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Monday, February 28, 1994

Les chambres à gaz des pénitenciers américains


Pour l'exécution des condamnés à mort, certains états des États-Unis emploient des chambres à gaz dites «execution gas chambers». Le produit utilisé est toujours le gaz cyanhydrique (hydrogen cyanide). Depuis 1922, c'est précisément ce gaz que les Allemands emploient pour la destruction des parasites dans les bâtiments, les navires, les silos... ou encore dans des chambres à gaz spéciales dites chambres à gaz de désinfection, de désinfestation ou d’épouillage. La dénomination commerciale du produit, à base d'acide cyanhydrique, est «Zyklon», qui veut dire «cyclone». Le plus répandu de ces produits s'appelle « Zyklon B ». La légende prétend que, pendant la seconde guerre mondiale, en particulier à Auschwitz, les Allemands se sont servis du Zyklon B non seulement comme insecticide mais aussi comme moyen chimique d'extermination physique des juifs.


Ceux qui, au procès de Nuremberg et dans d'autres procès du même genre, se sont permis de porter une aussi terrible accusation auraient dû exiger une expertise de l'arme du crime prétendument utilisée par les Allemands. Ils ne l'ont pas fait, sauf dans le cas du Struthof-Natzweiler (Alsace) où l'expertise du professeur René Fabre, en décembre 1945, a révélé que la prétendue chambre à gaz n'était pas une chambre à gaz homicide. Ils auraient également dû, pour comparaison, examiner les chambres à gaz des pénitenciers américains pour s'interroger sur la procédure à suivre en vue d'exécuter un individu avec du gaz cyanhydrique. Ils ne l'ont pas fait non plus. Mais le plus extraordinaire peut-être est que les révisionnistes eux-mêmes ne semblent pas avoir songé à entamer une recherche sur les chambres à gaz américaines. Les révisionnistes allemands, pourtant armés de toute la science allemande, surtout en matière de chimie, ont été particulièrement timides dans le domaine de l'investigation chimique et les révisionnistes américains, qui pourtant savaient que dans leur propre pays on exécutait des prisonniers avec du gaz cyanhydrique, ont, eux aussi, négligé l'argument chimique et, en particulier, l'argument des chambres à gaz américaines.


C'est vers 1977 que j'ai personnellement pensé qu'il était indispensable d'examiner ces chambres-là. Je connaissais déjà assez bien les procédés de désinfection, de désinfestation ou d'épouillage à l'aide du Zyklon B et j'avais notamment étudié sur ce sujet des documents relatifs aux chambres à gaz Degesch. Mais l'expérience m'avait appris à me méfier des raisonnements par analogie. Du fait qu'on sait comment utiliser le gaz cyanhydrique pour désinfecter une matière morte comme des tissus ou des vêtements, il ne s'ensuit pas qu'on sache comment tuer des êtres vivants avec ce même gaz. Vers le milieu de 1978, je me tournais vers un avocat américain, Eugene Brugger, pour lui demander d'entreprendre une enquête auprès des pénitenciers possédant des chambres à gaz. E. Brugger apporta à ses investigations le plus grand soin. Il adressa à ces pénitenciers deux questionnaires minutieux. Il reçut de six d'entre eux des réponses qu'il me communiqua. A la simple lecture des réponses et des documents accompagnant celles-ci, il devenait d'une évidence implacable que les prétendues chambres à gaz nazies (« à l'état d'origine», «reconstruites» ou «à l'état de ruines») n'étaient que des impostures et que les prétendus récits de gazages homicides à Auschwitz n'étaient que des inventions de la propagande de guerre. L'exécution d'un seul homme dans une chambres à gaz américaine exige une machinerie si compliquée qu'il est impensable que les Allemands aient pu, de leur côté, exécuter des centaines de milliers d'hommes dans des « chambres à gaz » aussi frustes que celles qu'on présente aux touristes d'Auschwitz ou que les témoins nous décrivent parfois si succinctement.


La première exécution d'un condamné par le moyen du gaz eut lieu à Carson City (Nevada) en 1924. Elle faillit tourner à la catastrophe. La raison de cette mésaventure vaut d'être méditée parce qu'elle permet de mesurer la naïveté de la plupart des gens – y compris des scientifiques, des ingénieurs et même parfois des toxicologues – qui parlent des chambres à gaz nazies. Ces gens ont tendance à oublier que, de toutes les armes, le gaz toxique est probablement la plus difficile à utiliser, surtout si on l'applique à la matière humaine.


C'est, semble-t-il, vers 1917 que des Américains épris d'idées humanitaires ont imaginé qu'une exécution par un gaz mortel constituerait un procédé à la fois plus humain, plus discret et plus aisé que la fusillade, la pendaison ou la chaise électrique. Ils se trompaient. Se tuer soi-même avec un gaz peut être relativement facile (encore que beaucoup de tentatives de suicide par le gaz se soldent par des échecs, par des explosions ou par des catastrophes pour l'entourage) mais tuer avec un gaz quelqu'un d'autre que soi sans encourir de risques pour autant est particulièrement difficile.


Sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, en Europe, il est souvent arrivé que l'usage d'un gaz contre l'ennemi se soit retourné contre l'utilisateur. Plus récemment, un désastre comme celui de Bhopal, en Inde, montre à quel point, malgré les progrès de la science, on maîtrise encore mal l'emploi de certains gaz particulièrement toxiques. Aujourd'hui encore, soixante-dix ans après l'expérience de Carson City, le problème n° 1 des chambres à gaz américaines reste celui... de l'étanchéité ! Il faut savoir que l'acide cyanhydrique présente la particularité de ronger jusqu'aux joints d'étanchéité. Après chaque exécution, il est d'usage de changer tous ces joints en vue d'une nouvelle exécution ou d'un nouvel essai.


J'ai expliqué par ailleurs la procédure du gazage d'exécution aux États-Unis et je n'y reviendrai donc pas. Je me contenterai d'apporter ici huit photographies de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore (Maryland) que j'avais déjà publiées en France en 1980 [1], avec leurs explications et j'y ajouterai quelques observations complémentaires. Mais, auparavant, il convient sans doute d'aller au devant de certaines objections qui pourraient se résumer ainsi :


Si les chambres à gaz américaines sont si compliquées, ne serait-ce pas à cause d'une propension – bien américaine – au luxe de précautions, à la sophistication scientifique, aux égards pour le condamné et même, dans ces dernières années, au souci de ménager l'environnement ? Les nazis, eux, étaient brutaux, rudimentaires et n'avaient aucun égard pour leurs victimes.


Cet argument n'a pas grande valeur. Il est sûr qu'avec le temps la technologie des chambres à gaz américaines a bénéficié des acquis les plus récents de la science ; par exemple, au lieu d'un simple stéthoscope, le médecin qui surveille les battements de cœur du condamné dispose maintenant d'un stéthoscope électronique. Mais, si on passe en revue tous les détails de cette technologie (en prenant pour exemple une chambre à gaz américaine des années trente, quarante ou cinquante) et si on élimine tous les détails dont l'existence peut être due soit à un excès de sophistication, soit aux égards pour le condamné, on découvre que la simple nécessité de protéger ceux qui emploient la chambre à gaz exige des mesures draconiennes, bien plus encore que pour les chambres à gaz qui servent à la désinfection des vêtements. En effet, au terme d'une opération de désinfection, on peut, sans trop de difficultés, chasser les molécules de gaz cyanhydrique qui se sont accumulées dans les vêtements : des courants d'air chaud et d'air froid chassent une grande partie de ces molécules et les vêtements peuvent être battus, tandis qu'au terme de l'exécution d'un homme par le même gaz il est extrêmement difficile de chasser ces molécules car celles-ci se sont incrustées dans la peau, la graisse et les humeurs : on ne peut ni chauffer ni battre ce cadavre pour en chasser le gaz. On a besoin, dans ce dernier cas, d'instruments particuliers et d'une procédure spéciale. Le médecin et ses deux aides qui vont pénétrer dans la chambre à gaz où se trouve le cadavre du prisonnier doivent d'abord attendre que des ventilateurs orientables et un système d'aspiration puissant balaient et expulsent le gaz qui est dans la chambre à gaz. Ce gaz est expulsé vers un barboteur où il est neutralisé (au moins partiellement). Après une attente plus ou moins longue, ce médecin et ses deux aides, munis de masques à gaz, de tabliers et de gants de caoutchouc, doivent décontaminer le cadavre et ses vêtements. Le médecin commence par secouer la chevelure du cadavre, puis les deux aides vont laver le cadavre lui-même à grande eau, jusque dans ses ouvertures naturelles, sans oublier le pli des bras et des jambes : rien de comparable avec une désinfection de vêtements !


Au début de 1988, Ernst Zündel, révisionniste établi à Toronto (Canada), me demandait de lui communiquer les lettres que j'avais reçues des différents pénitenciers américains munis de chambres à gaz. Grâce à ces lettres, son avocate, Barbara Kulaszka, put se mettre en rapport avec Bill Armontrout, directeur de l'un de ces pénitenciers, qui lui signala que le meilleur spécialiste des chambres à gaz aux États-Unis était Fred Leuchter, lequel habitait Boston.


Sur la demande d'E. Zündel, je rencontrais F. Leuchter à Boston. Je découvris que ce dernier croyait, comme presque tout Américain, à l'existence des chambres à gaz nazies sans s'être jamais posé de questions sur la nature exacte, la configuration et le fonctionnement de ces extraordinaires abattoirs chimiques, capables, si l'on en croit la légende, de performances qui auraient laissé loin derrière elles les performances des chambres à gaz américaines. F. Leuchter, à qui je montrais des photographies et des documents concernant les prétendues chambres à gaz nazies, commença à se poser des questions. Rapidement il se rendit compte qu'il existait un «problème des chambres à gaz» nazies. Par la suite, il accepta de se rendre à Toronto pour y analyser la question de plus près, notamment en examinant les maquettes qu'E. Zündel avait fait construire par Hans Beisner à l'aide des plans que j'avais trouvés à Auschwitz en 1976. Il accepta de se rendre en Pologne, bien décidé à tirer l'affaire au clair, et en rapporta son fameux rapport sur les présumées chambres à gaz d'Auschwitz et de Majdanek.


