française. En France, les médias avaient à maintes reprises présenté le « professeur Faurisson » comme un menteur, un falsificateur de l’histoire. Ils avaient mené grand tapage sur le fait que de nombreuses associations, juives en particulier, m’avaient poursuivi en justice pour « falsification de l’histoire » et pour « dommage à autrui » parce qu’à l’exemple d’un nombre croissant de chercheurs j’avais conclu qu’il n’a pas existé une seule chambre à gaz homicide dans les camps de concentration allemands mais seulement des chambres de désinfection ainsi que des fours crématoires. Je l’avais écrit dans le journal Le Monde. L’émotion suscitée alors avait été de caractère hystérique, non sans de graves conséquences pour ma femme, pour mes enfants et pour moi-même. Dès que les tribunaux ont été saisis de l’affaire, une grande gêne est devenue perceptible chez mes accusateurs. Le procès qu’ils m’intentaient allait tourner à leur confusion. Le jugement rendu en première instance écartait l’accusation de mensonge ou de falsification de l’histoire mais, habilement sollicité, il pouvait apparaître comme un relatif succès pour mes accusateurs. Les médias s’en faisaient l’écho. J’interjetais appel. Le 26 avril 1983, la première chambre (section A) de la cour d’appel de Paris rendait son arrêt. J’avais montré que l’existence des prétendues chambres à gaz homicides se heurtait à des impossibilités physiques, chimiques, médicales et topographiques. Dans son arrêt, la cour, selon ses propres termes, voyait bien qu’il y avait eu là, pour nous autres révisionnistes,

une impossibilité absolue qui suffirait, à elle seule, à invalider tous les témoignages existants ou, à tout le moins, à les frapper de suspicion. 

La cour de Paris allait jusqu’à répondre à mes accusateurs qu’elle n’avait trouvé dans mes écrits (articles et livres) sur la question des chambres à gaz ni mauvaise foi, ni légèreté, ni négligence, ni ignorance délibérée, ni mensonge. Tout en me condamnant pour « dommage à autrui », elle concluait :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

En France, la justice avait tranché : les Français avaient désormais le droit, garanti par la prestigieuse première chambre de la cour d’appel de Paris, de nier l’existence de ces affreux abattoirs, née d’une rumeur de guerre et officialisée par les quatre juges de Nuremberg. La justice française avait pris cette décision non en vertu de la défense de la liberté d’opinion mais, ainsi que l’indique sa phrase de conclusion, au vu du sérieux des travaux révisionnistes.

Les médias allait faire le silence sur cet arrêt d’une importance historique, à quelques rares exceptions près, en particulier celle du journal Le Monde. C’est à cause de ce silence que je déclarais à Mme L.-W. et à son équipe :

Je refuse de répondre à des questions. Je ferai une déclaration d’une minute. Pour les téléspectateurs, ce sera une information que vous leur avez cachée. Ils apprendront comment s’est terminé le procès qui m’avait été intenté pour falsification de l’histoire. Ce que vous n’avez pas dit, je le dirai.

Après bien des tergiversations, Mme L.-W. prenait l’engagement formel de se contenter de ma déclaration d’une minute. 

Il nous a ensuite fallu environ un quart d’heure pour trouver un emplacement neutre. Les cameramen voulaient le plus de lumière possible. C’est ainsi que, d’un commun accord, nous avons tous ensemble choisi au rez-de-chaussée de l’hôtel, en un endroit sans trop de passages, un hall d’entrée fermé d’une grande porte de verre. Les techniciens ont fait les préparatifs nécessaires à la prise de vue et à la prise de son. Quand tout a été prêt, Mme L.-W., manquant à son engagement formel, m’a demandé ex abrupto pourquoi je l’avais empêchée d’entrer dans la salle de conférences. Elle m’a posé la question à trois reprises. Mes trois réponses ont été les suivantes :

– Pas de réponse.  
– Pas de réponse. 
– Vous vous répétez.

Et je suis parti en disant que c’était fini. 

