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Wednesday, March 7, 1990

Lettre à Olivier Mathieu (et, s’il le veut, à ses avocats)

Cher ami, 
Votre adversaire parle de « faits historiques faisant pourtant l’objet d’un consensus au sein de toutes les nations ». 
Il est probable qu’il entend par le mot de « consensus » ce que les Latins appelaient le consensus omnium, c’est-à-dire le consentement universel. C’est en appeler à la voix publique. 
Il faudrait d’abord prouver qu’il existe un tel consentement par toute la terre et que, d’une seule voix, les peuples du monde libéral, du monde arabo-musulman, du monde africain, du monde asiatique, du monde communiste proclament que Hitler a utilisé des chambres à gaz pour tuer des juifs. Soit ! 
Ensuite, il faudrait prouver que, parce que tout le monde le dit, tout le monde le pense (et le pense pour y avoir réfléchi). Soit ! Puis, il conviendrait de démontrer que, parce que tout le monde le dit et le pense, c’est exact (j’éviterais le mot de « vrai », qui est galvaudé).
Pas un seul État n’a jusqu’ici érigé en loi qu’il fallait croire à ces chambres, pas même dans les pays où il arrive à la justice de condamner des gens qui disent qu’ils ne croient pas aux dites chambres à gaz. Ces gens-là, soit dit enpassant, sont des preuves vivantes de ce que le consensus omnium est une fiction. Même en RFA, il n’existe pas de loi en ce sens. La loi dite du « mensonge d’Auschwitz » (15 juin 1985) ne parle ni de génocide, ni de chambres à gaz, ni d’Auschwitz ; elle sanctionne « l’atteinte à la mémoire des morts» lorsque le mort a été la «victime d’un gouvernement de violence et d’arbitraire national-socialiste ou autre» et elle permet – c’est là la véritable innovation – une assignation directe par le ministère public sans qu’aucun individu ou aucune association ait à porter plainte. Cette loi a des côtés inavouables : elle est faite 1) pour réprimer les révisionnistes ; 2) pour éviter aux juifs d’apparaître comme de constants accusateurs et de dépenser leur propre argent. Dans cette loi (article 194 du code pénal, nouvelle mouture), ni les révisionnistes (les vraies victimes), ni les juifs (les vrais bénéficiaires) ne sont nommés.
Les révisionnistes ne sont jamais condamnés pour le vrai motif mais pour des motifs d’emprunt ou de circonstance : injure raciale, dommage à autrui, apologie de crimes, propagation de fausses nouvelles, cruauté mentale... s’ils tombent sous le coup de la loi, ce n’est pas directement, mais indirectement. (Je suppose que, de 1550 à 1650, quand on a condamné tant d’hommes et de femmes parce qu’ils avaient « commerce avec le diable », c’était aussi au nom de lois qui ne réprimaient pas, expressis verbis, le « commerce avec le diable »).

Mais vous sentez bien que ces considérations et bien d’autres considérations touchant à la loi, au droit, aux principes, aux belles idées, n’auraient aucune portée aussi longtemps qu’elles s’adresseraient à des magistrats qui, dans leur tête, dans leur cœur, dans leur « âme », persisteraient à croire aux magiques chambres à gaz. Ce qu’il faut, c’est briser ou endommager le joujou magique. Il faut les conduire à douter de ce joujou. Alors, et alors seulement, ils vous écouteront. Ils sont obnubilés, sidérés, offusqués. Ils sont sourds. Ouvrez-leur les yeux et les oreilles. Dites-leur que le roi est nu et que les chambres à gaz n’ont pas existé. Ils se débattront d’abord. Ils protesteront. Ils pousseront l’audace jusqu’à dire que c’est un sujet d’histoire et qu’ils ne sont pas compétents en matière d’histoire. C’est le faux-fuyant habituel. Les avocats aiment à faire chorus. Ce sont là des réactions dictées par la peur de l’inconnu et par l’amour des habitudes. Ce sont des réactions de paresse intellectuelle.

