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Tuesday, March 6, 2012

Spéculations sur la récente décision du Conseil constitutionnel


On spécule beaucoup sur la récente décision du Conseil constitutionnel de rejeter la loi portant sur ce que certains appellent le génocide arménien". Les uns font remarquer qu'il ne s'ensuit pas du tout que ledit Conseil pourrait faire de même pour "le génocide des juifs" tandis que les autres pensent que la porte est désormais ouverte à un rejet de la loi Fabius-Gayssot qui, jusqu'à présent, interdit l'expression du révisionnisme.
Les premiers ont raison de nous mettre en garde contre toute illusion. Les seconds m'ont l'air de tout ignorer de la race des magistrats.
Dès lors qu'ils se trouvent face à un tabou de la dimension de celui qu'ont institué nos saigneurs et maîtres pour protéger l'imposture de la Shoah nos magistrats se conduisent comme le reste de la population française : ils se terrent ou ils se taisent ou ils font chorus avec les censeurs. Ils multiplient alors les contradictions, ils s'infligent les pires démentis, ils mentent effrontément. Et puis, tout d'un coup, il peut arriver qu'ils s'enhardissent et qu'ils secouent le joug. Personnellement je ne leur accorde guère de confiance. Je les  ai trop vus à l'oeuvre. Leur capacité de mensonge est suffocante.
Offrons-nous une récréation. Dans Le Monde du 6 mars 2012, en page 17, figure, sous la signature d'une dame "écrivaine, chargée d'enseignement à Sciences Po", du nom de Louise L. Lambrichs, un interminable lamento sur le fait qu'à son avis "la décision du Conseil constitutionnel consacre la victoire de Robert Faurisson et de Noam Chomsky". Au sujet des membres du Conseil constitutionnel elle écrit : "Il faut croire qu'ils n'ont pas mesuré l'effet probable de leur décision, qui autorisera désormais les jeunes générations qui seraient tentées de nier l'existence des chambres à gaz à proclamer haut et fort, comme le font déjà certains, que les juifs ont tout inventé et qu'il s'agirait là, finalement, d'un mythe."
Pour une lecture ou une audition complète du lamento en question, voyez
Quant à une opinion contraire, on lira l'article du communiste Jean-Claude Gayssot, un article qui n'aura pas eu l'honneur de paraître dans Le Monde papier mais seulement dans Lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/02/genocide-armenien-il-faut-revenir-avec-un-texte-juridiquement-rassurant_1651325_3232.html).

6 mars 2012

Speculazioni sulla recente decisione del consiglio costituzionale francese


Si specula molto sulla recente decisione del Consiglio costituzionale di rigettare la legge che porta su ciò che certi chiamano “il genocidio armeno”. Gli uni fanno notare che non consegue affatto che il suddetto Consiglio possa fare parimenti per “il genocidio degli ebrei” mentre gli altri pensano che la porta è oramai aperta ad un rigetto della legge Fabius-Gayssot che, ancora, proibisce l’espressione del revisionismo.
I primi hanno ragione di metterci in guardia contro ogni illusione. I secondi sembrano ignorare del tutto la razza dei magistrati.
Dal momento che si trovano di fronte a un tabù della dimensione di quello che hanno istituito i nostri saigneurs et maîtres per proteggere l’impostura della Shoah i nostri magistrati si comportano come il resto della popolazione francese:  si rintanano o tacciono o fanno coro coi censori. E allora moltiplicano le contraddizioni, si infliggono le peggiori smentite, mentono sfacciatamente. E poi, tutto ad un tratto, può succedere che si imbaldanziscano e che scuotano il giogo. Personalmente non accordo loro fiducia. Li ho visti troppo all'opera. La loro capacità di menzogna è soffocante.
Offriamoci una ricreazione. In Le Monde del 6 marzo 2012, a pagina 17, figura, sotto la firma di un signora “scrittrice, incaricata dell’insegnamento all’istituto degli studi politici” di Parigi, di nome Louise L. Lambrichs, un lamento interminabile sul fatto che a suo avviso “la decisione del consiglio costituzionale consacra la vittoria di Robert Faurisson e di Noam Chomsky”. A proposito dei membri del consiglio costituzionale scrive: “Bisogna credere che non hanno misurato l’effetto probabile della loro decisione, che autorizzerà le giovani generazioni che saranno ormai tentate di negare l'esistenza delle camere a gas a proclamare forte e chiaro, come già fanno certi, che gli ebrei hanno inventato tutto e che si tratterebbe, finalmente, di un mito”.
Per una lettura o un ascolto completo del lamento in questione, vedere:
Quanto a un’opinione contraria, si leggerà l’articolo del comunista Jean-Claude Gayssot, un articolo che non avrà avuto l’onore di apparire su Le Monde cartaceo ma soltanto su Lemonde.fr (http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/02/genocide-armenien-il-faut-revenir-avec-un-texte-juridiquement-rassurant_1651325_3232.html).
6 marzo 2012
Traduzione a cura di Francesca Maria

Friday, December 23, 2011

Au cadran de l’Histoire il est minuit pour les menteurs et les dupes de "l’Holocauste" !