Quelque temps plus tard, j’étais dans le lobby de l’hôtel en train de parler avec Tom Marcellus. Un bruit nous a alertés. C’était Mme L.-W. qui, marchant à grand pas et se heurtant à des fauteuils, criait à mon adresse une phrase du genre de :

Vous le paierez cher, M. Faurisson, je me vengerai ; vous verrez, je me vengerai. 

Je traduisais ces propos en anglais à Tom Marcellus et à quelques personnes émues et amusées par la violente colère de la dame. 

La vengeance de cette personne allait prendre la forme de ce reportage télévisé contre les effets duquel encore aujourd’hui il nous faut lutter, Pierre Guillaume et moi-même, avec des moyens disproportionnés par rapport à ceux d’une émission télévisée à une heure de grande écoute. Il est extrêmement grave qu’un reportage aussi mensonger ait été, en plus, diffusé à l’étranger.

Je vous demande de protester en mon nom contre une telle diffusion où vous êtes vous-même calomnié et d’obtenir réparation du préjudice qui nous a été causé et qui continue de nous être causé.

P.J. : « La Télévision par Françoise Giroud : Coup de pied dans un nid de serpents », Le Nouvel Observateur, 4 mai 1984, p. 49. 
Mon texte « en droit de réponse », Le Nouvel Observateur, 21 juin 1984, p. 29.

26 décembre 1985

Saturday, October 26, 1985

Michel Polac refuse d’aborder le sujet des chambres à gaz dans son émission télévisée « Droit de réponse »


Extrait d’un entretien avec Michel Polac paru dans Télé-7 Jours, semaine du 26 octobre au 1er novembre 1985, p. 126 :

Q. Y-a-il des sujets que vous vous refusez d’aborder ? 

R. J’en vois trois. La question des chambres à gaz dont certains ont scandaleusement contesté l’existence : trop douloureux (NDLR : le père de Michel Polac est mort en déportation). Le suicide : trop dangereux de donner la parole à ceux qui prônent cette "solution". Le Moyen-Orient, le Liban, les Palestiniens : trop brûlant ; il y a tant de passions, de rancœurs et de haine chez les gens concernés par le sujet qu’un débat risque de paraître dérisoire et indécent, sans compter qu’il peut se terminer par des coups de revolver !

D’une certaine manière, les trois sujets que Michel Polac refuse d’aborder pourraient bien avoir un point commun... 

Un débat sur le suicide ne pourrait s’organiser qu’autour du livre Suicide, mode d’emploi ; or, les deux auteurs de ce livre, Claude Guillon et Yves Le Bonniec, avaient favorablement parlé de R. Faurisson. Ils avaient écrit en particulier :

Après Rassinier (dont l’appréciation des chambres à gaz est plus nuancée), Faurisson présente l’intérêt d’avoir, dans le même temps où il prétend dénoncer un mensonge vieux de quarante ans, effectivement révélé de nombreux mensonges, et suscité parmi ses contradicteurs l’une des plus formidables productions de nouveaux mensonges de la décennie. Les historiens officiels reconnaissent eux-mêmes que, là où l’on fait encore visiter aujourd’hui une chambre à gaz, il n’y en eut jamais, ce qui devrait, à les suivre, entamer en rien le crédit accordé à d’autres “vérités historiques” [1].

Depuis la publication de leur livre en 1982, les deux auteurs n’ont cessé d’avoir de graves ennuis dont le point de départ se trouve dans des plaintes déposées contre eux par des parents de suicidés. Yves Le Bonniec, aux toutes dernières nouvelles, vient d’être placé sous mandat de dépôt, sur la demande d’un procureur. L’intelligentsia pétitionnaire ne s’en est pas émue.

26 octobre 1985


[1] C. Guillon et Y. Le Bonniec, Suicide, mode d’emploi, Paris, Alain Moreau, 1982, p. 204-205.


Saturday, October 5, 1985

Bilan des neuf premiers mois de 1985


Énorme travail exigé par le procès Zündel à Toronto (Canada). Très important retentissement dans la presse canadienne de langue anglaise. Déroute de Raul Hilberg (le pape de l’exterminationnisme) et de Rudolf Vrba (personnage-clé à l’origine du mythe). Plusieurs livres sont en préparationsur cette affaire. Notre Institute for Historical Review vient de publier de Michael A. Hoffman II : The Great Holocaust Trial. 