Visite de la chambre à gaz de Baltimore


Le 14 septembre 1979, je visitais la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore sous la conduite du lieutenant Walter Farrier. Celui-ci n'avait pas assisté à une exécution et ce qu'il me dit fut, par conséquent, simplement ce qu'il lui avait fallu apprendre pour le cas où il aurait eu à procéder à une exécution. Il chargea un prisonnier, James F. P..., de prendre huit photographies selon mes instructions. On trouvera ci-dessous ces photographies [2].


La chambre à gaz de Baltimore a été bâtie dans les années cinquante mais, d'après la documentation que j'avais obtenue d'autres pénitenciers, sa technologie n'était pas essentiellement différente de celle des chambres à gaz des années trente ou quarante.


Le lieutenant me fournit des explications sur la chambre, sur son fonctionnement ainsi que sur l'exécution du condamné et sur le traitement du cadavre. Ces explications corroboraient celles que j'avais puisées dans ma documentation écrite (avec des variantes, parfois surprenantes comme on en découvre toujours chez les «spécialistes» ou prétendus tels). Je compris, par exemple, que s'il suffit de quelques milligrammes de cyanure pour tuer un homme, il faut, en réalité, jusqu'à une ou deux livres de cyanure dans une chambre à gaz car tout l'espace de la chambre doit être rempli du gaz mortel (ce qui complique l'opération d'évacuation de quantités si importantes). Il m'expliqua également pourquoi l'habitacle devait être fait d'acier et, pour les vitres, de verre Herculite (avec un dispositif pour empêcher la formation de buée).


A la fin de la visite, il me demanda la raison de ma curiosité. Je lui répondis que je m'intéressais aux chambres à gaz nazies. C'est alors que cet homme me dit : « Terrible ! Have you seen Holocaust ? » Il voulait parler du soap-opera consacré au prétendu génocide des juifs. Cet homme sensé venait de m'expliquer combien l'exécution d'une seule personne, aux États-Unis, par le moyen du gaz, était compliquée et dangereuse, et voilà que ce même homme n'éprouvait apparemment aucune difficulté à croire qu'en Allemagne on avait, pendant des années et le plus aisément du monde, gazé des milliers de personnes par jour.


Au cours des années suivantes, j'allais me rendre compte que même des ingénieurs, des toxicologues, des médecins, des scientifiques et des professeurs, même des spécialistes de la désinfection des vêtements au gaz cyanhydrique, avaient de ces naïvetés-là. Il y a, même chez l'homme bardé de connaissances, une forme de crédulité particulièrement déconcertante.


Le meilleur ouvrage technique que je puisse personnellement recommander sur les chambres à gaz américaines est The Third Leuchter Report: A Technical Report on the Execution Gas Chamber at Mississippi State Penitentiary, Parchman, Mississippi.


Sur mes conseils, E. Zündel a juxtaposé, à la page 2, la porte de la chambre à gaz de ce pénitencier et une porte de la prétendue chambre à gaz d'Auschwitz-I : une misérable petite porte vitrée. La juxtaposition des deux photographies est parlante.


Au sujet de la première exécution en chambre à gaz, celle de Gee Jon à Carson City en 1924, et au sujet de quelques autres parmi les premières exécutions aux États-Unis, on peut lire Frederick Drimmer, Until You Are Dead / The Book of Executions in America.


28 février 1994


Notes


[1] Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, p. 301-309.


[2] Elles sont reproduites ci-après.


***








Wednesday, May 30, 1990

Éditorial de la "Revue d'histoire révisionniste" n° 1


La première livraison de la Revue d’histoire révisionniste paraît dans des circonstances historiques exceptionnelles. Le « Mur de Berlin » s’est écroulé, « Yalta » est remis en cause, l’Union soviétique admet que « Katyn » n’est pas un crime allemand, comme feignaient de le croire les juges de Nuremberg, mais un crime soviétique. Moscou commence à ouvrir ses archives et ses charniers.

Depuis 1945, Moscou, avec l’approbation tacite des Alliés occidentaux, dissimulait les « registres mortuaires » d’Auschwitz. Les révisionnistes et, en particulier, Robert Faurisson et Ernst Zündel, dénonçaient publiquement en 1988 cette rétention de documents. En 1989, Gorbatchev a bien voulu accorder le droit au Comité international de la Croix-Rouge de consulter enfin ces registres. D’après les indices jusqu’ici recueillis, il ne fait pas de doute que le véritable chiffre des morts d’Auschwitz sera considérablement inférieur à celui de huit millions, comme l’affirmait un document officiel de la République française ; à celui de quatre millions, comme l’indique le monument de Birkenau ; à celui de trois millions, comme le confessait « le commandant d’Auschwitz » ; à ceux d’un million six cent mille, d’un million deux cent cinquante mille ou de huit cent mille comme le prétendent certains auteurs tels que Yehuda Bauer, Raul Hilberg ou Gerald Reitlinger. Ce chiffre dépassera-t-il de beaucoup celui de soixante-quatorze mille qui, d’après ce qu’en dit la presse, représenterait le total des morts enregistrées ? Les vérités du procès de Nuremberg et, à l’autre bout du monde, du procès de Tokyo, sont aujourd’hui revues et corrigées. Jamais peut-être, depuis l’époque de la Renaissance, n’a-t-on à ce point revu, corrigé, rectifié un pareil ensemble de vérités historiques reçues ou imposées. Le dogme du communisme s’effondre. Le dogme de l’Holocauste est en péril.