Il faut être brutal. Vous devez leur secouer les puces. Ils ont besoin d’un happening. Mais soyez habile. Prenez-les à revers. Dites-leur : vous avez raison. Il y a un consensus. Ce consensus date de 1945 et du Tribunal militaire international de Nuremberg. Eh bien, précisément, parce qu’il y avait un consensus dès cette époque, on s’est dispensé alors d’apporter la preuve de l’existence des chambres à gaz. C’est le moment de réciter à ces juges les stupéfiants articles 19 et 21 du statut du TMI et, pour couronner cela, de leur rappeler le double aveu de Serge Klarsfeld, dans VSD et dans Le Monde Juif. Cela donne :

TMI, article 19 : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques, relatives à l’administration des preuves [...]. »

TMI, article 21 : « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis [...].»

Klarsfeld : « [En 1986, pour l’existence des chambres à gaz, il n’y avait pas encore de vraies preuves.] Il y avait des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissonniens [...]. »

Klarsfeld encore : « Il est évident que dans les années quiont suivi 1945 les aspects techniques des chambres à gaz ont été un sujet négligé parce que personne alors n’imaginait qu’un jour on aurait à prouver leur existence. »

Puis, vous mettrez au défi les magistrats de réclamer à votre adversaire ce que tout tribunal exige pour le moindre des assassinats : une expertise de l’arme du crime, établissant que tel local aujourd’hui à l’état originel (Struthof, Mauthausen, Auschwitz-I, Majdanek) ou à l’état de ruines (Auschwitz-II ou Birkenau) a bien été un abattoir chimique, et un rapport d’autopsie établissant que tel parmi des milliers de cadavres autopsiés à partir de la fin 1943 (début en URSS des procès pour « gazages ») a bien été le cadavre d’une personne tuée par gaz-poison.

Quand on demandera des preuves à votre adversaire, il ne faudra pas qu’ils répondent par des témoignages ou des aveux, car la justice a besoin d’abord de preuves, aussi matérielles que possible, et de témoignages, ensuite, éventuellement.

Vous, vous apportez le « rapport Leuchter ». 

Et, en face, qu’apporte-t-on ? 

Le gros livre récemment publié en anglais par Jean-Claude Pressac (et Serge Klarsfeld), c’est la montagne qui accouche d’une souris. Ce livre apporte mille preuves de ce qu’il a existé un camp, celui d’Auschwitz, avec crématoires, fours, chambres à gaz de désinfection, Zyklon, installations de toutes sortes mais il ne fournit pas une seule preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide. Klarsfeld voulait nous faire croire que pendant quarante-cinq ans, ou peu s’en faut, on n’avait pas encore trouvé de « vraies preuves » mais seulement des « débuts de preuves » et puis que, soudain, J.-C. Pressac avait découvert dans un fond de tiroir un document qui, à ses yeux, était la preuve d’un gigantesque massacre. C’est idiot. 

Sarfatti vous accuse. C’est à lui de fournir des preuves de ce qu’il avance. Il ne faut pas inverser les rôles. 

Empressez-vous de rectifier l’image que les juges peuvent avoir des photos choisies par les Alliés en 1945; il s’agit de photos de victimes des épidémies de typhus, de dysenterie, etc. : soit des morts, soit des mourants, soit des malades. C’est du « Timisoara » 1945.

Et puis, comment Sarfatti peut-il expliquer qu’en 1988, soit quarante-trois ans après la fin de la guerre, Arno J. Mayer, juif, professeur d’histoire à Princeton, ait pu admettre que « les sources pour l’étude des chambres à gaz sont à la fois rares et douteuses » et que « [les] témoignages doivent être scrutés avec soin, vu qu’ils peuvent avoir été influencés par des facteurs d’une grande complexité ».

Si votre procès a lieu, il est indispensable que je puisse venir témoigner en votre faveur. Je viendrai avec le livre de Pressac, notamment, et on s’amusera. 

Vous serez condamné parce que la Belgique fait partie des territoires occupés et qu’elle a tout de même une belle tradition de bassesse dans la répression des hérétiques de votre espèce. Mais vous vous serez battu.