Notre Institut est parvenu à éviter le dangereux procès Mermelstein moyennant un versement de quatre-vingt-dix mille dollars et un court mot d’excuse qui est sans conséquence. L’Institute a repris force et vie. Il vient de publier une traduction en anglais de Campagne de Russie, 1941-1945 de Léon Degrelle.

Claude Lanzmann a manqué son opération Shoah, du moins en France. Nous ne sommes pas pour rien dans cet échec. 

Henri Roques a soutenu avec succès la première thèse révisionniste qu’on ait jamais présentée au sein d'une université française. La soutenance a eu lieu le 15 juin devant l’université de Nantes. Elle portait sur les «confessions» de Kurt Gerstein qui constituent la pierre angulaire de la légende de Belzec, Treblinka (et Sobibor). Nous nous apprêtons à diffuser la nouvelle dans les milieux scientifiques et journalistiques.

Depuis le 8 juillet je suis attelé à la correction d’une mauvaise traduction en français de l’admirable livre de Stäglich. Nous avons trouvé un peu d’argent. Le livre sortira en 1986. 

Une traduction en flamand de mon travail sur le journal d’Anne Frank a été diffusée en Belgique et n’est pas passée inaperçue de la presse. Cela nous a permis de publier dans la presse belge des textes en droit de réponse. Les actuels détenteurs des manuscrits Anne Frank sont en mauvaise posture. Ils remettent d’année en année la publication « authentique » qu’ils nous promettent depuis 1980.

J’ai publié des textes en droit de réponse dans Témoignage chrétien, dans Le Débat et surtout dans Ouest-France qui a le plus fort tirage de tous les journaux de France. Des gens sont intervenus dans le débat, de notre côté. Le cas du professeur de Boüard est particulièrement intéressant.

Au Sénat et à l’Assemblée Nationale, le révisionnisme a provoqué des levées de boucliers ; voy., dans Le Journal Officiel, les interventions Badinter, Lederman, Goldet, Rabineaux, Charzat. 

Dans de récents numéros du Journal of Historical Review j’ai publié des articles qui ne sont pas parus en français : « A Challenge to David Irving » et environ quarante pages intitulées « Revisionism on Trial in France, 1979-1983 ».

Éric Delcroix est parvenu à faire condamner le Dalloz-Sirey en première instance et en appel ; l’honorable revue a dû publier le jugement la condamnant. On en a parlé jusque dans Les Petites Affiches lyonnaises. Cassation ?

Éric Delcroix est parvenu aussi à faire condamner la LICRA dans l’affaire Historia.

Pour ce qui est de notre procès contre L’Humanité et de notre procès contre Pierre-Bloch (cette fois pour un article dans Le Droit de Vivre), nous avons perdu en première instance. Plaidoiries d’appel les 11 et 19 décembre. 

La grave affaire des sommes qui me sont réclamées par la LICRA est l’objet d’une série de procédures compliquées. Le Trésor Public a opéré une saisie de cinquante-huit mille francs environ sur mon salaire. La LICRA me réclame encore environ quatre-vingt mille francs.

Pierre Guillaume est poursuivi par le ministère public pour avoir eu le courage de distribuer un tract à l’entrée du cinéma du Quartier latin où était projeté Shoah. Il poursuit Le Nouvel Observateur pour refus d’insertion d’un texte en droit de réponse.

Un révisionniste italien, Carlo Mattogno, dont la qualité de travail est exceptionnelle, devrait être en mesure de publier en 1986 ses recherches sur Filip Müller, sur Nyiszli et, d’une façon générale, sur le grand mensonge. 

Henri Roques est en rapport avec un éditeur parisien qui pourrait publier un petit livre sur Gerstein mais à l'usage du grand public. La thèse elle-même va être reproduite en exemplaires photocopiés et envoyés à un certain nombre de centres de recherches historiques en France et à l’étranger.

Ma Réponse à un historien de papier va être publié dans le Journal of Historical Review

Mon interview de Storia Illustrata ainsi que d’autres textes de moi devraient paraître en flamand.

