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Sunday, March 18, 2018

Une loi de circonstance de 1990 ne peut effacer la teneur d’un arrêt solidement motivé de 1983



En 1978/1979, notamment dans le journal Le Monde, un universitaire a soutenu que les prétendues chambres à gaz hitlériennes n’avaient jamais existé.

Dix organisations, à commencer par la LICRA, ont porté plainte contre ledit universitaire pour « dommage à autrui par falsification de l’histoire ».

Contraintes de formuler leur plainte en termes plus juridiques et plus précis, ces organisations en sont venues à soutenir que cet universitaire s’était rendu coupable de quatre fautes : légèreté, négligence, ignorance délibérée et mensonge, chaque faute ayant été commise en un domaine spécifique.

Or, par un arrêt en date du 26 avril 1983, la première chambre civile de la cour d’appel de Paris (section A) a répondu, point par point, que l’universitaire en question n’avait commis aucune de ces quatre fautes. Elle a ajouté qu’en conséquence « la valeur des conclusions défendues par [cet universitaire sur ce sujet] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public ». Cette décision signifie que, vu le caractère sérieux des recherches de l’intéressé sur les chambres à gaz hitlériennes, tout citoyen français a le droit de prendre à son compte les conclusions de cet universitaire sur l’inexistence de ces armes de destruction massive ou, à plus forte raison, d’en discuter librement.

Dans une seconde partie de cet arrêt, les magistrats ont définitivement condamné l’universitaire mais pour d’autres motifs, vagues et mal étayés.

Les associations se sont fortement émues de ce que la cour avait « marché » (sic) quant à la question des chambres à gaz hitlériennes et « ne l’avait en somme condamné que pour avoir résumé ses thèses en slogans ». Un mouvement s’est alors dessiné pour exiger le vote d’une loi qui interdise la contestation de l’existence des « crimes contre l’humanité » tels que définis, établis et condamnés en 1945-1946 par un tribunal d’exception qui s’était qualifié de « Tribunal militaire international ». Le Statut qu’il s’était forgé annonçait en son article 19 : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves […] » ; en son article 21, il ajoutait avec la même audace : « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique mais les tiendra pour acquis ». Il s’agissait donc, selon ses propres dires, d’un tribunal où point n’était besoin de prouver pour condamner.

Dans les années 1983 et suivantes, ledit mouvement s’est poursuivi et il a notamment exploité un scandale faussement antisémite ­avec « l’affaire de Carpentras ». C’est ainsi que, le 13 juillet 1990, le Parlement a pu adopter à la majorité des votants, la « loi Gayssot » (du nom d’un député communiste).

Une telle loi, si déplorable soit-elle, n’efface pas pour autant le fait que, le 26 avril 1983, une haute instance judiciaire a été conduite à rendre hommage, en pleine connaissance de cause, au travail de cet universitaire sur les prétendues chambres à gaz hitlériennes.
18 mars 2018

Saturday, November 11, 2017

Shoah : lectures pieuses jusqu’à plus soif

La panique s’aggrave chez les religionnaires de la sacro-sainte Shoah.
En un premier temps, les affirmationnistes (ou affirma-sionistes) ont tenté de répondre aux révisionnistes sur le plan de la raison, des arguments et des preuves. Mal leur en a pris. Pour eux le résultat a été désastreux et humiliant (voyez Linéluctable victoire finale du révisionnisme, 8 novembre 2017).
En désespoir de cause, il leur a fallu se rabattre sur un battage accru de leur propagande et sur une aggravation de la répression judiciaire contre les révisionnistes qualifiés, pour la circonstance, de « négationnistes ».
Depuis peu ce battage prend une telle intensité qu’il en devient grotesque et parfaitement lassant.
Finis les ouvrages d’apparence historique. On en appelle aux « romans vrais et même plus vrais que la vérité objective » car « le “mensonge” de la littérature est parfois plus vrai que ne le suggérerait la réalité immédiate » (Norman Manea, écrivain roumain, rendant compte, sous le titre « Les ombres de Trieste », du livre du romancier italien Claudio Magris, Classé sans suite, dans Le Monde (10 novembre 2017, p. 1-2 du supplément littéraire).
A la place de l’histoire, nous voilà avec des histoires soit d’exterminés réincarnés, soit de rescapés miraculés.
Ces romanciers et ces témoins qu’on nous présente comme animés d’un fol courage osent affronter le spectre du nazisme et le couvrir de crachats, de rinçures, de caca fumant. Tout cela, bien entendu, en lançant des appels à la vengeance.
En réalité, on se paie la tête du bon client mais en prêtant l’oreille au tintement de la sébile.
La tragi-comédie se joue matin, midi, le soir, la nuit, jour après jour, année après année. A l’école, au collège, au lycée, à l’université, à la radio, à la télévision, dans les journaux, surtout dans Le Monde et dans le New York Times. Le spectacle se donne à la synagogue, à l’église, au temple, dans les loges, les convents, les conventicules et même au Vatican.
Il ne s’agit plus pour le monde entier, à commencer par le monde occidental, que de marcher et de courir au pas de la Shoah, à pied, à cheval, en voiture. En train, en avion, en pousse-pousse.

