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Saturday, November 19, 2016

Gilbert Collard dénonce la complaisance pour le pétainisme jusqu’au sein de l’Assemblée nationale


Statue de Robert Schuman, square Robert Schuman, Paris XVIe  (depuis 1985)

Connu pour son opportunisme, ses retournements de veste, son audace à souffler dans le sens du vent, Gilbert Collard vient de donner un gage de son héroïque résistance au nazisme ! Apprenant que le socialiste Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, s’apprête à dévoiler le 30 novembre prochain dans l’Hémicycle une plaque à la mémoire de Robert Schuman, il s’empresse de rappeler que ce dernier a fait partie du premier gouvernement Pétain et que, le 10 juillet 1940, il a voté « les pleins pouvoirs » au Maréchal Pétain. Dans son français, souvent approximatif, G. Collard attire (pour « appelle ») l’attention de qui de droit sur le fait que pareil geste « heurterait gravement de nombreuses victimes de la barbarie et de la déportation nazie » (notez la redondance des clichés en vogue). 
Sur l’épisode en cours voici un article du 17 novembre 2016 du propre site de G. Collard (www.gilbertcollard.fr) :
Le Président de l’Assemblée nationale va inaugurer une plaque à la mémoire de Robert Schuman. Ce dernier a non seulement fait partie du gouvernement du Maréchal Pétain, mais a commis l’ignominie de lui voter les pleins pouvoirs. J’ai interrogé M. le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement dans les termes suivants :
« M. Gilbert Collard attire l’attention de M. le secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement, sur le respect par les parlementaires de notre tradition constitutionnelle républicaine.
En effet, le Président de l’Assemblée nationale envisagerait de dévoiler le mercredi 30 novembre 2016 dans l’Hémicycle une plaque à la mémoire de Monsieur Robert Schuman. Or, le Gouvernement n’ignore pas que Mr Robert Schuman a voté le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au Gouvernement du Maréchal Pétain, gouvernement dont il faisait d’ailleurs partie. Sans porter aucun jugement, Mr Gilbert Collard rappelle qu’il est de tradition de ne pas rendre les honneurs républicains à un parlementaire qui a voté en faveur du sabordage de la IIIème République. C’est au vu de cette tradition que la quasi-totalité des lycées Mario Roustan et Robert Schuman ont été renommés dès 1986 par les premiers conseils régionaux issus du suffrage universel direct.
Gilbert Collard souhaiterait que, dans le respect de la séparation des pouvoirs, le Gouvernement rappelle au Président de l’Assemblée nationale que son geste heurterait gravement de nombreuses victimes de la barbarie et de la déportation nazie. »
Une forme de censure s’abat sur la liberté d’expression des députés puisque la Secrétaire générale de la présidence de l’Assemblée, nommée par Claude Bartolone, a décidé que la question ne serait pas posée. Comment peut-on accepter dans l’indifférence générale qu’une plaque rappelant les heures les plus sombres de notre histoire soit dévoilée et comment peut-on accepter que le fait de le dénoncer soit censuré ?

Fabuleusement héroïque dans la surenchère, Gilbert Collard se montre dans cette affaire plus gaulliste que De Gaulle puisque ce dernier, dès l’été 1945, avait demandé le classement des poursuites entamées contre Robert Schuman (voyez larticle de Wikipedia sur lui).
Pour ou contre la loi Gayssot ?
Autrefois le Front national exigeait nettement l’abrogation de la loi Gayssot qui réprime la contestation de la version officielle de « l’Holocauste ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Pourquoi le silence actuel du FN sur le sujet persiste-t-il, en dépit du fait que c’est sur le fondement de cette loi que Vincent Reynouard vient d’être condamné à cinq mois de prison ferme et qu’à la XVIIe chambre du tribunal Correctionnel de Paris un procureur vient de requérir contre ma propre personne une peine de six mois de prison ferme ? Quelles sont, à l’heure présente, les positions respectives sur ce même sujet de Jean-Marie Le Pen, de Marine, de Marion et de notre foudre de guerre Gilbert Collard ? 
19 novembre 2016

NB : Il existe un square Robert Schuman aussi à Montrouge (Hauts-de-Seine). 
Sur les antécédents de Gilbert Collard voyez Gilbert Collard joue la carte de la Shoah et de Marine Le Pen (6 juin 2011).