Comptez sur moi tant que je serai en vie (il n’y en a probablement plus pour longtemps) et tant que vous garderez la tête haute et n’accepterez pas d’entrer dans le jeu des pleutres et des paresseux.

Bien à vous.

P. S. : Attention au piège des mots ! Nous ne nions pas l’existence des chambres à gaz mais nous affirmons, avec des preuves et des raisons, que ces chambres à gaz n’ont pas existé. A l’exemple de l’esprit de la Renaissance, l’esprit du Révisionnisme est perçu comme négateur parce qu’il est en fait positif et « positiviste ».

7 mars 1990

Thursday, June 12, 1986

L’affaire Roques


Henri Roques, 65 ans, ingénieur retraité, a rédigé une thèse de doctorat d’université sur Les Confessions de Kurt Gerstein. La soutenance de cette thèse a eu lieu le 15 juin 1985 à l’université de Nantes et elle a obtenu la mention « très bien ».

Cette thèse consiste en une étude critique des différents textes qui sont de Kurt Gerstein ou qui lui sont attribués. Ces textes sont généralement considérés comme l’une des preuves essentielles de ce que les Allemands auraient, dit-on, utilisé des chambres à gaz homicides, notamment à Treblinka et à Belzec. Dans The Destruction of the European Jews, Raul Hilberg mentionnait vingt-trois fois le nom de Gerstein.

Au terme de ses analyses, H. Roques a conclu que, notamment en raison des invraisemblances, des non-sens et des variations de ses différents récits, le témoignage de Kurt Gerstein n’a aucune valeur scientifique. H. Roques a montré, par ailleurs, combien tous ceux qui avaient utilisé les confessions de Gerstein avaient gravement manipulé les textes, en particulier Léon Poliakov. En conséquence, il n’a pas caché qu’il doute aujourd’hui de l’existence des chambres à gaz.

En 1985, la presse française et la presse allemande avaient été informées de la thèse d’Henri Roques, de son contenu, de ses conclusions et de l’attribution à celui-ci de la mention « très bien ». Mais elles n’en avaient pas parlé.

En avril 1986 est paru un article de Georges Wellers dans Le Monde Juif, revue trimestrielle du Centre de documentation juive contemporaine (numéro daté de janvier-mars 1986, p. 1-18). Cet article était violemment hostile à H. Roques.

Alors éclatait en France la « bombe à retardement » de l’affaire Roques. A partir d’avril et mai 1986 s’est déclenchée dans les journaux, dans toutes les radios et sur toutes les chaînes de télévision une importante campagne contre « la thèse scandaleuse de Nantes », « la thèse qui nie les chambres à gaz », « la thèse antisémite qui a reçu la mention très bien ».

De très nombreux hommes politiques sont intervenus dans cette campagne. En signe de protestation contre cette thèse, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence à la mémoire des déportés morts. Des universitaires français ont signé une pétition. Les syndicats ont manifesté leur indignation. Des universitaires et des hommes politiques allemands ont envoyé des messages de protestation au président Mitterrand, au ministre français de l’Éducation nationale et au président de l’université de Nantes. La Knesset aurait envoyé un message au président Mitterrand.

Le point culminant de cette campagne a été atteint le 23 mai, de 18h à 20h, lors d’une émission très populaire de la station de radio Europe n° 1 : « Découvertes ». H. Roques et son avocat, Éric Delcroix, se sont trouvés opposés à neuf personnes, sans compter le responsable de l’émission : J.- P. Elkabbach. Parmi ces neuf personnes, il y avait notamment G. Wellers et C. Lanzmann, auteur du film Shoah, ainsi que, sur intervention téléphonique, Simone Veil et deux ministres. H. Roques a dit qu’il doutait de l’existence des chambres à gaz tandis qu’Éric Delcroix a dit qu’il ne croyait pas à leur existence. Tous deux ont donné leurs raisons. Du côté de ceux qui disaient croire à l’existence des chambres à gaz, il n’y a guère eu d’arguments mais il y a eu surtout des sermons moralisateurs, des outrages et des injures. C. Lanzmann a lancé à l’adresse d’H. Roques : « Fermez votre sale gueule de rat ! » A la fin de l’émission, Jacques Tarnero a dit : « On s’est fait piéger. » H. Roques a répliqué que les révisionnistes étaient bien forts s’ils avaient réussi, étant deux, à piéger tant de personnes.