PS : Voyez, à titre d’exemples du phénomène, dans le site Blancheurope.com,

11 novembre 2017

Friday, November 3, 2017

Appel angoissé du journal "Le Monde" (3 novembre 2017) contre l'antisémitisme et le révisionnisme

En une du journal :
« En France, un antisémitisme du quotidien »
En bas de page : un dessin de Plantu : « Lantisémitisme au quotidien » / « [Un prof. :] Moi, ça fait longtemps que je ne parle plus de la Shoah dans ma classe ».
La page 12 est intégralement consacrée au sujet. 1) Sous-titre : « Insultes, intimidations, violences physiques, tags... Des juifs racontent des agressions devenues banales » ; 2) « Linquiétude des juifs plus marquée en France qu'ailleurs en Europe » ; 3) « A Bagneux, la stèle à la mémoire dIlan Halimi de nouveau profanée ».
En page 22 et dernière, léditorial : « Lantisémitisme ordinaire, en France en 2017 ».
Pour sa part, à différentes pages du journal et de ses suppléments, Le Monde de Louis Dreyfus rend un hommage appuyé à quatre notortés juives : un article sur Leonard Cohen, deux articles sur Elisabeth Roudinesco, deux autres articles sur Edgar Morin, sans compter un article avec photo sur Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine (à laquelle vient de succéder Jerome Powell).
Marc Knobel, Sacha Ghozlan et Annie-Paul Derczansky le déplorent : « Aujourdhui, les moteurs de recherche charrient des horreurs. Sur Internet, la violence antisémite est sans retenue. Quand elle se déchaîne, elle prend des proportions folles. Et nos réponses sont insuffisantes ». Le remède préconisé par M. Knobel :  quon « traite » les « signalements » (les dénonciations) et quon agisse plus vite « contre les contenus qui violent la loi » (allusion aux lois contre le racisme et lantisémitisme et à la loi Sirat-Fabius-Gayssot ou loi Faurisson, publiée au Journal officiel de la République française du 14 juillet 1990). « Certains enfants sont derrière des écrans dès leur plus jeune âge et absorbent de la propagande antisémite et négationniste ».
Paris brûle-t-il ? Le feu au lac ?

 3 novembre 2017              
                                                                                                                                                                            
NB : De cet article de première page on peut trouver une version en ligne datée du 1er novembre et titrée En France, l’antisémitisme « du quotidien » s’est ancré et se propage.

Monday, August 14, 2017

"Le Monde", journal oblique, annonce la mort d’Ernst Zündel



Dans sa livraison datée du samedi 12 août, en page 16, Le Monde publie sur deux colonnes un long article signé de Thomas Wieder, un journaliste dont la dévotion au culte de la Shoah est connue. Intitulé « Ernst Zündel, Editeur négationniste », l’article s’orne d’une photographie du défunt, disparu le 5 août. Le ton de l’article nous est donné par les deux premières phrases :

Le négationniste français Robert Faurisson lui donnait du « cher ami », le considérait comme une « source d’inspiration », et disait qu’il était « l’homme qu’il admirait le plus ». L’éditeur et pamphlétaire allemand Ernst Zündel, plusieurs fois condamné pour propagande antisémite et négationniste, est mort, samedi 5 août, à Bade [sic] Wildbad dans le Bade-Wurtemberg où il était né il y a 78 ans.

