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Sunday, December 5, 2010

Quand Pierre Citron (1919-2010) jugeait Robert Faurisson

L’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III vient d’annoncer la mort de Pierre Citron. Elle le fait dans les termes suivants :
Un des pères fondateurs de notre université, qui fut directeur de l’U.E.R. de Littérature et Linguistique françaises et latines, Pierre Citron, vient de mourir, le 10 novembre [2010]. Il a été un des plus grands connaisseurs de Balzac et de Giono, l’auteur d’ouvrages sur Couperin et sur Bartok, le directeur scientifique de l’édition de la correspondance de Berlioz.
Voici ce que l’on peut lire à son sujet sur le site www.franceculture.com :   
Le musicologue et critique littéraire Pierre Citron, spécialiste de Jean Giono, est mort à l’âge de 91 ans. Il a notamment été l’auteur il y a cinquante ans, en 1961, d’un gros ouvrage précieux parce que longtemps seul dans son genre : Poésie de Paris dans la littérature française, de Rousseau à Baudelaire. Il faudra longtemps, quarante ans, pour qu’un philologue et romaniste allemand, Karlheinz Stierle, fasse paraître en 2001 un ouvrage capable de rivaliser avec ce classique et de proposer un exposé aussi ample du mythe littéraire de Paris : La Capitale des signes, Paris et son discours, paru à la Maison des sciences de l’homme.
En 1992, à la première page d’un opuscule intitulé Mais qui est donc le professeur Faurisson ? (distribué par Akribeia en 2005 dans une édition revue et corrigée), François Brigneau avait rapporté ce jugement de Pierre Citron sur Robert Faurisson :
« Très brillant professeur – Chercheur très original – Personnalité    exceptionnelle » (Pierre Citron, directeur d’UER [Unité d’enseignement et de recherche] à la Sorbonne Nouvelle. Membre du jury pour la soutenance de thèse de Robert Faurisson sur les Chants de Maldoror et les Poésies de Lautréamont. C’était en 1972. Pierre Citron est d’origine juive et marié à une demoiselle Suzanne Grumbach).
Il est exact que Pierre Citron avait été le supérieur hiérarchique de Robert Faurisson et c’est bien en ces termes qu’il avait, pour les besoins d’un rapport administratif, jugé son collègue au début des années 1970. L’exact titre de la thèse était La Bouffonnerie de Lautréamont et la soutenance avait eu lieu à l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, le 17 juin 1972. Dans l’assistance se trouvait notamment Jacqueline Piatier qui allait signer dans Le Monde des livres (23 juin 1972, p. 13,15) un compte rendu élogieux : « On ne peut nier que [l’auteur de la thèse] ait mis le doigt sur quelques-uns de nos maux, et qu’il fasse régner, là où il passe, une bonne santé mentale et verbale que la jeunesse trouve à son goût ». 
Parue la même année sous le titre d’A-t-on lu Lautréamont ?, chez Gallimard et dans la collection « Les Essais », la thèse avait valu à son auteur d’être invité par Michel Polac à la télévision, où l’émission avait été joyeuse. Dans Le Point (25 décembre 1972), Jean d’Ormesson signait un article intitulé « Le détrônement d’Ubu-Dieu » et notait que l’«ouvrage de M. Faurisson est une fureur d’une sacrée dimension. Et peut-être malgré tout, d’une dimension sacrée. Le livre de M. Faurisson est une pièce importante dans le dossier Lautréamont.»
Bref, tout allait bien pour Robert Faurisson jusqu’au jour où, moins de deux ans plus tard, en juillet 1974, un journal israélien, relayé comme il se doit par Le Canard enchaîné, annonçait, horresco referens, la fâcheuse nouvelle : Faurisson avait interrogé par lettre un historien israélien sur la réalité de l’existence des chambres à gaz hitlériennes ! 