Tandis qu’à l’Est on change, à l’Ouest on a plutôt tendance à préserver les acquis. Trop d’interdits y pèsent encore sur la recherche historique. On y songe à voter des lois spécifiques contre le révisionnisme, c’est-à-dire contre le droit au doute et à la recherche. Trop de fonds d’archives restent fermés aux chercheurs, en particulier le fonds, extraordinairement riche, du Service international de recherches situé à Bad Arolsen (Allemagne) et qui relève du Comité international de la Croix-Rouge, sis à Genève ; en 1978, devant la montée du révisionnisme, les Alliés, l’État d’Israël et quelques autres pays ont institué un redoutable barrage pour soustraire ces archives à la curiosité des historiens et l’on est allé jusqu’à dissoudre la « Section historique » de cet organisme. Il faudra rouvrir cette « Section historique ». Un organisme international qui se prétend neutre doit recouvrer sa neutralité.

Parmi les archives à ouvrir, citons pêle-mêle celles qui touchent à des sujets aussi divers que la réalité du camp de Treblinka, l’histoire des relations constantes, pendant la guerre, des autorités du IIIe Reich avec des organismes juifs européens, américains ou palestiniens en vue de l’émigration des juifs hors d’Europe (Europa Plan, etc.) ; la nature exacte des efforts déployés par Churchill et Roosevelt pour entraîner les États-Unis dans une guerre contre le Japon et l’Allemagne ; le nombre véritable des déportés résistants et des déportés politiques, raciaux et non raciaux ; l’affaire Rudolf Hess ; l’Épuration ; la livraison par les Alliés de civils et de militaires russes, après la guerre, à la police militaire soviétique ; la déportation des Allemands de l’Est européen ; le traitement des vaincus par les vainqueurs ; la conduite des procès pour « crimes de guerre », etc.

Le monde arabo-musulman et certains pays du Tiers Monde, accédant à plus d’indépendance et de dignité, refuseront de cautionner une sorte d’histoire officielle artificiellement bâtie par ceux qui, jusqu’ici, détenaient presque exclusivement richesses et connaissances. Venus de ce monde ou de ces pays, des chercheurs indépendants remettront en cause le dogme de l’Holocauste, parmi quelques autres dogmes que les sociétés humaines se forgent de siècle en siècle, dans tous les pays et dans tous les temps.

La RHR est ouverte aux auteurs français et étrangers de toute opinion, sans exclusive. Elle publiera des documents et des études relatifs à la seconde guerre mondiale, base sur laquelle s’est fondé, dès 1945, le monde où nous vivons. Mais le révisionnisme ne se cantonne pas dans le temps et toute période de l’histoire l’intéresse, y compris l’actualité.



Quelle meilleure illustration de l’actualité du révisionnisme que les événements de Roumanie ? L’article de Serge Thion montre que si sur le sujet on s’est laissé aller, dans la classe politique et chez les journalistes, à des extravagances, la réaction saine et naturelle qui consiste à s’interroger ensuite sur ces extravagances a été quasi instantanée. On a déliré, puis, très vite, on s’est fait révisionniste. Le procès Ceaucescu aura été un raccourci du procès de Nuremberg et « Timisoara », un condensé d’Auschwitz (p. 9-15).

Lorsque s’écrira l’histoire du révisionnisme, il est probable qu’on parlera du « révisionnisme d’avant Zündel » et du « révisionnisme d’après Zündel ». La figure d’Ernst Zündel, un Allemand établi au Canada, est centrale. Les deux énormes procès qui lui ont été intentés, en 1985 et 1988, ont provoqué une sorte de fracture dans l’édifice de l’Holocauste. On lira le bouleversant récit qui est fait du procès de 1988 par E. Zündel en personne (p. 16-37).

Depuis longtemps, les intellectuels du monde arabo-musulman s’intéressaient au révisionnisme. Aujourd’hui, Mondher Sfar, d’origine tunisienne, franchit le pas et entre de plain-pied dans un domaine où il devient indispensable que s’exprime, à son tour, la subtilité d’esprit des intellectuels de la double culture, islamique et européenne (p. 38-50). Ahmed Rami, de son côté, Berbère d’origine marocaine et vivant à Stockholm, a repris le flambeau transmis par Ditlieb Felderer. Avec une vigueur peu commune, il a réussi, par ses publications et par son action à la tête de Radio Islam, à lancer un débat historique aux répercussions internationales (voy. rubrique « Suède », p. 172-174).

