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Friday, February 1, 1991

Crise au musée d’Auschwitz – La contre-expertise de Cracovie



Nous apprenons qu’une expertise des prétendues chambres à gaz d’Auschwitz et de Birkenau, menée par la section de toxicologie de l’Institut d’expertises médico-légales de Cracovie, tend à confirmer l’expertise de l’Américain Fred Leuchter : nulle trace significative de ferro-cyanures dans les locaux réputés avoir servi d’abattoirs chimiques pour des centaines de milliers ou des millions de victimes, mais, en revanche, abondantes traces de ferro-cyanures dans des chambres à gaz de désinfection fonctionnant à l’acide cyanhydrique. 

Dans une lettre en date du 24 septembre 1990 adressée par cet institut aux autorités du musée d’Auschwitz, il est dit en substance que ces autorités ont demandé une analyse d’échantillons à prélever sur les murs des chambres à gaz aux fins d’y rechercher des traces d’acide cyanhydrique.

La demande a été formulée « en conjonction avec des rapports publiés dans les pays occidentaux et avec des procès où des opinions ont été émises selon lesquelles on n’a pas utilisé à Auschwitz de Zyklon B pour y tuer des êtres humains ».

Le rapport de six pages, en polonais, explique qu’en deux périodes distinctes de 1990 des échantillons de plâtre, de briques, etc. ont été prélevés ; 1° dans le crématoire-I (Auschwitz) et dans les crématoires-II, III et V (Birkenau) ainsi que dans les caves du Block 11 (censées avoir servi pour des opérations de gazage homicide) ; 2° dans quatre chambres à gaz de désinfection au Zyklon B du Block 3 au camp d’Auschwitz même ; 3° pour comparaison, dans des endroits où il était exclu qu’il ait pu y avoir la moindre contamination avec de l’acide cyanhydrique.

Dans les locaux censés avoir servi à des gazages homicides, on n’a trouvé aucune trace, sinon une trace infime sur un pilier de la prétendue chambre à gaz homicide du Krema II de Birkenau (Fred Leuchter avait fait la même découverte : rappelons que ce local était en fait un dépositoire et que les dépositoires étaient parfois désinfectés à cause, notamment, des cadavres detyphiques). Dans les chambres à gaz de désinfection, on a trouvé des traces importantes d’acide cyanhydrique malgré le fait que les murs avaient été replâtrés ou repeints. On n’a trouvé aucune trace d’acide cyanhydrique dans les autres endroits examinés.

Les experts sont dans l’embarras. Ils expliquent qu’après quarante-cinq ans il n’était guère possible de trouver des traces « dans des matériaux de construction (plâtre, brique) si ceux-ci étaient exposés à l’action des éléments atmosphériques tels que pluies acides [etc.] ».

A quoi nous répondons, pour notre part, que : 

   1) Les experts ont accepté de conduire cette expertise même s’ils pouvaient penser qu’elle serait sans doute vaine ; le fait demeure qu’ils ont cherché comme s’ils pouvaient trouver et qu’ils n’ont rien trouvé de ce qu’ils espéraient ; 
   2) Il est faux que toutes les prétendues chambres à gaz homicides aient été exposées aux pluies ; par exemple, celle du Krema I (situé à Auschwitz) et celle du Krema II (situé à Birkenau) sont, au contraire, protégées des pluies, dans le premier cas par le toit « d’origine » et, dans le second cas, par les blocs de béton du toit effondré ; les caves du Bunker 11 sont intactes ; 
   3) Les ferro-cyanures peuvent, semble-t-il, subsister pendant des siècles, quelles que soient les intempéries. 

L’institut en question porte le nom de « Jan Sehn ». Jan Sehn est ce juge d’instruction qui mena de bout en bout la mise en scène du procès de Rudolf Höss et d’autres anciens gardiens du camp d’Auschwitz. C’est à lui que nous sommes redevables des incroyables confessions de R. Höss ordinairement publiées sous le titre de Commandant à Auschwitz. Jan Sehn est également l’auteur d’un livre sur le camp. On remarquera que, si les autorités actuelles du musée d’Auschwitz ont réclamé cette expertise, c’est qu’elles savaient pertinemment que Jan Sehn n’avait, en 1945, ordonné aucune expertise de « l’arme du crime ». Et si, de son côté, l’Institut Jan Sehn a accepté de mener une expertise en 1990, c’est qu’il savait, lui aussi, qu’on n’avait jamais expertisé « l’arme du crime ». 