A vrai dire, dans la fin de sa thèse, esquissant l’histoire générale des mystifications, le sceptique avait déjà montré le bout d’un pied fourchu : rappelant, à propos de la Première Guerre mondiale, le mythe des enfants aux mains coupées par les Allemands, il avait, sur sa lancée, ajouté la réflexion suivante :
La Seconde Guerre mondiale a suscité des mythes encore plus extravagants mais il ne fait pas bon s’y attaquer. Une entreprise comme celle de Norton Cru, si on l’appliquait à la dernière guerre, serait encore prématurée, semble-t-il. Certains mythes sont sacrés. Même en littérature ou en histoire, on court quelque risque à vouloir démythifier (p. 338). 
Quant à Pierre Citron, par la suite, il allait d’abord se cantonner dans un long silence sur toute l’affaire, puis, vers la fin des années 1990, interrogé par des auteurs qui insistaient pour avoir son opinion sur le révisionniste, il allait manifester son embarras et sa conviction que Robert Faurisson, « adulé par ses étudiants », était un fanatique et un antisémite. 
Pour sa part, auteur d’une Histoire du négationnisme en France (Editions du Seuil, 2000), Valérie Igounet consacre trois pages (p. 200-202) à Pierre Citron face à l’affaire Faurisson. Extraits :
– [Faurisson est un enseignant adulé par ses étudiants, ses « admirateurs enthousiastes ». Il les « fanatisait », explique Pierre Citron.
 – [Dès les années 1966-1967, à Clermont-Ferrand,] Pierre Citron voit en Robert Faurisson un homme « pas antipathique mais bizarre, écoutant mais n’en faisant qu’à sa tête, très attaché à ses propres idées ». 
– [Plus tard, à la Sorbonne, Faurisson] insiste pour étudier les textes « au ras des pâquerettes » sans tenir aucunement compte du contexte. Il n’y avait pas moyen de l’en faire démordre. Il était fixé sur ses idées. Il faisait preuve d’une obstination prodigieuse. [NB : Erreur : pratiquant « la méthode Ajax, celle qui récure, qui décape et qui lustre », Faurisson demandait qu’en un premier temps, aussi prolongé que nécessaire, on fît totalement abstraction du nom de l’auteur et du titre de l’œuvre à étudier. L’étude du contexte ne pouvait venir qu’ultérieurement].
– Pierre Citron rajoute qu’il n’était pas très à l’aise de le compter dans son équipe de travail. Selon lui, Robert Faurisson avait une « mauvaise influence sur ses étudiants » [NB : Sa méthode d’explication des textes contrevenait aux « bons usages » observés par les chers collègues]. A ce moment [début des années 1970], l’enseignant ne manifeste aucune idée négationniste. Il avait une « certaine prudence et un côté retors, et notamment une phobie antisémite qui lui faisait voir des juifs partout ». Robert Faurisson cherche à faire signer par divers collègues une pétition pour que soit autorisée la réédition des écrits antisémites de Céline. [NB : Erreur ! Il demandait l’inscription de Mort à crédit parmi les ouvrages au programme : demande refusée sur l’intervention de son collègue Jacques Nathan qui, contre toute vérité et sans apporter une seule preuve, et pour cause, n’avait pas craint d’affirmer que le roman en question était une œuvre antisémite].
Somme toute, quand on compare ces propos de Pierre Citron à ceux qu’ont pu tenir sur le sujet la plupart de ses coreligionnaires et le plus grand nombre de ses collègues de l’université française, on ne peut que saluer sa modération. Il a refusé de se joindre à la meute. 
5 décembre 2010

