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Monday, February 28, 1994

Début, en France, de la controverse révisionniste (1974-1978)


Au début de 1974, je décidais d'adresser à de nombreux destinataires, historiens et spécialistes connus, à travers le monde, une lettre à en-tête de la Sorbonne (où j'enseignais alors). En voici le texte :

Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment, votre sentiment personnel, sur un point particulièrement délicat de l'histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l'obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit, selon vous, il convient d'accorder au « document Gerstein », à la confession de R. Höss, au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d'une façon générale, à ce qui s'est écrit de ce point de vue sur Auschwitz, sur le gaz Zyklon-B, sur le sigle « N. N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescio » ?) et sur la formule de « solution finale » ? Votre opinion sur la possibilité d'existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd'hui ce qu'elle était il y a vingt-neuf ans ?

Je n'ai pu, jusqu'à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d'authenticité. Ni le Centre de documentation juive de Paris, ni l'Institut für Zeitgeschichte de Munich n'ont pu m'en fournir. Auriez-vous, pour votre part, connaissance de photographies à verser au dossier de la question ?

Merci d'avance pour votre réponse et peut-être pour votre aide.

Au nombre de mes destinataires se trouvait le Dr Kubovy, responsable d'un centre de documentation juive à Tel-Aviv. Mais – je l'ignorais alors – le Dr Kubovy était décédé. Ses héritiers confièrent ma lettre au quotidien Yedioth Aharonoth, qui la publia le 26 mai 1974, sous une forme tronquée. En France, Tribune juive se fit l'écho de l'affaire le 14 juin de la même année. Puis, un hebdomadaire satirique, Le Canard enchaîné, fit de même le 17 juillet. Les autorités de la Sorbonne dénoncèrent mes « allégations » et je fus ultérieurement chassé de mon syndicat.

Pendant trois ans, les médias pratiquèrent la politique du silence. Mais, pendant ces trois années, tout en continuant mon travail de recherche, je ne cessais d'adresser au Monde et à quelques autres publications un abondant courrier sur le problème des chambres à gaz et du génocide.

C'est alors que Le Monde décida de passer à l'offensive contre le révisionnisme historique. Le journaliste Pierre Viansson-Ponté consacra une chronique venimeuse à la version française de la brochure de Richard Harwood Did Six Million Really Die ? [1] Je redoublais donc d'activité et accablais Le Monde de lettres. En août 1977, le magazine Historia publia une lettre de moi où je parlais de « l'imposture du génocide ». En juin 1978, une publication d'extrême droite, Défense de l'Occident, dirigée par Maurice Bardèche, l'auteur de Nuremberg ou la Terre promise (1948) et de Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs (1950), publia une étude que j'avais intitulée « Le Problème des chambres à gaz ».

La pression montait. En 1978, Pierre Viansson-Ponté repartit à l'attaque et préconisa le recours à des poursuites judiciaires contre les révisionnistes [2]. Le 28 octobre, le magazine L'Express publia une retentissante interview de Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire de Vichy chargé des questions juives et réfugié alors en Espagne. Celui-ci était censé avoir déclaré : « Je vais vous dire, moi, ce qui s'est vraiment passé à Auschwitz. On a gazé. Oui, c'est vrai. Mais on a gazé les poux [3]. » Bien des raisons donnent à penser que cette interview ne fut que le résultat d'un montage dû à un journaliste discrédité, Philippe Ganier-Raymond, déjà condamné en justice, sur mon intervention, pour un montage de textes signés de Louis-Ferdinand Céline. Il est probable qu'en France certains milieux, inquiets d'apprendre qu'un professeur d'université déployait une intense activité pour rendre publics ses arguments révisionnistes, avaient décidé d'allumer un contre-feu afin de pouvoir présenter éventuellement un jour R. Faurisson comme un continuateur du « nazi » Darquier de Pellepoix. Le journal Le Matin de Paris montait, à son tour, une provocation et me mettait directement et nommément en cause [4]. Tous les médias, à l'unisson, se déchaînèrent. L'indignation contre l'hérétique prit de telles proportions qu'un journaliste juif et des organisations juives allèrent jusqu'à suggérer l'usage de la violence contre le professeur. J'enseignais alors à l'université de Lyon-II. Le 20 novembre, je fus violemment agressé à deux reprises. La presse relata les faits, à sa manière.

