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Monday, September 17, 2012

Nouveau retour sur Katyn à Nuremberg


J’ai plusieurs fois traité du procès de Nuremberg et, en particulier, de « Katyn à Nuremberg ». Encore assez récemment, le 20 avril 2012, j’ai publié un article intitulé « Retour sur Katyn à Nuremberg ».

Mais on me signale qu’un internaute, dont l’identité ne m’est pas révélée, a manifesté son désaccord. Voici son message :

Il me semble que monsieur Faurisson n’ait pas bien étudié le procès de Nuremberg, notamment en ce qui concerne Katyn. Que Katyn figure dans l’acte d’accusation au titre du chef d’accusation "Crimes de guerre" n’est nullement contestable. Les allies occidentaux ont cédé au chantage des Soviétiques et ce n’est pas à leur honneur. Pour autant, monsieur Faurisson semble oublier que les articles 19 et 21 ne disent pas ce qu’il veut leur faire dire. L’article 19 vise surtout à assouplir les conditions d’administration de la preuve par rapport aux règles très strictes en la matière de la procédure anglo-saxonne. Il rejoint en fait les règles de la procédure pénale française sans attenter aux droits de la défense. C’est ainsi que, lorsque l’accusation produisit des « affidavit », les avocats des accusés purent exiger la comparution des signataires de ces mêmes « affidavit ». En ce qui concerne l’article 21 du statut du tribunal, l’interprétation de monsieur Faurisson rejoint celle des Soviétiques, mais non celle des autres membres du tribunal. Du reste, dans la version en anglais du statut, il est dit que, concernant les rapports officiels des gouvernements alliés, le tribunal « will take judicial notice », ce qui signifie qu’il les considèrera comme recevables, sans préjuger de leur valeur probatoire. Cette disposition ne devait nullement aller à l’encontre des droits de la défense. On le vérifiera précisément à propos de Katyn où la défense [a] pu imposer l’audition de ses témoins et soumettre les témoins soviétiques à un contre interrogatoire serré, en dépit de l’opposition virulente du procureur soviétique Rudenko et de celle du général Nikitchenko, juge soviétique. C’est après cet épisode que l’on commença à évoquer la responsabilité soviétique dans le massacre de Katyn. Tout ceci est vérifiable et de larges extraits des témoignages figurent dans l’ouvrage de Jean-Marc Varaut sur le procès.

Cet internaute se trompe du tout au tout et certaines de ses erreurs sont graves. Il a mal lu mon article du 20 avril 2012 intitulé « Retour sur Katyn à Nuremberg » et il s’est dispensé de lire mon étude du 1er août 1990 intitulée « Katyn à Nuremberg », à laquelle j’avais pris soin de renvoyer le lecteur, triple référence à l’appui.

Il n’est pas allé au texte même des honteux articles 19 et 21 du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg (1945-1946) et il n’a pas étudié l’emploi que, dans la pratique, les juges et les procureurs ont fait de ces mêmes articles. Au lieu d’aller à la source, il s’est contenté de la lecture d’un (bien mauvais) livre sur le procès de Nuremberg.

Je lui conseille d’aller, en un premier temps, à l’original anglais des articles 19 et 21 (IMT) (http://avalon.law.yale.edu/imt/imtconst.asp#art1), puis aux traductions, très éclairantes, qu’il trouvera dans les versions française (TMI) et allemande (IMG). Il mesurera alors le cynisme avec lequel les vainqueurs ont déclaré 1) « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves » (ce qui est terriblement inquiétant) et 2) « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis » (ce qui n’est pas moins inquiétant). Les phrases explicatives qui suivent chacune de ces deux décisions confirment et accroissent les pires craintes. Dans le cas de l’article 19, on ajoute que le Tribunal « adoptera et appliquera une procédure expéditive et non formaliste et admettra tout moyen qu’il estimera avoir une valeur probante » ; ici une remarque : les traducteurs français ont traduit l’anglais « expeditious », qui signifie « expéditif », par « rapide ». Retenons que, de ce point de vue, le Tribunal ira vite en besogne et ne s’embarrassera pas trop des formes ; puis, au terme d’une procédure aussi désinvolte, ce même Tribunal déclarera : « Ceci est une preuve » ou « Cela n’est pas une preuve ». Dans le cas de l’article 21, on ajoute que le Tribunal « considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres de l’une quelconque des Nations Unies ». Faramineux ! Voilà donc un tribunal qui, les yeux fermés, sans examen du contenu, dira par exemple : « Ceci est le rapport officiel d’une Commission de vainqueur qui a enquêté sur un crime imputé au vaincu ; il est signé de ce vainqueur ; en conséquence, il a valeur de preuve authentique » ! C’est ainsi que le tribunal des « Nations Unies » va décider d’accorder valeur de preuve authentique à toutes sortes de documents communistes dont le rapport officiel URSS-54 de la Commission soviétique concluant que le crime de Katyn avait été perpétré par une unité de l’armée du vaincu. On est surpris de lire que, dans ce même article 21, on puisse parler de « faits de notoriété publique » sans préciser aux yeux de qui tel fait sera « de notoriété publique » et tel autre ne le sera pas. Comment cela se décidera-t-il ? Sur quel critère ? La réponse, dans la pratique, est que les juges prendront leur décision sans avoir à produire leurs raisons ; toujours dans la pratique, ils auront été « instruits » par le film atrocement mensonger qui a été projeté à l’ouverture du procès.

Autrement dit, le cas est prévu où les juges se dispenseront d’apporter une ou plusieurs  preuves. Et les juges de Nuremberg useront surabondamment d’une telle latitude. La liste est interminable des affirmations que ce tribunal se permettra sans apport de la moindre preuve. En particulier, il affirmera que le vaincu a suivi une politique d’extermination physique des juifs d’Europe mais aucune preuve ne sera fournie ! Il affirmera aussi que le vaincu, pour perpétrer ce crime, a usé d’armes de destruction massive appelées « chambres à gaz » ou, dans le cas de Treblinka (document PS-3311 à valeur de preuve authentique), de « chambres à vapeur » (steam chambers) sans fournir la moindre preuve telle qu’une expertise criminelle, ce qui est un comble pour un supposé crime de cette dimension. Il affirmera que le total des victimes juives du vaincu s’est élevé à six millions sans fournir, là encore, de preuve mais au prix d’une étonnante tricherie : il dira qu’Eichmann l’a dit alors que c’est Wilhelm Höttl qui, dans un affidavit (une déclaration écrite sous serment), a dit qu'Eichmann le lui avait dit, et cela dès août 1944 ! Höttl avait menti. Faisant valoir qu’une convocation de Höttl était aisée puisque, aussi bien, le personnage demeurait sur place (et collaborait activement avec l’accusation de peur d’être livré à la Hongrie communiste), les avocats de la défense avaient demandé sa comparution pour qu’il vienne s’expliquer ; le président du tribunal leur avait répondu qu’on verrait cela plus tard mais, plus tard, on n’a rien vu du tout ! Passez, muscade !

S’il est un point particulièrement inadmissible dans le message de l’internaute, c’est l’assurance qu’il nous donne au sujet des « affidavit » quand il ose écrire : « lorsque l’accusation produisit des “affidavit”, les avocats des accusés purent exiger la comparution des signataires de ces mêmes “affidavit” ». Les avocats ne pouvaient rien « exiger » de tel de la part du tribunal et surtout pas la comparution du signataire d’un affidavit. A lui seul, le cas de Höttl le prouve.

Notre internaute devrait revoir sa copie là où il traite de ce que signifie pour des magistrats, dans l’article 21 du statut, l’expression « to take judicial notice ». Cela signifie « prendre connaissance d’office » ou « admettre d’office ». Si un juge décide de « prendre connaissance d’office » de ce que « l’extermination physique des juifs » a eu lieu, l’accusé n’aura d’autre ressource que de se le tenir pour dit, de tenir le fait pour acquis, de considérer comme authentique le fait que, durant la Seconde guerre mondiale, le vaincu a suivi une telle politique d’extermination. En 1988, lors du deuxième procès intenté à Toronto contre le révisionniste Ernst Zündel, dont j’assistais l’avocat (Doug Christie), le juge Ron Thomas a décidé, à la demande du ministère public, de prendre connaissance d’office de la réalité de « l’Holocauste ». Il a déclaré : « L’Holocauste est le meurtre de masse et l’extermination de (ou des) juifs par le régime nazi durant la Seconde guerre mondiale, et il sera dit [par moi] au jury d’admettre cela d’office » (« The Holocaust is the mass murder and extermination of Jews by the Nazi regime during the Second World War, and the jury will be told to take judicial notice of that »). Je rappelle ici que seul le jury a le droit de se prononcer sur la culpabilité ou la non-culpabilité de la personne mise en cause ; au juge, ensuite, de fixer éventuellement la peine. Toute personne, à commencer par un avocat, qui s’aviserait de contester ou d’avoir l’air de contester ce qu’on lui demande d’admettre d’office et sans preuve serait passible des peines encourues pour « outrage à magistrat » (contempt of court).