Friday, May 8, 2009

Lettre de François Brigneau à Robert Faurisson au sujet d’"En confidence / Entretien avec l’Inconnue"

En 1992, François Brigneau a fait paraître aux « Publications François Brigneau », dans la collection « Mes derniers cahiers », un petit ouvrage intitulé Mais qui est donc le professeur Faurisson ? La seconde édition en est parue à Rome, en 2005, aux Editions La Sfinge ; on peut en passer commande en France aux Editions Akribeia (45/3, Route de Vourles, 69230 Saint Genis Laval) pour la somme de 14 € + 5 € de port.


En avril 2009, j’ai, pour ma part, publié chez Pierre Marteau, éditeur à Milan, un opuscule intitulé En confidence / Entretien avec l’Inconnue ; on peut en passer commande en France aux mêmes Editions Akribeia pour la somme de 10 € + 5 € de port. J’en ai envoyé un exemplaire à F. Brigneau qui, dans la lettre ci-dessous, m’en a remercié le 8 mai.

Texte de la lettre de F. Brigneau
8 mai 2009
(souvenirs…) [1]
(C)herr professeur, [2]
Ce M. Pierre Marteau, éditeur à Milan, a eu l’enclume heureuse [3]. Sous ses allures modestes, vous venez de nous donner un livre précieux, important, un condensé rapide et précis, qui arrive à point. Etrange coïncidence. Il aura fallu attendre Gaza-crématoire pour que certaines couches de population regardent d’un autre œil les chambres à gaz… [4].
Votre Inconnue ne devrait pas le rester très longtemps [5]. La télévision va certainement la remarquer. On y apprécie beaucoup les questions plus longues que les réponses [6]. Grâce à cette technique elle a réussi le tour de force de vous rendre encore meilleur que d’habitude. En 77 pages tout s’éclaire : le révisionnisme considéré comme un style de vie ; l’imbroglio des pseudo chambres à gaz homicides ; les causes, les effets, les dégâts, les profits de l’escroquerie historique. On voit la persécution, les persécuteurs et les persécutés. On vous voit, de pied en cap (et quelle tête !), Arsène Lupin, Don Quichotte, Sherlock Holmes, fils de Descartes et de Céline, à l’enseigne de l’Enseignant, le vrai titre de gloire. On comprend mieux. On comprend tout. J’ai passé trois heures dans une sorte de félicité intellectuelle que j’avoue avoir rarement connue.
Et pourtant, plus j’avançais, plus un sentiment m’obsédait. Celui d’avoir raté mon « cahier » vous concernant. D’avoir été trop vite, le journaliste, et d’être passé à côté de l’essentiel [7].
« En confidence » répare cette bévue. Il faudrait en faire la lecture dans les écoles, avec celle de « Mea Culpa », comme vous le conseillez à M. Darcos [8]. Si Ferdinand lui faisait un peu peur, nul doute que vous serez maintenant entendu [9].
Cher Robert Faurisson, croyez à mon admiration et à mon amitié, [François Brigneau]
PS : Voyez si je vous ai lu selon votre méthode. Page 16, 13ème ligne, j’ai même découvert un mot que je ne connaissais pas et que je ne connais toujours pas : clatit ? [10]
                                                               5 mai 2009

Notes et commentaires de R. Faurisson

[1] Le 8 mai 1945 marque officiellement, pour les Occidentaux, la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. La veille, à Reims, le IIIe Reich et son armée avaient capitulé sans conditions. Les vaincus – François Brigneau en faisait partie – ont été à l’époque traités de façon abominable.
[2] Jeu de mots pour « Herr Professor ».
[3] Jeu de mots sur le marteau et l’enclume (« Il s’est fait marteau pour n’être pas enclume », Stendhal dans Le Rouge et le Noir).
[4] A Gaza, l’Armée juive vient, une fois de plus, de tuer par le feu de nombreux civils palestiniens. Selon la croyance juive, qui a force de loi en France et en bien d’autres pays pratiquant la religion séculière de « la Shoah », les bâtiments des crématoires d’Auschwitz auraient contenu des chambres à gaz homicides.
[5] Le moment venu, l’Inconnue prendra l’initiative de révéler son nom.
[6] En France, les rares fois où les journalistes en place invitent un dissident à s’exprimer, ils lui posent des questions interminables et contrecarrent systématiquement ses tentatives de réponse.
[7] F. Brigneau se montre trop sévère à son propre égard. C’est moi qui, à l’époque, c’est-à-dire en 1992, avais ainsi décidé de limiter mes confidences.
[8] Mea Culpa (1936) est de Louis-Ferdinand Céline. Xavier Darcos est actuellement ministre de l’Education.
[9] Réflexion ironique. Les révisionnistes n’ont aucun droit à la parole, surtout dans les écoles, lycées ou universités.
[10] J’avais écrit « la meute n’en clatit que de plus belle ». Il s’agissait de la meute des justiciers de tout poil qui, dans leur chasse à courre au révisionniste, aboient d’autant plus qu’ils sentent que leur proie succombe. Selon Le Grand Robert de la langue française, 2001, « clatir » signifie : « en parlant d’un chien de chasse, pousser des cris aigus et répétés. Les chiens clatissent pour annoncer la prise du gibier ». Pour sa part, Léon Degrelle, par exemple, a employé ce verbe à la fin de son livre La Campagne de Russie (1941-1945) : « Les Alliés exultaient […]. Le lendemain [à Oslo] à mon réveil – c’était le lundi 7 mai 1945 – j’entendis clatir les guerriers de Radio-Londres […]. La capitulation générale du Reich était réglée, ce n’était plus qu’une question d’heures, peut-être de minutes ! »