D’une pierre, deux coups : Zündel et Faurisson n’étaient, on le voit, que des « négationnistes ». Ils niaient. Entendons par là qu’ils ont, paraît-il, consacré leur existence à nier l’évidence. L’évidence de quoi ? Suivez les regards de Louis Dreyfus, de Jérôme Fenoglio et de Luc Bronner qui président actuellement aux destinées du Monde. Leur journal ne sait comment réparer la « bourde monumentale » qu’il a commise en 1978. Le 29 décembre 1978 a été, comme ils le disent, « Le jour où Le Monde a publié la tribune de M. Faurisson [sur « le problème des chambres à gaz] » (article d’Ariane Chemin dans Le Monde du 20 août 2012, reproduit dans l’ouvrage Le Monde, 70 ans d’histoire, Flammarion, 2014, 496 p. ; p. 469-470).
Tout au long de l’article de T. Wieder, Zündel est décrit, directement ou à mots couverts, comme un pamphlétaire, un propagandiste, un nazi inconditionnel, un « assassin de la mémoire [juive] », un pervers, un provocateur, un lâche. Dès 1958, il avait émigré au Canada « pour éviter d’être appelé sous les drapeaux » en RFA. A Toronto, à ses deux grands procès de 1985 et de 1988, il n’avait pas hésité « à se présenter au tribunal vêtu d’un gilet pare-balles et coiffé d’un casque sur lequel était écrit “liberté d’expression” ». Au procès de 1985, le « négationniste » Faurisson avait figuré au nombre de ses « témoins ».
En réalité, si mon ami Ernst avait émigré au Canada à l’âge de 20 ans, ce n’était nullement par lâcheté mais par dégoût de la guerre et de la chose militaire. A cet âge, il accordait encore plein crédit à ce qui se colportait sur les « horreurs nazies » et sur le passé essentiellement militariste et criminel de sa patrie. Il en était devenu pacifiste et allait le rester toute sa vie. Au Canada, la conscription n’existait pas ; d’où son choix de ce pays. Par la suite, il a lu, beaucoup lu et, en fin de compte, il a cru devoir donner raison à des auteurs révisionnistes. Il s’est alors indigné de ce que, durant les deux guerres mondiales, la propagande de guerre avait pu inventer de mensonges sur le compte des « Boches » ou des « Nazis ». S’il s’est rendu à son premier grand procès avec un casque (précisons : de chantier !) et s’il a demandé à ses compagnons d’en faire autant, c’est en raison des multiples agressions ou attentats perpétrés par l’adversaire soit à force ouverte, soit en se dissimulant. La plupart du temps, comme en France, la police ou les gardes en fonction se refusaient à protéger des « Nazis » (sic). De ce point de vue, l’existence d’Ernst Zündel a été un calvaire. Un incendie criminel a dévasté sa maison ainsi que toute une partie de la riche documentation nécessaire à sa défense. Un engin explosif lui a été adressé qu’il a eu l’idée de remettre à la police, laquelle l’a fait exploser. Ai-je été son « témoin » ? Non, devant les tribunaux, j’ai été l’expert admis à seconder son avocat, l’admirable Douglas Christie. En droit anglais, pour être désigné comme expert, il est indispensable de passer une redoutable épreuve face au juge, au jury, au procureur et à la partie adverse qui peut toujours intervenir : il faut être en mesure de prouver non seulement que l’on connaît son affaire (ici, l’histoire des juifs européens, en particulier de 1939 à 1945), mais aussi qu’on est capable de s’exprimer dans une langue accessible au plus simple des membres du jury. Ces deux procès, en 1985 de sept semaines et, en 1988, de plus de quatre mois ont été un triomphe pour la cause révisionniste et un désastre pour la cause des adversaires d’Ernst Zündel. Les transcriptions officielles des deux procès en attestent. En 1985, pour sa part, le plus grand des historiens soutenant la thèse de la « destruction des juifs d’Europe », le professeur Raul Hilberg, en a subi une telle humiliation qu’il a refusé de comparaître à nouveau au procès de 1988, lequel s’est révélé encore pire pour la thèse défendue par les responsables des organisations juives (L’« Holocauste » des juifs européens a-t-il vraiment existé ? Préface au livre de Barbara Kulaszka, Did Six Million Really Die ? Report of the Evidence in the Canadian « False News » Trial of Ernst Zündel – 1988, 24 juillet 1992).