Fred Leuchter, ingénieur américain spécialisé dans les systèmes d’exécution capitale aux États-Unis, avait soumis en 1988 au tribunal de Toronto un rapport technique de cent quatre-vingt-douze pages sur les présumées chambres à gaz d’exécution situées à Auschwitz, Birkenau et Majdanek. Ce rapport contenait les résultats d’analyse d’échantillons confiés à un laboratoire américain. La conclusion était venue : il n’avait jamais pu exister de telles chambres à gaz dans ces trois camps. Aujourd’hui, la RHR publie, en avant-première, la version française d’un second rapport Leuchter portant, cette fois-ci, sur les présumées chambres à gaz d’exécution situées à Dachau, Mauthausen et au château de Hartheim. Pour ces trois emplacements d’Allemagne et d’Autriche, la conclusion est la même que pour les trois camps de Pologne. Robert Faurisson a rédigé la préface de ce rapport et sa bibliographie critique (p. 51-114).

Toute livraison de la RHR contiendra un document inédit. Le rapport Mitkiewicz a été tenu secret pendant trente ans par les Américains. Il décrit les modes de combat que la résistance polonaise a pu utiliser contre les civils et les militaires allemands en 1943. La propagation du typhus a été l’une des armes employées. Quand on se décidera à écrire une histoire générale des épidémies de typhus durant la seconde guerre mondiale, on mesurera l’étendue des ravages provoqués par ces épidémies-là, et par quelques autres, dans toute l’Europe en guerre. Ce que les Alliés, à la libération des camps allemands, ont photographié ou filmé consistait pour l’essentiel en un choix, bien compréhensible pour l’époque, de vues montrant des malades, des moribonds ou des morts, victimes de ces épidémies. L’Allemagne, qui se battait sur deux fronts, sans compter le front aérien, luttait aussi sur le front du typhus. Il n’y a que les moralistes pour condamner les « crimes de guerre » des vainqueurs ou des vaincus comme si la guerre elle-même n’était pas, à elle seule, le plus grand des crimes (p. 115-128).

On accable aujourd’hui Staline parce que le monde communiste s’effondre mais on épargne les autres vainqueurs de la seconde guerre mondiale parce que leurs pays restent forts. Roosevelt, il est vrai, a beaucoup perdu de son crédit. Churchill est de plus en plus contesté. De Gaulle paraît moins grand. Les progrès de la recherche historique nous font découvrir leur cynisme ou leur machiavélisme dans la préparation ou la conduite de la guerre (p. 147-149).

Sur le comportement des Américains et des Français à l’égard des prisonniers de guerre ou de certains civils allemands après le 8 mai 1945, le livre du Canadien James Bacque fournit des informations qui ne sont certainement pas à l’avantage du général Eisenhower et du général de Gaulle. Et cela à l’heure où le grand public apprend de quelle manière, à l’Est, on a cruellement traité les civils et les militaires allemands vers la fin de la guerre et après la guerre: les vaincus ont repeuplé les camps de concentration et la plus forte déportation qu’ait connue l’histoire, et l’une des plus cruelles, a été celle de ces millions de civils allemands chassés de l’Est par les Russes, les Polonais, les Tchèques (p. 150-160).

Pour le profane qui n’a du révisionnisme que l’image qu’en proposent les grands moyens d’information, il est probable que c’est la dernière partie de cette livraison de la RHR qui suscitera le plus d’étonnement. Cette partie commence à la page 161. Nous y renvoyons le lecteur.

Ceux qui s’imaginaient que les historiens avaient, pour l’essentiel, fixé les traits de notre époque, sont en train de découvrir depuis quelque temps qu’il n’en était rien. On commence enfin à écrire l’histoire de la seconde guerre mondiale. Les révisionnistes se chargeront, pour leur propre part, de contribuer à cette renaissance de l’esprit critique et de répondre au besoin, irrépressible malgré tous les interdits, de savoir « ce qui s’est vraiment passé ». C’est en ce sens qu’on a pu dire du révisionnisme historique qu’il est la grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle, de la fin de ce millénaire. 



[Publié dans la RHR n° 1, mai-juillet 1990, p. 5-8, non signé.]

Tuesday, May 1, 1990

Proposition de loi de M. Jean-Claude Gayssot tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite et xénophobe (Assemblée nationale, 2 mai 1990)



Les révisionnistes en prison ?

Sur l’initiative du Parti socialiste et, en particulier, de Laurent Fabius, l’Assemblée nationale examinera demain, 2 mai, une loi proposée par le Parti communiste (Jean-Claude Gayssot) et adoptée par la Commission des lois (François Asensi) qui permettra de jeter en prison ceux qui disent qu’il n’a jamais existé de chambres à gaz autres que de désinfection dans les camps de concentration allemands de la dernière guerre.

Cette loi stalinienne risque d’être votée à l’heure même où le Grand Mensonge communiste s’effondre, même à Moscou, sur la Place Rouge. 

