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Monday, June 6, 2011

Gilbert Collard joue la carte de la Shoah et de Marine Le Pen



Au sujet de son entretien audiovisuel du 27 mai 2011, trouvé dans le blog de Paul-Eric Blanrue sous le titre "Franck ABED reçoit Maitre COLLARD".

Me Gilbert Collard, alias « le Marseillais » ou « Bouboule », ne manque pas de faconde. Comme le dit l’expression populaire, « il a le cigare » (ici, dans la présente vidéo, le cigarillo). Et volontiers il se donne l’air affairé. L’estime qu’il nourrit pour sa propre personne est manifeste mais elle ne convainc guère le monde de la basoche auquel il appartient, ni celui des électeurs dont, sans grand succès, il sollicite les suffrages. Aussi le voit-on « dire son amitié » un peu partout et, tout dernièrement, comme dans cette vidéo, à Marine Le Pen. Mais gare ! L’expérience prouve qu’il tend à tourner casaque pour aller voir ailleurs.

Il se dit opposé à « la loi Gayssot », ce qui aujourd’hui est un peu de mise, mais c’est sous réserve que cette fausse audace s’accompagne, comme ici, d’une condamnation formelle ou implicite du révisionnisme. Aussi nous en prévient-il : selon ses propres termes, la « Shoah » constitue « la pire des choses dans l’histoire de l’Occident ».

Quand un révisionniste est poursuivi ou condamné sur le fondement de cette loi on ne voit ni n’entend Me Collard. Lorsque, en toute logique, il lui faudrait mettre ses actes en conformité avec sa réprobation verbale de la loi Fabius-Gayssot, il se tapit. « La foi qui n’agit point, est-ce une foi sincère ? » Avocat au début des années 1990 du révisionniste Bernard Notin, il n’avait rien trouvé de mieux à faire que de pousser son client à se rétracter ; pour l’universitaire lyonnais et sa famille, le résultat allait se révéler désastreux. Au sujet de cette affaire on pourra se reporter à mon article du 24 février 1993 intitulé « L’Abjuration de Bernard Notin », soit à http://robertfaurisson.blogspot.com/1993/02/labjuration-de-bernard-notin.html, soit dans mes Ecrits révisionnistes (1974-1998), vol. IV, p. 1477-1479.

Un anachronisme, une fable, une fantaisie

G. Collard évoque Hitler à propos de ce que certains appellent aujourd’hui « le génocide des Arméniens par les Turcs en 1915 » : un « génocide » dont, au demeurant, la réalité est fortement contestée par un certain nombre d’historiens comme, par exemple, Bernard Lewis, de Princeton University, ou Gilles Veinstein, du Collège de France.

Il raconte : « Hitler, quand on lui faisait remarquer que le génocide des juifs risquait d’attirer l’indignation de l’opinion internationale, il répondait : ‘Regardez les Arméniens, personne ne s’en est occupé !’ » Cette phrase implique que, pour lui, Hitler aurait donné un ordre d’exterminer les juifs et que, de manière courante, « on » (?) aurait mis le Führer en garde contre l’éventuelle indignation qu’un tel crime pourrait susciter, mais le criminel aurait à chaque fois haussé les épaules, faisant valoir l’indifférence de l’opinion internationale face à une horreur identique qui, elle, remontait à 1915.

La malchance pour G. Collard veut qu’il n’existe aucune preuve que Hitler et les siens aient échangé de tels propos. D’abord, ce mot de « génocide » risque peu d’avoir été prononcé en la circonstance puisque, d’origine juive américaine, le néologisme de « genocide » (un hybride de grec et de latin) n’est apparu qu’en 1944, aux Etats-Unis. Il a été forgé par le juriste juif polonais naturalisé américain Raphael Lemkin, qui l’emploie au chapitre IX de son Axis Rule in Occupied Europe: Laws of Occupation - Analysis of Government - Proposals for Redress, Washington, Carnegie Endowment for International Peace, 1944, p. 79-95.

