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Saturday, August 11, 1990

Interview du professeur R. Faurisson par "Le Choc du mois"


Quelle opinion avez-vous de la loi Gayssot visant le racisme et le révisionnisme ?

Pour moi, il n’y a pas à proprement parler de « loi Gayssot » mais une « loi Fabius, alias Gayssot ». Gayssot est communiste, c’est-à-dire qu’il n’est à peu près plus rien. Je crois savoir que le parti communiste envisageait à l’origine une loi antiraciste sans disposition antirévisionniste. C’est Fabius, en tout cas, qui au sein du parti socialiste a revendiqué l’initiative d’une mesure législative contre le révisionnisme. Il est à l’origine de la proposition de loi Georges Sarre (JO du 2 avril 1988) qu’on retrouve deux ans plus tard transposée dans la loi dite Gayssot. Il est probable que le parti socialiste s’est engagé à faire voter la proposition de loi communiste à condition qu’elle intègre la proposition de loi Fabius-Sarre contre les révisionnistes.

Je ne vous donnerai pas mon sentiment sur les dispositions antiracistes de cette loi Fabius alias Gayssot mais seulement sur la clause antirévisionniste. 


Cette dernière prévoit une peine de prison d’un mois à un an et/ou une amende de deux mille à trois cent mille francs, sans oublier les frais d’insertion du jugement dans la presse, frais parfois considérables. Il s’agit de punir ceux qui auront contesté (pas même nié) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels que ceux-ci sont définis par la charte qui a fondé en 1945 le tribunal militaire international de Nuremberg, et qui ont été commis par des vaincus condamnés pour ces crimes par leurs vainqueurs.

Le texte de ce qui est désormais l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 « sur la liberté de la presse » (sic) est particulièrement alambiqué. Il s’agit d’une fabrication hétéroclite qui s’insère mal dans le cadre juridique existant et que les tribunaux auront, en conséquence, de la peine à appliquer.

N’est-ce pas rétablir la censure et instituer une version officielle d’une période déterminée de notre histoire ? 

Du point de vue historique, cette clause antirévisionniste va à contresens de l’évolution des mœurs. Elle rétablit clairement la censure. Elle institue une vérité historique officielle protégée par la police, la gendarmerie, les magistrats et les gardiens de prison. Elle crée un dogme, un catéchisme, un décalogue : celui de Nuremberg. Vous connaissez le vieil adage : « Ce n’est pas devant les tribunaux que l’histoire peut trouver ses juges ». On renie cet adage et on veut nous faire croire qu’un tribunal – un tribunal « militaire » – aurait, lui, écrit l’histoire une fois pour toutes.

Il sévissait depuis longtemps une histoire officielle de la seconde guerre mondiale. Quand je le disais, nos tartuffes se récriaient. Aujourd’hui, ils ne peuvent plus protester. Il y a un an, j’avais envoyé à près de sept cents personnes une lettre circulaire datée expressément de « Paris, le 14 juillet 1989 » ; j’appelais l’attention de mes correspondants sur le danger d’une telle loi. Les événements m’ont malheureusement donné raison. Lisez le Journal officiel de la République française (Lois et décrets) du 14 juillet 1990. Aux pages 8333-8334, vous trouverez le texte de la clause antirévisionniste ; huit pages plus loin, vous verrez que Pierre Vidal-Naquet, qui aime à nous traiter d’« excréments », est nommé chevalier de la Légion d’honneur sur proposition du ministre Jack Lang : d’un côté, menace d’amende et de prison pour les révisionnistes et, de l’autre, Légion d’honneur pour les servants de la religion de l’Holocauste. Et cela dans un journal officiel de l’État, le jour même où la « Patrie des droits de l’homme » célèbre sa fête nationale. L’histoire officielle a fait son entrée au Journal officiel sous la signature de F. Mitterrand, maréchaliste éminent, puis grand Résistant, juriste de formation.

• Dans quels esprits, selon vous, l’idée d’une telle loi a-t-elle pu germer ? 

