Wednesday, May 15, 1985

Encore un historien qui ne mentionne plus les chambres à gaz


Dans Le Figaro du 6 mai 1985 (p. 5), l’historien Jacques Delaunay publiait un long article intitulé : « Historique de l’univers concentrationnaire ». Il n’y faisait mention ni des chambres à gaz, ni des camions à gaz. L’article ci-dessous, intitulé « Camps de la mort » est paru dans Ouest-France le 15 mai 1985. Ouest-France est le quotidien qui connaît, je crois, la plus grande diffusion en France. Cet article est signé du professeur Michel de Boüard, ancien doyen de la faculté des lettres de l’université de Caen, ancien membre du Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale et déporté de la Résistance. Il n’y est fait mention ni des chambres à gaz, ni des camions à gaz. L’auteur, tout en insultant les révisionnistes, va jusqu’à reprendre ce que j’avais révélé il y a cinq ans dans mon Mémoire en défense (p. 198-199) sur le fait que le Comité de la DGM refusait de publier ses statistiques de la déportation « pour éviter des heurts possibles avec certaines associations de déportés » et parce que cette publication, disait-il, « risquerait de susciter des réflexions désobligeantes pour les déportés. » Ces chiffres confidentiels, je les ai publiés en 1982 [1].


Ouest-France, 15 mai 1985 

Points de vue
par Michel de Boüard, 
déporté de la Résistance

Camps de la mort
La mémoire vivante des témoins

Quarante ans sont passés depuis que s’est effondré, avec le IIIe Reich, le système concentrationnaire qu’il avait engendré. On se tromperait si l’on pensait qu’il faut attendre encore quelques décennies pour en écrire l’histoire. Quand auront disparu les survivants de la déportation, les archivistes de l’avenir tiendront peut-être en mains quelques papiers aujourd’hui cachés mais la principale source leur fera défaut : la mémoire vivante des témoins. Encore faut-il que ceux-ci connaissent les exigences de l’enquête historique.

Entre 1933 et 1945, le monde concentrationnaire a présenté divers aspects et, à une même date, il y eut entre les camps de concentration d’assez fortes dissemblances ; l’historien doit se garder de faire l’amalgame. Il faudrait aussi publier sans plus de retard les statistiques savamment et patiemment élaborées par le comité d’histoire de la Deuxième guerre mondiale. Parce qu’elles faisaient apparaître des taux de mortalité inférieurs à ce que l’on croyait, le comité en ajourna la divulgation pour le motif suivant : « Dans les conditions actuelles (1973), il n’est pas opportun d’envisager une publication ; les associations de déportés sont réticentes ». [2]

Or, faute d’avoir passé outre ces réticences, on a laissé le champ libre à la perfide propagande de ceux qui nient la réalité concentrationnaire et le génocide juif : il leur est facile de réfuter les simplifications et les généralisations systématiques auxquelles cèdent nombre d’écrivains, souvent anciens déportés. Et dans cinquante ans, que concluront les historiens lorsqu’ils auront à choisir entre les deux thèses ?

On ne peut douter aujourd’hui du caractère intrinsèquement pervers du système concentrationnaire nazi. Nombre de documents prouvent que ce caractère inhumain, que l’intention d’avilir les hommes en les provoquant à s’entre-déchirer, ont été programmés par les plus hautes autorités du IIIReich ; les subalternes n’ont fait qu’appliquer avec haine les consignes reçues. Ainsi défini et appliqué, ce système atteignit le bas-fond de l’ignominie. Il disposait de moyens techniques de contrainte dont peuvent user, aujourd’hui, s’ils le veulent, la plupart des États ; beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, ne se privent pas d’en faire ce sale usage. Le cri des rescapés de la déportation, lancé en 1945 et souvent repris depuis lors était : « Plus jamais ça ! ». Hélas, longue est la liste des pays où « ça » s’est reproduit depuis quarante ans. C’est à coup sûr l’un des plus graves périls qui menacent l’homme.

Mais l’affreuse expérience concentrationnaire nazie nous apporte à cet égard, en même temps qu’un avertissement, un message d’espoir. Car, en définitive, dans les camps nazis, les forces du mal n’ont pas réussi à réduire l’homme à l’état de bête. Il y eut certes des défaillances mais la plupart sont demeurés fiers, fraternels, courageux et calmes devant la mort. On ne le redira jamais assez, surtout dans nos pays développés où sévit un individualisme débilitant, d’autant plus dangereux qu’il s’abrite souvent derrière le noble mot de « liberté ».