Quel est l’insensé qui admettrait de comparaître devant un tribunal bafouant à ce point les principes les plus ordinaires de la justice ? Un vainqueur juge son vaincu ! Il rédige le statut de son propre tribunal. Il crée jusqu’à un nouveau droit provisoire et adapté aux nécessités du moment. Ce faisant il s’accorde les droits les plus exorbitants, à commencer par celui de se passer éventuellement de preuves. Il use, par ailleurs, de la pratique de la responsabilité collective et de la rétroactivité des lois. Il décrète qu’il n’y aura aucune possibilité d’appel. Il décide que la peine de mort prononcée contre ses prisonniers sera exécutée par pendaison et non par recours au feu du peloton d’exécution, etc. La liste des crimes commis contre le droit des gens par le Tribunal militaire international de Nuremberg est longue. Les plaidoiries, c’est un comble, ont été suivies par les réquisitoires alors qu’en justice normale les réquisitoires précèdent les plaidoiries. Les vaincus n’auront le droit, à la fin, qu’à une très brève déclaration. Ces plaidoiries se sont achevées le 25 juillet 1946. Le lendemain, prenait la parole le procureur général américain Robert H. Jackson, l’organisateur principal de cette mascarade judiciaire. Il déclarait alors (TMI, XIX, p. 414-416) : « En tant que Tribunal Militaire nous poursuivons l’effort de guerre des nations alliées » (This tribunal represents a continuation of the war efforts of the Allied Nations) » : une manière comme une autre de lancer à la face du vaincu : « Vae victis ! ». Il poursuit : « En tant que Tribunal International, nous ne sommes pas attachés aux raffinements positifs de procédure de nos systèmes constitutionnels ou juridiques respectifs, et nos règles n’introduiront pas de précédents dans le système interne ou la justice civile d’aucun pays ». Autrement dit : « Foin des raffinements ! Foin du droit positif ! Nous avons inventé ces règles pour notre propre usage, pour un temps limité, et celles-ci, après usage, n’iront pas entacher les systèmes judiciaires d’un pays quelconque ».

Bien entendu, le langage du vainqueur portera constamment la marque de la haute morale américaine telle que celle-ci s’illustrera plus tard dans toute une série de guerres ou d’expéditions punitives pour aboutir, par exemple, à la « justice » de Guantanamo. Je l’ai écrit et je le maintiens, ce procès d’un tribunal militaire international qui, en réalité, n’aura été ni un « tribunal », ni « militaire », ni « international » (mais strictement interallié et surtout américain) a été au XXème siècle le crime des crimes. En ce début du XXIème siècle il serait temps de s’en aviser.

17 septembre 2012

Nuovo ritorno su Katyn a Norimberga


Ho trattato parecchie volte del processo di Norimberga e, in particolare, di “Katyn a Norimberga”. Ancora abbastanza recentemente, il 20 aprile 2012, ho pubblicato un articolo intitolato “Ritorno su Katyn a Norimberga”.
Ma mi si segnala che un’internauta, la cui identità non mi è stata rivelata, ha manifestato il suo disaccordo. Ecco il suo messaggio:

Mi sembra che il signor Faurisson non abbia ben studiato il processo di Norimberga, particolarmente per quel che riguarda Katyn. Che Katyn figuri nell’atto d’accusa al titolo di capo d’accusa “Crimini di guerra” non si può affatto contestare. Gli alleati occidentali hanno ceduto al ricatto dei Sovietici e ciò non fa loro onore. Tuttavia, il signor Faurisson pare dimenticare che gli articoli 19 e 21 non dicono quel che vuol far dir loro. L’articolo 19 mira soprattutto a rendere più elastiche le condizioni d’amministrazione della prova rispetto alle regole più rigide della procedura anglo-sassone nel campo dell’amministrazione della prova. Infatti esso si adegua alle regole della procedura penale francese senza attentare ai diritti della difesa. È così che, quando l’accusa produsse  degli “affidavit”, gli avvocati degli accusati poterono esigere la comparizione dei firmatari di questi stessi “affidavit”. Per quel che concerne l’articolo 21 dello statuto del tribunale, l’interpretazione del signor Faurisson si adegua a quella dei Sovietici, ma non a quella degli altri membri del tribunale. Del resto, nella versione in inglese dello statuto, è detto che, riguardo i rapporti ufficiali dei governi alleati, il tribunale “will take judicial notice”, che significa che esso li considererà come ricevibili, senza pregiudicare il loro valore probatorio. Questa disposizione non doveva affatto andare contro i diritti della difesa. Lo si verificherà precisamente a proposito di Katyn dove la difesa ha potuto imporre l’audizione dei suoi testimoni e sottoporre i testimoni sovietici ad un controinterrogatorio serrato, a dispetto della virulenta opposizione del procuratore sovietico Rudenko e di quella del generale Nikicenko, giudice sovietico. È dopo questo episodio che si cominciò a evocare la responsabilità sovietica nel massacro di Katyn. Tutto questo è verificabile e lunghi estratti delle testimonianze figurano nell’opera di Jean-Marc Varaut sul processo.

Questo internauta si sbaglia in tutto e per tutto e certi suoi errori sono gravi. Egli ha letto male il mio articolo del 20 aprile 2012 intitolato “Ritorno su Katyn a Norimberga” e si è guardato bene dal leggere il mio studio del 1° agosto 1990 intitolato  “Katyn a Norimberga”, a cui mi ero premurato di rinviare il lettore, triplice riferimento all’appoggio.
Egli non è andato al testo stesso dei vergognosi articoli 19 e 21 dello statuto del Tribunale militare internazionale di Norimberga (1945-1946) e non ha studiato l’uso che, nella pratica, i giudici e i procuratori hanno fatto di questi stessi articoli. Invece di andare alla fonte, si è accontentato della lettura di un libro (di pessima qualità) sul processo di Norimberga.
Gli consiglio di rifarsi, in prima istanza, all’originale inglese degli articoli 19 e 21 (IMT) (http://avalon.law.yale.edu/imt/imtconst.asp#art1), successivamente alle traduzioni, molto illuminanti, che troverà nelle versioni francese (TMI) e tedesca (IMG). Egli allora valuterà il cinismo con il quale i vincitori hanno dichiarato 1) “Il Tribunale non sarà legato dalle regole tecniche relative all’amministrazione delle prove” (cosa che è terribilmente inquietante) e 2) “Il Tribunale non esigerà che sia addotta la prova di fatti di pubblica notorietà, ma li riterrà come acquisiti” (cosa che non è meno inquietante). Le frasi esplicative che seguono ciascuna di queste due decisioni confermano e accrescono i peggiori timori. Nel caso dell’articolo 19, si aggiunge che il Tribunale “adotterà ed applicherà una procedura speditiva e non formalistica e ammetterà ogni mezzo che stimerà avere un valore probante”; a questo proposito un’osservazione: i traduttori francesi hanno tradotto l’inglese “expeditious”, che significa “speditivo”, con “rapide” Riteniamo che, da questo punto di vista, il tribunale sbrigherà un bel po’ di lavoro e non si preoccuperà troppo della forma ; poi, al termine d’una procedura tanto disinvolta, questo stesso Tribunale dichiarerà: “Questa è una prova” oppure “Quella non è una prova”. Nel caso dell’articolo 21, si aggiunge che il Tribunale “considererà ugualmente come prove autentiche i documenti ed i rapporti ufficiali dei Governi delle Nazioni Unite, ivi compreso quelli compilati dalle Commissioni stabilite nei diversi paesi alleati per le inchieste sui crimini di guerra così come i processi verbali delle udienze e le decisioni dei tribunali militari o altri di una qualunque delle Nazioni Unite”. Stupefacente! Ecco dunque un tribunale che, ad occhi chiusi, senza esame del contenuto, dirà per esempio: “Questo è il rapporto ufficiale della Commissione di un vincitore che ha indagato su un crimine imputato al vinto; è firmato da questo vincitore ; di conseguenza, ha valore di prova autentica!” È così che il tribunale delle “Nazioni Unite” deciderà di riconoscere valore di autentica prova ad ogni sorta di documenti comunisti fra cui il rapporto ufficiale URSS-54 della Commissione sovietica che concludeva che il crimine di Katyn era stato perpetrato da un’unità dell’armata del vinto. Si rimane sorpresi di leggere che, in questo stesso articolo 21, si possa parlare di “fatti di pubblica notorietà” senza precisare agli occhi di chi tale fatto sarà di “pubblica notorietà” e tal altro non lo sarà. Come lo si deciderà questo? Su quale criterio? La risposta, sul piano pratico, è che i giudici prenderanno la loro decisione senza dover produrre le loro ragioni; ancora nella pratica, essi saranno stati “istruiti” dal film atrocemente menzognero che è stato proiettato all’apertura del processo.
In altre parole, è previsto il caso in cui i giudici potranno esimersi dall’apportare una o più prove. Ed i giudici di Norimberga useranno sovrabbondantemente d’una tale ampiezza. È interminabile la lista delle affermazioni che questo tribunale si permetterà senza apportare la minima prova. In particolare, esso affermerà che il vinto ha perseguito una politica di sterminio fisico degli ebrei d’Europa ma nessuna prova sarà fornita! Affermerà anche che il vinto, per perpetrare questo crimine, ha usato delle armi di distruzione di massa chiamate “camere a gas” o, nel caso di Treblinka (documento PS-3311 con valore di prova autentica), di “camere a vapore” (steam chambers) senza fornire la minima prova come una perizia criminale, ciò che è il colmo per un supposto crimine di questa dimensione. Affermerà che il totale delle vittime ebree del vinto è ammontato a sei milioni senza fornire, ancora una volta, una prova ma al prezzo di un stupefacente imbroglio: dirà che Adolf Eichmann lo ha detto mentre è Wilhelm Höttl che, in un affidavit (dichiarazione scritta sotto giuramento), ha detto che Eichmann glielo aveva detto, e ciò dall’agosto 1944! Höttl aveva mentito. Facendo valere che una convocazione di Höttl era agevole poiché, dopo tutto, il personaggio risiedeva sul posto (e collaborava attivamente con l’accusa per la paura di essere consegnato all’Ungheria comunista), gli avvocati della difesa avevano richiesto la sua comparizione perché egli si presentasse a dare una spiegazione; il presidente del tribunale aveva loro risposto che ciò si sarebbe esaminato più tardi, ma, più tardi, non si è visto assolutamente nulla! Il gioco è fatto!
Se c’è un punto inammissibile nel messaggio dell’internauta è la sicurezza che ci mostra a proposito degli “affidavit” quando osa scrivere: “quando l’accusa produsse degli ‘affidavit’, gli avvocati degli accusati poterono esigere la comparizione dei firmatari di questi stessi ‘affidavit’”. Gli avvocati non potevano “esigere” nulla di simile da parte del tribunale, e soprattutto non la comparizione del firmatario di un affidavit. Per lui solo, il caso di Höttl lo prova.
Il nostro internauta dovrebbe rivedere la sua copia laddove egli tratta di ciò che significa per i magistrati, nell’articolo 21 dello Statuto, l’espressione “to take judicial notice”. Questo significa “prendere conoscenza d’ufficio” o “ammettere d’ufficio”. Se un giudice decide di “prendere conoscenza d’ufficio” del fatto che “lo sterminio fisico degli ebrei” è avvenuto, l’accusato non avrà altra risorsa che di considerarlo come cosa decisa, di considerare il fatto per acquisito, di considerare come autentico il fatto che, durante la Seconda guerra mondiale, il vinto ha perseguito una tale politica di sterminio. Nel 1988, durante il secondo processo intentato a Toronto contro il revisionista Ernst Zündel, di cui assistevo l’avvocato (Doug Cristie), il giudice Ron Thomas ha deciso, alla richiesta del pubblico ministero, di prendere conoscenza d’ufficio della realtà dell’ “Olocausto”. Egli ha dichiarato: “L’Olocausto è l’assassinio di massa e lo sterminio di (o degli ebrei) da parte del regime nazista durante la Seconda guerra mondiale, e sarà detto [da parte mia] alla giuria di ammettere ciò d'ufficio” (“The Holocaust is the mass murder and exterminaton of Jews by the Nazi regime during the Second World War, and the jury will be told to take judicial notice of that”). Rammento qui che soltanto la giuria ha il diritto di pronunciarsi sulla colpevolezza o la non colpevolezza della persona chiamata in giudizio; al giudice in seguito, di fissare eventualmente la pena. Ogni persona, a cominciare da un avvocato, che si azzardasse a contestare o ad aver l’aria di contestare quel che si richiede così di ammettere d’ufficio e senza prova sarebbe passibile delle pene previste per “oltraggio a magistrato (contempt of court).
Chi è l’insensato che accetterebbe di comparire davanti ad un tribunale che si faccia beffe fino a questo punto dei più ordinari principi della giustizia? Un vincitore giudica il proprio vinto! Egli redige lo statuto del proprio Tribunale. Egli crea perfino un nuovo diritto provvisorio e adattato alle necessità del momento. Agendo così egli riserva a sé stesso i più esorbitanti diritti, cominciando da quello di fare a meno eventualmente di prove. Egli, d’altronde, fa uso della pratica della responsabilità collettiva e della retroattività delle leggi. Egli decreta che non vi sarà alcuna possibilità d’appello. Egli decide che la pena di morte pronunciata contro i suoi prigionieri sarà eseguita mediante impiccagione e non ricorrendo al fuoco di un plotone d’esecuzione, etc. È lunga la lista dei crimini commessi contro il diritto delle genti dal tribunale militare internazionale di Norimberga. Le arringhe della difesa – ed è il colmo! – sono state seguite dalle requisitorie mentre nella giustizia normale le requisitorie precedono le arringhe. I vinti non avranno il diritto, alla fine, che ad una brevissima dichiarazione. Queste arringhe sono terminate il 25 luglio 1946. Il giorno seguente prendeva la parola il procuratore generale americano Robert H. Jackson, l’organizzatore principale di questa mascherata giudiziaria. Egli dichiarava allora (TMI, XIX, p. 414-416): “In quanto Tribunale Militare noi proseguiamo gli sforzi bellici delle nazioni alleate” (This Tribunal represents a continuation of the war efforts of the Allied Nations): un modo come un altro di gettare in faccia al vinto: “Vae victis!”. Egli prosegue: “In quanto Tribunale Internazionale, noi non siamo legati alle raffinatezze positive delle procedure dei nostri sistemi costituzionali o giuridici rispettivi, e le nostre regole non introdurranno dei precedenti nel sistema interno o nella giustizia civile di nessun paese”. In altre parole: “Al diavolo le raffinatezze!  Al diavolo il diritto positivo! Noi abbiamo inventato queste regole a proprio nostro uso, per un periodo di tempo limitato, e queste – dopo l’uso – non andranno ad intaccare i sistemi giudiziari di un qualunque paese”.
Beninteso, il linguaggio del vincitore porterà ininterrottamente il segno dell’alta moralità americana nel modo in cui si spiegherà più tardi in tutta una serie di guerre o di spedizioni punitive per arrivare, ad esempio, alla “giustizia” di Guantánamo. L’ho scritto e lo ribadisco, questo processo d’un tribunale militare internazionale che, nella realtà, non sarà stato né un “tribunale”, né “militare”, né “internazionale” (ma rigidamente interalleato e soprattutto americano) è stato nel XX° secolo il crimine dei crimini. In questo inizio del XXI° secolo sarebbe tempo di rendersene conto.      
                                       17 settembre 2012

