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Wednesday, December 9, 1992

Révisionnisme : condamnation du "Choc du mois" et du professeur Faurisson


Par un arrêt de la XIe chambre de la cour d’appel de Paris en date du 9 décembre 1992, le responsable de la revue Le Choc du mois et le professeur Faurisson sont condamnés à verser 373 000 francs pour une interview du professeur publiée dans Le Choc du mois de septembre 1990. Cette somme comprend 60 000 francs d’amende et 313 000 francs de dommages-intérêts (et frais de publication) à verser à onze associations juives et autres. 

La cour était présidée par Mme Françoise Simon, assistée de Mme Dominique Guirimand et de M. François Chanut ; la représentante de l’État était Mme Brigitte Gizardini. 

Pendant toute la déposition du professeur, la présidente avait détourné ostensiblement son regard ; elle avait refusé au professeur le droit de lire le moindre document, y compris un extrait du « procès de Nuremberg ». 

C’est au nom de la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990, instituant le délit de révisionnisme historique (« contestation de crimes contre l’humanité ») qu’a été prise la décision de la cour présidée par Mme Simon.

Les frais déjà encourus par la revue et par le professeur pour le procès en première instance (condamnation par le juge Claude Grellier) et pour ce procès en appel ont été considérables. 

Il faut savoir, par ailleurs, que cette même interview fait l’objet de trois procès alors qu’en principe il ne peut y avoir qu’un procès pour un seul crime ou délit ! On peut donc s’attendre à deux autres condamnations.

Que faut-il de plus aux consciences de ce pays pour protester contre de telles atteintes à la liberté de recherche historique et à la liberté d’expression ?
9 décembre 1992

Monday, October 5, 1992

Trois procès contre "Le Choc du mois"

(Molière, Courteline et Kafka à la XVIIchambre)




Le Choc du mois de septembre 1990 (directeur responsable : Patrice Boizeau) avait publié deux textes:


– Premier texte (p. 5-7) : « Contre l’inquisition cosmopolite, contre l’oppression, contre l’imposture, refusons le bâillon »
de François Brigneau ;

– Second texte (p. 9) : « Entretien avec le professeur Faurisson : les historiens révisionnistes hors-la-loi » ; propos recueillis par Catherine Barnay.

Trois plaintes s’ensuivaient : 

Première plainte (citation contre R. Faurisson du 29 octobre 1990). L’Amicale des déportés du camp de Buna-Monowitz (responsable : Georges Wellers) portait plainte contre P. Boizeau, R. Faurisson et les Éditions Choc (mais non contre C. Barnay) pour « contestation de crimes contre l’humanité » dans le second texte ; 

Deuxième plainte (citation contre R. Faurisson ce même 29 octobre 1990). La LICRA (responsable: Jean Pierre-Bloch) et, à titre personnel, Jean Pierre-Bloch lui-même portaient plainte contre P. Boizeau, F. Brigneau et les Éditions Choc (mais non contre C. Barnay) pour « diffamation raciale », pour « provocation raciale» et pour « diffamation contre un particulier » dans le premier texte ; la LICRA portait également plainte contre P. Boizeau, R. Faurisson et les Éditions Choc (mais non contre C. Barnay) pour « diffamation raciale » dans le second texte ; 

Troisième plainte (citation contre R. Faurisson le 7 décembre 1990). Le ministère public (Marc Domingo) portait plainte contre P. Boizeau, F. Brigneau et les Éditions Choc pour « diffamation raciale » et « provocation raciale » dans le premier texte ; il portait également plainte contre P. Boizeau, R. Faurisson, C. Barnay et les Éditions Choc pour « diffamation raciale » et pour « contestation de crimes contre l’humanité » dans le second texte.

Ces trois plaintes allaient entraîner trois procès devant la même XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris. Le premier procès allait être présidé par Claude Grellier et les deux autres procès par Jean-Yves Monfort.

Premier procès : Il a été plaidé les 21 et 22 mars 1991. Référence : P. 90 302 03 25/0. A l’Association des déportés du camp de Buna-Monowitz se sont jointes dix autres associations. 

Le 18 avril 1991, les magistrats Claude Grellier, Alain Laporte et Mme Claude Marlier ont condamné P. Boizeau, R. Faurisson et les Éditions Choc à diverses peines financières s’élevant à un total d’environ 427.000 francs dont cent mille avec sursis.