En France, il existe, du moins en principe, ce qu'on appelle le « droit de réponse ». En vertu de ce droit, toute personne nommée ou désignée dans un journal peut exiger, sous certaines conditions précises, la publication d'un « texte en droit de réponse ». Le Monde se vit ainsi contraint de publier un texte à la fin duquel je glissais les phrases suivantes :

J'attends un débat public sur un sujet que manifestement on esquive : celui des « chambres à gaz ». Au Monde que, depuis quatre ans, je sollicite en ce sens-là, je demande de publier enfin mes deux pages sur « La Rumeur d'Auschwitz ». Le moment est venu. Les temps sont mûrs.

Il est évident que les lecteurs du Monde n'auraient pas compris que leur journal refuse de publier les deux pages en question. On peut dire que Le Monde, en fin de compte, se trouvait pris à son propre piège. Pendant des années, il avait traité un universitaire révisionniste soit par la calomnie, soit par le silence. Il lui fallait maintenant, à contrecœur, donner la parole à cet universitaire. Le 29 décembre 1978, Le Monde publiait donc «La Rumeur d'Auschwitz», non sans accompagner mon texte d'un ensemble impressionnant d'autres textes uniformément hostiles au révisionnisme, lesquels m'ouvraient, automatiquement, un nouveau droit de réponse. Le 16 janvier 1979, Le Monde publiait mon droit de réponse sous le titre «Une lettre de M. Faurisson». La controverse allait se poursuivre longtemps encore mais sans que le journal m'accorde le moindre droit de répliquer aux innombrables mises en cause dont je devenais l'objet.

On trouvera ci-dessous mon article et ma lettre tels que Le Monde les publiait respectivement dans ses livraisons du 29 décembre 1978 et du 16 janvier 1979 [5], déclenchant ainsi ce qu'on appellerait plus tard la « déferlante négationniste » [6].

En France, le feu de la controverse s'est donc allumé en 1974 ; puis, il s'est vite éteint, du moins en apparence, mais il couvait sous la cendre. Pourquoi a-t-il repris en 1978 avec une telle virulence et pour ne plus s'éteindre depuis ce temps-là ?

On peut imaginer plusieurs motifs qui tiennent aussi bien à l'action des révisionnistes en France et dans le monde qu'à la réaction des anti-révisionnistes.

Pour ma part, je formulerais une hypothèse : c'est à partir du moment où j'ai utilisé l'argumentation matérielle (à base de considérations physiques, chimiques, topographiques et architecturales) que la partie adverse s'est sentie véritablement en danger. Dans la lettre qu'en 1974 j'avais adressée au Dr Kubovy et à bien d'autres historiens et spécialistes, mon argumentation, implicite, restait de nature historique. En revanche, dans les lettres que j'ai ensuite adressées au Monde et, en particulier, dans mon article sur «Le Problème des chambres à gaz ou la Rumeur d'Auschwitz», je m'engageais sur un terrain plus solide. Faisant appel :


1) aux plans des crématoires d'Auschwitz-Birkenau
2) à des documents sur le gazage de désinfection au Zyklon B, et
3) au système américain d'exécution en chambre à gaz


je quittais le terrain trop mouvant de l'histoire pour celui, plus ferme, de la science. C'est pour cette raison, me semble-t-il, que l'adversaire a perdu pied et que, dans son affolement, il a désormais répondu par des manifestations de schizophrénie collective ainsi que par d'incessantes manœuvres de diversion et d'intimidation, montrant par là qu'il voulait à tout prix éviter les risques d'un débat que – non sans raison – il sentait perdu d'avance.
28 février 1994
____________


Notes

[1] P. Viansson-Ponté, « Le Mensonge », Le Monde, 17-18 juillet 1977, p. 13.
[2] P. Viansson-Ponté, « Le Mensonge (suite) », Le Monde, 3-4 septembre 1978, p. 9.
[3] L'Express, 28 octobre 1978, p. 173.
[4] Le Matin de Paris, 16 novembre 1978, p. 17.
[5] Ces articles sont reproduits dans le vol. I d'Ecrits révisionnistes (1974-1998), p. 122 et 131, ainsi qu'à http://robertfaurisson.blogspot.com/2000/05/trois-lettres-au-monde-1978-1979.html (avec une présentation par l'auteur datée du 8 mai 2000).
[6] Courrier international, n° 167, 13-19 janvier 1994, p. 38.