A cet égard comme à beaucoup d’autres, redoutable est l’écart qui s’accroît entre les progrès galopants des techniques et l’érosion des valeurs humaines, entre les facilités qu’offrent à beaucoup les sociétés de consommation et le sens des responsabilités. L’appel naguère lancé par Emmanuel Mounier aux valeurs personnalistes et communautaires est plus que jamais d’actualité. Si, dans les camps de concentration, l’homme, en fin de compte, a vaincu la bête, c’est qu’il a trouvé en lui les forces morales contre lesquelles ne peut prévaloir durablement aucune oppression.

Puissent en prendre conscience nos compatriotes, et particulièrement nos éducateurs et nos législateurs.

15 mai 1985



[1] R. Faurisson, Réponse à P. Vidal-Naquet, Paris, La Vieille Taupe, 1982, p. 31. 
[2] Citation inexacte édulcorante – NdA.

Wednesday, May 8, 1985

Simone Veil a peur


Voici ce qu’elle vient de déclarer à Dachau :

Le Monde, 8 mai 1985, p. 2 
"Savoir affronter le passé"

[Nous reproduisons ci-dessous la fin de l’allocution prononcée par Mme Simone Veil à Dachau, le 28 avril dernier.]

Se souvenir, c’est aussi tirer la leçon de l’histoire pour que de telles catastrophes ne puissent se reproduire. Aussi, je suis convaincue d’être fidèle à la mémoire des morts en luttant contre toute résurgence d’idéologies propres à susciter le renouvellement d’événements semblables. Cela est si vrai que les associations d’anciens déportés et de leurs familles militent au premier rang des défenseurs des droits de l’homme.

Tirer la leçon de l’histoire, c’est refuser la falsification. On connaît bien les arrière-pensées de ceux qui cherchent à nier la réalité des chambres à gaz ou à contester le nombre des victimes, se bornant à dire qu’il n’en existe aucune preuve et que d’ailleurs un massacre d’une telle importance aurait été matériellement impossible. Les preuves et les témoins existent, incontestables, si nombreux que le débat en lui-même est absurde ; nous devons catégoriquement refuser d’y participer.

Presque plus grave et plus dangereux, parce que communément répandu : certains n’hésitent pas à mettre sur le même plan Auschwitz, Dresde, Hiroshima, les disparus d’Argentine et plus récemment Sabra et Chatila.

Ces comparaisons ou ces assimilations ne sont pas neutres : si tout le monde est coupable, cela revient à dire que personne ne l’est. Si Auschwitz n’a été qu’un épisode effroyable d’une guerre qui, comme toutes les guerres, a connu ses excès et ses horreurs, Auschwitz n’est plus qu’une tragédie parmi d’autres, Auschwitz n’existe plus.

Ce n’est pas diminuer l’horreur d’Hiroshima que de refuser l’amalgame ; il faut continuer à dénoncer Auschwitz et l’extermination des juifs et des Tziganes comme une spécificité qui tient à la mise en œuvre d’une théorie politique tendent à la totale élimination des peuples en question.



Il est nécessaire donc de mettre en lumière les concepts racistes au nom desquels ces génocides ont été perpétrés, d’étudier l’enchaînement des faits, le passage de la théorie à la pratique, comment des personnes apparemment normales ont conçu de tels projets, comment d’autres ont accepté, sans protester, de les mettre en œuvre.

Disant cela, je ne parle pas dans un souci de revanche, de délectation morbide et de désespérance, je cherche seulement à contribuer à une réflexion nécessaire et salutaire.

Car ma présence ici, rescapée d’Auschwitz mais également ancien président du Parlement européen, se veut un hommage aux victimes mais aussi un geste d’espoir pour l’avenir.

Cet espoir, c’est en l’Europe que je le place, une Europe qui a surmonté la haine et la barbarie pour s’engager dans la voie de la démocratie et de la solidarité entre les peuples qui la composent.

Cette démarche commune doit se faire sans arrière-pensée mais sans arrière-pensée ne veut pas dire sans mémoire, sans esprit de revanche ne veut pas dire l’oubli, car nous pensons qu’une véritable démocratie ne peut être fondée que sur la dénonciation totale d’un système abominable. Chercher à en nier certains aspects, à excuser les responsables, à banaliser les fautes serait une erreur profonde pour l’amitié entre les peuples européens et l’avenir de l’Europe.