Cette expertise de l’Institut Jan Sehn, qu’il faudrait appeler la « contre-expertise » de Cracovie, apporte une confirmation inattendue aux découvertes que Fred Leuchter exposait dans son étude de cent quatre-vingt-douze pages sur « les présumées chambres à gaz d’exécution d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek » [1]

La décision de procéder à cette expertise remonte à 1989. Les prises d’échantillons ont eu lieu le 20 février et le 18 juillet 1990. Le résultat a été communiqué au musée par une lettre, ainsi que nous l’avons dit, du 24 septembre 1990.

Le 13 mars 1991, R. Faurisson révélait l’existence, jusqu’ici soigneusement tenue cachée, de cette expertise et de ses résultats, désastreux pour la cause exterminationniste. Il le faisait lors d’une conférence prononcée à Bruxelles dans une salle du Palais des congrès, en présence notamment de journalistes de la presse belge. Dans son édition du surlendemain on pouvait lire dans Le Soir de Bruxelles :

Nous avons pris contact avec le Dr Maurice Goldstein, président du Comité international d’Auschwitz [à Bruxelles]. Il nous a affirmé qu’à sa connaissance aucune demande d’expertise n’avait été adressée à un institut par le musée d’Auschwitz ni par le comité supérieur dont il fait partie. De telles enquêtes, accomplies cinquante ans après les événements n’ont d’ailleurs aucun sens [2]


Le Dr Goldstein, manifestement embarrassé, ajoutait que des analyses avaient été faites, dès 1945, par l’Institut de chimie de Cracovie. En réalité, il commettait là une erreur [3]

Cette contre-expertise de Cracovie est d’autant plus fâcheuse pour les tenants de la thèse exterminationniste qu’elle survient juste après l’affaire des plaques commémoratives d’Auschwitz. Les autorités du musée avaient retiré, en avril 1990, du mémorial international devant lequel venaient s’incliner tous les grands de ce monde, les plaques commémoratives qui mentionnaient en dix- neuf langues la disparition de quatre millions de victimes [4]. Le chiffre devenant, avec les progrès du révisionnisme, de plus en plus insoutenable, on avait retiré ces plaques mais, aujourd’hui, un an après leur enlèvement, on ne sait toujours pas quel nouveau chiffre substituer à l’ancien.

Les tensions sont vives au sein du musée et dans les relations des responsables du musée avec certaines autorités juives mondiales. Georges Wellers vient d’écrire :

Il ne fallait pas tenir compte des estimations irresponsables de beaucoup d’anciens déportés [...]. A la suite de l’incapacité pendant plusieurs décennies, de la Direction du Musée d’Auschwitz, d’éviter de grossières erreurs d’interprétation des archives, un nouveau comité directeur de seize membres a été formé [5].

Références de l’expertise de Cracovie : Institut d’expertises médico-légales Prof. Dr Jan Sehn à Cracovie, Section de toxicologie, Cracovie le 24 septembre 1990, Westerplatte 9, code postal 31-033. Tél. : 505-44, 592-24 ; 287-50. Référence 720-90. Au musée d’Auschwitz-Birkenau. Votre réf. : N° 1-8523/51/1860/89. Signé de Prof. Jan Markiewicz, Dr Wojciech Gubala, Ing. Jerzy Labedz, Beate Trzcinska. Ont assisté aux prélèvements d’échantillons Dr Franciszek Piper, responsable du musée, et Piotr Setkiewicz, assistant. 


[Publié dans la RHR, n° 4, février-avril 1991, p. 101-104.]