Friday, February 2, 2001

À l’Etat français (1940-1944) nous serions redevables de…

Selon Dominique Venner (Histoire de la Collaboration, Paris, Pygmalion/Gérard Watelet, 2000 [avril], 768 p.), nous serions redevables à l’Etat français (1940-1944) des innovations suivantes :

-Le 1er mai chômé et payé (p. 110),
-Le comité social d’entreprise, institué par la Charte du travail (p. 110), avec «minimum vital», etc.,
-La médecine du travail, issue de la Fondation pour l’étude des problèmes humains (Alexis Carrel) (p. 560),
-La retraite des vieux (p. 110) ou « allocation aux vieux travailleurs »,
-Les restaurants communautaires ( « Rescos »), ancêtres des « restaurants du cœur » (p. 111),
-L’éducation physique à l’école (Jérôme Carcopino développe l’éducation physique à l’école, jusque-là quasi inexistante en France) (p. 560),
-Les centres régionaux d’éducation physique et sportive (CREPS) (n. 43 des p. 110-111),
-La médecine scolaire (p. 560),
-Le carnet de santé scolaire, issu de la Fondation pour l’étude des problèmes humains (Alexis Carrel) (p. 560),
-Les restaurants universitaires (p. 110),
-Les Jeunesses musicales de France (JMF) (n. 43 des p.110-111 et p. 192),
-L’Ordre des médecins (p. 110),
-L’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) (p. 560),
-Le système des avances sur recettes pour le cinéma (p. 110),
-L’Institut national d’études démographiques (INED), issu de la Fondation pour l’étude des problèmes humains (Alexis Carrel) (p. 560),,
-Le secrétariat d’Etat à la production industrielle (p. 250).

Pour plus de précisions et pour des compléments, il conviendra de se reporter à la série d’articles signés de Max Régnier et publiés de 1990 à 1993 sous le titre de « Pérennité des lois de l’Etat français » dans Le Maréchal, organe de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP, 6, Rue de Marengo, 75001 Paris). M. Régnier cite également, références à l’appui, des innovations telles que les mesures prises en faveur de la femme : droit pour la femme mariée, dans certains cas, au statut de chef de famille, droit de se faire ouvrir un CCP sans l’autorisation du mari, allocations journalières aux femmes en couches, primes d’allaitement. Il mentionne, par ailleurs, les mesures prises pour renforcer le combat contre l’alcoolisme, la majoration accordée aux victimes d’accidents du travail, l’institution du certificat médical prénuptial. Il rappelle la création de l’Office des changes, du Conseil supérieur du notariat, du premier statut général des fonctionnaires de l’Etat.

La liste est longue, selon Max Régnier et Dominique Venner, des innovations apportées en ces domaines par l’Etat français sur une période de quatre ans et non remises en cause par la IVe République. Il serait intéressant de découper en périodes de quatre ans l’histoire de la IIIe et de la IVe République afin d’évaluer pour chacune des périodes considérées le taux respectif d’innovations durables.


Autre sujet à l’étude : A combien de condamnés à mort (pour crimes de droit commun et pour raisons « politiques ») le maréchal Pétain et le général de Gaulle ont-ils respectivement accordé et refusé la grâce ? Selon D. Venner (n. 70 de la p. 513), citant Robert Aron, le général de Gaulle, jusqu’en janvier 1946, aurait accordé sa grâce 998 fois et l’aurait refusée 596 fois. Sur ce sujet, il conviendrait de mener une double enquête, à Paris, d’une part, auprès de l’ADMP et, d’autre part, au près de l’Institut Charles de Gaulle.