Tout comme moi, E. Zündel avait du respect pour les véritables souffrances du peuple juif. D’une remarquable ouverture d’esprit et d’une grande pénétration, il savait s’y prendre pour juger chaque individu en tant que tel indépendamment du groupe auquel ce dernier pouvait appartenir. Ses ennemis, prodigieusement plus riches et puissants qu’il ne l’était lui-même, étaient ces organisations juives ou sionistes qui prétendaient défendre les intérêts des juifs en menant contre les révisionnistes une guerre sans merci. D’une part, il ne manquait pas d’amis juifs et, d’autre part, il n’oubliait pas que certains de ses adversaires pouvaient être de bonne foi. Prenant, par exemple, leur croyance en ce chiffre de Six Millions de victimes juives de Hitler, il observait que, depuis la seconde moitié du XIXe siècle (oui, depuis les années 1860 !), des journaux américains, le New York Times en tête, avaient publié à foison des communiqués d’organisations juives affirmant : « En ce moment, il se produit en tel point d’Europe [en Russie, en Pologne, en Hongrie, etc.] un affreux massacre ou pogrom de juifs. Six millions de nos frères sont en train de mourir ; votre contribution financière est attendue ». Quand, en 1933, Hitler est entré en scène et quand « la Judée lui a déclaré la guerre » (« Judea declares war on Germany ») et encore plus à partir de septembre 1939, les tambours de guerre ont repris le slogan. A ce compte, comment s’étonner que des millions de juifs d’alors, habitués depuis tant de générations à s’entendre répéter « Six millions de nos frères sont en train de mourir », aient pu croire que telle était la vérité ? Or, il s’agissait d’un froid mensonge. En 1946, au procès de Nuremberg, les juges, ajoutant leur propre contribution à ce mensonge, ont attribué l’invention de ce mensonge à Adolf Eichmann en personne (L’imposture des 6 000 000 : source et histoire d’une mirobolante arnaque, 18 juin 2009).
J’ai bien connu Ernst Zündel. La veille du jour où il allait mourir, il se trouve que je lui ai téléphoné. Au cours d’une longue conversation, où il m’a fait quelques confidences que je révélerai peut-être un jour, j’ai découvert un homme brisé, désespéré par la décision inexorable d’un haut fonctionnaire juif à Washington de lui interdire tout accès au territoire américain et donc toute possibilité de retour au foyer de son épouse, elle-même gravement souffrante. J’ai d’abord accueilli la nouvelle de sa mort avec soulagement. Le surlendemain, j’ai songé à l’ami perdu et à ses tortionnaires ainsi qu’à ces deux années d’enfermement aux conditions abominables dans une geôle de Toronto, puis à sa livraison aux autorités allemandes, à sa condamnation, à Mannheim, à une peine supplémentaire de cinq ans de prison. Je me suis remémoré cent détails de mes rencontres avec un homme exceptionnel par sa bonté, son humanité, son intelligence, son attention de tous les instants à l’égard de ses compagnons de lutte, son bon sens, son sérieux, sa modération, son sens pratique.
Récemment, dans un hommage rendu à l’homme qui, sans que personne ne le sache, était au seuil de la mort, j’en suis venu à écrire que, tout au long d’une existence éprouvante, j’avais quand même eu dans ma vie la satisfaction de rencontrer au moins un génie, Arthur Robert Butz, et au moins un héros, Ernst Zündel, un héros pacifique, décidé pour toujours à combattre le bellicisme, la guerre et ses mensonges.
Pour l’heure, je demande qu’on veuille bien me permettre de m’en tenir là, du moins à ce jour. Il me faut reprendre d’urgence ma place sur la galère révisionniste, aux côtés d’autres galériens tout aussi résolus à ramer dans la tempête jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il me faut prendre exemple sur ce héros qui, même brisé, persistait à signer ses lettres d’un « E. Zündel, unbowed » (insoumis).  
14 août 2017
NB : A ceux qui lisent l’anglais je recommande la lecture d’un long article de Jonas E. Alexis, un chroniqueur, un noir, du site américain Veterans Today, en date du 7 août. Les commentaires sont également à lire. 