Cette loi stalinienne pourrait bâillonner les Français au moment même où les Allemands ont eu, à deux reprises, le droit de voir et d’entendre dans une émission de « Spiegel T.V. » (Radio-Télé Luxembourg) l’ingénieur américain Fred Leuchter, spécialiste des chambres à gaz homicides, qui, dans un rapport de 192 pages déposé devant le Tribunal de Toronto, a établi qu’il n’a jamais existé ni pu exister de telles chambres à gaz à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek. Son rapport s’accompagne d’analyses de fragments recueillis, d’une part, dans une vraie chambre à gaz de désinfection de Birkenau et, d’autre part, dans les prétendues chambres à gaz homicides d’Auschwitz et de Birkenau.

L’Union soviétique et les pays de l’Est se libèrent du Grand Mensonge communiste. L’Allemagne commence à se libérer du Grand Mensonge holocaustique. La France, elle, s’apprête à donner des gages à son Parti communiste, perclus de mensonges, et à l’internationale holocaustique, toute ardente du mensonge des chambres à gaz et du génocide.

La France, « la patrie des droits de l’homme », va devenir la risée du monde entier. 

Les révisionnistes ne craignent ni la répression, ni la prison. Le révisionnisme, cette grande aventure de la fin de notre siècle, s’est déjà étendu sur les cinq continents (y compris l’Afrique et l’Asie). Plus rien ne l’arrêtera.

N.B. : A la page 22 du rapport de la Commission des lois figure la perle suivante : 

Il s’agit donc bien de réprimer ceux qui contestent l’holocauste nazi, et non pas de viser l’ensemble des faits qui, dans tel ou tel pays, peuvent être considérés comme des crimes contre l’humanité.

1er mai 1990

Saturday, April 23, 1988

Préface au Rapport Leuchter sur Auschwitz


Fred A. Leuchter est ingénieur ; il est âgé de quarante-cinq ans ; il vit à Boston où il s’est spécialisé dans l’étude et la fabrication des systèmes d’exécution capitale dans les pénitenciers américains. Il vient notamment de mettre au point un projet pour la modernisation de la chambre à gaz du pénitencier de Jefferson City (Missouri).

En janvier 1988, je me trouvais à Toronto où je participais à la défense d’Ernst Zündel, un Allemand établi au Canada, actuellement poursuivi en justice pour avoir «propagé une fausse assertion» en publiant une brochure intitulée : Did Six Million Really Die ? (En est-il vraiment mort six millions ?). Cette brochure conteste l’opinion généralement reçue selon laquelle les Nazis auraient tué six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale, principalement à l’aide de «  chambres à gaz » fonctionnant à l’acide cyanhydrique (Zyklon B).

Déjà en 1985, E. Zündel était passé en jugement pour le même motif. Le procès avait duré sept semaines et il s’était achevé par une condamnation à quinze mois de prison ferme. En janvier 1987, la cour d’appel de l’Ontario cassa le jugement pour de graves motifs de fond et un nouveau procès fut décidé, qui commença le 18 janvier 1988 et se poursuit encore à l’heure qu’il est.

Mes premiers entretiens avec Fred Leuchter eurent lieu à Boston les 3 et 4 février 1988. Je fus étonné par la pertinence et la concision de ses réponses à mes questions et par son aptitude à justifier tout détail des procédures d’exécution par le gaz. Il me confirma le caractère particulièrement dangereux d’une exécution par le gaz cyanhydrique.

C’est aux États-Unis, en 1924, qu’on procéda pour la première fois à des exécutions au moyen de ce gaz ; mais, encore en 1988, la construction des chambres à gaz se heurte à de graves difficultés et, en particulier, au problème de l’étanchéité. Je remarquais en passant que F. Leuchter ne s’était pas posé de question sur l’opinion qu’on a généralement de l’« Holocauste » des juifs.

Dès mon retour de Boston à Toronto et après le compte rendu que je lui fis de mes entretiens avec F. Leuchter, E. Zündel décida de demander à ce dernier une expertise des « chambres à gaz » d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek.

F. Leuchter accepta la mission après un week-end passé à Toronto, où il examina des photographies aériennes de camps de concentration prises pendant la guerre, des plans des crématoires et des « chambres à gaz », des documents sur le Zyklon B et des diapositives prises sur place par un chercheur suédois, Ditlieb Felderer.

Le 25 février 1988, F. Leuchter partit pour la Pologne avec une secrétaire (sa femme), son dessinateur (Howard Miller), un vidéo-cameraman (Jürgen Neumann) et un interprète de polonais (Tijudar Rudolph). Il en revint une semaine plus tard, le 3 mars.

A son retour, il écrivit un rapport de cent quatre-vingt-douze pages, annexes comprises. Sa conclusion était claire : la preuve était là, écrasante, qu’il n’y avait pas eu de chambre à gaz homicide à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek ; on ne pouvait pas sérieusement considérer « qu’aux emplacements inspectés les présumées chambres à gaz aient été autrefois utilisées ou puissent aujourd’hui fonctionner comme des chambres à gaz pour exécution ».

Les 20 et 21 avril 1988, il témoigna à la barre du tribunal de Toronto. Il répondit d’abord aux questions que lui posait l’avocat d’E. Zündel, Douglas H. Christie, assisté de Keltie Zubko. Puis il eut à répondre au contre-interrogatoire du procureur de la Couronne, John Pearson, représentant le ministère public et assisté durant tout le procès par un autre procureur et un clerc, non sans de fréquentes consultations avec des conseillers juifs qui se tenaient derrière lui dans la salle du tribunal.