Nous publierons probablement la lettre d’un ancien déporté qui a vécu quarante-sept mois à Mauthausen et qui dénonce le mythe de la chambre à gaz de ce camp. Du point de vue de la recherche historique, l’événement le plus important de cette année sera sans doute... la dissimulation des journaux et écrits de Mengele. Nous en savons la teneur : Mengele a écrit ou déclaré que ce qu’on disait de lui ou d’Auschwitz n’était que propagande et mensonge.

5 octobre 1985

Sunday, September 1, 1985

Histoire et droit (article paru dans "Le Débat", n° 32)

M. Robert Faurisson, s’estimant mis en cause par les articles de Jean-Denis Bredin et de Georges Kiejman (Le Débat, n° 32) et usant de son droit de réponse, nous prie d’insérer le texte suivant :


Monsieur le Directeur, 

Dans votre livraison n° 32 (p. 92-125), vous publiez une étude de J.-D. Bredin et une étude de G. Kiejman où se trouve longuement évoquée ce que vous appelez l’« affaire Faurisson ». Je rappelle qu’en 1979, sur plainte de la LICRA et de huit autres associations, j’avais été assigné en justice pour dommage à autrui parce que j’avais écrit dans Le Monde que l’existence de prétendues chambres à gaz homicides à Auschwitz ou dans d’autres camps n’était à l’origine qu’une rumeur de guerre. Le 8 juillet 1981, j’étais condamné par un jugement du TGI de Paris. Le 26 avril 1983, la Cour de Paris confirmait ce jugement mais non sans le réformer sensiblement sur le fond. 

Sur l’étude de J.-D. Bredin je ferai cinq remarques :

1. selon lui, j’aurais cherché à esquiver mes responsabilités en disant que je n’étais qu’un critique de textes et documents et non un historien ; en réalité, par unique souci de précision, j’avais dit que j’étais critique de textes et documents et non historien ; il n’y a jamais eu de ne... que ;
2. l’accusation portée contre moi n’était pas en substance celle que J.-D. Bredin rapporte aux pages 100-101 ; j’étais en fait accusé de « falsification de l’Histoire » ; or, les juges ont d’emblée repoussé cette accusation ;
3. il ne mentionne aucun de mes moyens de défense ; 
4. il ne dit pas que, dans ce débat d’histoire, sept personnes (de la gauche libertaire) dont J.-G. Cohn-Bendit, P. Guillaume et S. Thion étaient volontairement intervenues au litige pour m’apporter leur soutien ; 
5. il traite du jugement sans mentionner l’arrêt qui, sur une partie importante du fond, rendait ce jugement caduc.

Les points 2, 3 et 4 peuvent s’expliquer par le fait qu’au lieu de se reporter au texte original du jugement, M. Bredin s’en est remis au texte donné par le « Dalloz-Sirey » ; or, ce texte-là est entaché d’omissions et d’erreurs fautives qui ont valu au « Dalloz-Sirey » d’être condamné par un jugement civil du TGI (23 novembre 1983), confirmé par un arrêt de la cour de Paris (8 mars 1985).

G. Kiejman, lui, traite du jugement et de l’arrêt. Il dit que « Faurisson se voit condamné en tant qu’historien parce qu’il [...] essaie de diffuser une prétendue vérité qui viole l’évidence » (p. 123). Il n’en est rien. G. Kiejman a passé sous silence les considérants finaux de l’arrêt, là où, selon l’usage, la Cour articule les griefs les plus graves ; or, ces griefs sont que : « M. Faurisson, qui s’indigne de ce qu’il nomme "la religion de l’Holocauste", n’a jamais su trouver un mot pour marquer son respect aux victimes en rappelant (persécutions, déportations, millions de morts)» et la Cour, à l’instar du tribunal, dénonce ce qu’elle trouve de dangereux dans mes écrits. Jamais la Cour ne m’a reproché « mille artifices » (ibid.). Son « mais considérant » n’aurait pas dû être remplacé par un « et considérant » (ligne 11) qui fausse le sens. G. Kiejman parle avec insistance de la « ruse » des magistrats. Pour moi, point de ruse, mais une grande clarté. Comme elle le dit elle-même, la Cour a vu qu’il y avait un « problème historique », celui de ces chambres à gaz qui, dit-elle, « à en croire de multiples témoignages, auraient été utilisées (par les Allemands) ». Elle a répondu à mes accusateurs qu’elle n’avait trouvé chez moi ni légèreté, ni négligence, ni ignorance délibérée, ni mensonge ; elle a vu que pour moi, selon ses propres termes, « l’existence des chambres à gaz, telles que décrites habituellement depuis 1945, se heurte à une impossibilité absolue, qui suffirait à elle seule à invalider tous les témoignages existants ou à tout le moins à les frapper de suspicion ». Au vu de mes travaux elle a prononcé : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson (sur les chambres à gaz) relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public. »

