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Monday, February 28, 1994

Les chambres à gaz des pénitenciers américains


Pour l'exécution des condamnés à mort, certains états des États-Unis emploient des chambres à gaz dites «execution gas chambers». Le produit utilisé est toujours le gaz cyanhydrique (hydrogen cyanide). Depuis 1922, c'est précisément ce gaz que les Allemands emploient pour la destruction des parasites dans les bâtiments, les navires, les silos... ou encore dans des chambres à gaz spéciales dites chambres à gaz de désinfection, de désinfestation ou d’épouillage. La dénomination commerciale du produit, à base d'acide cyanhydrique, est «Zyklon», qui veut dire «cyclone». Le plus répandu de ces produits s'appelle « Zyklon B ». La légende prétend que, pendant la seconde guerre mondiale, en particulier à Auschwitz, les Allemands se sont servis du Zyklon B non seulement comme insecticide mais aussi comme moyen chimique d'extermination physique des juifs.


Ceux qui, au procès de Nuremberg et dans d'autres procès du même genre, se sont permis de porter une aussi terrible accusation auraient dû exiger une expertise de l'arme du crime prétendument utilisée par les Allemands. Ils ne l'ont pas fait, sauf dans le cas du Struthof-Natzweiler (Alsace) où l'expertise du professeur René Fabre, en décembre 1945, a révélé que la prétendue chambre à gaz n'était pas une chambre à gaz homicide. Ils auraient également dû, pour comparaison, examiner les chambres à gaz des pénitenciers américains pour s'interroger sur la procédure à suivre en vue d'exécuter un individu avec du gaz cyanhydrique. Ils ne l'ont pas fait non plus. Mais le plus extraordinaire peut-être est que les révisionnistes eux-mêmes ne semblent pas avoir songé à entamer une recherche sur les chambres à gaz américaines. Les révisionnistes allemands, pourtant armés de toute la science allemande, surtout en matière de chimie, ont été particulièrement timides dans le domaine de l'investigation chimique et les révisionnistes américains, qui pourtant savaient que dans leur propre pays on exécutait des prisonniers avec du gaz cyanhydrique, ont, eux aussi, négligé l'argument chimique et, en particulier, l'argument des chambres à gaz américaines.


C'est vers 1977 que j'ai personnellement pensé qu'il était indispensable d'examiner ces chambres-là. Je connaissais déjà assez bien les procédés de désinfection, de désinfestation ou d'épouillage à l'aide du Zyklon B et j'avais notamment étudié sur ce sujet des documents relatifs aux chambres à gaz Degesch. Mais l'expérience m'avait appris à me méfier des raisonnements par analogie. Du fait qu'on sait comment utiliser le gaz cyanhydrique pour désinfecter une matière morte comme des tissus ou des vêtements, il ne s'ensuit pas qu'on sache comment tuer des êtres vivants avec ce même gaz. Vers le milieu de 1978, je me tournais vers un avocat américain, Eugene Brugger, pour lui demander d'entreprendre une enquête auprès des pénitenciers possédant des chambres à gaz. E. Brugger apporta à ses investigations le plus grand soin. Il adressa à ces pénitenciers deux questionnaires minutieux. Il reçut de six d'entre eux des réponses qu'il me communiqua. A la simple lecture des réponses et des documents accompagnant celles-ci, il devenait d'une évidence implacable que les prétendues chambres à gaz nazies (« à l'état d'origine», «reconstruites» ou «à l'état de ruines») n'étaient que des impostures et que les prétendus récits de gazages homicides à Auschwitz n'étaient que des inventions de la propagande de guerre. L'exécution d'un seul homme dans une chambres à gaz américaine exige une machinerie si compliquée qu'il est impensable que les Allemands aient pu, de leur côté, exécuter des centaines de milliers d'hommes dans des « chambres à gaz » aussi frustes que celles qu'on présente aux touristes d'Auschwitz ou que les témoins nous décrivent parfois si succinctement.


