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Saturday, November 19, 2016

Gilbert Collard dénonce la complaisance pour le pétainisme jusqu’au sein de l’Assemblée nationale


Statue de Robert Schuman, square Robert Schuman, Paris XVIe  (depuis 1985)

Connu pour son opportunisme, ses retournements de veste, son audace à souffler dans le sens du vent, Gilbert Collard vient de donner un gage de son héroïque résistance au nazisme ! Apprenant que le socialiste Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, s’apprête à dévoiler le 30 novembre prochain dans l’Hémicycle une plaque à la mémoire de Robert Schuman, il s’empresse de rappeler que ce dernier a fait partie du premier gouvernement Pétain et que, le 10 juillet 1940, il a voté « les pleins pouvoirs » au Maréchal Pétain. Dans son français, souvent approximatif, G. Collard attire (pour « appelle ») l’attention de qui de droit sur le fait que pareil geste « heurterait gravement de nombreuses victimes de la barbarie et de la déportation nazie » (notez la redondance des clichés en vogue). 
Sur l’épisode en cours voici un article du 17 novembre 2016 du propre site de G. Collard (www.gilbertcollard.fr) :
Le Président de l’Assemblée nationale va inaugurer une plaque à la mémoire de Robert Schuman. Ce dernier a non seulement fait partie du gouvernement du Maréchal Pétain, mais a commis l’ignominie de lui voter les pleins pouvoirs. J’ai interrogé M. le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement dans les termes suivants :
« M. Gilbert Collard attire l’attention de M. le secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement, sur le respect par les parlementaires de notre tradition constitutionnelle républicaine.
En effet, le Président de l’Assemblée nationale envisagerait de dévoiler le mercredi 30 novembre 2016 dans l’Hémicycle une plaque à la mémoire de Monsieur Robert Schuman. Or, le Gouvernement n’ignore pas que Mr Robert Schuman a voté le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au Gouvernement du Maréchal Pétain, gouvernement dont il faisait d’ailleurs partie. Sans porter aucun jugement, Mr Gilbert Collard rappelle qu’il est de tradition de ne pas rendre les honneurs républicains à un parlementaire qui a voté en faveur du sabordage de la IIIème République. C’est au vu de cette tradition que la quasi-totalité des lycées Mario Roustan et Robert Schuman ont été renommés dès 1986 par les premiers conseils régionaux issus du suffrage universel direct.
Gilbert Collard souhaiterait que, dans le respect de la séparation des pouvoirs, le Gouvernement rappelle au Président de l’Assemblée nationale que son geste heurterait gravement de nombreuses victimes de la barbarie et de la déportation nazie. »
Une forme de censure s’abat sur la liberté d’expression des députés puisque la Secrétaire générale de la présidence de l’Assemblée, nommée par Claude Bartolone, a décidé que la question ne serait pas posée. Comment peut-on accepter dans l’indifférence générale qu’une plaque rappelant les heures les plus sombres de notre histoire soit dévoilée et comment peut-on accepter que le fait de le dénoncer soit censuré ?

Fabuleusement héroïque dans la surenchère, Gilbert Collard se montre dans cette affaire plus gaulliste que De Gaulle puisque ce dernier, dès l’été 1945, avait demandé le classement des poursuites entamées contre Robert Schuman (voyez larticle de Wikipedia sur lui).
Pour ou contre la loi Gayssot ?
Autrefois le Front national exigeait nettement l’abrogation de la loi Gayssot qui réprime la contestation de la version officielle de « l’Holocauste ». Qu’en est-il aujourd’hui ? Pourquoi le silence actuel du FN sur le sujet persiste-t-il, en dépit du fait que c’est sur le fondement de cette loi que Vincent Reynouard vient d’être condamné à cinq mois de prison ferme et qu’à la XVIIe chambre du tribunal Correctionnel de Paris un procureur vient de requérir contre ma propre personne une peine de six mois de prison ferme ? Quelles sont, à l’heure présente, les positions respectives sur ce même sujet de Jean-Marie Le Pen, de Marine, de Marion et de notre foudre de guerre Gilbert Collard ? 
19 novembre 2016

NB : Il existe un square Robert Schuman aussi à Montrouge (Hauts-de-Seine). 
Sur les antécédents de Gilbert Collard voyez Gilbert Collard joue la carte de la Shoah et de Marine Le Pen (6 juin 2011).

Monday, June 6, 2011

Gilbert Collard joue la carte de la Shoah et de Marine Le Pen

Au sujet de son entretien audiovisuel du 27 mai 2011, trouvé dans le blog de Paul-Eric Blanrue à


Me Gilbert Collard, alias « le Marseillais » ou « Bouboule », ne manque pas de faconde. Comme le dit l’expression populaire, « il a le cigare » (ici, dans la présente vidéo, le cigarillo). Et volontiers il se donne l’air affairé. L’estime qu’il nourrit pour sa propre personne est manifeste mais elle ne convainc guère le monde de la basoche auquel il appartient, ni celui des électeurs dont, sans grand succès, il sollicite les suffrages. Aussi le voit-on « dire son amitié » un peu partout et, tout dernièrement, comme dans cette vidéo, à Marine Le Pen. Mais gare ! L’expérience prouve qu’il tend à tourner casaque pour aller voir ailleurs.