Notes

[1] F. Leuchter, « Rapport technique sur les présumées chambres à gaz d’exécution d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek », Annales d'histoire révisionnisten° 5, été-automne 1988, p. 51-102, préface de Robert Faurisson.
[2] Le Soir (Bruxelles), 15 mars 1991, p. 18. 
[3] Voy. R. Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Vieille Taupe, 1982, p. 35. 
[4] Voy. Revue d'histoire révisionniste, n° 3, novembre 1990-janvier 1991, p. 30-32. 
[5] Le Monde juif, octobre-décembre 1990, p. 187, 195.

Wednesday, August 1, 1990

Signes annonciateurs


Depuis quelques années, on voyait se dessiner chez les historiens israéliens une tentative pour mettre sur le compte soit des communistes, soit des nationaux-socialistes les inventions et les exagérations de l’histoire de l’Holocauste.

Déjà en 1987, Ida Zajdel et Marc Ascione développaient la thèse selon laquelle les chambres à gaz n’ont jamais existé et ont été inventées par l’imagination de certains SS qui auraient ainsi glissé dans certaines « confessions » une « bombe à retardement » contre les juifs [1] !

Shmuel Krakowski, responsable des recherches historiques au mémorial Yad Vashem de Jérusalem, et ses collaborateurs commencent à déclarer que le chiffre des morts d’Auschwitz constitue une exagération des communistes polonais et ils ajoutent que, grâce aux chercheurs israéliens, on peut aujourd’hui diviser ce chiffre par quatre. Ils mettent aussi en cause le commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss qui, dans ses « confessions », avait glissé des chiffres fantastiques [2].

Dans l’ouvrage de J.-C. Pressac patronné par Serge Klarsfeld, la même tentative affleure çà et là de porter au compte des SS d’Auschwitz, de leur « vantardise » et de leur « propagande », des faits ou des chiffres concernant les « chambres à gaz » ou le rendement des crématoires.

Fred Leuchter, en 1988, n’avait trouvé pour ainsi dire aucune trace de l’insecticide Zyklon B ; dans les prétendues chambres à gaz d’Auschwitz et de Birkenau et, en particulier, dans les ruines des crématoires-II et III, mais il n’est pas sûr que, dans quelques années, on ne verra pas apparaître les fameuses traces bleuâtres dues aux ferro-cyanures. On apprend que les autorités actuelles du musée estiment qu’il leur faut « surveiller les crématoires dont quelques murs commençaient à s’affaisser et les arroser de produits chimiques contre les insectes » [3]. Cette opération, qui consiste à arroser le béton d’insecticide (!), aurait commencé à la fin des années soixante-dix. Faut-il le croire ? Quel est cet insecticide ? Cette opération aurait-elle vraiment commencé avec l’apparition spectaculaire du révisionnisme à la fin des années soixante-dix ou bien aurait-elle débuté après la publication du rapport Leuchter en avril 1988 ? 

La pression des révisionnistes, d’une part, et le recul du temps, d’autre part, conduisent tous les chercheurs, même les plus attachés d’entre eux à l’histoire officielle d’Auschwitz, à revoir et à corriger les données essentielles de cette histoire.

1er août 1990


[Publié dans la RHR, n° 2, août-octobre 1990, p. 176-177.]


[1] Article 31, janv.-fév. 1987, p. 22 ; AHR n° 8, p. 75-76. 
[2] « Poland reduces Auschwitz death toll estimate to 1 million »,  Washington Times, 17 juillet 1990. Les révisionnistes, et notamment Paul Rassinier, ont prouvé depuis longtemps que ses confessions ou aveux avaient été extorqués à R. Höss par ses gardiens britanniques, puis polonais (voy. aussi, R. Faurisson, « Comment les Britanniques ont obtenu les aveux de Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz », reproduit dans Ecrits révisionnistes (1974-1998), volume II, page 657. 
[3] J.-C. Szurek, « Le Musée d’Auschwitz », Le Monde juif, avril-juin 1990, p. 70, d’après des informations qui auraient été recueillies auprès de M. Smrek, responsable du secteur « conservation » au musée d’Auschwitz.