Le seule façon de conjurer le passé est de savoir l’affronter. L’Europe ne peut être construite sur des faux-semblants et des échappatoires. J’observe que, dans nos populations, les plus européens sont ceux qui ont le plus souffert.

La fidélité à la mémoire de ceux qui ne sont plus trouve aujourd’hui son expression dans un inlassable combat pour la liberté et la paix.



Simone Veil sait que les révisionnistes ne cessent de proposer un débat sur les chambres à gaz et les six millions. Mais ce débat jusqu’à présent a été obstinément refusé par les tenants dela légende. S. Veil dit que les témoins et les preuves sont en si grand nombre qu’il faut catégoriquement refuser de participer au débat. Quel est ce raisonnement ?

Il y a deux ans elle déclarait : 

[...] au cours d’un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès sont contraints d’apporter la preuve formelle de la réalité des chambres à gaz. Or chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins [1] .

J’avais alors demandé où étaient les preuves que les Allemands auraient réalisé la prouesse d’effacer ainsi toute trace d’un énorme crime. Que fallait-il désormais penser des chambres à gaz présentées ici et là aux touristes et des innombrables témoins à la Filip Müller ou Rudolf Vrba ? Et s’il n’y avait ni preuves, ni témoins, devant quoi se trouvait-on ?

Additif du 12 mai 1997

Je constate que S. Veil se contredit du tout au tout en déclarant maintenant : « Les preuves et les témoins existent, incontestables, si nombreux que le débat en lui-même est absurde. » 

Il en va de même dans les procès que m'intentent notamment des organisations juives. En première instance, leurs avocats claironnent qu'il existe abondance de preuves et de témoins ; je prends alors la parole pour démontrer au tribunal qu'il n'existe en fait ni preuves ni témoins ; aussi, en appel, mes adversaires en viennent-ils à soutenir qu'il n'y a ni preuve, ni témoins parce que les Allemands ont pris la précaution de supprimer tout ce qui pouvait les charger ! Au procès suivant, même manœuvre de leur part.

Je ne crois pas qu'ils agissent ainsi par cynisme. La vérité est qu'à ces procès ils ne savent que dire ni que faire. Ils perdent pied, s'affolent, tournent à tout vent, cherchent la sortie et ne la trouvent pas. Cela se constate jusque dans leur comportement physique. C'est en ce sens que chacun des procès qu'ils m'intentent leur est un supplice, dont ils osent se plaindre. Ils ont peur. Comme S. Veil.
8 mai 1985

[1] « On risque de banaliser le génocide », France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47.

Friday, April 26, 1985

Nazisme : Le choc de « Shoah »


Les nazis ont failli réussir à effacer les traces les plus terribles du génocide : il n'existe aucune photographie des chambres à gaz et les cadavres sont partis en fumée. Mais il reste des témoins. Pendant dix ans, avec passion, Claude Lanzmann a recherché les survivants du massacre et les bourreaux embourgeoisés. Il les a fait parler, leur a fait revivre l'horreur devant sa caméra. Au total : trois cent cinquante heures de tournage. Cette semaine, dans deux salles parisiennes : un film de neuf heures et demie, d'une force inouïe. Catherine David et Claude Roy l'ont vu [1]

Sept mois après nous avoir présenté une « photographie » de « chambre à gaz», le magazine de Jean Daniel déclare : « il n'existe aucune photographie des chambres à gaz ». Il ne nous dit pas ce qu'il faut penser des photographies de chambres à gaz qu'on nous a présentées à des millions d'exemplaires pendant quarante ans, y compris dans France-Observateur ou Le Nouvel Observateur. Il ne nous dit pas non plus ce qu'il faut penser des chambres à gaz « en état d'origine » ou à l'état de ruines que des millions de personnes ont visitées et visitent encore au Struthof (Alsace), à Dachau (RFA), à Mauthausen ou à Hartheim (Autriche), à Majdanek (!) ou à Auschwitz ou à Birkenau (Pologne)... Il ne nous parle pas des milliers d'autopsies pratiquées sur des cadavres et qui n'ont révélé aucune mort par gaz. Quant à Shoah, « film sans documents et seulement avec des témoignages », c'est bien un film fait « avec du rien » [2].