Il se dit opposé à « la loi Gayssot », ce qui aujourd’hui est un peu de mise, mais c’est sous réserve que cette fausse audace s’accompagne, comme ici, d’une condamnation formelle ou implicite du révisionnisme. Aussi nous en prévient-il : selon ses propres termes, la « Shoah » constitue « la pire des choses dans l’histoire de l’Occident ».

Quand un révisionniste est poursuivi ou condamné sur le fondement de cette loi on ne voit ni n’entend Me Collard. Lorsque, en toute logique, il lui faudrait mettre ses actes en conformité avec sa réprobation verbale de la loi Fabius-Gayssot, il se tapit. « La foi qui n’agit point, est-ce une foi sincère ? » Avocat au début des années 1990 du révisionniste Bernard Notin, il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de pousser son client à se rétracter ; pour l’universitaire lyonnais et sa famille, le résultat allait se révéler désastreux. Au sujet de cette affaire on pourra se reporter à mon article du 24 février 1993 intitulé « L’Abjuration de Bernard Notin », soit à http://robertfaurisson.blogspot.com/1993/02/labjuration-de-bernard-notin.html, soit dans mes Ecrits révisionnistes (1974-1998), vol. IV, p. 1477-1479.

Un anachronisme, une fable, une fantaisie

G. Collard évoque Hitler à propos de ce que certains appellent aujourd’hui « le génocide des Arméniens par les Turcs en 1915 » : un « génocide » dont, au demeurant, la réalité est fortement contestée par un certain nombre d’historiens comme, par exemple, Bernard Lewis, de Princeton University, ou Gilles Veinstein, du Collège de France.

Il raconte : « Hitler, quand on lui faisait remarquer que le génocide des juifs risquait d’attirer l’indignation de l’opinion internationale, il répondait : ‘Regardez les Arméniens, personne ne s’en est occupé !’ » Cette phrase implique que, pour lui, Hitler aurait donné un ordre d’exterminer les juifs et que, de manière courante, « on » (?) aurait mis le Führer en garde contre l’éventuelle indignation qu’un tel crime pourrait susciter, mais le criminel aurait à chaque fois haussé les épaules, faisant valoir l’indifférence de l’opinion internationale face à une horreur identique qui, elle, remontait à 1915.

La malchance pour G. Collard veut qu’il n’existe aucune preuve que Hitler et les siens aient échangé de tels propos. D’abord, ce mot de « génocide » risque peu d’avoir été prononcé en la circonstance puisque, d’origine juive américaine, le néologisme de « genocide » (un hybride de grec et de latin) n’est apparu qu’en 1944, aux Etats-Unis. Il a été forgé par le juriste juif polonais naturalisé américain Raphael Lemkin, qui l’emploie au chapitre IX de son Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress, Washington, Carnegie Endowment for International Peace, 1944, p. 79-95.

Ainsi que l’ont conclu le 2 juillet 1982 François Furet et Raymond Aron à la fin d’un colloque international qui, sous leur direction, s’était tenu à la Sorbonne sur « le national-socialisme et les juifs », aucun ordre d’extermination des juifs n’a jamais pu être trouvé, et cela malgré « les recherches les plus érudites ». D’ailleurs, si un tel ordre avait été émis, on n’aurait pas vu apparaître une école d’historiens se qualifiant de « fonctionnalistes » ou de « structuralistes » (par opposition aux « intentionnalistes ») et soutenant avec le plus grand sérieux la thèse quasi parapsychologique d’un « génocide » qui, sans ordre, sans plan (surtout à Berlin-Wannsee le 20 janvier 1942 !) et sans budget, serait né et se serait organisé comme spontanément au sein de la vaste bureaucratie allemande. Cette thèse est celle que, dans son impuissance à répondre aux demandes d’explication des révisionnistes, l’historien n° 1 de « l’Holocauste » Raul Hilberg avait fini par soutenir dans l’édition « revised and definitive » de l’ouvrage en trois volumes intitulé The Destruction of the European Jews (New York, London, Holmes & Meier, 1985, p. 55) ; au préalable, dans la première édition de cet ouvrage il n’avait pas craint d’affirmer que Hitler avait donné deux ordres d’extermination des juifs, des ordres dont il n’avait fourni ni les dates ni les contenus (Chicago, Quadrangle Books, 1967 [1961], p. 177).

G. Collard a donc, en une seule phrase, d’abord commis un anachronisme avec le mot de « génocide » (des Arméniens) censé avoir été employé par l’entourage (?) du Führer, puis propagé une fable en parlant d’un « génocide » ou d’une extermination (des juifs) imputable à une décision de Hitler. De surcroît, il s’est autorisé une fantaisie : d’une réflexion d’un jour dont nous n’avons pas la preuve il a fait un leitmotiv scénarisé ; il a pimenté le récit par l’ajout d’interlocuteurs qui, de manière habituelle, auraient formulé une objection à laquelle le Führer aurait, non moins habituellement, fait la même cynique réponse. On est là encore plus près du roman que de l’histoire.