Thursday, February 15, 1990

Mon ami Ernst Zündel


Mon ami Ernst Zündel vient d’être définitivement condamné à neuf mois de prison parce qu’il a, sur le prétendu Holocauste des juifs et sur les prétendues chambres à gaz homicides du IIIe Reich, exactement la même opinion que moi. 
Je considère donc que je viens en quelque sorte d’être moi aussi condamné à neuf mois de prison pour « délit d’opinion ». J’ai assisté mon ami tout au long de ses différents procès. Jamais, depuis 1945, les révisionnistes n’ont à ce point accumulé devant des tribunaux une masse aussi impressionnante de preuves de ce que nous avons raison et de ce que les tenants de l’histoire officielle ont tort. Le « rapport Leuchter » constitue l’une de ces preuves mais il y en a bien d’autres. C’est précisément parce que nous avons trop raison que les gens en place prennent peur devant les énormes conséquences du révisionnisme et c’est cette peur qui leur dicte des condamnations comme celle d’Ernst Zündel par des magistrats canadiens.

Le Canada se ridiculise et se déshonore. Ce que la reine d’Angleterre permet en Angleterre, elle l’interdit au Canada. Je m’explique. E. Zündel s’était contenté de diffuser en 1981 une brochure imprimée et librement diffusée en Angleterre dès 1975 : Did Six Million Really Die ? et signée Richard Harwood (nom de plume d’un citoyen britannique). Jamais la Justice anglaise, en la personne de la reine Elizabeth, n’a poursuivi l’auteur de cette brochure. En revanche, la Justice canadienne, en la personne d’« Elizabeth Regina », a poursuivi, jugé, condamné et emprisonné E. Zündel, simple diffuseur d’un écrit autorisé en Angleterre depuis quinze ans. Dans la salle du tribunal de Toronto, il y avait, au-dessus de la tête du juge, le blason de la reine d’Angleterre avec les formules françaises bien connues : « Honi soit qui mal y pense » [sic] et « Dieu et mon droit ». Le procureur était appelé « The Crown » (la Couronne). Les témoins recevaient une convocation lancée par « Elizabeth Regina ». Je suis donc en droit d’affirmer que, ce que la reine d’Angleterre autorise en son royaume, elle le refuse en son dominion. Une liberté accordée à Londres est refusée à Toronto, et cela par la même personne. Voilà une absurdité parmi cent autres où conduit la défense frénétique d’un mensonge.

Les juges canadiens ont osé soutenir qu’en condamnant E. Zündel ils ne condamnaient pas une opinion mais... un acte : l’acte de propager une information que l’on sait être fausse. La Justice canadienne qui n’a pas froid aux yeux, tranche de tout en histoire, en psychologie et en sociologie. En histoire, elle a décrété souverainement que l’Holocauste des juifs a existé. En psychologie, elle a sondé le cœur et les reins d’E. Zündel et découvert, sans l’ombre d’une hésitation que ce dernier, sait qu’il ment quand il dit que ledit Holocauste n’a pas existé. En sociologie, elle a prononcé, sans aucune enquête préalable, que ce prétendu mensonge d’E. Zündel trouble ou est de nature à troubler l’harmonie raciale et sociale du Canada tout entier. 

Les juges de la cour d’appel (Justices Brooke, Morden et Galligan) se sont livrés dans leur arrêt à de stupéfiantes attaques contre Douglas Christie, l’intrépide avocat de l’accusé. On cherche manifestement à intimider tout avocat qui se porterait à la défense d’un révisionniste ou de tout autre tenant d’une vue impopulaire. Nous devons manifester notre réprobation par des manifestations, des lettres, des appels téléphoniques auprès des ambassades du Canada, des consulats, des médias, des instances judiciaires canadiennes et, en particulier, par l’envoi de lettres au :

                      Judicial Council in Canada 
                      Room 450 112, Kent Street
                      Ottawa, Ontario K1A 0W8 (Canada)

En plus de l’action ci-dessus, je recommande une autre action dont j’ai eu l’occasion de remarquer qu’elle embarrasse les autorités canadiennes ou les simples citoyens du Canada. Je leur écris la lettre suivante :

J’ai entendu dire que, dans votre pays, on risque d’aller en prison si on rend public son doute sur l’Holocauste des juifs et sur les chambres à gaz ou, plus simplement, si on se contente de poser la question suivante : Est-il vraiment mort six millions de juifs durant la seconde guerre mondiale ?