Complément du 23 mai 2009
Faits et documents d’Emmanuel Ratier publie en p. 6-7 et 9 de sa livraison du 15 au 31 mai 2009 des extraits des tout récents Carnets secrets de François Brigneau. A la date du 30 avril on y peut lire :
« A quinze heures et des poussières, j’ai eu quatre-vingt dix ans. Quelle prouesse quand on y songe. J’avais donc 20 ans en 1939. L’année terrible où le président Lebrun, mon Albert, Daladier, Blum et consorts trouvèrent judicieux de déclarer la guerre à Hitler. Tous sont morts. Elle dure encore et tue toujours. Rien qu’en en parlant, on risque l’exclusion sociale, les amendes en chaîne, la prison. Je peux en témoigner. Il est vrai que j’ai toujours joué le mauvais cheval, du maréchal Pétain (tendance Darnand) à Jean-Marie Le Pen – avant le schisme-suicide de 1998 – (nuance Faurisson). Aux prochaines européennes je suis même tenté par Dieudonné. »
Un peu plus loin, F. Brigneau traite de l’affaire Williamson (p. 6).

Tuesday, August 24, 1993

« Faurisson » dans Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, IV, à paraître [article soumis à l’intéressé pour vérification]


FAURISSON (Robert) – Universitaire, né le 25 janvier 1929 à Shepperton (Grande-Bretagne), de père français et de mère écossaise. Il est lui-même titulaire de la nationalité britannique et de la nationalité française. Agrégé des lettres et docteur ès lettres et sciences humaines, ce spécialiste de littérature française moderne et contemporaine ainsi que de « critique de textes et documents (littérature, histoire, médias) » a enseigné à la Sorbonne et, à partir de 1973, à l’université Lyon-II (université Lumière). Jusqu’alors noté comme «très brillant professeur, chercheur très original, personnalité exceptionnelle», il fut du jour au lendemain privé de facto de toute activité d’enseignement sur l’intervention, en particulier, d’associations juives qui lui reprochaient ses opinions révisionnistes. Par la suite, sa chaire d’enseignement lui fut retirée par Lionel Jospin, ministre de l’éducation, sans recours à la moindre procédure administrative. F. n’avait jamais professé ses opinions dans ses cours. Il est aujourd’hui rattaché au Centre national d’enseignement à distance. Considérant le révisionnisme non comme une idéologie mais comme une méthode, il préconise, en littérature comme en histoire, une relecture particulièrement attentive des textes et des documents. Cette méthode lui a permis de renouveler profondément l’étude de textes littéraires réputés difficiles : voy. A-t-on lu Rimbaud ?, A-t-on lu Lautréamont ?, La Clé des Chimères et Autres Chimères de Nerval. Secrétaire du SNE-sup, il a cotisé au Comité Maurice Audin contre la torture en Algérie ; d’une rare liberté de pensée, il fut, peu après, emprisonné à Riom, en 1962, pour avoir vivement protesté contre l’internement administratif d’un sympathisant de l’Algérie française. Il est membre de l’Union des athées. Reprenant la thèse de l’ancien député socialiste pacifiste Paul Rassinier, revenu de déportation sur un brancard et auteur du Mensonge d’Ulysse (1950, réédité par La Vieille Taupe, 1979), il est considéré comme le principal représentant dans le monde, avec l’Américain Arthur Butz, du révisionnisme historique. Il affirme, au terme de ses recherches, que si l’Allemagne nationale-socialiste a effectivement suivi une politique antijuive et recherché une «solution définitive de la question juive» par l’émigration si possible et la déportation si nécessaire, elle n’a jamais pratiqué une politique d’extermination physique des juifs européens; selon lui, on ne trouve nulle trace d’un ordre, d’un plan, d’un budget pour cette extermination et «l’arme