Car il faut savoir que la source de ce qui nous est conté par G. Collard tient essentiellement en une phrase : « Who after all is today speaking about the destruction of the Armenians ? » (« Qui, après tout, parle aujourd’hui de la destruction des Arméniens ? »). Cette phrase aurait été lancée par Hitler, le 22 août 1939, soit neuf jours avant son attaque de la Pologne. Il l’aurait glissée lors d’une conférence qu’il avait effectivement tenue à l’Obersalzberg devant les trois commandants de l’armée de terre, de la marine et de l’aviation allemande ainsi que devant un certain nombre de généraux. De cette phrase de douze mots anglais nous ne possédons pas la supposée version originelle en allemand. Et pour cause ! La seule source connue est en anglais et provient d’une lettre, en date du 25 août 1939, adressée par Sir G. Ogilvie-Forbes, chargé d’affaires du Royaume-Uni à Berlin, à Sir Ivone Kirkpatrick, spécialiste de l’Allemagne au Foreign Office à Londres. Ledit chargé d’affaires disait tenir le document d’un journaliste américain du nom de Louis Lochner de l’Associated Press, ce dernier prétendant l’avoir lui-même obtenu d’un officier d’état-major allemand qui l’aurait reçu de l’un des généraux présents à la conférence ; Lochner avait insisté pour que le nom de son informateur ne fût pas divulgué (Documents on British Foreign Policy 1919-1939, ed. by E. L. Woodward and Rohan Butler, Third Series, Vol. VII, 1939, p. 41, London, Her Majesty’s Stationery Office, 1954). Par conséquent, à l’origine de cette affaire où X aurait dit que Y lui aurait confié que Z lui aurait raconté telle anecdote nous n’avons qu’un seul nom, celui d’un journaliste américain dont, par ailleurs, l’hostilité à Hitler était connue. Je ne m’attarderai pas sur l’embarras du ministère public américain au procès de Nuremberg lorsqu’il a tenté, en la personne du procureur adjoint Sydney Alderman, d’exploiter l’affaire ; je renvoie ici à la transcription américaine ou française des débats du 26 novembre 1945. Quant aux historiens, ou bien, tel Raul Hilberg, ils passent sous silence cette phrase attribuée à Hitler ou bien, tel le spécialiste du sujet, Winfried Baumgart, ils expriment un profond scepticisme. En 1996 l’historienne Madeleine Rebérioux, qui militait à la LICRA, résumait l’affaire en ces termes : « Je crois que les historiens sont d’accord pour dire que cette phrase de Hitler est apocryphe » (« Peut-on débattre de la Shoah ? », émission de Patrice Gélinet « Le Grand Débat » sur France-Culture, 17 juin 1996). – Au cours de son entretien, G. Collard a débité d’autres « paroles verbales » de moindre calibre ; j’ai simplement voulu traiter ici du plus contestable de ses propos.

Une fanfaronnade

Une autre de ses perles cependant mérite qu’on la mentionne. Dans cette vidéo on l’entend dire en passant : « J’aime bien la tempête. J’ai pas peur [sic] du combat. » Or toute son existence est là qui nous prouve le contraire, qu’il s’agisse, au choix, de son appartenance à la Grande Loge maçonnique de France (une vraie caution bourgeoise pour le coup), de son sage comportement au prétoire, de sa complaisance pour le monde des journalistes et des caméras, ou enfin de sa soumission aux habituelles servitudes des campagnes électorales. Quand on « aime bien la tempête » on se garde de souffler comme il le fait, c’est-à-dire dans le sens du vent. Certes, à l’instar de toute personnalité publique, il fait l’objet de critiques et surtout il est la cible de moqueries à cause de son penchant pour l’esbroufe. Mais il n’a, qu’on sache, connu de toute sa carrière nul combat, nulle tempête qui auraient pu lui valoir une mise au ban de la société ou, plus simplement, la perte de tout repos pour lui-même et pour les siens. La liste est longue des hommes et des femmes qui ont tout, ou presque tout, sacrifié à une juste cause ; de cette liste, jusqu’à présent, le nom de Gilbert Collard, âgé de 63 ans, est absent. A moins d’une rébellion de dernière heure il y a fort à parier que notre avocat, parvenu à l’âge de la retraite, obtiendra cet honorariat dont a été privé son confrère Eric Delcroix, du barreau de Paris, qui, lui, avait eu le courage de mettre ses actes en conformité avec ses paroles. En 1994 E. Delcroix avait délibérément enfreint la loi Fabius-Gayssot dans un livre intitulé La Police de la pensée contre le révisionnisme / Du jugement de Nuremberg à la loi Fabius-Gayssot ; en 1996 il avait été condamné ; en 2008 « une insupportable police juive de la pensée » (Annie Kriegel), toujours en quête de sa livre de chair, avait argué de cette condamnation pour obtenir à l’encontre du courageux avocat le pur et simple refus de l’honorariat. L’affaire avait indigné des confrères mais non G. Collard qui, probablement pour éviter toute compromission avec le pestiféré, avait préféré se taire.

Allégeance à « la communauté juive »

Il faut dire que, soucieux de se concilier « la communauté » des puissants, il lui arrive d’envoyer à cette dernière de discrets signes de connivence. Il le fait dans le présent entretien où, tout à coup, sans crier gare, il dénonce « ces fripons de banquiers suisses », ce qui revient à faire chorus avec les organisations juives qui avaient accusé les banques helvétiques de s’être approprié de l’argent juif pendant la dernière guerre et d’avoir mis trop de temps pour verser à titre d’indemnisation la somme forfaitaire, imposée par le milliardaire juif canadien Edgar Bronfman, de 1 250 000 000 USD.