La première exécution d'un condamné par le moyen du gaz eut lieu à Carson City (Nevada) en 1924. Elle faillit tourner à la catastrophe. La raison de cette mésaventure vaut d'être méditée parce qu'elle permet de mesurer la naïveté de la plupart des gens – y compris des scientifiques, des ingénieurs et même parfois des toxicologues – qui parlent des chambres à gaz nazies. Ces gens ont tendance à oublier que, de toutes les armes, le gaz toxique est probablement la plus difficile à utiliser, surtout si on l'applique à la matière humaine.


C'est, semble-t-il, vers 1917 que des Américains épris d'idées humanitaires ont imaginé qu'une exécution par un gaz mortel constituerait un procédé à la fois plus humain, plus discret et plus aisé que la fusillade, la pendaison ou la chaise électrique. Ils se trompaient. Se tuer soi-même avec un gaz peut être relativement facile (encore que beaucoup de tentatives de suicide par le gaz se soldent par des échecs, par des explosions ou par des catastrophes pour l'entourage) mais tuer avec un gaz quelqu'un d'autre que soi sans encourir de risques pour autant est particulièrement difficile.


Sur les champs de bataille de la première guerre mondiale, en Europe, il est souvent arrivé que l'usage d'un gaz contre l'ennemi se soit retourné contre l'utilisateur. Plus récemment, un désastre comme celui de Bhopal, en Inde, montre à quel point, malgré les progrès de la science, on maîtrise encore mal l'emploi de certains gaz particulièrement toxiques. Aujourd'hui encore, soixante-dix ans après l'expérience de Carson City, le problème n° 1 des chambres à gaz américaines reste celui... de l'étanchéité ! Il faut savoir que l'acide cyanhydrique présente la particularité de ronger jusqu'aux joints d'étanchéité. Après chaque exécution, il est d'usage de changer tous ces joints en vue d'une nouvelle exécution ou d'un nouvel essai.


J'ai expliqué par ailleurs la procédure du gazage d'exécution aux États-Unis et je n'y reviendrai donc pas. Je me contenterai d'apporter ici huit photographies de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore (Maryland) que j'avais déjà publiées en France en 1980 [1], avec leurs explications et j'y ajouterai quelques observations complémentaires. Mais, auparavant, il convient sans doute d'aller au devant de certaines objections qui pourraient se résumer ainsi :


Si les chambres à gaz américaines sont si compliquées, ne serait-ce pas à cause d'une propension – bien américaine – au luxe de précautions, à la sophistication scientifique, aux égards pour le condamné et même, dans ces dernières années, au souci de ménager l'environnement ? Les nazis, eux, étaient brutaux, rudimentaires et n'avaient aucun égard pour leurs victimes.


Cet argument n'a pas grande valeur. Il est sûr qu'avec le temps la technologie des chambres à gaz américaines a bénéficié des acquis les plus récents de la science ; par exemple, au lieu d'un simple stéthoscope, le médecin qui surveille les battements de cœur du condamné dispose maintenant d'un stéthoscope électronique. Mais, si on passe en revue tous les détails de cette technologie (en prenant pour exemple une chambre à gaz américaine des années trente, quarante ou cinquante) et si on élimine tous les détails dont l'existence peut être due soit à un excès de sophistication, soit aux égards pour le condamné, on découvre que la simple nécessité de protéger ceux qui emploient la chambre à gaz exige des mesures draconiennes, bien plus encore que pour les chambres à gaz qui servent à la désinfection des vêtements. En effet, au terme d'une opération de désinfection, on peut, sans trop de difficultés, chasser les molécules de gaz cyanhydrique qui se sont accumulées dans les vêtements : des courants d'air chaud et d'air froid chassent une grande partie de ces molécules et les vêtements peuvent être battus, tandis qu'au terme de l'exécution d'un homme par le même gaz il est extrêmement difficile de chasser ces molécules car celles-ci se sont incrustées dans la peau, la graisse et les humeurs : on ne peut ni chauffer ni battre ce cadavre pour en chasser le gaz. On a besoin, dans ce dernier cas, d'instruments particuliers et d'une procédure spéciale. Le médecin et ses deux aides qui vont pénétrer dans la chambre à gaz où se trouve le cadavre du prisonnier doivent d'abord attendre que des ventilateurs orientables et un système d'aspiration puissant balaient et expulsent le gaz qui est dans la chambre à gaz. Ce gaz est expulsé vers un barboteur où il est neutralisé (au moins partiellement). Après une attente plus ou moins longue, ce médecin et ses deux aides, munis de masques à gaz, de tabliers et de gants de caoutchouc, doivent décontaminer le cadavre et ses vêtements. Le médecin commence par secouer la chevelure du cadavre, puis les deux aides vont laver le cadavre lui-même à grande eau, jusque dans ses ouvertures naturelles, sans oublier le pli des bras et des jambes : rien de comparable avec une désinfection de vêtements !


