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Thursday, September 24, 2015

Retour sur l’affaire Demjanjuk et sur Nicolas Bourcier, journaliste du "Monde"


En ce moment, ces affaires de nonagénaires poursuivis ou condamnés pour avoir été comptable ou télégraphiste à Auschwitz dans leur jeunesse nous rappellent l’infamie des procès intentés soit en Israël, soit à Munich au malheureux John Demjanjuk. Toutes ces affaires nous fournissent un exemple de plus de ce qu’au XXIe siècle des magistrats peuvent inculper (puis condamner) une personne à qui on impute un crime 1) sans ordonner une expertise médico-légale décrivant la scène de crime et l’arme du crime, 2) sans aucune preuve de crime 3) et même sans aucun témoin du moindre crime.

   Voyez de près l’affaire, positivement déchirante, du malheureux Iwan (ou John) Demjanjuk, mécanicien automobile à Cleveland (Etats-Unis). Il a d’abord été, en 1986, livré par les Etats-Unis à l’Etat d’Israël et condamné à mort par un tribunal à Jérusalem pour avoir été le gardien « Ivan le Terrible » au camp de Treblinka. Pendant cinq ans il a attendu chaque matin d’être pendu. Tout à coup, le système soviétique s’effondrant en Russie, on a découvert que le tristement célèbre « Ivan le Terrible » avait été en réalité un certain « Ivan Marchenko », décédé. Il a fallu libérer Demjanjuk. Les Etats-Unis lui ont restitué la nationalité américaine. Mais des organisations juives ou des individualités juives n’ont pas relâché leur proie pour autant. Elles ont pour le coup décrété que, si Demjanjuk n’avait pas été dans le camp de Treblinka, c’est qu’il avait été dans celui de... Sobibor, où, d’évidence, durant son séjour, il avait donc nécessairement pris sa part de l’extermination d’êtres humains par le gaz ! Rebelote : on lui a, à nouveau, retiré sa nationalité américaine et on l’a remis, cette fois-ci, à la justice la plus obédientielle du monde en pareille matière : la justice allemande. Le 12 mai 2011 à Munich, sans pouvoir en apporter ni une preuve, ni un document, ni un témoin, on a décrété que Demjanjuk avait été au camp de Sobibor et on l’a condamné automatiquement à cinq ans de prison. Infirme au dernier degré, il est mort à près de 92 ans le 17 mars 2012, soit dix mois après la fin d’un procès remarquablement inique. 
         
    Un journaliste du Monde s’est fait une spécialité de la chasse au vieil infirme. Il s’agit de Nicolas Bourcier. Ce dernier a notamment publié Le Dernier Procès (Don Quichotte éditions, Le Seuil, 2011, 311 p.). Témoignant d’un révoltant parti-pris, ce journaliste ne cache pas son admiration pour le « tour de force juridique » des magistrats de Munich (son article nécrologique intitulé « Criminel de guerre, gardien du camp de Sobibor, John Demjanjuk », Le Monde, 21 mars 2012, p. 30). Dans la préface de son livre figurait, à la page 14, la phrase nominale suivante : « Aucun témoin direct, aucune preuve définitive, aucun aveu ». On ne saurait mieux dire. Nicolas Bourcier : le nom d’une personne qui se félicite de ce que des magistrats puissent condamner pour complicité de crime un homme de 91 ans sans fournir ni preuve ni témoin dignes de ce nom. Demjanjuk a finalement été condamné à cinq ans de prison pour avoir participé (sic) à l’assassinat de 28 000 personnes (sic) à Sobibor. Amené d’un mouroir, traîné en chaise roulante jusqu’au prétoire, étendu sur une civière équipée d’un goutte-à-goutte, ne comprenant rien à ce qui se passait, il n’aura prononcé que deux petites phrases en 18 mois de procès et 93 audiences. Que pense Nicolas Bourcier d’un tel raffinement dans la torture d’un vieil homme ? Il estime que, dès lors qu’il s’agit de donner un écho à la douleur holocaustique des juifs, rien ne doit être épargné à un « criminel de guerre nazi ». Pour lui, ce procès s’est achevé sur « un verdict exemplaire ». Allez voir sa tête sur Google. Elle vaut le détour.             
24 septembre 2015

Saturday, September 20, 2014

"Paris Match" se surpasse dans le bobard des chambres à gaz de Sobibor !