Ainsi que l’ont conclu le 2 juillet 1982 François Furet et Raymond Aron à la fin d’un colloque international qui, sous leur direction, s’était tenu à la Sorbonne sur « le national-socialisme et les juifs », aucun ordre d’extermination des juifs n’a jamais pu être trouvé, et cela malgré « les recherches les plus érudites ». D’ailleurs, si un tel ordre avait été émis, on n’aurait pas vu apparaître une école d’historiens se qualifiant de « fonctionnalistes » ou de « structuralistes » (par opposition aux « intentionnalistes ») et soutenant avec le plus grand sérieux la thèse quasi parapsychologique d’un « génocide » qui, sans ordre, sans plan (surtout à Berlin-Wannsee le 20 janvier 1942 !) et sans budget, serait né et se serait organisé comme spontanément au sein de la vaste bureaucratie allemande. Cette thèse est celle que, dans son impuissance à répondre aux demandes d’explication des révisionnistes, l’historien n° 1 de « l’Holocauste » Raul Hilberg avait fini par soutenir dans l’édition « revised and definitive » de l’ouvrage en trois volumes intitulé The Destruction of the European Jews (New York, London, Holmes & Meier, 1985, p. 55) ; au préalable, dans la première édition de cet ouvrage il n’avait pas craint d’affirmer que Hitler avait donné deux ordres d’extermination des juifs, des ordres dont il n’avait fourni ni les dates ni les contenus (Chicago, Quadrangle Books, 1967 [1961], p. 177).

G. Collard a donc, en une seule phrase, d’abord commis un anachronisme avec le mot de « génocide » (des Arméniens) censé avoir été employé par l’entourage (?) du Führer, puis propagé une fable en parlant d’un « génocide » ou d’une extermination (des juifs) imputable à une décision de Hitler. De surcroît, il s’est autorisé une fantaisie : d’une réflexion d’un jour dont nous n’avons pas la preuve il a fait un leitmotiv scénarisé ; il a pimenté le récit par l’ajout d’interlocuteurs qui, de manière habituelle, auraient formulé une objection à laquelle le Führer aurait, non moins habituellement, fait la même cynique réponse. On est là encore plus près du roman que de l’histoire.

Car il faut savoir que la source de ce qui nous est conté par G. Collard tient essentiellement en une phrase : « Who after all is today speaking about the destruction of the Armenians ? » (« Qui, après tout, parle aujourd’hui de la destruction des Arméniens ? »). Cette phrase aurait été lancée par Hitler, le 22 août 1939, soit neuf jours avant son attaque de la Pologne. Il l’aurait glissée lors d’une conférence qu’il avait effectivement tenue à l’Obersalzberg devant les trois commandants de l’armée de terre, de la marine et de l’aviation allemande ainsi que devant un certain nombre de généraux. De cette phrase de douze mots anglais nous ne possédons pas la supposée version originelle en allemand. Et pour cause ! La seule source connue est en anglais et provient d’une lettre, en date du 25 août 1939, adressée par Sir G. Ogilvie-Forbes, chargé d’affaires du Royaume-Uni à Berlin, à Sir Ivone Kirkpatrick, spécialiste de l’Allemagne au Foreign Office à Londres. Ledit chargé d’affaires disait tenir le document d’un journaliste américain du nom de Louis Lochner de l’Associated Press, ce dernier prétendant l’avoir lui-même obtenu d’un officier d’état-major allemand qui l’aurait reçu de l’un des généraux présents à la conférence ; Lochner avait insisté pour que le nom de son informateur ne fût pas divulgué (Documents on British Foreign Policy 1919-1939, ed. by E. L. Woodward and Rohan Butler, Third Series, Vol. VII, 1939, p. 41, London, Her Majesty’s Stationery Office, 1954). Par conséquent, à l’origine de cette affaire où X aurait dit que Y lui aurait confié que Z lui aurait raconté telle anecdote nous n’avons qu’un seul nom, celui d’un journaliste américain dont, par ailleurs, l’hostilité à Hitler était connue. Je ne m’attarderai pas sur l’embarras du ministère public américain au procès de Nuremberg lorsqu’il a tenté, en la personne du procureur adjoint Sydney Alderman, d’exploiter l’affaire ; je renvoie ici à la transcription américaine ou française des débats du 26 novembre 1945. Quant aux historiens, ou bien, tel Raul Hilberg, ils passent sous silence cette phrase attribuée à Hitler ou bien, tel le spécialiste du sujet, Winfried Baumgart, ils expriment un profond scepticisme. En 1996 l’historienne Madeleine Rebérioux, qui militait à la LICRA, résumait l’affaire en ces termes : « Je crois que les historiens sont d’accord pour dire que cette phrase de Hitler est apocryphe » (« Peut-on débattre de la Shoah ? », émission de Patrice Gélinet « Le Grand Débat » sur France-Culture, 17 juin 1996). – Au cours de son entretien, G. Collard a débité d’autres « paroles verbales » de moindre calibre ; j’ai simplement voulu traiter ici du plus contestable de ses propos.