Deuxième procès : Il a été plaidé le 9 avril 1992. Référence : P. 90 302 03 24/1. A la LICRA et à J. Pierre-Bloch s’est jointe la Ligue française pour les droits de l’homme et du citoyen. 

Pour le jugement, voyez le troisième procès.

Troisième procès : Il a été plaidé le 10 avril 1992. Référence : P. 90 271 07 80/1. Au ministère public (Gilbert Cervoni) se sont jointes huit associations. Le 15 mai 1992, les magistrats Jean-Yves Monfort, Mme Martine Ract-Madoux et Mme Sylvie Menotti, épouse Hubert, ont décidé de joindre les procédures des deux affaires plaidées le 9 et le 10 avril 1992. Ils ont condamné, à cause du premier texte, P. Boizeau, F. Brigneau et les Éditions Choc à diverses peines financières s’élevant à un total d’environ cent vingt mille francs. Ils ont débouté J. Pierre-Bloch de sa plainte. Ils ont ordonné la suppression par bâtonnement d’une expression employée par Me Éric Delcroix dans les conclusions qu’il avait déposées en faveur des prévenus. Pour le second texte, ils ont décidé le sursis à statuer dans les cas de P. Boizeau, R. Faurisson et C. Barnay en attendant la conclusion de l’appel interjeté contre le jugement de condamnation dans l’affaire de la première plainte (condamnation par C. Grellier du 18 avril 1991).

Le premier procès en appel : Ce procès sera plaidé le 21 et le 28 octobre 1992 à 13 h 30 devant la XIe chambre de la cour d’appel de Paris. L’arrêt sera probablement rendu vers la fin novembre. Jean-Yves Monfort attend cet arrêt pour reprendre la procédure du deuxième et du troisième procès.

Conclusion provisoire

Pour s’en tenir au cas du professeur Faurisson, ce dernier supporte le poids de trois procès là où il ne devrait y avoir qu’un seul procès pour une seule interview. Un adage bien connu du monde judiciaire (Non bis in idem) prononce qu’une personne ne peut être poursuivie deux fois pour le même délit. Or, le professeur est poursuivi trois fois pour le même délit. C’est comme si une personne accusée du vol d’une bicyclette était successivement poursuivie, en trois procès différents, pour le vol du guidon, pour le vol de la roue avant et pour le vol de la roue arrière. Lors du deuxième procès, l’artifice est devenu évident lorsqu’on a vu le président Jean-Yves Monfort essayer de choisir devant tout le monde les passages de l’interview à examiner ce jour-là (pour « diffamation raciale ») et les passages à examiner le lendemain, lors du troisième procès (pour « diffamation raciale » et pour « contestation de crimes contre l’humanité »). Le président opérait ses choix au petit bonheur et sans la moindre conviction comme dans une comédie de Molière ou de Courteline où on chercherait à fabriquer deux procès là où il n’y a de matière que pour un procès.

L’impression d’artifice a été renforcée par le jeu de masques et de rôles auquel se sont livrées les associations, les ligues et le ministère public. On changeait de masques, on échangeait les rôles mais les acteurs restaient les mêmes. Si une association prenait l’initiative d’un procès, aussitôt les autres ligues et associations se portaient en foule au secours de cette association et se joignaient à cette dernière pour réclamer encore plus de condamnations et encore plus d’argent. Puis survenait le ministère public qui exigeait sa livre de chair (cas de la procureuse Édith Dubreuil, enfiévrée de haine). Si, dans tel autre procès, le ministère public (cas du procureur Gilbert Cervoni, surpris en flagrant délit de manipulation de textes) prenait l’initiative, ligues et associations se précipitaient à la curée. Dans ce tohu-bohu où s’entendaient les arguments les plus contradictoires, les juges ont navigué à l’estime.

Au lieu de payer un avocat, le professeur Faurisson est obligé de payer trois avocats ou trois fois le même avocat. Et cela en première instance et, éventuellement, en appel et en cassation. Qui plus est, avec le sursis à statuer, un même procès peut se rejouer à plus d’une reprise. Les frais encourus jusqu’ici sont déjà considérables et les frais à venir – sans compter les condamnations – le seront encore plus.