En première page du Monde de ce jour figure un éditorial, c’est-à-dire un article émanant de la direction du journal, autrement dit de Louis Dreyfus, président du directoire, ou d’Erik Izraelewicz, membre du directoire, ou de Pierre Bergé, président du conseil de surveillance. Il est intitulé : « Les lois mémorielles ne servent à rien. Hélas ! » . Ces lois, nous dit-on, « créant le délit de négationnisme […] ne soulagent même pas la douleur de ceux qui voient leur passé, fût-il le plus avéré, vérifié, enquêté, ignoblement réécrit aux fins d’être nié. Depuis le vote de ces lois, négationnistes et théoriciens du complot ont pignon sur rue comme jamais, grâce notamment à Internet. »
Je comprends que Le Monde trouve à se plaindre et qu’avec cet « Hélas » il laisse échapper un soupir de vieille chaisière. Ce journal « de référence »  s’est signalé en France par son acharnement contre les révisionnistes. L’histoire retiendra que, surtout depuis la fin des années 1970, il a notamment pris fait et cause pour la thèse de l’existence et du fonctionnement de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIe Reich : un fait qui n’est pourtant ni « avéré », ni « vérifié », ni « enquêté » mais seulement affirmé, réaffirmé, imposé comme vérité d’évidence, et cela en dépit de la découverte, le 19 mars 1976, par un révisionniste français de certains documents techniques obstinément cachés depuis la guerre par le Musée d’Etat d’Auschwitz [http://robertfaurisson.blogspot.com/2010/09/retour-sur-ma-decouverte-le-19-mars_14.html] et en dépit de données physiques, chimiques, architecturales et documentaires résultant soit de recherches in situ, soit d’expertises qui ont conclu à la non-existence et même à l’impossibilité d’existence de ces armes de destruction massive.
Je comprends également que Le Monde déplore que les révisionnistes aient trouvé « grâce notamment [et non « exclusivement »] à Internet » un moyen d’expression qui « comme jamais » leur permet de connaître aujourd’hui un véritable succès. Mais ce succès-là  s’explique : pendant des dizaines d’années la presse écrite, la radio et la télévision nous ont assené sur tous les tons que les révisionnistes n’étaient que des négationnistes, des « complotistes », des antisémites, des fous qui, comme on nous le rappelle ici, réécriraient l’histoire « ignoblement ». Aussi, par un effet de contraste, les internautes ont-ils été stupéfaits de voir que les écrits des révisionnistes sont dans leur ensemble solidement charpentés et d’un incontestable caractère scientifique. Les découvertes révisionnistes sont à ce point sérieuses et matérielles que les tenants de la thèse officielle sont eux-mêmes obligés de « réviser », parfois de fond en comble, ce qu’ils croyaient évident, qu’il s’agisse de faits ou de chiffres. Je me permets de renvoyer sur ce chapitre à deux études que j’ai respectivement intitulées, en 2006, « Les Victoires du révisionnisme » [http://robertfaurisson.blogspot.com/2006/12/les-victoires-du-revisionnisme.html] et, en 2011, « Les Victoires du révisionnisme (suite) » [http://robertfaurisson.blogspot.com/2011/09/les-victoires-du-revisionnisme-suite.html].
Là où, en revanche, j’estime que Le Monde se rend coupable de schutzpah (en juif, un aplomb de menteur ou de voleur), c’est lorsqu’il pousse l’audace jusqu’à écrire que les révisionnistes « ont pignon sur rue comme jamais, grâce notamment à Internet ». Ainsi donc nous autres révisionnistes nous aurions eu autrefois et nous aurions aujourd’hui comme jamais  « pignon sur rue ». On apprend donc ici qu’alors qu’il était en prison tel révisionniste avait, paraît-il, en réalité « pignon sur rue ». Dans différents hôpitaux, tel autre avait, nous dit-on, « pignon sur rue » pendant qu’à diverses reprises il lui fallait subir des opérations chirurgicales à la suite de violentes agressions physiques dont jamais les auteurs n’ont été arrêtés et livrés à la justice. Chassés de leurs emplois et se retrouvant à la rue, tels autres révisionnistes avaient, nous assure-t-on, « pignon sur rue ». Mis au ban de la société, voyant leurs familles détruites, parfois acculés au suicide, d’autres révisionnistes avaient, sans le savoir, « pignon sur rue ». Attraits en justice, perquisitionnés à tout va, condamnés, accablés d’amendes, de dommages et intérêts, de frais de publications judiciaires forcées, d’autres encore auraient eu « pignon sur rue ». Ne cessant de réclamer un débat public et s’entendant répondre qu’ils n’étaient que de « fortes têtes du mensonge et de la falsification de l’histoire » ou des « gangsters de l’histoire » (le très chrétien Bruno Frappat dans Le Monde des 5-6 juillet 1987, p. 31), tous, à divers titres, avaient « pignon sur rue ». Quand, dans le Journal officiel de la République française, paraissait le 14 juillet 1990 une loi spéciale permettant de les châtier avec une rigueur accrue, ils avaient là – consécration suprême – « pignon sur rue », c’est-à-dire qu’ils jouissaient aux yeux de tous d’une situation établie, aisée, enviable.
En lisant ce passage de l’éditorial en question ma pensée s’est portée vers le cas, parmi bien d’autres, d’un révisionniste français, père de huit enfants, que, pour un écrit révisionniste de seize pages, la justice française a récemment condamné à un an de prison et à un flot de peines financières alors que les juges savaient pertinemment qu’il était presque sans ressources et ne gagnait sa vie qu’en donnant des leçons particulières. Le Monde a totalement passé son cas sous silence. Son nom : Vincent Reynouard. En raison de ses convictions révisionnistes (jamais exprimées dans son établissement) il avait été autrefois chassé de son emploi de professeur de l’enseignement secondaire ; il excellait dans son travail et ses élèves l’adoraient. « Rendez-nous M. Reynouard ! » pouvait-on lire sur un calicot brandi par des élèves dont certains « venus de la diversité ». Je lui ai demandé de me résumer la dernière de ses tribulations. Voici le compte rendu de l’intéressé :
Mes condamnations :

1/ Pour ma brochure de seize pages [Holocauste ? Ce que l’on vous cache… : http://holywar.org/Vincent_Reynouard_tract.pdf], j’ai été condamné en première instance le 8 novembre 2007, en vertu de la loi Gayssot, à une peine d’un an de prison ferme, 10 000 euros d’amende et 3 300 euros de dommages et intérêts à verser aux parties civiles. Vous trouverez cela dans Sans Concession n° 35, décembre 2007, aux pages 1-2 et 27-30. Le 26 juin 2008, la Cour d'Appel de Colmar a confirmé la peine de prison, portant l’amende à 20 000 euros et ordonnant la publication par extraits de l’arrêt au Journal Officiel, ainsi que dans les quotidiens Le Monde et Les Dernières Nouvelles d'Alsace (n’ayant jamais eu le texte de cet arrêt entre les mains, je suppose que les dommages et intérêts restaient fixés à 3 300 euros). Vous trouverez cela dans Sans Concession n° 40, juin 2008, à la page 27.

2/ Une semaine auparavant, la justice belge (61e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles) m’avait condamné, sur le fondement d’une loi belge identique à notre loi Gayssot, à un an de prison ferme et à environ 25 000 euros à payer (amendes et frais divers). Vous trouverez cela dans Sans Concession n° 40, aux pages 23-26.


Mes incarcérations : 

Pour ma condamnation en Belgique, j’ai été placé sous surveillance électronique du mois d’avril 2010 au 9 juillet 2010. 

Parce qu’un mandat d’arrêt européen avait été lancé contre moi par la France (suite à ma condamnation à un an de prison ferme), le 9 juillet 2010, j’ai été arrêté chez moi et incarcéré à la prison de Forest (Bruxelles) dans l’attente de mon extradition. J’y suis resté jusqu’au 19 août 2010, date à laquelle j’ai été extradé vers la France. Livré aux autorités françaises à la frontière, j’ai été immédiatement incarcéré à la maison d’arrêt de Valenciennes, où je suis resté jusqu’au 5 avril 2011. J’ai bénéficié des trois mois de remise automatique de peine, ainsi que de quatre jours supplémentaires, parce que dans le cadre de l’enquête qui m’avait valu la condamnation à un an de prison ferme, j’avais été incarcéré pendant quatre jours à la prison de Fleury-Mérogis (j’avais été arrêté à la demande du juge d’instruction qui m’avait convoqué pour m’interroger, mais je ne m’étais pas rendu à la convocation. Il avait alors lancé un mandat d’arrêt.). 