Dès 1986, en première page du bulletin quotidien de La Lettre Telégraphique Juive (2 juin 1986), on lisait à propos de F. Bédarida, G. Wellers, J.- P. Azéma, P. Vidal-Naquet, S. Klarsfeld, du rabbin Sirat, de Mme Ahrweiler et d’Harlem Désir : « Ils ont aussi formulé l’espoir d’une extension à tous les pays européens de la loi allemande interdisant la mise en doute du génocide. » Leurs vœux sont aujourd’hui comblés pour ce qui est de la France, et de la France seule. Mais, contrairement à ce qu’ils osaient dire pour mieux pousser leur pion, il n’a jamais existé en Allemagne de loi interdisant la mise en doute du génocide. Ce qui était supposé devenir la loi dite du « mensonge d’Auschwitz » s’est trouvé réduit à un article qui autorise éventuellement un procureur à déposer plainte pour dommage causé «au membre d’un groupe qui a été persécuté sous un gouvernement de violence ou d’arbitraire, national-socialiste ou autre» (article 194, 13 juin 1985). Le mot « autre » vise, par exemple, le gouvernement d’un pays communiste. La France est donc bien le premier pays au monde à adopter une disposition législative spécifique contre le révisionnisme historique. Selon son habitude, P. Vidal-Naquet a affecté la réprobation une fois qu’il a été sûr que la loi serait adoptée. Il a agi de même au sujet de mes procès ; dans ces cas, sa main droite ignore ce que fait sa main gauche. Il a attendu que le sort de B. Notin soit scellé pour le défendre et dire qu’il fallait poursuivre J.-P. Allard... 

• Comment expliquer ce raidissement dogmatique ? 


Nous faisons peur à la camarilla en place. C’est quand l’Église s’est sentie en perte de vitesse devant l’incrédulité montante qu’elle a, en 1870, institué le dogme de l’infaillibilité pontificale. C’est parce que Fabius et les siens ne savent plus à quel saint se vouer qu’ils instituent le dogme de l’infaillibilité du Tribunal de Nuremberg. 

• En quoi ce tribunal s’est-il fait juge de l’Histoire ? 

Ce tribunal a été créé par les Alliés le 8 août 1945. Il s’agissait de punir chez les vaincus les crimes contre la paix (préparation et lancement d’une guerre d’agression), les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité (c’est-à-dire essentiellement contre les juifs). Je vous laisse à juger de leur cynisme. Deux jours auparavant, les Américains avaient commis « Hiroshima » ; le jour même du 8 août, les Soviétiques, auteurs de « Katyn », lançaient une guerre d’agression contre un Japon exsangue ; le lendemain, les Américains commettaient « Nagasaki ». 


La guerre de 1939-1945 a été une immense boucherie au terme de laquelle les vainqueurs se sont arrogé le droit de juger les vaincus : à Nuremberg, les Allemands et, à Tokyo, les Japonais (notez qu’on n’envisage pas de jeter en prison ceux qui contesteront les « crimes » des Japonais). Les vainqueurs ensanglantés ont fabriqué une législation ad hoc, ont revêtu la robe du juge, ont condamné au nom de lois rétroactives, n’ont pas craint d’utiliser le principe aberrant de la responsabilité collective, ont refusé toute possibilité d’appel, ont bâillonné la défense, ont décrété : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves... » et « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve des faits de notoriété publique mais les tiendra pour acquis... » Ils ont qualifié de vérités établies les « erreurs » suivantes parmi bien d’autres :

– Katyn est un crime allemand (c’est un crime de nos alliés soviétiques) ; 
– Le nombre des victimes d’Auschwitz s’élève à quatre millions (aujourd’hui, on nous dit : un million) ; 
– Le total des victimes juives de la seconde guerre mondiale s’élève à cinq millions cent mille ou six millions (aujourd’hui ces chiffres sont tenus pour « symboliques ») ; 
Les Allemands fabriquaient du savon à partir de graisse humaine (bobard de la première guerre mondiale recyclé en 1945) ; 
– Les Allemands ont fabriqué des têtes réduites ainsi que des abat-jour en peau humaine (la tête réduite montrée au tribunal avait été volée à un musée d’ethnographie ; la peau était de chèvre) ; 
– A Treblinka, on exterminait les juifs à la vapeur d’eau (on nous dit aujourd’hui : au diesel) ; 
– Hitler a donné l’ordre d’exterminer les juifs (cet ordre n’a jamais existé). 


J’attends qu’au nom de la loi Fabius dite Gayssot on poursuive les historiens, en particulier juifs, qui sont aujourd’hui d’accord avec nous pour dire que toutes ces vérités de 1945-1946 sont autant de mensonges historiques. 


Les historiens officiels persistent à croire ou font semblant de croire (pour combien de temps encore ?) que deux vérités de Nuremberg restent vraies : 


– Les Allemands ont eu une politique de destruction physique des juifs ; 
– Ils ont, pour mener à bien cette politique, principalement utilisé des chambres ou des camions à gaz. 

• Quelle attitude allez-vous adopter à l’égard de ces vérités officielles ? 