Une fanfaronnade

Une autre de ses perles cependant mérite qu’on la mentionne. Dans cette vidéo on l’entend dire en passant : « J’aime bien la tempête. J’ai pas peur [sic] du combat. » Or toute son existence est là qui nous prouve le contraire, qu’il s’agisse, au choix, de son appartenance à la Grande Loge maçonnique de France (une vraie caution bourgeoise pour le coup), de son sage comportement au prétoire, de sa complaisance pour le monde des journalistes et des caméras, ou enfin de sa soumission aux habituelles servitudes des campagnes électorales. Quand on « aime bien la tempête » on se garde de souffler comme il le fait, c’est-à-dire dans le sens du vent. Certes, à l’instar de toute personnalité publique, il fait l’objet de critiques et surtout il est la cible de moqueries à cause de son penchant pour l’esbroufe. Mais il n’a, qu’on sache, connu de toute sa carrière nul combat, nulle tempête qui auraient pu lui valoir une mise au ban de la société ou, plus simplement, la perte de tout repos pour lui-même et pour les siens. La liste est longue des hommes et des femmes qui ont tout, ou presque tout, sacrifié à une juste cause ; de cette liste, jusqu’à présent, le nom de Gilbert Collard, âgé de 63 ans, est absent. A moins d’une rébellion de dernière heure il y a fort à parier que notre avocat, parvenu à l’âge de la retraite, obtiendra cet honorariat dont a été privé son confrère Eric Delcroix, du barreau de Paris, qui, lui, avait eu le courage de mettre ses actes en conformité avec ses paroles. En 1994 E. Delcroix avait délibérément enfreint la loi Fabius-Gayssot dans un livre intitulé La Police de la pensée contre le révisionnisme / Du jugement de Nuremberg à la loi Fabius-Gayssot ; en 1996 il avait été condamné ; en 2008 « une insupportable police juive de la pensée » (Annie Kriegel), toujours en quête de sa livre de chair, avait argué de cette condamnation pour obtenir à l’encontre du courageux avocat le pur et simple refus de l’honorariat. L’affaire avait indigné des confrères mais non G. Collard qui, probablement pour éviter toute compromission avec le pestiféré, avait préféré se taire.

Allégeance à « la communauté juive »

Il faut dire que, soucieux de se concilier « la communauté » des puissants, il lui arrive d’envoyer à cette dernière de discrets signes de connivence. Il le fait dans le présent entretien où, tout à coup, sans crier gare, il dénonce « ces fripons de banquiers suisses », ce qui revient à faire chorus avec les organisations juives qui avaient accusé les banques helvétiques de s’être approprié de l’argent juif pendant la dernière guerre et d’avoir mis trop de temps pour verser à titre d’indemnisation la somme forfaitaire, imposée par le milliardaire juif canadien Edgar Bronfman, de 1 250 000 000 USD.

Dans un récent article de son blog on trouvera conjointement ses protestations d’amitié pour Marine Le Pen et l’expression de sa sympathie pour les juifs victimes de ces banquiers suisses (http://www.gilbertcollard-leblog.com/article-la-plume-brisee-75095772.html). Ecoutons les accents que lui arrache alors une épreuve de plus dans sa vie de damné de la terre ! Il ne craint pas d’écrire : « Quel pays ! Je devais signer mon dernier livre dans les salons de la banque suisse Swiss Life. Elle m’a fait savoir du haut de son minaret qu’elle ne veut pas, que mon amitié avec Marine Le Pen rendait ma présence indésirable. Cela étant, vu ce que certaines banques suisses on [sic] fait aux biens des juifs, je pense que ce sont elles qui sont infréquentables ! Une chape de plomb écrase la liberté de penser au nom d’un moralisme préfabriqué par des années de conditionnement politique et médiatique destiné à maintenir en place le même système et les mêmes lâches. »