Je me permets de vous demander respectueusement si ce que j’ai entendu dire là est vrai ou non.

Veuillez, je vous prie, trouver ci-joint une enveloppe à mon nom pour votre réponse. 

Actuellement le développement rapide du révisionnisme provoque une tétanisation de l’adversaire. Si la répression s’accroît, c’est le signe que nous sommes en train de gagner. Nul n’a fait plus qu’Ernst Zündel et Douglas Christie pour la défense de quelques-unes de nos libertés. Nous leur devons notre aide.

15 février 1990

Wednesday, November 1, 1978

Lettre à "L'Express"


Monsieur, 

J’espère que certains des propos que le journaliste Philippe Ganier-Raymond vient de prêter à Louis Darquier de Pellepoix amèneront enfin le grand public à découvrir que les prétendus massacres en « chambres à gaz » et le prétendu « génocide » sont un seul et même mensonge, malheureusement cautionné jusqu’ici par l’histoire officielle (celle des vainqueurs) et par la force colossale des grands moyens d’information. Comme le Français Paul Rassinier (ancien déporté résistant), comme l’Allemand Wilhelm Stäglich, comme l’Anglais Richard E. Harwood, comme l’Américain Arthur R. Butz (auteur de L’Imposture du XXe siècle, ouvrage si remarquable qu’on ne parvient manifestement pas à lui répliquer), comme vingt autres auteurs, passés sous silence ou calomniés tout à loisir, je proclame ici, comme je l’avais fait au colloque national de Lyon sur « Églises et Chrétiens de France dans la seconde guerre mondiale » (27-30 janvier 1978) : « Les massacres en prétendues “chambres à gaz” sont un mensonge historique ». Hitler n’a jamais ordonné ni admis que quiconque fût tué en raison de sa race ou de sa religion. Je ne cherche à outrager ni à réhabiliter personne. Jusqu’à preuve du contraire, je pense avoir conduit mes recherches selon les méthodes de routine de la critique historique. Je suis prêt à tout débat sur la question des « chambres à gaz » et du « génocide », à toute confrontation, à toute interview dûment enregistrée : cela, j’ai eu l’occasion de le déclarer par écrit à maintes autorités, à maintes publications (Tribune juive hebdo, par exemple), à maints organes d’information depuis quatre ans, et je le répète ici aujourd’hui. La lumière ne viendra ni du « docu-drame » Holocaust, ni de la LICA, ni d’une nième levée de boucliers ; elle ne pourra venir que d’un examen, à armes égales, des thèses en présence. Pour ma part, j’aime la lumière.

1er novembre 1978 

Friday, October 14, 1977

Lettre à MM. Fauvet et Lauzanne, du journal "Le Monde"


Malgré le ton extrêmement désagréable de ses lettres, j’ai honnêtement essayé de m’expliquer et de m’entendre avec M. Viansson-Ponté. En pure perte. Il est impossible de discuter avec quelqu’un qui a manifestement l’habitude des lectures hâtives. De plus M. Viansson-Ponté porte des coups, puis il se dérobe. En 1974, il m’a avec cet article de Mme Charlotte Delbo, porté un terrible coup dont j’ai essayé, à nouveau le 11 août 1977, de lui montrer toutes les conséquences, sur le plan professionnel, syndical, familial. Une seule de ces conséquences, si quelqu’un d’autre qu’un « nazi » avait eu à les subir, aurait dû susciter article et débat dans les colonnes de votre journal. M. Viansson, lui, se moque de ce qu’il ose appeler mes « démêlés » et il en décline la responsabilité. Il va jusqu’à dire que, dans l’article de 1974, je n’ai été « ni nommé, ni désigné ». Or, cet article, qui s’inscrivait dans une campagne de presse, commençait par une longue citation. Cette citation, on avait pu la lire dans Yedioth Aharonoth (26 mai 1974), dans Tribune juive-Hebdo (14 juin), dans Le Canard enchaîné (17 juillet) : l'auteur était nommé et son adresse était donnée et même répétée. Il s’agissait de Faurisson, maître de conférences à la Sorbonne. Les mêmes journaux ou d’autres revenaient sur cette affaire.