En Allemagne et en Afrique du Sud il est interdit de mettre en doute l’existence des chambres à gaz. En France, nous en avons le droit depuis cet arrêt du 26 avril 1983. Voilà qui me semble digne d’intérêt à la fois pour « Le droit, le juge et l’historien » (titre de l’étude de M. Bredin), pour « L’histoire devant ses juges » (titre de l’étude de M. Kiejman) et pour un dossier du Débat intitulé « Histoire et droit ».

___________ 
[Publié dans Le Débat, septembre 1985, p. 190-191.]

Sunday, June 30, 1985

Le témoin n° 1 de Claude Lanzmann dans "Shoah" (film et livre)


Le magazine de Jean Daniel Le Nouvel Observateur a récemment consacré un dossier au film de Claude Lanzmann intitulé Shoah (en hébreu : catastrophe). Shoah est présenté comme un film sans documents. Mais il y a des témoins. Le témoin n° 1, pour qui a vu le film et lu le livre, est incontestablement un coiffeur israélien du nom d’Abraham Bomba. C’est pourquoi, ayant à choisir parmi les témoignages, Le Nouvel Observateur a eu raison de retenir celui de ce coiffeur. A. Bomba dit que pendant la guerre il a été coiffeur au camp de Treblinka (à quatre-vingt-dix kilomètres à l’est de Varsovie). Les Allemands, dit-il, l’ont forcé à couper les cheveux des femmes qui allaient être gazées. C’est dans la chambre à gaz même que les cheveux étaient coupés. Bomba parle toujours de la chambre à gaz comme s’il n’y avait eu à Treblinka qu’une chambre à gaz : celle précisément où il travaillait en tant que coiffeur parmi un ensemble de seize ou dix-sept coiffeurs, tous des professionnels. L’essentiel du témoignage de Bomba se lit aux pages 76 et 77 du magazine qui reproduisent, avec des inexactitudes négligeables, les pages 125 à 130 du livre [1]. En voici quelques extraits tirés du livre :

[Nous avons travaillé dans la chambre à gaz] durant une semaine ou dix jours [...] une pièce de quatre mètres sur quatre environ [2].

[Les femmes et les enfants entraient ; les femmes] Complètement nues. Toutes les femmes et tous les enfants [3].

[Les Allemands] avaient besoin des cheveux des femmes qu’ils expédiaient en Allemagne [...] seulement des bancs et seize ou dix-sept coiffeurs [...]. Chaque coupe prenait environ deux minutes, pas plus [...]. En une fournée... à peu près... soixante à soixante-dix femmes [...]. Quand on en avait fini avec le premier groupe, le suivant entrait : il y avait alors cent quarante ou cent cinquante femmes [4].