Dans un récent article de son blog on trouvera conjointement ses protestations d’amitié pour Marine Le Pen et l’expression de sa sympathie pour les juifs victimes de ces banquiers suisses (http://www.gilbertcollard-leblog.com/article-la-plume-brisee-75095772.html). Ecoutons les accents que lui arrache alors une épreuve de plus dans sa vie de damné de la terre ! Il ne craint pas d’écrire : « Quel pays ! Je devais signer mon dernier livre dans les salons de la banque suisse Swiss Life. Elle m’a fait savoir du haut de son minaret qu’elle ne veut pas, que mon amitié avec Marine Le Pen rendait ma présence indésirable. Cela étant, vu ce que certaines banques suisses on [sic] fait aux biens des juifs, je pense que ce sont elles qui sont infréquentables ! Une chape de plomb écrase la liberté de penser au nom d’un moralisme préfabriqué par des années de conditionnement politique et médiatique destiné à maintenir en place le même système et les mêmes lâches. »

A l’en croire, quel affreux pays que la France (?) ou la Suisse (?) d’aujourd’hui ! Quel cruel système ! Quelle intolérance ! D’une banque suisse, qu’il jugeait fréquentable au point de vouloir lui louer ses salons, il a essuyé un refus assorti d’une leçon de morale shoatique : on ne se commet pas avec une Le Pen ! Un comble ! Du coup, notre Marseillais décrète « infréquentables » certaines « banques suisses » ; il va bousculer ce « système » et mettre un terme au règne des « lâches » !

Pour qui voudrait en savoir plus sur notre paladin je conseillerais volontiers la lecture de son blog mais on y découvre beaucoup de vent, peu de substance, des vues stéréotypées à la Mame Michu sur la noirceur du monde, et cela dans une langue, un style et une orthographe passablement relâchés. Dans ce blog un sauveur apparaît, Gilbert Collard en personne, qui se campe en libérateur, dénonce les « donneurs de leçons » et adopte la posture du chevalier servant des causes perdues. Pour ne prendre que cet exemple, il suffirait aux Vichyssois de l’élire à la tête de leur municipalité pour que la ville sorte de sa prétendue léthargie. Sa bête noire est Claude Malhuret, le maire actuel, à vrai dire aussi efficace que discret. Il lui reproche de négliger sa ville en général et, en particulier, la maison natale d’Albert Londres (située, soit dit en passant, rue Besse et non rue Bresse à Vichy). Notre « chevalier des Arts et des Lettres » préside le « Cercle des Amis d’Albert Londres ». A ce propos il envoie à C. Malhuret une lettre au ton condescendant mais au français incertain et à l’orthographe approximative. Albert Londres est né à Vichy en 1884 et il est mort en 1932 dans l’Océan Indien lors de l’incendie du Georges Philippar, paquebot des Messageries Maritimes. Il a notamment écrit Au Bagne (1923), Chez les Fous (1925), Terre d’ébène (la Traite des Noirs) (1929), Le Juif errant est arrivé (1930). Dans sa présentation de Terre d’ébène il définit en ces termes le métier de grand reporter engagé : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». La formule est élégante et nerveuse. G. Collard la reproduit dans son « Blog officiel de Gilbert Collard » mais il en dénature tout le début. Il en fait platement : « Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. » On lui fera observer qu’Albert Londres ne prétendait pas jouer un « rôle » mais simplement exercer un « métier » ; puis, modestement, en connaisseur des limites de l’homme, il évitait de se présenter comme un surhomme au-dessus de la mêlée et capable à ce titre de n’être « ni pour ni contre ». En fait, au terme d’un examen scrupuleux des individus, des sociétés, des situations réelles et concrètes, il prenait parti et, comme un simple fantassin, il partait au combat pour des causes précises qui lui paraissaient justes. Il faut méditer cette brève présentation de Terre d’ébène. Je connais peu de textes aussi poignants que ce rappel des épreuves auxquelles s’expose nécessairement celui ou celle qui s’engage dans la défense d’une noble et périlleuse cause.

Dans sa propre existence G. Collard gagnerait à prendre modèle sur un tel homme.

6 juin 2011

[Article paru dans Rivarol le 17 juin 2011, p. 4]

Wednesday, February 24, 1993

L’abjuration de Bernard Notin


De guerre lasse, Bernard Notin vient d’abjurer ses convictions révisionnistes. Il n’est pas le premier révisionniste à choisir l’abjuration et il ne sera probablement pas le dernier.

Enseignant les sciences économiques à l’Université Jean Moulin (Lyon-III), il avait, en août 1987, publié dans la revue Économies et Sociétés un article sur « Le rôle des médias dans la vassalisation nationale : omnipotence ou impuissance ? » Au passage, il avait, en quelques lignes, donné comme exemple de l’indifférence des médias pour la réalité leur « discours » sur les chambres à gaz nazies. Il estimait que les preuves proposées pour démontrer l’existence de ces chambres à gaz évoluaient « au gré des circonstances et des époques » ; pour lui, ces preuves se limitaient à des locaux « peu crédibles », à «l’affirmation des vainqueurs» et à des «on-dit».