L’interrogatoire par l’avocat et le contre-interrogatoire par le procureur se déroulèrent devant un juge et un jury de onze membres. Dans la salle, la tension était extrême. J’étais aux côtés d’un certain nombre d’experts révisionnistes, dont William Lindsey, un chimiste qui, avant de prendre sa retraite en 1986, dirigeait un laboratoire de recherches du groupe Du Pont. Il me semble que toutes les personnes présentes, indépendamment des opinions personnelles sur le sujet de l’« Holocauste », avaient pleinement conscience d’assister à un événement de portée historique. Le mythe des « chambres à gaz » touchait à sa fin.

La veille, le directeur du pénitencier de l’État du Missouri, Bill Armontrout, avait expliqué au cours de son témoignage la procédure de préparation et le mode d’opération d’une chambre à gaz fonctionnant à l’acide cyanhydrique. Tout auditeur attentif découvrait alors que, s’il était si difficile d’exécuter de la sorte une seule personne, la prétendue exécution de centaines de milliers de personnes par les Allemands avec du Zyklon B équivalait à la quadrature du cercle.

Le témoin qui succéda à F. Leuchter fut James Roth (docteur ès sciences de l’Université Cornell), administrateur des Laboratoires Alpha situés à Ashland (Massachusetts). Son exposé porta sur l’analyse d’échantillons prélevés sur les murs, les sols, les plafonds et autres emplacements des prétendues chambres à gaz d’Auschwitz-I et de Birkenau. Les examens révélaient une absence totale, ou bien un niveau infinitésimal de quantités décelables de cyanure, à une exception près : l’échantillon de référence no. 32 prélevé dans le bâtiment de désinfection no. 1 de Birkenau. Ces résultats, qu’on trouvera reproduits sous la forme d’un graphique dans l’annexe I du rapport Leuchter, furent projetés sur écran devant le jury. La différence était spectaculaire entre, d’une part, la quantité énorme de cyanure décelée dans le bâtiment de désinfection et, d’autre part, la quantité nulle ou infinitésimale trouvée dans les prétendues «chambres à gaz». (A mon avis, les quantités infinitésimales décelées dans certains crématoires résultent probablement de la désinfection de ces locaux pendant la guerre.)

Qu’on me permette, à ce point, un retour sur le passé et quelques observations d’ordre personnel.

Je crois avoir été le premier à dire que toute étude des prétendues « chambres à gaz » allemandes fonctionnant au Zyklon B devrait commencer par un examen des chambres à gaz américaines. Dès 1977, par l’intermédiaire d’un ami américain, Eugene C. Brugger, avocat à New York, j’avais commencé une enquête en ce sens. Six pénitenciers américains avaient bien voulu répondre à mes questions: ceux de San Quentin (Californie), de Jefferson City (Missouri), de Santa Fe (Nouveau Mexique), de Raleigh (Caroline du Nord), de Baltimore (Maryland) et de Florence (Arizona). A l’époque, force me fut de conclure que seul un expert en technologie des chambres à gaz américaines pourrait en fin de compte déterminer si les « chambres à gaz » allemandes pouvaient avoir été utilisées comme on nous le décrit dans la littérature de l’« Holocauste ».

Dans les années qui suivirent, mes articles sur les « chambres à gaz » allemandes firent toujours référence aux chambres à gaz américaines. Au nombre de ces articles figurèrent « La Rumeur d’Auschwitz ou “le Problème des chambres à gaz” », paru dans Le Monde du 29 décembre 1978, et une longue interview (écrite) publiée en août 1979 dans le mensuel italien Storia Illustrata. En septembre 1979, j’avais visité la chambre à gaz de Baltimore (Maryland) et j’en avais rapporté huit photographies ainsi qu’une documentation. Lors d’une conférence tenue à New York sous les auspices de Fritz Berg, je fis état de la « feuille de contrôle de la marche à suivre pour une exécution par le gaz » au pénitencier de Baltimore et j’en montrai les implications. En 1980, dans la première livraison du tout jeune Journal of Historical Review, je publiai un article intitulé « The Mechanics of Gassing », au cours duquel je décrivais les procédures d’exécution en chambre à gaz aux États-Unis. La même année, je publiai dans Vérité historique ou vérité politique ? les huit photographies de la chambre à gaz de Baltimore. En 1981, mon vidéo-film sur « Le Problème des chambres à gaz » (http://www.youtube.com/watch?v=tyMQHd9C2sU&feature=PlayList&p=17401DB9965FB051&index=0&playnext=1) s’ouvrait sur une analyse des chambres à gaz américaines. En 1983, je préparai pour notre Institute for Historical Review (Los Angeles) un livre en anglais sur la controverse à propos de l’« Holocauste » ; là encore, je revenais sur le sujet des chambres à gaz américaines. Pour la première fois allaient être publiées la liste des questions posées aux responsables des pénitenciers et les réponses que j’avais reçues. Mais ce livre ne devait pas voir le jour ; le 4 juillet 1984, le jour de l’Indépendance américaine, un incendie criminel détruisait entièrement les archives de l’institut. Ce fut une catastrophe financière et un certain nombre de projets, dont celui de mon livre, furent abandonnés.