26 avril 1985


[1] Le Nouvel Observateur, 26 avril 1985, p. 33, présentant Shoah, film de Claude Lanzmann.
[2] Id., p. 74.

L'effondrement de la thèse du génocide des juifs

De Pierre Vidal-Naquet :  

J'ai souvent entendu des personnes bien intentionnées me dire : « Mais enfin, en admettant que ces fameuses chambres n'aient pas existé, en quoi cela diminuerait-il la responsabilité des nazis ? Que les juifs et les Tsiganes soient morts dans ces chambres ou qu'ils aient été victimes du typhus ou de telle autre forme de l’“enfer organisé”, en quoi la responsabilité des nazis est-elle diminuée ? » Qu'ils me pardonnent, mais c'est là capituler en rase campagne. Le point capital en effet est la volonté de détruire. Sans doute cette volonté s'exprime-t-elle aussi dans les actions nazies menées par les Einsatzgruppen en territoire soviétique, les groupes d'action qui rassemblaient la population juive et les commissaires soviétiques et les fusillaient après leur avoir fait creuser leurs propres tombes. Mais ces actions gardaient quelque chose d'anarchique, d'émotionnel et de rudimentaire. La décision froide d'exterminer tout un groupe humain supposait un instrument spécifique, et ce fut la chambre à gaz [1]. »

P. V.-N. a tout à fait raison : sans chambre à gaz la thèse du génocide s'effondrerait.

[Légende d'une photo représentant la prétendue] CHAMBRE À GAZ DU CAMP DE MAIDANEK La mort mobile ou la mort lente ?

Photo publiée à l'appui de l'article de P. V.-N., en provenance du CDJC de Paris (photo à méditer : même le musée de Majdanek-Lublin reconnaît depuis quelques années qu'il s'agit d'une salle de douches).

26 avril 1985


[1] P. Vidal-Naquet, « Le Secret partagé », in Le Nouvel Observateur, 21 septembre 1984, p. 80, rendant compte du livre Chambres à gaz, Secret d'État (titre à méditer : n'attendez pas de véritables preuves car c'était le plus grand des secrets !).

Wednesday, April 24, 1985

Le vrai motif d’angoisse de l’État d’Israël : le révisionnisme historique


Depuis quelques mois il se manifeste dans les journaux, à la radio et à la télévision une véritable fièvre d’antinazisme. On croirait que les nazis sont de retour. Je suppose que le grand public assiste à ce phénomène avec une perplexité croissante. Peut-être pense-t-il que cette fièvre est due à l’approche du quarantième anniversaire du 8 mai 1945, date de la capitulation sans condition du IIIe Reich.

Si le grand public pense vraiment cela, il se trompe. Cette effervescence ne va pas retomber après le 8 mai, ni même à la fin de 1985. Au contraire, elle va s’accroître. Son vrai motif n’a rien à voir avec ce qu’il s’est passé il y a quarante ans. Son vrai motif se trouve dans l’actualité la plus brûlante. Les organisations juives ou sionistes, à travers le monde, sont en train de vivre un drame. Un mythe, dont elles ont cherché à tirer profit, est en train de se dévoiler : le mythe du prétendu « holocauste des juifs durant la seconde guerre mondiale ».

La thèse révisionniste


Les historiens révisionnistes sont les responsables actuellement d’une interrogation qui porte, dans l’ensemble, sur l’histoire de la dernière guerre et, en particulier, sur l’histoire des camps de concentration utilisés par les Allemands du temps de Hitler.

Les révisionnistes n’ont jamais nié l’existence de ces camps. Ils font toutefois remarquer que les Allemands n’ont été ni les premiers, ni les derniers à utiliser de tels camps. Il n’y a donc pas là un crime spécifique du nazisme.

Ils admettent aussi que, dans certains de ces camps, il y avait des fours crématoires. Dans ces fours on brûlait des cadavres. Ce n’est pas un crime. On constate qu’aujourd’hui même, dans bien des pays modernes, l’incinération tend à remplacer l’inhumation.

Les Allemands utilisaient dans tous les camps de concentration des chambres à gaz de désinfection. Ce n’était pas un crime là non plus ; c’était une nécessité d’hygiène. Le désinfectant employé était parfois de l’acide cyanhydrique. Sous sa forme commerciale il s’appelait « Zyklon » ou « Zyklon B ».