Des millions de Français ont pu, s’ils ont fait preuve d’attention, assister ainsi à l’agonie «en direct» du mythe des chambres à gaz homicides. De la bouche même de Claude Lanzmann, ils ont appris qu’il ne fallait pas confondre, comme un ministre venait de le faire, fours crématoires et chambres à gaz. Lanzmann a dit et répété qu’il n’y avait eu aucune chambre à gaz homicide en Allemagne, ni à Mauthausen (Autriche), mais seulement en quelques points de Pologne.

Plus tard, dans une interview reproduite dans le magazine VSD, S. Klarsfeld a dit : 

[Jusqu’ici] personne ne s’est préoccupé de rassembler des preuves matérielles [des chambres à gaz homicides].

A la question : « Parce qu’il n’y avait pas encore de vraies preuves ? » il a répondu : « Il y avait des débuts de preuves qui embarrassaient les faurisonniens mais ne les avaient pas encore réduits au silence. » 

Et, là-dessus, il a promis qu’il allait enfin publier de vraies preuves avec la collaboration d’un pharmacien, J.-C. Pressac. L’échantillon de preuve « définitive » qu’il a offert est un bon de réception de quatorze pommes de douche et d’une porte étanche au gaz pour la salle de douches du crématoire-III d’Auschwitz-Birkenau [1]. S. Klarsfeld semble ignorer que les Allemands ont fabriqué avant et pendant la guerre, en quantités industrielles, des portes étanches au gaz pour tous les locaux pouvant servir de refuge éventuel, en cas de guerre des gaz. Ces portes n’ont pas plus de signification criminelle que... des masques à gaz ! Dans les bâtiments des crématoires, il y avait très souvent des douches dont l’eau chaude provenait soit de la salle de crémation des cadavres, soit de la salle d’incinération des ordures. Quant à Pressac, il avait déclaré quelques jours auparavant :

« On avait jusqu’ici des témoignages et seulement des témoignages [2] » et il a fait la même promesse que Serge Klarsfeld. 

Certains journaux ont modéré leurs attaques quand ils se sont aperçus de la solidité de la position révisionniste. Certains ont même osé publier des lettres favorables à H. Roques. Mais tout le monde paraissait oublier que, depuis un arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 26 avril 1983, il était expressément permis à tout Français d’affirmer, de nier ou de mettre en doute l’existence des chambres à gaz. La cour avait pris cette décision au terme de la bataille judiciaire, longue de quatre ans, qui avait opposé neuf associations à Robert Faurisson. La cour avait même expliqué que, si elle avait pris cette décision, c’était à cause du sérieux du travail de Robert Faurisson sur la question.

Des personnes de droite et des personnes de gauche ont pris, avec des nuances diverses, la défense d’Henri Roques. Les personnes de droite ont tendance à voir dans le révisionnisme une sorte de réaction contre les idées de gauche tandis que des personnes de gauche y discernent une forme de révolution contre les idées reçues de l’establishment.

A droite, des députés du Front national (parti de Jean-Marie Le Pen) ont exprimé quelques doutes sur la réalité du génocide des juifs et ils se sont déclarés plus sensibles à un autre « génocide », celui des chrétiens au Liban. Quant à J.-M. Le Pen, il a fait remarquer que le chiffre total des victimes juives de la seconde guerre mondiale était l’objet de controverses historiques. Il a ajouté :

Quant aux chambres à gaz, je m’en tiens aux historiens officiels, qui pensent aujourd’hui [souligné par moi] qu’elles n’ont fonctionné qu’en Pologne [3].