A partir de janvier 1990, les organisations juives allaient orchestrer une formidable campagne contre l’enseignant lyonnais. Menée principalement par le Dr Marc Aron, président des institutions et des organisations juives de Lyon, président de la section européenne du Congrès juif mondial, membre éminent de la Loge des B’naï B’rith, cette campagne a eu pour le jeune universitaire de graves conséquences sur les plans médiatique, universitaire et juridique. Pendant trois ans, B. Notin et sa femme ont connu, jusque dans leur vie personnelle et familiale, un véritable enfer [1]. Père de cinq très jeunes enfants, avec pour toutes ressources un salaire unique amputé par des condamnations judiciaires ou administratives, B. Notin, conseillé par son avocat, Me Gilbert Collard, s’est vu contraint à l’abjuration.

Comme on le verra par le communiqué de presse ci-dessous, il proteste contre la persécution et les persécuteurs (qu’il n’ose pas désigner clairement) mais, en même temps, il renie ce qu’il avait écrit, il accuse les révisionnistes de « réécrire l’histoire de travers » et il demande pardon. Pour commencer, il clame sa foi dans le génocide des juifs et dans les chambres à gaz nazies. Galilée avait abjuré devant le Saint-Office de l’Église catholique, apostolique et romaine ; B. Notin, lui, vient d’abjurer devant le Sanhédrin, les grands prêtres de la religion de l’« Holocauste » et la Synagogue.

(P. J.: communiqué de presse de Bernard Notin en date du 3 février 1993.)

24 février 1993

[1] Parmi les formes les plus abjectes prises par cette persécution, citons les faits suivants : en 1990, Mme Notin allait de justesse sauver de la mort leur chien presque achevé à coups de couteau ; six semaines plus tard, elle allait trouver le cadavre de leur chat achevé à coups de couteau. Pratique courante. Encore récemment, aux États-Unis, le responsable d’un journal accusé par le B’nai B’rith d’avoir publié un texte révisionniste a reçu le cadavre d’un animal avec un couteau fiché dans le corps (The Houston Chronicle, 20 février 1993, p. 31A).



3 février 1993

Communiqué de presse de Bernard Notin

On prétend de nouveau, illégalement et par la pression physique, m’interdire d’enseigner et d’exercer le métier pour lequel les contribuables me paient. Pour cette raison, une mise au point brève et définitive s’impose de ma part :

1) Je ne remets pas du tout en cause l’existence du génocide juif et des chambres à gaz. Mon article ne visait nullement à en nier l’évidence mais à encondamnerlamédiatisation(etdoncla banalisation), à critiquer la mise en scène permanente et indécente de l’horreur au moyen de ce qui me semblait être, parfois, des techniques douteuses.

Je ne suis pas historien mais économiste. Mon ambition n’a jamais été de réécrire l’histoire de travers mais d’analyser l’omnipotence des média et leurs interprétations simplistes, dont témoigne d’ailleurs pleinement mon cas personnel.

2) Je ne suis évidemment pas antisémite. Comment pourrais-je l’être puisque je me suis nourri de la lecture des auteurs juifs européens ? Parmi ceux qui ont le plus compté dans ma formation intellectuelle, je citerai, entre autres, Karl Polanyi, Émile Benveniste, Ernst Kantorowicz et Arthur Koestler, vis-à-vis desquels ma reconnaissance est immense.

3) Je m’étonne de ce que, dans un État de Droit, la loi ainsi que les décisions de justice qui m’ont rétabli dans mon droit (et mon devoir) d’enseigner ne soient pas respectées. Je m’étonne que toute latitude soit laissée à certains groupes pour lesquels leur bon vouloir est la seule loi et la violence la seule forme de débat possible. Ce qui augure mal du devenir de notre démocratie où l’état de fait tend à se substituer peu à peu à l’État de Droit.

4) J’ai pris conscience avec consternation que mon article sur les media et surtout l’interprétation abusive qui en a été faite ont pu blesser certains de mes compatriotes. Si j’ai causé, involontairement, la moindre souffrance à qui que ce soit, je lui en demande pardon. Mais qu’on prenne en compte la souffrance qui a été depuis trois ans celle des miens, de mon épouse et de mes cinq enfants. Qu’on songe au désarroi de mon père devant la campagne menée contre moi, lui qui, réfractaire au STO, dut se terrer pour échapper à l'occupant nazi.

Wednesday, August 1, 1990

L'affaire Notin (II)


Le dimanche 29 avril, devant les représentants des associations de résistants et de déportés de Lyon, le maire de la ville, Michel Noir, déclarait : « Il est hors de question que nous donnions à cette université (Lyon-III) de nouveaux locaux, la Manufacture des tabacs, si devaient continuer à y enseigner les “Notin” et autres falsificateurs de l'histoire. »

Quelques jours plus tard, le 7 mai, le même M. Noir communiquait à la presse le texte d'une lettre qu'il avait écrite au ministre de l'Éducation nationale, le 6 avril, et dans laquelle il lui demandait « d'étudier la possibilité de prendre les mesures qui s'imposent à l'encontre de Bernard Notin ».

Le chantage aux locaux n'était pas apprécié des présidents des trois universités lyonnaises, qui publiaient un communiqué commun le 4 mai dans lequel ils rappelaient « qu'après une concertation entre les trois universités et M. le Recteur, [...] dans laquelle la municipalité de Lyon avait été partie prenante, un accord était intervenu ». 