Voyez la présentation de quinze photographies à 
Elle se déroule toute seule à raison d'une image toutes les 35 secondes environ ; sinon on passera d'une photo à la suivante en cliquant dans la partie droite de chacune.
Merveilleux foutage de gueule ! Pas l'ombre de l'ombre d'une chambre à gaz nazie.
Bravo Paris Match ! Son ancienne devise : « Le poids des mots, le choc des photos ». Sa devise depuis 2008 : « La vie est une histoire vraie ».
Compliments au milliardaire Arnaud Lagardère.
Et attention ! Voilà 70 ans que nous attendions « une preuve, une seule preuve » de l'existence et du fonctionnement d'une seule de ces monstrueuses chambres à gaz nazies, de ces « usines de mort » héritières des « usines à cadavres » attribuées aux Boches par la propagande des vainqueurs de la Première guerre mondiale !
« Le délire de mentir et de croire s'attrape comme la gale ».
« La magique chambre à gaz ».
« Rien de tel que les yeux de la foi ».
« Attache-toi, Bouboule, tu t'envoles ».
« J'hallucine ».
« Par ici la monnaie, le flouze, la thune ».
« Arnaque first ».
« Vive Madoff ! Vive Elie Wiesel ! »
« Les chambres à gaz ? Hélas ! Il y a de plus en plus d'eau dans le gaz et, chez les historiens, de plus en plus de mou dans la corde à nœuds ».
« Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu » (réponse de 34 historiens français, dont Fernand Braudel, à Faurisson, publiée dans Le Monde, le 21 février 1979).
Panique : Le Monde (journal oblique) va-t-il enfin se décider à nous annoncer la bonne nouvelle de Sobibor ? Pourquoi Louis Dreyfus s'obstine-t-il ainsi à imiter « de Conrart le silence prudent » ?
Peace and Love ! Et tout pour Tsahal ! Shalom !    
20 septembre 2014
Note du 27 septembre : Pour annoncer ce non-événement (découverte de rien du tout qui ressemble à une chambre à gaz homicide) le site internet du Monde présentait, le 18 septembre, des images semblables à celles de Paris Match – du sable, des pierres, des briques ... – dans une vidéo de 58 secondes
De mon côté j'ai envoyé à mes correspondants, le 22 septembre, la remarque suivante : « On en est encore à espérer qu'il en parlera un jour dans sa version papier. Que peut-il bien attendre encore ? ». Jusqu'à présent la version papier du Monde n'a pas fait état de la découverte de notre siècle shoahtique, réalisée tout dernièrement au petit parc d'attractions de Sobibor en Pologne.

Thursday, September 18, 2014

Europe 1 est à recevoir cinq sur cinq !


Voyez, ci-dessous, l'encart bleu que la chaîne de radio Europe 1 s'est offert dans Le Monde du 9 septembre 2014, p. 12, en grand (17 x 19,5 cm) et spectaculaire format.
Il est, comme on voit, d'un blanc bleu à la pureté israélienne. 
Les cinq personnages qui y figurent semblent tout droit venus de Tsahal, d'un même pas conquérant.
Contrairement à l'image d'une France où sévirait l'antisémitisme, voici autour de Thomas Sotto, d'abord Jean-Pierre Elkabbach et Nikos Aliagas, puis Anne Sinclair et David Abiker.
La prochaine brochette pourrait comprendre, toujours à Europe 1 : Denis Olivennes, Nicolas Demorand, Alexandre Adler, Guy Birenbaum et Valérie Benaim.
La brochette suivante compterait : Olivier Duhamel, Michel Field, Cyril Hanouna, Anne Roumanoff et, de retour, Marc-Olivier Fogiel.
Les autres brochettes à venir apporteraient à leur tour autant d'heureuses surprises.
Un ennui nous ronge mais nous essaierons de le dissimuler sous un sourire vainqueur : chez les historiens de Lol(o), il y a de plus en plus d'eau dans le gaz et de mou dans la corde à noeuds. Certes un archéologue vient, paraît-il, de faire une belle découverte à Sobibor mais, comme le dit si bien Elie Wiesel, « Les chambres à gaz, il vaut mieux qu'elles restent fermées au regard indiscret. Et à l'imagination » (Tous les fleuves vont à la mer / Mémoires, Le Seuil, 1994, p. 97). Aussi a-t-on eu l'idée de ne rien nous montrer de cette découverte sauf dans un cas où l'on ne voit que les fondations d'une quelconque petite maison ! (http://www.timesofisrael.com/71-years-later-sobibor-gas-chambers-unearthed). Pour voir, ne suffit-il pas des yeux de la foi ?
Il nous faut, coûte que coûte, nous imaginer de retour au glorieux jour d'octobre 1998 où Alain Finkielkraut lançait dans Le Monde, journal oblique :
Ah, qu’il est doux d’être juif en cette fin de XXe siècle ! Nous ne sommes plus les accusés de l’Histoire, nous en sommes les chouchous. L’esprit du monde nous aime, nous honore, nous défend, prend en charge nos intérêts; il a même besoin de notre imprimatur. Les journalistes dressent des réquisitoires sans merci contre tout ce que l’Europe compte encore de collaborateurs ou de nostalgiques de la période nazie. Les Eglises se repentent, les Etats font pénitence, la Suisse ne sait plus où se mettre… (Alain Finkielkraut, « Mgr Stepinac et les deux douleurs de l’Europe », Le Monde, 7 octobre 1998, p. 14).
Shalom ! 
18 septembre 2014

Monday, August 3, 2009

Aktion Reinhardt [1986] (English version)



The article below, written in March 1986, has never been published before now. It demolishes the substitution argument adopted by certain exterminationists as well as by the semi-revisionist David Irving, an argument according to which, for want of a henceforth dubious “Holocaust” in the alleged “gas chambers” of Auschwitz, Birkenau and Majdanek there existed, further East, an undisputable “Holocaust” in the “gas chambers” of the three camps at Sobibor, Belzec and Treblinka, called “the Reinhardt sites” by D. Irving.