Le vrai crime des Allemands aurait été, d’après ce qu’on nous répète inlassablement depuis quarante ans, d’avoir employé d’énormes chambres à gaz spécialement conçues pour y tuer des hommes et, en particulier, des juifs. Ces chambres à gaz homicides auraient constitué l’arme spécifique d’un crime spécifique, lui-même appelé « génocide », c’est-à-dire extermination systématique d’une race.

Et c’est là que les révisionnistes interviennent pour nous dire : les prétendues chambres à gaz homicides de Hitler et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique. Pour les révisionnistes, ce prétendu génocide et ces prétendues chambres à gaz sont des inventions de la propagande de guerre. Ces inventions auraient dû normalement disparaître peu à peu après 1945. Si elles ont survécu jusqu’à nos jours avec une telle vigueur, c’est en raison de leur utilité pour certains, en particulier pour permettre la création de l’État d’Israël en 1948. Les sionistes, dès la fin de la guerre, faisaient valoir que les juifs n’avaient pas seulement été persécutés par Hitler (ce que personne ne met en doute) mais qu’ils avaient été les victimes d’un crime abominable, sans précédent dans l’Histoire, à la fois par la qualité et la quantité des massacres perpétrés : une qualité particulièrement affreuse et une quantité particulièrement gigantesque. En effet, rien ne pourrait se comparer en qualité d’horreur au fait d’utiliser des sortes d’abattoirs dans lesquels on aurait fait entrer des hommes, des femmes, des enfants pour la simple et unique raison qu’ils étaient de race juive. Rien non plus ne pourrait se comparer en quantité d’horreur au fait d’éliminer ainsi environ six millions d’êtres humains.

Les révisionnistes estiment que, s’il y avait eu un génocide, il n’y aurait plus eu de juifs européens après la guerre. Il n’y en aurait plus eu en Europe même et il n’y aurait pas eu de juifs européens pour émigrer vers les États-Unis, le Canada, l’Argentine, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Palestine... S’il y avait eu de la part de Hitler un ordre d’exterminer les juifs, comme on nous le répète sans cesse, on aurait retrouvé soit cet ordre même, soit des documents qui auraient prouvé l’existence d’un tel ordre. Par dessus tout les révisionnistes ont apporté la preuve que les fameuses chambres à gaz homicides n’avaient pas pu exister pour tout un ensemble de raisons précises d’ordre physique, chimique, topographique, médical,... Ils ont dévoilé les diverses supercheries employées à Auschwitz ou ailleurs pour donner à croire que les Allemands avaient eu recours à des chambres à gaz homicides.

Les révisionnistes ne disent pas que les juifs ont forgé le mensonge des chambres à gaz. Ils constatent que ce mensonge existait dans l’arsenal de la propagande de guerre des Alliés et qu’après la guerre les sionistes en ont tiré bénéfice. C’est ainsi que cette arme des Alliés, au lieu d’être abandonnée à la fin de la guerre, semble être devenue progressivement l’arme 1 de l’arsenal de la propagande israélienne.

Le mythe de l’Holocauste, c’est-à-dire essentiellement du prétendu génocide et des prétendues chambres à gaz homicides, est le mythe fondateur de l’État d’Israël. Il a permis à cet État de percevoir de l’Allemagne de l’Ouest des « réparations » financières que même Nahum Goldmann, l’ancien président du Congrès juif mondial et de l’Organisation sioniste internationale, a qualifiées d’« astronomiques ». Cela ne signifie pas qu’aux yeux des révisionnistes les sionistes aient mis au point une escroquerie. Là encore ils ont tiré partie d’une situation de fait.

Cris d’alarme

Le vrai motif d’angoisse de l’État d’Israël tient aux progrès des idées révisionnistes. 

Le 18 avril 1985, l’ancien premier ministre Menahem Begin est sorti de son silence pour dénoncer le danger que constitue à ses yeux la thèse révisionniste.

Aux États-Unis, Simon Wiesenthal et Elie Wiesel manifestent une inquiétude croissante et lancent des campagnes désespérées en vue de sauvegarder le mythe de l’Holocauste. Le président Reagan en personne, vraisemblablement sous l’effet d’intenses pressions, en est arrivé à formuler une mise en garde contre le révisionnisme quand il a dit dans le discours d’ouverture du « Rassemblement des survivants juifs de l’Holocauste » le 11 avril 1983 :

Nous devons veiller à ce que l’incommensurable souffrance de l’Holocauste ne soit pas déshumanisée, à ce qu’elle ne soit pas examinée cliniquement et sans passion, à ce que sa signification ne soit pas perdue pour cette génération ou pour les générations futures. 

