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Wednesday, October 18, 1989

Lettre à Max Clos, du "Figaro" (non publiée) : Réponse à mes interrogateurs allemands


De jeunes Allemands me demandent : 

Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que soixante-dix mille juifs de France pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? 

[NdÉ : Voici le texte complet paru dans Le Figaro du 13 octobre 1989, en p. 2 :

Je suppose que je ne suis pas la première qui vous écris au sujet de votre opinion concernant les chambres à gaz et le génocide. Je suis tout à fait du côté de M. le maire de Vichy qui a condamné sans réserve l’action agressive des « Fils de la mémoire juive ». Néanmoins, je souligne queje n’approuve pas du tout votre déclaration. Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que 70.000 juifs de France pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? [...]

Inamarie Brüning (16 ans), Cologne (RFA). 

Il s’agit d’une lettre adressée à M. Robert Faurisson par un groupe d’élèves de la section franco-allemande du lycée Kreuzgasse et transmise par leur professeur de français, M. Werner Kronenberg, ancien étudiant de M. Faurisson à Lyon (1975).] 

Voici ma réponse en trois points.

– Juifs de France –

Les Allemands, considérant les juifs comme des ennemis réels ou potentiels, ont déporté de France environ soixante-quinze mille juifs, soit entre un quart et un cinquième des juifs qui vivaient alors dans notre pays. Ces soixante-quinze mille déportés comprenaient des juifs français (en minorité), étrangers et apatrides, ainsi que des « volontaires » ou « optants ». Beaucoup ont été déportés vers la Pologne, d’où ils provenaient. Il est faux que soixante-dix mille d’entre eux soient morts. Ce chiffre résulte de spéculations – que j’ai analysées dans mes écrits – et qui sont si fantaisistes qu’on en est venu à comptabiliser comme « gazées » des personnes telles que Simone Jacob (en fait Simone Veil) et Henoch et Laia Krasucki (en fait Henri Krasucki et sa mère). Le vrai chiffre est connu depuis 1973 mais il est tenu caché par les autorités gouvernementales, lesquelles, de temps à autre, produisent des chiffres fictifs. A la suite d’une enquête de vingt ans terminée en 1973, le Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale, organisme rattaché au Premier Ministre, a pris la décision de cacher ces chiffres, dont celui des déportés raciaux morts et vivants. Les motifs invoqués ont été les suivants :

– « les chiffres auxquels on arrive sont inférieurs à ceux qui ont été avancés. [Il est à craindre] que ces chiffres ne soient mis en cause par certaines associations d’anciens combattants, qui sont parfois tentées de condamner le système concentrationnaire nazi par des critères plus quantitatifs que qualitatifs » ;
– « pour éviter des heurts possibles avec certaines associations de déportés » ; 
– « [une telle publication] risquerait de susciter des réflexions désobligeantes pour les déportés. » [1]

Les chiffres, ainsi que les archives, de ce comité sont en la possession du Comité d’histoire du temps présent, qui ne les a toujours pas publiés.

– Juifs européens –

A la fin de la guerre, les juifs européens étaient encore là ; ils n’ont donc pas été exterminés. Chaque survivant juif des camps de concentration est la preuve vivante de ce qu’il n’y a eu ni une politique d’extermination physique, ni des « camps d’extermination » (expression forgée par la propagande des Alliés). S’il avait existé une pareille tuerie systématique, notamment dans de monstrueux abattoirs chimiques, Simone Veil, Élie Wiesel, Simon Wiesenthal ne seraient pas là, non plus que les nombreuses associations d’anciens déportés juifs, non plus que les rassemblements des anciens de l’« Holocauste », non plus qu’une bonne partie des quelque quatre millions quatre cent mille personnes qui ont touché ou touchent des indemnités financières de la part de la RFA [République fédérale allemande] ; 40 % de ces personnes sont domiciliées en Israël, 20 % en RFA et 40 % dans le reste du monde, où le Congrès juif mondial possède 70 représentations nationales. Il est probable que 3.500.000 juifs ont été ou sont indemnisés [2]. Nul n’est mieux armé pour déterminer le nombre approximatif des juifs européens morts durant la guerre, et surtout dans les camps où tout était enregistré, que le Service international de recherches (SIR) d’Arolsen-Waldeck. Situé en RFA, cet organisme est censé dépendre du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il détient des archives colossales. Jusqu’en 1978, il possédait une « Section historique » à laquelle les chercheurs avaient accès et il publiait de très intéressantes statistiques sur les décès dans les camps. Dès qu’il apparut que recherches et statistiques pouvaient, d’année en année, confirmer la thèse révisionniste, le SIR fut verrouillé : la « Section historique » fut dissoute, l’accès aux chercheurs interdit, la publication de statistiques prohibée, le rapport d’activité annuel devint secret (sauf pour une infime partie, dénuée d’intérêt) et dix gouvernements, dont celui d’Israël, établirent un strict contrôle. Contrairement à ce qui se dit complaisamment, jamais le CICR ni le SIR n’ont vraiment cherché à consulter les « Totenbücher » (registres mortuaires) détenus depuis 1945 par les Soviétiques à Moscou. Toutes les morts d’Auschwitz étaient scrupuleusement consignées par les Allemands, jour après jour. Je rappelle, par ailleurs, que « pour une mort naturelle, il fallait vingt et une signatures et pour une mort non naturelle [meurtre, suicide, exécution], trente-trois [3]. » Ce sont les révisionnistes qui ont fait éclater le scandale de la rétention générale des registres. Le musée d’Auschwitz cachait ses deux ou trois volumes, dont le SIR possédait une copie qu’il cachait également. Le 8 août 1989, nous adressions une lettre ouverte à Gorbatchev pour demander accès aux « Totenbücher » de Moscou. Un mois et demi plus tard, la présidente de la « Croix-Rouge » soviétique annonçait au CICR de Genève que la consultation était autorisée. Le chiffre des morts d’Auschwitz serait de soixante-quatorze mille et non pas de quatre millions comment l’indiquent le monument de Birkenau et le rapport de Nuremberg URSS-008. Reste à savoir si ce chiffre n’inclurait pas aussi les soldats, officiers, médecins allemands et membres de leurs familles décédés à Auschwitz, en particulier à cause du typhus et de la fièvre typhoïde ; c’est à cause de ces épidémies que les Allemands avaient installé dans ce camp, comme dans bien d’autres, des unités de désinfection au Zyklon B et des fours crématoires pour l’incinération des cadavres.