At this very moment, John Demjanjuk, 89 years of age, is paying the cost of that lie. After having been falsely accused of gassing Jews at Treblinka, then sentenced to death by an Israeli court, and after having lived for five years waiting to be hanged, he was finally found innocent and released. Some Jews then had the gall to claim that, if he had not been at Treblinka, he must have been at Sobibor! As a consequence, the American authorities have again extradited him, this time handing him over to the German, not the Israeli, justice system. Despite his state of health, which is alarming, J. Demjanjuk is today incarcerated in a German prison.
Legend has it that the purported extermination of the Jews at Sobibor, Belzec and Treblinka was done within the framework of an “Aktion Reinhard”. However, as R. Faurisson already demonstrated twenty-three years ago, the operation in question, which in fact bore the surname of the 3rd Reich’s Secretary of State for Finances, Fritz Reinhardt (with a “t”) and not the Christian name of Heydrich, that is, Reinhard (without “t”), had nothing to do with any extermination whatever: it dealt essentially with the economic and financial effects of the displacements, in Poland, of Polish and Jewish populations in the years 1942-1943. An attentive study of one of the documents concerning the “Aktion Reinhardt” will go so far as to prove that the man in charge of it, General Odilo Globocnik, did indeed have in mind the idea that the displaced Jews passing through the transit camps of Sobibor, Belzec and Treblinka would, after the war, be installed somewhere outside Europe. At the Nuremberg trial (1945-1946), by an extraordinarily dishonest sleight of hand, the British prosecution succeeded in hiding that idea of O. Globocnik’s which, besides, only reiterated thoughts expressed by Hitler or Himmler: so true is it that the authorities of the 3rd Reich sought, like the Zionists, “a TERRITORIAL final solution” (eine territoriale Endlösung) of the Jewish question. Expressions such as “solution” or “final solution” of the Jewish question are but abbreviations of “territorial final solution” of the Jewish question. As early as June 24, 1940, Heydrich himself spoke of “eine territoriale Endlösung” and, at his end, a high-ranking official named Martin Luther, head of the “Germany” section at the Foreign ministry, recalled in a long memorandum of August 21, 1942 that that phrase remained in force and that, when the war was over, the Jews, as a whole, would have to leave Europe (Aufzeichnung, p. 4, 13; alias Nuremberg trial document NG-2586).
In the recent Dictionnaire de la Shoah (made under the direction of Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus, Edouard Husson and Joël Kotek, Paris, Larousse 2009), an article not to be missed is “Opération Reinhard [sic]” by the Belgian Daniel Bovy; the author seems a man of crass ignorance: on the subject he has apparently read neither Raul Hilberg, nor Uwe Dietrich Adam, nor the indispensable Nuremberg document PS-4024. He does nothing but speculate in the void.
August 3, 2009

***

The Aktion Reinhardt – and not Reinhard – (March 1942 - October 1943) was never an operation of extermination of the Jews of Poland but rather an operation whose fourfold purpose was:
- the transfer of certain Polish or Jewish populations;
- the utilisation of Polish or Jewish manpower (sometimes in camps);
- the exploitation of property confiscated from Poles or Jews;
- the seizure of hidden valuables and money, as well as of landed property.
The head of this operation was Odilo Globocnik, holder of a degree in engineering who, having become an SS General, was based with his division at Lublin. O. Globocnik probably committed suicide in prison on May 31, 1945.
If the Aktion Reinhardt had been a project of extermination of the Jews, it would, as such, have produced documents attesting to the existence of an order, along with directives and instructions, to that effect. Moreover, to take but these three oft-mentioned examples, the camps of Treblinka, Sobibor and Belzec, used, among a number of others, in the framework of that operation, would not have proved to be transit camps but would have been equipped to exterminate masses of human beings.
To lend substance to the extermination argument, some writers often spell the operation’s name “Reinhard” (without the “t”). It is claimed that a vast undertaking of mass murder had been so christened in homage to the Protector of Bohemia-Moravia, Reinhard Heydrich, assassinated in Prague by British-armed Czech terrorists. That act was perpetrated on May 27, with the victim dying on the 4th of June. As the Aktion Reinhardt began towards mid-May 1942, it pre-dates that assassination. Also, it is hard to imagine the German bureaucracy deciding to give that kind of enterprise the Christian name of one of the highest State officials: it was not its policy to call Hitler, Göring, Himmler or Heydrich by their forenames of Adolf, Hermann, Heinrich or Reinhard.