Traduzione a cura di Germana Ruggeri

Friday, July 24, 1992

Foreword to Barbara Kulaszka's "Did Six Million Really Die?: Report of the Evidence in the Canadian 'False News' Trial of Ernst Zündel - 1988"


Did the "Holocaust" of the European Jews really occur? Is it true that during the Second World War, the Germans ordered, planned and carried out a policy of physical destruction of the European Jews? More specifically, did they design, build and use execution gas chambers for that purpose? Did they cause the deaths of millions of Jews in that manner?

To these questions, the majority of authors say yes; they believe in the "Holocaust" of the European Jews. We shall call these authors "exterminationists" because they defend the thesis of the physical extermination of the Jews. To these same questions, other authors say no; these authors are called "revisionists" but it goes without saying that the revisionists do not dispute the fact that, during a world conflict which caused 40 to 50 million deaths, many Jews (the approximate number remains to be determined) died.

Who is right? The exterminationists or the revisionists?

For the layman, there are, in principle, three main ways of forming a personal opinion on a historical controversy.

The first way consists in reading the writings of both sides but in this specific case that would require much time and revisionist literature is often difficult to obtain.

The second way is to attend a public debate between the two sides: the orthodox side (the exterminationists) and the heterodox side (the revisionists). Unfortunately, the exterminationists have always refused the public debate proposed to them by the revisionists and which the revisionists continue to propose. In certain countries such as France and Austria, the supporters of the exterminationist thesis have recently gone so far as to obtain special laws that punish revisionists with heavy prison terms and fines for "contesting" the existence of the "Holocaust" and the execution gas chambers.

Fortunately, there remains a third way of forming an opinion on this controversy, that of reading the transcript of a trial where the two sides found themselves face to face before a judge and jury. In the case which concerns us, that is what happened twice, in 1985 and 1988, in actions brought against the revisionist Ernst Zündel in Toronto by exterminationist members of a Jewish organization.

This remarkable book by Barbara Kulaszka rests upon the transcripts of the 1988 trial. It will enable the layman to obtain a precise idea of the historical controversy surrounding the Jewish "Holocaust" and to form an opinion for himself. I must, however, express a reservation and issue a warning to the reader: a courtroom is not an appropriate place for a historical debate. A trial has its own formal rules of procedure and it is very limited as to time; freedom of expression is not total since one of the parties is seeking to obtain a condemnation as the other party is trying to avoid that condemnation. Finally, a judge and jury, even if they listen to experts, have neither the competence nor the means required to settle a point of history.

I participated in the preliminary hearing of Ernst Zündel in 1984, in the first Zündel trial in 1985 (quashed on procedural and substantive grounds), and, finally, in the second Zündel trial in 1988. I published a complete account of the case in The Journal of Historical Review, Winter 1988-1989, pp. 417-431 in an article entitled "The Zündel Trials (1985-1988)". I take the liberty of referring the reader to it but I would also wish to quote here a passage from the article and to comment on it in the light of what has happened since 1988. This passage deals essentially with my own discovery in the 1970s of the chemical impossibility of the Auschwitz execution gassings and the confirmation of that impossibility by Fred Leuchter. I wrote then:

For my part, I appeared as an expert witness for nearly six days. I concentrated particularly on my investigations of the American gas chambers. I recalled that Zyklon B is essentially hydrocyanic acid and that it is with this gas that certain American penitentiaries execute those who have been condemned to death. In 1945 the Allies should have asked specialists on American gas chambers to examine the buildings, at Auschwitz and elsewhere, which were supposed to have been used to gas millions of people. Since 1977, I have had the following idea: when one deals with a vast historical problem like that of the reality or the legend of the Holocaust, one must strive to get to the core of the problem. In this case the central problem is Auschwitz and the core of that problem is a space of 275 square metres: the 65 square metres of the "gas chamber" of crematorium I at Auschwitz and, at Birkenau, the 210 square metres of the "gas chamber" of crematorium II. In 1988, my idea remained the same: let us have expert studies of those 275 square metres and we will have an answer to the vast problem of the Holocaust! I showed the jury my photos of the gas chamber at the Maryland State Penitentiary in Baltimore as well as my plans for the Auschwitz gas chambers and I underlined the physical and chemical impossibilities of the latter ones.

A Sensational Turn of Events: The Leuchter Report

Ernst Zündel, in possession of the correspondence I had exchanged in 1977-78 with the six American penitentiaries outfitted with gas chambers, gave attorney Barbara Kulaszka the job of getting in touch with the chief wardens of those penitentiaries in order to see if one of them would agree to appear in court to explain how a real gas chamber operates. Bill Armontrout, chief warden of the penitentiary at Jefferson City (Missouri), agreed to testify and in doing so pointed out that no one in the USA was more knowledgeable about the functioning of gas chambers than Fred A. Leuchter, an engineer from Boston. I went to visit Leuchter on February 3 and 4, 1988. I found that he had never asked himself any questions about the "gas chambers" in the German camps. He had simply believed in their existence. After I began to show him my files, he became aware of the chemical and physical impossibility of the German "gassings" and he agreed to examine our documents in Toronto.

After that, at Zündel's expense, he left for Poland with a secretary (his wife), a draftsman, a video-cameraman and an interpreter. He came back and drew up a 192 page report (including appendices). He also brought back 32 samples taken, on the one hand, from the crematories of Auschwitz and Birkenau at the site of the homicidal "gassings" and, on the other hand, in a disinfection gas chamber at Birkenau. His conclusion was simple: there had never been any homicidal gassings at Auschwitz, Birkenau, or Majdanek.