spécifique du crime spécifique», c’est-à-dire la chambre à gaz homicide, est une invention de la propagande de guerre. Parmi les nombreux auteurs révisionnistes, F. est le premier à avoir insisté sur ce qu’il appelle les «impossibilités physico-chimiques de la prétendue chambre à gaz hitlérienne». Il a mis au jour d’importants documents sur les crématoires censés contenir, comme à Auschwitz ou à Birkenau, des chambres à gaz homicides. La controverse sur les chambres à gaz a éclaté à l’occasion de deux articles de F. dans Le Monde (29 décembre 1978 et 16 janvier 1979); un premier article avait été déjà publié dans Défense de l’Occident (juin 1978). Les principaux soutiens qu’il reçut lui vinrent, dès 1979, de l’ultra-gauche, réunie autour du groupe de la Vieille Taupe animé par le militant libertaire Pierre Guillaume. Ceux-ci ont publié un ouvrage collectif, Intolérable Intolérance (La Différence, 1981), qui comprend des contributions de Jean-Gabriel Cohn-Bendit, Éric Delcroix, Claude Karnoouh, Vincent Monteil, Jean-Louis Tristani. C’est aux éditions de la Vieille Taupe qu’en 1980 Serge Thion, chercheur au CNRS, et F., publient Vérité historique ou vérité politique ? La question des chambres à gaz. Cet ouvrage contient aussi une étude du Journal d’Anne Frank (journal dont F. attribue la rédaction, après la guerre, au père de la jeune fille morte du typhus en mars 1945 à Bergen-Belsen). F. a également publié Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire (précédé d’un avis de Noam Chomsky, 1980) et Réponse à Pierre Vidal-Naquet (1982). Il est l’auteur de nombreuses études publiées dans les Annales d’histoire révisionniste (1987-1990), la Revue d’histoire révisionniste (1990-1992) et The Journal of Historical Review (depuis 1980) édité à Los Angeles par l’Institute for HistoricaI Review. Il conseille ou dirige de nombreux travaux en France et à l’étranger. Il a été le conseiller technique du Germano-Canadien Ernst Zündel lors de deux longs procès en 1985 et 1988 à Toronto; ses dépositions à la barre ont fait sensation ; les contre-interrogatoires qu’il inspirait ont été désastreux pour les témoins et les historiens de la partie adverse. Il est à l’origine de l’expertise de l’Américain Fred Leuchter concluant à l’impossibilité d’existence de chambres à gaz homicides à Auschwitz, Birkenau et Majdanek ; d’autres expertises ont conclu dans le même sens. Débatteur redouté, il est interdit d’antenne à la radio et à la télévision françaises. Depuis 1978, il a subi dix agressions physiques dont l’une, le 16 septembre 1989, de la part d’une organisation se dénommant « Fils de la mémoire juive » ; cette agression, où il manqua laisser la vie, fut approuvée par Serge et Beate Klarsfeld ainsi que par François Léotard. De nombreux procès, suivis de lourdes condamnations financières et de peines de prison avec sursis, n’ont, jusqu’à présent, pas réussi à briser l’énergie d’un homme contre lequel, à l’instigation de certaines associations juives, Laurent Fabius a pris l’initiative de réclamer au parlement le vote d’une loi spéciale : la loi Fabius-Gayssot, alias «Lex Faurissonia» (13 juillet 1990) qui interdit toute contestation de la vérité officielle en ce qui concerne l’histoire des crimes contre l’humanité, tels que définis et sanctionnés par le Tribunal militaire international de Nuremberg (1945-1946). «Montrez-moi ou dessinez-moi une chambre à gaz nazie avec l’explication de sa technique et de son fonctionnement» : tel est le défi lancé par F. et pour lequel il continue, dit-il, d’attendre une réponse. François Brigneau a publié : Mais qui est donc le Professeur Faurisson ? (Publications F. B. , 1992).
24 août 1993