Mais en France, on le sait depuis l’exemple donné par Paul Rassinier, le révisionnisme est aussi de gauche. A l’émission d’Europe n° 1, H. Roques a pu faire état, avec sa permission, du soutien que lui apportait Michel de Boüard. Ce dernier, qui a soixante-seize ans, est un homme de gauche qui a été déporté au camp de Mauthausen comme interné « N.N. ». C’était un résistant actif, très proche des communistes. Sa haute formation universitaire (c’est un ancien élève de l’École des Chartes) lui a permis de finir sa carrière comme doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Caen. Fait capital : il a été membre du Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale, organisme directement rattaché au Premier ministre. Il connaît les chiffres exacts de la déportation en France (à l’exception des déportés de Paris et de la région parisienne) et il déplore que le Comité n’ait pas voulu publier en 1974 le résultat d’une enquête qui avait duré vingt ans et qui portait sur le nombre des déportés et des survivants de la déportation. Le Comité craignait, en cas de publication de cette enquête, des incidents notamment avec certaines associations de déportés. Michel de Boüard est membre de l’Institut de France, une fondation qui rassemble des personnalités érudites du monde des sciences, des arts et des lettres.

Mais, à gauche, le révisionnisme le plus actif se trouve du côté de Pierre Guillaume et de ses amis de la Vieille Taupe. Pierre Guillaume a littéralement miné l’édifice holocaustique par une inlassable activité à Paris et en province et par des initiatives personnelles d’un extrême courage. Il a publié les ouvrages de Paul Rassinier, de Robert Faurisson, la traduction en français du Mythe d’Auschwitz (de l’Allemand Wilhelm Stäglich) et un ouvrage dont il est l’auteur : Droit et Histoire où il adopte une position entièrement révisionniste. Toujours à gauche, se situe le dessinateur humoristique « Konk », très connu en France. Celui-ci vient de publier une bande dessinée : Aux Voleurs ! L’ensemble des dessins qui composent le recueil tourne en dérision les escrocs et les jobards et ses trois dernières pages illustrent d’une façon particulièrement claire et pertinente l’escroquerie du mythe des chambres à gaz. Ces trois pages mériteraient d’être reproduites à des millions d’exemplaires pour être distribuées dans toutes les écoles de France. « Konk » écrit : « On a été éduqué pour croire d’office à tout ce qui est monstrueux. »

Mais le gouvernement français, inquiet des progrès du révisionnisme, semble décidé à utiliser tous les moyens pour venir en aide au mythe défaillant. La France possède depuis l’année dernière un service officiel appelé « Direction de l’information historique » et rattaché au secrétariat d’État auprès des anciens combattants. Cet organisme, digne de « Big Brother », est chargé de lutter contre le révisionnisme, avec l’argent du contribuable, notamment auprès de la jeunesse. Des membres de l’Institut d’histoire du temps présent demandent l’annulation de la thèse maudite et le recours à la répression judiciaire contre H. Roques. Des enquêtes administratives ont été lancées contre les membres du jury qui a accordé à la thèse de ce dernier la mention « très bien ».

Le hasard veut que, l’année même où H. Roques a soutenu sa thèse en France, Carlo Mattogno ait, en Italie, publié Il rapporto Gerstein. Anatomia di un falso. Il « campo di sterminio » di Belzec

La thèse d’H. Roques : Les Confessions de Kurt Gerstein. Étude comparative des différentes versions, se présente sous la forme de deux volumes dactylographiés d’un total de trois cent soixante-et-onze pages. Il peut être commandé à La Vieille Taupe, BP 9805, 75224 Paris cedex 05, contre la somme de trois cents francs (frais d’envoi compris).

12 juin 1986

Notes

[1] VSD, 29 mai 1986, p. 3. 
[2] Le Matin de Paris, 24-25 mai 1986, p. 3.
[3] National Hebdo, 5 juin 1986, p. 6.