Additif d’avril 2001 : Un ouvrage d’érudition vient de paraître, qui corrobore les dires de Dominique Venner et de Max Régnier. Voy. Philippe-Jean Hesse et Jean-Pierre Le Crom, La Protection sociale sous le régime de Vichy, Presses Universitaires de Rennes, 2001 [avril], 383 pages. D’après ces auteurs, qui ne manifestent aucune sympathie pour le régime en question, on est en droit d’affirmer que l’Etat français a été, en matière de protection sociale, le continuateur du Front populaire.




Additif de juillet 2003 : Emmanuel Leroy Ladurie écrit : « A niveau strictement légal [?], le général de Gaulle a refusé 768 recours en grâce sur 2071 demandes de ce genre, ce qui revenait en principe à envoyer 768 personnes ‘au poteau’. C’était infiniment plus que les peines de mort promulguées individuellement par Henri IV, Richelieu ou Louis XIV (« Vichy : pleins feux sur l’épuration »,
Le Figaro littéraire, juillet 2003, p. I).

2 février 2001

Saturday, August 9, 1997

Maurice Papon and Yves Jouffa: A Double Standard?


Maurice Papon, eighty-six years of age, stands accused of having, between July 1942 and May 1944 – a period during which he was general secretary of the Gironde Préfecture ("governorship" of the Bordeaux département) – participated in the sending away of 1,560 persons of Jewish origin, until then interned in the camp at Mérignac, to Drancy, whence they were to be deported to Auschwitz. He is due to appear as of 8 October 1997 before the assizes of the Gironde on charges of complicity in murder and in unlawful arrest and imprisonment, these offences having taken on the character of "crimes against humanity", in all clarity, and de facto , that of crimes against the Jews.
Barrister Yves Jouffa, aged seventy-seven, is the subject of a long note in Emmanuel Ratier's Encyclopedie politique francaise (vol. I, Faits & Documents, 1992, p. 363). According to this note, Y. Jouffa, chief of the Young Socialists in 1939, was interned at Drancy for over a year (from 20 August 1941 to September 1942). Released by the French authorities, he was not deported, having joined the General Union of French Jews (UGIF), of which his father was treasurer, to work in an aircraft factory in the Belleville district of Paris. He is Honorary President of the Association of Former Deportees and Internees of Drancy. From 1984 to 1991 he was president of the French League of Human Rights. He has pleaded in legal proceedings against revisionist authors. In particular, he has solicited judgement against me.
On 28 January 1997, on French television (TF 1), reporter Paul Amar showed, during his magazine programme "Le Monde de Lea", an interview with M. Papon in which the latter, at one point, recalled that at the Drancy camp an important Jewish personality participated in the "sorting" of Jews bound for Auschwitz. This remark was to provoke the wrath of Daniel Schneidermann, a Le Monde journalist and director, at the television station La Cinq, of the programme "Arrêt sur image" (Still Photo) (Le Monde, 2/3 February, p. 39; La Cinq, 2 February, 12.30 - 1.30 PM).
At first I believed that M. Papon was alluding to Robert Blum, who signed his notes (including those relating to the preparation of deportation convoys): "Lieutenant-Colonel Blum, Commandant of Drancy Camp" (Maurice Rajsfus, Drancy, Manya, 1991, pp. 234-275 ; see my article: "Le milliard des juifs... ou du Marechal Petain?", Rivarol , 7 February 1997, pp. 6-7).
In reality, the allusion concerned Barrister Y. Jouffa. Did this man know that he was sending his co-religionists to what, since the war, has been referred to in the media as an "extermination camp"? And if he did not know it, who could have known it?
Was Y. Jouffa released from Drancy in September 1942? For what reason and on what conditions? Did he then work in an aircraft factory in Belleville, thus for German military aviation?
Did he and his father belong to the countless "Brown Jews" (an expression relaunched by M. Rajsfus) who collaborated with the occupation forces, enjoying the active – even financial – protection of Marshal Philippe Pétain, and who notably prepared the big rounding up of the Jews housed in the Paris cycling arena, the Vel d'hiv, in July 1942?
Were they among all of those self-amnestied Jews who in 1944-1945 appeared before the so accommodating "intra-community tribunals" whilst an atrocious "purging" was being visited upon so many of those French people who could not claim to be Jewish?
August 9, 1997

Maurice Papon et Yves Jouffa : deux poids, deux mesures ?


