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Thursday, February 7, 1991

En prison pour délit de presse

Alain Guionnet, directeur de Revision, a été conduit par les gendarmes au parquet de Nanterre et, de là, à la prison de Bois d’Arcy, où il sera probablement détenu pour une durée d’un mois. Il a 36 ans et il est invalide civil (à 70 %). Il est en prison pour délit de presse. Selon toute vraisemblance, il aura à purger ensuite une peine supplémentaire de 21 mois d’emprisonnement pour le même motif.

Le 21 mars 1991, à 13 h 30, le professeur Faurisson comparaîtra devant la XVIIe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, présidée par Claude Grellier. Georges Wellers et le substitut Marc Domingo lui font grief d’une interview parue dans Le Choc du mois de septembre 1990 et invoquent la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 qui prévoit une peine d’un mois à un an d’emprisonnement et une amende de deux mille à trois cent mille francs pour celui qui «conteste» l’existence des «crimes contre l’humanité», tels que définis par les vainqueurs de 1945. Une semaine plus tard, le 28 mars, R. Faurisson comparaîtra à nouveau devant la même chambre et le même président pour la même interview, mais, cette fois-ci, sur plainte de Jean Pierre-Bloch et du même substitut Marc Domingo qui, pour le coup, invoqueront la loi antiraciste du 1er juillet 1972.

Pierre Joxe et Sarra Ouaknine ont interdit d’affichage, de publicité et de vente aux mineurs Revision, les Annales d’histoire révisionniste et la Revue d’histoire révisionniste. Dans une récente lettre adressée au Conseil d’État, la « Direction des libertés publiques » du ministère de l’intérieur vient de définir quels sont les droits, les devoirs et les limites de l’historien [1].

Le 31 octobre 1990, la cour d’appel de Paris a rendu contre Pierre Guillaume, directeur des Annales d’histoire révisionniste, un arrêt fondé rétroactivement sur la loi Fabius-Gayssot ; cette rétroactivité s’exerce sur une période supérieure à deux ans. Des manifestants viennent, de façon chronique, assiéger la librairie de la Vieille Taupe, 12, rue d’Ulm, afin, comme l’a révélé un responsable de la LICRA, de provoquer un trouble de l’ordre public qui conduirait les autorités policières à supprimer la cause de ce trouble [2].

A Lyon, Bernard Notin, à Caen, Vincent Reynouard et, en d’autres points de France, d’autres révisionnistes subissent de plein fouet une répression approuvée par l’ensemble du monde journalistique, en particulier par Libération et Le Canard enchaîné. Mme Le Foyer de Costil, magistrat, interdit d’écrire : « Moyen Orient : les juifs ont-ils poussé à la guerre ? » (Le Monde, 7 février 1991).

7 février 1991



[1] 7 janvier 1991, OS/FF/A5184/DLPAJ/CAJ/BCLP. Tél. : 49 27 40 51. C’est à ce dernier numéro de téléphone que l’administrateur civil Jacques Mathieu fournira les directives nécessaires. 
[2] Georges Nicod, conférence donnée à Vichy, 13 décembre 1990.

Friday, January 18, 1991

Arno Mayer, texte et traduction


Les éditions de la Découverte viennent de publier une traduction du livre retentissant d’Arno Mayer : La « Solution finale » dans l’histoire. Charles Filippi en signe un compte rendu dans Rivarol [1]. C’est également dans Rivarol que j’avais, en son temps, publié une étude de l’ouvrage original dans sa version anglaise sous le titre : « USA, un universitaire juif s’engage dans la voie révisionniste [2]. »

Édulcoré

La comparaison entre la version originale de 1988 et la version française de 1990 est instructive. On constate que ce que j’appellerais les deux phrases les plus importantes et les plus inattendues de ce livre ont été retouchées soit par l’auteur à l’occasion de cette traduction, soit par ses deux traductrices, Marie-Gabrielle et Jeannie Carlier avec l’accord probable de Pierre Vidal-Naquet qui est l’ami et, pour la circonstance, le préfacier d’Arno Mayer. La première phrase porte sur les chambres à gaz et la seconde sur la mort des juifs dans les camps. Dans les deux cas, on a édulcoré. Et, si on l’a fait, c’est parce que ces phrases, dans leur version d’origine, étaient explosives. Elles donnaient tellement raison aux révisionnistes français qu’elles auraient, en France, paru administrer un cinglant démenti à ceux qui traitent les révisionnistes de « falsificateurs ».

Chambres à gaz

Le texte anglais portait : « Les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et non fiables.» Les mots employés étaient exactement : « rare and unreliable [3]» Ce dernier adjectif est particulièrement péjoratif : il qualifie une personne ou une chose à laquelle il n’est pas question de faire la moindre confiance. Par exemple, pour un tribunal anglo-saxon, un témoin ou une pièce jugés « unreliable » sont comme s’ils n’existaient plus et le juge fait savoir aux jurés qu’ils doivent rayer de leur mémoire ce témoin ou cette pièce. Si je choisis cet exemple, c’est parce que l’existence des chambres à gaz hitlériennes n’a jusqu’ici guère été fondée que sur ce qui a été produit devant les tribunaux. Or, la traduction française porte : « Les sources dont nous disposons pour étudier les chambres à gaz sont à la fois rares et peu sûres [4] » ; la différence n’est certes pas considérable et il serait déjà intéressant qu’un universitaire juif américain réplique par cette phrase à de prétendus historiens français qui, depuis près d’un demi-siècle, nous répètent avec aplomb que les sources dont nous disposons pour l’étude de ces chambres à gaz sont à la fois abondantes et solides : à telle enseigne, d’ailleurs, que celui qui « conteste » l’existence de ce « crime contre l’humanité » risque maintenant d’aller en prison au nom de la loi Fabius-Gayssot, parue au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1990 sous la signature de François Mitterrand. Mais enfin la traduction française est fautive : les sources ne sont pas « peu sûres » mais pas sûres du tout, A. Mayer le montre bien dans les explications qu’il fournit ensuite ; j’y renvoie le lecteur, en lui recommandant, toutefois, ici encore, l’original anglais.