Historian Uwe Dietrich Adam’s admission
Uwe Dietrich Adam was the author of Judenpolitik im Dritten Reich (Düsseldorf, Droste, 1972). He took part in the historians’ symposium at the Sorbonne, held, in camera, from June 29 to July 2, 1982; a book published three years later, L’Allemagne nazie et le génocide juif (Gallimard/Le Seuil, 1985), supposedly reproduces the various conference papers. In his own contribution on “Les chambres à gaz” (p. 236-261), U. D. Adam carried out some interesting revisions of the commonly accepted theory concerning the Aktion Reinhardt. For example, he happened to write:
On this subject, certain enigmas subsist. Thus, contrary to what the majority of historians think, it is not sure that the name of this operation was given to it in memory of Heydrich, who died on July 5, 1942 [error for: June 4, 1942], following an assassination attempt. Likewise, it is difficult to explain the separation in time of the [respective] building works: at Belzec they began in November 1941, at Sobibor in March 1942 and at Treblinka in late May and early June 1942 (p. 246).
In a note, he pointed out:
To use the name of the deceased head of the RSHA [Central Office of Reich Security] would have been not only an inappropriate choice but also an irreverent one: besides, what connection could there have been between the killing of Polish Jews and the Czech perpetrators of the attack? It is surely more likely that the name evokes that of Secretary of State for Finances Fritz Reinhardt, a spelling in fact found in some documents from the Reinhardt operation, about which this writer is currently preparing a monograph (p. 259, n. 70).
Unhappily, U. D. Adam was to die before he could finish that monograph.
At the Nuremberg trial
At the Nuremberg trial, the prosecution used the selection of documents grouped under classification mark PS-4024 (published in Trial of the Major War Criminals [IMT] vol. XXXIV, p. 58-92), which concerns the economic part of Aktion Reinhardt. The matter was brought up during the hearings of August 5, 6 and 16, 1946. For its treatment in the August 5 session, pages 318-327 in volume XX of the English IMT are to be consulted (German version: p. 349-359). In the same volume XX, pages 422-424 contain its handling on August 6 (German version: p. 460-462). The relevant transcript from August 16 is to be found on pages 239-241 of volume XXI (German version: p. 268-270).
An “omission” by the British junior counsel
At the Nuremberg trial, Major Elwyn Jones, junior counsel for the United Kingdom, sought to make “PS-4024” the main issue against the defendant Walther Funk, minister of the Economy, and against two German witnesses: Friedrich Karl, baron von Eberstein, an SS division General as well as police commissioner of Munich, and the SS judge Gunther Reinecke. In all three instances, E. Jones showed himself to be less than convincing. Moreover, he knowingly committed a grave omission. In a document from his office contained in “PS-4024” and dated February 27, 1943, O. Globocnik foresaw seven measures meant to calm the apprehensions of groups of people being transferred or relocated. The British junior counsel omitted the most significant of those measures, of which the following translation may be offered:
7/. The office is considering giving to relocated persons a certificate of what they will have left behind in the way of houses, farms, livestock and belongings of which inventory may be made, without, however, making any commitment for an obligatory compensation thereof. The future will decide whether such compensation must ensue some day in Brazil or in the Far East. It is only necessary to give transferred persons the feeling that there will ensue, later on, an indemnity for possessions left behind (IMT and IMG, XXXIV, p. 66).
And it is after those words that the signature of O. Globocnik appears. One cannot see the signature without seeing point 7. There, in point 7, may be noted the trace of the idea, dear to Adolf Hitler, Reinhard Heydrich and a good many other National-Socialists according to which the Jewish question would find its solution, after the war, in the creation of a sort of Jewish State that might be situated in Madagascar, Africa, South America or the Far East. Neither O. Globocnik nor any other National-Socialist envisaged the solution of such a problem by the physical extermination of the Jewish people.
As for the policy consisting in the displacement of whole populations and despoiling them more or less brutally of some or all of their possessions, it has, unfortunately, been employed constantly throughout history. The Allies practised it on a grand scale with regard to about 12 million Germans at the war’s end. As for the Jews, they themselves follow no other policy with regard to the Arabs of Palestine.*
March 1986 [August 3, 2009]


