Showing posts with label Philippe Henriot. Show all posts
Showing posts with label Philippe Henriot. Show all posts

Tuesday, May 12, 1992

En marge de « l’arrêt Touvier »


« L’arrêt Touvier », long de deux cent quinze pages, a été rendu par la première chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris le 13 avril 1992. Il est porté devant la cour de cassation. En marge de cet arrêt, on pourrait inscrire trois observations sur ses auteurs :

1) Ils sont souvent accusés de révisionnisme ; or, il ne sauraient être tenus pour des révisionnistes à proprement parler puisque, aussi bien, ils font état de l’« extermination » des juifs comme s’il s’agissait d’un fait avéré (en quoi ils se trompent) ;

2) Sur le maréchal Pétain, ils font une observation qui a le mérite de la clarté, de la brièveté et de l’exactitude :

Aucun des discours du maréchal Pétain ne contient de propos antisémites (p. 201 de l’arrêt).

Cette constatation fait partie des évidences qu’on a tendance à négliger. Dans une récente communication présentée au colloque du CDJC de Paris sur le thème : « Il y a cinquante ans : le statut des juifs de Vichy », l’historien Pierre Laborie en faisait lui-même la remarque [1]. Il notait aussi à ce propos :

Jean-Claude Barbas (Philippe Pétain, Discours aux Français, 17 juin 1940-20 août 1944, Albin Michel, 1989) signale un fait intéressant. Dans un des projets de l’allocution du 9 octobre 1940 destinée à présenter aux Français le premier bilan de l’action du gouvernement, les six lignes consacrées au statut des juifs ont été rayées avec, en marge, une annotation manuscrite non identifiée : « Pas encore. Le pays n’est pas antisémite et Paris se contente de mesures contre avocats et médecins juifs. » [2]


Ajoutons que pas une seule affiche murale de l’État français n’attaquait les juifs ni même ne faisait mention des juifs. Les secrétaires d’État ou ministres de l’Information, y compris Philippe Henriot, semblent également n’avoir émis aucune affiche murale antijuive. L’affiche de l’exposition antijuive du Palais Berlitz était le fait de la Ligue antijuive. Nous ne parlons pas ici, évidemment, de l’iconographie des brochures ou de celle des tracts, des guides d’exposition [3]...

Le 15 décembre 1940, le père jésuite « Gaston Fessard stigmatis[ait] publiquement le culte de la race à l’église Saint-Louis de Vichy, paroisse du maréchal Pétain » [4]. Bien d’autres « petits faits vrais », connus des vieux habitants de Vichy, surprendraient les jeunes générations qui ont une vision par trop simpliste du sort des juifs français pendant la guerre. Il ne s’agit pas de minimiser mais d’être exact ;

3) Ils ne pourraient sans doute pas être désavoués par la cour de cassation sans de graves conséquences pour certains des milieux, précisément, qui attaquent « l’arrêt Touvier ». Certes, autant ils exposent de façon magistrale les raisons pour lesquelles aucune des accusations portées par un impressionnant ensemble de prétendus témoins n’a, en définitive, la moindre valeur, autant leur dissertation sur le fait que l’État français n’était pas un « état pratiquant une politique d’hégémonie idéologique » sent la copie d’élève. Ils ont manifestement raison sur le fond mais leur analyse historique est maladroite. Les magistrats ne devraient décidément pas avoir à se prononcer en matière d’histoire. Mais, en la circonstance, l’aberrante définition rétroactive (1985 !) du crime contre l’humanité faisait obligation à ces trois magistrats de s’interroger sur le point de savoir si le régime du maréchal Pétain était aussi tyrannique que celui du chancelier Hitler (il n’était pas question de s’interroger sur celui du maréchal Staline !). Si la cour de cassation, devant laquelle le dossier est porté, venait à conclure que l’État français était un « état pratiquant une politique d’hégémonie idéologique », elle renforcerait l’idée que cet état a joui d’une existence bien réelle et non d’une sorte d’existence plus ou moins factice comme on s’efforce généralement de nous le faire croire aujourd’hui, en particulier dans certains des milieux qui attaquent « l’arrêt Touvier ».

12 mai 1992

Notes 

[1] P. Laborie, « Le Statut des juifs et l’opinion française », Le Monde juif, avril-juin 1991, p. 64. 
[2] Id., p. 64-65, n. 12. 
[3] Voy. Christine Bergeron, Le Régime de Vichy à travers l’affiche, 1940-1944, mémoire de maîtrise 1989-1990, Clermont-Ferrand, Université Blaise-Pascal, Département d'histoire.
[4] P. Laborie, op. cit.p. 68. 



[Publié dans la RHR, n° 6, mai 1992, p. 83-85. Article signé Jessie Aitken.]

Wednesday, May 15, 1991

Lettre à Jean Pierre-Bloch

Monsieur, 

J’ai toujours considéré que votre publication, vu son contenu, aurait dû s’appeler Le Droit de tuer avec, pour sous-titre, Le Droit de mentir. Bon chien chasse de race ; votre association est née du besoin de défendre un assassin : Samuel Schwarzbard. 

Je vous fais compliment de l’article que, dans votre livraison d’avril-mai 1991 (p. 3), vous intitulez : « Hommage à Marc Augier. » 

C’est du Copernic, du Carpentras ; c’est Faurisson qui ne fera pas de vieux os ou Faurisson payé par Khadafi. C’est l’assassinat de F. Duprat, désapprouvé d’abord du bout des lèvres puis approuvé in fine puisque, aussi bien, il faut tuer les révisionnistes. 

Bref, tout cela est bien répugnant mais moins répugnant, je dois en convenir, que le colportage des juteuses chambres à gaz qu’en fieffé menteur vous appelez des fours crématoires. 

Vous avez été protégé par Pierre Laval et Philippe Henriot. Je suppose que vous approuvez l’assassinat de l’un et de l’autre. 

Un « détail » : Me Jouanneau, votre avocat (« Rex ») ne croit plus aux chambres à gaz. Il me l’a confié. J’attends qu’il m’oppose un démenti à la barre.