Et ils s’en occupaient aussitôt. [Les Allemands] nous ordonnaient de quitter la chambre à gaz pour quelques minutes, cinq minutes environ : ils envoyaient alors le gaz et les asphyxiaient à mort [...] il y avait un commando qui sortait déjà les cadavres : toutes n’étaient pas encore mortes. Et en deux minutes, même pas deux minutes, en uneminute... tout était nettoyé, tout était propre : l’autre groupe pouvait entrer et subir le même sort [...]. Les Allemands voulaient les cheveux, ils avaient leurs raisons [...] travailler jour et nuit parmi les morts, les cadavres [5]

Cette partie du témoignage de Bomba peut se résumer ainsi : dans une pièce de seize mètres carrés se trouvaient seize (ou dix-sept?) coiffeurs et des bancs ; soixante ou soixante-dix femmes nues environ entraient dans cette pièce avec un nombre indéterminé d’enfants ; on leur coupait les cheveux en huit minutes environ ; personne ne quittait la pièce ; entrait alors un nouveau groupe de soixante-dix ou quatre-vingts femmes avec, à nouveau, un nombre indéterminé d’enfants ; la durée de la coupe était de dix minutes environ. Le total des personnes présentes dans ces seize mètres carrés était alors de cent quarante-six (16 + 60 + 70) ou de cent soixante-sept (17 + 70 + 80) environ, sans compter les enfants. Et il y avait des bancs. C’est impossible. C’est même du pur non-sens.

Les coiffeurs, ainsi comprimés, travaillaient sans une minute de répit. Puis, ils s’arrêtaient cinq minutes environ et reprenaient alors leur travail. Claude Lanzmann ne demande pas à Bomba combien d’heures de jour ou de nuit durait ce travail.

Les Allemands envoyaient alors le gaz. Quel gaz ? Par où ? Et comment procédait-on à la dispersion du gaz pour permettre aux coiffeurs de réintégrer la chambre à gaz ? Claude Lanzmann ne pose pas ces questions. Il faudrait un gaz à l’effet foudroyant. Même le gaz cyanhydrique ne s’y prêterait pas. D’ailleurs, il s’incruste partout, adhère fortement aux surfaces, se mêle aux humeurs du corps, pénètre la peau, exige, dans le simple cas d’un local à désinsectiser, une aération naturelle d’une vingtaine d’heures. Et il ne faut surtout pas se tenir à proximité de ce local pendant ces heures-là. Kurt Gerstein dit qu’on gazait au gaz d’échappement d’un moteur Diesel (!!!). Le document officiel de Nuremberg (PS-3311) dit qu’on tuait les juifs avec de la vapeur d’eau bouillante. D’autres sources disent qu’on électrocutait les juifs (première version donnée par les Soviétiques à propos d’Auschwitz quelques jours après la libération du camp).

En une minute, les membres du commando auraient tiré de la chambre à gaz de seize mètres carrés un ensemble de cent trente ou de cent cinquante cadavres environ, sans compter les cadavres des enfants. Ils auraient ramassé les cheveux dans lesquels tout le monde aurait piétiné et qui se seraient mêlés aux cadavres. Ils auraient enfin tout nettoyé au point que tout aurait été propre.

Alors une nouvelle fournée de femmes et d’enfants aurait pénétré dans ce local de seize mètres carrés ainsi que les seize ou dix-sept coiffeurs chargés de faire croire à tout ce monde qu’il n’y avait rien à craindre et que si on le comprimait là c’était pour une coupe de cheveux.

La crédulité humaine n’a pas de fond. A force de lavage de cerveau, à force de propagande pendant plusieurs générations sur le compte de la barbarie allemande ou nazie, on peut tout gober, on peut tout faire gober. 

L’exemple de Mengele est intéressant. De ce médecin d’Auschwitz, on dit couramment qu’il est responsable de l’assassinat de trois cent à quatre cent mille personnes et qu’il torturait les enfants. On ne fournit aucune preuve. On nous montre quelques photos, en effet pitoyables, d’enfants typhiques, cachectiques ou infirmes, mais on oublie qu’il est né à Auschwitz au moins trois mille enfants. A la libération d’Auschwitz, parmi les sept à huit mille personnes que les Allemands avaient laissées sur place parce qu’elles ne risquaient pas d’être enrôlées dans l’armée ou dans l’industrie de leurs ennemis, il y avait certes des malades mais il y avait aussi – les films soviétiques sont là pour en témoigner – des enfants et des vieilles femmes visiblement en bonne santé. Il y avait, en particulier, de ces « jumeaux d’Auschwitz » qui ont récemment constitué une association appelée CANDLES.