Wednesday, May 24, 1989

Aux États-Unis, un universitaire juif s’engage dans la voie révisionniste


 Dans sa livraison du 15 mai 1989, l’hebdomadaire Newsweek annonce une « tempête autour d’un nouveau livre » consacré à « l’extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale » [1] :

Why Did the Heavens not Darken? The "Final Solution" in History, New York, Pantheon Books, 1988, XVIII-193 p. (Pourquoi les cieux ne se sont-ils pas obscurcis ? La « solution finale » dans l’histoire.)

Un ami de Pierre Vidal-Naquet

Son auteur, Arno J. Mayer, est né en 1926 au Luxembourg au sein d’une famille juive. Il est professeur à l'Université de Princeton où il enseigne l’histoire européenne. Dans un livre paru en 1987, Pierre Vidal-Naquet l’appelait son « collègue et ami » et le nommait à neuf reprises [2]. Il écrivait par exemple : « Je dois beaucoup à Arno J. Mayer que je remercie chaleureusement [3]. » Il disait avoir lu en manuscrit l’ouvrage que ce dernier allait publier en 1988 sous le titre probable de The “Final Solution” in History. Il semble qu’en 1982 le professeur américain avait provoqué de violentes réactions de la part d’un collègue israélien au cours du colloque international de la Sorbonne présidé par François Furet et Raymond Aron (29 juin-2 juillet). Déjà à cette époque, il avait sans doute eu le courage d’exprimer des réserves sur le dogme de l’Holocauste et des chambres à gaz. En tout cas, curieusement, son propre exposé ne figure pas dans l’ouvrage publié trois ans plus tard et censé livrer le résultat de ce colloque [4]. De 1982 à 1988, nous avons donc été tenus dans l’ignorance de la thèse d’Arno J. Mayer. Si l’on en croit l’auteur, il a soumis son manuscrit à trois sommités de l’historiographie juive : Raul Hilberg (États-Unis), Hans Mommsen (RFA) et Pierre Vidal-Naquet (France) [5]. En quatrième de couverture, on peut lire cette appréciation en anglais :

Le plus important effort jamais fait par un historien pour penser l’impensable en termes critiques (Pierre Vidal-Naquet, École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris).



Les chambres à gaz ? 
Des sources rares et douteuses 

Arno J. Mayer dit qu’il croit qu’il a existé une politique d’extermination des juifs et que les chambres à gaz homicides ont été une réalité mais, en même temps, il écrit des pages et se permet des observations que contresigneraient bien des révisionnistes. Dans sa bibliographie, il n’hésite pas d’ailleurs à mentionner deux ouvrages révisionnistes : Le Mensonge d’Ulysse de Paul Rassinier dans l’édition qu’en avait donnée la Vieille Taupe en 1979 ainsi que la magistrale étude d’Arthur Robert Butz : The Hoax of the Twentieth Century (La Mystification du XXe siècle). Pour lui, il n’existe aucune trace d’un quelconque plan d’extermination des juifs et, à propos des chambres à gaz, il a, dans son chapitre sur Auschwitz, cette phrase, fort étonnante de la part d’un ami de Pierre Vidal-Naquet :

Sources for the study of the gas chambers are at once rare and unreliable [6]

On a bien lu : 

Les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses. 

Il ajoute :

En général, ce qu’on sait [sur ce chapitre] est fondé sur les dépositions des fonctionnaires et des bourreaux nazis dans des procès d’après-guerre et sur la mémoire des survivants et des spectateurs. Il s’agit là de témoignages à tester soigneusement, car ils peuvent être influencés par des facteurs subjectifs d’une grande complexité [7]

Peut-on mieux dire qu’il faut se méfier des prétendus aveux, confessions, témoignages dont les exterminationnistes osent se prévaloir avec impudence ? Et puis, ajoute l’auteur à propos desdites sources : « on ne saurait nier les nombreuses contradictions, ambiguïtés et erreurs dans les sources actuellement existantes » (p. 363). On aimerait voir Arno J. Mayer passer en revue quelques-unes de ces contradictions, ambiguïtés et erreurs ; nul doute qu’il vise les « sources » auxquelles s’abreuvent depuis plus de quarante ans les mêmes exterminationnistes.