5 octobre 1992

Tuesday, October 1, 1991

[Autre] Lettre à M. le Président de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris


Affaire ministère public et LIC(R)A contre Robert Faurisson et autres (audience du 3 octobre 1991)

Monsieur le président

Mon avocat, Me Éric Delcroix, déposera demain au Palais, à votre intention, un ensemble de cinq pages dactylographiées que j’ai rédigées pour ma défense et que je vous demande de bien vouloir lire publiquement à l’audience du 3 octobre ; j’insiste sur le fait que la cinquième et dernière page est partie intégrante de l’ensemble (malgré sa dénomination de « pièce jointe »). Se trouve également au nombre des « pièces jointes », un exemplaire de la quatrième livraison de la Revue d’histoire révisionniste, publication assimilée par l’honnête M. Albin Chalandon à la propagande en faveur de la toxicomanie et traitée, par l’honnête M. Pierre Joxe, comme une production pornographique ; dans cette livraison figure un compte rendu détaillé du « procès Faurisson » (audience du 21 et du 22 mars 1991 ; condamnation du 18 avril 1991).

Le 3 octobre, je ne comparaîtrai pas en personne devant votre tribunal. Les incidents du 21 et du 22 mars, auxquels se sont ajoutés ceux du 18 avril, m’ont enlevé toute confiance en ce qui regarde aussi bien ma sécurité physique que mon droit à m’exprimer dans la sérénité. Je mets ici en cause, d’une part, M. Claude Grellier, président du tribunal, et, d’autre part, le responsable, au Palais, du service d’ordre.

Le 21 et le 22 mars, j’ai été blessé et couvert de crachats ; d’autres révisionnistes ont été également frappés. Le 18 avril, mon éditeur Pierre Guillaume a été frappé et on lui a notamment brisé ses lunettes. Selon un procédé classique et que j’ai personnellement expérimenté à plus d’une reprise en douze ans, les gendarmes ont, après coup, joué les secouristes avec toutes les marques extérieures de la commisération et avec une compassion qui se donnait à voir, mais, au moment des violences, ils s’étaient bien gardés d’empoigner les auteurs de ces violences ; dans un seul cas, un voyou a été interpellé ; trois gendarmes l’ont précipitamment emmené au loin vers une destination inconnue, si bien que la victime n’a su contre qui porter plainte. Les nervis du Bétar, du Tagar, de la LIC(R)A et les manifestants juifs sont assurés, ainsi, que les gendarmes n’oseront jamais les traiter comme ils le méritent quand ils se livrent à des actes de violence.

Même la presse la plus hostile a remarqué que j’étais resté imperturbable sous les pires outrages lors de ma déposition. Imperturbable mais indigné. J’ai la citoyenneté britannique et j’ai quelque habitude de la justice anglo-saxonne. Je puis vous garantir que de pareils scandales seraient inconcevables dans l’enceinte d’un palais de justice et surtout devant un tribunal anglo-saxon.

L’hypocrisie de ceux qui m’intentent des procès ou qui me condamnent pour mes opinions révisionnistes n’est pas moins étonnante. De trois choses l’une : ou « chambres à gaz » et « génocide » ont existé, ou « chambres à gaz » et « génocide » n’ont pas existé, ou bien, enfin, on ne sait si « chambres à gaz » et «  génocide » ont existé ou non. Dans le premier cas, mon inculpation et ma condamnation sont concevables, ce qui ne veut pas dire forcément justifiés ; dans les deux autres cas, ils ne sont ni concevables, ni justifiables. Tout magistrat qui me condamne dans ce type d’affaire prend position, qu’il le veuille ou non, comme s’il avait compétence en matière d’histoire. Il est inique que des magistrats français aient commencé par prendre un ton solennel pour prononcer : « Nous ne sommes pas compétents en matière d’histoire » et que, la minute d’après, se raclant la gorge, ils aient, par une condamnation quelconque, cautionné la thèse de l’existence possible ou certaine des « chambres à gaz » et du « génocide ». Tant il est vrai que, s’il était admis que ces choses-là n’ont pas existé, il n’y aurait plus un seul procès contre les révisionnistes. La phrase que je lis en quelque sorte en tête des jugements qui nous condamnent est la suivante : 

Les bla-bla-bla ont existé ou pu exister ; parce que vous nous le contestez, nous vous châtions. 