Thursday, September 26, 1991

Lettre à M. le Président de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris



Monsieur le président,

J’ai l’honneur et le regret de vous faire savoir que je ne me présenterai pas devant votre tribunal le 3 octobre prochain ; je charge mon conseil, Me Éric Delcroix, de bien vouloir m’y représenter. 

L’expérience des 21 et 22 mars 1991 m’enseigne qu’on ne peut ni ne veut réellement assurer ma sécurité lorsque je me présente devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris.

En apparence et en paroles, on se soucie de ma sécurité ; en fait et en actes, on s’en moque. 

J’évalue à cinquante le nombre des gendarmes qui étaient présents sur les lieux lors de mon procès devant M. Claude Grellier, président de la XVIIe chambre. Ce nombre aurait dû suffire à éviter tout incident grave soit dans le hall d’accès au tribunal, soit dans le prétoire même.

Il n’en a rien été. Dans le hall d’accès, j’ai été couvert de crachats et frappé tandis que, dans le prétoire, j’ai été couvert de crachats et abreuvé d’insultes. 

De nombreux manifestants avaient été convoqués par la LICRA, le Bétar et le Tagar. Les gendarmes avaient, selon toute vraisemblance, reçu la consigne d’éviter le moindre incident avec ces personnes venues me crier leur haine et me frapper. Un seul gendarme a tenté de me protéger mais j’ai été blessé à la jambe droite et il m’a fallu, par la suite, subir, en conséquence, une intervention chirurgicale à cette jambe le 5 juillet 1991. Trois gendarmes se sont bien saisis d’un jeune manifestant particulièrement violent mais ils ont pris la précaution de l’emmener précipitamment au loin, hors de la vue de tous, si bien que la personne frappée n’a pu connaître l’identité de ce manifestant. Ont été ainsi frappés ou malmenés certains de mes amis ainsi que des membres de ma famille, notamment un frère et une sœur reconnus comme tels par des voyous bien informés.

Pendant toute une partie de ma déposition, j’ai été copieusement insulté par des personnes se présentant comme « déportés juifs ». A plusieurs reprises, M. Grellier a prévenu les perturbateurs qu’il donnerait l’ordre de les expulser. En vain. Lorsque, à la fin des fins, il lui a bien fallu ordonner l’expulsion de trois manifestants juifs surexcités, ces derniers, voyant approcher les gendarmes, leur ont signifié qu’ils refusaient de quitter les lieux : « Allez-y ! Dégainez ! Nous, on reste !» Et ils sont restés. M. Grellier avait fait preuve de plus d’autorité le jour où, peu auparavant, j’étais venu à la barre pour témoigner en faveur de M. François Brigneau. Il m’avait interrompu et fait expulser !

Je ne peux plus accorder de confiance aux magistrats et aux gendarmes pour assurer ma sécurité au palais de justice de Paris. 

A Paris, comme en bien d’autres villes de France, les milices juives font la loi, avec l’assentiment du ministère de l’Intérieur [1]. Ces milices sont armées tandis que les honnêtes gens sont désarmés. Il sévit par ailleurs dans ce pays une « insupportable police juive de la pensée » [2]. La loi ou, plutôt, l’oukase Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990 illustre le caractère exorbitant des privilèges de cette police. Je rappelle que l’idée de cet oukase a germé dans l’esprit d’un certain nombre d’intellectuels groupés autour du rabbin Sirat et de Serge Klarsfeld [3]

En toute quiétude, M. Jean Pierre-Bloch est venu faire une apparition à mon procès. Ni ce jour-là, ni en aucune autre circonstance de sa vie, il n’a été la victime d’une violence ou d’une voie de fait de la part de ces révisionnistes qu’il accuse mensongèrement d’être des violents ou des provocateurs. Il encourt une grave responsabilité dans les campagnes de haine et dans les violences dont les révisionnistes, eux, ne cessent d’être les victimes depuis douze ans. Son organisation (la LIC(R)A) et son organe de presse (Le Droit de vivre, qui devrait s’appeler Le Droit de tuer) m’ont promis, selon la formule de leur collaborateur Raphaël Jerusalmy, que je ne « fera[is] pas de vieux os ». Dans sa livraison de février-mars 1991, Le Droit de vivre avait « mobilisé » ses « militants » et ses « sympathisants » pour mon procès des 21 et 22 mars. Comme de bien entendu, on appelait ces gens à venir « dans le calme, le silence et la dignité ». Mais, de chaque article consacré par cette publication aux révisionnistes, suintent la haine et la violence. Je rappelle que la LIC(R)A a été fondée pour défendre un assassin, notamment en faisant pression sur les magistrats qui, à l’époque, avaient à le juger. La LIC(R)A n’a pas dérogé. Elle porte un stigmate qui ne trompe pas. Les 21 et 22 mars 1991, elle a montré son visage habituel.

Ce même J. Pierre-Bloch et cette même LIC(R)A osent aujourd’hui déclarer que, dans mon interview écrite du Choc du mois de septembre, je diffame les juifs parce que j’ai conclu, avec mille autres chercheurs révisionnistes dans le monde, que le prétendu génocide des juifs et les prétendues chambres à gaz hitlériennes n’ont jamais existé.