* Note (April 1986): Mark Weber, of the Institute for Historical Review, to whom I have sent an English summary of this text, informs me that, curiously, in the translation of German documents produced by the American prosecution at Nuremberg, the same omission of point 7 is to be noted (Nazi Conspiracy and Aggression, Washington, G.P.O., 1946-1948; Supplement A, p. 744-770 for document PS-4024).

Aktion Reinhardt [1986] (version française)



Daté de mars 1986, l’article ci-dessous n’a, jusqu’ici, jamais été publié. Il démolit la thèse de substitution adoptée par certains exterminationnistes ainsi que par le semi-révisionniste David Irving, thèse selon laquelle, à défaut d’un « Holocauste », devenu aujourd’hui douteux, dans les prétendues « chambres à gaz » d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek, il aurait existé, plus à l’Est, un incontestable « Holocauste » dans les « chambres à gaz » des trois camps de Sobibor, de Belzec et de Treblinka, appelés par D. Irving « les sites Reinhardt ».

En ce moment même, John Demjanjuk, qui est âgé de 89 ans, fait les frais de ce mensonge. Après avoir été faussement accusé d’avoir gazé des juifs à Treblinka, puis condamné à mort par un tribunal israélien et après avoir vécu cinq ans dans l’attente d’être pendu, il a été reconnu innocent et libéré. Des juifs ont alors eu l’aplomb de prétendre que, s’il n’avait pas été à Treblinka, il avait dû être à Sobibor ! En conséquence, les autorités américaines l’ont à nouveau extradé et livré, cette fois-ci, à la justice allemande et non à la justice israélienne. Malgré son état de santé qui est alarmant, J. Demjanjuk est aujourd’hui incarcéré dans une prison allemande.
La légende veut que la prétendue extermination des juifs à Sobibor, Belzec et Treblinka se soit produite dans le cadre d’une « Aktion Reinhard ». Or, ainsi que le démontrait R. Faurisson il y a déjà vingt-trois ans, cette opération, qui porte en fait le nom d’un secrétaire d’Etat aux finances du IIIe Reich, Fritz Reinhardt (avec un « t ») et non pas le prénom de Heydrich, soit Reinhard (sans «t»), n’a rien eu à voir avec une extermination quelconque ; elle a essentiellement porté sur les retombées économiques et financières des déplacements en Pologne de populations polonaises et juives dans les années 1942-1943. Une étude attentive de l’un des documents concernant l’ « Aktion Reinhardt » va jusqu’à prouver que le responsable de cette opération, le général Odilo Globocnik, avait bien présente à l’esprit l’idée que les juifs ainsi déplacés et passant par les camps de transit de Sobibor, de Belzec et de Treblinka, seraient installés, après la guerre, hors d’Europe. Au procès de Nuremberg (1945-1946), par un tour de passe-passe d’une insigne malhonnêteté, l’accusation britannique a réussi à cacher cette idée d’O. Globocnik, laquelle, d’ailleurs, ne fait que reproduire des pensées exprimées par Hitler ou Himmler. Tant il est vrai que les autorités du IIIe Reich recherchaient, comme les sionistes, « une solution finale TERRITORIALE » (eine territoriale Endlösung) de la question juive. Des expressions telles que « solution » ou « solution finale » de la question juive ne sont que l’abréviation de « solution finale territoriale » de la question juive. Dès le 24 juin 1940, Heydrich parlait de « eine territoriale Endlösung » et, de son côté, un haut fonctionnaire, Martin Luther, chef de la division « Allemagne » au sein du ministère des Affaires étrangères, rappelait dans un long mémorandum en date du 21 août 1942 que cette formule restait en vigueur et qu’à la fin de la guerre les juifs, dans leur ensemble, devraient avoir à quitter l’Europe (Aufzeichnung, p. 4, 13 ; alias document du procès de Nuremberg NG-2586).
Dans le récent Dictionnaire de la Shoah (sous la direction de Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus, Edouard Husson et Joël Kotek, Larousse 2009), on ne manquera pas de lire l’article « Opération Reinhard [sic] » du Belge Daniel Bovy; l’auteur semble d’une ignorance crasse ; sur le sujet il n’a apparemment lu ni Raul Hilberg, ni Uwe Dietrich Adam, ni l’indispensable document de Nuremberg PS-4024. Il ne fait que spéculer dans le vide.
3 août 2009
***