Au début de 1988, Ernst Zündel, révisionniste établi à Toronto (Canada), me demandait de lui communiquer les lettres que j'avais reçues des différents pénitenciers américains munis de chambres à gaz. Grâce à ces lettres, son avocate, Barbara Kulaszka, put se mettre en rapport avec Bill Armontrout, directeur de l'un de ces pénitenciers, qui lui signala que le meilleur spécialiste des chambres à gaz aux États-Unis était Fred Leuchter, lequel habitait Boston.


Sur la demande d'E. Zündel, je rencontrais F. Leuchter à Boston. Je découvris que ce dernier croyait, comme presque tout Américain, à l'existence des chambres à gaz nazies sans s'être jamais posé de questions sur la nature exacte, la configuration et le fonctionnement de ces extraordinaires abattoirs chimiques, capables, si l'on en croit la légende, de performances qui auraient laissé loin derrière elles les performances des chambres à gaz américaines. F. Leuchter, à qui je montrais des photographies et des documents concernant les prétendues chambres à gaz nazies, commença à se poser des questions. Rapidement il se rendit compte qu'il existait un «problème des chambres à gaz» nazies. Par la suite, il accepta de se rendre à Toronto pour y analyser la question de plus près, notamment en examinant les maquettes qu'E. Zündel avait fait construire par Hans Beisner à l'aide des plans que j'avais trouvés à Auschwitz en 1976. Il accepta de se rendre en Pologne, bien décidé à tirer l'affaire au clair, et en rapporta son fameux rapport sur les présumées chambres à gaz d'Auschwitz et de Majdanek.


Visite de la chambre à gaz de Baltimore


Le 14 septembre 1979, je visitais la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore sous la conduite du lieutenant Walter Farrier. Celui-ci n'avait pas assisté à une exécution et ce qu'il me dit fut, par conséquent, simplement ce qu'il lui avait fallu apprendre pour le cas où il aurait eu à procéder à une exécution. Il chargea un prisonnier, James F. P..., de prendre huit photographies selon mes instructions. On trouvera ci-dessous ces photographies [2].


La chambre à gaz de Baltimore a été bâtie dans les années cinquante mais, d'après la documentation que j'avais obtenue d'autres pénitenciers, sa technologie n'était pas essentiellement différente de celle des chambres à gaz des années trente ou quarante.


Le lieutenant me fournit des explications sur la chambre, sur son fonctionnement ainsi que sur l'exécution du condamné et sur le traitement du cadavre. Ces explications corroboraient celles que j'avais puisées dans ma documentation écrite (avec des variantes, parfois surprenantes comme on en découvre toujours chez les «spécialistes» ou prétendus tels). Je compris, par exemple, que s'il suffit de quelques milligrammes de cyanure pour tuer un homme, il faut, en réalité, jusqu'à une ou deux livres de cyanure dans une chambre à gaz car tout l'espace de la chambre doit être rempli du gaz mortel (ce qui complique l'opération d'évacuation de quantités si importantes). Il m'expliqua également pourquoi l'habitacle devait être fait d'acier et, pour les vitres, de verre Herculite (avec un dispositif pour empêcher la formation de buée).


A la fin de la visite, il me demanda la raison de ma curiosité. Je lui répondis que je m'intéressais aux chambres à gaz nazies. C'est alors que cet homme me dit : « Terrible ! Have you seen Holocaust ? » Il voulait parler du soap-opera consacré au prétendu génocide des juifs. Cet homme sensé venait de m'expliquer combien l'exécution d'une seule personne, aux États-Unis, par le moyen du gaz, était compliquée et dangereuse, et voilà que ce même homme n'éprouvait apparemment aucune difficulté à croire qu'en Allemagne on avait, pendant des années et le plus aisément du monde, gazé des milliers de personnes par jour.