"Le Monde", pseudo-objektive Zeitung, verkündet die Nachricht des Todes von Ernst Zündel


In seiner Ausgabe vom Samstag, den 12. August, Seite 16, veröffentlicht der Le Monde auf zwei Spalten einen langen Artikel, gezeichnet von einem Thomas Wieder, einem Journalisten, dessen Hingabe an den Kult der Schoah hinlänglich bekannt ist. Betitelt „Ernst Zündel, Holocaust-leugnender Verleger“, schmückt sich der Artikel einer Photographie des Verstorbenen, verschieden am 5. August. Der Ton des Artikels wird uns in den beiden ersten Sätzen vorgegeben:

Der französische Holocaust-Leugner Robert Faurisson nannte ihn „lieber Freund“, betrachtete ihn als eine „Quelle der Inspiration“, und sagte, er sei „der Mann, den er am meisten bewunderte“. Der deutsche Verleger und Pamphleten-Herausgeber Ernst Zündel, mehrmals wegen antisemitischer und Holocaust-leugnender Propaganda verurteilt, ist am Samstag, den 5. August, in Bade [sic] Wildbad in Baden-Württemberg gestorben, wo er vor 78 Jahren geboren worden war.  

Mit einem Stein, zwei Schläge: Zündel und Faurisson waren nur, man sieht es, „Holocaust-Leugner“. Sie leugneten. Wir sollen darunter verstehen, daß sie, so scheint es, ihr Leben lang das Offensichtliche geleugnet haben. Das Offensichtliche wovon? Folgen Sie den Blicken des Louis Dreyfus, des Jérôme Fenoglio und des Luc Bronner, die derzeit die Geschicke des Le Monde lenken. Ihre Zeitung weiß nicht, wie sie den „monumentalen Fehlgriff“ heilen kann, den sie 1978 begangen hatte. Am 29. Dezember 1978 war, wie sie es sagen, „Der Tag, an dem der Le Monde einen Artikel von Herrn Faurisson [über „das Problem der Gaskammer“] veröffentlichte“ (Artikel von Ariane Chemin im Le Monde vom 20. August 2012, wiedergegeben in dem Werk Le Monde, 70 ans d’histoire, Flammarion, 2014, S. 469; Seite 469-470).

Entlang des ganzen Artikels von T. Wieder wird Zündel beschrieben, unmittelbar oder mit verdeckten Worten, als ein Pamphleten-Herausgeber, ein Propagandist, ein unnachgiebiger Nazi, ein „Mörder der [jüdischen] Erinnerung“, ein Perverser, ein Provokateur, ein Feigling. Seit 1958, als er nach Kanada ausgewandert war, „um zu verhindern“, in der BRD „zur Fahne gerufen zu werden“. In Toronto, während seiner zwei großen Prozesse von 1985 und 1988, hatte er nicht gezögert, „sich bei Gericht mit einer kugelsicheren Wester vorzustellen und bestückt mit einem Helm, auf dem geschrieben stand „Meinungsfreiheit““. Im Prozeß von 1985 hatte der „Holocaust-Leugner“ Faurisson als einer der „Zeugen“ teilgenommen.

Tatsächlich, auch wenn mein Freund Ernst im Alter von 20 Jahren nach Kanada ausgewandert war, so bei weitem nicht aus Feigheit, sondern aus Abscheu vor dem Krieg und der militärischen Sache. In diesem Alter glaubte er noch voll daran, was man über die „Nazi-Schrecken“ erzählte und über die im wesentlichen militaristische und verbrecherische Vergangenheit seiner Heimat. Dadurch ist er Pazifist geworden und blieb es sein Leben lang. In Kanada gab es keinen verpflichtenden Militärdienst. Deshalb die Wahl für dieses Land. Später hat er viel gelesen, sehr viel gelesen, und schlußendlich mußte er den revisionistischen Autoren recht geben. Ihn hat es empört, was für Lügen die Kriegspropaganda, während der zwei Weltkriege, den „Boches“ oder den „Nazis“ angedichtet hatte. Er ist zu seinem ersten großen Prozeß mit einem Helm (genau gesagt: einem Bauhelm!) gegangen, und wenn er seine Begleiter gebeten hat, gleiches zu tun, so war das wegen der multiplen Angriffe und Attentate, die durch seine Gegner begangen wurden, sei es mit offener Gewalt oder mit verdeckter. Die meiste Zeit, wie in Frankreich, weigerten sich die Polizei oder die zuständigen Sicherheitskräfte, „Nazis“ (sic) zu beschützen. Aus dieser Sicht war die Existenz von Ernst Zündel ein Martyrium. Ein verbrecherischer Brandanschlag hatte sein Haus verwüstet wie ein großer Teil seiner reichhaltigen für seine Verteidigung nötigen Dokumentation. Ein Sprengstoffkörper, der ihm postalisch zugestellt wurde, hatte er der Polizei übergeben, die es zur Sprengung brachten. War ich sein „Zeuge“? Nein, vor den Gerichten war ich der Experte, der berechtigt war, seinem Anwalt, dem wundervollen Douglas Christie, zur Seite zu stehen. Im englischem Recht, um als Experte benannt werden zu können, ist es zwingend erforderlich, eine gefürchtete Prüfung vor dem Richter, den Geschworenen, dem Staatsanwalt und der gegnerischen Seite, die jederzeit eingreifen kann, zu bestehen. Man muß nicht nur in der Lage sein zu beweisen, daß man sich auf seinem Gebiet auskennt (hier die Geschichte der europäischen Juden, vor allem von 1939 bis 1945), sondern daß man auch in der Lage ist, sich in einer verständlichen Sprache auszudrücken, die selbst den einfachsten Mitgliedern der Geschworenen zugänglich ist. Diese beiden Prozesse, 1985 von einer Dauer von sieben Wochen, und 1988 mit einer von mehr als vier Monaten, waren ein Triumph für die revisionistische Sache und ein Desaster für die Sache der Gegner von Ernst Zündel. Die offiziellen Mitschriften der beiden Prozesse bezeugen davon. 1985 hat, auf seiner Seite, der größte der Historiker, der die These der „Vernichtung der europäischen Juden“ vertritt, Prof. Raul Hilberg, eine dermaßen große Erniedrigung erlitten, daß er sich geweigert hat, beim neuen Prozeß 1988 zu erscheinen, der sich für die von den Verantwortlichen der jüdischen Vereinigungen vertretenen These als noch schlimmer erweisen sollte: Hat es den „Holocaust“ der europäischen Juden wirklich gegeben? (siehe mein Vorwort zum Buch von Barbara Kulaszka, Did Six Million Really Die? Report of the Evidence in the Canadian « False News » Trial of Ernst Zündel – 1988 [„Starben wirklich sechs Millionen? Bericht der Beweislage im kanadischen „Falsche Nachrichten“-Prozeß von Ernst Zündel – 1988“], 24. Juli 1992).