D'autres réactions étaient enregistrées : en particulier celles de Raymond Barre pour qui « l'autonomie des universités ne peut se pratiquer que si le respect de l'indépendance est assuré », de Bruno Gollnisch (député européen du Front National), qui critiquait « le chantage peu ragoûtant de M. Noir », et, enfin, de Yannick Simbron (secrétaire général de la Fédération de l'éducation nationale), indiquant pour sa part que « le SNI (Syndicat national des instituteurs) s'est créé d'abord contre la tyrannie des élus locaux ».

Le ministre de l'Éducation nationale répondait, le 7 mai, sur Radio Monte-Carlo, à la lettre de M. Noir : « Je dois [...] rester dans la mesure de mes pouvoirs. » Il précisait ensuite qu'il n'interviendrait qu'après que les instances disciplinaires de Lyon-III se seraient réunies, et révélait aussi qu'il avait demandé au recteur d'intervenir dans ce sens auprès du président de l'université.

Le 11 mai, le président P. Vialle et le recteur M. Niveau étaient convoqués au ministère, dans l'ambiance hystérique créée par l'exploitation de la profanation du cimetière juif de Carpentras. Le 12 mai, Bernard Notin se rendait chez le président P. Vialle qui lui suggérait de demander lui-même son détachement pour apaiser la campagne politico-médiatique qui s'abattait sur l'université et en tenant compte de ce qu'il lui serait très difficile d'enseigner normalement à la rentrée : le maire, d'une part, les étudiants juifs, d'autre part, menaçant l'université de désordres et de suppression de subventions. La demande était rédigée le 14 mai. Parallèlement, les médias et l'essentiel de la classe politique adhéraient émotionnellement à l'équivalence : Carpentras = Front National = Révisionnisme = Lyon-III.

Conditionné par la campagne médiatique, le conseil d'administration de l'université se réunissait le mardi 15 mai et son président capitulait : il demandait la convocation du conseil de discipline (ce qu'il avait promis de ne pas faire, estimant ce dernier incompétent) et demandait au ministre de l'Éducation nationale d'agir en sorte que « Bernard Notin n'exerce plus ses fonctions à l'université Jean-Moulin (Université Lyon-III) à compter de la prochaine rentrée universitaire ».

Début juin, Me Gilbert Collard, avocat au barreau de Marseille, acceptait de défendre Bernard Notin devant l'instance disciplinaire, « au nom de la liberté d'expression ». Le 13 juin, le MRAP , dont Me Collard était secrétaire national, publiait un communiqué annonçant une procédure de suspension de l'avocat. Le 14 juin, G. Collard et B. Notin tenaient une conférence de presse. L'avocat marseillais mettait en avant trois points : « Tant qu'une idée, une thèse, ne constitue pas une infraction, elle appartient au débat » ; « Depuis Vichy, l'université n'a poursuivi personne pour des textes » ; « Même si je me sens profondément isolé, je préfère être du côté de Voltaire plutôt que du côté des bien pensants » (allusion au maire de Lyon). Bernard Notin rappelait qu'il n'était ni membre du Front National, ni antisémite, que son texte traitait des médias et non de la seconde guerre mondiale, et que, vu les développements de cette affaire, l'exemple des chambres à gaz utilisé par lui dans son article avait été maladroit.

La première réunion de la commission d'instruction composée de trois membres (Colette Demaizière, doyenne de la Faculté des Lettres ; Laurent Boyer, doyen de la Faculté de Droit ; Luc Saidj, maître de conférences en finances publiques) se déroulait le 19 juin durant une heure et demie. L'interrogatoire portait sur trois points : la forme du texte (expressions utilisées, tonalité de l'article) ; les conditions de publication du texte ; le psychisme de l'auteur : est-il raciste, antisémite, etc. G. Collard déclarait à la commission : « Je prie pour que Le Pen n'arrive jamais au pouvoir car alors il aurait à sa disposition la jurisprudence Notin pour nous faire taire. »

La seconde réunion de la commission d'instruction se tenait le 29 juin et permettait d'éclairer les conditions de publication du texte, par l'intermédiaire des réponses écrites fournies par Frédéric Poulon, coordonnateur du numéro spécial, La France Vassale, qui avait publié l'article de B. Notin. Me Collard annonçait le dépôt d'un recours auprès du tribunal administratif contre la décision du président de l'université pour excès de pouvoir, recours déposé le jour même.

Le 11 juillet, battant tous les records de célérité en matière de procédure juridique, la 1ère chambre du tribunal de grande instance de Paris, présidée par M. Jean Favard, estimait que, dans le procès intenté par le MRAP à B. Notin, il n'y avait pas à retenir le délit de diffamation ni celui de racisme, mais l'universitaire était condamné à verser 20.000 F de dommages au MRAP pour « faute » au sens de l'article 1382 du Code Civil, sans compter 5.000 F de complément. Dans les conclusions rédigées par Me Ducroux, avocat de B. Notin dans ce procès, il avait été rappelé que son client n'avait pas pris position sur le fond (existence ou non-existence des chambres à gaz) : « M. Notin dans ce paragraphe ne nie pas l'existence des chambres à gaz, comme une lecture succincte et parcellaire de son article scientifique pourrait le faire croire, mais énonce simplement que certains faits que l'on tient pour acquis peuvent faire l'objet d'une étude scientifique sans pour autant que leur auteur puisse être taxé de révisionnisme. »