J’ai le regret de dire que je contesterai ces vérités-là. Les duettistes de Carpentras, MM. Fabius et Joxe, ne me feront pas pousser leur chanson. On ne me fera pas dire que deux et deux font cinq, que la terre est plate, que le Tribunal de Nuremberg est infaillible. J’ai d’excellentes raisons de ne pas croire à cette politique d’extermination des juifs ou à la magique chambre à gaz et on ne me promènera pas en camion à gaz. Quatre mille ans d’histoire peuvent s’étudier en toute liberté ; curieusement, seules les années 1941 à 1944 seraient placées sous haute surveillance par une loi de la République française en date du 14 juillet 1990. Je ne vois pas pourquoi je me plierais à cet ukase.

• Vous prenez des risques. Fabius et Joxe vous guettent...

Je ne sais trop l’origine du couple Fabius-Joxe. Pour moi, je suis d’origine écossaise. En Écosse, nous avons le monstre du Loch Ness qu’affectueusement nous appelons Nessie ; notre crédulité (pour les touristes) ne va guère plus loin. Pour le reste, nous n’aimons pas qu’on nous dicte ce qu’il faut croire ou ne pas croire. Inutile d’insister. Nous avons mauvais caractère. Je ne chercherai pas à tourner la nouvelle loi ; je lui ferai front. Dans cette loi et à Carpentras, Fabius et Joxe ont, comme on dit en anglais, « laissé le chat sauter hors du sac » ; en français, on dit qu’ils « ont mangé le morceau ». Ils ont commis une faute révélatrice. Pour eux, l’heure est grave. Comme le dit Jour J, Quotidien juif en titre de son numéro du 15 juin 1990 : « Sondage. Un tiers des Français doute de l’existence des chambres à gaz ». Ce n’est qu’un début. Les révisionnistes poursuivront leurs travaux.

Je souhaite que tous les Français se rendent compte que le mythe des chambres à gaz est une gredinerie, entérinée en 1945-46 par les vainqueurs de Nuremberg et officialisée le 14 juillet 1990 par le gouvernement en place de la République française, avec l’approbation des historiens de cour.

Comme le faisait remarquer François Terré à la veille du vote définitif de la loi par l’Assemblée nationale [1] : « Face à la proposition Gayssot, le silence infini de presque tous les juristes, de presque tous les historiens, effraie ».

11 août 1990
(Propos recueillis par Catherine Barnay)

[1] Le Figaro, 29 juin 1990, p. 2.

Saturday, September 16, 1989

Pétition

– Objet : Attentat du 16 septembre 1989 
contre le professeur Faurisson –

Le 16 septembre 1989 le professeur Robert Faurisson a été la victime d’un grave attentat à Vichy. Cet attentat a été revendiqué par « les Fils de la mémoire juive » et il a été justifié par l’avocat Serge Klarsfeld, par l’épouse de ce dernier, Beate Klarsfeld, et par François Léotard, député du Parti Républicain.

Je proteste contre le manque de moyens et l’inefficacité de la police. Dans une équipe de trois policiers, deux seulement s’occupent du « dossier Faurisson » parmi... une vingtaine d’autres dossiers. Ils n’agissent qu’avec lenteur et timidité.

Cet attentat, le sixième en onze ans contre un professeur laissé sans protection, a été précédé d’une atroce campagne de presse, menée depuis 1978, en particulier par le journal Le Monde qui s’acharne à dénoncer les révisionnistes comme des « gangsters de l’Histoire » (accusation portée le 5-6 juillet 1987, p. 31, et réitérée le 24-25 septembre, p. 31).

Depuis 1979, le professeur Faurisson ne peut plus assurer de cours à son université (Université Lyon-II) parce qu’ainsi en a décidé le Dr Marc Aron, président du comité de coordination des communautés et organisations juives de Lyon ; ce dernier a, en outre, conduit contre le professeur de telles actions de commando que, selon les présidents successifs de cette université, « il est impossible d’assurer la sécurité de M. Faurisson. »

Je demande la dissolution des milices juives qui, en toute impunité, font régner la terreur et ont accumulé crimes et délits. En France, les milices sont interdites sauf... pour les juifs. Les milices juives bénéficient de la protection du ministre de l’Intérieur (actuellement le socialiste Pierre Joxe). Dans Le Monde du 7 mars 1986, p. 8, Mme Fabius-Castro, épouse du socialiste Laurent Fabius, avait révélé dans les termes suivant l’existence de ces milices : « Extraordinaire nouveauté dans le comportement politique, la gauche a permis à des milices juives de s’installer dans des quartiers à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, à Strasbourg [et d’avoir] des contacts réguliers avec le ministre de l’Intérieur.»