Au cours des années suivantes, j'allais me rendre compte que même des ingénieurs, des toxicologues, des médecins, des scientifiques et des professeurs, même des spécialistes de la désinfection des vêtements au gaz cyanhydrique, avaient de ces naïvetés-là. Il y a, même chez l'homme bardé de connaissances, une forme de crédulité particulièrement déconcertante.


Le meilleur ouvrage technique que je puisse personnellement recommander sur les chambres à gaz américaines est The Third Leuchter Report: A Technical Report on the Execution Gas Chamber at Mississippi State Penitentiary, Parchman, Mississippi.


Sur mes conseils, E. Zündel a juxtaposé, à la page 2, la porte de la chambre à gaz de ce pénitencier et une porte de la prétendue chambre à gaz d'Auschwitz-I : une misérable petite porte vitrée. La juxtaposition des deux photographies est parlante.


Au sujet de la première exécution en chambre à gaz, celle de Gee Jon à Carson City en 1924, et au sujet de quelques autres parmi les premières exécutions aux États-Unis, on peut lire Frederick Drimmer, Until You Are Dead / The Book of Executions in America.


28 février 1994


Notes


[1] Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, p. 301-309.


[2] Elles sont reproduites ci-après.


***








Friday, July 24, 1992

L’«Holocauste» des juifs européens a-t-il vraiment existé ?


Préface au livre de Barbara KulaszkaDid Six Million Really Die? Report of the Evidence in the Canadian "False News" Trial of Ernst Zündel – 1988


Est-il vrai que les Allemands ont, durant la seconde guerre mondiale, ordonné, planifié et perpétré une politique de destruction physique des juifs européens? En particulier, ont-ils, pour cela, conçu, réalisé et utilisé des chambres à gaz d’exécution ? Ont-ils ainsi provoqué la mort de millions de juifs ?

A ces questions, la plupart des auteurs répondent oui ; ils croient à l’«Holocauste» des juifs européens ; ces auteurs, nous les appellerons «exterminationnistes» parce qu’ils défendent la thèse de l’extermination physique des juifs. A ces mêmes questions, d’autres auteurs répondent non ; on les appelle révisionnistes ; mais il va de soi que les révisionnistes ne contestent pas le fait que, dans un conflit mondial qui a provoqué de quarante à cinquante millions de morts, beaucoup de juifs (le chiffre approximatif reste à déterminer) ont trouvé la mort.

Qui a raison ? Les exterminationnistes ou les révisionnistes ?

Pour le profane, il existe, en principe, trois moyens principaux de se forger une opinion personnelle au sujet d’une controverse historique.

Le premier moyen est de lire les écrits de l’une et l’autre parties, mais, dans le cas particulier, cela nécessiterait beaucoup de temps et il est souvent difficile de se procurer la littérature révisionniste.

Le deuxième moyen est d’assister à un débat public entre les deux parties : la partie orthodoxe (celle des exterminationnistes) et la partie hérétique (celle des révisionnistes). Malheureusement, les exterminationnistes ont toujours refusé le débat public que leur proposaient, et que continuent de leur proposer, les révisionnistes. Dans certains pays comme la France et l’Autriche, les partisans de la thèse exterminationniste ont même récemment obtenu la création d’une loi spéciale qui punit le révisionnisme de lourdes peines de prison et d’amende pour «contestation» de l’existence de l’« Holocauste» et des chambres à gaz.

Reste heureusement un troisième moyen qui est de lire les minutes d’un procès où les deux parties se sont trouvées face à face devant un juge et un jury. Dans le cas qui nous intéresse, c’est ce qui s’est produit à deux reprises, en 1985 et en 1988, lors des procès intentés au révisionniste Ernest Zündel, à Toronto, par des exterminationnistes appartenant à une organisation juive.

Le remarquable ouvrage de Barbara Kulaszka s’appuie sur les minutes du procès de 1988. Il permettra au profane de se faire une idée précise de la controverse historique autour de l’«Holocauste» des juifs et de se forger une opinion. Je dois cependant exprimer ici une réserve et lancer une mise en garde au lecteur : un tribunal n’est pas un endroit approprié pour un débat historique ; un procès a ses règles propres et il est très limité dans le temps ; la liberté d’expression n’y est pas entière puisque l’une des parties cherche à obtenir une condamnation et que l’autre partie tente d’éviter cette condamnation ; enfin un juge et un jury, même s’ils écoutent des experts, n’ont pas les moyens ni la compétence nécessaires pour trancher un point d’histoire.

