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Saturday, July 1, 2017

Réponse à un article de notre ami « Hannibal »


Dans la dernière livraison de Rivarol (29 juin 2017, p. 16), « Hannibal » rend un hommage mérité à « Bocage », dont il annonce que la responsable depuis tant et tant d’années « va cesser d’émettre ». Mais, heureusement, ajoute-t-il, « Bocage va reprendre à la rentrée » sous une autre direction. « Hannibal » en profite pour dresser le bilan du combat contre le « Dogma Shoah » (titre dune impressionnante illustration de Chard). Il se risque à écrire : « A plusieurs reprises, le professeur Faurisson a estimé que la question était intellectuellement tranchée et que “la victoire du révisionnisme [historique]” était acquise ». Il ajoute : « Il convient cependant de noter que, sur le plan pratique, les choses sont différentes ».
Diable ! Ainsi j’aurais, à plusieurs reprises, estimé que « la victoire du révisionnisme » était acquise, point final ! Notre ami est si sûr de son fait qu’au bas de la même colonne il répétera : « [L]e professeur Faurisson estime la question intellectuellement tranchée et la victoire des révisionnistes totale ». Re-Diable ! Errare humanum est, perseverare diabolicum ! Quil me relise, le prudent crayon à la main ! 
En réalité, si jai effectivement conclu que, sur le strict plan de la recherche historique et scientifique, les victoires du révisionnisme sont impressionnantes par leur nombre et leur étendue et si même je considère que notre victoire est devenue totale avec l’effondrement, en janvier 1985, de Raul Hilberg au premier procès Zündel de Toronto, en revanche, nos adversaires, eux, ne cessent de frapper de plus en plus fort sur le plan des médias et sur celui de la répression, cest-à-dire sur ce qu’« Hannibal » appelle « le plan pratique ». 
Mais comment ce « plan »-là aurait-il pu m’échapper ? Le combat révisionniste ne se poursuit-il pas, aux yeux de tous, dans des conditions qui, année après année, se font plus âpres et périlleuses ? Comment pourrais-je n’avoir dyeux que pour nos victoires quand je constate, année après année, que mon existence et celle de mon épouse deviennent de moins en moins vivables et quand je songe au sort de plus en plus affreux de révisionnistes tels que lingénieur chimiste français Vincent Reynouard (prison et exil) ou lingénieur chimiste autrichien Wolfgang Fröhlich (en prison pour la plupart du temps durant ces quatorze dernières années !) ? Et cela sans compter les épreuves ou dommages infligés à tant d’autres révisionnistes ainsi qu’à des nations entières comme lAllemagne, lAutriche ou la Palestine ?
Le cynisme de certains de nos magistrats vient de passer toutes les bornes avec mes récentes condamnations en qualité a) de faussaire de lhistoire, b) de falsificateur et c) de menteur. En 38 années de procès, jamais je navais encouru de telles condamnations mais voilà que, soudain, la XVIIchambre correctionnelle du Tribunal de Paris, présidée par Dame Fabienne Siredey-Garnier, vient de faire une découverte le 6 juin 2017 : il paraît qu’au fond, au tréfonds de leurs conscience, les nombreux magistrats qui, jusque dans un lointain passé et encore tout récemment, ont eu à traiter de mon cas ont, à leur époque, trop timidement montré que, pour eux, j’étais un faussaire de lhistoire, un falsificateur et un menteur. Certes, ils ne lont pas dit expressis verbis mais, pour qui, en 2017 sait lire dans les pensées d’autrefois, il paraît qu’ils l’ont pensé. A l’appui d’une thèse aussi stupéfiante, mes récents juges ne fournissent nul exemple, nulle preuve, nulle démonstration ; ils se contentent d’exprimer leur pure et dure conviction intime avec, à la clé, quelques superbes tricheries ou gredineries quen appel je me ferai un plaisir d’exposer « devant le peuple français ». Nous reviendrons là-dessus plus tard.
Pour linstant, je nai pas dautre ambition que de prouver, par la citation dextraits de mes écrits datant de 2015, de 2016 et de 2017 qu’encore dans un récent passé, j’ai pris soin de signaler à mes lecteurs aussi bien nos victoires sur  le plan historique et scientifique que la pauvreté de nos moyens face à nos adversaires qui, sur le plan médiatique et celui de la répression, jouissent dun pouvoir de plus en plus inquiétant.
Je comprends que, pour sa part, « Hannibal » puisse en conclure que désormais « On ne peut donc passer que par les marges, ne parler que de ce qui est dicible » en prenant soin de ne plus enfreindre la loi « Sirat-Fabius-Gayssot » du 13 juillet 1990 mais jespère que, de son côté, il comprendra que, vu mon hérédité écossaise, je ne puis, pour ma part, que poursuivre ma longue et lourde tâche comme je lai commencée : avec une sorte dobstination qui peut donner à penser que, comparé à un Français, je serais peut-être affligé dune certaine épaisseur de lentendement. Perge quo coepisti (Continue dans la voie où tu t’es engagé) : telle était la devise quen classe de cinquième, à lâge de 12 ans, jinscrivais parfois en tête de mes devoirs au « Collège de Provence » de Marseille, chez nos jésuites, au-dessous dune autre devise : Labor improbus omnia vincit (Le travail, à la condition qu’il soit acharné, vient à bout de tout). 
Voyez-vous, à 88 ans, je reste fidèle aux devises de mon enfance. Il faut me le pardonner. Je vous demande seulement d’imaginer combien il peut m’en coûter de m’infliger ainsi la haire et la discipline ! Mais, passons ! « Never complain, never explain ! »             
1er juillet 2017