L’Aktion Reinhardt – et non Reinhard – (mars 1942-octobre 1943) n’a jamais été une opération d’extermination des juifs de Pologne mais une opération dont les quatre objectifs étaient :
- le transfert de certaines populations polonaises ou juives ;
- l’utilisation de la main-d’œuvre polonaise ou juive (parfois dans des camps) ;
- l’exploitation de biens confisqués aux Polonais ou aux juifs ;
- la collecte de valeurs dissimulées ou encore la saisie d’immeubles.
Le responsable de cette opération fut Odilo Globocnik, ingénieur diplômé devenu général de division SS et siégeant à Lublin. O. Globocnik s’est probablement suicidé en prison le 31 mai 1945.
Si l’Aktion Reinhardt avait été une opération d’extermination des juifs, elle aurait produit, en tant que telle, des documents qui auraient attesté de l’existence d’un ordre ainsi que de directives et d’instructions en ce sens. De plus, pour ne prendre que ces trois exemples souvent cités, les camps de Treblinka, de Sobibor et de Belzec, utilisés, parmi bien d’autres, dans le cadre de cette opération, ne se seraient pas révélés être des camps de transit mais auraient été équipés pour exterminer des masses humaines.
Pour donner corps à la thèse de l’extermination, on écrit souvent Aktion Reinhard (sans « t »). On prétend qu’une vaste opération d’assassinats collectifs aurait été ainsi baptisée en hommage au Protecteur de Bohême-Moravie, Reinhard Heydrich, assassiné à Prague par des terroristes tchèques armés par la Grande-Brétagne. L’attentat a été perpétré le 27 mai 1942 et la victime est morte le 4 juin. Comme l’Aktion Reinhardt a débuté vers la mi-mai 1942, elle est antérieure à cet assassinat. Et puis, on imagine difficilement la bureaucratie allemande décidant de donner à une entreprise de ce genre le prénom de l’un des plus hauts dirigeants de l’Etat: il n’était pas dans ses usages d’appeler Hitler, Göring, Himmler ou Heydrich par leurs seuls prénoms d’Adolf, de Hermann, de Heinrich ou de Reinhard.
L’admission de l’historien Uwe Dietrich Adam
Uwe Dietrich Adam est l’auteur de Judenpolitik im Dritten Reich (Düsseldorf, Droste, 1972). Il a participé au colloque d’historiens qui, du 29 juin au 2 juillet 1982, s’est tenu, à huis clos, à la Sorbonne. Paru trois ans plus tard, un ouvrage est supposé reproduire le texte des communications de ce colloque (L’Allemagne nazie et le génocide juif, Gallimard/Le Seuil, 1985). Dans sa propre contribution sur « Les chambres à gaz » (p. 236-261), U.D. Adam procède à d’intéressantes révisions de la thèse communément admise au sujet de l’Aktion Reinhardt. Par exemple, il en vient à écrire :
A ce sujet, certaines énigmes subsistent. Ainsi, au contraire de ce que pensent la majorité des historiens, il n’est pas certain que le nom de cette opération ait été attribué au souvenir de Heydrich, disparu le 5 juillet 1942 [erreur pour : le 4 juin 1942], à la suite d’un attentat. De même on explique mal le décalage dans le temps des travaux de construction : le chantier de Belzec débuta en novembre 1941, celui de Sobibor en mars 1942 et celui de Treblinka fin mai et début juin 1942 (p. 246).
Dans une note, il précise :
Utiliser le nom du chef du RSHA [Office central de sûreté du Reich] disparu aurait été un choix non seulement impropre mais irrévérencieux : quel rapport aurait-il pu y avoir par ailleurs entre l’assassinat de Juifs polonais et les Tchèques auteurs de l’attentat ? Le nom évoque sans doute plus vraisemblablement celui du secrétaire d’Etat aux Finances Fritz Reinhardt, orthographe que l’on retrouve précisément dans certains documents de l’opération Reinhardt. Sur cette dernière, l’auteur de ces lignes prépare une monographie (p. 259, n. 70).
Malheureusement, U.D. Adam devait mourir avant de pouvoir achever cette monographie.
Au procès de Nuremberg
Au procès de Nuremberg, l’accusation a utilisé le choix de documents réunis sous la cote PS-4024 (TMI XXXIV, p. 58-92), qui concerne la partie économique de l’Aktion Reinhardt. Le sujet à été évoqué, au cours des débats, les 5, 6 et 16 août 1946. Pour la version française, on se reportera, dans le volume XX, aux pages 341-350 mais en prenant soin de confronter cette version à la version allemande des pages 349-359, tant la version française peut induire en erreur, par exemple quand elle donne à croire qu’un document allemand contenait le mot de « Sklavenlager » (camp d’esclaves) alors que cette expression provient sous sa forme anglaise du major Elwyn Jones, substitut du procureur général britannique (texte français fautif, p. 348; texte allemand correct, p. 357). Dans le même volume XX, on consultera, pour la version française, les pages 451-453 et, pour la version allemande, les pages 460-462. Dans le volume XXI, on se reportera, pour la version française, aux pages 257-258 et, pour la version allemande, aux pages 268-270.
Une « omission » du substitut britannique
Au procès de Nuremberg, le substitut Elwyn Jones a voulu faire du recueil de documents PS-4024 son cheval de bataille contre l’accusé allemand Walther Funk, ministre de l’Economie, et contre deux témoins allemands qui furent, d’une part, Friedrich Karl, baron von Eberstein, général de division SS et préfet de police à Munich, et, d’autre part, le juge SS Gunther Reinecke. Dans les trois cas, E. Jones s’est montré peu convaincant. Par ailleurs, il s’est rendu coupable d’une grave omission. Dans un document en date du 27 février 1943, O. Globocnik envisageait sept mesures destinées à calmer les appréhensions des populations à transférer ou à transplanter. Le substitut britannique a omis la dernière et la plus significative de ces mesures dont on peut proposer la traduction suivante :
7/. On envisage de donner aux transplantés une attestation de ce qu’ils auront laissé en tant que maison, ferme, bétail et biens à inventorier, sans prendre pour autant l’engagement d’une compensation obligatoire. Que cette compensation doive s’ensuivre un jour au Brésil ou en Extrême-Orient, l’avenir en décidera. Il faut seulement donner aux transférés le sentiment qu’il s’ensuivra plus tard une indemnisation des biens laissés derrière eux (TMI et IMG, XXXIV, p. 66).
Et c’est après ces mots qu’apparaît la signature d’O. Globocnik. On ne peut voir la signature sans voir le point 7. On relève, dans ce point 7, la trace de l’idée, chère à Adolf Hitler, Reinhard Heydrich et à bien d’autres nationaux-socialistes selon laquelle la question juive trouvera sa solution, après la guerre, dans la création d’une sorte d’Etat juif qui pourra se situer à Madagascar, en Afrique, en Amérique du Sud ou en Extrême-Orient. Ni O. Globocnik, ni aucun autre national-socialiste n’a envisagé la solution d’un tel problème par l’extermination physique du peuple juif.
Quant à la politique qui consiste à déplacer des populations entières et à les spolier plus ou moins brutalement d’une partie ou de la totalité de leurs biens, elle est d’un emploi malheureusement constant tout au long de l’histoire. Les Alliés l’ont pratiquée à grande échelle à l’égard d’environ 12 millions d’Allemands à la fin de la guerre. Quant aux juifs, ils ne suivent pas d’autre politique à l’égard des Arabes de Palestine.*

mars 1986 [3 août 2009]


* Note (avril 1986) : Mark Weber, de l’Institute for Historical Review, auquel j’ai envoyé une version anglaise de ce texte, me fait savoir que, curieusement, dans la traduction des documents allemands mise au point par le ministère public américain, on note la même omission du point 7 (Nazi Conspiracy and Aggression, Washington, G.P.O., 1946-1948. Supplément A, p. 744-770 pour le document PS-4024).