A l’en croire, quel affreux pays que la France (?) ou la Suisse (?) d’aujourd’hui ! Quel cruel système ! Quelle intolérance ! D’une banque suisse, qu’il jugeait fréquentable au point de vouloir lui louer ses salons, il a essuyé un refus assorti d’une leçon de morale shoatique : on ne se commet pas avec une Le Pen ! Un comble ! Du coup, notre Marseillais décrète « infréquentables » certaines « banques suisses » ; il va bousculer ce « système » et mettre un terme au règne des « lâches » !

Pour qui voudrait en savoir plus sur notre paladin je conseillerais volontiers la lecture de son blog mais on y découvre beaucoup de vent, peu de substance, des vues stéréotypées à la Mame Michu sur la noirceur du monde, et cela dans une langue, un style et une orthographe passablement relâchés. Dans ce blog un sauveur apparaît, Gilbert Collard en personne, qui se campe en libérateur, dénonce les « donneurs de leçons » et adopte la posture du chevalier servant des causes perdues. Pour ne prendre que cet exemple, il suffirait aux Vichyssois de l’élire à la tête de leur municipalité pour que la ville sorte de sa prétendue léthargie. Sa bête noire est Claude Malhuret, le maire actuel, à vrai dire aussi efficace que discret. Il lui reproche de négliger sa ville en général et, en particulier, la maison natale d’Albert Londres (située, soit dit en passant, rue Besse et non rue Bresse à Vichy). Notre « chevalier des Arts et des Lettres » préside le « Cercle des Amis d’Albert Londres ». A ce propos il envoie à C. Malhuret une lettre au ton condescendant mais au français incertain et à l’orthographe approximative. Albert Londres est né à Vichy en 1884 et il est mort en 1932 dans l’Océan Indien lors de l’incendie du Georges Philippar, paquebot des Messageries Maritimes. Il a notamment écrit Au Bagne (1923), Chez les Fous (1925), Terre d’ébène (la Traite des Noirs) (1929), Le Juif errant est arrivé (1930). Dans sa présentation de Terre d’ébène il définit en ces termes le métier de grand reporter engagé : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». La formule est élégante et nerveuse. G. Collard la reproduit dans son « Blog officiel de Gilbert Collard » mais il en dénature tout le début. Il en fait platement : « Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. » On lui fera observer qu’Albert Londres ne prétendait pas jouer un « rôle » mais simplement exercer un « métier » ; puis, modestement, en connaisseur des limites de l’homme, il évitait de se présenter comme un surhomme au-dessus de la mêlée et capable à ce titre de n’être « ni pour ni contre ». En fait, au terme d’un examen scrupuleux des individus, des sociétés, des situations réelles et concrètes, il prenait parti et, comme un simple fantassin, il partait au combat pour des causes précises qui lui paraissaient justes. Il faut méditer cette brève présentation de Terre d’ébène. Je connais peu de textes aussi poignants que ce rappel des épreuves auxquelles s’expose nécessairement celui ou celle qui s’engage dans la défense d’une noble et périlleuse cause.

Dans sa propre existence G. Collard gagnerait à prendre modèle sur un tel homme.

6 juin 2011

[Article paru dans Rivarol le 17 juin 2011, p. 4]

Thursday, January 28, 1993

Lettre à Claude Malhuret, député-maire de Vichy


Monsieur,


Vous êtes, dit-on, candidat aux prochaines élections législatives.


J’aimerais savoir si, en cas de succès, vous réclamerez l’abrogation de l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 «sur la liberté de la presse» (sic). Cet article institue et réprime le délit de révisionnisme historique (loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990).