Le comble de l’hypocrisie est atteint quand on se sert de prétextes en vue de nous inculper pour notre révisionnisme : « dommage à autrui », « diffamation raciale », « provocation à la haine raciale », «propagation de fausses nouvelles», « apologie de crimes de guerre», etc. Au moins la loi stalinienne du 13 juillet 1990 a-t-elle, peu ou prou, la franchise et le cynisme de Joseph Staline et de ses représentants et alliés au « tribunal militaire » de Nuremberg. Écoutez la LIC(R)A elle-même vous le dire : l’avantage de cette nouvelle loi est qu’elle permet de poursuivre franchement les révisionnistes au lieu d’user de subterfuges (et de carpentrasseries, ajouterais-je pour ma part).

La liberté d’expression a des limites et l’historien doit, comme tout le monde, respecter ces limites. Mais la liberté de recherche en matière d’histoire est une autre affaire et je n’entends pas que MM. Fabius, Chalandon, Joxe, Gayssot et Mitterrand se mêlent de m’apprendre comment je dois raconter l’histoire.

J’ignore comment se déroulera l’audience du 3 octobre. J’y envoie trois observateurs. Si la LIC(R)A, le Bétar, le Tagar et ces innombrables associations d’anciens déportés, rescapés, miraculés, ne mobilisent pas leurs troupes, tout se passera bien ; dans le cas contraire, les incidents les plus graves sont possibles, y compris ce qui s’est passé dans soixante cas répertoriés, du fait des milices juives ou de leurs comparses, depuis 1978. 

Croyez que j’aurais eu plaisir à vous rencontrer, vous confortablement installé dans votre fauteuil de juge et moi sur la dure banquette du prévenu déjà coupable ou debout sur mes jambes malgré les coups reçus. J’aurais pu vous rappeler quelques vérités bien senties sur l’imposture des prétendues « chambres à gaz » et du prétendu « génocide » des juifs. Qui sait, j’aurais peut-être eu affaire à un magistrat découvrant peu à peu qu’en la circonstance, des politiciens français ont voté une loi inapplicable, à charge pour les juges de s’en débrouiller.

Je parle rudement et franchement aux juges français mais en eux je respecte l’homme ou la femme qui m’écoute ou fait semblant de m’écouter. Vous remarquerez que les hommes politiques, eux, et en particulier les communo-socialistes qui ont voté la loi Fabius-Gayssot, se moquent autant de vous qu’ils se moquent du droit au doute et à la recherche ou de la liberté de pensée et d’expression.

J’ai la conviction d’honorer ma profession et d’accomplir mon devoir de chercheur d’exactitude, sinon de vérité. Voilà au moins deux points où un magistrat peut me comprendre et, qui sait, m’envier aussi peut-être. 

François Brigneau et Le Choc du mois sont mes co-inculpés. C’est encore un honneur pour moi de me trouver aux côtés des responsables d’une publication de haute qualité et de l’écrivain français que je tiens pour le plus fin et le plus fort connaisseur des ressources de notre langue, aujourd’hui.

Veuillez recevoir, je vous prie, l’assurance de ma considération pour votre personne.
1er octobre 1991

Thursday, September 26, 1991

Lettre à M. le Président de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris



Monsieur le président,

J’ai l’honneur et le regret de vous faire savoir que je ne me présenterai pas devant votre tribunal le 3 octobre prochain ; je charge mon conseil, Me Éric Delcroix, de bien vouloir m’y représenter. 

L’expérience des 21 et 22 mars 1991 m’enseigne qu’on ne peut ni ne veut réellement assurer ma sécurité lorsque je me présente devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris.

En apparence et en paroles, on se soucie de ma sécurité ; en fait et en actes, on s’en moque. 

J’évalue à cinquante le nombre des gendarmes qui étaient présents sur les lieux lors de mon procès devant M. Claude Grellier, président de la XVIIe chambre. Ce nombre aurait dû suffire à éviter tout incident grave soit dans le hall d’accès au tribunal, soit dans le prétoire même.

Il n’en a rien été. Dans le hall d’accès, j’ai été couvert de crachats et frappé tandis que, dans le prétoire, j’ai été couvert de crachats et abreuvé d’insultes. 