Le 2 avril 1988, Laurent Fabius et Georges Sarre ont déposé, au nom du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, une proposition de loi « en vue de combattre les thèses révisionnistes », loi selon laquelle ceux qui tenteraient de nier ou de minimiser la portée de l’Holocauste juif encourraient une peine d’un mois à un an de prison et/ou une amende de deux mille à trois cent mille francs. Une telle loi déshonorerait la France.

Les adversaires du révisionnisme, et en particulier des membres de la communauté juive, proposent aux révisionnistes le choix entre le tribunal, la prison, l’asile, l’hôpital et la morgue. Les révisionnistes proposent, eux, un débat public.

16 septembre 1989

Tuesday, May 30, 1989

Pour qui ne croirait pas aux chambres à gaz : la prison !


Une proposition de loi Laurent Fabius – Georges Sarre du 2 avril 1988 tend expressément à « combattre les thèses révisionnistes » ; elle prévoit contre les Français qui ne croient pas aux chambres à gaz et au génocide une peine d’emprisonnement d’un mois à un an, une amende de deux mille à trois cent mille francs et les frais afférents de publication judiciaire forcée. Jacques Chirac vient de se rallier au principe d’une telle loi.

L’année même du bicentenaire de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on s’apprête à embastiller des Français pour cause de blasphème. 

Laurent Fabius a prononcé son allocution en présence d’Harlem Désir, de Mmes Ahrweiler et Maxwell, de Harlem Désir, de rabbins et de nombreuses personnalités juives. Les débats étaient organisés par l’association des « Enfants de la Mémoire » censée représenter les « enfants de la troisième génération » après Auschwitz (la deuxième génération étant représentée par l’organisation de Serge Klarsfeld : « Fils et Filles des Déportés juifs de France »). L. Fabius a commencé par déclarer que, dans la vie politique, on oscillait nécessairement entre l’oubli et la mémoire. L’oubli peut être nécessaire ; parfois, l’amnistie s’impose ; par exemple, l’Édit de Nantes recommandait à propos des dissensions du passé « que nul n’en parle plus entre les Français ». Mais, selon L. Fabius, il ne peut en être de même pour la seconde guerre mondiale et, en particulier, pour les souffrances des juifs. Là, il faut se souvenir, ne rien oublier, parler, servir la Mémoire :

Il faut laisser ouverte la plaie de la Shoah pour qu’elle serve à la Mémoire. 

L. Fabius a dit qu’il avait personnellement proposé une loi contre les « négateurs » des chambres à gaz et de l’Holocauste. Cette loi est nécessaire parce que les «verrous» sont en train de sauter sous nos yeux. Il a ajouté qu’il connaissait les objections à cette loi mais que ces objections devaient céder. Aux applaudissements de la salle, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas de proscrire une opinion – car cela n’avait rien à voir avec une opinion – mais un mensonge. Il a conclu : « Le Parlement doit se faire Mémoire ».

Le cas de J. Chirac est intéressant. En novembre 1987, dans une interview avec des journalistes de L’Arche, mensuel juif, il avait confié qu’à titre personnel il ne croyait pas « qu’il faille aller jusqu’à transformer la négation du génocide en délit passible de sanctions pénales, car cela pourrait s’apparenter au délit d’opinion » [1].

Seize mois plus tard, son sentiment a changé. Pourquoi ?

Le 20 septembre 1987, Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé que, s’il ne dépendait que de lui, « le professeur Faurisson irait en prison » (Le Figaro, 21 septembre 1987, p. 7). A la même époque, Claude Malhuret, secrétaire d’État aux droits de l’homme dans le même gouvernement, travaillait depuis quelques mois «sur la possibilité d’inclure dans le code pénal un article réprimant les fauteurs du révisionnisme qui contestent la réalité de l’Holocauste » [2]. Le 10 février 1989, lors d’une rencontre fortuite à Vichy, je lui demandais personnellement compte de cette initiative ; il me répondait à deux reprises : « C’est pas moi [sic], c’est Pasqua ! » et il se défendait d’avoir voulu une répression quelconque du révisionnisme. Sur les partisans et les adversaires d’une « lex Faurissonia », c’est-à-dire d’une loi à l’allemande visant les révisionnistes, on consultera les Annales d'Histoire Révisionniste [3].

Il est possible que cette loi soit adoptée. 