J’ai successivement participé, en 1984, au pré-procès d’E. Zündel, puis, en 1985, au premier procès Zündel (cassé pour vices de forme et de fond) et, enfin, en 1988, au second procès Zündel. J’ai publié un compte rendu de toute l’affaire [1]. Je me permets d’y renvoyer le lecteur mais je voudrais revenir ici sur un passage de cet article et le commenter à la lumière de ce qui s’est passé depuis 1988. Ce passage concerne essentiellement ma propre découverte, dans les années soixante-dix, de l’impossibilité chimique des « gazages » d’Auschwitz et la confirmation par Fred Leuchter de cette impossibilité. J’écrivais donc :


A mon tour, je déposais à titre d’expert pendant près de six jours. J’insistais particulièrement sur mes enquêtes à propos des chambres à gaz américaines. Je rappelais que le Zyklon B est essentiellement du gaz cyanhydrique et que c’est avec ce gaz que certains pénitenciers américains exécutent leurs condamnés à mort. En 1945, les Alliés auraient dû demander à des spécialistes des chambres à gaz américaines de venir examiner les locaux qui, à Auschwitz et ailleurs, étaient censés avoir servi à gazer des millions de détenus. Dès 1977, mon idée était la suivante : quand on a affaire à un vaste problème historique comme celui de la réalité ou de la légende de l’Holocauste, il faut s’efforcer de trouver le centre de ce problème ; en la circonstance, le centre est le problème d’Auschwitz et, à son tour, le cœur de ce problème-là peut se limiter à un espace de 275 m: soit, à Auschwitz, les 75 mde la « chambre à gaz» du crématoire-et, à Birkenau, les 210 mde la «chambre à gaz» du crématoire-II. En 1988, mon idée restait la même : expertisons les 275 met nous aurons une réponse au vaste problème de l’Holocauste ! Je montrais au jury mes photos de la chambre à gaz du pénitencier de Baltimore ainsi que mes plans des «chambres à gaz» d’Auschwitz et je soulignais les impossibilités physiques et chimiques de ces dernières.

Un coup de théâtre : le rapport Leuchter

Ernst Zündel, en possession de la correspondance que j’avais échangée en 1977-1978 avec six pénitenciers américains disposant de chambres à gaz, avait chargé l’avocate Barbara Kulaszka de se mettre en rapport avec les gardiens-chefs de ces pénitenciers afin de voir si l’un d’entre eux accepterait de venir expliquer devant le tribunal le mode de fonctionnement d’une vraie chambre à gaz. Bill Armontrout, gardien-chef du pénitencier de Jefferson City (Missouri), accepta de venir témoigner et signala que nul aux Etats-Unis ne connaissait mieux la question du fonctionnement de ces chambres à gaz qu’un ingénieur de Boston : Fred A. Leuchter. J’allais rendre visite à cet ingénieur les 3 et 4 février 1988. F. Leuchter ne s’était jamais posé de questions sur les «chambres à gaz» des camps allemands. Il croyait jusque-là à leur existence. Dès que je commençai à lui ouvrir mes dossiers, il prit conscience de l’impossibilité matérielle et chimique de ces «gazages». Il accepta de se rendre à Toronto pour y examiner nos documents.

Puis, aux frais d’E. Zündel, il partit pour la Pologne avec une secrétaire (sa femme), son dessinateur, un vidéo-cameraman et un interprète. Il en revint pour rédiger un rapport de cent quatre-vingt-douze pages (annexes comprises) et avec trente-deux échantillons prélevés, d’une part, dans les crématoires d’Auschwitz et de Birkenau à l’emplacement des « gazages » homicides et, d’autre part, dans une chambre à gaz de désinfection de Birkenau. Sa conclusion était nette : il n’y avait eu aucun «gazage» homicide ni à Auschwitz, ni à Birkenau, ni d’ailleurs à Majdanek.