– Les arguments révisionnistes –

Mes jeunes correspondants décrètent que la « position » révisionniste est « fausse ». Qu’en savent-ils ? Avant de juger, il faut lire. Or, dans leur pays, les écrits révisionnistes sont « streng verboten » et spécialement « pour la jeunesse ». Il existe en RFA une loi qui permet d’envoyer les révisionnistes en prison, et un office spécial de censure des ouvrages dangereux pour la jeunesse, lequel assimile les écrits révisionnistes à la pornographie. Nos ouvrages sont saisis et mis au pilon. Le matériel de composition est détruit. Un Allemand ne peut lire ni Der Auschwitz Mythos, de Wilhelm Stäglich, cet ancien magistrat à qui l’université de Göttingen a fait retirer son titre de docteur en droit pour « indignité » au nom d’une loi de Hitler du 7 juin 1939, ni l’extraordinaire « rapport Leuchter ». Fred Leuchter, ingénieur à Boston et spécialiste des chambres à gaz d’exécution dans les pénitenciers américains a publié en 1988 un rapport de cent quatre-vingt-douze pages, avec analyse des fragments prélevés sur place à Auschwitz et Birkenau, démontrant qu’il est totalement exclu que des chambres à gaz homicides aient été utilisées à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek.

Mes jeunes correspondants ne peuvent avoir pris connaissance de la masse de nos arguments, qui sont essentiellement d’ordre physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et s’appuient sur l’étude des témoignages. Je leur suggérerais bien de m’inviter à Cologne pour un débat ; mais, dans leur pays, même un débat sur cette question est « streng verboten ».

Ce qui m’a engagé dans la périlleuse voie révisionniste ? C’est, vers 1960, la curiosité devant les mystères de la magique chambre à gaz. La politique n’a rien à voir. Je constate qu’on est révisionniste à droite (Maurice Bardèche) comme à gauche (Paul Rassinier et mon éditeur Pierre Guillaume). Dans le phénomène révisionniste, le sympathisant de gauche croit percevoir une sorte de révolution nécessaire et le sympathisant de droite, une forme de réaction salutaire. Pour moi, je pratique le révisionnisme, cette « grande aventure intellectuelle de la fin du XXsiècle », comme une recherche de l’esprit et comme un devoir civique. 

– Lettre de R. Faurisson parue dans Le Figaro du 1er
novembre 1989, page 2 –

Dans votre « Courrier des lecteurs » du 13 octobre, vous avez publié la lettre d’une lycéenne allemande qui me demandait : « Pourriez-vous m’expliquer la mort de tous les juifs ? Rien que soixante-dix mille juifs de France, pendant la seconde guerre mondiale ? Vous avez pourtant visité les camps de concentration. Quelle a été la raison qui vous a engagé à prendre cette position fausse ? »

Le 18 octobre, je vous ai envoyé ma réponse. Le 25, vous m’avez dit que vous ne pouviez pas la publier. Le 26, j’ai envoyé copie de mon texte à l’intéressée, avec ma carte, ainsi rédigée : « Robert Faurisson présente ses compliments à ses interrogateurs de la section franco-allemande du lycée Kreuzgasse [...], les prie de trouver ci-jointe une réponse que Le Figaro déclare ne pas pouvoir publier, au moins dans les circonstances actuelles, et leur demande de ne jamais juger un auteur, quel qu’il soit, sans l’avoir lu dans le texte et avec soin.»


Commentaire du journal : [Par lettre du 25 octobre, nous avons informé M. Faurisson que son article du 18 octobre, de toute façon beaucoup trop long, pourrait être publié ultérieurement dans le cadre d’une page « Opinions » sur le thème du révisionnisme. A condition qu’il veuille bien raccourcir son texte. M. C.]

[Le Figaro n’a évidemment jamais publié de page « Opinion » sur le thème du révisionnisme – NdÉ].

18 octobre 1989

Notes

[1] Bulletin, ronéotypé et à diffusion restreinte, de ce comité, mai-juin 1973, p. 3-4 ; janvier-février 1974, p. 1 ; août-octobre 1974, p. 3.
[2] Pour le chiffre de 4.344.378 indemnisés en 1981, voy. The Canadian Jewish News, Toronto, 11 décembre 1981, p. 4 ; Die Wiedergutmachung [...] Munich, Beck, 6 vol., 1974-1987.
[3] Dr Tadeusz Paczula (ancien détenu), « L’Organisation et l’administration de l’hôpital d’Auschwitz I », Comité international d’Auschwitz, Anthologie, Varsovie, 1969, tome II, 1re partie, p. 45.