Genauso wie ich hatte Ernst Zündel Respekt vor den wirklichen Leiden des jüdischen Volkes. Dank einer bemerkenswerten Offenheit und einer großen Durchdringung seines Geistes wußte er damit umzugehen, um jeden Einzelnen an sich zu bewerten, unabhängig der Gruppe, die dieser angehören konnte. Seine Gegner, bei weitem viel reicher und mächtiger als er es war, waren diese jüdischen oder zionistischen Vereinigungen, die behaupteten, das Interesse der Juden zu verteidigen, indem sie einen gnadenlosen Krieg gegen die Revisionisten führten. Auf der einen Seite mangelte es ihm nicht an jüdischen Freunden, auf der anderen Seite vergaß er nicht, daß einige seiner Gegner im guten Glauben handeln konnten. Um als Beispiel deren Glauben von der Zahl der Sechs Millionen jüdischer Opfer Hitlers zu nehmen, bemerkte er, daß seit der Mitte des 19. Jahrhunderts (ja, seit den 1860er Jahren!) US-amerikanische Zeitungen, mit der New York Times an der Spitze, tonnenweise Berichte von jüdischen Vereinigungen veröffentlicht hatten, die behaupteten: „In diesem Augenblick geschieht an diesem Ort in Europa [in Rußland, in Polen, in Ungarn, usw.] ein schreckliches Massaker oder ein Judenpogrom. Sechs Millionen unserer Brüder sterben. Ihre finanzielle Unterstützung wird erwartet.“ Als Hitler, 1933, auf die Bühne getreten ist und „Judäa ihm den Krieg erklärt hat“ („Judea declares war on Germany“), und noch mehr seit September 1939, haben die Kriegstrommeln den Slogan übernommen. Deshalb: Warum sollte man sich darüber wundern, daß die damaligen Millionen Juden, die seit Generationen daran gewöhnt waren, den Spruch zu hören „Sechs Millionen unserer Brüder sterben“, geglaubt haben, dies sei die Wahrheit? Tatsächlich handelte es sich um eine eiskalte Lüge. 1946, während des Nürnberger Prozesses, haben die Richter, ihren eigenen Anteil zu dieser Lüge beitragend, die Erfindung dieser Lüge Adolf Eichmann in Person zugeordnet (siehe in meiner Arbeit Die Siege des Revisionismus (Fortsetzung) vom 11. September 2011 die Passage „Der Schwindel der Sechs Millionen. Wilhelm Höttl und das Nürnberger Tribunal demaskiert“).