On April 20 and 21, 1988, Fred Leuchter appeared on the witness stand in the Toronto courtroom. He told the story of his investigation and presented his conclusions. I am convinced that during those two days I was an eyewitness to the death of the gas chamber myth, a myth which, in my opinion, had entered its death throes at the Sorbonne colloquium on "Nazi Germany and the Extermination of the Jews" (June 29 to July 2, 1982), where the organizers themselves began to grasp that there was no proof of the existence of the gas chambers.

In the Toronto courtroom emotions were intense, in particular among the friends of Sabina Citron. Ernst Zündel's friends were also moved, but for a different reason: they were witnessing the veil of the great swindle being torn away. As for me, I felt both relief and melancholy: relief because a thesis that I had defended for so many years was at last fully confirmed, and melancholy because I had fathered the idea in the first place. I had even, with the clumsiness of a man of letters, presented physical, chemical, topographical and architectural arguments which I now saw summed up by a scientist who was astonishingly precise and thorough. Would people one day remember the skepticism I had encountered, even from other Revisionists?

Just before Fred Leuchter, Bill Armontrout had been on the witness stand, where he confirmed, in every detail, what I had said to the jury about the extreme difficulties of a homicidal gassing (not to be confused with a suicidal or accidental gassing). Ken Wilson, a specialist in aerial photographs, had shown that the homicidal "gas chambers" of Auschwitz and Birkenau did not have gas evacuation chimneys, which would have been indispensable. He also showed that I had been right in accusing Serge Klarsfeld and Jean-Claude Pressac of falsifying the map of Birkenau in L'Album d'Auschwitz [1]. Those authors, in order to make the reader believe that groups of Jewish women and children surprised by the photographer between crematories II and III could not go any farther and were thus going to end up in the "gas chambers" and those crematories, had simply eliminated from the map the path which, in reality, led up to the "Zentralsauna," a large shower facility (located beyond the zone of the crematories), where those women and children were actually going.

James Roth, director of a laboratory in Massachusetts, then testified on the analysis of the 32 samples, the origin of which he was unaware of: all the samples taken in the homicidal "gas chambers" contained a quantity of cyanide which was either unmeasurable or infinitesimal, while the sample from the disinfection gas chamber, taken for comparison's sake, contained an enormous amount of cyanide (the infinitesimal quantity detected in the former case can be explained by the fact that the supposed homicidal gas chambers were in fact morgues for preserving bodies; such morgues could have been occasionally disinfected with Zyklon B) [2].

That happened in 1988. Four years later, the "Leuchter Report" was confirmed by three other reports: first, that of the Krakow Forensic Institute; then, that of the German Germar Rudolf, and finally, that of the Austrian Walter Lüftl. The most stunning of these three reports is the one from Cracow. It had been pressed for by the authorities at the Auschwitz State Museum in the hope that it would disprove the Leuchter Report's conclusions. The opposite happened and despite embarrassed explanations to try to minimize the meaning of their own tests, the authors of the Cracow report indeed confirmed - involuntarily - that Fred Leuchter was right. As a result, the exterminationists prefer to treat the report of the Krakow Forensic Institute with silence.

In 1989, the pharmacist Jean-Claude Pressac published, under the aegis of New York's Beate Klarsfeld Foundation, an enormous book entitled Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers. I rendered an account of that exterminationist attempt in The Journal of Historical Review in 1991 [Spring 1991, pp. 25-66 and Summer, 1991, pp. 133-175]. I showed there that "the exterminationist mountain" in labour had brought forth "a revisionist mouse." The occasion gave me the opportunity to emphasize again what I call "one of the 20th century's great paradoxes": that millions of people, stupefied by incessant media propaganda, believe in the Nazi gas chambers without ever having seen one, without having the slightest idea of what this allegedly fantastic weapon was, without any ability to describe its shape and operation. The Nazi gas chamber is alleged to have physically existed; yet no one can provide us with a representation of it! This gas chamber is immaterial and magical. Nobody, and above all, not J.-C. Pressac in his work with the misleading title, has been able in a half-century to provide us with a photograph, a blueprint or a model. The rare attempts in that direction have ended in failure. In their works, such men as Poliakov, Wellers, Hilberg or Pressac have not dared - and for a good reason - to reproduce a complete photograph of the alleged "gas chambers" which tourists can visit in certain concentration camps. Nor do they reproduce the large mock-up which tourists can see at the Auschwitz Museum's Block 4, for they know that this is but a grotesque trick. Thus, the challenge I have made to the adepts of the "Holocaust" religion for decades remains the same: "I will be prepared to believe in the Nazi gas chamber, the central pillar of the 'Holocaust' religion, on the day you can describe 'a single one of those gas chambers' to me." Sometimes I add: "But you are unable to do so. Those chemical slaughterhouses where, according to you, one could have entered with impunity to retrieve millions of bodies out of an ocean of hydrocyanic acid were a physical and chemical impossibility. One cannot describe or draw the alleged homicidal gas chamber of Auschwitz as one cannot describe or draw a square circle or a circular square."

Our age believes itself to be skeptical, believing only that which it sees. It claims to be the age of television. Yet it believes in a material thing of which it does not have the least material representation and never has a book, a movie or the television provided us with an image of this material thing. The best way to deceive the masses is by suggestion which entails auto-suggestion. Television cannot show or describe a Nazi gas chamber but it suggests the idea; for example, it shows a building and the commentary asserts: "Building containing a gas chamber"; or it settles for showing us a simple shower sprinkler and like Pavlovian dogs we are conditioned, lo and behold, "to see" a "gas chamber." Other times, our pity will be aroused over some "hair of the gassed", "suitcases of the gassed", "baby carriages of the gassed infants." Thus do we go from suggestion to auto-suggestion.

The myth of the gassing of civilians in enclosed places dates back to 1916; already, at that time, the Germans, Austrians or the Bulgarians were accused of gassing Serbian men, women and children. After the war, this myth was quickly overshadowed by the myth of the Belgian children having their hands cut off by the uhlans; it vanished only to reappear twenty years later. This time the victims were no longer Serbs but Jews. And it is this myth, absurd and painful, that at the end of the 20th century is persistently imposed upon us.

In centuries past, people believed, likewise, in the devil, in his physical shape, in his pales and tenterhooks, in his shouts and in his smells. Tribunals, chaired by judges who reckoned themselves intelligent and enlightened, posited in principle (judicial notice!) that such was true, so obviously true that demonstrating it was unwarranted. Yet it was false. Smack in the middle of the 20th century, devilry came back and judges who thought themselves more intelligent and more enlightened than their predecessors of centuries past, posited in principle (judicial notice anew!) that the devilish Nazi gas chambers had indeed existed. In Toronto in 1988, Judge Ron Thomas took "judicial notice" of the "Holocaust" notwithstanding that this was the very issue at the core of the trial where the matter was one of determining whether Ernst Zündel was spreading false news or not when he distributed a piece of revisionist literature entitled Did Six Million Really Die?

I was a witness to Ernst Zündel's judicial and extra-judicial calvary. This man is a heroic figure of our time. He honours the German people of whom he was born. He honours Canada where he came to settle. But Germany and Canada, without reason, work against him at the instigation of the leaders of the world Jewish community. It is a disgrace. As historian David Irving said so well: "The Jewish community have to examine their consciences. They have been propagating something that isn't true" [3].

Under a simple exterior, Ernst Zündel has a visionary's depth. This peasant of Swabian origin, this artist, this businessman, casts a penetrating gaze on history, society, politics, institutions and men. In my article on his trials which I have already referred to, my conclusion had been the following:

Ernst Zündel had promised that his trial would be "the trial of the Nuremberg Trial" or "the Stalingrad of the Exterminationists." The unfolding of those two long trials proved him right, even though the jury, "instructed" by the judge to consider the Holocaust as an established fact "which no reasonable person can doubt," finally found him guilty. Zündel has already won. It remains for him to make it known to Canada and to the entire world. The media blackout of the 1988 trial was almost complete. Jewish organizations campaigned vigorously for such a blackout, and even went so far as to say that they did not want an impartial account of the trial. They did not want any account of it at all. The paradox is that the only publication which reported relatively honestly about the trial was the Canadian Jewish News.

Ernst Zündel and the Leuchter report have left a profound mark on history; both will be remembered for many years to come.

Today I would add that to me Ernst Zündel's fate appears both more tragic and more enviable than in 1988. It is even more tragic because I fear that the leaders of the world Jewish community will not leave any respite to a man of this breadth, able not only to discern what he calls truth, freedom and justice but also to struggle with so much skill and courage for that truth, that freedom and that justice. In a general way, I am pessimistic for the future of revisionists. But I am optimistic for the future of revisionism: the work initiated by Paul Rassinier and crowned by the brilliant work of the American Arthur Robert Butz, The Hoax of the Twentieth Century, has known, thanks to Ernst Zündel, such a great expansion that no obstacle will be able to impede its course. And it is in this sense that, notwithstanding everything, one can envy the fate of Ernst Zündel.
July 24, 1992

Notes

[1] P. Hellman and J.-C. Pressac, Seuil, Paris, 1983, p. 42.
[2] The Journal of Historical Review, Winter 1988-1989, pp. 428-430.
[3] The Jewish Chronicle, London, 23 June 1989.

Wednesday, August 31, 1988

Le révisionnisme au Canada : Les procès Zündel


Ernst Zündel a été condamné le 13 mai 1988 par le juge Ron Thomas (District Court of Ontario, Toronto, Canada) à neuf mois de prison ferme et immédiatement incarcéré pour avoir diffusé une revue révisionniste aujourd’hui vieille de quatorze ans : Did Six Million Really Die ?