Friday, December 17, 1982

A propos de l’affaire du juge Stäglich (République fédérale d’Allemagne) : Les lois hitlériennes restent en vigueur à l’université de Göttingen


Par lettre recommandée du 15 novembre 1982, l’actuel président de la célèbre université allemande de Göttingen (Basse-Saxe) vient de faire savoir au Dr Wilhelm Stäglich, magistrat retraité, âgé de soixante-six ans, qu’une procédure était engagée contre ce dernier en vue de lui retirer le grade de docteur en droit. Dans sa lettre, le président, professeur Dr Norbert Kamp, précise que le fondement juridique de cette procédure repose sur une loi du IIIe Reich du 7 juin 1939 et sur un décret d’application pris également sous le IIIe Reich, le 21 juillet 1939.

Wilhelm Stäglich avait obtenu de cette université son titre de docteur en droit en 1951.

Pendant la guerre, Wilhelm Stäglich avait été mobilisé dans la Wehrmacht et faisait partie d’une unité de défense antiaérienne. En 1944, les Alliés avaient commencé à bombarder les installations industrielles d’Auschwitz. Lors de son séjour dans la région d’Auschwitz, Wilhelm Stäglich avait pu voir les déportés soit dans leur camp même, soit dans leurs allées et venues entre le camp et les lieux de travail. De la mi-juillet à la mi-septembre 1944, c’est-à-dire à l’époque précisément où l’on nous dit que les Allemands tuaient chaque jour des milliers ou des dizaines de milliers de déportés dans des chambres à gaz homicides pour les brûler ensuite dans des fours crématoires ou sur des bûchers de plein air, W. Stäglich n’avait rien vu de tel. Au contraire, ce qu’il avait pu voir (il donne des détails là-dessus) l’avait convaincu que les déportés ne vivaient apparemment pas du tout dans la crainte et que ce vaste camp ressemblait... à un camp.

Vers 1965, il commença à parler dans un cercle de collègues de ses souvenirs d’Auschwitz et de manifester son scepticisme à l’endroit des récits d’horreurs sur ce prétendu haut lieu des chambres à gaz homicides et du « génocide ».

Dénoncé par un collègue, il commença à connaître dès cette époque de graves ennuis. Il fut contraint de demander sa mise à la retraite anticipée. En 1973, il publia quelques pages pour faire connaître son opinion. Les ennuis s’aggravèrent à mesure que Stäglich multipliait les initiatives pour répandre son témoignage ou celui d’autres personnes qui, comme Thies Christophersen, avaient eu des responsabilités à Auschwitz.

En fin de compte, en 1979 il publia chez Grabert Verlag (Tübingen) un remarquable ouvrage de cinq cent quatre pages intitulé Der Auschwitz-Mythos. Legende oder Wirklichkeit? (Le mythe d’Auschwitz. Légende ou réalité ?). C’est cet ouvrage qui lui attire aujourd’hui les foudres de l’université de Göttingen. Mais il faut savoir qu’avant cette entrée en scène de l’université le Dr Wilhelm Stäglich avait connu toutes les formes possibles de chasse aux sorcières : perquisitions de la police à plusieurs reprises, examens psychiatriques (le premier, d’une durée d’un quart d’heure, pour le déclarer fou et le second pour déclarer qu’il s’agissait non pas d’« un cas psychiatrique », mais d’« un cas politique »), réduction du montant de sa retraite de vingt pour cent pendant cinq ans, divers procès se terminant par de lourdes peines d’amende, saisie de ses écrits et en particulier du Mythe d’Auschwitz ; dans ce dernier cas on a même, sur l’ordre des tribunaux, fait procéder par les soins de la police à la fonte des plombs de composition [1].

Le cas de Wilhelm Stäglich est devenu courant en Allemagne et, en particulier, dans le monde des enseignants les suspensions ou mises à pied commencent à devenir inquiétantes, sans compter le cas extraordinaire de Hellmut Diwald, célèbre professeur d’histoire de l’université d’Erlangen, dont le livre sur L’Histoire des Allemands comportait trois pages de sens révisionniste ; son ouvrage fut, sur plainte de la communauté juive allemande, retiré de la circulation et un nouveau tirage fut mis en vente où les trois pages, refaites on ne sait par qui, disent le contraire de ce que disait la première édition. (La même mésaventure était arrivée à l’historien David Irving pour son monumental ouvrage sur Hitler und seine Feldherren, traduit ensuite en anglais sous le titre de Hitler’s War.)

Mais voici la traduction de la lettre adressée par le président de l’université de Göttingen le 15 novembre 1982 au Dr Stäglich :


Georg-August-Universität-Göttingen 
Le Président 
Procédure en vue du retrait du grade de docteur

Très honoré Dr Stäglich,

Le Conseil des doyens de l’université Georg-August de Göttingen, après examen approfondi de votre livre Le Mythe d’Auschwitz. Légende ou réalité ? et après avoir pris connaissance du jugement du Tribunal de Land de Stuttgart du 7mai 1982 – Az. XVI KLs 115/80 – a décidé d’introduire contre vous une procédure en vue du retrait du grade de docteur.

Le Conseil des doyens est d’avis que par ce livre vous vous êtes rendu indigne de porter le titre de docteur qui vous avait été décerné par la faculté de droit de l’Université Georg-August de Göttingen au motif que, par l’ouvrage susmentionné, qui a la prétention d’être scientifique, vous avez violé de la façon la plus grossière et la plus lourde les principes d’une attitude scientifique ainsi que [les principes] de la considération due à la dignité humaine.