De nombreux manifestants avaient été convoqués par la LICRA, le Bétar et le Tagar. Les gendarmes avaient, selon toute vraisemblance, reçu la consigne d’éviter le moindre incident avec ces personnes venues me crier leur haine et me frapper. Un seul gendarme a tenté de me protéger mais j’ai été blessé à la jambe droite et il m’a fallu, par la suite, subir, en conséquence, une intervention chirurgicale à cette jambe le 5 juillet 1991. Trois gendarmes se sont bien saisis d’un jeune manifestant particulièrement violent mais ils ont pris la précaution de l’emmener précipitamment au loin, hors de la vue de tous, si bien que la personne frappée n’a pu connaître l’identité de ce manifestant. Ont été ainsi frappés ou malmenés certains de mes amis ainsi que des membres de ma famille, notamment un frère et une sœur reconnus comme tels par des voyous bien informés.

Pendant toute une partie de ma déposition, j’ai été copieusement insulté par des personnes se présentant comme « déportés juifs ». A plusieurs reprises, M. Grellier a prévenu les perturbateurs qu’il donnerait l’ordre de les expulser. En vain. Lorsque, à la fin des fins, il lui a bien fallu ordonner l’expulsion de trois manifestants juifs surexcités, ces derniers, voyant approcher les gendarmes, leur ont signifié qu’ils refusaient de quitter les lieux : « Allez-y ! Dégainez ! Nous, on reste !» Et ils sont restés. M. Grellier avait fait preuve de plus d’autorité le jour où, peu auparavant, j’étais venu à la barre pour témoigner en faveur de M. François Brigneau. Il m’avait interrompu et fait expulser !

Je ne peux plus accorder de confiance aux magistrats et aux gendarmes pour assurer ma sécurité au palais de justice de Paris. 

A Paris, comme en bien d’autres villes de France, les milices juives font la loi, avec l’assentiment du ministère de l’Intérieur [1]. Ces milices sont armées tandis que les honnêtes gens sont désarmés. Il sévit par ailleurs dans ce pays une « insupportable police juive de la pensée » [2]. La loi ou, plutôt, l’oukase Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 illustre le caractère exorbitant des privilèges de cette police. Je rappelle que l’idée de cet oukase a germé dans l’esprit d’un certain nombre d’intellectuels groupés autour du rabbin Sirat et de Serge Klarsfeld [3]

En toute quiétude, M. Jean Pierre-Bloch est venu faire une apparition à mon procès. Ni ce jour-là, ni en aucune autre circonstance de sa vie, il n’a été la victime d’une violence ou d’une voie de fait de la part de ces révisionnistes qu’il accuse mensongèrement d’être des violents ou des provocateurs. Il encourt une grave responsabilité dans les campagnes de haine et dans les violences dont les révisionnistes, eux, ne cessent d’être les victimes depuis douze ans. Son organisation (la LIC(R)A) et son organe de presse (Le Droit de vivre, qui devrait s’appeler Le Droit de tuer) m’ont promis, selon la formule de leur collaborateur Raphaël Jerusalmy, que je ne « fera[is] pas de vieux os ». Dans sa livraison de février-mars 1991, Le Droit de vivre avait « mobilisé » ses « militants » et ses « sympathisants » pour mon procès des 21 et 22 mars. Comme de bien entendu, on appelait ces gens à venir « dans le calme, le silence et la dignité ». Mais, de chaque article consacré par cette publication aux révisionnistes, suintent la haine et la violence. Je rappelle que la LIC(R)A a été fondée pour défendre un assassin, notamment en faisant pression sur les magistrats qui, à l’époque, avaient à le juger. La LIC(R)A n’a pas dérogé. Elle porte un stigmate qui ne trompe pas. Les 21 et 22 mars 1991, elle a montré son visage habituel.

Ce même J. Pierre-Bloch et cette même LIC(R)A osent aujourd’hui déclarer que, dans mon interview écrite du Choc du mois de septembre, je diffame les juifs parce que j’ai conclu, avec mille autres chercheurs révisionnistes dans le monde, que le prétendu génocide des juifs et les prétendues chambres à gaz hitlériennes n’ont jamais existé.