Le 21 juin 1991, M. Jacques Toubon, député RPR, a présenté un amendement réclamant cette abrogation. (JO, Débats parlementaires, 22 juin 1991, p. 3571-3573). Cet amendement a été repoussé par la majorité socialo-communiste. M. J. Toubon avait rappelé l’hostilité de Mme Simone Veil à la loi Fabius-Gayssot. Il avait qualifié cette loi de «stalinienne». Or cette loi est plus que stalinienne. Jamais Staline n’a poussé le cynisme et l’effronterie jusqu’à décréter qu’un tribunal – un tribunal militaire ! – avait découvert et fixé pour l’éternité une «vérité» en matière d’histoire. Mêmes les juges-accusateurs de Nuremberg, pourtant si pleins d’arrogance, n’avaient pu s’imaginer qu’on les tiendrait un jour pour juges infaillibles, pour historiens infaillibles. Cette double infaillibilité allait pourtant être instituée en dogme, rétroactivement, quarante-quatre ans après, par M. Laurent Fabius (socialiste) et par M. Jean-Claude Gayssot (communiste).


Sur le fondement de cette loi crapuleuse, nous venons, mon éditeur et moi-même, d’être condamnés par la cour d’appel de Paris (présidée par dame Françoise Simon) à verser trois cent soixante-quatorze mille francs en raison d’une simple interview. Mieux : deux autres procès sont en cours pour le même délit. Mieux encore : le total des personnes déjà condamnées ou actuellement poursuivies au titre de cette loi s’élève aujourd’hui à... vingt-sept (professeurs, ingénieurs, historiens, étudiants, mécaniciens ou techniciens... ; Ce chiffre peut comprendre plusieurs poursuites contre une seule personne.).


28 janvier 1993


[Malgré un rappel en date du 21 février 1993, cette lettre est restée sans réponse.]

Wednesday, July 8, 1992

Lettre à Claude Malhuret, Maire de Vichy


Pour les archives de la Ville,
car je tiens à prendre date.

Monsieur, 

Vous aggravez votre cas et, par voie de conséquence, celui de Vichy. Vous écrivez au Point (4 juillet 1992, p. 83) :

Mes prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ou contre la banalisation des actes du gouvernement de collaboration sont, je pense, connues de tous. 

Voilà qui tend à confirmer ce que je vous reprochais lorsque, à l’occasion de votre tournée électorale, vous vous étiez trouvé inopinément à mon domicile. Faisant allusion à vos prises de position (quel fol courage !) contre le révisionnisme et, en particulier, à vos efforts en vue de mettre au point une loi antirévisionniste, je vous avais dit que vous hurliez avec les loups. A deux reprises vous m’aviez piteusement répondu : « C’est pas moi [sic], c’est Pasqua ! » Je vous avais alors demandé ce que signifiait, de toute façon, la solidarité ministérielle.

Par la suite, j’ai failli être tué par trois nervis juifs dans un parc de Vichy. Ce fait, à lui seul, devrait vous interdire des « prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ». Le sort de votre ville et le sort des révisionnistes de Vichy vous est-il indifférent au point que vous accumuliez ces derniers temps les initiatives et les déclarations les plus irresponsables ? Rien ne vous obligeait à la servilité dont vous avez fait preuve à l’égard des résistantialistes et des juifs venus faire étalage à Vichy de leurs sentiments de haine et de vengeance. Vous êtes allé jusqu’à financer, indirectement, une énorme gerbe portant : « A la mémoire des victimes de Pétain ». Où est la gerbe portant : « Aux victimes de l’Epuration » ?

Vous êtes un pleutre. Un irresponsable. Et un lâche. On n’accable pas des compatriotes et même des concitoyens qui tombent déjà sous le coup de la loi stalinienne que vous prépariez contre les révisionnistes et qui, en fin de compte, a été votée par vos amis communistes et socialistes grâce à l’exploitation, crapuleuse, de l’affaire du cimetière de Carpentras.

Vous mentez. En donnant clairement à entendre que, pour vous, les prétendues chambres à gaz hitlériennes ont existé, vous propagez un gigantesque mensonge, une calomnie, une diffamation. 

Vous manquez de caractère. Vous cédez aux maîtres-chanteurs. Vous n’avez pas l’idée de rétorquer aux maximalistes juifs que, s’ils insistent pour qu’on rouvre les dossiers de la collaboration, les Français vont un jour demanderqu’on ouvre le dossier de la collaboration juive. Vichy, pendant la guerre, a été un tel haut-lieu de la collaboration juive que les juifs y affluaient et faisaient littéralement le siège de Philippe Pétain et de Pierre Laval. L’Union générale des Israélites de France était financée par « Vichy ». La rafle du Vel’ d’hiv’ (tout pays procède à la rafle des étrangers qui, en temps de guerre, présentent un danger : y compris les enfants) n’a été possible que grâce à la collaboration des employés de l’UGIF (qui a caché la date de la rafle et fait préparer ficelles, étiquettes et paquets). A travers toute l’Europe il a existé une vivace «internationale juive de la collaboration » (Maurice Rajsfus). 