Il vous est donné la possibilité de vous exprimer là-dessus dans un délai d’un mois à partir de la notification de cette lettre.

Le fondement juridique pour la procédure de retrait du grade de docteur est constitué par la loi sur la détention des grades académiques du 7 juin 1939 (Code du Reich, I, p. 985) et le décret d’ application correspondant du 21 juillet 1939 (Code du Reich, I, p. 1326).
Professeur Dr Kamp.


Dans la répression des idées révisionnistes, l’Allemagne fédérale se montre impitoyable, ce qui lui vaut d’être citée en exemple par des publications comme celles du Congrès (Parlement) juif mondial. Bientôt une loi spécifique pénale y punira « la minimisation ou la contestation des atrocités du génocide commises sous le national-socialisme ». Selon l’agence DDP (29 septembre 1982), le Cabinet fédéral à Bonn vient d’approuver ce projet de loi pénale. Voyez aussi Research Report [2]. La France est aussi donnée en exemple. Dans le Jewish Chronicle de Londres il est écrit que le professeur Faurisson a été condamné pour falsification de l’Histoire (ce qui est faux) et le fait est présenté comme une lesson for Britain [3].
17 décembre 1982

Notes 

[1] Voy. l’hebdomadaire juif allemand Allgemeine Jüdische Wochenzeitung du 14 mai 1982, par exemple.
[2] Institute of Jewish Affairs. World Jewish Congress, Londres, janvier 1980, p. 32-33 et mars 1982, p. 1-11.
[3] The Jewish Chronicle [Londres], 8 octobre 1982, p. 21.


Monday, December 1, 1980

Le chancelier Schmidt décide de révéler au peuple allemand le mensonge des chambres à gaz et du génocide


(récit de politique-fiction, en trois actes)

Premier acte


Les agences de presse du monde entier se font l’écho d’une nouvelle surprenante : pour un motif inconnu, le chancelier Schmidt a décidé de démissionner de son poste de chancelier ; il s’en expliquera ce soir à la télévision. 

Il est 20 h. Une bonne partie du peuple allemand est à l’écoute cependant que les journalistes politiques et les chancelleries du monde entier guettent un message qui, sans nul doute, sera de portée internationale.

Helmut Schmidt apparaît sur les écrans. Il est blême. Voici le texte de son message :


Mes chers concitoyens,

Notre pays a connu dans son histoire des heures particulièrement tragiques. Je crains que ce soir, une nouvelle fois, il ne s’apprête à connaître une terrible épreuve. Et cela par ma faute. J’ai, en effet, pris la décision de vous révéler une vérité particulièrement troublante. J’ai conscience de vous avoir assez menti pour vous devoir enfin la vérité, quoi qu’il doive m’en coûter et quoi qu’il doive vous en coûter à vous aussi.

Cette vérité concerne le passé de l’Allemagne. Ou plutôt, non : elle concerne un passé qui reste tellement présent dans l’esprit du monde entier que cette vérité touche à notre vie quotidienne d’aujourd’hui. Elle intéresse, si j’ose dire, la substance même de notre peuple, sa sensibilité la plus profonde, la représentation qu’il se fait de lui-même, d’une façon consciente ou inconsciente.

Cette vérité concerne notre histoire de la dernière guerre.

Vous savez avec quel zèle de tous les instants j’ai personnellement veillé à ce que notre peuple prenne une conscience aiguë de son indignité en raison des crimes sataniques du nazisme. Vous savez aussi qu’en vertu de la jurisprudence allemande nul n’a le droit de douter si peu que ce soit de la réalité des « chambres à gaz » homicides et du « génocide des juifs ».

Eh bien, mes chers concitoyens, je vous mentais abominablement, on vous mentait abominablement. Ces « chambres à gaz » n’ont jamais existé et ce « génocide » n’a jamais eu lieu.

Cet odieux mensonge a eu chez nous cours forcé. Votre devoir, jusqu’ici, était de vous flageller devant la communauté internationale en raison de crimes imaginaires. Plus vous vous flagelliez, plus on vous estimait. C’est à ce prix qu’a été possible le pardon des grandes puissances occidentales et, par voie de conséquence, le miracle économique allemand.

Aujourd’hui, on nous envie notre monnaie et notre économie mais personne ne nous envie notre âme.

II s’est trouvé quelques hommes courageux et solitaires pour vous dire depuis longtemps ce que je me suis décidé à vous dire en ce jour. Nous les avons couverts de boue et d’outrages. Notre police et nos tribunaux les ont persécutés.

Auparavant, nous avions déjà applaudi à la mascarade judiciaire de Nuremberg. Puis, nous avons approuvé ces innombrables procès de sorcellerie au terme desquels tant de nos concitoyens ont été pendus ou fusillés, torturés ou acculés au suicide, condamnés à des peines de prison, destitués de leurs droits de citoyens, déshonorés par la presse avant de l’être par les tribunaux. Nos magistrats ont pris parti pour « le mensonge du siècle ». Nos hommes politiques. Nos professeurs. Nos prêtres. Nos historiens. L’histoire de l’Allemagne n’a plus été écrite, en fait, par les historiens mais par les journalistes. De jour, de nuit, pendant trente-cinq ans, nous avons été assommés, ahuris, hébétés par la plus grande force qui soit au monde : le pouvoir médiatique. Après un Goebbels, nous avons eu dix mille « Goebbels » qui, se disputant à tout sujet, étaient d’accord sur un seul : l’holocauste des juifs. Il n’y a eu là ni complot, ni conjuration, mais un conformisme de fer.