Thursday, May 29, 1986

L’aveu de Serge Klarsfeld



L’avocat Serge Klarsfeld et le pharmacien Jean-Claude Pressac avaient publié en 1983 L’Album d’Auschwitz. Parmi bien d’autres tricheries, ils avaient habilement tronqué le plan du camp d’Auschwitz-Birkenau : ils avaient coupé en deux endroits la route que prenaient les femmes et les enfants à leur descente du train de déportation. Cette route menait, derrière la zone des crématoires-II et III, à un vaste bâtiment de douches et de désinfection appelé « Zentralsauna ». Klarsfeld et Pressac avaient coupé la route des douches de manière à faire croire que cette route aboutissait, en cul-de-sac, aux crématoires et donc à la mor[1].

Cette tricherie avait été signalée en son temps aux éditions du Seuil par R. Faurisson, le 9 décembre 1983. 

S. Klarsfeld a toujours agi en homme pour qui les chambres à gaz homicides des camps de concentration allemands ont été une réalité scientifiquement prouvée. En 1979, il a assigné en justice R. Faurisson pour dommage par « falsification de l’Histoire » parce que ce dernier affirmait qu’on ne possédait pas la moindre preuve de l’existence desdites chambres.

S. Klarsfeld, dans son Mémorial de la déportation des Juifs de France, ne cesse de parler de chambres à gaz et de gazés. 

Jean-Claude Pressac est l’auteur de la thèse surprenante selon laquelle, à bien considérer les plans des crématoires, leur architecture, leurs ruines actuelles, il est manifeste que ces bâtiments n’ont pas été conçus ni construits pour avoir des chambres à gaz homicides. Ces bâtiments n’étaient que des... crématoires. Mais, ajoute J.-C. Pressac, les Allemands ont sûrement procédé dans une période ultérieure à des bricolages pour faire de ces crématoires de gigantesques abattoirs pour l’extermination systématique des juifs. Ces bricolages auraient été d’ailleurs absurdes ou étonnamment maladroits, en un mot tout à fait dignes de la bêtise foncière des SS. Cette thèse est développée principalement dans un article du Monde Juif et dans L’Album d’Auschwitz. L’article du Monde Juif ne concernait que les crématoires-IV et V d’Auschwitz-Birkenau. Il aurait dû avoir une suite. Il n’en a jamais eu. G. Wellers s’est débarrassé de J.-C. Pressac, lequel a été recueilli par S. Klarsfeld. Sur les références de cet article et sur la réponse de R. Faurisson, on peut lire de ce dernier : « Le mythe des “chambres à gaz” entre en agonie » [2].

Dans une interview publiée par le magazine VSD le 29 mai 1986, Serge Klarsfeld fait un aveu de taille :


SERGE KLARSFELD : 
« LA PREUVE ? NOUS L’AVONS. »

– Comment peut-il y avoir matière à discussion sur l’existence des chambres à gaz ?

Tout simplement parce que personne ne pensait après la guerre qu’un jour on en viendrait à nier leur existence. Personne ne s’est préoccupé de rassembler des preuves matérielles. De plus, les camps avec chambres à gaz, dont le plus sinistrement célèbre est Auschwitz-Birkenau, sont situés en territoire polonais et ont été inaccessibles pendant vingt ans.

– Mais il existait des milliers de témoignages ?
Des témoignages, oui. Mais aux yeux des « révisionnistes », ça ne suffisait pas. Un monomaniaque comme Faurisson explique que les récits des juifs survivants ont été dictés par les communistes polonais et les aveux des SS obtenus par la torture. La stratégie des faurissonniens, c’est de brandir la moindre imprécision pour réduire à néant les témoignages. C’est pourquoi nous nous apprêtons à éditer un ouvrage monumental de J.-C. Pressac sur Auschwitz-Birkenau, ce campqui a été le plus grand abattoir jamais inventé et où ont été gazés quelque 1,3 million de juifs. Le livre représente sept ans de recherches et constituera enfin la preuve des preuves.

– Parce qu’il n’y avait pas encore de vraies preuves ?
Il y avait des débuts de preuves qui embarrassaient les faurissonniens, mais ne les avaient pas encore réduits au silence. Notamment deux lettres analysées par Georges Wellers, et datant de 1943, qui parlaient l’une d’une cave à gazage, l’autre de trois portes étanches au gaz à poser dans les crématoires. Seulement, face à des gens aussi pointilleux que les révisionnistes, il faut des documents imparables.