Qu’attendez-vous pour remettre à leur place les Klarsfeld (auteur de Vichy-Auschwitz, maître-chanteur capable de se payer un sicaire) et J. Pierre-Bloch (qui doit tant à une parente de Laval) ? Après d’ignominieuses « réparations verbales », ils exigeront de Vichy des « réparations » en espèces sonnantes et trébuchantes.

Votre attitude à leur égard manque de dignité et de clairvoyance. La ville de Vichy le retiendra, et l’histoire.

P.J. : A – « Pétain, le film » (Le Choc du mois, juillet-août 1992, p. 6) sur l’escroc Kirsner, que vous vous êtes contenté d’égratigner.

      B – Votre lettre au Point, 4 juillet 1992, p. 83. Je vous rappelle que les juifs collabos ont eu le privilège, en 1944-45, de passer devant des jurys d’honneur qui les ont acquittés (président : Léon Meiss, du CRIF).




A) – Pétain, le film 
Le Choc du mois, juillet 1992, p. 6

Il se tourne actuellement à Vichy, Allier, un film sur le maréchal Pétain, destiné à raconter « l’histoire d’un régime fasciste français occulté dans l’histoire de France».

Le producteur de cette œuvre – qui fut récemment le coproducteur de Diên Biên Phu... – répond actuellement au nom de Jacques Kirsner. « Actuellement », car il eut son heure de gloire, non pas sous son identité réelle de Charles Stobnicer, mais sous son autre faux nom de Charles Berg.

En ce temps-là, c’était dans les années soixante- soixante-dix, Charles Berg défrayait la chronique comme l’un des principaux responsables trotskystes français, dirigeant de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) et de l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS).

L’aventure révolutionnaire durera jusqu’en 1979. Cette année-là, le XXIIe congrès de l’OCI décide « d’extirper la tumeur ». En clair : d’exclure Berg. Motifs,tels qu’ils ressortent du réquisitoire prononcé par Stéphane Just : 1. En tant que responsable de la commission province de l’OCI, Berg a gonflé le nombre des adhérents ; 2. Cette astuce lui permettait de pratiquer « la dilapidation à usage personnel des fonds de l’OCI ». Stéphane Just explique : «Le système utilisé était celui, classique, de la cavalerie financière, comblant les trous de trésorerie par des emprunts ou des détournements de fonds, mais dont les seuls résultats étaient de creuser des trous plus importants, et ainsi de suite. En tout état de cause, au bout, il y avait la culbute. Berg a reconnu les faits et signé les procès-verbaux les établissant 1. »

Le film de Kirsner-Stobnicer-Berg aura mis six ans à voir le jour. L’auteur n’a pu boucler son budget (cinquante-huit millions de francs annoncés) que grâce à l’aide que Jack Lang et Michel Charasse lui ont apportée. Pétain devrait être programmé dans les salles, et amplement commenté par l’ensemble des médias, au printemps 1993. Soit à la veille des élections législatives...

Lang et Charasse, en effet, pouvaient bien l’aider.




B) Lettre de Claude Malhuret au Point  
Le Point, 4 juillet 1992, p. 83

 Dans un article de son dernier numéro, votre journal me prête les propos suivants, en réponse à une question sur la vente de francisques chez un libraire-antiquaire de Vichy : « Que voulez-vous que j’y fasse ? François Mitterrand en a bien une, de francisque. »

Je n’ai jamais tenu de tels propos. Mes prises de position constantes et répétées contre le révisionnisme ou contre la banalisation des actes du gouvernement de collaboration sont, je pense, connues de tous. Et je souhaite qu’il n’y ait pas le moindre doute sur une éventuelle désinvolture de ma part vis-à-vis de ce problème (comme le suggère la phrase « Que voulez-vous que j’y fasse ?»), et encore moins sur la volonté de l’utiliser aux fins d’une polémique déplacée avec le président de la République.