A nos fils et à nos filles, nous avons appris à mépriser leurs pères. Nous avons été les pires ennemis de nous-mêmes. Jamais un peuple ne s’était encore roulé dans la fange comme nous l’avons fait. Jamais un peuple ne s’était ainsi battu la coulpe.

Au nom de prétendus crimes gigantesques, mon glorieux prédécesseur, Konrad Adenauer, s’est laissé extorquer des sommes gigantesques au bénéfice d’Israël. L’État d’Israël ne doit sa survie économique qu’aux « réparations » que nous lui versons. Encore ne les versons-nous qu’avec une telle discrétion que rares sont les gens qui connaissent le versement de ces « réparations ». Aujourd’hui, trente-cinq ans après la fin de la guerre, le jeune contribuable allemand, qui n’a pas la moindre responsabilité dans les événements de la période « 1932-1945 » verse sa part d’argent pour les prétendus crimes exceptionnels de ses pères.

L’escroquerie politico-financière dont nous sommes les victimes est si vaste, si outrageante, si bouleversante que, lorsque je m’arrête un instant pour la considérer dans son ensemble, je crois sentir le sol se dérober sous mes pieds. Ce vertige, vous le ressentirez à votre tour, lorsque, peu à peu, vous découvrirez l’étendue de la vérité.

Vous ressentirez alors la tentation de la haine ou de la vengeance. N’y cédez pas ! Songez qu’il a existé cent autres mensonges dans l’histoire et que, si celui-ci nous bouleverse, c’est parce que l’évolution générale de l’humanité, les progrès de la communication, la dépendance accrue des économies de chaque pays ont permis la création et la perpétuation d’une espèce de mensonge frappée d’un gigantisme qui est la caractéristique des temps modernes. Et puis, bien des religions occidentales s’effondrent ; il y avait un relais à prendre ; c’est chose faite avec la religion de l’Holocauste. Elle permet, au moins, provisoirement, une communion des esprits. Haine et vengeance n’auraient donc aucun sens.

Peut-être, aussi, serez-vous tentés de croire qu’après tout le national-socialisme était, en fin de compte, une doctrine acceptable et le régime de Hitler, un régime qui ne conduisait pas aux excès de toutes sortes. Réfléchissez ! Hitler a tiré l’Allemagne de l’abîme pour la replonger dans l’abîme. Comme Napoléon l’avait fait pour la France.

Pourquoi ces réflexions ? Pourquoi ce discours ? Et pourquoi ce soir ?

Je ne le sais pas moi-même. J’ai seulement l’impression que, si je ne vous parlais pas ce soir, d’autres hommes politiques, demain, dans un an, dans dix ans, dans trente ans, le feraient à ma place. Autant vous le dire : je crains le jugement de la postérité. Je songe à mes enfants et à mes petits-enfants.

Quand ils en viendront à me juger et quand le peuple allemand me jugera, je demande qu’on prenne en considération, à la fois, toute une vie de mensonges, lesquels m’ont permis d’accéder aux plus hautes responsabilités politiques, et ces minutes de vérité, lesquelles m’obligent à présenter ma démission de ces hautes responsabilités.

Parce que je viens de dire la vérité, je m’attends à être cruellement traité. C’est la règle. Mais ma conviction est que cette vérité, quoi qu’entreprennent ses ennemis, finira par se faire jour. C’est la règle aussi.

Mes chers concitoyens, attendez-vous à payer chèrement ce que je viens de vous révéler. On ne vous pardonnera pas d’avoir entendu ce langage, ne fût-ce que quelques minutes.

S’il le faut, courbez une nouvelle fois la tête dans la tempête qui se prépare. Mais, au fond de vous-mêmes, comme une flamme inextinguible, gardez ce besoin de vérité sans lequel l’homme ne peut pas vivre.

Les sceptiques prétendent : « L’homme est de glace aux vérités, il est de feu pour les mensonges. » C’est sans doute exact. Toutefois, ce feu-là ne brûle qu’un temps. Le mensonge de l’ « Holocauste » est déjà condamné.
J’en appelle à une véritable réconciliation des vainqueurs occidentaux et de la République fédérale d’Allemagne : une réconciliation dans la vérité.

Pour commencer et pour être pratique, je demande le rétablissement en Allemagne de la liberté d’expression dans les universités, le droit au doute et à la recherche en ce qui concerne l’histoire de la seconde guerre mondiale et la levée des interdits de toutes sortes qui pèsent sur les jeunes historiens et chercheurs.

Il y a en Allemagne trois capitales du Grand Mensonge : Munich, Ludwigsburg et Göttingen. A Munich règne, sous l’égide de Martin Broszat, un Institut d’histoire contemporaine qui s’est érigé en porte-parole du « mensonge d’Auschwitz ». A Ludwigsburg, fonctionne, sous l’égide d’Adalbert Rückerl, un office judiciaire d’investigation des « crimes nationaux-socialistes », qui organise la préparation de mascarades judiciaires comme, par exemple, le très honteux « procès d’Auschwitz », à Francfort (1963-1965). A Göttingen, se trouve une célèbre université qui, sous l’égide du professeur Norbert Kamp, en appelle à une loi de Hitler (!) pour essayer de retirer à Wilhelm Stäglich, magistrat intègre, historien courageux, véritable honneur de notre pays, son grade de docteur, obtenu en 1951, parce que, en 1979, il a publié un livre intitulé Le Mensonge d’Auschwitz : ce livre a été saisi par notre police et tous les instruments servant à sa composition ont été détruits.