Ernst Zündel vit à Toronto où, jusqu’à ces dernières années, il exerçait la profession de graphiste et de publicitaire. Il est âgé de quarante-neuf ans. Né en Allemagne, il a conservé la nationalité allemande. Sa vie a connu de graves bouleversements du jour où, vers 1981, il a commencé à diffuser la brochure révisionniste de Richard Harwood : Did Six Million Really Die ? (En est-il vraiment mort six millions ?). Cette brochure avait été publiée pour la première fois en Grande-Bretagne en 1974 et elle avait suscité l’année suivante une longue controverse dans Books and Bookmen. Sur intervention de la communauté juive sud-africaine, elle allait être interdite en Afrique du Sud. Au Canada, lors d’un premier procès, en 1985, E. Zündel était condamné à quinze mois de prison ferme. Ce procès a été cassé en 1987. Un nouveau procès avait commencé le 18 janvier 1988. J’ai participé aux préparatifs et au déroulement de ces actions judiciaires. J’ai consacré des milliers d’heures à la défense d’E. Zündel.

Déjà François Duprat

Dès 1967, François Duprat avait publié un article sur «Le mystère des chambres à gaz » [1]. Il allait s’intéresser à la brochure de R. Harwood et en assurer activement la diffusion. Le 18 mars 1978, il était tué par des assassins dotés de moyens trop complexes pour ne pas appartenir à un service secret. Cet assassinat fut revendiqué par un « Commando du Souvenir » et par un « Groupe révolutionnaire juif » [2]. Patrice Chairoff avait publié l’adresse de F. Duprat dans Dossier néo-nazisme ; il justifia l’assassinat dans les colonnes du Monde (26 avril 1978, p. 9) où le révisionnisme de la victime lui inspira la réflexion suivante : « François Duprat est responsable. Il y a des responsabilités qui tuent. » Dans Le Droit de vivre, organe de la LICRA, Jean Pierre-Bloch exprima une position ambiguë : il réprouvait le crime mais, en même temps, il laissait entrevoir qu’il n’y aurait pas de pitié pour ceux qui, à l’instar de la victime, s’engageraient sur la voie révisionniste [3].


Pierre Viansson-Ponté

Huit mois avant l’assassinat, le journaliste Pierre Viansson-Ponté avait lancé une virulente attaque contre la brochure de R. Harwood. Sa chronique s’intitulait «Le mensonge» [4]. Elle était reprise avec un commentaire élogieux dans Le Droit de vivre. Six mois après l’assassinat, P. Viansson-Ponté repartait à l’attaque [5]. Il passait sous silence l’assassinat de F. Duprat ; il révélait les noms, prénoms et villes d’origine de trois lecteurs révisionnistes et il en appelait à la répression judiciaire contre le révisionnisme.

Sabina Citron contre E. Zündel

En 1984, au Canada, Sabina Citron, responsable d’une association pour le souvenir de l’Holocauste, provoqua de violentes manifestations contre E. Zündel. Un attentat eut lieu contre le domicile de ce dernier. L’administration des postes canadiennes, assimilant la littérature révisionniste à la littérature pornographique, lui avait refusé tout envoi et toute réception de courrier et il n’avait recouvré ses droits postaux qu’au terme d’une année de procédures judiciaires. Entre-temps, son affaire avait périclité. A l’instigation de Sabina Citron, le procureur général de l’Ontario déposa une plainte contre E. Zündel pour « propagation de fausse assertion (ou allégation ou nouvelle). » L’accusation tenait le raisonnement suivant : l’inculpé avait abusé de son droit à la liberté d’expression ; en diffusant la brochure de R. Harwood, il propageait une assertion qu’il savait être fausse ; en effet, il ne pouvait pas ignorer que le «génocide des juifs» et les «chambres à gaz» sont un fait établi.

E. Zündel était également inculpé pour avoir personnellement écrit et diffusé une lettre de même inspiration que la brochure.

Le premier procès (1985)

Le premier procès dura sept semaines. Le jury déclara E. Zündel non coupable pour sa propre lettre mais coupable pour la diffusion de la brochure. Il fut condamné par le juge H. Locke à quinze mois de prison ferme. Le consulat allemand de Toronto lui retira son passeport. La RFA prépara contre lui une procédure dite de déportation. Auparavant les autorités de la RFA avaient lancé sur tout le territoire allemand une gigantesque opération de descentes de police le même jour chez tous ses correspondants allemands. En 1987, les États-Unis allaient lui interdire l’accès de leur territoire. Mais E. Zündel avait remporté une victoire médiatique ; jour après jour, pendant sept semaines, tous les médias anglophones avaient couvert un procès aux révélations spectaculaires ; il en était ressorti que les révisionnistes possédaient une documentation et une argumentation de première force tandis que les exterminationnistes étaient aux abois.

Leur expert : Raul Hilberg

A ce premier procès, l’expert de l’accusation fut Raul Hilberg, un professeur américain d’origine juive, auteur d’un ouvrage de référence : The Destruction of the European Jews (1961) dont traite Paul Rassinier dans Le Drame des juifs européens (1964). R. Hilberg commença par développer sans encombres sa thèse de l’extermination des juifs. Puis vint son contre-interrogatoire, mené par l’avocat d’E. Zündel, Douglas Christie, avec l’assistance de Keltie Zubko et ma propre assistance. Dès les premières questions, il se révéla que R. Hilberg, qui était la plus haute autorité mondiale en matière d’histoire de l’Holocauste, n’avait pas examiné un seul camp de concentration, pas même Auschwitz. Il ne l’avait fait ni avant de publier son livre en 1961, ni depuis cette date. Encore en 1985, alors qu’il annonçait la sortie imminente d’une nouvelle édition en trois volumes, revue, corrigée et augmentée, il n’avait examiné aucun camp. Il s’était rendu à Auschwitz en 1979 pour une seule journée à l’occasion d’une cérémonie. Il n’avait eu la curiosité d’examiner ni les lieux ni les archives. De toute sa vie, il n’avait vu une « chambre à gaz », soit « en état d’origine », soit à l’état de ruines (pour l’historien, des ruines sont toujours parlantes). Il fut acculé à reconnaître qu’il n’avait existé, pour ce qu’il appelait la politique d’extermination des juifs, ni plan, ni organisme central, ni budget, ni contrôle. Il lui fallut admettre ensuite que, depuis 1945, les Alliés n’avaient procédé à aucune expertise de « l’arme du crime » concluant à l’existence d’une chambre à gaz homicide. Aucun rapport d’autopsie n’avait conclu a l’assassinat d’un détenu par gaz-poison. R. Hilberg affirma que Hitler avait donné des ordres pour l’extermination des juifs et que Himmler, le 25 novembre 1944 (quelle précision !), avait donné l’ordre de cesser cette extermination, mais il fut incapable de produire ces ordres. La défense lui demanda si, dans la nouvelle édition de son livre, il maintenait l’existence de ces ordres de Hitler. Il osa répondre oui. Il mentait. Et même il commettait un parjure. Dans cette nouvelle édition (dont la préface est datée de septembre 1984), R. Hilberg a supprimé systématiquement toute mention d’un ordre de Hitler [6]. Prié par la défense d’expliquer comment les Allemands, dépourvus de tout plan, avaient pu mener à bien une gigantesque entreprise comme celle de l’extermination de millions de juifs, il répondit qu’il y avait eu dans les diverses instances nazies «une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle au sein d'une vaste bureaucratie» (an incredible meeting of minds, a consensus mind-reading by a far-flung bureaucracy).

Le témoin Arnold Friedmann

L’accusation comptait sur le témoignage des « survivants ». Ces « survivants » avaient été choisis avec soin. Ils allaient prouver qu’ils avaient vu, de leurs yeux vu, préparatifs et procédures de gazages homicides. Depuis la guerre, dans une série de procès comme ceux de Nuremberg (1945–1946), de Jérusalem (1961) ou de Francfort (1963-1965), de tels témoins n’avaient pas manqué. Toutefois, ainsi que je l’ai souvent fait observer, aucun avocat de la défense n’avait eu le courage ou la compétence nécessaires pour contre-interroger ces témoins sur les gazages eux-mêmes. Or, pour la première fois, à Toronto, en 1985, un avocat, Douglas Christie, osa demander des explications ; il le fit [grâce à ma documentation] à l’aide de cartes topographiques et des plans de bâtiments ainsi qu’avec une documentation scientifique aussi bien sur les propriétés des gaz censément employés que sur les capacités de crémation soit en fours crématoires, soit sur bûchers. Pas un de ces témoins ne résista à l’épreuve, et surtout pas un certain Arnold Friedmann ; ce dernier, en désespoir de cause, finit par confesser qu’il avait bien été à Auschwitz-Birkenau (où, d’ailleurs, il n’avait jamais eu à travailler sauf une fois pour un déchargement de pommes de terre) mais que, pour ce qui était des gazages, il s’en était rapporté à des on-dit.

Le témoin Rudolf Vrba

Le témoin Rudolf Vrba était de notoriété internationale. Juif slovaque, interné à Auschwitz et à Birkenau, il s’était, disait-il, échappé du camp en avril 1944 en compagnie de Fred Wetzler. De retour en Slovaquie, il avait dicté un rapport sur Auschwitz, sur Birkenau, sur leurs crématoires et leurs « chambres à gaz ».

Par l’intermédiaire d’organisations juives slovaques, hongroises et helvétiques, ce rapport parvint à Washington où il servit de base au fameux War Refugee Board Report, publié en novembre 1944. Tout organisme allié chargé de la poursuite des « crimes de guerre » et tout procureur allié responsable de procès de « criminels de guerre » allaient disposer ainsi de la version officielle de l’histoire de ces camps.