La mort des juifs

La seconde modification est plus grave. Le texte anglais portait que, de 1942 à 1945, c’est-à-dire dans les années où les Allemands auraient systématiquement cherché à tuer les juifs selon un plan concerté, les causes dites « naturelles » tuèrent plus de juifs que les causes « non naturelles » : le texte ajoute que tel fut le cas « certainement à Auschwitz mais probablement partout ailleurs » aussi [5]. Or, la traduction française porte seulement que cela se produisit « à Auschwitz en tout cas » [6]. Là encore, on se félicitera de ce qu’un éminent historien juif reconnaisse qu’à Auschwitz, censé être le haut lieu de l’ « Holocauste», les causes naturelles « comme la sous-alimentation, la maladie, les épidémies et l’épuisement » aient tué plus de juifs que toute autre cause [7]. Mais enfin le texte français diverge ici gravement de l’original anglais : dans ce dernier, ce qui était certainement vrai d’Auschwitz était, de surcroît, probablement vrai aussi de tous les autres camps.

La contrariété de P. Vidal-Naquet

P. Vidal-Naquet éprouve une contrariété certaine à voir comment son ami Arno Mayer traite la question des chambres à gaz. Aussi, faisant appel à un ouvrage du pharmacien français Jean-Claude Pressac, paru en anglais (!) il y a un an et demi, il écrit : « Personne en tout cas, désormais – je veux dire : après le livre de Jean-Claude Pressac – ne pourra plus parler à propos des chambres à gaz d’Auschwitz de sources “rares et peu sûres” comme le fait Mayer » [8]. Il n’y a qu’un ennui – un ennui complémentaire – pour notre Torquemada du révisionnisme, c’est que le livre en question est aussi vide de substance qu’il est volumineux ; s’il avait apporté la moindre preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide, les médias du monde entier auraient retenti de la nouvelle. Ce livre porte le titre tout à fait trompeur de Auschwitz, Technique and Operation of the Gas Chambers (Auschwitz, technique et fonctionnement des chambres à gaz) ; il est paru aux États-Unis en 1989 sous les auspices de la « Beate Klarsfeld Foundation ». J’en ai rédigé un compte rendu qui paraîtra sous peu dans une revue révisionniste que la loi m’interdit de nommer ici. M. Pierre Joxe, éclairé par ses collaborateurs de la « Direction des libertés publiques » (sic), M. Jean-Marc Sauvé et Mme Sarra Ouaknine [9], interdisent toute forme de publication à cette revue parce qu’ils la décrètent « antisémite ». Je fais donc, si l’on peut dire, de la publicité à mon collègue juif américain, Arno Mayer, en dépit de son hostilité affichée pour les révisionnistes et bien qu’il continue, à ce qu’il affirme, de croire aux chambres à gaz.

Un auteur à soutenir

Il a besoin qu’on le soutienne. Aux États-Unis et en France les attaques fusent. Alain-Gérard Slama lui a consacré un article intitulé : « Arno Mayer ou les dangers de la révision de l’histoire » [10]. A l’exemple de tous ceux qui s’indignent du livre de Mayer, il n’ose pas citer la phrase sacrilège sur les chambres à gaz mais il écrit tout de même ceci, qui prouve le désarroi :

[Arno Mayer] ne semble pas apercevoir qu’il remet en cause l’idée de l’intentionnalité du massacre, lorsqu’il rappelle qu’un nombre impossible à apprécier de juifs sont morts à Auschwitz, victimes de la maladie et de la malnutrition. – Quel gâchis ! Ce livre constitue le coup le moins attendu porté aux recherches couronnées par la somme de Raul Hilberg (La Destruction des juifs d’Europe, Fayard, 1988).


[Publié dans Rivarol, 18 janvier 1991, p. 12.]


Notes

[1] Rivarol, 21 décembre 1990, p. 5. 
[2] R. Faurisson, Rivarol, 9 juin 1989, page 91. 
[3] A. Mayer, Why did the Heavens not Darken? The "Final Solution" in History, New York, Pantheon Books, 1988, page 362.
[4] A. Mayer, La “solution finale” dans l'histoire, préface de Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Découverte, 1990, page 406. 
[5] Id., p. 365. 
[6] Id., p. 410. 
[7] Id., p. 453.
[8] Id., p. IX. 
[9] Commissaire, Mme Ouaknine fut chargée de « suivre l’extrême-droite » quand le ministère de l’Intérieur était occupé par Charles Pasqua. On voit qu’il y a parfaite continuité Place Beauvau. [Note de Rivarol
[10] Le Figaro, 22 novembre 1990, p. 16.