Les 20 et 21 avril 1988, F. Leuchter déposa à la barre du tribunal de Toronto. Il fit le récit de son enquête et développa sa conclusion. Je dis que, ces deux jours-là, j’ai assisté à la mort en direct du mythe des chambres à gaz, un mythe qui, pour moi, était entré en agonie au colloque de la Sorbonne sur « l’Allemagne nazie et l’extermination des Juifs » (29 juin - 2 juillet 1982).

Dans la salle du tribunal de Toronto, l’émotion était intense, en particulier chez les amis de Sabina Citron. Les amis d’E. Zündel étaient bouleversés mais pour d’autres raisons : ils voyaient enfin se déchirer le voile de la grande imposture. Pour moi, je ressentais soulagement et mélancolie : soulagement parce qu’une thèse que je défendais depuis tant d’années trouvait enfin sa pleine confirmation, et mélancolie parce que j’avais eu la paternité de l’idée ; j’avais même, avec la maladresse d’un littéraire, exposé des arguments d’ordre physique, chimique, topographique et architectural que je voyais reprendre par un scientifique étonnamment précis et didactique. Se rappellerait-on un jour le scepticisme que j’avais rencontré, y compris auprès de certains révisionnistes ?

Juste avant F. Leuchter, B. Armontrout était venu à la barre et il avait, en tout point, confirmé ce que j’avais dit au jury sur les difficultés extrêmes d’un gazage homicide (à ne pas confondre avec un gazage suicidaire ou accidentel). De son côté, un spécialiste des photographies aériennes, Ken Wilson, avait montré que les « chambres à gaz » homicides d’Auschwitz et de Birkenau ne possédaient pas les cheminées d’évacuation des gaz qui auraient été indispensables. Il montrait aussi que j’avais eu raison d’accuser Serge Klarsfeld et Jean-Claude Pressac d’avoir falsifié le plan de Birkenau dans L’Album d’Auschwitz [2]. Ces auteurs, pour faire croire au lecteur que les groupes de femmes et d’enfants juifs surpris par le photographe entre les crématoires II et III ne pouvaient pas aller plus loin et allaient donc finir dans les «chambres à gaz» de ces crématoires, avaient tout bonnement coupé là un chemin qui, en réalité, se poursuivait jusqu’au grand établissement de douches (situé au-delà de la zone des crématoires) où se rendaient ces femmes et ces enfants.

James Roth, directeur d’un laboratoire du Massachusetts, vint ensuite à la barre pour y rendre compte de l’analyse des trente-deux échantillons, dont il ignorait la provenance : tous les échantillons prélevés dans les « chambres à gaz » homicides contenaient une quantité de cyanure qui était soit indécelable, soit infinitésimale tandis que l’échantillon de la chambre à gaz de désinfection de Birkenau, prise pour référence, contenait, par comparaison, une quantité vertigineuse de cyanure (la quantité infinitésimale détectée dans le premier cas peut s’expliquer par le fait que les prétendues chambres à gaz homicides étaient en fait des chambres froides pour la conservation des cadavres ; de telles chambres froides avaient pu faire l’objet de désinfections au Zyklon B) [3].

Cela se passait en 1988. Quatre ans plus tard, le rapport Leuchter s’est trouvé confirmé par trois autres rapports : d’abord, celui de l’institut de criminologie de Cracovie, puis celui de l’Allemand Germar Rudolf et, enfin, celui de l’Autrichien Walter Lüftl. Le plus étonnant de ces trois rapports est celui de Cracovie ; il avait été réclamé par les autorités du musée d’Auschwitz avec l’espoir qu’il apporterait un démenti aux conclusions du rapport Leuchter ; c’est le contraire qui se produisit et, malgré des explications embarrassées pour tenter de minimiser le sens de leurs propres examens, les auteurs du rapport de Cracovie ont bel et bien confirmé – involontairement – que Fred Leuchter avait pleinement raison. Aussi les exterminationnistes préfèrent-ils passer sous silence ce rapport de l’institut de criminologie de Cracovie.