Conclusion : j’ai purgé 9 mois entiers de prison en France et plus de trois mois de surveillance électronique en Belgique.                
                                                                                      Vincent Reynouard

L’abominable silence du Monde
Pendant des dizaines d’années Le Monde s’est permis de passer sous silence, à de rarissimes exceptions près, la manière dont tant de Français ont été dans leur propre pays ostracisés et traités, peu s’en faut, comme les Palestiniens le sont dans la terre de leurs ancêtres. Les responsables successifs du quotidien se sont faits en général les complices d’une impressionnante série de crimes, au reste demeurés impunis. Là encore, faute de pouvoir récapituler un à un les cas particuliers, revenons à V. Reynouard. Des textes de protestation contre son arrestation, son extradition, sa condamnation, son emprisonnement ont circulé, dont l’un a connu un retentissement certain sur Internet et dans des organes de presse moins intolérants que Le Monde. Tel a été le cas de la pétition lancée par Paul-Eric Blanrue et qui a, entre autres signatures, recueilli celle de Noam Chomsky. [http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com]. Certaines personnes ont pris la peine d’écrire au Monde pour demander que le journal veuille bien informer ses lecteurs de ce qu’en France, un père de huit enfants, coupable d’avoir produit et diffusé à quelques exemplaires un opuscule de seize pages, était pareillement traité. Exemple de réponse reçue de <courrier-des-lecteurs@lemonde.fr> :

Objet: Rép : Auteur incarcéré en France [25 novembre 2010]
Bonjour,
Nous vous remercions de votre courriel. Nous en avons pris bonne note.
Bien à vous,

M. Dominique Buffier
Le Courrier des lecteurs

Autant dire que Le Monde, informé du sort ignominieux fait à un chercheur en raison même du résultat de ses travaux, a délibérément choisi de n’en rien dire à ses lecteurs et, sans avoir l’honnêteté et le courage de nommer ce chercheur et ses pareils, il a décidé de poursuivre jusqu’au bout ses campagnes de haine, de mensonge et de calomnie contre les révisionnistes.
Vivant en un cercle fermé, déplorant la concurrence que leur fait Internet, les dirigeants du Monde n’ont pas compris que les temps sont révolus où les journalistes pouvaient se permettre de dissimuler les informations qui les dérangeaient ; inéluctablement Internet révèle ce que les puissants du jour cherchent à nous cacher.
Avec des réflexes de riches à l’égard des pauvres et de vieux face à des jeunes, les responsables du Monde ont préféré les facilités de la propagande officielle aux efforts qu’exige la véritable information. Leur journal a sournoisement prêché au lieu de donner à réfléchir. Il a creusé sa propre tombe. Aujourd’hui, avec, en outre, certains de ses luxueux  « suppléments », il n’est plus que la caisse d’enregistrement et de résonance de groupes publicitaires et autres annonceurs immensément friqués. Il a fait son temps.
Aux révisionnistes il reste à poursuivre leur marche en avant aussi bien en France qu’à l’étranger, quoi qu’il puisse leur en coûter. L’année 2012 sera chaude : ils le savent. Ils savent également qu’il en cuira « comme jamais » aux tenants du despotisme et de la censure qui montent la garde autour de la boîte noire de « l’Holocauste » afin que nul n’en approche et n’en découvre le contenu, c’est-à-dire le vide.
Le Grand Mensonge des temps modernes a, lui aussi, fait son temps. Au cadran de l’Histoire l’aiguille s’est arrêtée à minuit pour les obscurantistes de « l’Holocauste » !

23 décembre 2011



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Aux lecteurs de cet article : si vous approuvez soit le contenu, soit la substance de cet article je vous suggère de le faire savoir  à
Madame Lellouch, Le Monde, 80, boulevard Auguste-Blanqui, 75007 Paris Cedex 13
Adresse électronique : <lellouch@lemonde.fr>
Téléphone : 01 57 28 20 00, qui vous connecterait, en principe, à l’intéressée.
Je me permets de vous recommander patience et correction et, si on cherche à vous égarer en vous parlant des opinions de Vincent Reynouard en matière de politique, de religion, d’éducation,… ramenez votre interlocutrice (ou votre interlocuteur de substitution) au sujet lui-même : le silence délibéré et prolongé du journal sur le fait qu’un citoyen français, père de huit enfants, puisse être mis en prison pour une si longue durée et accablé de si lourdes peines financières en raison d’un écrit de seize pages. Le fait qu’en France il existe une loi qui autorise à punir ce que pense ledit citoyen ne change rien à l’affaire, laquelle, étant hors du commun, ne saurait être passée sous silence. Pourquoi Le Monde s’est-il tu ? Telle est la question.

NB : Pour un résumé des violences commises par les adversaires du révisionnisme à une certaine époque et jamais sanctionnées par la justice, voyez « Milices juives : Quinze ans – et plus – de terrorisme en France » (1er juin 1995), http://robertfaurisson.blogspot.com/1995/06/milices-juives-quinze-ans-et-plus-de.html.


Wednesday, September 7, 2011

L'Affaire Faurisson vue de Clermont-Ferrand en 1980-1981

« L'Affaire Faurisson » a vraiment commencé, en France et à l'étranger, vers la fin de l'année 1978 et au début de l'année 1979. En France elle a donné lieu à de tels débordements de haine, à de telles vitupérations et condamnations que les universitaires – race, en général, d'enfants sages issus de parents sages – en ont été comme pétrifiés. Pour ma part, je me souviens que mes « chers collègues », sans exception, du jour au lendemain, m'ont totalement abandonné aux coups, physiques ou autres. Parfois, soucieux de se dédouaner parce qu'ils avaient été de mes amis, ils ont participé à l'hallali.

Le seul universitaire qui, à ce moment-là, a eu l'audace de me manifester quelque sympathie a été un professeur d'histoire, appartenant à une autre université que celles de Lyon. Un jour, il s'est rendu à mon domicile, à Vichy, il a sonné, j'ai ouvert ma porte et, là, je lui ai entendu me dire d'un seul souffle :

Faurisson, je viens te demander pardon parce que je me suis conduit comme un lâche et que je continuerai à me conduire comme un lâche.

Il a tenu parole et je le comprends.

Il faut avoir vécu ces temps héroïques où mettre en doute l'existence de la Sainte Trinité du prétendu Génocide des juifs, des prétendues Chambres à gaz nazies et des prétendus Six Millions de juifs exterminés paraissait le comble de l'aberration. Bien des gens de mon plus proche entourage m'ont à cette époque fait sentir leur gêne ou leur désarroi : je devais être fou ou nazi pour ainsi « nier l'existence des camps de concentration » (sic).

Pour être exact, je dois dire que, sous l'impulsion de Pierre Guillaume (qui n'était pas, lui-même, un universitaire) et de Serge Thion (qui appartenait au CNRS), il s'est trouvé quelques rares enseignants ou universitaires, parfois juifs, pour m'apporter leur soutien et puis... pour s'éclipser ensuite dans la nature.

Avant d'enseigner d'abord à la Sorbonne, puis à la Sorbonne Nouvelle-Paris III, j'avais été, de 1963 à 1968,  professeur au Lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Parmi mes collègues se trouvait un jeune professeur de lettres qui, des années plus tard, au moment de mes tribulations, allait faire preuve, à deux reprises, d'un étonnant courage.