Mais, précisément, ce que tout historien devrait se proposer de faire c’est d’étudier toute question historique sans passion et comme le ferait un clinicien ! 

On peut prévoir, sans grand risque de se tromper, que des hommes politiques américains et, en particulier, le président Reagan seront conduits à prendre la défense de l’Holocauste avec plus de force et de netteté encore dans les mois ou les années qui viennent. Il leur importera peu que la religion de l’Holocauste enferme de plus en plus les jeunes générations juives dans un ghetto psychologique et moral.

24 avril 1985

Tuesday, April 9, 1985

Lettre à M. le Directeur responsable de la publication "Al-Yom Assabeh", Paris


Monsieur le Directeur, 

En dernière page de votre livraison du 11 mars 1985, je suis nommé et mis en cause dans un article signé de M. Tahar Ben Jelloun. 

Je vous demande, en conséquence, de publier le texte ci-dessous, sans aucune déformation, dans les délais et dans les conditions ordinaires du « droit de réponse », en application de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881. 

Veuillez recevoir, je vous prie, mes salutations distinguées.


Texte en droit de réponse

M. Tahar Ben Jelloun critique vivement les historiens révisionnistes et dit que les Arabes et, en particulier, Radio Tiers Monde, ne devraient pas s’intéresser aux thèses de ces historiens, inspirés, dit-il, par l’antisémitisme.

En fait, les révisionnistes pensent qu’il n’est plus possible de décrire les Allemands tout en noir et les juifs tout en blanc. Il faut se débarrasser des légendes de la dernière guerre mondiale. Les Allemands ont certes utilisé des camps de concentration mais ils n’ont été ni les premiers, ni les derniers à le faire. Dans ces camps ils employaient des fours crématoires pour y brûler des cadavres, ce qui n’a rien de criminel. Mais c’est un mensonge que d’ajouter qu’ils utilisaient des chambres à gaz homicides : il n’a jamais existé de tels abattoirs humains, même à Auschwitz. De la même façon, il est vrai que Hitler a traité les juifs en ennemis, mais il est faux qu’il ait donné l’ordre d’un génocide ou d’un holocauste, c’est-à-dire d’une extermination systématique. S’il l’avait fait, il n’y aurait plus de juifs européens. Le prétendu « holocauste des juifs » est une imposture historique. Le chiffre de six millions de victimes juives est « symbolique ». Peut-être est-il mort un million de juifs par tout fait de guerre comme il est mort quarante millions d’autres personnes par tout fait de guerre, de 1939 à 1945.

Le mythe de l’Holocauste est le mythe fondateur de l’État d’Israël. Il a permis à cet état de percevoir de l’Allemagne des réparations financières que même Nahum Goldmann, président du Congrès juif mondial, a qualifiées d’« astronomiques ». Très inquiet des progrès du révisionnisme historique, le professeur W. D. Rubinstein, de Deakin University, a écrit en 1979 : « Si l’Holocauste venait à apparaître comme une imposture, l’arme n° 1 de l’arsenal de la propagande israélienne disparaîtrait. » 

N.B.  ne publier que si vous le jugez bon) : La déclaration du professeur Rubinstein a été faite dans Nation Review, 21 juin 1979, p. 639, et celle de Nahum Goldmann dans l’émission télévisée « Profil : Nahum Goldmann », Antenne 2, 18 août 1981, 22 h. De son côté, le professeur israélien Saul Friedländer a déclaré en 1980 : « L’école des historiens révisionnistes, ceux qui disent que l’Holocauste n’a jamais existé, que c’est une invention juive, est plus inquiétante que les positions politiques des États [1]. »

Un exposé, en langue arabe, de la thèse révisionniste peut se lire dans la livraison du 27 avril 1983 de Kol Al Arab.

9 avril 1985

[1] Australian Jewish News, 3 octobre 1980, p. 13.

Sunday, March 31, 1985

Deux anciens gazés d’Auschwitz : Henri Krasucki et Simone Veil


A mesure que se disloque le mythe des chambres à gaz hitlériennes, on découvre comment ce mythe s’est constitué et comment il s’est perpétué pendant plus d’une génération. 