La commission de discipline de l'université Lyon-III rendait son verdict le 18 juillet vers 16 h 30. Présidée par J. Bonnet, professeur de géographie, composée de Laurent Boyer, Colette Demaizière, Jacques Fayette (professeur de gestion), Luc Saidj, Guy Daude (maître de conférences en géographie), Jean-Louis Chauzit (maître de conférences en italien), elle décidait à l'encontre de B. Notin l'interdiction de toute fonction pendant un an, avec suspension de la moitié de son traitement, en raison d'un article de nature à jeter le discrédit sur l'université, le doute sur la probité, la neutralité, l'objectivité, la tolérance de l'auteur et donc de l'institution, et la mise en cause de leur crédibilité scientifique. Ces sanctions étaient prises après que la soirée précédente et la matinée eurent été occupées par des tractations avec les responsables des pressions et chantages des mois écoulés. La veille, la commission avait auditionné, à charge, le professeur Cusin, président de Lyon-II, et, à décharge, Mme Christiane Pigacé, maître de conférences en sciences politiques à l'IEP d'Aix-en-Provence. Les professeurs P. Chaunu et J. Freund s'étaient manifestés par écrit pour apporter leur soutien à la cause de la liberté d'expression.

Dans sa plaidoirie, Me Collard avait demandé à la commission de se déclarer incompétente. 

Mercredi 19 juillet, en début de soirée, Bernard Notin faisait parvenir à l'AFP le communiqué suivant :

Bernard Notin ne comprend pas comment sept universitaires ont pu décider, sans honte, de ruiner sa vie. S'il s'agit de réduire au silence quelqu'un qui a la passion du mouvement des idées en l'obligeant à se vendre pour survivre, Bernard Notin espère que l'instance d'appel, loin des marchandages lyonnais, fera respecter l'indépendance intellectuelle et la tolérance à son égard. La condamnation pour des idées que l'on a volontairement caricaturées, en oubliant des années d'enseignement et de recherche, ne peut que laisser un goût amer aux hommes libres. 

Le 30 juillet, M. Noir signait « l'acte d'achat à la SEITA de l'ancienne Manufacture des tabacs. Le site, qui comprend quarante-six mille mètres carrés de bâtiments répartis sur près de trois hectares, abritera à partir de 1992 une partie des locaux de l'université Lyon-III [1] » .

On se reportera, pour mémoire, à l'article que nous avions publié dans la première livraison de la Revue d'histoire Révisionniste sous le titre de « L'Affaire Notin ». Rappelons que ce jeune maître de conférences dispose d'un salaire unique et qu'il élève, avec sa femme, cinq enfants en bas âge. La sanction financière prise à son encontre par la section disciplinaire de son université s'ajoute à la perte du salaire perçu pour ses heures complémentaires d'enseignement à la faculté de Droit, et cela sans compter d'autres sanctions diverses et les menaces pesant sur sa vie, sur celle de sa femme et de ses enfants, sur sa maison, sur sa voiture. Le MRAP a enregistré « avec satisfaction » les sanctions infligées à B. Notin mais les instances juives en ont déploré la « clémence ». C'est, en particulier, le cas du président du consistoire sépharade de Lyon, Émile Azoulay. L'Union des étudiants juifs de France a estimé que « ces sanctions paraissent extrêmement modérées et sans rapport avec le préjudice moral occasionné aux victimes du nazisme » [2].

Lydie Cusin, peut-être apparentée à Michel Cusin (président de l'université Lyon-II), est secrétaire générale de l'Association des étudiants en histoire de l'université Lyon-III (Association Marc Bloch). Elle s'est étonnée de « la légèreté de la peine prononcée » et a constaté « avec amertume la faiblesse des sanctions qui ne contribuera pas à blanchir la réputation de l'université Jean Moulin ». Elle s'est cependant réjouie de ce que les « falsificateurs de l'histoire » «savent désormais à quoi ils s'exposent s'ils soutiennent leurs thèses révisionnistes, même en dehors de l'université » [3].

Michel Cusin a été le seul témoin à charge venu s'exprimer devant la section disciplinaire. Afin de mieux accabler B. Notin, il a évoqué le cas du professeur Faurisson et les prétendus « cours de révisionnisme » de ce dernier à l'université Lyon-II en 1978-1979. Il a ainsi rendu un faux témoignage aux conséquences incalculables. Apprenant sans doute que M. Faurisson s'apprêtait à l'attraire en justice, il a, le 23 juillet 1990, fait envoyer à ce dernier un texte daté du 18 juillet, dont B. Notin et son avocat, Me Collard, n'ont pas reçu copie et dont on ignore à quelles personnes, en dehors de M. Faurisson, et à quelles instances il a pu également être expédié. Voici ce texte dénué de tout titre :

A la suite de son témoignage devant la Section Disciplinaire de l'Université Lyon-III ayant à statuer sur le cas de M. Notin, le Président Cusin tient à préciser que c'est par erreur ou abus de langage qu'il a évoqué les « cours de révisionnisme » de M. Faurisson. Il doit être clair à tous que M. Faurisson n'a jamais fait référence en cours, ni d'une manière générale dans l'enceinte de l'université Lyon-II, à ses thèses révisionnistes, et que c'est là précisément l'une des raisons pour lesquelles il n'a pas paru fondé, à l'époque, de faire comparaître M. Faurisson devant la Section disciplinaire de l'université. M. Cusin regrette l'ambiguïté de ses propos et tient à rétablir la vérité des faits concernant M. Faurisson, pour l'information complète de la Section disciplinaire de l'université Lyon-III. 