Le 14 mai 1974, votre collaborateur m’avait demandé l’autorisation de publier ce texte. Il écrivait en propres termes : « (Je) vous demande si vous n’avez pas d’objection à formuler contre sa publication éventuelle . » Je lui répondais, par lettre R.A.R. du 21 mai, que je m’opposais à cette publication d’une lettre personnelle. Or, le 11 août, précisément en pleine campagne de presse, je voyais paraître ce texte, sous la responsabilité de M. Viansson-Ponté. J’y étais, sous la plume de Mme Delbo traité de « pauvre dément », de professeur qui s’est documenté uniquement pour avoir « des preuves contre la vérité », d’« esprit perverti » ; quant au titre de ce « témoignage », il me faisait tout simplement grief de « falsifier ». 

N’importe quel honnête homme trouvera, je pense, de tels procédés indignes d’un grand journal. J’y vois, pour ma part, une bassesse comme je n’en découvre pas dans les autres publications qui m’ont attaqué. Et c’est le Monde qui a eu cette conduite. Je ne l’admettrai jamais. Et, bien franchement, je ne crois pas que vous soyez prêts, tous deux, à lui trouver des excuses. Votre journal me doit réparation. Voilà trois ans que je la réclame. J’ai été correct avec vous. Je ne me suis laissé aller à aucun écart de langage. Rendez-moi cette justice que ma réponse de 1974 (sur « le droit au doute et à la recherche ») ainsi que ma réponse de 1977 (sur « le problème des chambres à gaz ») sont d’un tout autre ton que la publication injurieuse, insérée dans votre journal, après des mois de réflexion peut-être, par M. Viansson-Ponté.

Le 6 août 1977, ce dernier m’adressait une étrange lettre dans laquelle il me disait qu’il n’accepterait de publier mon texte sur «le problème des chambres à gaz» qu’à la condition que Mme Germaine Tillion ou Mme Olga Wormser-Migot prennent en considération mes affirmations. Bien que je ne croie pas un instant ni à l’argument d’autorité, ni à la valeur des recommandations ou patronages, j’acceptais, dans un esprit de conciliation, d’ouvrir mes dossiers devant Mme Wormser-Migot. Pour Mme Tillion, dont le crédit est grand auprès des journalistes, elle s’est discréditée à mes yeux par ses « témoignages » réitérés sur la « chambre à gaz » de Ravensbrück... qui – les instituts historiques ont fini par l’admettre – n’avait jamais eu un commencement d’existence (voyez notamment, Martin Broszat, Die Zeit, 19 août 1960). Là-dessus, en réponse à mon acceptation du 11 août 1977, votre collaborateur m’écrit qu’il a interrogé Mmes Tillion et Wormser-Migot et il ajoute : « L’une et l’autre, interrogées, me feront savoir qu’à leurs yeux votre thèse est absurde, votre obstination maniaque et qu’il n’y a aucune raison d’ouvrir un débat là où il n’y en a pas, dont la propagande [M. V.-P. dit curieusement la « contre-propagande »] pro-nazie ne manquerait pas de tirer argument. » Un peu plus loin, il écrit encore : « (...) faites-moi parvenir une caution écrite de Mme Wormser-Migot. (...) »

C’est se moquer des gens. C’est, une fois de plus, se dérober. M. Viansson-Ponté, de la même façon, écrivait sur la brochure de Richard Harwood un compte rendu insultant. Il commençait d’ailleurs par ne fournir aux lecteurs et juges aucune référence qui permette de trouver cette brochure et de s’en faire soi-même une opinion. Puis, constatant l’abondance des réactions suscitées par une affaire qu’il avait pris la responsabilité de lancer, il vous laissait croire, si j’en juge par une lettre de M. Lauzanne du 22 juillet, qu’il reviendrait sur le problème évoqué et qu’il ferait état des réactions provoquées. En fait, rien n’est venu.

Tout cela est-il net et franc ? M. Viansson-Ponté est meilleur, la plume à la main et derrière un bureau que sous les projecteurs de la télévision. En direct et en pleine lumière, il est difficile d’esquiver la réplique éventuelle à un propos excessif ou insultant. J’ai remarqué qu’à la télévision les polémistes ne sont pas reconnaissables ; ils n’assument plus la moitié de ce qu’ils ont écrit.

