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Wednesday, May 13, 1992

Condamnation en appel de deux jeunes ingénieurs révisionnistes français


Le 10 avril 1992, la cour d’appel de Caen (Calvados) a confirmé la condamnation de deux jeunes ingénieurs pour diffusion de tracts et autocollants révisionnistes contestant l’existence de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIReich.

La cour était présidée par Jean Passenaud, assisté de Baptiste Leseigneur et de Pierre Lepaysant, en présence de Pierre Clouet, substitut du procureur. 

Les parties civiles étaient quatre associations de déportés juifs et autres. 

La loi invoquée était celle du 13 juillet 1990 (parue au Journal officiel du 14 juillet 1990, jour de la fête nationale française) réprimant la contestation des « crimes contre l’humanité », c’est-à-dire essentiellement des crimes contre les juifs.

Vincent Reynouard, ingénieur chimiste sans emploi, a vingt-trois ans ; Rémi Pontier, ingénieur informaticien, est également sans emploi parce qu’il effectue actuellement son service militaire (en France, ce service est obligatoire pour les hommes). 

Le premier est condamné à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis tandis que le second est condamné à une peine d’emprisonnement de quinze jours avec sursis. Tous deux devront verser à chacune des quatre associations un franc de dommages-intérêts et mille cinq cent francs (total : six mille francs). Ils devront, en outre, payer la publication de l’essentiel du jugement dans Ouest-France. Enfin, ils devront payer les dépens (1.676 F). 

Cette sanction financière est d’autant plus lourde que ces jeunes gens, dépourvus de toute fortune et de tout revenu, ont déjà dû assumer des frais considérables pour leurs procès en première instance et en appel.

La législation française interdit qu’on aide une personne à payer une amende mais il est toujours permis de participer au fonds de défense d’un accusé. 

Les deux jeunes gens ont l’intention de se pourvoir en cassation et même, s’il le faut, auprès de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, s’ils trouvent l’argent nécessaire pour ces procédures.

13 mai 1992

Friday, June 21, 1985

Où sont passées les chambres à gaz ?


On ne les nomme plus du tout, ou on ne les nomme guère, ou on les nomme pour exprimer un doute sur leur existence... 

Le jour viendra où un quelconque Klarsfeld écrira qu’elles ont existé « en tant que symboles » ou « en tant que métaphores » de l’indicible « Shoah ». Il passera pour courageux et se fera beaucoup d’argent. Il sera comme cette intelligentsia qui, après nous avoir tant menti sur les vertus du communisme international et après avoir couvert de boue ceux qui avaient été les premiers à dénoncer l’imposture, se présentent aujourd’hui en héros de l’anticommunisme ; ils devraient se taire et ils parlent ; plus ils parlent, plus ils palpent.

Ouest-France, Courrier des lecteurs, 21 juin 1985 
De l’existence des « chambres à gaz homicides »

Dans notre édition du 4 juin, nous avons, à propos des camps de concentration, cité la lettre d’un jeune Normand de dix-sept ans qui écrivait : « Quelques documents et un peu d’intelligence m’ont convaincu rapidement que les chambres à gaz n’ont jamais existé : c’est un mythe ». Nous avions fait suivre cette citation du paragraphe suivant : « Cette lettre n’est pas isolée. Ceux qui pensent que les écrits d’un certain M. Faurisson [1] sont négligeables en raison même de leur énormité, ont tort de croire que "la bête immonde", selon le mot de Brecht est morte. Elle sommeille et son ventre est toujours fécond. De sottise autant que de méchanceté ».

Un lecteur des Côtes-du-Nord, M. J. D., nous fait vivement grief d’avoir « diffamé » M. Faurisson :

« Pour ma part, j’estime, qu’entraîné par une persécution odieuse, ce professeur consciencieux, privé de sa chaire par le fait du prince, a tenu des propos contestables sur la volonté de génocide ou la politique israélienne. Mais sa critique des témoignages sur la question précise des chambres à gaz n’a reçu à l’heure actuelle aucune réfutation sérieuse – et elle a d’ores et déjà fait avancer la vérité historique : il y a des légendes que plus personne n’ose soutenir ; M. Vidal-Naquet a lui-même condamné les livres commerciaux de Bernadac ou de R. Steiner sur Treblinka. »
____________

Je ne connais aucun de ces deux lecteurs. Aucun ne m’a écrit. 

Le magazine L’Express de cette semaine (21-27 juin 1985) contient un long article de Jacques Derogy sous le titre : « Nazis – Mengele en enfer. » Les mots de « chambre à gaz », de « gazés », de « gazages » n’y apparaissent pas. On relève seulement : « 300.000 à 400.000 victimes de Mengele, dont les corps furent réduits en cendres [2] » et « 74 sélections [...]. A gauche les bouches inutiles, vouées à la mort immédiate [3]. » On ne dit ni comment ces chiffres énormes ont été établis, ni comment mouraient ceux qui étaient voués à la mort immédiate. Si on ne nous les falsifie pas, les écrits de Mengele vont porter un coup fatal au mensonge historique des chambres à gaz et du génocide.
21 juin 1985


[1] Robert Faurisson, universitaire lyonnais qui s’est illustré en niant l’existence des « chambres à gaz homicides » en affirmant que « le prétendu génocide des juifs » est une imposture. – Note de Ouest-France.
[2] J. Derogy, « Nazis... », p. 52 
[3] Id., p. 53.