Cette collusion entre policiers et universitaires, entre juges et historiens doit cesser. Ni Broszat, ni Rückerl, ni Kamp ne devront être inquiétés ; ils devront simplement ne plus être autorisés à prononcer la loi et le droit.

C’est par des mesures de ce genre, sans esprit de revanche, que l’Allemagne réapprendra l’usage de libertés élémentaires qui lui ont été retirées par Hitler en 1932 et que les Alliés ne lui ont toujours pas restituées aujourd’hui.

L’Allemagne n’est ni le pire, ni le meilleur des peuples. Le reste du monde devrait s’en convaincre mais, pour cela, c’est aux Allemands d’abord à le découvrir enfin. 


Deuxième acte

Après cette allocution, l’opinion générale en Allemagne et à l’étranger est que le Chancelier Schmidt est devenu fou. On pense qu’au terme de toute une vie d’auto-flagellation devant le regard satisfait des Alliés il a voulu, cédant à son habitude, se flageller encore mais, cette fois, dans une toute autre intention : pour faire honte aux Alliés. Il est impossible qu’il ait dit la vérité sur l’Holocauste, vu qu’il y a au moins six millions de témoins juifs pour attester de ce que les juifs ont été exterminés par Hitler. Néanmoins, quelques jeunes sont troublés et se mettent à réfléchir. Quelques vieux ne sont pas moins troublés et réinterrogent leur mémoire anesthésiée.

Martin Broszat réagit avec vigueur. Il déclare : 

Assurément, il n’existe pas d’ordre de Hitler d’exterminer les juifs. Certes, il n’existe pas non plus de plan. Bien sûr, il n’existe pas de budget. Sans doute n’a-t-on pas retrouvé l’arme du crime (chambre à gaz ou camion à gaz). Il n’y a pas non plus de cadavre, puisque les cadavres qu’on a découverts par milliers étaient des cadavres de malheureux tués principalement par des épidémies mais jamais par gaz-poison. Sans doute... Sans doute...

Sans doute aussi la prolifération des rescapés, survivants et miraculés est-elle quelque peu troublante, si l’on considère qu’il y a eu une politique d’extermination totale des juifs pendant trois ou quatre ans sur toute la superficie d’un continent.

Je reconnais que nous n’avons pas pu, en trente-cinq ans de recherches, déceler le moindre commencement de preuve matérielle d’un gigantesque massacre.

Mais c’est là précisément que réside la perversité du nazisme.

Ces gens-là codaient énormément. Ils passaient même le plus clair de leur temps, non pas à chercher à gagner la guerre, mais à coder et à surcoder. Mais l’institut que je dirige consacre une bonne partie de ses forces et de l’argent du contribuable à décoder.

Il faut donc nous croire. Il le faut d’autant plus que nous ne cherchons pas vraiment à prouver.

Ainsi que l’ont fort bien proclamé trente-quatre universitaires français : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. »

Bref, pendant trente-cinq ans les historiens allemands s’en sont remis aux journalistes et aux juges pour savoir comment écrire l’histoire. Il n’y a pas de raison de changer. Et puis, enfin, il y a la police, la nouvelle Gestapo de la pensée. Il est de l’intérêt des Allemands de continuer à m’accorder le crédit et les crédits qu’ils m’ont jusqu’à présent consentis. J’y veillerai. 


Pendant toute la nuit suivant l’allocution du chancelier Schmidt, les télétypes du monde entier ont crépité. A peu près toutes les chancelleries de la planète ont envoyé au gouvernement israélien et au Congrès juif mondial des télégrammes pour exprimer leur indignation devant les propos tenus par l’« ex-Chancelier » et pour dire leur soutien à la seule vraie vérité : la vérité officielle. Heureusement, tous les télégrammes expriment l’idée que «le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde.» On stigmatise à l’envi cette résurgence du nazisme et de l’antisémitisme. On souligne que la liberté d’expression est un droit sacré, garanti par toutes les constitutions et tous les États, y compris en Union soviétique, ce qui est assez dire combien ce droit est inaliénable. Mais il ne suffit pas d’être libre ; il faut être responsable !!! La liberté est un bien trop précieux pour que des irresponsables en abusent. On suggère une répression accrue contre ces abus.

Même des ambassades de pays arabes ou musulmans ont tenu à faire savoir leur émotion. Elles sont prêtes à tout pour que la presse internationale cesse d’insinuer qu’Arafat est le nouvel Hitler. Il leur faut à tout prix se dédouaner. Comme en 1945, l’heure de la mise au pas de l’Allemagne a sonné. Il convient de rééduquer le peuple allemand.

Les responsables du Fonds monétaire international et de toutes les grandes banques mondiales ont décidé de bloquer les avoirs allemands. Le mark est en chute libre. Les commandes passées aux entreprises allemandes sont annulées. Comme en 1933, certains commerçants juifs écrivent à leurs créanciers allemands qu’étant donné ce qui vient de se passer en Allemagne, l’argent juif n’a plus de raison d’aller à ce pays maudit. Un peu partout dans le monde, des agences de firmes allemandes sont mises à sac. Dans toutes les villes du monde occidental se forment des cortèges de protestataires. Des touristes allemands sont lynchés. Des voitures allemandes, y compris des Mercédès appartenant à des juifs ou à des Africains, sont brûlées. C’est l’allégresse générale dans la haine. C’est l’hallali. C’est la curée à odeur de Libération (des instincts). Élie Wiesel, grelottant de haine, préside. L’Allemagne compte maintenant six millions de chômeurs, vu que, progressivement, la machine économique s’arrête.