Il mentionne des « gazages » à Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka mais ces mentions sont fugaces et noyées dans un flot de considérations étrangères au sujet. D’une manière générale, tout au long du livre, le sujet central, c’est-à-dire le prétendu génocide des juifs (ici appelé « judéocide ») et les prétendues chambres à gaz, est littéralement enfoui sous des amas de digressions, en particulier sur l’antisémitisme au Moyen Age ou sur la campagne de Russie. C’est ce que les universitaires appellent complaisamment l’étude du contexte : on préférerait une étude du texte, autrement dit du sujet.

Plus de morts naturelles que de morts non naturelles

A. J. Mayer s’engage aussi dans la voie révisionniste quand il souligne avec insistance les ravages causés dans les communautés juives orientales et dans les camps de concentration par les épidémies de typhus. On oublie qu’un des principaux motifs de la création par les Allemands de certains ghettos était la hantise de voir le typhus se répandre un peu partout dans cette région du monde déjà en proie à la guerre. Autant l’auteur est vague au sujet des prétendus « gazages », autant il est précis et circonstancié sur le typhus. Pour la période de 1942 à 1945, soit pour celle où, selon les historiens exterminationnistes, il y aurait eu de fantastiques « gazages », il estime, sans malheureusement fournir de chiffres, que plus de juifs ont été tués par des causes dites naturelles (faim, maladies, épidémies, épuisement au travail) que par des causes «non naturelles» (exécutions en tous genres). Il précise que tel a été « certainement le cas à Auschwitz » et « probablement » le cas partout ailleurs [8]. Cette remarque n’est pas passée inaperçue et elle alimente une vive controverse. Par ailleurs, Mayer élimine un à un tous les documents ou arguments jusqu’ici invoqués pour faire croire que les Allemands pratiquaient une politique d’extermination des juifs (lettre de Göring à Heydrich du 31 juillet 1941, procès-verbal de Wannsee, conduite des Einsatzgruppen en Russie, discours de Himmler, etc.). Il qualifie souvent d’incertains ou de peu sûrs des faits qu’on nous présentait comme définitivement établis. Les chiffres et les statistiques qui avaient fini par prendre en quelque sorte un caractère officiel et sacré lui inspirent une grande méfiance. Distinguant, d’une part, la « mémoire » juive – pour ne pas dire la légende ou la mythologie juive – et, d’autre part, l’« histoire », il déplore l’existence d’un culte de la mémoire qui, avec les déformations que celle-ci impose à la réalité historique, est devenu « trop sectaire » [9]. La mémoire, estime-t-il, tend à « rigidifier » tandis que l’histoire appelle à « réviser » [10]. Les historiens ont aujourd’hui « la tâche urgente de penser l’impensable en termes critiques » [11].

Deux suggestions pour l’avenir

A propos des chambres à gaz d’Auschwitz, Mayer écrit : 

Une fois ouvertes, les archives soviétiques pourraient bien livrer des indices significatifs et des preuves. De plus, des fouilles à l’emplacement des lieux du crime et de leurs environs immédiats pourraient produire de nouvelles informations [12].  