Qu’y pouvons-nous ? Faudrait-il cacher le résultat de ses recherches pour n’avoir pas à contrarier Pierre ou Paul ? Faudrait-il, pour plaire à ce même Pierre ou Paul, mentir délibérément et dire ou laisser dire que « génocide » et « chambres à gaz » ont existé ? Faudrait-il ainsi participer à une atroce calomnie ? Mon droit, comme mon devoir, est de dire publiquement que :

 1) pour des raisons d’ordre principalement physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et historique, il est amplement démontré que les révisionnistes ont raison (voyez, en France et à l’étranger, la bibliographie révisionniste) ;
 2) de récentes expertises physico-chimiques ont prouvé, comme je l’avais découvert dès le début des années soixante-dix, que l’existence des prétendues chambres à gaz hitlériennes se heurte à une foule d’impossibilités matérielles (voyez les deux expertises Leuchter, l’expertise de Cracovie, etc.) ;
 3) un ensemble impressionnant de faits historiques, relatifs à la seconde guerre mondiale, démontre que, s’il a existé de la part des autorités du IIIe Reich une politique de plus en plus hostile aux juifs (mais non aux sionistes : loin de là !), il n’a pu exister de leur part ni une politique de destruction physique de ces juifs ni, pour mener à bien cette prétendue politique, des camps dits « d’extermination » ; 
 4) sur le plan scientifique, le dogme de l’ « Holocauste » est mort tandis que, sur le plan médiatique, on s’évertue à cacher cette mort et, s’il a fallu pour certains édicter l’oukaze du 13 juillet 1990, c’est précisément parce qu’on ne peut plus opposer d’argument logique ou historique aux révisionnistes.

Dans les siècles passés, d’innombrables magistrats, y compris Jean Bodin, ont « tenu pour prouvé » que des sorciers ou des sorcières avaient eu commerce avec le diable, mais ces magistrats n’avaient pas commencé par le commencement : ils n’avaient pas établi l’existence du diable. Au XXsiècle, de nombreux magistrats ont « tenu pour prouvé » que des nationaux-socialistes allemands avaient délibérément exterminé des millions de juifs, notamment au moyen de diaboliques chambres à gaz, mais ces magistrats n’ont pas commencé par le commencement : ils n’ont pas établi l’existence de ces chambres à gaz, totalement inconcevables du point de vue de la physique et de la chimie.

Les chercheurs qui ont autrefois prouvé que le diable, ses pals, ses grils, ses fours, n’étaient qu’une abominable invention de la crédulité humaine étaient avant tout guidés par le goût de la recherche et non par le désir de « diffamer » l’Église ; de la même façon, en notre siècle, les révisionnistes, qui ont surabondamment prouvé que le diabolique génocide des juifs et les diaboliques chambres à gaz hitlériennes ne sont qu’une détestable invention de la propagande de guerre et de la crédulité humaine, veulent réhabiliter la vérité des faits et ne songent pas à « diffamer » la Synagogue.

Mais, à l’exemple des chercheurs qui, tel Galilée, finissaient par protester contre la répression dont ils étaient les victimes de la part de l’Église à cause du résultat de leurs recherches, les révisionnistes, aujourd’hui, élèvent une solennelle protestation contre la répression dont ils sont les victimes de la part de la Synagogue parce qu’ils publient les résultats de leurs travaux.

En douze ans, j’ai subi six agressions physiques, une tentative d’assassinat et une incessante répression judiciaire et extrajudiciaire. Je ne suis pas le seul révisionniste dans ce cas et des révisionnistes juifs ont peut-être encore plus souffert que moi. Je n’en conçois pas de haine mais je dis à mes juges : « Halte-là ! Ne vous déshonorez pas ! Ne jouez pas les Ponce Pilate en invoquant la nécessité d’appliquer telle ou telle loi ! Il existe, pour les juges, bien des moyens de ne pas appliquer une loi qu’ils tiennent eux-mêmes pour injuste, absurde ou désuète. »

Dans le passé, les juges qui m’ont condamné pour mon révisionnisme ont immanquablement commencé par rappeler que les magistrats n’ont aucune compétence en matière d’histoire, ce qui est vrai ; ils ont ajouté qu’ils n’avaient donc pas à se prononcer sur le point de savoir si « chambres à gaz » et « génocide » avaient réellement existé, ce qui est encore vrai. Mais, aussitôtle principe énoncé, ils sont passés outre et ils ont agi comme si « chambres à gaz » et « génocide » avaient incontestablement existé. Ce postulat, qu’ils n’osent pas exprimer, leur dicte la condamnation des révisionnistes. Imaginons un instant que, de même que la religion du communisme vient d’imploser, la religion de l’Holocauste vienne, elle aussi, à imploser dans l’esprit du grand public : il n’y aurait plus de procès contre les révisionnistes ! Les procès en sorcellerie ont cessé du jour où la croyance universelle en la réalité physique du diable s’est effondrée. Je précise, pour être juste, qu’il est arrivé à des magistrats français de rendre hommage à la qualité des travaux révisionnistes mais, bien sûr, on a trouvé prétexte à condamner les auteurs de ces travaux. Rappelons que Galilée lui-même n’a pas été condamné sur le fond de sa thèse mais sur la forme. Dans ces cas-là, rien n’est facile à trouver comme un prétexte.