Wednesday, May 15, 1985

Encore un historien qui ne mentionne plus les chambres à gaz


Dans Le Figaro du 6 mai 1985 (p. 5), l’historien Jacques Delaunay publiait un long article intitulé : « Historique de l’univers concentrationnaire ». Il n’y faisait mention ni des chambres à gaz, ni des camions à gaz. L’article ci-dessous, intitulé « Camps de la mort » est paru dans Ouest-France le 15 mai 1985. Ouest-France est le quotidien qui connaît, je crois, la plus grande diffusion en France. Cet article est signé du professeur Michel de Boüard, ancien doyen de la faculté des lettres de l’université de Caen, ancien membre du Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale et déporté de la Résistance. Il n’y est fait mention ni des chambres à gaz, ni des camions à gaz. L’auteur, tout en insultant les révisionnistes, va jusqu’à reprendre ce que j’avais révélé il y a cinq ans dans mon Mémoire en défense (p. 198-199) sur le fait que le Comité de la DGM refusait de publier ses statistiques de la déportation « pour éviter des heurts possibles avec certaines associations de déportés » et parce que cette publication, disait-il, « risquerait de susciter des réflexions désobligeantes pour les déportés. » Ces chiffres confidentiels, je les ai publiés en 1982 [1].


Ouest-France, 15 mai 1985 

Points de vue
par Michel de Boüard, 
déporté de la Résistance

Camps de la mort
La mémoire vivante des témoins

Quarante ans sont passés depuis que s’est effondré, avec le IIIe Reich, le système concentrationnaire qu’il avait engendré. On se tromperait si l’on pensait qu’il faut attendre encore quelques décennies pour en écrire l’histoire. Quand auront disparu les survivants de la déportation, les archivistes de l’avenir tiendront peut-être en mains quelques papiers aujourd’hui cachés mais la principale source leur fera défaut : la mémoire vivante des témoins. Encore faut-il que ceux-ci connaissent les exigences de l’enquête historique.

Entre 1933 et 1945, le monde concentrationnaire a présenté divers aspects et, à une même date, il y eut entre les camps de concentration d’assez fortes dissemblances ; l’historien doit se garder de faire l’amalgame. Il faudrait aussi publier sans plus de retard les statistiques savamment et patiemment élaborées par le comité d’histoire de la Deuxième guerre mondiale. Parce qu’elles faisaient apparaître des taux de mortalité inférieurs à ce que l’on croyait, le comité en ajourna la divulgation pour le motif suivant : « Dans les conditions actuelles (1973), il n’est pas opportun d’envisager une publication ; les associations de déportés sont réticentes ». [2]

Or, faute d’avoir passé outre ces réticences, on a laissé le champ libre à la perfide propagande de ceux qui nient la réalité concentrationnaire et le génocide juif : il leur est facile de réfuter les simplifications et les généralisations systématiques auxquelles cèdent nombre d’écrivains, souvent anciens déportés. Et dans cinquante ans, que concluront les historiens lorsqu’ils auront à choisir entre les deux thèses ?

On ne peut douter aujourd’hui du caractère intrinsèquement pervers du système concentrationnaire nazi. Nombre de documents prouvent que ce caractère inhumain, que l’intention d’avilir les hommes en les provoquant à s’entre-déchirer, ont été programmés par les plus hautes autorités du IIIReich ; les subalternes n’ont fait qu’appliquer avec haine les consignes reçues. Ainsi défini et appliqué, ce système atteignit le bas-fond de l’ignominie. Il disposait de moyens techniques de contrainte dont peuvent user, aujourd’hui, s’ils le veulent, la plupart des États ; beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, ne se privent pas d’en faire ce sale usage. Le cri des rescapés de la déportation, lancé en 1945 et souvent repris depuis lors était : « Plus jamais ça ! ». Hélas, longue est la liste des pays où « ça » s’est reproduit depuis quarante ans. C’est à coup sûr l’un des plus graves périls qui menacent l’homme.

Mais l’affreuse expérience concentrationnaire nazie nous apporte à cet égard, en même temps qu’un avertissement, un message d’espoir. Car, en définitive, dans les camps nazis, les forces du mal n’ont pas réussi à réduire l’homme à l’état de bête. Il y eut certes des défaillances mais la plupart sont demeurés fiers, fraternels, courageux et calmes devant la mort. On ne le redira jamais assez, surtout dans nos pays développés où sévit un individualisme débilitant, d’autant plus dangereux qu’il s’abrite souvent derrière le noble mot de « liberté ».

A cet égard comme à beaucoup d’autres, redoutable est l’écart qui s’accroît entre les progrès galopants des techniques et l’érosion des valeurs humaines, entre les facilités qu’offrent à beaucoup les sociétés de consommation et le sens des responsabilités. L’appel naguère lancé par Emmanuel Mounier aux valeurs personnalistes et communautaires est plus que jamais d’actualité. Si, dans les camps de concentration, l’homme, en fin de compte, a vaincu la bête, c’est qu’il a trouvé en lui les forces morales contre lesquelles ne peut prévaloir durablement aucune oppression.

Puissent en prendre conscience nos compatriotes, et particulièrement nos éducateurs et nos législateurs.

15 mai 1985



[1] R. Faurisson, Réponse à P. Vidal-Naquet, Paris, La Vieille Taupe, 1982, p. 31. 
[2] Citation inexacte édulcorante – NdA.