Lyon, le 18 juillet 1990 M. Cusin P.O. le Vice-Président chargé des Relations Internationales et de la Communication

A. Bony

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Ce texte appelle de notre part les commentaires suivants : 

De son propre aveu, Michel Cusin, président d'université, a commis devant une instance universitaire, dans un témoignage à charge contre un universitaire (Bernard Notin) et au sujet d'un autre universitaire (Robert Faurisson), une « erreur» ou un « abus », un « abus de langage » ; il n'a pas été « clair » ; il a fait preuve d'« ambiguïté » ; il le « regrette » ; il n'a pas respecté « la vérité », la « vérité des faits » puisque, aussi bien, il lui faut maintenant « rétablir la vérité » ; la section disciplinaire devant laquelle il déposait avait bien reçu une « information » mais celle-ci n'était pas « complète ». 

En 1978-1979, « il n'a pas paru fondé » de faire comparaître M. Faurisson devant la section disciplinaire de l'université Lyon-II entre autres raisons parce qu'il n'avait pas donné de « cours de révisionnisme» et parce qu'il n'avait « jamais fait référence » au révisionnisme « d'une manière générale dans l'enceinte de l'université Lyon-II ». 

On peut donc être surpris de ce que B. Notin, qui n'a jamais donné de « cours de révisionnisme » et n'a jamais fait référence au révisionnisme « en cours, ni d'une manière générale dans l'enceinte de l'université (Lyon-III) », ait dû comparaître devant une section disciplinaire. Aurait-il commis des fautes que n'avait pas commises M. Faurisson? Certainement pas. M. Faurisson avait publié un article dans Le Monde, quotidien à grand tirage ; B. Notin, lui, avait publié son étude dans une revue confidentielle au tirage de sept cent cinquante exemplaires. 

On notera, par ailleurs, dans ce texte de M. Cusin, une pétition de principe ou un sous-entendu : le révisionnisme est un délit ; on aimerait savoir de l'autorité administrative ou de l'autorité judiciaire quelle est (ou quelle était) la loi qui spécifie (ou spécifiait) ce point. 

L'attitude de Michel Cusin est paradoxale. Il y a quelques années, il avait reçu dans son bureau de la présidence de l'université Lyon-II, en présence de son secrétaire général, le professeur Faurisson accompagné de son avocat, Me Burdeyron. Il avait spontanément déclaré qu'il pouvait comprendre l'amertume du professeur vis-à-vis de l'université Lyon-II, vu la manière dont celle-ci l'avait traité dans les années 1978-1979. Et il avait pris quelques initiatives – modestes, à vrai dire – pour remédier à la politique d'isolement de M. Faurisson au sein de sa propre université. 

Par la suite, M. Cusin, en connivence avec Lionel Jospin, obtenait, au prix d'un subterfuge, que M. Faurisson fût dépossédé de sa chaire d'enseignement et nommé d'office au Centre de télé-enseignement de Vanves. Il rompait ainsi un engagement formel pris en 1979 par l'université Lyon-II à l'égard du professeur, engagement aux termes duquel M. Faurisson resterait en toute circonstance titulaire de sa chaire. 

M. Cusin renoue avec la tradition des présidents de l'université Lyon-II. En 1978-1979, M. Maurice Bernadet, socialiste, président, à l'époque, de cette université, avait personnellement organisé une campagne contre M. Faurisson en accord avec le Dr Marc Aron, président du comité de liaison des institutions et des organisations juives de Lyon et aussi avec l'Union des étudiants juifs de Lyon. 

Interrogé par le tribunal administratif de Lyon et par le Conseil d'État sur les raisons pour lesquelles il avait interrompu le déroulement normal de la carrière de M. Faurisson dès avant 1978, M. Bernadet n'avait pas craint de répondre (dans une lettre signée Dubuis, comme la lettre susmentionnée est signée Bony) que c'était notamment parce que M. Faurisson était un professeur qui n'avait aucune publication à son actif et qui, d'ailleurs, reconnaissait lui-même cette anomalie. Devant le Conseil d'État, M. Faurisson avait pu aisément faire litière de ces mensonges. Mais le Conseil d'État était passé outre et avait déclaré qu'il n'y avait rien de matériellement inexact dans les faits allégués par M. Bernadet !

Si nous croyons devoir rappeler ces événements des années passées, c'est à la fois pour éclairer ceux de l'année en cours et pour qu'on mesure à quel point les révisionnistes ne peuvent compter ni sur la protection de la loi, ni sur les franchises universitaires, ni même sur les usages en vigueur chez les honnêtes gens. Ni foi, ni loi, ni droit n'existent pour ceux qui, par conviction ou par peur, combattent le révisionnisme.

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[Publié dans la RHR n° 2, août-octobre 1990, p. 155-162.]


Notes 

[1] Le Monde, 1er août 1990, p. 20. 
[2] Le Figaro, 20 juillet 1990, p. 7.
[3] Ibid.