Encore au début des années soixante, les responsables du CDJC (Centre de documentation juive contemporaine) de Paris pouvaient mentir sans trop de risques. C’est ainsi que sans vergogne ils créaient de toutes pièces des listes de juifs de France gazés à Auschwitz. Ils envoyaient ces listes aux responsables du musée d’Auschwitz, en Pologne, une institution communiste.

Munie de ces listes, Danuta Czech, conservateur du musée, établissait son fameux « Calendrier des événements survenus au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau ». Tous les convois de déportés s’y trouvent mentionnés. La plupart du temps sont également précisés le lieu et la date de départ de chaque convoi, sa date d’arrivée à Auschwitz, le nombre des déportés, puis, parmi ces derniers, le nombre des personnes sélectionnées pour le travail et le nombre des gazés. A aucun moment on ne nous dit clairement de quelle façon le nombre des gazés a pu être établi. Il semble toutefois que la méthode employée ait consisté à tenir pour gazées toutes les personnes qui ne paraissaient pas avoir obtenu un numéro d’immatriculation à leur arrivée.

Aussi longtemps que personne ne songeait à regarder ces listes de près, tout allait bien pour le CDJC, à Paris, et pour l’institution communiste polonaise. Mais du jour où il est devenu possible, grâce à des documents allemands, de connaître l’identité de chaque déporté juif de France pour chaque convoi, la supercherie est apparue au grand jour.

En 1978, Serge Klarsfeld a publié ces listes établies par les Allemands en 1942-1944. Il les a reproduites dans son Mémorial de la déportation des juifs de France (édité et publié par Beate et Serge Klarsfeld). 

Il suffit de comparer le Calendrier de Danuta Czech et le Mémorial de Serge Klarsfeld. On y découvre des milliers de cas où des gens qui ont été comptabilisés comme gazés... n’ont jamais été gazés. Je m’en tiendrai à deux exemples, celui d’Henri Krasucki et celui de Simone Veil. H. Krasucki est le responsable actuel de la CGT et membre éminent du parti communiste français. S. Veil a présidé l’Assemblée des communautés européennes. Ils n’ont jamais été gazés et ils continuent en 1985 de se bien porter selon toute apparence. Et pourtant...

D. Czech, sur la foi des renseignements fournis par le CDJC, écrivait en 1961 que le 26 juin 1943 il était arrivé à Auschwitz un convoi de mille quatre-vingt-trois juifs en provenance de Drancy. Et elle ajoutait : « Am gleichen Tag wurden alle vergast [1]. » 

Or, dans le livre de Klarsfeld, fondé sur les documents allemands, ce convoi (no 55) comprenait Henri Krasucki, né le 24 septembre 1924 à Wolodin (Pologne) ! 

De la même façon, D. Czech écrivait en 1964 que, le 16 avril 1944, il était arrivé à Auschwitz un convoi de mille cinq cents juifs en provenance de Drancy. Et elle ajoutait : « Nach der Selektion lieferte man 165 Männer als Häftlinge ins Lager ein, sie bekamen die Nr. 184097-184261. Die Übrigen wurden vergast [2]. »

Or, dans le livre de Klarsfeld, ce convoi (n° 71) comprenait Simone Jacob, née le 13 juillet 1927 à Nice ; par son mariage avec Antoine Veil, Simone Jacob est par la suite devenue Simone Veil ! 

Il faut lire les pages 9 et 10 du livre de Klarsfeld pour voir avec quelle légèreté ou quel manque de scrupules le CDJC a fabriqué des convois imaginaires de gazés. La où il n’y avait qu’un convoi, le CDJC en a compté deux ; là où il n’y en avait pas du tout, on en a créé de toutes pièces ; ailleurs, le CDJC et D. Czech, constatant que deux convois partis de Drancy n’avaient laissé aucune trace d’immatriculation à Auschwitz, en avaient profité pour en faire deux convois entièrement gazés ; en réalité ces deux convois avaient été envoyés à Majdanek ! Ailleurs encore trois convois de prétendus gazés étaient en fait allés à Kaunas-Reval ! Ailleurs enfin (voy. p 12), 3.056 déportés comptabilisés comme gazés étaient allés à Cosel !