On pourra le constater à la lecture des deux articles ci-joints que j'ai retrouvés il y a quelque temps dans mes archives. Ces articles étaient signés du nom de leur auteur. Si je ne crois pas nécessaire d'indiquer ici ce nom, c'est que j'ignore ce que l'intéressé, trente ans après les avoir écrits, peut bien encore en penser. Je sais seulement qu'il est à la retraite et souffrant. 

C'est égal : un athée notoire aura été, dans la partie la plus éprouvante de sa vie, défendu dans les colonnes d'un hebdomadaire catholique, Le Semeur-Hebdo. Plus tard, il frappera à la porte de l'Union des athées, une Union dont le statut prévoyait que tout le monde pouvait en faire partie et que personne ne pouvait en être exclu. 

Las ! Malgré l'appui que j'ai pu trouver au sein de cette Union auprès de quelques esprits distingués, une cabale montée par le président est parvenue à chasser l'intrus. Le Statut a été changé et l'excommunication prononcée. Selon le mot de Pierre Guillaume, « Faurisson a été chassé de l'Union des athées parce qu'on l'a trouvé pas trop catholique ». 

7 septembre 2011

***

Le Semeur-Hebdo est une publication de l’Évêché de Clermont-Ferrand.


Le premier article ci-dessous (29 mai 1980) porte sur le livre de Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ? / Le dossier de l’affaire Faurisson / La question des chambres à gaz, 1980, 352 p.

Le second article (15 janvier 1981) porte sur le livre de Robert Faurisson, Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire / La question des chambres à gaz, précédé d’un avis de Noam Chomsky, 1980, XXIV – 280 p.

L’auteur de ces deux articles obtiendra son doctorat ès lettres et sciences humaines en 1988 et, jusqu’à l’âge de prendre sa retraite, enseignera la langue et la littérature françaises dans une université de Clermont-Ferrand.


- 1 - ROBERT FAURISSON : LE CHEVALIER RAJAX

Connaît-on dans le grand public « l’affaire Faurisson » ? Je ne sais. Quoi qu’il en soit et quoi qu’il m’en coûte, je considère comme un devoir de parler du livre Vérité historique ou vérité politique ?, édité par la Vieille Taupe.

De quoi s’agit-il ? Robert Faurisson est un professeur de lettres qui a émerveillé et surtout éveillé des générations d’élèves, puis d’étudiants. Il émane de son nom un fumet de scandale, ou du moins de provocation, parce qu’il n’a pas son pareil pour « récurer les textes ». Il y a en lui, sans le côté « concierge », la passion d’un Henri Guillemin, pour que les mots dégorgent leur sens et non celui qu’on veut leur prêter. Robert Faurisson (qui a écrit des textes percutants sur Rimbaud, Lautréamont, Nerval…) s’est spécialisé dans la critique des documents. Ses étudiants ont baptisé sa méthode « la lessive Ajax »[1].

Jusque là rien que de très louable : faire dire aux mots leur dernier mot, comme dit Audiberti, c’est salutaire ! Seulement, Faurisson, avec une rage de convaincre qui l’honore, mais qui agace certains, essaie de prouver que les chambres à gaz du nazisme n’ont pas existé ! Ce n’est pas une lubie : toute une école (dite « révisionniste ») s’évertue, preuves en livres, d’établir qu’il s’agit d’un mythe. Alors là, c’en est trop ! On traite Robert Faurisson de « nazi », de « fasciste », j’en passe et des plus dures. L’an dernier, toute une affaire de presse a excité différents milieux, au point que Robert Faurisson a été l’objet d’attaques, tant morales que physiques !

Le livre de Serge Thion fait scrupuleusement l’historique de « l’affaire » en montrant combien les mensonges ont été accumulés. Le problème est simple : Robert Faurisson fait une œuvre d’historien, il essaie de prouver sérieusement sa conviction, mais jusqu’à présent on ne prend pas la peine de lui répliquer honnêtement.

Je n’ai personnellement pas encore assez d’éléments pour juger du fond de la thèse (« les chambres à gaz n’ont pas été utilisées pour l’extermination massive des déportés »), mais je considère que toute tentative de discréditer une position avant même de l’avoir discutée est une attitude indigne. Je respecte profondément la douleur des déportés et des familles de déportés, mais je ne vois pas en quoi la recherche d’une vérité historique est d’avance une marque de dépravation humaine. Le livre de Serge Thion est un acte de courage.

Si l’on veut éviter le retour de quelque fascisme que ce soit, il convient d’être vigilant certes, mais non en utilisant les armes du totalitarisme.

Au fond, Faurisson est un maniaque de la vérité : peut-être se trompe-t-il, mais il est sûr qu’il ne cherche pas à tromper. Les kilos de documents qu’il a réunis le prouvent. Faurisson ne nie pas l’horreur nazie, il croit que « le mythe des chambres à gaz » n’ajoute rien à cette horreur. Qu’il y ait une pointe de délectation dans sa certitude n’est pas une injure envers les victimes du nazisme, mais la satisfaction d’avoir servi, quoi qu’il lui en coûte, l’approche de ce qu’il estime être la vérité historique.


- 2 - IL FAUT REPARLER DE ROBERT FAURISSON

Impossible de ne pas prendre parti dans cette affaire sans aborder les problèmes de façon personnelle, et sans révéler, au nom de la vérité, ce qui me conduit à mettre mon grain de sel dans une histoire trouble et mouvementée.

J’ai connu Robert Faurisson en 1968 et 1969 au lycée Blaise Pascal. Il était un excellent collègue, redoublant de vivacité d’esprit, de rigueur intellectuelle, et de non-conformisme salutaire.

Je connais un tout petit peu l’homme : c’est une forte individualité, tenaillée par le souci d’éclaircir les mystères ou les mensonges. Il traque inlassablement depuis vingt ans les à-peu-près, les falsifications, les mythes, tant en littérature que dans la vie. Quand d’autres se satisfont d’interprétations hâtives (souvent fautives), il va plus loin, ne négligeant aucun détail. Ses travaux sur Rimbaud, Lautréamont et Nerval (dont une thèse en Sorbonne) lui ont valu une renommée au parfum de scandale, dont il ne manque d’ailleurs pas de jubiler.

Pourquoi diable, disent certains, ne s’est-il pas contenté de ses chères lettres françaises ? Quelle mouche à fiel l’a piqué ? Qu’est-ce qui le fit courir en France et à l’étranger pour prouver que les « chambres à gaz » n’ont pas été utilisées à des fins d’extermination massive ? Qui peut sonder les reins et le cœur de Faurisson ? Je n’ai pas de réponse et ne vois guère comment violer ce secret. Ce que je sais, par contraste, c’est que Faurisson argumente avec des faits, avec des textes et qu’il contraint souvent ses interlocuteurs à remettre en question certains témoignages.