En 1989, le pharmacien Jean-Claude Pressac publia, sous l’égide de la Beate Klarsfeld Foundation de New York, un énorme ouvrage intitulé Auschwitz, Technique and Operation of the Gas Chambers. J’ai rendu compte de cette tentative exterminationniste dans la Revue d’histoire révisionniste. J’y ai montré que la « montagne exterminationniste » avait accouché d’« une souris révisionniste». L’occasion m’a été ainsi offerte de souligner à nouveau ce que j’appelle volontiers « l’un des plus grands paradoxes du 
XXe
 siècle » : des milliards d’hommes, hébétés par une incessante propagande médiatique, croient aux chambres à gaz nazies sans en avoir jamais vu une seule, sans avoir la moindre idée précise de ce qu’aurait pu être cette arme aux prouesses fantastiques, sans être capables d’en décrire la forme et le fonctionnement. La chambre à gaz nazie ne pourrait être, par définition, qu’une réalité matérielle... Or, personne ne nous en a fourni une représentation matérielle ! Cette chambre à gaz est immatérielle et magique. Personne, et surtout pas J.- C. Pressac dans son ouvrage au titre mensonger, n’a pu en un demi-siècle nous en fournir une photographie, un dessin industriel ou une maquette. Les rares tentatives en ce sens se sont soldées par des échecs. Dans leurs ouvrages, les Poliakov, les Wellers, les Hilberg ou les Pressac n’osent pas – et pour cause – reproduire une photographie complète des prétendues «chambres à gaz» qu’on fait visiter au touriste dans certains camps de concentration. Ils ne reproduisent pas non plus la grande maquette que ce touriste peut voir au Block 4 du musée d’Auschwitz, car ils savent qu’il ne s’agit là que de grossières attrapes. Aussi, depuis des dizaines d’années, le défi que je lance aux adeptes de la religion de l’«Holocauste» est-il resté le même : « Je serai éventuellement prêt à croire à la chambre à gaz nazie, pilier central de la religion de l’“Holocauste”, le jour où vous serez capable de me décrire une seule de ces chambres à gaz. » Il m’arrive d’ajouter : « Mais vous en êtes incapable, car ces abattoirs chimiques, où l’on aurait pu, d’après vous, entrer impunément pour retirer d’un océan d’acide cyanhydrique des milliers de corps (intouchables car cyanurés) sont une impossibilité physico-chimique. On ne peut pas plus décrire ou dessiner une prétendue “chambre à gaz” d’Auschwitz qu’on ne saurait décrire ou dessiner un cercle carré ou un carré circulaire !»

Notre siècle se croit sceptique et matérialiste. Il se dit le siècle de l’image et de la télévision. Or, il croit à une chose matérielle dont il n’a pas la moindre représentation matérielle et jamais ni le livre, ni le cinéma, ni la télévision ne nous ont fourni une image de cette chose matérielle. Le meilleur moyen de berner les foules est la suggestion, qui entraîne l’autosuggestion. La télévision ne peut ni montrer ni décrire une chambre à gaz nazie mais elle en suggère l’idée ; par exemple, elle montre un bâtiment et le commentaire affirme : « Bâtiment contenant une chambre à gaz » ; ou bien elle montre un pan de mur et prononce : «Voici une chambre à gaz» ; ou bien encore il lui suffit de fixer notre vue sur une simple pomme de douche et – tels des chiens de Pavlov – nous voici conditionnés et nous «voyons» une «chambre à gaz». D’autres fois, on nous apitoiera sur des «cheveux de gazés», des «valises de gazés», des «voitures d’enfants gazés». Et c’est ainsi que, de la suggestion, nous passerons à l’autosuggestion.

Le mythe des gazages de civils dans des lieux clos remonte à 1916 ; déjà, à cette époque, on accusait les Allemands, les Autrichiens ou les Bulgares de gazer des hommes, des femmes et des enfants serbes. Ce mythe rejoignit vite, après la guerre, celui des enfants belges aux mains coupées par les uhlans ; il disparut, mais pour reparaître vingt ans plus tard : les victimes, cette fois-ci, n’étaient plus les Serbes mais les juifs. Et c’est ce mythe, absurde et lancinant, qu’en cette fin du XXe siècle, on persiste à nous imposer.