Klarsfeld, qui est plus un justicier qu’un historien, mérite bien des reproches du même genre. Le titre de son ouvrage n’est pas très honnête. « Mémorial » donne à entendre qu’il s’agirait d’une liste de morts, alors qu’il s’agit de listes de déportés. J’ai montré par ailleurs [3] que Klarsfeld avait établi le nombre des morts d’une façon qui n’est pas plus scientifique que celle du CDJC ou de Danuta Czech.

Du Mémorial de Klarsfeld, dans ses éditions française et américaine, il ressort que les Allemands ont déporté pendant la guerre un quart des juifs de France (juifs français, étrangers et apatrides) : entre 75.721 et 76.500 sur un total de trois cent mille.

En 1984, Serge Klarsfeld a publié une monographie intitulée Les enfants d’Izieu, une tragédie juive. Pas une seule fois dans cet ouvrage il ne nous dit comment il est arrivé à la conclusion que ces quarante-trois enfants de moins de dix-sept ans ont été « gazés » ou « assassinés » à Auschwitz. 

Je le répète une fois de plus : il est inadmissible qu’à notre époque aucun accusateur de l’Allemagne n’ait entrepris une recherche de caractère scientifique pour déterminer exactement le nombre des juifs disparus. Grâce à l’abondance des documents que nous possédons et grâce aux ordinateurs, il devrait être facile pour les associations juives, françaises et internationales, de répondre à la question souvent posée :

« Que sont-ils devenus ? » 

Un quart des juifs de France ont été déportés et les trois quarts n’ont pas été déportés. Voilà déjà un fait difficile à concilier avec une prétendue politique d’extermination de la race juive par Hitler. Nous voulons savoir, à la fin des fins, combien parmi ce quart de déportés sont morts du fait des Allemands ou des alliés de l’Allemagne.

Note : 
Dans mon prochain livre je ne me contenterai pas de traiter de L’Album d’Auschwitz (le document le plus important avec la publication des photographies aériennes d’Auschwitz) et de Les Chambres à gaz, secret d’État (le livre le plus ascientifique et le plus abstrait qu’on ait publié sur la question)... je traiterai aussi de divers ouvrages dont la nouvelle édition en trois volumes de The Destruction of the European Jews, de Raul Hilberg et, s’il est paru d’ici là, du livre de Serge Klarsfeld et Jean-Claude Pressac sur les chambres à gaz. Mais je parlerai surtout de l’extraordinaire procès Zündel à Toronto (7 janvier-25 mars 1985) qui continue d’agiter tous les médias du Canada ; les associations juives attaquent la presse canadienne parce qu’elle a tenté de rendre compte assez impartialement des arguments révisionnistes. Les Canadiens ont été stupéfaits de la solidité de ces arguments et de la fragilité des témoignages ou des « expertises » exterminationnistes. Ils ont pu voir à quel point ces histoires de chambre à gaz et de génocide étaient fondées sur des convictions de nature religieuse. L’«  Holocauste » est une religion (ainsi qu’une industrie, un commerce, un instrument politique). Il est le mythe fondateur de l’État d’Israël. Il est « l’arme n° 1 de la propagande » de ce pays ainsi que l’a dit le professeur W. D. Rubinstein (Deakin University, Australie). Il menace ruine, d’où l’hystérie actuelle.

Note : l’Israélien Abba Eban est le narrateur d’un film pour la chaîne de télévision américaine PBS en neuf épisodes intitulé : « Heritage: Civilization and the Jews ». Il y parle longuement de l’« Holocaust » mais pas une seule fois il n’est question de « chambres à gaz » ni de « camions à gaz ». Il n’est pas le premier à considérer qu’il est « inutile » d’entrer dans ces détails. « He described how the Jews were holocausted but not what they were holocausted in. » (Prima Facie, publication révisionniste américaine, février 1985, p. 6.)

31 mars 1985


[1] Hefte von Auschwitz, n° 4, p. 110 : « Le jour même tous étaient gazés. »
[2] Hefte von Auschwitz, n° 7, p. 88 : « Après sélection, 165 hommes furent remis au camp comme détenus avec les numéros 184097-184261. Toutes les autres personnes furent gazées. »
[3] R. Faurisson, « Les Tricheries de l’Album d’Auschwitz » (reproduit dans le volume I des Ecrits révisionnistes (1974-1998) à la page 434.)