Je ne me passionne pas pour cette question des « chambres à gaz » en tant que telle mais pour « l’affaire Faurisson ». L’horreur nazie est insupportable même sans les « chambres ». Je m’excuse de faire cet aveu, mais j’ai tenu à manifester au lendemain de l’attentat de la rue Copernic. Si je parle de Faurisson ici ce n’est pas pour soutenir sa thèse mais seulement pour qu’on ne le juge pas sans le lire, pour qu’on ne l’accuse pas de vouloir falsifier l’histoire. Ce procès d’intention est indigne. Jusqu’à présent, c’est Faurisson qui accumule, semble-t-il, le plus de documents vérifiables. Il est l’un des rares à faire une scrupuleuse critique des témoignages. Peut-être est-il le seul.

Or voilà que sept associations d’antiracistes, d’anciens résistants et d’anciens déportés le traînent en justice et l’accusent de « falsifier l’Histoire ». Faurisson vient d’écrire, aux éditions de la Vieille Taupe, un mémoire en défense où il analyse, entre autres choses, comment on a dénaturé le journal de Johann-Paul Kremer, médecin à Auschwitz. Le témoignage dont se servent les accusateurs de Faurisson a été en fait l’objet de traductions douteuses ou tronquées.

Ce nouveau livre fait beaucoup parler de lui actuellement parce qu’il est préfacé par un linguiste juif américain de renommée mondiale, Noam Chomsky. Ce dernier, sans entrer dans le débat, prêche inconditionnellement la liberté d’expression. C’est une position courageuse.

Le grand tort actuel de Robert Faurisson est sans doute de s’être révélé prématurément. Les plaies laissées par le nazisme sont encore vives. Le temps d’écrire objectivement sur l’holocauste n’est pas venu. Voulant parler trop tôt de ses recherches critiques il a couru et attrapé le risque de l’incompréhension voire du mépris. Mais aurait-il seulement pu retarder ses révélations ! Ses recherches sentant le soufre, elles ont vite incommodé des hommes dont il faut respecter par ailleurs le destin douloureux et qui ont cru revoir surgir le spectre horrible du nazisme. Ces parents de déportés ont tout de suite condamné Faurisson. Leur réaction est compréhensible mais elle n’est pas forcément juste.

Surtout ne pas juger sans avoir écouté l’accusé.


[1] Erreur : « la méthode Ajax ».

Friday, November 5, 2010

Avec Paul-Eric Blanrue, contre la loi Gayssot et pour Vincent Reynouard


It’s wrong when we are denied the right to challenge common beliefs or culture, especially when everyone knows that the books are written by the victors. It doesn’t stem from hate to say « I don’t believe » whatever. This anti free speech stuff always irks me. This is nothing like a call to violent action even. (Steve Wozniak)


« Il est injuste qu’on nous dénie le droit de contester des croyances courantes, ou la culture dominante, surtout quand chacun sait que les livres sont écrits par les vainqueurs. En quelque matière que ce soit, il n’y a nulle haine à dire : ‘Je ne crois pas’. Ces trucs anti liberté de parole m’agacent toujours. Ceci [les activités réprimées par la loi en France] n’a même rien d’un appel à l’action violente. »

C’est en ces termes que Steve Wozniak, co-fondateur d’Apple Computers (voyez sa biographie à <http://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Wozniak>), a commenté sa signature d’une pétition lancée en France par l’historien Paul-Eric Blanrue contre la loi Gayssot et en faveur de Vincent Reynouard. La loi Gayssot, qui date du 13 juillet 1990, interdit la diffusion du révisionnisme historique sous peine de prison et d’amende. Sur le fondement de cette loi, Vincent Reynouard, 41 ans, père de huit enfants, a été condamné à un an de prison ferme et à verser environ 70 000 € pour avoir écrit une brochure de 16 pages intitulée Holocauste ? Ce que l'on vous cache... (consultable à <http://balder.org/judea/pdf/Vincent-Reynouard-Holocauste-Ce-Que-Lon-Vous-Cache.pdf>). A la demande des autorités françaises usant du  « mandat d’arrêt européen », il a été arrêté par la police belge à Bruxelles, où il vivait avec sa famille, emprisonné en Belgique pendant plus de cinquante jours et finalement extradé vers la France. Il est incarcéré dans le nord de la France, à Valenciennes. Et dans tout le monde occidental, les grands médias passent sous silence le fait qu’en France un honnête homme, père de huit enfants, est en prison pour un an et devra verser 70 000 € parce qu’il a produit un écrit de seize pages.

Pour sa part, Noam Chomsky s’est prononcé dans une lettre contre la loi Gayssot et pour la défense de Vincent Reynouard. Vous trouverez sa lettre et le texte de la pétition à  <http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com>. Actuellement, les signataires de la pétition  sont au nombre de mille. 

Je vous invite à joindre votre signature à la leur en envoyant un message à l’adresse suivante : <eugenie.blanrue@laposte.net>. Vous voudrez bien indiquer votre lieu de résidence et, si vous le souhaitez, votre profession.

Merci.

Bien à vous.  

Robert Faurisson (5 novembre 2010)


Wednesday, September 8, 2010

Commentaire sur un communiqué de Jean Bricmont et Paul-Eric Blanrue


Peut-on mettre un homme en prison pour un an et le condamner à verser 60 000 € au Trésor public essentiellement parce que cet homme dit et écrit que les prétendues chambres à gaz nazies n'ont jamais existé ni même pu exister ?

La réponse est oui.

Même en France, patrie des droits de l'homme ?

La réponse est encore oui.

Même si cet homme est père de huit enfants et que sa femme et ses enfants se retrouvent ainsi quasiment sans ressources ?

La réponse est encore oui.

Se peut-il que, d'un commun accord et sans qu'il soit besoin d'une concertation ou d'un complot, les grands médias du monde occidental (presse, radio, télévision) se soient spontanément entendus pour passer sous silence ce crime contre la liberté d'opinion, de recherche et d'expression ?

La réponse est désespérément oui.

Cependant voici qu'un homme se lève, qui s'appelle Paul-Eric Blanrue. Il a le courage et l'énergie d'élever une protestation publique en faveur de Vincent Reynouard mais les médias, eux, persistent dans leur silence ainsi que les intellectuels en place et les universitaires. Tout ce monde-là semble approuver ou consentir mais, plus probablement, il a peur ; il n'ose contrarier les puissants, qui tiennent la bourse et le fouet.

Nous risquons alors de perdre tout espoir dans les capacités de nos contemporains à venir au secours d'une victime de la tyrannie.

Mais, peu à peu, souterrainement, le temps a fait son œuvre. Et Internet a donné l'éveil. Jusqu'à ce jour enfin du 8 septembre 2010 où l'historien Paul-Eric Blanrue est en mesure de nous annoncer que deux intellectuels prestigieux, Jean Bricmont et Noam Chomsky, joignant leurs voix à celles de centaines de protestataires dont l'intrépide Dieudonné, clament leur désaccord avec une loi inique (la loi Fabius-Gayssot) et avec ceux qui, dans le cas de Vincent Reynouard, ont osé appliquer cette loi comme l'ont successivement fait, en première instance, les trois magistrats de Saverne, puis, en appel, les trois magistrats de Colmar.