– Et cette preuve des preuves, Jean-Claude Pressac l’a trouvée ?
Oui. En fait, au total il a trouvé trente-sept preuves dont une définitive de l’existence d’une chambre à gaz homicide dans le crématoire 3 de Birkenau. Il s’agit de la liste descriptive des fournitures annexées au bordereau de livraison et signée par le chef de la direction des constructions SS à Auschwitz. Un document qui mentionne à la fois une porte étanche au gaz et quatorze pommes de douche. Alors, soyons logiques, s’il s’agit d’une salle de douches, pourquoi cette porte étanche au gaz ? La démonstration est imparable.

Propos recueillis par Philippe Lemoine 
Sur ce bordereau de réception du crématoire n° 3
signé par le directeur du camp d’Auschwitz,
on lit en tête des deux dernières colonnes :
14 douches (« brausen »), 
1 porte étanche au gaz 
gazgedichte Tur »).



S. Klarsfeld reconnaît que jusqu’ici « personne ne s’est préoccupé de rassembler des preuves matérielles » de l’existence des chambres à gaz. Il admet que jusqu’ici il n’y avait que des « débuts de preuves » mais pas encore de « vraies preuves ». Puis, après ce constat, il promet que de vraies preuves vont être publiées par Pressac. Selon Klarsfeld, qu’il faut bien croire ici sur parole, Pressac « a trouvé trente-sept preuves dont une définitive de l’existence d’une chambre à gaz homicide dans le crématoire 3 de Birkenau. »

Pressac aurait donc trouvé trente-six preuves non définitives et une preuve définitive de l’existence d’une chambre à gaz à Auschwitz. Lesdites trente-six preuves ne risquent-elles pas de s’apparenter à celles du procès des sorcières de Salem où le juge, à en croire le film célèbre qu’on a tiré de ce drame, se livre à des opérations du type : « ¼ de preuve + ¼ de preuve + ½ preuve = 1 preuve » ?


Quant à la seule preuve qualifiée de définitive, elle nous est proposée sous la forme d’un bordereau de réception de matériel pour le crématoire-III, portant signature du chef de la direction des constructions à Auschwitz. 

Il s’agit d’un formulaire extrêmement banal, ronéotypé, où sont indiqués une vingtaine d’articles. Sous chaque rubrique il suffit d’indiquer par un chiffre le nombre d’articles désirés. Quatre colonnes supplémentaires permettent d’inscrire éventuellement des articles complémentaires. Sur ce bordereau, on voit qu’ont été fournis au crématoire-III (autre dénomination : Krematorium-II) des lampes et des robinets pour un certain nombre de pièces et, pour la pièce appelée d’un nom générique « Leichenkeller » (morgue en sous-sol), douze lampes, deux robinets, quatorze pommes de douche et, en complément, une porte étanche au gaz (« gasdichte Tür »). S. Klarsfeld nous dit : « Alors, soyons logique, s’il s’agit d’une salle de douches, pourquoi cette porte étanche au gaz ?»

La réponse est qu’avant et pendant la guerre les Allemands ont fabriqué en quantités industrielles des portes de ce genre. Celles-ci étaient adaptées à tout local qui, en dehors de son usage habituel ou par sa nature même, pouvait servir de refuge en cas de guerre des gaz. Dans les ouvrages techniques allemands, ces portes étaient dites « gassichere » ou « gasdichte ». Les Anglais avaient, eux, des portes « gas proof » ou « gastight ». Tous les crématoires possédaient des salles de douches ou des salles d’eau. L’eau chaude venait en général de la salle des crématoires ou de la salle d’incinération des ordures. Les prisonniers affectés soit à la crémation, soit à l’incinération, et le personnel d’encadrement avaient besoin de se laver. Ces prisonniers faisaient partie d’une « équipe spéciale » (Sonderkommando) portant un insigne métallique avec l’étoile juive, le mot « Sonderkommando » et leur numéro de section. Ils se déplaçaient ainsi dans tout le camp pour leurs besognes respectives. 