Ich habe Ernst Zündel gut gekannt. Am Vortage des Tages, an dem er sterben sollte, traf es sich, daß ich ihn am Telefon hatte. Während einer langen Unterhaltung, in der er mir einige Vertraulichkeiten mitgeteilt hat, die ich vielleicht eines Tages lüften werde, habe ich einen gebrochenen Mann entdeckt, verzweifelt durch die unerbittliche Entscheidung eines hohen jüdischen Beamten in Washington, ihm jeglichen Zugang zum US-amerikanischen Territorium zu verweigern, und so jegliche Möglichkeit der Rückkehr in das Heim seiner Ehefrau, sie selbst schwer gesundheitlich leidend. Ich habe zunächst die Nachricht seines Todes mit Erleichterung aufgenommen. Am übernächsten Tage habe ich an den verlorenen Freund gedacht und an seine Peiniger als auch an seine zwei Jahre der Einsperrung in abscheulichen Bedingungen in einem Kerker in Toronto, dann an seine Überstellung an die deutschen Behörden, an seine Verurteilung, in Mannheim, an einer zusätzlichen Strafe von fünf Jahren im Gefängnis. Ich habe an hunderte Details meiner Begegnungen mit einem Mann zurückgedacht, außergewöhnlich wegen seiner Güte, seine Menschlichkeit, seiner Intelligenz, seiner für seine Kampfesgenossen jederzeitigen Aufmerksamkeit, seinem gesunden Menschenverstand, seinem Ernst, seinem Ausgleich, seiner praktischen Ader.

Kürzlich, in einer Würdigung für einen Mann, der, ohne daß es jemand ahnte, auf der Schwelle des Todes war, bin ich dahin gekommen zu schreiben, daß ich entlang einer mühseligen Existenz doch in meinem Leben die Genugtuung gehabt hatte, zumindest ein Genie, Arthur Robert Butz, und zumindest einen Helden, Ernst Zündel, kennengelernt zu haben. Einen pazifistischen Helden, entschlossen allzeit den Bellizismus zu bekämpfen, den Krieg und seine Lügen.

Zur Stunde bitte ich darum, daß man mir erlaube, es dabei bewenden zu lassen, zumindest für den heutigen Tag. Ich muß dringend wieder meinen Platz auf der revisionistischen Galeere einnehmen, an der Seite anderer Galeerensklaven, die ebenso entschlossen sind im Sturm zu rudern, bis daß der Tod folgt. Ich muß mir ein Beispiel nehmen an diesen Helden, der, selbst gebrochen, beharrlich seine Briefe zeichnete mit „E. Zündel, unbowed“ (ungebeugt).
14. August 2017

PS: An jene, die Englisch lesen, empfehle ich die Lektüre des langen Artikels von Jonas E. Alexis, einem schwarzen Chronisten, auf der US-amerikanischen Seite Veterans Today, datiert vom 7. August. Auch die Kommentare sollten gelesen werden.