8 juillet 1992

[1] La Vérité, Organe du Comité central de l’Organisation communiste internationaliste, n° 586, avril 1979.

Tuesday, May 30, 1989

Pour qui ne croirait pas aux chambres à gaz : la prison !


Une proposition de loi Laurent Fabius – Georges Sarre du 2 avril 1988 tend expressément à « combattre les thèses révisionnistes » ; elle prévoit contre les Français qui ne croient pas aux chambres à gaz et au génocide une peine d’emprisonnement d’un mois à un an, une amende de deux mille à trois cent mille francs et les frais afférents de publication judiciaire forcée. Jacques Chirac vient de se rallier au principe d’une telle loi.

L’année même du bicentenaire de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on s’apprête à embastiller des Français pour cause de blasphème. 

Laurent Fabius a prononcé son allocution en présence d’Harlem Désir, de Mmes Ahrweiler et Maxwell, de Harlem Désir, de rabbins et de nombreuses personnalités juives. Les débats étaient organisés par l’association des « Enfants de la Mémoire » censée représenter les « enfants de la troisième génération » après Auschwitz (la deuxième génération étant représentée par l’organisation de Serge Klarsfeld : « Fils et Filles des Déportés juifs de France »). L. Fabius a commencé par déclarer que, dans la vie politique, on oscillait nécessairement entre l’oubli et la mémoire. L’oubli peut être nécessaire ; parfois, l’amnistie s’impose ; par exemple, l’Édit de Nantes recommandait à propos des dissensions du passé « que nul n’en parle plus entre les Français ». Mais, selon L. Fabius, il ne peut en être de même pour la seconde guerre mondiale et, en particulier, pour les souffrances des juifs. Là, il faut se souvenir, ne rien oublier, parler, servir la Mémoire :

Il faut laisser ouverte la plaie de la Shoah pour qu’elle serve à la Mémoire. 

L. Fabius a dit qu’il avait personnellement proposé une loi contre les « négateurs » des chambres à gaz et de l’Holocauste. Cette loi est nécessaire parce que les «verrous» sont en train de sauter sous nos yeux. Il a ajouté qu’il connaissait les objections à cette loi mais que ces objections devaient céder. Aux applaudissements de la salle, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas de proscrire une opinion – car cela n’avait rien à voir avec une opinion – mais un mensonge. Il a conclu : « Le Parlement doit se faire Mémoire ».

Le cas de J. Chirac est intéressant. En novembre 1987, dans une interview avec des journalistes de L’Arche, mensuel juif, il avait confié qu’à titre personnel il ne croyait pas « qu’il faille aller jusqu’à transformer la négation du génocide en délit passible de sanctions pénales, car cela pourrait s’apparenter au délit d’opinion » [1].

Seize mois plus tard, son sentiment a changé. Pourquoi ?

Le 20 septembre 1987, Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé que, s’il ne dépendait que de lui, « le professeur Faurisson irait en prison » (Le Figaro, 21 septembre 1987, p. 7). A la même époque, Claude Malhuret, secrétaire d’État aux droits de l’homme dans le même gouvernement, travaillait depuis quelques mois «sur la possibilité d’inclure dans le code pénal un article réprimant les fauteurs du révisionnisme qui contestent la réalité de l’Holocauste » [2]. Le 10 février 1989, lors d’une rencontre fortuite à Vichy, je lui demandais personnellement compte de cette initiative ; il me répondait à deux reprises : « C’est pas moi [sic], c’est Pasqua ! » et il se défendait d’avoir voulu une répression quelconque du révisionnisme. Sur les partisans et les adversaires d’une « lex Faurissonia », c’est-à-dire d’une loi à l’allemande visant les révisionnistes, on consultera les Annales d'Histoire Révisionniste [3].

Il est possible que cette loi soit adoptée. 