Ajoutons que tout « Leichenkeller », étant bâti en sous-sol, pouvait servir d’abri antiaérien. A Auschwitz-I, la « Leichenhalle » était bâtie en surface et, pour pouvoir servir d’abri anti-aérien, avait été transformée et renforcée. 

Quelques jours avant cette interview de Klarsfeld, Pressac, pour sa part, avait, lui aussi, déclaré :

On avait jusqu’ici des témoignages et seulement des témoignages [3].

En résumé, selon S. Klarsfeld et J.-C. Pressac, les experts, les historiens et le grand public ne disposent encore en mai 1986, c’est-à-dire quarante ans après la fin de la guerre en Allemagne, d’aucune « vraie preuve » de l’existence des chambres à gaz homicides. On nous annonce et on nous promet des preuves. Pour nous faire patienter, on nous en présente une : la meilleure, vraisemblablement. Or, que vaut cette preuve « définitive » pour un crématoire d’Auschwitz-Birkenau ? Rien.

Il se confirme que les révisionnistes avaient raison quand ils affirmaient qu’en quarante ans pas un seul tribunal n’avait cherché à établir l’existence et le fonctionnement d’une seule chambre à gaz réputée homicide. Tous les tribunaux se sont inspirés de l’exemple donné par le Tribunal militaire international (TMI). Le TMI avait tenu pour acquise l’existence de ces chambres à gaz. L’article 21 de son statut l’autorisait à procéder ainsi : « Le Tribunal tiendra pour acquis les faits de notoriété publique et ne demandera pas que la preuve en soit rapportée. » C’est ce que le droit anglo-saxon désigne par l’expression : « to take judicial notice. »


Bruno Tesch et Karl Weinbacher, responsables d’une firme distributrice de Zyklon B, ont été pendus pour avoir distribué un produit dont, selon la cour, ils ne pouvaient pas ignorer l’usage criminel qui en avait été fait à grande échelle. Combien d’autres Allemands ou de leurs alliés n’ont-ils pas été exécutés à cause de ces chambres à gaz de l’existence desquelles on n’avait et on n’a toujours aucune preuve ?

« Abondance de preuves » : c’est là le titre même que G. Wellers donnait, en 1978, à sa tentative de réfutation d’un article de R. Faurisson. 

En 1979, trente-quatre historiens français affirmaient que l’existence des chambres à gaz constituait un fait historique tellement bien établi qu’il n’y avait pas même lieu à débat. Ayant à choisir un témoignage, ils choisissaient celui de... Kurt Gerstein. Ils ne présentaient aucune preuve et leur déclaration se terminait ainsi :

Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement ; il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz [4].

Fred Kupferman vient de rappeler cette déclaration. Il la fait sienne. Il en reproduit les deux dernières phrases en conclusion d’un article de L’Express : « Holocauste : les blanchisseurs du nazisme ». 

De telles prises de position témoignent d’un profond désarroi. Aujourd’hui, avec les récents aveux de J.-C. Pressac et de S. Klarsfeld, on mesure encore mieux l’extraordinaire aplomb dont faisaient preuve Léon Poliakov, Georges Wellers, Pierre Vidal-Naquet, Serge Klarsfeld lui-même et ces historiens pétitionnaires quand ils se permettaient de condamner les révisionnistes en proclamant que l’existence des chambres à gaz était une vérité historique, cent fois prouvée par une « abondance de preuves ».

R. Faurisson demandait « une preuve, une seule preuve de l’existence d’une seule chambre à gaz homicide dans les camps de concentration allemands ». Il en est toujours à attendre cette preuve.

29 mai 1986

Notes 

[1] Pour tout détail, voy. W. Stäglich, Le Mythe d’Auschwitz, p. 510, document IV.3.a.
[2] R. Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, Paris, La Vieille Taupe, 1982, 2éd., p. 67-83 ; ce texte est reproduit dans le volume I des Ecrits révisionnistes (1974-1998) à la page 325.
[3] Le Matin de Paris, 24-25 mai 1986, p. 3.
[3] Le Monde, 21 février 1979, p. 23.