Maurice Papon, âgé de quatre-vingt-six ans, est accusé d'avoir, entre juillet 1942 et mai 1944, alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, participé à l'envoi de 1 560 personnes d'origine juive, internées au camp de Mérignac et acheminées à Drancy avant d'être déportées à Auschwitz. Il comparaîtra à partir du 8 octobre 1997 devant la cour d'assises de la Gironde pour complicité d'assassinats, complicité d'arrestations et de séquestrations illégales, ces crimes ayant revêtu le caractère de "crimes contre l'humanité"; en clair et de facto, de crimes contre les juifs.
Yves Jouffa, âgé de soixante-dix-sept ans, fait l'objet d'une longue note dans l'Encyclopédie politique française (tome I, Faits & Documents, 1992, p. 363) d'Emmanuel Ratier. A en croire cette note, Y. Jouffa, responsable des Jeunesses socialistes en 1939, fut interné à Drancy durant plus d'un an (20 août 1941 - septembre 1942). Relâché par les autorités françaises, il n'a pas été déporté, ayant rejoint l'Union générale des Israélites de France (UGIF), où son père était trésorier, pour travailler dans une usine d'aviation à Belleville. Il serait président d'honneur de l'Amicale des anciens déportés et internés du camp de Drancy. De 1984 à 1991, il a présidé la Ligue des droits de l'homme. Il a plaidé dans des procès visant des auteurs révisionnistes. Il a, en particulier, plaidé en faveur de ma propre condamnation.
Le 28 janvier 1997, sur TF 1, le journaliste Paul Amar a produit, dans son magazine "Le Monde de Léa", une interview de M. Papon. En une phrase, ce dernier a rappelé qu'au camp de Drancy une haute personnalité juive participait au "tri" des juifs pour Auschwitz. Cette remarque allait provoquer l'ire de Daniel Schneidermann, journaliste du Monde et responsable, sur la Cinq, de l'émission "Arrêt sur image" (Le Monde, 2-3 février, p. 39 ; la Cinq, 2 février, 12h30 - 13h30).
En un premier temps, j'avais cru que M. Papon faisait allusion à Robert Blum qui signait ses notes, y compris celles relatives à la préparation des convois de déportation : "Le lieutenant-colonel Blum, commandant le camp de Drancy" (Maurice Rajsfus, Drancy, Manya, 1991, p. 234-275 ; voy. mon article : "Le milliard des juifs... ou du Maréchal Pétain?", Rivarol, 7 février 1997, p. 6-7).
En réalité, l'allusion visait Me Y. Jouffa. Ce dernier savait-il qu'il envoyait ses coreligionnaires vers ce qu'après la guerre on a appelé, dans les médias, un "camp d'extermination" ? Et s'il ne le savait pas, qui aurait pu le savoir ?
Y. Jouffa a-t-il été libéré du camp de Drancy en septembre 1942 ? Pour quelle raison et à quelles conditions ? A-t-il travaillé alors dans une usine d'aviation à Belleville et, par conséquent, pour le compte de l'aviation militaire allemande?
Son père et lui ont-ils fait partie de ces innombrables "juifs bruns" (l'expression a été reprise par M. Rajsfus) qui ont collaboré avec les puissances d'Occupation, bénéficié de la protection active – et même financière – du Maréchal Pétain et préparé notamment la Rafle du Vel' d'Hiv' en juillet 1942?
Ont-ils fait partie de tous ces juifs auto-amnistiés en 1944-1945 par des "tribunaux d'honneur" cependant qu'une atroce "épuration" s'abattait sur tant de Français qui ne pouvaient pas, eux, se prévaloir d'être juifs ?
9 août 1997

Friday, January 31, 1997

Le milliard des juifs... ou du maréchal Pétain?


Le 31 janvier sur France 2, aux informations de 20 h, une journaliste enquêtant sur la spoliation des juifs pendant la guerre a montré, document à l'appui, que les Allemands avaient en particulier infligé aux juifs de France une amende de un milliard de francs, somme qu'il convenait, selon elle, de restituer aux juifs d'aujourd'hui.