Vincent Reynouard et sa famille résidaient à Bruxelles. Quand les autorités françaises ont décidé de l'interner, elles ont eu l'aplomb d'user du "mandat d'arrêt européen" pour obtenir son incarcération suivie de son extradition vers la France. Il sera intéressant de connaître un jour les noms de ces hauts fonctionnaires belges ou français des ministères de la Justice, des Affaires étrangères et de l'Intérieur qui ont prêté la main à cette opération.

Les révisionnistes ne cessent depuis toujours et, avec une particulière insistance, depuis 1978-1980, de proposer un débat public sur le résultat de leurs travaux. Ce débat, tôt ou tard, ils l'obtiendront.

8 septembre 2010

Thursday, August 21, 2008

Un échange avec Noam Chomsky sur l’exterminationnisme et le sionisme

RF, le 18 août

Cher Monsieur,

Je me propose de vous envoyer, par ailleurs, trois articles qui vous intéresseront peut-être.

Il me semble que, depuis la fin des années 1970, la position exterminationniste aussi bien que la position sioniste sont devenues de plus en plus insoutenables sinon, bien sûr, par l’artifice et la violence.

Puis-je vous demander ce que vous en pensez de votre côté?

Bien à vous.

NC, le 19 août

Thanks for sending. [Merci pour l’envoi.]

It’s true that the Zionist position has become less defensible, but I never thought that the «exterminationist» position was in doubt. [Il est vrai que la position sioniste est devenue moins défendable, mais je n’ai jamais pensé que la position «exterminationniste» était en doute.]

RF, le 19 août

Merci de m’avoir répondu.

Je dis bien, pour ma part, qu’«il me semble que, depuis la fin des années 1970, la position exterminationniste est devenue de plus en plus insoutenable». Je me permets de vous envoyer en attachement mon texte sur «Les victoires du révisionnisme». Vous y constaterez que les ténors de la thèse exterminationniste, tout en osant maintenir la véracité de leur thèse, ont manifesté des difficultés croissantes à la soutenir par des arguments logiques. Le retournement de Hilberg a été frappant: là où, en 1961, il soutenait que Hitler avait émis deux ordres de détruire les juifs, il a, dans les années 1980, donné acte à Faurisson et à d’autres de la qualité de certaines de leurs «questions», puis il a sérieusement révisé sa propre position: il n’a plus parlé d’ordres mais ... de transmission de pensée spontanée au sein de la vaste bureaucratie allemande! Hilberg n’apporte, bien sûr, aucune preuve à l’appui d’une thèse aussi fumeuse. Nous ne sommes décidément plus, là, dans le domaine scientifique. Là où Michel de Boüard soutenait que les révisionnistes étaient des êtres méprisables, il a fini, en 1986, par faire amende honorable, par qualifier le dossier exterminationniste de «pourri» et par rendre hommage aux «études critiques très serrées» des révisionnistes. Là où l’on soutenait que les sources pour l’étude des chambres à gaz étaient nombreuses et solides, Arno Mayer, en 1988, a fini par écrire que celles-ci étaient «à la fois rares et douteuses».

Là où Klarsfeld et Pressac soutenaient qu’il existait tant de preuves, Pressac a fini par juger que le dossier tout entier de la thèse exterminationniste était «pourri» et tout juste bon pour les «poubelles de l’histoire». Je pourrais multiplier les exemples. Dans le milieu scientifique ou prétendu tel la gêne est patente. C’est pour cette raison que la répression du révisionnisme s’aggrave. «Quand on a l’argument, l’on n’a pas besoin du bâton. Si l’on use du bâton, c’est qu’on n’a pas l’argument.» C’est aussi pour cette raison que se déploie sous des formes aberrantes et dans des proportions commerciales et religieuses sans précédent une propagande assourdissante en faveur d’une thèse qui, au fil des années, est devenue de plus en plus insoutenable. Vous avez, je pense, noté ma discrétion à votre égard. Si je me suis décidé à rompre un silence de près de trente ans et si je vous ai enfin écrit hier, c'est parce que j’ai pensé que, face à une telle déroute de la raison dans la recherche historique, il me fallait avoir sur le sujet l’opinion d’un homme de votre calibre.

Je vous remercie de votre attention. Bien à vous.

NC, le 20 août

To repeat, I do not think there is serious doubt about the basic character of the Nazi Judeocide, though unlike French mimics of Zhdanov and Goebbels, I strongly oppose granting the state the right to determine Historical Truth and to punish deviation from its pronouncements. [Pour me répéter, je ne pense pas qu’il y ait de doute sérieux sur le caractère fondamental du judéocide nazi, bien que, à la différence des imitateurs français de Jdanov et Goebbels, je m’oppose fortement à ce qu’on accorde à l’Etat le droit de déterminer la Vérité historique et de punir qui s’écarte de ses décrets.]

RF, le 20 août

Pour me répéter, moi aussi, je pense que les grands prêtres de l’exterminationnisme ou du «Judéocide» ressemblent aux prêtres catholiques qui persistent, bien entendu, à débiter les articles de leur FOI mais qui, de facto, ne font plus appel à la RAISON.

Il y a encore cinquante ans, les prêtres apprenaient à leurs fidèles que l’existence de Dieu était affaire de RAISON et de FOI et, par exemple, acatéchisme, les enfants apprenaient les quatre PREUVES de l’existence de Dieu, la première de ces preuves étant l’ordre du monde («Il ne peut y avoir d’horloge sans un grand horloger»). Aujourd’hui, les prêtres catholiques posent en principe que Dieu existe et ils ne font plus appel à la RAISON et aux PREUVES. Pourquoi sinon parce que leurs preuves ne les convainquent plus eux-mêmes?

Aujourd’hui, les grands prêtres de l’exterminationnisme ou du «Judéocide» ne se donnent plus la peine de recourir aux PREUVES. Ils récitent leur catéchisme de base mais ils n’apportent plus une seule PREUVE de l’existence d’un ordre d’exterminer les juifs, une seule PREUVE de l’existence d’un plan d’extermination, une seule PREUVE de l’existence d’une instruction, d’un contrôle, d’un budget et ils sont incapables de nous montrer à quoi pouvait ressembler et comment pouvait fonctionner l’arme du crime par excellence.

Quand on leur demande: «Montrez-nous ou dessinez-nous une chambre à gaz homicide d’Auschwitz», ils n’essaient plus de répondre. Quand on leur dit: «Donnez-nous le nom d’une seule personne qui ait été tuée dans une chambre à gaz d’Auschwitz», ils ne répondent plus. Or rappelez-vous qu’autrefois on nous montrait, on nous dessinait, on nous donnait des noms (celui de Simone Jacob, par exemple, qui allait se révéler être Simone Veil). Pourquoi ce changement profond sinon parce que «there is a serious doubt about the basic character of the Nazi Judeocide», c’est-à-dire un doute à propos d’une volonté d’extermination physique des juifs, à propos de la magique chambre à gaz et à propos des six ou autres millions de victimes? A la base (votre «basic») du mystère du «Judéocide», il y a cette sainte trinité-là.