Wednesday, March 4, 1987

L'historien juif anglais Martin Gilbert est un falsificateur

Martin Gilbert est le biographe officiel de Winston Churchill. Il a aussi écrit des ouvrages sur l'"Holocauste". Il défend la thèse de la prétendue extermination des juifs, une extermination conduite en particulier par le moyen de prétendues chambres à gaz homicides ou de prétendues camions à gaz homicides. Pour défendre cette thèse absurde et populaire, il ne recule ni devant la falsification, ni devant la pure invention.
Un exemple de falsification : ses manipulations du "document Gerstein" en 1979 et en 1986.
L'ensemble des confessions du SS Kurt Gerstein, connues sous la dénomination de "document Gerstein", est totalement dénué de valeur scientifique ainsi que l'avait démontré Paul Rassinier dans les années soixante et ainsi que l'ont confirmé les études du Français Henri Roques et de l'Italien Carlo Mattogno. Mais Martin Gilbert, tout comme Léon Poliakov, a utilisé ces confessions à l'appui de sa thèse. Je vais montrer comment il l'a fait et, pour la clarté de la démonstration, je vais souligner tous les chiffres cités. Parlant de la prétendue chambre à gaz homicide de Belzec, Kurt Gerstein a écrit :
Die Menschen stehen einander auf den Fuessen, 700-800 Menschen auf 25 Quadratmetern in 45 Kubikmetern [...] 750 Menschen in 45 Kubikmetern [1].
Il est évident qu'on ne peut pas mettre 700 à 800 personnes debout sur une surface 25 m2 et dans un volume de 45 m3. Cela supposerait, en effet, qu'on puisse mettre 28 à 32 personnes dans 1 m2 avec une hauteur d'1m80. Il est révélateur de l'état mental de Gerstein que celui-ci ait fait aux Alliés, dont il était le prisonnier, une pareille déclaration. Il a toujours maintenu ces chiffres et les a répétés avec insistance. Or, ces chiffres, Martin Gilbert les a complètement transformés pour rendre croyable le récit de Gerstein. Il les a même transformés d'une certaine façon en 1979 et d'une autre façon en 1986.
Voici comment il a cité Gerstein en 1979 :
The naked people stand on each other's feet. About seven to eight hundred people in an area of about a hundred square metres [2].
On remarque que Martin Gilbert, entre autres manipulations, a quadruplé la surface de 750 et supprimé la mention du cubage, a supprimé également le chiffre de 750 et a supprimé la répétition par Gerstein de la mention du cubage. S'il avait maintenu la mention, répétée, de 45 m3, nous aurions eu une chambre à gaz d'environ 100 m2 et de 45 m3, c'est-à-dire que la pièce contenant environ 700 à 800 personnes debout aurait été d'une hauteur de... 0m45 !
Puis voici comment Martin Gilbert a cité Gerstein en 1986 :
Seven to eight hundred people in ninety-three square metres [3].
Cette fois-ci, le chiffre de 25 a été froidement remplacé par celui de 93 qui, par sa précision, est bien fait pour donner l'impression de l'exactitude et de la rigueur. Une fois de plus, toutes les mentions du cubage ont disparu.
Il ne faudrait pas croire que Martin Gilbert a falsifié les écrits de Gerstein sur ce seul point. Il les a falsifiés sur une quantité d'autres points et, notamment, en coupant le texte de manière à dissimuler le plus possible les autres non-sens de Gerstein. C'est la méthode Poliakov.
Un exemple de pure invention : les juifs gazés
à Belzec, Treblinka...
En 1981, Martin Gilbert écrivait :
The deliberate attempt to destroy systematically all of Europe's Jews was unsuspected in the spring and early summer of 1942: the very period during which it was at its most intense, and during which hundreds of thousands of Jews were being gassed every day at Belzec, Chelmno, Sobibor and Treblinka [4].
Jamais personne n'a été gazé dans ces camps, ni dans aucun autre d'ailleurs, mais ne regardons que les chiffres de Martin Gilbert. Admettons que des "centaines de milliers" représentent seulement "200.000". Cela ferait 200.000 juifs gazés par jour, donc 1.400.000 par semaine. Si, pour le printemps et le début de l'été, on compte quatre mois, soit dix-sept semaines, cela fait 1.400.000 x 17 = 23.800.000 juifs gazés seulement dans quatre petits camps et seulement pour quatre mois.
Il y aurait de nombreux commentaires à faire sur Martin Gilbert, sur son ignorance en matière d'histoire, sur sa malhonnêteté et, enfin, sur son productivisme : il écrit beaucoup et n'importe quoi.
Le 3 décembre 1986, je lui ai écrit pour lui demander des explications sur sa manière de reproduire les écrits de Gerstein. Il n'a pas répondu.
Je lui envoie le présent texte.
4 mars 1987

Notes

[1] Référence : p. 5 du document de Nuremberg PS-2170 ainsi que l'indique Martin Gilbert : "Les hommes et les femmes se tenaient les uns aux pieds des autres, 700-800 hommes et femmes sur 25 mètres carrés dans 45 mètres cubes [...] 750 hommes et femmes dans 45 mètres cubes."
[2] "Les gens nus se tenaient les uns aux pieds des autres. Environ sept à huit cents personnes sur une surface d'environ cent mètres carrés" (M. Gilbert, Final Journey, p. 91, New York, Mayflower Books, 1979).
[3] "Sept à huit cents personnes dans quatre-vingt-treize mètres carrés", The Holocaust, the Jewish tragedy, Londres, Collins, 1986, p. 427 ; à la page 864, Martin Gilbert indique comme source : "Kurt Gerstein, statement of 6 May 1945, Tubingen : International Military Tribunal, Nuremberg, document PS-2170."
[4] M. Gilbert, Auschwitz and the Allies, Londres, Michael Joseph, 1981, p. 26 : "La tentative délibérée d'anéantir systématiquement tous les juifs d'Europe resta insoupçonnée au printemps et au début de l'été 1942 : période précisément durant laquelle elle fut à son point culminant avec des centaines de milliers de juifs gazés tous les jours à Belzec, Chelmno, Sobibor et Treblinka."