R. Vrba devint par la suite citoyen britannique et publia sa biographie sous le titre de I Cannot Forgive (Je ne puis pardonner) ; en réalité, ce livre, publié en 1964, avait été écrit par Alan Bestic qui, dans sa préface, rendait hommage au « souci considérable [de R. Vrba] pour chaque détail » et à son « respect méticuleux et quasi fanatique pour l’exactitude ». Le 30 novembre 1964, R. Vrba témoigna au procès de Francfort. Puis il s’établit au Canada et acquit la nationalité canadienne. Il figura dans divers films sur Auschwitz et en particulier dans Shoah de Claude Lanzmann. Tout souriait à ce témoin jusqu’au jour où, en 1985, au procès Zündel, il fut contre-interrogé sans ménagement. Il se révéla alors comme un imposteur. On découvrit que, dans son rapport de 1944, il avait inventé de toutes pièces le nombre et l’emplacement des « chambres à gaz » et des fours crématoires. Son livre de 1964 s’ouvrait sur une visite de Himmler à Birkenau pour l’inauguration, en janvier 1943, d’un nouveau crématoire avec « chambre à gaz » ; or, la dernière visite de Himmler remontait à juillet 1942 et, en janvier 1943, le premier des nouveaux crématoires était loin d’être terminé. Grâce, paraît-il, à des moyens mnémotechniques spéciaux, et grâce à un véritable don d’ubiquité, R. Vrba avait compté qu’en l’espace de vingt-cinq mois (d’avril 1942 à avril 1944) les Allemands avaient « gazé » dans le seul camp de Birkenau 1.765.000 juifs, dont 150.000 venus de France. Or, Serge Klarsfeld, en 1978, dans son Mémorial de la déportation des juifs de France, devait conclure que, pour toute la durée de la guerre, les Allemands avaient déporté vers tous les camps de concentration un total de 75.721 juifs de France. Le plus grave est que le chiffre de 1.765.000 juifs «gazés» à Birkenau avait été retenu dans un document (L-022) du Tribunal de Nuremberg. Cerné de tous côtés par l’avocat d’E. Zündel, l’imposteur n’eut d’autre ressource que d’invoquer, en latin, la licentia poetarum, la licence des poètes, le droit à la fiction. Son livre vient d’être publié en français ; il se présente comme un livre de « Rudolf Vrba avec Alan Bestic » ; il ne comporte plus la préface enthousiaste d’Alan Bestic ; dans la courte présentation d’Emile Copfermann, il est dit : «en accord avec Rudolf Vrba, les deux annexes de l’édition anglaise ont été supprimées». On ne précise pas que ces deux annexes avaient, elles aussi, valu de sérieux ennuis à notre homme en 1985 au procès de Toronto.

Le second procès Zündel (1988)

En janvier 1987, une cour composée de cinq hauts magistrats décida de casser le procès de 1985 pour des motifs de fond : le juge H. Locke n’avait permis aucune garantie à la défense dans le choix du jury et le jury avait été trompé par le juge sur le sens même du procès. Personnellement, j’ai assisté à bien des procès dans ma vie, y compris en France à l’époque de l’Épuration. Jamais je n’ai rencontré de magistrat aussi partial, autocratique et violent que le juge H. Locke. La justice anglo-saxonne offre beaucoup plus de garanties que la justice française mais il peut suffire d’un homme pour pervertir le meilleur des systèmes. Le juge H. Locke a été cet homme.

Le second procès commença le 18 janvier 1988 sous la conduite du juge Ron Thomas, qui est un ami, semble-t-il, du juge H. Locke. L’homme est colérique, franchement hostile à la défense mais il a plus de finesse que son prédécesseur, et puis les observations des cinq hauts magistrats sont là qui le tiennent un peu en lisière. Le juge H. Locke avait multiplié les entraves à la libre expression des témoins et des experts de la défense ; il m’avait, par exemple, interdit dans la pratique toute utilisation des photos que j’avais prises à Auschwitz ; je n’avais pas eu le droit d’employer des arguments d’ordre chimique, d’ordre topographique, d’ordre architectural (alors que j’avais été le premier au monde à publier les plans des crématoires d’Auschwitz et de Birkenau) ; je n’avais pu parler ni des chambres à gaz américaines, ni des photographies aériennes d’Auschwitz et de Birkenau. Même un éminent chimiste comme William Lindsey avait été bridé dans sa déposition. Le juge R. Thomas, lui, allait permettre plus de liberté à la défense mais d’emblée, sur requête de l’accusation, il prit une décision de nature à ligoter le jury.

La « notification judiciaire » du juge R. Thomas

En droit anglo-saxon, tout doit être prouvé sauf certaines évidences (« La Grande-Bretagne est gouvernée par une monarchie », « sa capitale s’appelle Londres », « le jour succède à la nuit »...). Encore faut-il que le juge prenne « notification judiciaire » [« ou note d’office »] (judicial notice) de ces évidences sur requête de l’une ou de l’autre des parties en présence.

Le procureur John Pearson demanda au juge de prendre notification judiciaire de l’Holocauste. Restait à définir ce terme. Il est vraisemblable que, sans l’intervention de la défense, le juge aurait défini l’Holocauste comme on aurait pu le faire en 1945-1946. A cette époque, le « génocide des juifs » (on ne disait pas encore « l’Holocauste ») aurait pu être défini comme « la destruction ordonnée et planifiée de six millions de juifs, en particulier par l’emploi de chambres à gaz ». L’ennui pour l’accusation est que la défense avertit le juge que, depuis 1945-1946, il s’était produit de profonds changements dans l’idée que les historiens exterminationnistes eux-mêmes se faisaient de l’extermination des juifs. Pour commencer, ils ne parlaient plus d’une extermination mais d’une tentative d’extermination. Ensuite, ils avaient fini par admettre que, « malgré les recherches les plus érudites », on n’avait pas trouvé trace d’un ordre d’exterminer les juifs. Puis s’était produite la scission entre « intentionnalistes » et « fonctionnalistes » : tous s’accordaient à dire qu’on n’avait pas la preuve d’une intention exterminatrice mais les historiens de la première école estimaient qu’il fallait néanmoins supposer l’existence de cette intention, tandis que les historiens de la seconde école jugeaient que l’extermination avait été le fruit d’initiatives individuelles, locales et anarchiques : la fonction avait en quelque sorte créé l’organe ! Enfin, le chiffre de six millions avait été déclaré «symbolique» et il y avait bien des dissensions sur le «problème des chambres à gaz». Le juge R. Thomas, manifestement surpris par ce flot d’informations, décida de jouer la prudence et, après un délai de réflexion, il opta pour la définition suivante : l’Holocauste était «l’extermination et/ou meurtre de masse de juifs» par le national-socialisme. Cette définition était remarquable à plus d’un titre : on n’y trouvait plus trace ni d’un ordre d’extermination, ni d’un plan, ni de « chambres à gaz », ni de six millions de juifs, ni même de millions de juifs. Elle était à tel point vidée de toute substance qu’elle ne correspondait plus à rien car on ne voit pas ce que pourrait être un « meurtre de masse de juifs » (le juge avait soigneusement évité de dire : des juifs). A elle seule, cette définition permettait de mesurer les progrès accomplis par le révisionnisme historique de 1945 à 1988.

R. Hilberg refuse de comparaître à nouveau

Une déconvenue attendait le procureur J. Pearson : R. Hilberg, malgré des demandes réitérées, refusait de comparaître à nouveau. La défense, ayant eu vent d’un échange de correspondance entre J. Pearson et R. Hilberg, exigea et obtint la publication des lettres échangées et, en particulier, d’une lettre « confidentielle » de R. Hilberg où ce dernier ne cachait pas qu’il gardait un mauvais souvenir de son contre-interrogatoire de 1985. Il craignait de la part de Douglas Christie une récidive sur les points mêmes où il avait été interrogé. Pour reprendre les propres mots de cette lettre confidentielle, il redoutait, disait-il, «une tentative pour me piéger en signalant toute contradiction apparente, si léger qu’en fût le sujet, entre mon précédent témoignage et toute réponse que je pourrais faire en 1988 » (every attempt to entrap me by pointing out to any seeming contradiction, however trivial the subject might be, between my earlier testimony and an answer that I might give in 1988). En fait, ainsi que je l’ai dit plus haut, R. Hilberg avait commis un parjure caractérisé et il ne pouvait que craindre une accusation de parjure.

Christopher Browning, expert de l’accusation

A la place de R. Hilberg vint son ami Christopher Browning, un professeur américain, spécialiste de l’Holocauste. Admis à titre d’expert (et payé pendant plusieurs jours à raison de six cents francs de l’heure par le contribuable canadien), il s’efforça de prouver que la brochure de R. Harwood était un tissu de mensonges et que la tentative d’extermination des juifs était un fait scientifiquement établi. Mal lui en prit. Lors du contre-interrogatoire, la défense se servit de ses propres arguments pour l’anéantir. Au fil des jours, on vit le grand et naïf professeur, qui plastronnait debout, s’asseoir et se ratatiner derrière le pupitre des témoins comme un élève pris en faute ; d’une voix éteinte et soumise, il finit par reconnaître que, décidément, ce procès lui en apprenait sur le plan de l’information historique. A l’exemple de R. Hilberg, il n’avait examiné aucun camp de concentration. Il n’avait visité aucun emplacement de « chambres à gaz ». Il ne lui était pas venu à l’idée de chercher ou de demander une expertise de « l’arme du crime ». Dans ses écrits, il faisait grand cas des camions à gaz homicides ; toutefois, il n’était en mesure de se référer à aucune vraie photographie, à aucun plan, à aucune étude technique, à aucune expertise. Il ignorait que des mots allemands comme Gaswagen, Spezialwagen, Entläusungswagen (camion d’épouillage) pouvaient avoir un sens parfaitement bénin. Ses connaissances techniques étaient nulles. Il n’avait jamais examiné les photographies aériennes d’Auschwitz. Il ignorait tout des tortures subies par les Allemands qui avaient, tel Rudolf Höss, parlé de gazages. Il ne savait rien des doutes émis sur certains discours de Himmler ou sur le journal de Goebbels.