Mon procès des 21 et 22 mars 1991 a démontré que la partie adverse est désormais incapable de fournir une preuve, une seule preuve de l’existence d’une prétendue politique de destruction physique des juifs, ou encore une preuve, une seule preuve de la réalité des prétendues chambres à gaz hitlériennes. Quant aux magistrats qui ont osé me condamner, ils sont incapables de me définir ce qu’est une chambre à gaz hitlérienne ni de m’en décrire ou de m’en dessiner une. Et pour cause ! On ne peut ni définir, ni décrire, ni dessiner un cercle carré ou un carré circulaire. Ces magistrats reconnaissent qu’ils n’ont eux-mêmes aucune compétence en matière d’histoire mais ils me condamnent au nom d’une loi, signée de F. Mitterrand, qui décrète qu’un tribunal, « militaire » celui-là, le Tribunal de Nuremberg, avait toutes les compétences pour juger en matière d’histoire, et cela sans appel possible et pour l’éternité. Au cours de ma déposition, j’ai montré que le procès de Nuremberg avait été une mascarade judiciaire. Il faut croire qu’ici mes arguments ont porté puisque, dans son jugement, M. Grellier écrit :

Des critiques peuvent, à juste titre, être développées concernant l’organisation, la structure et le fonctionnement du Tribunal Militaire International de Nuremberg, tant sur le plan juridique qu’historique ou philosophique.

Si, comme le reconnaît M. Grellier, le Tribunal de Nuremberg est critiquable à tous les points de vue possibles et imaginables, en quoi peut-on me reprocher de critiquer à mon tour ce tribunal sur un seul point d’histoire ? 

Absurde dans son principe, la loi Fabius-Gayssot ne peut conduire qu’à des absurdités dans son application. Elle revient à menacer de prison et d’amendes ceux qui ne croiraient pas à la quadrature du cercle, telle que décrétée, sans appel et pour l’éternité, par un tribunal « militaire » de circonstance.

Je maintiens tous les termes, sans exception, de l’interview écrite que j’ai signée dans Le Choc du mois de septembre 1990 : autant je revendique l’honneur d’y défier une loi scélérate, autant je n’y vois pas l’ombre d’une « diffamation raciale » ou d’une « provocation raciale ». 

Veuillez recevoir, Monsieur le président, l’assurance de mes sentiments indignés.


P.J. : – Ma récidive immédiate du 18 avril 1991 : « Le révisionnisme devant les tribunaux français. »

         – Revue d’histoire révisionniste, n° 4, avril 1991, pour l’article intitulé : « Procès Faurisson » (p. 107-133) [4].


P.S. : Aujourd’hui même se déclenche une campagne médiatique en faveur d’un produit lancé par l’ex-stalinien Serge Moati. Il s’agit d’une production télévisée en deux épisodes sur La Haine antisémite ; le révisionnisme y est présenté comme un phénomène antisémite. Cette campagne culminera le 2 octobre (veille de mon procès) et le 3 octobre (jour de mon procès) avec la projection du film, la vente des cassettes et le lancement du livre. Un sondage publié par L’Événement du jeudi (26 septembre 1991) révèle que cette « haine » serait en chute libre.

26 septembre 1991


Notes

[1] Voyez la déclaration de Mme Fabius-Castro dans Le Monde du 7 mars 1986, p. 8 : « Extraordinaire nouveauté dans le comportement politique, la gauche a permis à des milices juives de s'installer dans des quartiers, rue des Rosiers à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, à Strasbourg. Ces milices ont des contacts réguliers avec le ministre de l'Intérieur ».
[2] Voyez la déclaration d’Annie Kriegel dans L’Arche, avril 1990, p. 25, et Le Figaro, 3 avril 1990, p. 2.
[3] Bulletin de l’Agence télégraphique juive, 2 juin 1986, p. 1.
[4] Ces textes sont reproduits dans Ecrits révisionnistes (1974-1998), volume III, p. 1310 et p. 1292-1330.