Quant à Helmut Schmidt, il n’a pas eu le temps de présenter sa démission. Il a été interné dans un asile psychiatrique. Le directeur et les membres de cet asile sont, d’ailleurs, à la pointe du combat contre l’usage des asiles et de la psychiatrie dans la répression des idées, en Union soviétique. Des psychiatres et psychologues américains, britanniques, français et soviétiques vont s’occuper de Helmut Schmidt comme ils ont autrefois pris soin des accusés de Nuremberg. Comme à Nuremberg, Schmidt aura un projecteur braqué sur sa figure de jour comme de nuit. Il verra plus clair en lui. La tâche de ses interrogateurs en sera facilitée. Il est question qu’il aille rejoindre à la prison de Berlin-Spandau le plus vieux prisonnier du monde, l’homme aux trente-neuf années de prison aggravée de solitude totale, le vaincu que l’on dit fou parce qu’il n’a jamais voulu adhérer aux thèses de ses vainqueurs, le captif qui, plus que personne, mériterait le prix Nobel de la paix, puisque, aussi bien, c’est pour avoir cherché à faire la paix avec la Grande-Bretagne qu’en 1941 il s’est envolé vers ses amis anglais pour leur offrir la paix ; cet homme, c’est Rudolf Hess.


Troisième acte

A l’horizon, l‘Allemagne voit poindre une catastrophe comparable à celles qu’elle a connues après la première et la seconde guerre mondiale. 

Les Occidentaux s’inquiètent. 

Les Soviétiques et l’Allemagne de l’Est menacent de « libérer » l’Allemagne de l’Ouest en proie à ses « revanchards ».

Menahem Begin a pris le lit. Il est agité de soubresauts frénétiques. C’est de la faute aux Anglais. Il va revenir aux bonnes vieilles méthodes : faire sauter des hôtels et pendre des Anglais. 

Le lobby juif américain est en transe. D’une part, ses milliards de dollars ont bien profité de l’effondrement du mark, mais, d’autre part, cet effondrement d’une monnaie qu’il fallait jusqu’ici garantir à tout prix parce que c’est en marks que la RFA versait aux juifs et à Israël les très juteuses « réparations », l’inquiète jusque dans ses fibres les plus intimes.

L’Organisation sioniste mondiale ne semble pas du tout déconcertée. Elle voit revenir les heureux jours des années 30 où le brave chancelier Hitler, bien obligé de faire face au boycottage décrété par des quantités d’organisations juives, avait été trop heureux de saisir la perche tendue par les Sionistes et de leur réserver le monopole de certaines opérations financières. 

Les Allemands décident d’offrir à l’État d’Israël mille milliards de dollars de « réparations » dès que l‘économie de leur pays aura repris souffle.

Le parlement allemand, à l’unanimité décide alors de faire appel à Willy Brandt. Autrefois, ce vieux cheval de retour du monde politique s’était mis à genoux à Varsovie (sous-capitale du Goulag) et les mauvaises langues disent qu’il avait ainsi mené à bien une certaine opération commerciale qui s’annonçait délicate entre la RFA et la Pologne. Pendant la guerre, établi à l’étranger, cet ancien militant communiste, semble avoir participé à la « propagande à base d’atrocités » contre l’Allemagne.

Sans élection aucune, par un vote à main levée, Willy Brandt accède pour la deuxième fois de sa vie au poste de chancelier. Parmi les messages de félicitations on note celui de Günther Guillaume qui, après avoir si longtemps trahi son pays pour la cause communiste, coule des jours paisibles en Allemagne de l’Est. 

Le soir même de sa nomination triomphale, Willy Brandt s’adresse en ces termes à la nation allemande :


Mes chers concitoyens,

Il y quelques mois, vous avez entendu, comme moi, hélas, l’horrible blasphème proféré de la bouche d’un illuminé qu’inspiraient, à n’en pas douter, Satan, Amalec et Adolf Hitler. La preuve qu’il se trompait est là sous vos yeux. Voyez la situation tragique où nous sommes aujourd’hui plongés. Nous méritons pleinement ce qui nous est arrivé.

Cependant, il nous faut sortir du chaos. Il le faut pour notre peuple, tant éprouvé ; il le faut dans l’intérêt même de la paix et de la sécurité mondiales. Il le faut surtout – et là, je suis sûr d’être entendu – pour l’État le plus cher à nos cœurs et à notre portefeuille : l’État d’Israël. A cet État sublime, choisi de Dieu, épris de paix, incapable de s’approprier le bien d’autrui, de mener des conquêtes coloniales, modèle de démocratie socialiste et de désintéressement, si bon pour ses domestiques arabes, il faut, dans les plus brefs délais, cette manne de marks allemands sans laquelle il ne pourrait survivre.

En 1945, dans des circonstances aussi graves que celles-ci, le peuple allemand avait pris la sage résolution de ne plus désormais vivre qu’à genoux. Que cette belle leçon ne soit pas perdue ! Mes chers concitoyens, vous m’avez déjà compris. Jusqu’à présent nous vivions à genoux. Cela ne suffit plus. Désormais, nous vivrons couchés.

Depuis trente-cinq ans, l’Allemagne est amputée d’un tiers de son territoire. Elle est coupée en deux. Son territoire est occupé par quatre grandes puissances. Le peuple allemand, à l’Est comme à l’Ouest, a fait la preuve de son sérieux. C’est ainsi qu’à l’Est il n’a fait entendre que la voix de son vainqueur de l’Est tandis qu’à l’Ouest il n’a fait entendre que la voix de ses vainqueurs de l’Ouest. C’est le gramophone allemand : c’est la voix de ses maîtres. C’est notre devise. Il suffit de s’y tenir mais, cette fois-ci, en allant plus loin.