Dans les siècles passés, on croyait, de la même façon, au diable sous sa forme physique, à ses pals et à ses grils, à ses cris et à ses odeurs. Des tribunaux, présidés par des magistrats qui s’estimaient intelligents et éclairés, posaient en principe (judicial notice) que tout cela était vrai, si évidemment vrai qu’il n’y avait pas lieu de le démontrer. Or, c’était faux. En plein milieu du XXe siècle, dès 1945-1946, les diableries sont revenues et des magistrats, qui s’estimaient plus intelligents et plus éclairés que leurs prédécesseurs des siècles passés, on posé en principe (judicial notice à nouveau !) que les diaboliques chambres à gaz nazies avaient bel et bien existé. A Toronto, en 1988, le juge Ron Thomas prit «judicial notice» de l’«Holocauste» en dépit du fait que c’était là le sujet même d’un procès où il s’agissait de savoir si E. Zündel propageait ou non une fausse nouvelle en diffusant un écrit révisionniste intitulé Did Six Million Really Die ?

J’ai été témoin judiciaire et extra-judiciaire d’E. Zündel. Cet homme est une figure héroïque de notre temps. Il honore le peuple allemand dont il est issu. Il honore le Canada où il est venu s’établir. Mais l’Allemagne et le Canada, comme à plaisir, s’acharnent sur lui à l’instigation des responsables de la communauté juive mondiale. C’est une disgrâce. Comme l’a si bien dit l’historien David Irving, la communauté juive mondiale doit faire son examen de conscience : elle propage quelque chose qui n’est pas vrai. Sous des dehors simples, E. Zündel a la profondeur d’un visionnaire. Ce paysan d’origine souabe, cet artiste, cet homme d’affaires porte un regard pénétrant sur l’histoire, la société, la politique, les institutions et les hommes. Dans l’article, déjà cité, que j’avais consacré à ses procès, ma conclusion avait été la suivante :

E. Zündel avait promis que son procès serait « le procès du procès de Nuremberg » ou « le Stalingrad des exterminationnistes ». Le déroulement de ces deux longs procès lui a donné raison, et cela même si le jury, « instruit » par le juge et sommé de tenir l’Holocauste pour un fait établi « que nulle personne raisonnable ne peut mettre en doute » en est venu à le déclarer coupable. E. Zündel a déjà gagné. Il lui reste à le faire savoir au Canada et au monde entier. Pour le procès de 1988, le black-out des médias a été à peu près complet. Les organisations juives avaient fait campagne pour obtenir ce black-out et avaient été jusqu’à dire qu’elles ne voulaient pas d’un compte rendu impartial. Elles ne voulaient d’aucun compte rendu. Le paradoxe est que la seule publication qui se soit fait l’écho du procès dans des conditions relativement honnêtes soit l’hebdomadaire The Canadian Jewish News.

Ernst Zündel et le rapport Leuchter sont entrés dans l’Histoire ; ils ne sont pas près d’en sortir. 

J’ajouterais aujourd’hui que le destin d’Ernst Zündel me paraît à la fois encore plus tragique et encore plus enviable qu’en 1988. Il est encore plus tragique parce que les responsables de la communauté juive mondiale ne laisseront, je le crains, plus aucun répit à un homme de cette envergure, capable non seulement de discerner ce qu’il appelle la vérité, la liberté et la justice mais de lutter avec tant d’habileté et de courage pour cette vérité, cette liberté et cette justice. D’une façon générale, je suis pessimiste sur l’avenir des révisionnistes. Mais je suis optimiste pour l’avenir du révisionnisme : l’œuvre entreprise par Paul Rassinier et couronnée par le génial ouvrage de l’Américain Arthur R. Butz, The Hoax of the Twentieth Century, a connu, grâce à E. Zündel, une si forte expansion que plus aucun obstacle ne pourra en entraver le cours. Et c’est en ce sens qu’on peut envier le destin d’E. Zündel, malgré tout.

24 juillet 1992

Notes

[1] R. Faurisson, « Le révisionnisme au Canada. Les procès Zündel », Annales d'histoire révisionniste n° 5, été-automne 1988, p. 31-49. 
[2] P. Hellman et J.-C. Pressac, L’Album d’Auschwitz, Paris, Le Seuil, 1983, p. 42.
[3] R. Faurisson, op. cit.