Pouvez-vous m’expliquer cela? Pouvez-vous m’apporter ce que vous, vous appelleriez une PREUVE? Pouvez-vous me dire pourquoi il y a eu tant de MENSONGES patents chez mes adversaires, tant de manipulations de textes, de faits et de chiffres tandis que, chez votre serviteur par exemple, on n’a pu trouver trace sur le problème essentiel des chambres à gaz 1) ni de légèreté, 2) ni de négligence, 3) ni d’ignorance délibérée, 4) ni de mensonge?

Vous dites que vous vous opposez résolument à ce que l’Etat se voie accorder le droit de déterminer la Vérité historique et punisse les déviations. Soit; comment se fait-il que l’Etat se soit vu accorder ces droits? Ce n’est pas par un caprice de l’histoire. C’est par une sorte de nécessité vitale que, même dans des pays qui ne possèdent pas de loi spécifique contre les révisionnistes, l’Etat réprime de fait le révisionnisme; voyez le cas, ignoble, des Etats-Unis et du Canada dans les affaires Ernst Zündel ou Germar Rudolf. En France, qui a mené avec succès une campagne acharnée pour obtenir de l’Etat qu’il exerce ces droits exorbitants sinon, à partir de 1986, le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, Pierre Vidal-Naquet, Georges Wellers et Laurent Fabius? Ces gens-là sont partis d’un mauvais pas: ils ont posé, menace à l’appui, que deux et deux font six (ou six millions?) et, par conséquent, le mensonge ne pouvant se soutenir que par encore plus de mensonges, ils se sont enfoncés dans un abîme de mensonges. Pour ma part, je n’ai pas eu besoin de mentir.

Qu’en pensez-vous? Bien à vous.

NC, le 21 août

I understand your position, but do not agree. [Je comprends votre position mais je ne suis pas d’accord.]

Sunday, March 14, 2004

Altercation avec Bruno Gaccio


avec compléments du 23 octobre 2004 et du 10 mars 2010

Bruno Gaccio est le principal responsable des « Guignols de l’Info », émission satirique de la chaîne de télévision Canal +.

A Paris, boulevard Saint-Germain, en ce dimanche printanier, peu avant midi, je suis attablé à la terrasse du café de Flore, tout près de la porte d’entrée. Surgit B. Gaccio, tenant à la main un très jeune enfant (son fils ?). Sans me lever de mon siège, je le hèle et, sur un ton enjoué, je lui fais compliment de ce qu’à une récente émission de Thierry Ardisson il m’a « volé » (sic) une idée qui m’est chère et qui peut se résumer ainsi : « Tout le monde est pour la liberté d’expression, MAIS … » et ce sont ces MAIS qui, comme on dit, font problème. Personnellement, lorsque je vois un individu se gonfler d’estime pour sa propre ouverture d’esprit parce qu’il se prononce bravement en faveur de la liberté d’expression, je lui demande de me faire grâce de cette balançoire et de me confier, séance tenante, quels peuvent bien être ses « MAIS », c’est-à-dire ses restrictions.

Nous convenons, B. Gaccio et moi, de nous retrouver quelques minutes plus tard. Il se rend à une table où l’attend une personne qu’on me dit être la petite-fille du cinéaste Gérard Oury. Je vais donc le trouver. Il m’invite à m’asseoir à sa table. Je décline l’offre et lui fais comprendre que je préférerais une conversation en tête-à-tête. Nous voici donc debout face à face. Je commence par m’assurer qu’à l’émission de T. Ardisson mon interlocuteur a bien déclaré que, pour sa part, il ne voyait qu’une restriction possible à la liberté d’expression : le cadre. Pour lui, tout dépend du cadre où l’on s’exprime.

Je lui révèle mon identité. Il s’empresse de me faire savoir qu’il est d’accord avec Noam Chomsky sur mon droit à m’exprimer. Un peu plus tard, il ajoutera que j’ai le droit d’exprimer mes « conneries ». Je lui demande ce qu’il a lu de mes écrits ou des écrits des autres révisionnistes. Il prétend savoir nos arguments mais la suite immédiate de notre conversation prouve que ce qu’il sait de nous, il le tient exclusivement de ce que nos adversaires disent que nous disons. Je m’apprête à lui donner succinctement un aperçu de l’un de nos arguments. « Arrêtez, me dit-il, ou je vais vous frapper. » Pour ma part, je m’efforce de conserver un ton fort civil. Il s’échauffe. Il me reproche de me peindre en victime d’une persécution. Je lui rétorque qu’il fait fausse route. Je lui dis que le mot de persécution est impropre vu qu’en réalité ce qui s’exerce, c’est une répression. Je vais pour ajouter que le fort persécute moins qu’il ne réprime. Mais, me coupant la parole, il renouvelle sa menace : « Arrêtez tout de suite ou je vais vous frapper. »

Avec le sourire je lui dis que j’en prends acte. L’entretien m’a paru instructif.

J’ai eu tout loisir d’observer mon interlocuteur et, notamment, les mouvements de sa pomme d’Adam ; chez certains hommes, c’est là que se trahissent les émotions les plus intimes, mieux que dans d’autres indices comme la voix elle-même, les yeux, les plis du front, les mimiques de toute sorte si bien notées dans « Les Guignols de l’info ». B. Gaccio, je crois pouvoir le dire, éprouvait plus de peur que d’indignation. Reste, bien sûr, à savoir de quoi cette peur-là, qui lui nouait la gorge, pouvait bien se composer. J’ai mon idée là-dessus.


Complément du 23 octobre 2004

En septembre 2004, sous le titre Le Guignol et le Magistrat, les éditions Flammarion ont publié des entretiens sur la liberté d’expression entre B. Gaccio et Philippe Bilger, avocat général près la cour d’assises de Paris. L’incident qui m’a opposé à B. Gaccio s’y trouve relaté (p. 257-260).

Deux propos me sont prêtés, lesquels, ni dans le fond ni dans la forme, ne peuvent être de moi : « Je suis un persécuté de la liberté d’expression » et « Laissez-moi vous expliquer mes idées et vous verrez, je vais vous convaincre ». Par ailleurs, B. Gaccio omet de dire qu’il s’est déclaré d’accord avec Chomsky dans sa défense des révisionnistes. Il prétend m’avoir lancé : « La preuve de votre idiotie a été faite » ; s’il avait prononcé une telle phrase, je n’aurais pas manqué de lui demander où, d’après lui, cette preuve avait été apportée. Il s’attribue enfin abusivement une attitude glorieuse et déterminée.