NB : Si vous êtes désireux de lire le contexte des trois extraits ci-après (de 2015, 2016 et 2017), il vous suffit de consulter aux trois dates indiquées le blog qui porte mon nom.
Un observateur avisé aura remarqué que, plus nos adversaires sentent la partie leur échapper sur le plan historique ou scientifique, plus ces derniers éprouvent le besoin d’accroître le tamtam de leur propagande et d’aggraver la répression (31 décembre 2015).
A mesure que le révisionnisme marque des points sur le plan historique et scientifique, le tamtam holocaustique, lui, ne fait que croître cependant que la répression judiciaire contre les révisionnistes, elle, s’aggrave à proportion (10 mars 2016).
Sur le plan de la science et de l’histoire, la victoire des révisionnistes est totale ; sur le même plan historique et scientifique la défaite des exterminationnistes est écrasante et s’accompagne, en outre, du déshonneur d’exercer une telle répression, digne des régimes totalitaires (3 juin 2017).

Thursday, July 23, 2015

"Hannibal" et "Chard" : leur tour de force du 23 juillet 2015 à propos de l’affaire Gröning, comptable à Auschwitz


« Hannibal » jamais ne déçoit, mais là, il se surpasse. Son article d’aujourd’hui dans Rivarol (p. 12) s’intitule « Supplique d’un aide-comptable stagiaire à A... ». On aura saisi l’allusion à l’ancien SS Oskar Gröning qui, comptable ou aide-comptable à Auschwitz pendant la guerre et maintenant âgé de 94 ans, vient d’être condamné à quatre ans de prison par le tribunal de Lüneburg pour complicité dans l’assassinat de 300 000 personnes. 