J’assume pleinement la responsabilité de ma «libre opinion » sur l’imposture des «chambres à gaz». Par son silence sur la question depuis trente ans, ou plutôt par un matraquage de propagande de guerre, c’est-à-dire sans possibilité de critique historique, la grande presse dans son ensemble et, malheureusement aussi le Monde en particulier, ont encouru une effroyable responsabilité. Les temps sont mûrs pour revenir sur de pareilles erreurs. Je demande qu’aux contestataires de l’histoire officielle, le Monde, sur ce point capital des «chambres à gaz», reconnaisse un autre droit que le droit au silence. Il y a la popularité de la fable, d’un côté ; et puis, de l’autre côté, il y a le devoir d’être vrai et la difficulté d’être vrai. Que le Monde, à la fin des fins, respecte sur ce chapitre la liberté d’opinion et qu’il donne à l’accusé lui-même le droit de présenter lui-même sa défense. Trêve de censure ! Le droit que je réclame est élémentaire en démocratie : le droit au doute, à la recherche, à la libre opinion : le droit de réponse.

Recevez, Messieurs, je vous prie, l’expression de ma confiance en votre discernement et en votre courage. 



[Publié dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 79-81.]

Monday, August 1, 1977

Lettre à "Historia" (extraits)


J’ai l’honneur d’élever une protestation contre la nature de ce numéro spécial d’Historia, consacré aux « Médecins SS ». [...]

Comment pouvez-vous croire un instant à l’authenticité de la « chambre à gaz » du Struthof... que vous ne pouvez d’ailleurs montrer en photographie ? Vous êtes-vous demandé pourquoi aucun livre sur le Struthof, y compris le roman d’Allainmat, ne reproduit la photographie de cette « chambre à gaz » pourtant visitable et montrée telle qu’en son « état d’origine », dit l’inscription que vous trouverez sur place ? Comment avez-vous pu reproduire cette photographie de l’extérieur avec une cheminée de ce genre ? [...]

Saviez-vous que Kramer [commandant du Struthof, puis de Bergen-Belsen, N.D.L.R.] est l’auteur d’une confession sur la « chambre à gaz » dont le vague et l’absurdité dépasse tout ce qu’on a pu « confesser » dans les procès de Moscou, de Cracovie (Höss) ou de Prague il n’y a guère ?

Comment avez-vous pu reproduire la photographie de la p. 45 ? N’avez-vous pas lu le livre de Harwood, Did Six Million Really Die? et surtout l’ouvrage d’Udo Walendy, Bild “Dokumente” für Geschichtsschreibung, où cette photographie est étudiée aux pages 74 et 75 ? 

Je vous signale, en passant, que votre photographie est un montage de montage. Voyez la façon dont est posée sur « ses » épaules la tête du premier personnage de gauche. [...]

Et la photographie de la p. 93 : la femme aux seins nus ! Comment n’avez-vous pas discerné que, là encore, il y avait montage ? Regardez la tête de « Photomaton » [1] !

[...] Comment pouvez-vous cautionner ainsi une propagande qui est celle qui a préparé le procès de Nuremberg ? Ne vous rappelez-vous pas le stupéfiant article 19 des statuts du tribunal : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves » ? N’est-ce pas d’un effroyable cynisme ? Ne devrait-il pas donner l’éveil à tout honnête homme ?

J’ai été férocement antinazi. Je ne peux supporter le fascisme sous aucune forme. Mais [...] je vous adjure de garder constamment présents à la mémoire les procès de sorcellerie. Rappelez-vous les « aveux », les « preuves », les « témoignages ». Une sorcière n’allait pas dire à un tribunal : « Vous savez bien que tout cela est faux, que le sabbat est une invention et les rencontres avec le diable une autre invention. » Elle aurait rencontré une incrédulité totale. Et pourtant elle aurait dit la vérité. Pour se défendre, il lui fallait, selon la vieille loi encore en vigueur, plaider le vraisemblable et non le vrai.

J’ai eu l’occasion de vous le dire et je le répète ici, je suis prêt à ouvrir devant vous tel de mes dossiers qu’il vous plaira sur cette imposture du génocide. Il paraît bien des livres sur la question. Les temps sont mûrs.

[1] Voy. Walendy, op. cit., p. 23.

 
[Publié dans Historia, août 1977, p. 132 et cité dans Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 82.]