Grand amateur de procès de criminels de guerre, il n’avait interrogé que les procureurs et jamais les avocats. Son ignorance du compte rendu du procès de Nuremberg était confondante. Il n’avait pas même lu ce que Hans Frank, ancien gouverneur général de Pologne, avait dit devant le tribunal de Nuremberg sur son « journal » et sur « l’extermination des juifs ». Faute impardonnable ! En effet, C. Browning prétendait avoir trouvé dans le « journal » de Hans Frank la preuve irréfutable de l’existence d’une politique d’extermination des juifs. Il avait découvert une phrase accusatrice. Il ne savait pas que H. Frank avait fourni devant le tribunal une explication à ce type de phrases, prélevées parmi les centaines de milliers de phrases d’un journal personnel et administratif de onze mille cinq cents pages. Hans Frank avait d’ailleurs spontanément remis ce « journal » aux Américains venus l’arrêter. La sincérité de l’ancien gouverneur général fait si peu de doute pour qui lit sa déposition que C. Browning, invité à en entendre le contenu, ne souleva pas la moindre objection.

Une dernière humiliation l’attendait.

Pour les besoins de sa thèse, il avait invoqué un passage du procès-verbal de la conférence de Wannsee (20 janvier 1942) ; il en avait donné sa propre traduction ; la traduction était gravement fautive. Du même coup, sa thèse s’effondrait. Enfin, quant à son explication personnelle d’une « politique d’extermination des juifs », elle valait celle de R. Hilberg : pour C. Browning tout s’expliquait par le « signe de tête » (the nod) d’Adolf Hitler. Entendons par là que le Führer du peuple allemand n’avait eu nul besoin de donner un ordre écrit ou un ordre oral pour l’extermination des juifs : il lui avait suffi de donner un «signe de tête» au départ de l’opération et, pour la suite, une série de «signaux» (signals). Et il avait été compris !

Charles Biedermann

L’autre expert, appelé par l’accusation avant C. Browning, avait été Charles Biedermann, citoyen helvétique, délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et, surtout, directeur du Service international de recherches (SIR) établi, en RFA, à Arolsen. Ce dernier organisme possède des informations d’une richesse inouïe sur le sort individuel des victimes du national-socialisme et, en particulier, sur les anciens concentrationnaires. Je prétends que c’est à Arolsen qu’on pourrait, si on le voulait, déterminer le véritable nombre de juifs morts durant la guerre.

L’accusation ne tira pour ainsi dire aucun profit de la déposition de cet expert. En revanche, le contre-interrogatoire permit à la défense de marquer de nombreux points. C. Biedermann reconnut que le CICR n’avait jamais trouvé de preuve de l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps allemands. La visite de l’un de ses délégués à Auschwitz en septembre 1944 avait conclu tout au plus à l’existence d’une rumeur en la matière. A sa confusion, l’expert fut obligé d’admettre qu’il commettait une erreur en prêtant aux nationaux-socialistes l’expression de « camps d’extermination» ; il ne s’était pas rendu compte qu’il s’agissait là d’une expression forgée par les Alliés. Il prétendait que le CICR s’était montré impartial pendant et après le conflit ; on lui démontra le contraire. Après le conflit, le CICR avait fait chorus avec les Alliés. C. Biedermann déclara ne pas connaître de rapports du CICR sur les atrocités subies par les Allemands vers la fin de la guerre et juste après la guerre ; en particulier, il ne savait rien du traitement affreux réservé à bien des prisonniers allemands. Le CICR ne possédait rien, paraît-il, sur les déportations massives des minorités allemandes de l’Est, rien sur les horreurs de «la grande débâcle», rien sur les exécutions sommaires et, en particulier, le massacre au fusil, à la mitrailleuse, à la pelle et à la pioche de cinq cent vingt soldats et officiers allemands qui s’étaient rendus aux Américains à Dachau le 29 avril 1945 (pourtant, Victor Maurer, délégué du CICR, était là). Le SIR classait au nombre des « persécutés » du nazisme même les prisonniers de droit commun qui s’étaient trouvés en camps de concentration. Il se fiait aux données du «musée d’Auschwitz » (organisme communiste). A partir de 1978, afin d’entraver toute recherche révisionniste, le SIR avait fermé ses portes aux historiens et chercheurs, sauf à ceux pourvus d’une autorisation spéciale de l’un des dix gouvernements (dont celui d’Israël) qui surveillent l’activité du SIR. Désormais, il fut interdit au SIR d’établir, comme il l’avait fait jusque-là, des évaluations statistiques du nombre des morts dans les différents camps. Les précieux rapports d’activité annuels ne devaient plus être communiqués au public sinon pour leur premier tiers, qui ne présente aucun intérêt pour le chercheur. C. Biedermann confirma une nouvelle qui avait filtré en 1964 au procès de Francfort : à la libération d’Auschwitz, les Soviétiques et les Polonais avaient découvert le registre mortuaire de cet ensemble de trente-neuf camps et sous-camps. Le registre se composait de trente-huit ou trente-neuf volumes. Les Soviétiques conservent à Moscou trente-six ou trente-sept de ces volumes tandis que les Polonais gardent au « musée d’Auschwitz » les deux ou trois autres volumes, dont ils ont fourni copie au SIR d’Arolsen. Mais ni les Soviétiques, ni les Polonais, ni le SIR n’autorisent la consultation de ces volumes. C. Biedermann ne voulut pas même révéler le nombre des morts répertoriés dans les deux ou trois volumes dont le SIR possède la copie. Il est clair que, si le contenu du registre mortuaire d’Auschwitz était rendu public, c’en serait fini du mythe des millions de morts de ce camp.

Pas de «survivants» pour l’accusation

Le juge demanda au procureur s’il appellerait des « survivants » à la barre des témoins. Le procureur répondit que non. L’expérience de 1985 avait été trop cruelle. L’épreuve du contre-interrogatoire avait été dévastatrice. Il est regrettable qu’en France, au procès Barbie (1987), et qu’en Israël, au procès Demjanjuk (1987-1988), aucun avocat n’ait suivi l’exemple donné par Douglas Christie au Canada lors du premier procès Zündel (1985) : D. Christie avait démontré qu’on pouvait, par un contre-interrogatoire sur la procédure même du « gazage », détruire à sa racine le mythe du « camp d’extermination ».

Les témoins et les experts de la défense

La plupart des témoins et des experts de la défense furent aussi précis et matérialistes qu’un R. Hilberg ou un C. Browning avaient pu être imprécis et métaphysiques. Le Suédois Ditlieb Felderer projeta environ trois cent cinquante clichés d’Auschwitz et des camps de Pologne. L’Américain Mark Weber, dont l’érudition documentaire est impressionnante, procéda à des mises au point sur plusieurs aspects de l’Holocauste et, en particulier, sur les Einsatzgruppen. L’Allemand Tijudar Rudolph traita du ghetto de Lodz ; il donna aussi un témoignage personnel sur une tournée d’inspection du Comité international de la Croix-Rouge dans des camps de Silésie et du Gouvernement général de Pologne (Auschwitz, Majdanek,...) en automne 1941, à la fin de laquelle le délégué du CICR remercia Hans Frank, gouverneur général de Pologne, pour sa coopération. Thies Christophersen avait commandé, en 1944, dans le secteur d’Auschwitz, une entreprise de recherches agricoles ; il se rendait souvent au camp de Birkenau pour y réquisitionner du personnel ; il n’y avait jamais constaté les horreurs habituellement décrites ; à la barre des témoins, il reprit point par point ce qu’il avait décrit dès 1973 dans un document de dix-neuf pages [7].

La Canadienne Maria Van Herwaarden avait été internée à Birkenau dès 1942 ; elle n’y avait rien vu qui, de près ou de loin, ressemblât à un meurtre de masse mais beaucoup d’internés étaient morts du typhus. L’Américain Bradley Smith, membre d’un «Comité pour un débat public sur l’Holocauste», relata son expérience de près de cent débats aux États-Unis sur le sujet de l’Holocauste. L’Autrichien Emil Lachout commenta le fameux « document Müller » qui, depuis décembre 1987, met en émoi les autorités autrichiennes : ce document, daté du 1er octobre 1948, révèle que, déjà à cette date, les commissions d’enquête alliées ne croyaient plus aux « gazages » homicides dans toute une série de camps comme ceux de Dachau, Ravensbrück, Struthof (Natzweiler), Stuttof (Danzig), Sachsenhausen, Mauthausen (Autriche), etc. Le document précise que les confessions des Allemands avaient été extorquées par la torture et que les témoignages étaient faux.

Le Dr Russel Barton retraça sa découverte horrifiée du camp de Bergen-Belsen à la libération ; sur le moment il avait cru à un massacre délibéré, puis il s’était rendu compte que, dans une Allemagne d’apocalypse, ces amoncellements de cadavres et ces squelettes ambulants étaient dus aux conditions affreuses d’un camp surpeuplé, ravagé par les épidémies, dépourvu d’eau à cause d’un bombardement des Alliés, presque entièrement dépourvu de médicaments et de ravitaillement. L’Allemand Udo Walendy fit le point de ses recherches révisionnistes. J.-G. Burg, juif mosaïque, vivant à Munich, relata son expérience de la guerre et prouva qu’il n’avait jamais existé de politique d’extermination des juifs par les nazis.

Des universitaires comme MM. Kuang Fu ou Gary Botting apportèrent leur contribution sur le plan de l’analyse à la fois des faits historiques, des opinions et des interprétations. Jürgen Neumann s’expliqua sur la nature des recherches qu’il avait menées aux côtés d’Ernst Zündel. Ernst Nielsen témoigna sur les entraves apportées, au sein d’une université canadienne, à une libre recherche sur l’Holocauste. Ivan Lagacé, responsable du crématoire de Calgary (Canada), démontra l’impossibilité pratique des chiffres retenus par R. Hilberg pour les crémations d’Auschwitz.

