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Friday, October 1, 1999

Un Professeur en garde à vue pour délit d'opinion


Jean-Louis Berger, professeur de lettres classiques au Collège « La Paraison » de Lemberg (Moselle), avait été suspendu le 31 mai dernier par le recteur de l’académie de Strasbourg sur dénoncia­tion de collègues le soupçonnant de révisionnisme. La suspen­sion était prévue pour une durée de trois mois, période pendant laquelle un conseil de discipline devait se prononcer sur le sort du professeur.

Le 30 septembre marquait la fin de cette période. Le conseil de discipline ne s’était pas réuni.

À 11 h du matin, deux gendarmes de Bitche venaient bruyamment tambouriner à la porte du domicile de J.‑L. Berger et de sa femme. Ils pénétraient immédiatement dans les lieux pour une perquisition et une saisie. Spontanément, J.-L. Berger leur remettait l’original d’une pièce que recherchaient ces gen­darmes.

À 14 h 30, il se présentait, comme l’ordre lui en avait été donné, à la gendarmerie de Bitche aux fins d’audition.

Mais, une fois sur place, il était mis en cellule pour une garde à vue de 24 heures afin d’être présenté le lendemain matin, sur réquisition du substitut Marot (de Sarreguemines), au juge d’instruction Nativel. Celui-ci lui signifiait sa mise en examen pour contestation de crimes contre l’humanité (loi Fabius-Gayssot).

Le crime essentiel du professeur est d’avoir, lors d’un cours consacré à l’argumentation, appelé l’attention de ses élèves sur une photographie de L’Express du 31 décembre 1998. Cette photographie, très connue, montrait des rangées de cadavres du camp de concentration de Nordhausen. Le contexte donnait à entendre que ces cadavres étaient ceux de victimes de la barbarie nazie. Or, il s’agissait de victimes d’un bombardement américain de la Boelke Kaserne. Même la Fédération nationale des déportés et internés résistants l’a admis depuis plusieurs années.

Si le professeur avait cru bon de choisir un tel sujet, c’est que, dans son établissement, une collègue avait procédé à l’endoctrinement des élèves sur la question des camps de concentration et du sort des juifs durant la seconde guerre mondiale.

Les médias semblent avoir observé le silence sur cette garde à vue infligée à un professeur dans les locaux d’une gendarmerie, et cela pour un délit d’opinion.

1er octobre 1999

Friday, October 4, 1991

Lettre à M. le directeur Responsable de "Sud-Ouest", Bordeaux



Monsieur, 

Vous avez commis un faux dans votre livraison de Sud-Ouest Dimanche du 29 septembre 1991 (n° 2195), p. 9. L’article passablement grotesque de Christiane Poulin « Antisémitisme. La brute planétaire » est illustré d’une photographie montrant des soldats américains se déplaçant au milieu de rangées de cadavres d’internés d’un camp de concentration allemand. La légende porte : « Les nazis ont exterminé cinq millions huit cent vingt mille neuf cent soixante juifs. » (!!!) Le crédit photographique porte : « Photo Dalmas ». 

En réalité cette photographie a été prise par les services américains le 15 avril 1945. Ces monceaux de cadavres jonchent la cour de la Boelke Kaserne, à Nordhausen; il s’agit de victimes du bombardement américain du 4 avril 1945. 

Le fait est très connu; il est notamment rappelé par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP) dans un ouvrage, publié en 1967, et qui porte pour titre : La Déportation. La légende (p. 227) indique expressément : « A Nordhausen, bombardé le 4 avril par l’aviation américaine, des monceaux de cadavres jonchaient la cour de la Boelke Kaserne (Photo prise par les services américains le 15 avril 1945). Avant leur départ, les SS avaient achevé les blessés. » Cette dernière phrase n’est appuyée, soit dit en passant, d’aucune preuve. 

Vous aurez à cœur de rectifier votre « information » auprès des lecteurs de votre journal.

4 octobre 1991