Les tenants de la chambre à gaz sont dans une telle impasse qu’ils ne voient plus d’autre recours que dans une répression judiciaire accentuée. Toutes les tactiques et tous les expédients jusqu’ici utilisés pour freiner l’essor du révisionnisme ont échoué : pendant des années, le silence concerté, puis le déferlement de campagnes de presse particulièrement haineuses et violentes qui étaient de véritables appels au meurtre et aux voies de fait, l’assassinat, le vitriolage, les coups et blessures, l’incendie criminel, l’interdiction professionnelle, l’assimilation du révisionnisme à des idéologies d’extrême droite et d’extrême gauche, à l’antisémitisme, au racisme, l’interdiction de tenir la moindre réunion publique en plus de dix ans, une propagande holocaustique forcenée, un matraquage télévisuel délirant, la mise en condition de la jeunesse française par la transformation progressive des manuels d’histoire jusqu’à complète satisfaction des « enseignants amis d’Israël ». Rien n’y a fait : le révisionnisme s’est développé avec la force d’un mouvement naturel de l’esprit qu’aucun obstacle ne peut entraver. 

Les procès en cascade ont tourné à la confusion des accusateurs. Pour commencer, on a déployé des trésors de fourberie dans les accusations portées contre les révisionnistes. Procureurs et plaignants, et souvent les magistrats aussi, ont eu l’aplomb de prétendre que le révisionnisme lui-même n’était pas en cause. C’est ainsi que les révisionnistes se sont vu reprocher au gré des circonstances les délits les plus variés : l’atteinte à l’ordre public (et même à l’ordre moral !), la diffamation simple, la diffamation raciale, l’incitation à la haine raciale, le dommage à autrui, l’apologie de crimes de guerre, la propagation de fausses nouvelles, la dégradation de monument public, l’outrage à agent,... Mais, pour finir, les magistrats rendaient hommage à la qualité des travaux révisionnistes sur les chambres à gaz (arrêt du 26 avril 1983) ou autorisaient la mise en doute de l’existence des chambres à gaz et du génocide vu qu’il y avait manifestement là-dessus un « débat public entre historiens » (jugement du 16 décembre 1987). 

Sans doute aurait-il mieux valu accéder à la demande insistante des révisionnistes en vue d’obtenir un débat devant le grand public. Peut-être aussi aurait-il fallu procéder à une contre-expertise des locaux désignés à Auschwitz, Birkenau et Majdanek comme « chambres à gaz homicides » pour essayer de répondre à la redoutable expertise de l’ingénieur américain Fred Leuchter déposée devant un tribunal de Toronto le 20 avril 1988 et concluant de façon formelle à l’impossibilité d’existence de telles chambres à gaz en ces lieux...

Il reste aujourd’hui à observer, en France et à l’étranger, la réaction ou l’absence de réaction des milieux intellectuels qui se disent attachés à la liberté d’expression. 

On proposera à leur méditation l’article suivant du Monde [4] :


MM. Chirac et Fabius 
se prononcent pour l’interdiction 
de la propagande « révisionniste »


L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l’association Les Enfants de la mémoire ont organisé, le jeudi 23 mars, à l’Assemblée nationale un colloque consacré au problème de la transmission du souvenir du Génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la génération qui a vécu ces événements s’approche du soir de sa vie.

Placé sous le patronage de M. François Mitterrand, ce colloque parrainé notamment par MM. Laurent Fabius, Alain Poher, Jacques Chaban-Delmas et le grand rabbin de France, M. Joseph Sitruk, a été ouvert par une réception à l’Hôtel de Ville de Paris, au cours de laquelle M. Jacques Chirac s’est prononcé pour des mesures législatives permettant de poursuivre et de condamner la littérature dite révisionniste, qui nie la réalité du génocide.

Mme Simone Veil a souligné elle aussi, la nécessité de préserver la mémoire de la Shoah de l’oubli et des tentatives de falsification. Pour M. Jean Pierre-Bloch, dont l’intervention, jeudi, a suscité une vive émotion parmi les jeunes participants au colloque, il faut étendre les dispositions de la loi de 1972 contre le racisme, de telle sorte que « les faussaires puissent être poursuivis et mis au ban de l’opinion publique ». Le président de l’Assemblée nationale, qui a clos les débats, s’est prononcé dans le même sens. M. Fabius a indiqué que les députés socialistes avaient déposé une proposition de loi à cette fin.  


30 mai 1989

Notes

[1] L’Arche, p. 46, repris dans Le Monde, 10 novembre 1987, p. 11.
[2] Libération, 16 septembre 1987, p. 4. 
[3] AHR, n° 6 (hiver 1988-1989), p. 151-153.
[4] Le Monde, 26-27 mars 1989, p. 18.