Les tenants de la chambre à gaz sont dans une telle impasse qu’ils ne voient plus d’autre recours que dans une répression judiciaire accentuée. Toutes les tactiques et tous les expédients jusqu’ici utilisés pour freiner l’essor du révisionnisme ont échoué : pendant des années, le silence concerté, puis le déferlement de campagnes de presse particulièrement haineuses et violentes qui étaient de véritables appels au meurtre et aux voies de fait, l’assassinat, le vitriolage, les coups et blessures, l’incendie criminel, l’interdiction professionnelle, l’assimilation du révisionnisme à des idéologies d’extrême droite et d’extrême gauche, à l’antisémitisme, au racisme, l’interdiction de tenir la moindre réunion publique en plus de dix ans, une propagande holocaustique forcenée, un matraquage télévisuel délirant, la mise en condition de la jeunesse française par la transformation progressive des manuels d’histoire jusqu’à complète satisfaction des « enseignants amis d’Israël ». Rien n’y a fait : le révisionnisme s’est développé avec la force d’un mouvement naturel de l’esprit qu’aucun obstacle ne peut entraver. 

Les procès en cascade ont tourné à la confusion des accusateurs. Pour commencer, on a déployé des trésors de fourberie dans les accusations portées contre les révisionnistes. Procureurs et plaignants, et souvent les magistrats aussi, ont eu l’aplomb de prétendre que le révisionnisme lui-même n’était pas en cause. C’est ainsi que les révisionnistes se sont vu reprocher au gré des circonstances les délits les plus variés : l’atteinte à l’ordre public (et même à l’ordre moral !), la diffamation simple, la diffamation raciale, l’incitation à la haine raciale, le dommage à autrui, l’apologie de crimes de guerre, la propagation de fausses nouvelles, la dégradation de monument public, l’outrage à agent,... Mais, pour finir, les magistrats rendaient hommage à la qualité des travaux révisionnistes sur les chambres à gaz (arrêt du 26 avril 1983) ou autorisaient la mise en doute de l’existence des chambres à gaz et du génocide vu qu’il y avait manifestement là-dessus un « débat public entre historiens » (jugement du 16 décembre 1987). 

Sans doute aurait-il mieux valu accéder à la demande insistante des révisionnistes en vue d’obtenir un débat devant le grand public. Peut-être aussi aurait-il fallu procéder à une contre-expertise des locaux désignés à Auschwitz, Birkenau et Majdanek comme « chambres à gaz homicides » pour essayer de répondre à la redoutable expertise de l’ingénieur américain Fred Leuchter déposée devant un tribunal de Toronto le 20 avril 1988 et concluant de façon formelle à l’impossibilité d’existence de telles chambres à gaz en ces lieux...

Il reste aujourd’hui à observer, en France et à l’étranger, la réaction ou l’absence de réaction des milieux intellectuels qui se disent attachés à la liberté d’expression. 

On proposera à leur méditation l’article suivant du Monde [4] :


MM. Chirac et Fabius 
se prononcent pour l’interdiction 
de la propagande « révisionniste »


L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l’association Les Enfants de la mémoire ont organisé, le jeudi 23 mars, à l’Assemblée nationale un colloque consacré au problème de la transmission du souvenir du Génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la génération qui a vécu ces événements s’approche du soir de sa vie.

Placé sous le patronage de M. François Mitterrand, ce colloque parrainé notamment par MM. Laurent Fabius, Alain Poher, Jacques Chaban-Delmas et le grand rabbin de France, M. Joseph Sitruk, a été ouvert par une réception à l’Hôtel de Ville de Paris, au cours de laquelle M. Jacques Chirac s’est prononcé pour des mesures législatives permettant de poursuivre et de condamner la littérature dite révisionniste, qui nie la réalité du génocide.

Mme Simone Veil a souligné elle aussi, la nécessité de préserver la mémoire de la Shoah de l’oubli et des tentatives de falsification. Pour M. Jean Pierre-Bloch, dont l’intervention, jeudi, a suscité une vive émotion parmi les jeunes participants au colloque, il faut étendre les dispositions de la loi de 1972 contre le racisme, de telle sorte que « les faussaires puissent être poursuivis et mis au ban de l’opinion publique ». Le président de l’Assemblée nationale, qui a clos les débats, s’est prononcé dans le même sens. M. Fabius a indiqué que les députés socialistes avaient déposé une proposition de loi à cette fin.  


30 mai 1989

Notes

[1] L’Arche, p. 46, repris dans Le Monde, 10 novembre 1987, p. 11.
[2] Libération, 16 septembre 1987, p. 4. 
[3] AHR, n° 6 (hiver 1988-1989), p. 151-153.
[4] Le Monde, 26-27 mars 1989, p. 18.