            Vraiment ? Il aurait participé à un assassinat de cette dimension ? La réponse est non. A franchement parler, il n’est même complice d’un seul assassinat. Il n’a pas touché un seul cheveu de détenu juif ou autre. Mais voici que, pour son malheur, il s’est simplement trouvé là où il ne le fallait pas et au moment où il ne le fallait pas non plus. Se passant de toute recherche de preuve d’un crime et de toute recherche d’un témoignage, le tribunal de Lüneburg s’est fondé sur « la notoriété publique » pour affirmer que, dans la période où O. Gröning s’est trouvé au camp, 300 000 personnes ont été gazées par d’autres personnes que ce dernier. Pendant qu’il comptait des sous confisqués aux prisonniers à leur entrée en prison (et qu’il allait falloir restituer à leurs propriétaires à leur sortie de prison) et pendant qu’il s’employait à distinguer marks, roubles, dollars et autres devises, d’autres SS, à bonne distance, gazaient tant et plus les arrivants. Pour son juge, le jeune Gröning ne pouvait pas ne pas le savoir, il ne pouvait pas ne pas le voir, il ne pouvait pas ne pas le sentir. D’ailleurs, passant à confesse, Gröning avait fini par admettre l’existence de ces gazages et même, allant plus loin, il avait tenu à faire savoir urbi et orbi qu’il réprouvait les efforts des « négationnistes » qui – horreur ! – contestaient l’existence des chambres à gaz. Oui, il se sentait coupable. Oui, il aurait dû tout faire pour obtenir une nomination ailleurs qu’à Auschwitz.

            Le cheminement d’un esprit, d’une âme : rien de plus complexe parfois. Le juge qui, pour condamner un innocent, en vient progressivement à fouler aux pieds toute loi et tout droit. L’innocent qui finit par refuser de plaider son innocence. Voyez les procès de sorcellerie, ceux d’autrefois, ceux d’aujourd'hui. Renseignez-vous simplement sur les procès pour révisionnisme où le prévenu n’est pas si bête que d’aller affronter les idées reçues et, en conséquence, cherche à collaborer avec son juge ou sa jugesse. Lisez Dostoiëvski. Et puis, non, vous n’en avez pas le temps. Alors contentez-vous de lire Hannibal qui, en trois quarts de page, réalise la prouesse de tout nous expliquer. Lisez-le ligne à ligne. Mot à mot. Jusqu’à en saisir les nuances, les subtilités, les sous-entendus. Il connaît son affaire dans ses moindres replis. Et, s’il prend à la fin un air si dégagé, ironique et plaisant, c’est que, pour le connaisseur qu’il est, les jeux sont faits : les charlatans ont perdu la partie, les révisionnistes l’ont gagnée. Irrémédiablement.
            Au passage, saluons Chard pour son dessin, tout aussi subtil et qui, lui aussi, en dit tant en si peu de mots tremblotants.

Thursday, May 22, 2014

La tragedia tedesca

Hannibal ha appena pubblicato su Rivarol (22 maggio 2014) un notevole articolo sulla tragedia che ha conosciuto l'Europa tra il 1914 e il 1945.
Sobriamente intitolato “De la guerre en Europe”, questo articolo è illustrato da un disegno di Chard dove si vede una giovane Europea del 1914 che, con una mano, sostiene il braccio di un soldato francese che le punta una pistola alla tempia destra e che, con l'altra mano, sostiene il braccio di un soldato tedesco che le punta una pistola alla tempia sinistra. Lei è consenziente. Lei vuole morire. Titolo: "1914 suicide d'Europe”. Bisogna vedere con quale erudizione e con quale larghezza di vedute Hannibal descrive questo “suicidio collettivo” e ne fa un bilancio, che lo disgusta.

In tale contesto evoca la figura di Hannelore Kohl, nata Renner, sposa dell’anziano cancelliere tedesco Helmut Kohl.

È in memoria della sfortunata che io vorrei, a mia volta, fermarmi un istante. Tre anni fa, in un testo intitolato “Le Vittorie del revisionismo (seguito)”, ero condotto ad evocare i crimini commessi dai vincitori del 1945. Scrivevo allora:

In fondo, se si tengono presenti nella mente i crimini perpetrati contro il popolo tedesco per mezzo di una guerra aerea che mirava allo sterminio dei civili, se ci ricordiamo delle deportazioni (dette spostamenti) delle minoranze tedesche dell’Europa orientale e centrale, se a ciò si aggiungono gli stupri continui delle donne e delle ragazze tedesche (tra gli altri, fu questo il caso, all’età di dodici anni, di Hannelore Kohl, futura moglie del cancelliere; vedere Heribert Schawn, Die Frau an seiner Seite / Leben und Leiden der Hannelore Kohl; Monaco, Wilhelm Heyne Verlag, 2011, p. 54-58), se si tengono a mente i saccheggi, l’accaparramento ufficiale da parte degli Alleati dell’argento, dell’oro, del platino, dei gioielli, dei valori, di alcune proprietà, delle banche, dei musei, dei brevetti scientifici ed industriali e se, per coronare il tutto, ci si rende conto del fatto che a Norimberga il processo ai dirigenti tedeschi ha meritato di essere chiamato una mascherata o, secondo le parole di Harlan Fiske Stone, presidente della corte suprema degli Stati Uniti (Chief Justice of the Supreme Court of the United States), una “high-grade lynching party” (una sofisticata operazione di linciaggio), non si può che trovare deplorevole il fatto che, dopo 66 anni, si persiste nelle scuole, all’università e nei media a predicare che, durante l’ultima guerra mondiale, i vincitori hanno rappresentato il Bene ed i vinti, il Male.

Per ritornare alla figura tragica di Hannelore Kohl si potrebbe aggiungere ciò che prendo in prestito da un articolo, per una volta credibile, di Wikipedia.

Durante l'ultimo inverno di guerra nel 1944-1945, la ragazzina di 11 anni fu testimone di scene terribili alla stazione dove lei prestava servizio obbligatorio ogni due settimane. A Döbeln arrivavano treni carichi di feriti dal fronte russo a cui Hannelore ed altri scolari cambiavano le medicazioni. La ragazzina aiutava a scaricare i morti ed a rifocillare i rifugiati, alcuni dei quali avevano percorso la strada per intere settimane in vagoni aperti, esposti a temperature glaciali. Vedeva neonati morti di freddo. A ciò si aggiungevano i bombardamenti con il loro seguito di danni alla popolazione ed ai beni (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannelore_Kohl – solo in lingua francese).

Secondo la stessa fonte, Hannelore Kohl si è uccisa il 5 luglio 2001, all’età di 68 anni. Nel corso degli anni 1990, suo marito aveva iniziato una relazione con una donna ben più giovane che sarebbe diventata, nel 2008, la sua seconda moglie. Negli ultimi anni della sua vita, Hannelore soffriva atrocemente. Per giunta, “in seguito ad un’allergia alla luce, trascorreva intere giornate dietro alle persiane chiuse, e usciva da casa sua solo al tramonto”. Suo figlio Peter aveva sposato una Turca.

Un destino tedesco, se si può dire.

Uccidere l'anima tedesca

Hannibal chiude il suo articolo con l’evocazione di un altro destino, quello di Maurice Comte, morto recentemente e di cui Jean Plantin ha appena pubblicato nelle Edizioni Akribeia lo sconvolgente libello intitolato Une Vie sous le signe du Führer-Prinzip (168 p., 15 € + 5 € di spedizione). Un opuscolo da leggere, da meditare così come le riflessioni che ispira ad Hannibal su un tempo in cui si poteva ancora parlare del nemico come di un essere umano. Qui, il nemico era sovietico. Inclusi nei ranghi dell'Armata Rossa, si poteva ancora, eccezionalmente, comportarsi riguardo al vinto come se ci si trovasse faccia a faccia con un fratello umano colpito dal destino. Presso i vincitori si poteva dare sfogo all'odio così come alla sete di vendetta, la febbre del castigo, e già ciò che si chiamerà più tardi “il dovere della memoria [a senso unico]”, ma molti, avevano ancora una coscienza profonda del fatto che noi siamo tutti essenzialmente poveri diavoli che, presi nei tormenti della guerra, hanno o meno fortuna. Per contro, così come nota Hannibal, “sembra che siamo entrati oggi in una guerra civile a freddo, postuma, placcata, artificiale, imparata – ma eterna”, ed aggiunge questa giusta e graffiante nota: “[eterna] come un cattivo articolo di wikipedia che fa fede per tutti gli imbecilli del mondo”.