Il ajoute qu’il a rejoint la table où, avant notre rencontre, il s’était fait traiter d’antisémite par Danièle Thompson. « S’assied alors [à notre table] Jorge Semprun, le Semprun rescapé des camps de concentration. Je leur ai raconté ce qui était arrivé et on a ri, tellement c’était énorme… ». Dans l’ouvrage en question, sorte de « livre-magnétophone » sur un sujet rebattu, Ph. Bilger enchaîne alors sur la loi antirévisionniste, qu’il désapprouve, et il ajoute : « Quoi qu’il en soit, je comprends que vous ayez pu rire tous les trois ce jour-là au Flore. » Il ne manifeste pas de réprobation à l’égard de B. Gaccio. A son compère il ne fait pas remarquer la contradiction qu’il y a pour un adepte de la liberté d’expression à menacer de violence physique un « vieux bonhomme » et même à se vanter d’avoir proféré une telle menace. Pour Ph. Bilger, le révisionnisme est dérisoire : « Vous sortez deux photos, trois films, et on n’en parle plus. Je n’ai pas peur des révisionnistes » (p. 342).

B. Gaccio a toute la finesse d’un métallo cégétiste. Devenu à la télévision casseur d’assiettes attitré, il ne casse en fait rien du tout. Il est maintenant très riche et tient à nous le faire savoir. Quand ses patrons froncent le sourcil, il leur répond d’abord qu’il n’en fera qu’à sa tête mais, très vite, il finit par obtempérer et c’est pour cette raison que, depuis douze ans, il conserve son emploi.

Il multiplie les bourdes d’autodidacte. Désireux d’évoquer l’agora, il mentionne « le forum grec antique » (p. 97). Voulant dire « attaque ad hominem », il parle d’ « attaque ad nominem » (p. 154). Il égrène, mais pour n’en rien dire, les noms de Socrate, d’Aristophane, de Platon et d’Aristote (p. 340). A tout coup on le voit ainsi prendre le Pirée pour un homme ou étaler une science d’emprunt.

Subtil comme Jdanov, il vient de changer d’avis sur la liberté d’expression : selon lui, celle-ci n’est plus une affaire de « cadre » mais d’ « outils ». A l’émission télévisée de Thierry Ardisson, « Tout le monde en parle » (23 octobre 2004), on lui a demandé si, à son avis, Bruno Gollnisch devait avoir le droit d’exprimer son opinion sur les « chambres à gaz ». Réponse de l’intéressé : « Oui, s’il a les outils pour ! »


Complément du 8 mars 2010

En mars 2010, un petit ouvrage est paru aux éditions Mordicus (Paris) sous le titre Bruno Gaccio / Dieudonné M’Bala M’Bala, Peut-on tout dire ? Entretiens réalisés par Philippe Gavi et Robert Ménard, 112 p. Il ne s’agit pas d’un entretien entre B. Gaccio et Dieudonné mais de deux entretiens séparés où chacun se voit poser des questions différentes sur la liberté d’expression. Reprochant à Dieudonné d’avoir « fait venir ce vieux con de Faurisson sur la scène du Zénith », B. Gaccio explique : « [Dieudonné] est contaminé – c’est une vraie maladie – par ses nouveaux amis, des gens que je définis, sans bien les connaître, comme profondément antisémites […]. Il permet aux pires des extrémistes sionistes de citer Dieudo comme exemple à tout bout de champ et de détourner un débat nécessaire en brandissant l’antisémitisme en toute occasion. Dieudo, qui fait venir Faurisson à la fin de son spectacle pour faire un coup, bouffe un espace médiatique 100 fois supérieur à ce que peut recueillir un livre intelligent d’Elie Barnavi (p. 38-39). »

B. Gaccio affirme à deux reprises que les Allemands ont poussé les juifs dans des fours (p. 40, 45) et, à trois reprises, qu’ils ont ainsi exterminé six millions de juifs (p. 44, 45, 46).

« Je reste », dit-il, « un interlocuteur courtois, même avec les cons (p. 51) ». Il aime à répéter que Voltaire aurait déclaré : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire librement » (p. 24, 35) et il affirme s’en tenir à cette ligne de conduite. Le malheur pour B. Gaccio est que Voltaire n’a jamais tenu pareil propos et que, le 14 mars 2004, en un lieu public, le même B. Gaccio a deux fois menacé de frapper ce Faurisson qui n’est à ses yeux qu’ « un vieux con » et « un pestiféré complet ». Cette dernière expression, on a pu l’entendre de sa bouche, le 8 mars 2010, sur France 3 (télévision) lors de l’émission de Frédéric Taddeï, « Ce soir (ou jamais !) ».

Il n’est pas « courtois » de traiter un interlocuteur de « vieux con » et de le menacer de coups, en particulier lorsque l’homme en question est « un pestiféré complet », qui a eu notoirement son lot de coups et blessures, d’insultes, d’injures ou de diffamations publiques, de perquisitions, de condamnations judiciaires, et cela sans pouvoir obtenir en 35 ans un seul vrai débat public. Rectifions : le 19 avril 1979, à la Radiotélévision suisse italienne (RSI, Lugano), j’ai obtenu de participer à un tel débat avec, contre moi, un professeur allemand, un professeur italien, une ancienne déportée de Ravensbrück et une ancienne déportée juive d’Auschwitz-Birkenau. Récemment, non sans difficultés et contre le versement, par un ami suisse, de la somme de 360 FS, j’ai obtenu de la RSI un DVD reproduisant ce débat de 135 minutes, mais on m’en a expressément interdit toute diffusion publique. Il faut dire que le débat avait tourné à la déroute de mes opposants, visiblement déconcertés par les documents dont je m’étais muni. J’avais découvert ces documents le 19 mars 1976 dans les Archives du Musée d’Etat d’Auschwitz et j’avais été le premier au monde à les produire : il s’agissait notamment de plans des crématoires d’Auschwitz et de Birkenau, censés contenir des « chambres à gaz » homicides. Ces plans démontraient qu’à la place de prétendus abattoirs chimiques, il n’avait principalement existé que d’inoffensives pièces appelées « Leichenhalle » ou « Leichenkeller » (dépositoires en surface ou semi-enterrés), parfaitement caractéristiques de leur emploi et situées dans des crématoires classiques, visibles de tous, avec, pour certains d’entre eux, leur jardinet qui était tout proche d’un terrain de foot-ball (Sportplatz) ou d’un terrain de volley-ball.

Cela dit, aussi bien dans l’opuscule des éditions Mordicus que lors du débat de FR3, on a traité à perte de vue de la liberté d’expression qui, les potaches le savent, aura toujours forcément des limites mais pas un instant on n’a évoqué la liberté de recherche qui, elle, ne saurait se voir assigner de limitations par un acte législatif comme la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990. C’est cette liberté-là qu’invoquent les révisionnistes. C’est de cette liberté qu’il faudra discuter un jour. Le débat devra être public et de libre diffusion. Ainsi se trouvera enfin respectée une décision de la cour d’appel de Paris (1ère chambre, section A, président Grégoire) qui, le 26 avril 1983, constatant le sérieux de mes travaux sur « le problème des chambres à gaz », en avait conclu : « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public. »

14 mars et 23 octobre 2004, 8 mars 2010