D’ores et déjà, en signe de repentance pour le blasphème ici prononcé et en témoignage de contrition, j’ai pris unilatéralement une série de décisions démocratiques. Je sais d’avance que ceux qui ne les approuveraient pas pleinement ne seraient que des néo-nazis. Donc, ou bien vous serez d’accord ou bien je vous enverrai devant les juges.

Je vais m’adresser à M. Begin et aux plus hautes autorités juives. Ces personnes ont toujours témoigné à l’endroit de l’Allemagne bonté, compréhension, désintéressement ; jamais une once de haine, de désir de vengeance ; encore moins de fébrilité à ausculter nos coffres. Surtout, jamais d’arrogance ! Oh que non pas ! A M. Begin je demanderai pour la RFA l’honneur, l’insigne honneur de n’être plus seulement une sorte de colonie américano-sioniste, mais une belle et bonne et franche colonie exclusivement sioniste. Notre drapeau portera l’étoile de David. Quiconque touchera à Israël devra savoir qu’il touche à la fibre même de la République fédérale d’Allemagne. Selon le vœu de Mme Simone Veil (qui fut gazée à Auschwitz), nous sommes prêts à intervenir militairement au Proche-Orient dès qu’Israël se décrétera en danger. Nos milliards ne suffisent plus. C’est le sang de nos fils qu’il faut offrir à cet État si pacifique.

Dans chaque commune d’Allemagne sera dressé, à côté du monument à nos morts bien réels un monument à l’Holocauste. Sur nos écrans de télévision, une fois par an passera le film Holocauste. Dans nos universités, comme dans déjà plus de mille universités américaines, seront créées des chaires d’histoire de l’Holocauste, avec des cursus en Holocauste, des examens en Holocauste, des doctorats en Holocauste. Dans une phase ultérieure, il conviendrait que chaque foyer allemand possède un recoin où se dresserait un petit autel de l’Holocauste ; en cas de ces perquisitions policières que nous affectionnons tant, il faudra qu’un cierge brûle en permanence.

Mes chers concitoyens, il ne sera pas dit que trente-cinq ans de « rééducation » n’ont servi à rien. Nos enfants naissent aujourd’hui avec l’échine pliée. Dès leur plus jeune âge, ils savent que nous avons assassiné six millions de juifs, que les nazis ne sont pas des hommes, que seuls les juifs sont des hommes et qu’en conséquence les crimes commis contre les juifs appartiennent à une catégorie très spéciale, celle dénommée des « crimes contre l’Humanité ». C’est en continuant d’élever les jeunes générations dans ces idées saines que nous préserverons l’avenir de notre pays, c’est-à-dire sa prospérité économique et financière.

Un deuxième miracle économique allemand est à notre portée. Mes chers concitoyens, n’écoutez pas celui qui vous a suggéré de vivre debout. Mes chers concitoyens, pour vivre heureux, vivons couchés ! »

Suite non prévue par Willy Brandt

Le révisionnisme historique, c’est-à-dire, le mouvement naturel qui conduit les historiens à revoir et vérifier les idées reçues, commence à se développer hors d’Allemagne. Tout naturellement, le flot révisionniste tend à s’infiltrer en Allemagne même. Les historiens allemands s’inquiètent, vacillent, hésitent, se demandent pendant combien de temps encore ils vont pouvoir affecter la surdité. Ils trouvent une parade momentanée. Ils fabriqueront à usage interne un ersatz de révisionnisme, un succédané bien allemand. Lourdement, dans le langage obscur qu’ils aiment bien, ils vont « reviser », revoir et corriger, rectifier, tout ce qui est au-dessus, en dessous et à côté du cœur de la religion holocaustique. Ils vont continuer d’affirmer qu’ils croient aux chambres à gaz et au génocide mais ils vont aussi se livrer à des comparaisons hardies entre les différentes entreprises de génocide que le monde, disent-ils, a connues ou connaît encore. Ils vont découvrir que « juger, c’est comparer ». Ils vont suggérer que les plus terribles déportations que le monde ait connues, en quantité et en horreur, sont peut-être les déportations des minorités allemandes de l’Est. Ils vont parler de Katyn, de Dresde, d’Hiroshima, du Goulag stalinien, des crimes alliés, de l’« Opération Keelhaul ». Ils vont faire le procès du procès de Nuremberg. Peu à peu, le tabou de l’holocauste va surgir dans le paysage historiographique comme un phénomène excentrique, une monstrueuse anomalie dans un environnement encombré de prêtres gesticulants et déserté par les gens normaux.

Que se produira-t-il alors dans le monde politique ? Cela dépendra-t-il de lAllemagne elle-même ? Ou des pays arabo-musulmans ? Ou des intellectuels juifs de New York ou de Californie ? Ou de certains Israéliens ? Ou de la France, pays où la curiosité intellectuelle reste vivace ?

La pièce ne fait que commencer. Elle risque de devenir intéressante à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix. 

En un bel exemple de mouvement dit « dialectique », la répression contre les révisionnistes s’aggravera et la drogue holocaustique étendra ses ravages à coups de milliards et, pendant ce temps-là, s’accentuera l’indifférencegénérale des populations aux prétendues souffrances exceptionnelles des juifs et, chez des intellectuels, l’intérêt pour les idées révisionnistes gagnera en profondeur.