Il est exact qu'en décembre 1941, à la suite d'une série d'attentats qui auraient impliqué, parmi d'autres, des résistants juifs, les Allemands avaient imposé une amende de ce montant à l'Union générale des Israélites de France (UGIF). Alarmés, André Baur (UGIF-Nord) et Raymond-Raoul Lambert (UGIF-Sud) s'étaient immédiatement tournés vers les autorités de Vichy avec lesquelles ils entretenaient, ainsi que le grand rabbinat et le Consistoire central des Israélites de France, d'excellentes relations. Aussitôt, avec l'autorisation du maréchal Pétain, Xavier Vallat, Commissaire général aux questions juives, avait pris l'engagement – qu'il devait tenir – de faire verser cet argent à l'UGIF par le Syndicat des banques. Mais il ne fallait rien révéler aux Allemands. X. Vallat eut l'idée d'un stratagème. Mais écoutons R.-R. Lambert lui-même nous expliquer ce stratagème : « Confidentiellement [X. Vallat] nous confie que le gouvernement français avancera cette somme à l'UGIF de Paris et, pour obéir et se couvrir, saisira les immeubles juifs en territoire occupé, en prenant sur eux une hypothèque remboursable dans quatre-vingt-dix-neuf ans (soit en l'an 2040). D'ici là... dit-il. » Et le même R.-R. Lambert, qui appelle X. Vallat son « ami » et parle de sa «sincérité», qualifie le procédé de « joli et très important » [1]

Six ans plus tard, lors de son procès, X. Vallat fera d'étonnantes révélations sur le sujet des biens juifs, sur les subventions accordées par le maréchal Pétain à des organisations juives et, en passant, il évoquera l'affaire du milliard [2].

Serge Klarsfeld, qui a souvent parlé de cette fameuse amende, ne me semble jamais avoir précisé qu'elle avait été, en fait, versée par les banques françaises avec la caution du maréchal Pétain ; en tout cas, sauf erreur de ma part, il n'en souffle pas mot dans les 959 pages de son Vichy-Auschwitz.

L'historien américain Richard Cohen dit qu'en fin de compte l'UGIF, grâce à son « habileté dans le domaine financier », parvint à ne rembourser qu'un quart dela somme ; les historiens américain et canadien Paxton et Marrus parlent d'un remboursement à hauteur de trois cents millions.

Au sujet de la coopération avec l'Allemagne des organisations et des institutions juives, aussi bien en France que dans le reste de l'Europe, on lira les ouvrages de Richard Cohen ainsi que les livres que Maurice Rajsfus a consacré aux « juifs bruns » ou à ce qu'il appelle « une véritable internationale juive de la collaboration » [3]. A la différence des autres Français incriminés pour faits de collaboration avec l'ennemi, les responsables juifs qui survivront à la guerre échapperont à l'Épuration et bénéficieront du privilège de passer devant des « tribunaux d'honneur », qui les acquitteront tous. Ces tribunaux étaient placés sous l'égide de Léon Meiss qui, en janvier 1944, en pleine occupation, devint le premier président du tout nouveau CRIF. On pourra aussi se reporter à une étude de Robert Faurisson : L'affaire de « juifs bruns» [4].



NB : Dans sa récente interview par Paul Amar, Maurice Papon a rappelé en une phrase qu'au camp de Drancy une haute personnalité juive participait au «tri» des juifs pour Auschwitz. Il s'agit d'une allusion à Robert Blum qui signait ses notes, y compris celles relatives à la préparation des convois de déportation : « Le lieutenant-colonel Blum, commandant le camp de Drancy ». Dans son livre sur Drancy, M. Rajsfus lui consacre tout un chapitre [5]. Le 2 février, dans son émission « Arrêt sur image » (La Cinq, 12 h 30-13 h 30), Daniel Schneidermann a demandé à Paul Amar : « Pourquoi n'avez-vous pas coupé au montage [cette phrase de M. Papon] ? »


[Publié sous le nom de Jessie Aitken, paru dans Rivarol, 7 février 1997, p. 6-7.]