L’« Holocauste » peut apparaître comme un sujet d’énormes proportions. Mais, ainsi que l’a dit Arthur R. Butz, auteur de The Hoax of the Twentieth Century (La Mystification du XXe siècle), il s’agit là d’un « géant aux pieds d’argile ». Pour en apercevoir les pieds d’argile, il suffit de se rendre en Pologne au camp de concentration d’Auschwitz. Wilhelm Stäglich l’a dit : « C’est là que la thèse d’une extermination planifiée des juifs résiste ou s’écroule. » A mon tour, je prétends que tout le mystère d’Auschwitz est concentré dans les soixante-cinq mètres carrés de la prétendue «chambre à gaz» d’Auschwitz-I et dans les deux cent dix mètres carrés de la prétendue « chambre à gaz » de Birkenau. Les Alliés auraient dû expertiser ces deux cent soixante-quinze mètres carrés tout de suite après la guerre, mais rien ne fut fait à l’époque et rien ne l’a été depuis. Jan Sehn, le juge d’instruction polonais, ordonna quelques expertises mais aucune ne porta sur les « chambres à gaz » elles-mêmes.

Certaines études révisionnistes ont montré que les emplacements réputés avoir servi de « chambres à gaz » homicides n’ont pas pu être utilisés à cette fin. Ditlieb Felderer a publié des photographies qui révèlent la pauvreté de construction des orifices d’aération et des portes des « chambres à gaz » et l’absence de toute marque bleue d’acide cyanhydrique (ou : prussique). J’ai moi-même découvert en 1975 dans les archives du Musée d’État d’Auschwitz (des archives autour desquelles les autorités communistes montent bonne garde) les plans de ces prétendues « chambres à gaz » et j’ai été le premier à les publier dans une série de livres et d’articles. J’ai montré ces plans au premier congrès de l’Institute for Historical Review à Los Angeles en 1979. E. Zündel était présent. Ces « chambres à gaz » avaient été, en réalité, ainsi qu’on pouvait le lire sur les plans, des chambres froides pour les cadavres : Leichenhalle pour le crématoire I et Leichenkeller pour le crématoire II (la première ayant été ultérieurement transformée en un abri anti-aérien).

Toutefois, pour apporter une confirmation totalement scientifique à ce que le simple bon sens faisait apparaître et à ce que révélaient les recherches et les documents des révisionnistes, il fallait un spécialiste des chambres à gaz américaines. Je désespérais de trouver un tel spécialiste et, à vrai dire, j’avais peu d’espoir de découvrir un homme qui, non content d’être versé dans la technologie des chambres à gaz, aurait assez de courage pour mener ce type d’enquête dans un pays communiste et pour en publier les résultats si ceux-ci venaient à confirmer les conclusions révisionnistes.

Heureusement, je me trompais.

Fred Leuchter allait être le spécialiste en question. Il s’est rendu en Pologne, il y a conduit une enquête technique, a rédigé un rapport et a témoigné en faveur d’E. Zündel devant un tribunal canadien. Ainsi est-il, sans éclat, entré dans l’Histoire.

F. Leuchter est un homme d’apparence modeste et d’une tranquille détermination ; il s’exprime avec précision. Il aurait pu être un excellent professeur et il possède un don réel pour vous faire saisir les moindres détours d’un problème compliqué. Je lui demandai s’il ne redoutait pas quelques suites dangereuses ; il eut cette réponse : « Un fait est un fait. »

A la suite de sa lecture du « Rapport Leuchter », le fameux historien britannique David Irving déclara, le 22 avril 1988, à la barre des témoins du tribunal de Toronto, qu’il s’agissait là d’un document « accablant », appelé à devenir essentiel pour tout historien de la seconde guerre mondiale.

Sans E. Zündel, à peu près rien de ce qui s’est passé là n’aurait été concevable. E. Zündel sacrifie tout à sa recherche de l’exactitude historique. Il vit aujourd’hui dans des conditions difficiles face à des ennemis influents et puissants. La répression qu’il subit est incessante et prend parfois les formes les plus vicieuses. Mais il possède une forte personnalité et un indéniable charisme. Il s’entend à analyser les situations, à évaluer les rapports de force, à tirer avantage de ce qui l’accable. Des quatre coins du monde il appelle à lui et il mobilise les compétences requises. L’homme est profond ; il est un génie où se combinent le sens commun et une vue pénétrante des êtres et des situations.

Peut-être va-t-il, une nouvelle fois, être envoyé en prison à cause de ses recherches et de ses convictions; la procédure dite de déportation l’attend peut-être. Tout est possible. Tout peut arriver quand vient à se produire une crise de l’esprit et une révision aussi vaste de certains concepts historiques. Le révisionnisme est la grande aventure intellectuelle de la fin de ce siècle. Dans tous les cas, E. Zündel aura gagné. Il aura été ce pacifiste et cet activiste qui l’emporte par les seules vertus de la raison et de la persuasion.

23 avril 1988