In seno alla tragedia europea, tale è stata e tale resta la tragedia tedesca. A questa tragedia della Germania si aggiunge il furore, presso i suoi dirigenti ed i suoi intellettuali di spicco, di dipingere il passato con i colori più cupi fino al punto di castigare crudelmente chiunque si adoperi a riscrivere questo passato con la preoccupazione dell’esattezza storica. Uccidere l'anima tedesca: questa sembra essere la missione che si sono prefissati questi malati. Senza dubbio si potrebbe dire che Hitler sia stato una disgrazia per la sua patria come Napoleone per la sua ma, mentre per “l'Orco” gli eccessi o le imposture della propaganda dei vincitori non sono durate che qualche anno del XIX° secolo, nel caso del “Folle” o della “Bestia Immonda” del “Nazismo”, l’effluvio delle insanità non smette da 69 anni! Questo, perlomeno, nel caso dei  media poiché, per quanto riguarda gli storici, sembra essere venuta l’ora dell’inizio di una certa cautela grazie, in particolare, allo sviluppo di Internet. Su questo risveglio degli storici, vedi “La magique chambre à gaz nazie en voie de disparition chez les historiens (suite)”, 30 aprile 2014.
22 maggio 2014

La tragédie allemande


Hannibal vient de publier dans Rivarol (22 mai 2014) un remarquable article sur la tragédie qu’a connue l’Europe de 1914 à 1945.

 Sobrement intitulé « De la guerre en Europe », cet article est illustré d’un dessin de Chard où l’on voit une jeune Européenne de 1914 qui, d’une main, soutient le bras d’un soldat français lui braquant un pistolet sur la tempe droite et qui, de l’autre main, soutient le bras d’un soldat allemand lui braquant un pistolet sur la tempe gauche. Elle est consentante. Elle veut mourir. Titre : « 1914 suicide de l’Europe ». Il faut voir avec quelle érudition et quelle largeur de vue Hannibal décrit ce « suicide collectif » et en dresse le bilan, qui le révolte.

 Il se trouve qu’au passage il évoque la figure d’Hannelore Kohl, née Renner, l’épouse de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl.

 C’est à la mémoire de la malheureuse que je voudrais, à mon tour, m’arrêter un instant. Il y a trois ans, dans un texte intitulé « Les Victoires du révisionnisme (suite) », j’étais conduit à évoquer les crimes commis par les vainqueurs de 1945. J’écrivais alors :

Au fond, si l’on garde présents à l’esprit les crimes perpétrés contre le peuple allemand par le moyen d’une guerre aérienne visant à l’extermination des civils, si l’on se rappelle les déportations (appelées déplacements) des minorités allemandes de l’Europe orientale et centrale, si l’on ajoute à cela les viols en série des femmes et des filles allemandes (ce fut le cas, entre autres, à l’âge de douze ans, d’Hannelore Kohl, future épouse du chancelier ; voy. Heribert Schwan, Die Frau an seiner Seite / Leben und Leiden der Hannelore Kohl [La femme à ses côtés / Vie et souffrance d’Hannelore Kohl], Munich, Wilhelm Heyne Verlag, 2011, p. 54-58), si l’on garde présents à l’esprit les pillages, l’accaparement officiel par les Alliés de l’argent, de l’or, du platine, des bijoux, des valeurs, de certaines propriétés, de banques, de musées, de brevets scientifiques ou industriels et si, pour couronner le tout, on s’avise de ce qu’à Nuremberg le procès des dirigeants allemands a mérité d’être appelé une mascarade ou, selon le mot de Harlan Fiske Stone, président de la cour suprême des Etats-Unis (Chief Justice of the Supreme Court of the United States), une « high-grade lynching party » (une opération sophistiquée de lynchage), on ne peut que trouver déplorable le fait que, depuis 66 ans, on persiste dans nos écoles, à l’université et dans les médias à prêcher que, lors de la dernière guerre mondiale, les vainqueurs ont représenté le Bien et les vaincus, le Mal.

