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Wednesday, June 12, 1991

Lettre à Bernard Jouanneau, avocat de Jean Pierre-Bloch



Maître, 

Je vous remercie de votre lettre du 10 juin. 

Ce qui m’intéresse, c’est, de votre part, « un démenti à la barre ». Je le précisais dans ma lettre au protégé de Pierre Laval [Jean Pierre-Bloch] et je vous le précise à nouveau aujourd’hui. 

Je profite de l’occasion pour vous dire que vous avez lassé ma patience. Je vous promets – et vous savez que je tiens mes promesses – qu’à chaque action que vous nous intenterez, vous et les vôtres, je me verrai contraint de porter à la connaissance du tribunal, à celle des journalistes et à celle du public une information révisionniste qui jettera quelque lueur sur la partie adverse, sur son double jeu durant la guerre, sur ses procédés d’après la guerre, sur ses tricheries, mensonges, calomnies et violences. 

En attendant, prenez donc connaissance de la pièce ci-jointe (Le Pamphlet, mai 1991, p. 2 : « Illustration d’un état d’esprit »). Là encore, j’attends « un démenti à la barre ».

12 juin 1991

Wednesday, May 15, 1991

Lettre à Jean Pierre-Bloch

Monsieur, 

J’ai toujours considéré que votre publication, vu son contenu, aurait dû s’appeler Le Droit de tuer avec, pour sous-titre, Le Droit de mentir. Bon chien chasse de race ; votre association est née du besoin de défendre un assassin : Samuel Schwarzbard. 

Je vous fais compliment de l’article que, dans votre livraison d’avril-mai 1991 (p. 3), vous intitulez : « Hommage à Marc Augier. » 

C’est du Copernic, du Carpentras ; c’est Faurisson qui ne fera pas de vieux os ou Faurisson payé par Khadafi. C’est l’assassinat de F. Duprat, désapprouvé d’abord du bout des lèvres puis approuvé in fine puisque, aussi bien, il faut tuer les révisionnistes. 

Bref, tout cela est bien répugnant mais moins répugnant, je dois en convenir, que le colportage des juteuses chambres à gaz qu’en fieffé menteur vous appelez des fours crématoires. 

Vous avez été protégé par Pierre Laval et Philippe Henriot. Je suppose que vous approuvez l’assassinat de l’un et de l’autre. 

Un « détail » : Me Jouanneau, votre avocat (« Rex ») ne croit plus aux chambres à gaz. Il me l’a confié. J’attends qu’il m’oppose un démenti à la barre.

Monday, January 9, 1989

Est-il normal qu’en France les révisionnistes ne puissent pas tenir de réunion publique ?


Depuis plus de dix ans, je n’ai pas pu tenir en France une seule réunion publique sur le problème historique des chambres à gaz et du génocide. « L’affaire Faurisson » a éclaté en novembre 1978. Pendant plus de dix ans, j’ai été, à l’exemple d’autres révisionnistes français, abreuvé d’outrages par la grande presse, accablé de procès par certaines associations, et victime de multiples agressions physiques. On ne me laisse plus exercer mon métier de professeur d’université parce qu’on se déclare incapable d’assurer ma sécurité. Il est arrivé qu’on saisisse mon salaire. On s’en est pris à ma femme et à mes enfants. Le journal Le Monde répète à satiété que je suis un faussaire, un nazi, un « gangster de l’histoire ». En décembre 1987, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, Pierre Vidal-Naquet a traité les révisionnistes d’«excréments» tandis que Simone Veil les a traités de «clowns». On n’a de scrupule ni à droite, ni à gauche. Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, a déclaré que ma place était en prison. Georges Sarre a déposé une proposition de loi condamnant à une peine d’emprisonnement d’un mois à un an et à une amende de 2.000 à 300.000 F les tenants des thèses révisionnistes.

Encore aujourd’hui, agressions, outrages et procès continuent. 

Récemment, s’est créée une Association pour la défense de la libre recherche historique (ADLRH). Cette association, à laquelle je refuse d’adhérer pour des motifs d’ordre personnel, se donne pour tâche de permettre un débat public sur le problème des chambres à gaz et du génocide. Il importe de noter qu’à deux reprises les instances judiciaires ont déclaré légitime un débat sur ces questions (arrêt Grégoire du 26 avril 1983 et jugement Diet du 16 décembre 1987). 

Peine perdue. L’ADLRH a d’abord voulu tenir une réunion publique le 23 décembre 1988. Dès qu’il l’a su, Le Canard enchaîné a donné l’alerte et c’est ainsi que la salle a été refusée à l’association. 

Quelques semaines plus tard, la même association a retenu une salle pour le 10 février 1989. Cette fois-ci, la LICRA de Jean Pierre-Bloch sonnait l’alerte et publiait une protestation dans Le Monde. Le propriétaire de la salle, devant le flot des menaces (en particulier, des menaces de mort), décidait de retirer la salle. En France, Le Canard enchaîné, Le Monde et la LICRA de Jean Pierre-Bloch ont toujours été à la pointe du combat contre les révisionnistes.

Les antirévisionnistes manifestent une anxiété croissante. Ils redoutent qu’un jour ou l’autre le grand public ne découvre l’existence du « rapport Leuchter », du nom de cet ingénieur américain dont l’étude, présentée devant le tribunal de Toronto les 20 et 21 avril 1988, vient de prouver péremptoirement qu’il n’a pas pu exister de chambre à gaz homicide à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek.

Le 26 avril 1983, la première chambre civile, section A, de la cour d’appel de Paris rendait un arrêt sur ce qu’elle appelait elle-même « le problème des. chambres à gaz ». Considérant le sérieux des travaux de M. Faurisson sur le sujet, elle concluait :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève DONC de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

Le 16 décembre 1987, la première chambre, 1re section, du tribunal de grande instance de Paris prononçait un jugement sur, disait-elle, « le premier numéro des AHR consacré à [la] négation de l’existence du génocide juif. » Attendu que l’exposé des thèses révisionnistes relevait à ses yeux « de la libre expression des idées et des opinions et d’un débat public entre historiens », elle concluait :

Le Tribunal n’a pas, en l’état, à exercer un contrôle sur une discussion de cette nature.

On se rappellera enfin deux déclarations, bien connues, sur la liberté d’expression :

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. La libre communication des idées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi [1].

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit [2]

Il convient de souligner que, dans ces dernières années et sous l’impulsion de son président, l’avocat Yves Jouffa, la Ligue [française] des droits de l’homme s’est portée en tête de la répression judiciaire et extra-judiciaire contre les révisionnistes.

9 janvier 1989

[1] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789, articles X et XI. 
[2] Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948, article 19.