On me permettra de rappeler qu’il s’agit là de deux idées révisionnistes pour lesquelles j’ai personnellement combattu. Au début de 1988, au second des deux procès Zündel, par l’intermédiaire de l’avocat Douglas Christie, j’ai obtenu d’un expert de l’accusation, Charles Biedermann, la confirmation de ce que les « registres mortuaires » d’Auschwitz, laissés intacts par les Allemands, se trouvaient bien pour la plupart à Moscou ; le scandale est que ces registres soient tenus cachés ainsi que les quelques volumes restés au musée d’Auschwitz ; les Américains, les Britanniques, les Français, les Allemands et les Israéliens participent à cette dissimulation de documents et vont jusqu’à refuser de dire combien de noms contiennent les quelques registres du musée d’Auschwitz dont il existe la photocopie au Service international de recherches d’Arolsen (organisme du Comité international de la Croix-Rouge, situé en RFA mais placé sous l’étroite surveillance des Alliés et des Israéliens par crainte d’une intrusion de chercheurs révisionnistes). Mayer serait-il d’accord pour demander l’ouverture de ce « dossier secret » ? Quant aux fouilles, là encore ce sont des révisionnistes qui en ont pris l’initiative malgré les interdits ; je renvoie là-dessus à ma préface au « rapport Leuchter », du nom de cet ingénieur américain qui a étudié les prétendues chambres à gaz homicides d’Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek [13]. Le 19 février 1989, à Los Angeles, lors de la neuvième conférence internationale de notre Institut d’histoire révisionniste, Fred Leuchter a demandé la création d’une commission internationale d’enquête sur les chambres à gaz homicides censées avoir été utilisées par les Allemands. Mayer accepterait-il de trancher sur ses collègues exterminationnistes et de répondre au « rapport Leuchter » autrement que par un silence gêné ou par une fumisterie à la manière de Serge Klarsfeld et de ses acolytes ? Que pense-t-il d’une commission internationale d’experts ?

Progrès en dix ans 

Il y a dix ans, P. Vidal-Naquet avait pris l’initiative avec L. Poliakov de rédiger contre moi une déclaration publique où l’on pouvait lire que, vu l’abondance et la solidité des preuves, 

il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz [14]

Parmi les trente-quatre signataires de cette déclaration figuraient les noms de Philippe Ariès, Fernand Braudel, Pierre Chaunu, François Furet, Jacques Le Goff, Emmanuel Le Roy Ladurie,... Mais René Rémond, lui, avait refusé sa signature. 

Il aura fallu attendre 1988 pour qu’un historien patenté, comme l’est Arno J. Mayer, reconnaisse dans un chapitre sur Auschwitz que les preuves de l’existence des chambres à gaz, loin d’être abondantes et solides, comme on nous le ressassait, n’étaient que rares et douteuses. On a là un exemple parmi d’autres des progrès considérables du révisionnisme historique dans la communauté scientifique. Le professeur juif de Princeton va apprendre ce qu’il en coûte de toucher au tabou du siècle. Il l’a fait avec mille précautions, sans agressivité ni provocation, mais déjà il déclenche, à côté de certaines réactions favorables dans la presse américaine, de véritables anathèmes. C’est ainsi que, sous le titre de « False Witness » (faux témoin), Daniel Jonah Goldhagen, de Harvard, l’accuse de falsification, de distorsion, de révisionnisme et d’avoir « tourné en dérision la mémoire et l’histoire » [15]. Air connu. Heureusement pour lui, A. J. Mayer vit et enseigne aux États-Unis et non pas en France comme Faurisson ou en Allemagne comme Stäglich [16].

24 mai 1989

   

[Publié dans Rivarol du 9 juin 1989, p. 9. Reproduit ici d’après le manuscrit.]




Notes

[1] Newsweek, p. 64-65 de l’édition US ; p. 57 de l’édition européenne. 

[2] P. Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987 p. 203, n. 21. 

[3] Id., p. 216, n. 12. 

[4] L’Allemagne nazie et le génocide juif, Actes du Colloque de la Sorbonne de 1982, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1985. 

[5] A. J. Mayer, The “Final Solution”..., p. XIV.

[6] Id., p. 362. 

[7] Id., p. 362-363.

[8] Id., p. 365.

[9] Id., p. 16.

[10] Id., p. 18.

[11] Id., p. 363.

[12] Ibid.

[13] Annales d'histoire révisionniste n° 5, été-automne 1988, p. 51-102.

[14] Le Monde, 21 février 1979, p. 23.

[15] The New Republic, 17 avril 1989, p. 39-44.

[16] Son ouvrage, fort de plus de cinq cents pages, ne comporte pas une seule note de référence. Aussi beaucoup de citations sont-elles invérifiables à moins de recherches personnelles de la part du lecteur.