Pour en revenir à la figure tragique d’Hannelore Kohl on pourrait ajouter ceci que j’emprunte à un article, pour une fois crédible, de Wikipedia.
 Pendant le dernier hiver de guerre en 1944-1945, la fillette de 11 ans fut témoin de scènes terribles à la gare où elle effectuait un service obligatoire toutes les deux semaines. A Döbeln arrivaient des trains chargés de blessés du front russe dont Hannelore et les autres écoliers changeaient les pansements. La fillette aidait à décharger les morts et à ravitailler les réfugiés dont certains avaient fait route des semaines entières dans des wagons ouverts et sous une température glaciale. Certains nourrissons étaient morts de froid. A cela s’ajoutaient les bombardements avec leur cortège de dommages à la population et aux biens (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannelore_Kohl).

Selon la même source, Hannelore Kohl s’est suicidée le 5 juillet 2001, à l’âge de 68 ans. Au cours des années 1990, son époux avait entamé une liaison avec une bien plus jeune femme qui allait en 2008 devenir sa seconde épouse. Dans les derniers temps de sa vie, Hannelore souffrait atrocement. Au surplus, « par suite d’une allergie à la lumière, elle passait ses journées entières derrière les volets fermés et ne quittait le domicile qu’au coucher du soleil ». Son fils Peter avait épousé une Turque. 

Un destin allemand, si l’on peut dire.
  
Tuer l’âme allemande 

Hannibal termine son article par l’évocation d’un autre destin, celui de Maurice Comte, récemment décédé et dont Jean Plantin vient de publier aux Editions Akribeia l’étonnant petit livre intitulé Une Vie sous le signe du Führer-Prinzip (168 p., 15 € + 5 € de port). Un opuscule à lire, à méditer tout comme les réflexions qu’il inspire à Hannibal sur un temps où l’on pouvait encore parler de l’ennemi comme d’un être humain. Ici, l’ennemi était soviétique. Y compris dans les rangs de l’Armée rouge, on pouvait encore, par exception, se comporter à l’égard du vaincu comme vis-à-vis d’un frère humain frappé par le destin. Chez les vainqueurs la haine pouvait se donner libre cours ainsi que la soif de vengeance, la fièvre de châtier, et déjà ce qu’on appellerait plus tard le « devoir de mémoire [à sens unique] », mais, chez beaucoup, il restait encore une conscience profonde de ce que nous sommes tous essentiellement de pauvres hères qui, pris dans les tourments de la guerre, tirent, pour les uns, le bon numéro et, pour les autres, le mauvais numéro. En revanche, ainsi que le remarque Hannibal, « il semble que nous soyons entrés aujourd’hui dans une guerre civile à froid, posthume, plaquée, artificielle, apprise – mais éternelle » et d’ajouter cette juste et piquante remarque : « [éternelle] comme un mauvais article de wikipedia qui fait foi pour tous les imbéciles du monde ».


Au sein de la tragédie européenne, telle a été et telle reste la tragédie allemande. S’ajoute à cette tragédie de l’Allemagne la fureur, chez ses dirigeants et ses intellectuels en place, de peindre le passé sous les couleurs les plus noires au point de châtier cruellement quiconque s’attache à récrire ce passé avec le souci de l’exactitude historique. Tuer l’âme allemande : telle semble être la mission que se sont assignée ces malades. Sans doute pourrait-on dire que Hitler a été un malheur pour sa patrie comme Napoléon pour la sienne mais, tandis que, pour « l’Ogre », les outrances ou les impostures de la propagande des vainqueurs n’ont duré que quelques années du XIXe siècle, dans le cas du « Fou » ou de la « Bête immonde » du « Nazisme », le flot des insanités ne tarit toujours pas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, c’est-à-dire depuis 69 ans ! Cela du moins dans les médias car, pour ce qui est des historiens, l’heure semble être venue d’un commencement de circonspection grâce, en particulier, au développement d’Internet. Sur ce réveil des historiens, voyez « La magique chambre à gaz nazie en voie de disparition chez les historiens (suite) », 30 avril 2014. 
                                                                                                                                       22 mai 2014