Qu’y pouvons-nous ? Faudrait-il cacher le résultat de ses recherches pour n’avoir pas à contrarier Pierre ou Paul ? Faudrait-il, pour plaire à ce même Pierre ou Paul, mentir délibérément et dire ou laisser dire que « génocide » et « chambres à gaz » ont existé ? Faudrait-il ainsi participer à une atroce calomnie ? Mon droit, comme mon devoir, est de dire publiquement que :

 1) pour des raisons d’ordre principalement physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et historique, il est amplement démontré que les révisionnistes ont raison (voyez, en France et à l’étranger, la bibliographie révisionniste) ;
 2) de récentes expertises physico-chimiques ont prouvé, comme je l’avais découvert dès le début des années soixante-dix, que l’existence des prétendues chambres à gaz hitlériennes se heurte à une foule d’impossibilités matérielles (voyez les deux expertises Leuchter, l’expertise de Cracovie, etc.) ;
 3) un ensemble impressionnant de faits historiques, relatifs à la seconde guerre mondiale, démontre que, s’il a existé de la part des autorités du IIIe Reich une politique de plus en plus hostile aux juifs (mais non aux sionistes : loin de là !), il n’a pu exister de leur part ni une politique de destruction physique de ces juifs ni, pour mener à bien cette prétendue politique, des camps dits « d’extermination » ; 
 4) sur le plan scientifique, le dogme de l’ « Holocauste » est mort tandis que, sur le plan médiatique, on s’évertue à cacher cette mort et, s’il a fallu pour certains édicter l’oukaze du 13 juillet 1990, c’est précisément parce qu’on ne peut plus opposer d’argument logique ou historique aux révisionnistes.

Dans les siècles passés, d’innombrables magistrats, y compris Jean Bodin, ont « tenu pour prouvé » que des sorciers ou des sorcières avaient eu commerce avec le diable, mais ces magistrats n’avaient pas commencé par le commencement : ils n’avaient pas établi l’existence du diable. Au XXsiècle, de nombreux magistrats ont « tenu pour prouvé » que des nationaux-socialistes allemands avaient délibérément exterminé des millions de juifs, notamment au moyen de diaboliques chambres à gaz, mais ces magistrats n’ont pas commencé par le commencement : ils n’ont pas établi l’existence de ces chambres à gaz, totalement inconcevables du point de vue de la physique et de la chimie.

Les chercheurs qui ont autrefois prouvé que le diable, ses pals, ses grils, ses fours, n’étaient qu’une abominable invention de la crédulité humaine étaient avant tout guidés par le goût de la recherche et non par le désir de « diffamer » l’Église ; de la même façon, en notre siècle, les révisionnistes, qui ont surabondamment prouvé que le diabolique génocide des juifs et les diaboliques chambres à gaz hitlériennes ne sont qu’une détestable invention de la propagande de guerre et de la crédulité humaine, veulent réhabiliter la vérité des faits et ne songent pas à « diffamer » la Synagogue.

Mais, à l’exemple des chercheurs qui, tel Galilée, finissaient par protester contre la répression dont ils étaient les victimes de la part de l’Église à cause du résultat de leurs recherches, les révisionnistes, aujourd’hui, élèvent une solennelle protestation contre la répression dont ils sont les victimes de la part de la Synagogue parce qu’ils publient les résultats de leurs travaux.

En douze ans, j’ai subi six agressions physiques, une tentative d’assassinat et une incessante répression judiciaire et extrajudiciaire. Je ne suis pas le seul révisionniste dans ce cas et des révisionnistes juifs ont peut-être encore plus souffert que moi. Je n’en conçois pas de haine mais je dis à mes juges : « Halte-là ! Ne vous déshonorez pas ! Ne jouez pas les Ponce Pilate en invoquant la nécessité d’appliquer telle ou telle loi ! Il existe, pour les juges, bien des moyens de ne pas appliquer une loi qu’ils tiennent eux-mêmes pour injuste, absurde ou désuète. »

Dans le passé, les juges qui m’ont condamné pour mon révisionnisme ont immanquablement commencé par rappeler que les magistrats n’ont aucune compétence en matière d’histoire, ce qui est vrai ; ils ont ajouté qu’ils n’avaient donc pas à se prononcer sur le point de savoir si « chambres à gaz » et « génocide » avaient réellement existé, ce qui est encore vrai. Mais, aussitôtle principe énoncé, ils sont passés outre et ils ont agi comme si « chambres à gaz » et « génocide » avaient incontestablement existé. Ce postulat, qu’ils n’osent pas exprimer, leur dicte la condamnation des révisionnistes. Imaginons un instant que, de même que la religion du communisme vient d’imploser, la religion de l’Holocauste vienne, elle aussi, à imploser dans l’esprit du grand public : il n’y aurait plus de procès contre les révisionnistes ! Les procès en sorcellerie ont cessé du jour où la croyance universelle en la réalité physique du diable s’est effondrée. Je précise, pour être juste, qu’il est arrivé à des magistrats français de rendre hommage à la qualité des travaux révisionnistes mais, bien sûr, on a trouvé prétexte à condamner les auteurs de ces travaux. Rappelons que Galilée lui-même n’a pas été condamné sur le fond de sa thèse mais sur la forme. Dans ces cas-là, rien n’est facile à trouver comme un prétexte.