Friday, March 12, 1982

Les cheveux d’Auschwitz

Une certaine Ruth Abram-Rosenthal vient d’écrire dans le journal hollandais Handelsblad NRC du 6 mars 1982, sous le titre « En Pologne l’antisémitisme continue de vivre » :

Des écoliers qui visitent les anciens camps de concentration tels ceux de Treblinka, Birkenau et Sobibor reçoivent des brochures où ils peuvent lire que les gazages sont des inventions juives. On suggère aux enfants, lors d’une visite prochaine chez le coiffeur, d’envoyer leurs cheveux coupés à l’instance commémorative d’Auschwitz pour que celle-ci puisse les ajouter à sa fallacieuse collection de cheveux.

Personnellement, pour des raisons que je n’ai pas envie de développer ici, je dirais que la journaliste hollandaise a été la victime d’une provocation ; ou peut-être sait-elle fort bien qu’il s’agit d’une provocation et que cela l’arrange de chercher à nous faire croire que des antisémites polonais seraient à l’œuvre.

En revanche, ce qui est sûr, c’est que la collection de cheveux présentée derrière l’une des vitrines du musée d’Etat d’Auschwitz est bel et bien fallacieuse. En effet, tout ou partie de ces cheveux rassemblés en 1945 ne venait pas des camps d’Auschwitz ou de Birkenau mais... d’une usine de tapis et peluches, sise à Kietrz ! Cette ville de Kietrz se situe, à vol d’oiseau, à environ quatre-vingt-dix kilomètres à l’ouest d’Auschwitz, à proximité de la frontière tchécoslovaque. Une expertise polonaise du 27 mars 1947 portant sur quatre kilos deux cents de cheveux saisis dans cette fabrique permettait de découvrir des traces d’acide cyanhydrique dans des cheveux ainsi décrits : « de teintes peu variées : blond foncé, châtain pour la plupart, certains légèrement grisonnants ». Cette présence d’acide cyanhydrique était normale puisque, aussi bien, l’usine devait désinfecter les cheveux avant d’en faire des tapis ou des peluches et que les Allemands, comme beaucoup d’autres peuples, avant et après la guerre et encore aujourd’hui, utilisaient ou continuent d’utiliser le Zyklon B (qui est un absorbat d’acide cyanhydrique) quand il s’agit de désinfecter quelque matériau que ce soit et surtout des cheveux, avec leurs impuretés, leurs poux et leurs lentes. Mais le fameux juge d’instruction Jan Sehn, de Cracovie, célèbre pour avoir interrogé Rudolf Höss et bien d’autres Allemands responsables du camp d’Auschwitz, s’empressa d’y voir une preuve de crime. Il fit saisir ces cheveux et les proposa au directeur du musée d’Auschwitz qui les accepta. De Cracovie, le 6 mai 1947, Jan Sehn écrivait à la Commission centrale d’investigations sur les crimes allemands en Pologne (lettre n° 366-47) :

Je considère comme le moyen le plus sûr d’assurer la conservation de ces cheveux leur remise au musée national d’Auschwitz, ce qui garantira leur conservation dans l’état dans lequel ils se trouvent actuellement et permettra pendant longtemps de s’en servir, si besoin est, comme preuve matérielle [contre les accusés].

Je me suis entendu à ce sujet avec M. Wasowicz, directeur du musée, qui s’est déclaré prêt d’en assurer, par ses propres moyens, le transport de Kietrz à Auschwitz pour les garder, d’une part, comme objets d’exposition, et, de l’autre, comme éléments de preuves susceptibles de servir à l’ avenir.

Et c’est ainsi, pensera le touriste d’Auschwitz, que la magnifique tresse blonde qui trône au milieu du tas de cheveux qu’on lui présente aujourd’hui comme ayant appartenu à des femmes « gazées » peut très bien avoir appartenu à une Silésienne allemande qui aurait sacrifié sa chevelure à l’effort de guerre allemand.

De toute façon, ces étalages muséographiques de cheveux, de lunettes, de blaireaux, de chaussures, de béquilles n’ont pas grand sens. Dans toute l’Europe en guerre, chez tous les coiffeurs, on faisait de la récupération de cheveux. On « récupérait » d’ailleurs et on rassemblait dans toutes sortes de dépôts toutes sortes de matériaux ou d’objets. Dans les usines, dans les prisons, dans les camps de travail ou de concentration, on utilisait une main-d’œuvre considérable pour le traitement ou le retraitement de ce qu’on avait récupéré. Certains camps de concentration contenaient de véritables usines de fabrication de chaussures ou de vêtements. Aujourd’hui, le touriste abusé se voit présenter tous ces objets comme autant de preuves de la barbarie allemande. Il est sûr que certains de ces objets ont pu appartenir à des internés dépouillés après leur mort. Mais il en allait de même pour les dépouilles des populations civiles allemandes recueillies, après chaque bombardement, par des équipes d’internés conduites sur les lieux à déblayer. Il en allait de même pour les dépouilles des soldats allemands concentrés dans des dépôts militaires.

L’Allemagne était engagée dans un formidable conflit et subissait un blocus presque total. On essayait de gâcher le moins possible et de récupérer le plus possible.

Mais le touriste est si facile à tromper. Pourquoi ne pas en profiter ? C’est un rêveur. Nourrissons ses rêves, n’est-ce pas, surtout s’ils sont malsains. D’Auschwitz, qui fut un lieu de souffrances et de drames, les communistes polonais ont fait une sorte de Disneyland.

12 mars 1982