Certaines jumelles, qui devaient avoir cinq ans à la libération du camp, sont venues témoigner à Jérusalem en 1985, lors d’un show-procès, des horreurs commises par Mengele. Des journalistes du monde entier, y compris dans des journaux comme Le Monde, ont, sur la foi de ces témoignages, écrit que Mengele avait tapissé les murs d’une pièce d’une quantité d’yeux épinglés comme des papillons. Voilà où en sont nos médias à quinze ans de l’an 2000 !

30 juin 1985

Notes

[1] C. Lanzmann, Shoah. 
[2] Id., p. 126.
[3] Id., p. 127. 
[4] Id., p. 128. 
[5] Id., p. 129.

Friday, June 21, 1985

Où sont passées les chambres à gaz ?


On ne les nomme plus du tout, ou on ne les nomme guère, ou on les nomme pour exprimer un doute sur leur existence... 

Le jour viendra où un quelconque Klarsfeld écrira qu’elles ont existé « en tant que symboles » ou « en tant que métaphores » de l’indicible « Shoah ». Il passera pour courageux et se fera beaucoup d’argent. Il sera comme cette intelligentsia qui, après nous avoir tant menti sur les vertus du communisme international et après avoir couvert de boue ceux qui avaient été les premiers à dénoncer l’imposture, se présentent aujourd’hui en héros de l’anticommunisme ; ils devraient se taire et ils parlent ; plus ils parlent, plus ils palpent.

Ouest-France, Courrier des lecteurs, 21 juin 1985 
De l’existence des « chambres à gaz homicides »

Dans notre édition du 4 juin, nous avons, à propos des camps de concentration, cité la lettre d’un jeune Normand de dix-sept ans qui écrivait : « Quelques documents et un peu d’intelligence m’ont convaincu rapidement que les chambres à gaz n’ont jamais existé : c’est un mythe ». Nous avions fait suivre cette citation du paragraphe suivant : « Cette lettre n’est pas isolée. Ceux qui pensent que les écrits d’un certain M. Faurisson [1] sont négligeables en raison même de leur énormité, ont tort de croire que "la bête immonde", selon le mot de Brecht est morte. Elle sommeille et son ventre est toujours fécond. De sottise autant que de méchanceté ».

Un lecteur des Côtes-du-Nord, M. J. D., nous fait vivement grief d’avoir « diffamé » M. Faurisson :

« Pour ma part, j’estime, qu’entraîné par une persécution odieuse, ce professeur consciencieux, privé de sa chaire par le fait du prince, a tenu des propos contestables sur la volonté de génocide ou la politique israélienne. Mais sa critique des témoignages sur la question précise des chambres à gaz n’a reçu à l’heure actuelle aucune réfutation sérieuse – et elle a d’ores et déjà fait avancer la vérité historique : il y a des légendes que plus personne n’ose soutenir ; M. Vidal-Naquet a lui-même condamné les livres commerciaux de Bernadac ou de R. Steiner sur Treblinka. »
____________

Je ne connais aucun de ces deux lecteurs. Aucun ne m’a écrit. 

Le magazine L’Express de cette semaine (21-27 juin 1985) contient un long article de Jacques Derogy sous le titre : « Nazis – Mengele en enfer. » Les mots de « chambre à gaz », de « gazés », de « gazages » n’y apparaissent pas. On relève seulement : « 300.000 à 400.000 victimes de Mengele, dont les corps furent réduits en cendres [2] » et « 74 sélections [...]. A gauche les bouches inutiles, vouées à la mort immédiate [3]. » On ne dit ni comment ces chiffres énormes ont été établis, ni comment mouraient ceux qui étaient voués à la mort immédiate. Si on ne nous les falsifie pas, les écrits de Mengele vont porter un coup fatal au mensonge historique des chambres à gaz et du génocide.
21 juin 1985


[1] Robert Faurisson, universitaire lyonnais qui s’est illustré en niant l’existence des « chambres à gaz homicides » en affirmant que « le prétendu génocide des juifs » est une imposture. – Note de Ouest-France.
[2] J. Derogy, « Nazis... », p. 52 
[3] Id., p. 53.