Notes

[1] R.-R. Lambert, Carnet d'un témoin, 1940-1943, Paris, Fayard, 1984, p. 146-151. 

[2] Le Procès de Xavier Vallat, présenté par ses amis, Paris, Editions du Conquistador, 1948, p. 132-137. 

[3] M. Rajsfus, Des Juifs dans la collaboration, tome I (L'UGIF, 1941-1944, Paris, EDI, 1980) et tome II (Une Terre  promise ?, Paris, Harmattan, 1989) ; du même, Drancy. Un camp de concentration très ordinaire, 1941-1944, Levallois-Perret, Manya, 1991.

[4] Ecrits révisionnistes (1974-1998), vol. III, p. 1421.

[5] M. Rajsfus, Drancyp. 234-275.

Wednesday, July 8, 1992

Lettre à Claude Malhuret, Maire de Vichy


Pour les archives de la Ville,
car je tiens à prendre date.

Monsieur, 

Vous aggravez votre cas et, par voie de conséquence, celui de Vichy. Vous écrivez au Point (4 juillet 1992, p. 83) :

Mes prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ou contre la banalisation des actes du gouvernement de collaboration sont, je pense, connues de tous. 

Voilà qui tend à confirmer ce que je vous reprochais lorsque, à l’occasion de votre tournée électorale, vous vous étiez trouvé inopinément à mon domicile. Faisant allusion à vos prises de position (quel fol courage !) contre le révisionnisme et, en particulier, à vos efforts en vue de mettre au point une loi antirévisionniste, je vous avais dit que vous hurliez avec les loups. A deux reprises vous m’aviez piteusement répondu : « C’est pas moi [sic], c’est Pasqua ! » Je vous avais alors demandé ce que signifiait, de toute façon, la solidarité ministérielle.

Par la suite, j’ai failli être tué par trois nervis juifs dans un parc de Vichy. Ce fait, à lui seul, devrait vous interdire des « prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ». Le sort de votre ville et le sort des révisionnistes de Vichy vous est-il indifférent au point que vous accumuliez ces derniers temps les initiatives et les déclarations les plus irresponsables ? Rien ne vous obligeait à la servilité dont vous avez fait preuve à l’égard des résistantialistes et des juifs venus faire étalage à Vichy de leurs sentiments de haine et de vengeance. Vous êtes allé jusqu’à financer, indirectement, une énorme gerbe portant : « A la mémoire des victimes de Pétain ». Où est la gerbe portant : « Aux victimes de l’Epuration » ?

Vous êtes un pleutre. Un irresponsable. Et un lâche. On n’accable pas des compatriotes et même des concitoyens qui tombent déjà sous le coup de la loi stalinienne que vous prépariez contre les révisionnistes et qui, en fin de compte, a été votée par vos amis communistes et socialistes grâce à l’exploitation, crapuleuse, de l’affaire du cimetière de Carpentras.

Vous mentez. En donnant clairement à entendre que, pour vous, les prétendues chambres à gaz hitlériennes ont existé, vous propagez un gigantesque mensonge, une calomnie, une diffamation. 

Vous manquez de caractère. Vous cédez aux maîtres-chanteurs. Vous n’avez pas l’idée de rétorquer aux maximalistes juifs que, s’ils insistent pour qu’on rouvre les dossiers de la collaboration, les Français vont un jour demanderqu’on ouvre le dossier de la collaboration juive. Vichy, pendant la guerre, a été un tel haut-lieu de la collaboration juive que les juifs y affluaient et faisaient littéralement le siège de Philippe Pétain et de Pierre Laval. L’Union générale des Israélites de France était financée par « Vichy ». La rafle du Vel’ d’hiv’ (tout pays procède à la rafle des étrangers qui, en temps de guerre, présentent un danger : y compris les enfants) n’a été possible que grâce à la collaboration des employés de l’UGIF (qui a caché la date de la rafle et fait préparer ficelles, étiquettes et paquets). A travers toute l’Europe il a existé une vivace «internationale juive de la collaboration » (Maurice Rajsfus). 