A mon tour, je déposais à titre d’expert pendant près de six jours. J’insistais particulièrement sur mes enquêtes à propos des chambres à gaz américaines. Je rappelais que le Zyklon B est essentiellement du gaz cyanhydrique et que c’est avec ce gaz que certains pénitenciers américains exécutent leurs condamnés à mort. En 1945, les Alliés auraient dû demander à des spécialistes des chambres à gaz américaines de venir examiner les locaux qui, à Auschwitz et ailleurs, étaient censés avoir servi à gazer des millions de détenus. Dès 1977, mon idée était la suivante : quand on a affaire à un vaste problème historique comme celui de la réalité ou de la légende de l’Holocauste, il faut s’efforcer de trouver le centre de ce problème ; en la circonstance, le centre est le problème d’Auschwitz et, à son tour, le cœur de ce problème-là peut se limiter à un espace de deux cent soixante-quinze mètres carrés, soit, à Auschwitz, les soixante-cinq mètres carrés de la « chambre à gaz » du crématoire-I et, à Birkenau, les deux cent dix mètres carrés de la « chambre à gaz » du crématoire-II. En 1988, mon idée restait la même : expertisons les deux cent soixante-quinze mètres carrés et nous aurons une réponse au vaste problème de l’Holocauste ! Je montrais au jury mes photos de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore ainsi que mes plans des « chambres à gaz » d’Auschwitz et je soulignais les impossibilités physiques et chimiques de ces dernières.

Un coup de théâtre : le rapport Leuchter

E. Zündel, en possession de la correspondance que j’avais échangée en 1977-1978 avec six pénitenciers américains disposant de chambres à gaz, avait chargé l’avocate Barbara Kulaszka de se mettre en rapport avec les gardiens-chefs de ces pénitenciers afin de voir si l’un d’entre eux accepterait de venir expliquer devant le tribunal le mode de fonctionnement d’une vraie chambre à gaz. Bill Armontrout, gardien-chef du pénitencier de Jefferson City (Missouri), accepta de venir témoigner et signala que nul aux États-Unis ne connaissait mieux la question du fonctionnement de ces chambres à gaz qu’un ingénieur de Boston : Fred A. Leuchter. J’allais rendre visite à cet ingénieur les 3 et 4 février 1988. F. Leuchter ne s’était jamais posé de questions sur les « chambres à gaz » des camps allemands. Il croyait jusque-là à leur existence. Dès que je commençai à lui ouvrir mes dossiers, il prit conscience de l’impossibilité matérielle et chimique de ces « gazages ». Il accepta de se rendre à Toronto pour y examiner nos documents.

Puis, aux frais d’E. Zündel, il partit pour la Pologne avec une secrétaire (sa femme), son dessinateur, un vidéo-cameraman et un interprète. Il en revint pour rédiger un rapport de cent quatre-vingt-douze pages (annexes comprises) et avec trente-deux échantillons prélevés, d’une part, dans les crématoires d’Auschwitz et de Birkenau à l’emplacement des « gazages » homicides et, d’autre part, dans une chambre à gaz de désinfection de Birkenau. Sa conclusion était nette : il n’y avait eu aucun « gazage » homicide ni à Auschwitz, ni à Birkenau, ni d’ailleurs à Majdanek.

Les 20 et 21 avril 1988, F. Leuchter déposa à la barre du tribunal de Toronto. Il fit le récit de son enquête et développa sa conclusion. Je dis que, ces deux jours-là, j’ai assisté à la mort en direct du mythe des chambres à gaz, un mythe qui, pour moi, était entré en agonie au colloque de la Sorbonne sur « l’Allemagne nazie et l’extermination des juifs » (29 juin - 2 juillet 1982).

Dans la salle du tribunal de Toronto, l’émotion était intense, en particulier chez les amis de Sabina Citron. Les amis d’E. Zündel étaient bouleversés mais pour d’autres raisons : ils voyaient enfin se déchirer le voile de la grande imposture. Pour moi, je ressentais soulagement et mélancolie : soulagement parce qu’une thèse que je défendais depuis tant d’années trouvait enfin sa pleine confirmation, et mélancolie parce que j’avais eu la paternité de l’idée ; j’avais même, avec la maladresse d’un littéraire, exposé des arguments d’ordre physique, chimique, topographique et architectural que je voyais reprendre par un scientifique étonnamment précis et didactique. Se rappellerait-on un jour le scepticisme que j’avais rencontré, y compris auprès de certains révisionnistes ?

Juste avant F. Leuchter, B. Armontrout était venu à la barre et il avait, en tout point, confirmé ce que j’avais dit au jury sur les difficultés extrêmes d’un gazage homicide (à ne pas confondre avec un gazage suicidaire ou accidentel). De son côté, un spécialiste des photographies aériennes, Ken Wilson, avait montré que les « chambres à gaz » homicides d’Auschwitz et de Birkenau ne possédaient pas les cheminées d’évacuation des gaz qui auraient été indispensables. Il montrait aussi que j’avais eu raison d’accuser Serge Klarsfeld et J.-C. Pressac d’avoir falsifié le plan de Birkenau dans L’Album d’Auschwitz [8]. Ces auteurs, pour faire croire au lecteur que les groupes de femmes et d’enfants juifs surpris par le photographe entre les crématoires-I et III ne pouvaient pas aller plus loin et allaient donc finir dans les «chambres à gaz» de ces crématoires, avaient tout bonnement coupé là un chemin qui, en réalité, se poursuivait jusqu’au grand établissement de douches (situé au-delà de la zone des crématoires) où se rendaient ces femmes et ces enfants. James Roth, directeur d’un laboratoire du Massachusetts, vint ensuite à la barre pour y rendre compte de l’analyse des 32 échantillons, dont il ignorait la provenance : tous les échantillons prélevés dans les « chambres à gaz » homicides contenaient une quantité de cyanure qui était soit indécelable, soit infinitésimale tandis que l’échantillon de la chambre à gaz de désinfection de Birkenau, prise pour référence, contenait, par comparaison, une quantité vertigineuse de cyanure (la quantité infinitésimale détectée dans le premier cas peut s’expliquer par le fait que les prétendues chambres à gaz homicides étaient en fait des chambres froides pour la conservation des cadavres ; de telles chambres froides avaient pu faire l’objet de désinfections au Zyklon B).

David Irving

L’historien britannique David Irving jouit d’un grand prestige. E. Zündel songeait à lui demander son témoignage. Mais une difficulté se présentait : D. Irving n’était qu’à moitié révisionniste. La thèse qu’il défendait, par exemple dans Hitler’s War, pouvait se résumer ainsi : Hitler n’a jamais donné un ordre d’extermination des juifs ; au moins jusqu’à la fin de 1943, il a été tenu dans l’ignorance de cette extermination ; seuls Himmler et un groupe probable de soixante-dix personnes étaient informés ; en octobre 1944, Himmler, qui cherchait désormais à entrer dans les bonnes grâces des Alliés, avait donné l’ordre de cesser l’extermination des juifs.

J’avais personnellement rencontré D. Irving à Los Angeles en septembre 1983 au congrès annuel de l’Institute for Historical Review et je l’avais mis dans l’embarras en lui posant quelques questions sur les preuves dont il disposait à l’appui de sa thèse. Puis j’avais publié dans The Journal of Historical Review un article intitulé : « A Challenge to David Irving » (Un défi à David Irving) [9]. J’essayais d’y convaincre ce brillant historien qu’en bonne logique il ne pouvait plus se contenter d’une position semi-révisionniste et, pour commencer, je le mettais au défi de nous montrer cet ordre de Himmler qui, en réalité, n’avait jamais existé. Par la suite, j’apprenais de diverses sources que D. Irving subissait une mutation dans un sens favorable au révisionnisme.

En 1988, E. Zündel acquérait la conviction que l’historien britannique n’attendait plus qu’un événement décisif pour franchir un dernier pas en notre direction. Arrivé à Toronto, D. Irving découvrit coup sur coup le rapport Leuchter et une somme impressionnante de documents qu’E. Zündel, ses amis et moi-même nous avions accumulés au cours des années. Les dernières réserves ou les derniers malentendus se dissipaient au cours d’une réunion. Il acceptait de témoigner à la barre. De l’avis de ceux qui ont assisté aux deux procès (celui de 1985 et celui de 1988), pas un témoignage, sauf celui de F. Leuchter, n’allait provoquer une telle sensation. Pendant plus de trois jours, D. Irving, se livrant à une sorte de confession publique, revint sur tout ce qu’il avait dit de l’extermination des juifs et se rallia sans aucune réserve à la position révisionniste. Avec courage et probité, il montra comment un historien peut être conduit à réviser profondément ses vues sur l’histoire de la seconde guerre mondiale.

La victoire d’E. Zündel

E. Zündel avait promis que son procès serait « le procès du procès de Nuremberg » ou « le Stalingrad des exterminationnistes ». Le déroulement de ces deux longs procès lui a donné raison, et cela même si le jury, « instruit » par le juge et sommé de tenir l’Holocauste pour un fait établi «que nulle personne raisonnable ne peut mettre en doute», en est venu à le déclarer coupable. E. Zündel a déjà gagné. Il lui reste à le faire savoir au Canada et au monde entier. Pour le procès de 1988, le black-out des médias a été à peu près complet. Les organisations juives avaient fait campagne pour obtenir ce black-out et avaient été jusqu’à dire qu’elles ne voulaient pas d’un compte rendu impartial. Elles ne voulaient d’aucun compte rendu. Le paradoxe est que la seule publication qui se soit fait l’écho du procès dans des conditions relativement honnêtes soit l’hebdomadaire The Canadian Jewish News.

Ernst Zündel et le rapport Leuchter sont entrés dans l’Histoire ; ils ne sont pas près d’en sortir.

31 août 1988



Notes

[1] Défense de l’Occident, juin 1967, p. 30-33.
[2] Le Monde, 23 mars 1977, p. 7.
[3] Le Monde, 7-8 mai 1978.
[4] Le Monde, 17-18 juillet 1977, p. 13.
[5] « Le mensonge (suite) », Le Monde, 3-4 septembre 1978, p. 9.
[6] Voy. à ce propos le compte rendu de Christopher Browning, « The Revised Hilberg », p. 294.
[7] Kritik no 23, p. 14-32.
[8] J.-C. Pressac, L’Album d’Auschwitz p. 42.
[9] Dans le désir de ménager David Irving, Willis Carto, responsable à l’époque du Journal of Historical Review, avait, sans mon consentement, pratiqué des coupures dans ce texte dont on retrouvera l’intégralité dans mes Ecrits révisionnistes (1974-1998) volume I, p. 455.