Mon procès des 21 et 22 mars 1991 a démontré que la partie adverse est désormais incapable de fournir une preuve, une seule preuve de l’existence d’une prétendue politique de destruction physique des juifs, ou encore une preuve, une seule preuve de la réalité des prétendues chambres à gaz hitlériennes. Quant aux magistrats qui ont osé me condamner, ils sont incapables de me définir ce qu’est une chambre à gaz hitlérienne ni de m’en décrire ou de m’en dessiner une. Et pour cause ! On ne peut ni définir, ni décrire, ni dessiner un cercle carré ou un carré circulaire. Ces magistrats reconnaissent qu’ils n’ont eux-mêmes aucune compétence en matière d’histoire mais ils me condamnent au nom d’une loi, signée de F. Mitterrand, qui décrète qu’un tribunal, « militaire » celui-là, le Tribunal de Nuremberg, avait toutes les compétences pour juger en matière d’histoire, et cela sans appel possible et pour l’éternité. Au cours de ma déposition, j’ai montré que le procès de Nuremberg avait été une mascarade judiciaire. Il faut croire qu’ici mes arguments ont porté puisque, dans son jugement, M. Grellier écrit :

Des critiques peuvent, à juste titre, être développées concernant l’organisation, la structure et le fonctionnement du Tribunal Militaire International de Nuremberg, tant sur le plan juridique qu’historique ou philosophique.

Si, comme le reconnaît M. Grellier, le Tribunal de Nuremberg est critiquable à tous les points de vue possibles et imaginables, en quoi peut-on me reprocher de critiquer à mon tour ce tribunal sur un seul point d’histoire ? 

Absurde dans son principe, la loi Fabius-Gayssot ne peut conduire qu’à des absurdités dans son application. Elle revient à menacer de prison et d’amendes ceux qui ne croiraient pas à la quadrature du cercle, telle que décrétée, sans appel et pour l’éternité, par un tribunal « militaire » de circonstance.

Je maintiens tous les termes, sans exception, de l’interview écrite que j’ai signée dans Le Choc du mois de septembre 1990 : autant je revendique l’honneur d’y défier une loi scélérate, autant je n’y vois pas l’ombre d’une « diffamation raciale » ou d’une « provocation raciale ». 

Veuillez recevoir, Monsieur le président, l’assurance de mes sentiments indignés.


P.J. : – Ma récidive immédiate du 18 avril 1991 : « Le révisionnisme devant les tribunaux français. »

         – Revue d’histoire révisionniste, n° 4, avril 1991, pour l’article intitulé : « Procès Faurisson » (p. 107-133) [4].


P.S. : Aujourd’hui même se déclenche une campagne médiatique en faveur d’un produit lancé par l’ex-stalinien Serge Moati. Il s’agit d’une production télévisée en deux épisodes sur La Haine antisémite ; le révisionnisme y est présenté comme un phénomène antisémite. Cette campagne culminera le 2 octobre (veille de mon procès) et le 3 octobre (jour de mon procès) avec la projection du film, la vente des cassettes et le lancement du livre. Un sondage publié par L’Événement du jeudi (26 septembre 1991) révèle que cette « haine » serait en chute libre.

26 septembre 1991


Notes

[1] Voyez la déclaration de Mme Fabius-Castro dans Le Monde du 7 mars 1986, p. 8 : « Extraordinaire nouveauté dans le comportement politique, la gauche a permis à des milices juives de s'installer dans des quartiers, rue des Rosiers à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, à Strasbourg. Ces milices ont des contacts réguliers avec le ministre de l'Intérieur ».
[2] Voyez la déclaration d’Annie Kriegel dans L’Arche, avril 1990, p. 25, et Le Figaro, 3 avril 1990, p. 2.
[3] Bulletin de l’Agence télégraphique juive, 2 juin 1986, p. 1.
[4] Ces textes sont reproduits dans Ecrits révisionnistes (1974-1998), volume III, p. 1310 et p. 1292-1330.