Qu’attendez-vous pour remettre à leur place les Klarsfeld (auteur de Vichy-Auschwitz, maître-chanteur capable de se payer un sicaire) et J. Pierre-Bloch (qui doit tant à une parente de Laval) ? Après d’ignominieuses « réparations verbales », ils exigeront de Vichy des « réparations » en espèces sonnantes et trébuchantes.

Votre attitude à leur égard manque de dignité et de clairvoyance. La ville de Vichy le retiendra, et l’histoire.

P.J. : A – « Pétain, le film » (Le Choc du mois, juillet-août 1992, p. 6) sur l’escroc Kirsner, que vous vous êtes contenté d’égratigner.

      B – Votre lettre au Point, 4 juillet 1992, p. 83. Je vous rappelle que les juifs collabos ont eu le privilège, en 1944-45, de passer devant des jurys d’honneur qui les ont acquittés (président : Léon Meiss, du CRIF).




A) – Pétain, le film 
Le Choc du mois, juillet 1992, p. 6

Il se tourne actuellement à Vichy, Allier, un film sur le maréchal Pétain, destiné à raconter « l’histoire d’un régime fasciste français occulté dans l’histoire de France».

Le producteur de cette œuvre – qui fut récemment le coproducteur de Diên Biên Phu... – répond actuellement au nom de Jacques Kirsner. « Actuellement », car il eut son heure de gloire, non pas sous son identité réelle de Charles Stobnicer, mais sous son autre faux nom de Charles Berg.

En ce temps-là, c’était dans les années soixante- soixante-dix, Charles Berg défrayait la chronique comme l’un des principaux responsables trotskystes français, dirigeant de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) et de l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS).

L’aventure révolutionnaire durera jusqu’en 1979. Cette année-là, le XXIIe congrès de l’OCI décide « d’extirper la tumeur ». En clair : d’exclure Berg. Motifs,tels qu’ils ressortent du réquisitoire prononcé par Stéphane Just : 1. En tant que responsable de la commission province de l’OCI, Berg a gonflé le nombre des adhérents ; 2. Cette astuce lui permettait de pratiquer « la dilapidation à usage personnel des fonds de l’OCI ». Stéphane Just explique : «Le système utilisé était celui, classique, de la cavalerie financière, comblant les trous de trésorerie par des emprunts ou des détournements de fonds, mais dont les seuls résultats étaient de creuser des trous plus importants, et ainsi de suite. En tout état de cause, au bout, il y avait la culbute. Berg a reconnu les faits et signé les procès-verbaux les établissant 1. »

Le film de Kirsner-Stobnicer-Berg aura mis six ans à voir le jour. L’auteur n’a pu boucler son budget (cinquante-huit millions de francs annoncés) que grâce à l’aide que Jack Lang et Michel Charasse lui ont apportée. Pétain devrait être programmé dans les salles, et amplement commenté par l’ensemble des médias, au printemps 1993. Soit à la veille des élections législatives...

Lang et Charasse, en effet, pouvaient bien l’aider.




B) Lettre de Claude Malhuret au Point  
Le Point, 4 juillet 1992, p. 83

 Dans un article de son dernier numéro, votre journal me prête les propos suivants, en réponse à une question sur la vente de francisques chez un libraire-antiquaire de Vichy : « Que voulez-vous que j’y fasse ? François Mitterrand en a bien une, de francisque. »

Je n’ai jamais tenu de tels propos. Mes prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ou contre la banalisation des actes du gouvernement de collaboration sont, je pense, connues de tous. Et je souhaite qu’il n’y ait pas le moindre doute sur une éventuelle désinvolture de ma part vis-à-vis de ce problème (comme le suggère la phrase « Que voulez-vous que j’y fasse ?»), et encore moins sur la volonté de l’utiliser aux fins d’une polémique déplacée avec le président de la République.

8 juillet 1992

[1] La Vérité, Organe du Comité central de l’Organisation communiste internationaliste, n° 586, avril 1979.