The slanted French newspaper "Le Monde" announces the death of Ernst Zündel


In its edition of Saturday, August 12, Le Monde published a long, two-column article by Thomas Wieder, a journalist whose devotion to the “Shoah” cult is well known. Entitled “Ernst Zündel, Holocaust denial publisher” and adorned with a photograph of the deceased, who died on August 5, its tone is set by the first two sentences:
The French Holocaust denier Robert Faurisson called him “dear friend”, considered him a “source of inspiration”, and said that he was “the man he admired most”. German publisher and pamphleteer Ernst Zündel, convicted several times for anti-Semitic propaganda and a Holocaust denier, died on Saturday, August 5 in Bade [sic] Wildbad in the Baden-Württemberg region, where he was born 78 years ago.
Two birds with one stone: Zündel and Faurisson were, as is seen, nothing but “deniers”. They denied. We shall understand by this that, apparently, they devoted their existence to denying the obvious. What, exactly, was obvious? Follow the gaze of Louis Dreyfus, Jérôme Fenoglio and Luc Bronner, who today preside over the destiny of Le Monde. Their newspaper does not know how to repair the “monumental blunder” it committed back in 1978. December 29, 1978 was, as they say, “The day Le Monde published Mr Faurisson’s feature [on ‘the problem of the gas chambers’]” (the subject of an article by their “grand reporter” Ariane Chemin on August 20, 2012, reproduced in the book Le Monde, 70 ans d’histoire, Flammarion, 2014, 496 p.; p. 469-470).
Throughout Wieder’s article Zündel is described, either directly or by way of insinuation, as a pamphleteer, a propagandist, an unconditional Nazi, a “murderer of [Jewish] remembrance”, a pervert, a provocateur, a coward. In 1958 he had emigrated to Canada “to avoid being called to serve in the armed forces” of the Federal Republic of Germany. In Toronto, at his two great trials in 1985 and 1988, he had not been loath “to appear in court in a bulletproof vest, wearing a helmet with ‘freedom of speech’ written on it”. At the 1985 trial the “Holocaust denier” Faurisson had figured among his “witnesses”.
In fact, if my friend Ernst had emigrated to Canada at the age of 20, it was not in the least out of cowardice but rather out of disgust with war and things military. At that age he still lent full credence to what was peddled about on the “Nazi horrors” and on the essentially militaristic and criminal past of his homeland. He had thus become a pacifist, and would remain so all his life. In Canada there was no conscription, hence his choice of that country. Afterwards, he read, read very much, and ended up believing he must acknowledge that revisionist authors were right. He then became indignant that, during the two world wars, the Allies’ propaganda had been able to invent such lies about the “Boches” or the “Nazis”. If he showed up at his first trial in a helmet (and let’s specify: a construction site helmet!) and asked his companions to do the same, it was because of the several assaults and attempts on his life perpetrated by his opponents either with open force or more sneakily. Most of the time, as in France, the police or the guards on duty refused to protect “Nazis” (sic). From this standpoint, Ernst Zündel’s existence was an ordeal.
An arson attack devastated his house and a large part of the rich documentation needed for his defence. An explosive device was once sent to him through the mail: he had the good idea of handing it over to the police, who carried out a controlled detonation. Was I his “witness”? No: in the courts, I was the expert admitted to assist his barrister, the admirable Douglas Christie. In English-speaking countries, in order to be designated as a court expert one must obligatorily undergo an arduous test before the judge, the jury, the prosecutor and the opposing counsel, who may intervene at any time: one must be able to show not only that one knows about a given subject (here, the history of the European Jews, particularly in the period from 1939 to 1945), but also that one can express oneself in a language plain enough for the simplest juror. Those two trials (that of 1985 lasted seven weeks, the one in 1988 a bit longer than four months) were a triumph for the revisionist cause and a disaster for the cause of Zündel’s opponents. Their official transcripts attest to this fact. In 1985, for example, Professor Raul Hilberg, the prime historian supporting the thesis of the “destruction of the European Jews”, suffered such a humiliation that he refused to appear at the 1988 trial, which proved even worse for the thesis defended by the Jewish organisations’ leaders (see my foreword to Barbara Kulaszka’s Did Six Million Really Die? Report of the Evidence in the Canadian “False News” Trial of Ernst Zündel – 1988, July 24, 1992).
Just like me, Zündel had respect for the true sufferings of the Jewish people. A man with a remarkably open mind and great insight, he had the ability to judge a person independently of the group to which he or she might belong. His enemies, prodigiously richer and more powerful than himself, were those Jewish or Zionist organisations that claimed to defend the Jews’ interests by waging a merciless war against revisionists. On the one hand, he was not lacking in Jewish friends and, on the other, he did not lose sight of the fact that some of his opponents could well be of good faith. Taking, for example, their belief in the figure of Six Million Jewish victims of Hitler, he noted that, from the second half of the nineteenth century (yes, from the 1860’s!), American newspapers, the New York Times at their head, had published numerous press releases from Jewish organisations reporting “At this moment, a dreadful massacre or pogrom of Jews is taking place in Europe [in Russia, Poland, Hungary, etc.]. Six million of our brothers and sisters are dying; your financial contribution is awaited”. When, in 1933, Hitler entered the scene and when “Jewry declared war on him” (Judea declares war on Germany”) still more, of course, from September 1939 onwards –, the war drums beat the same slogan. In this regard, who can be surprised if millions of Jews of the time, accustomed for several generations to hearing it repeated that “Six million of our brothers and sisters are dying”, were able to believe that that was the truth? But it was a brazen lie. In 1946, at the Nuremberg trial, the judges, making their own contribution to this lie, attributed its invention to Adolf Eichmann himself (see, in my piece The Victories of Revisionism (continued) dated September 11, 2011, the section “The imposture of the Six Million. Wilhelm Höttl and the Nuremberg tribunal unmasked”).
I knew Ernst Zündel well. It so happens that on the eve of his death I telephoned him. In a long conversation, in which he shared some confidences that I shall perhaps reveal one day, I found a broken man, in despair on learning of the inexorable decision by a senior Jewish official in Washington to forbid him any access to US territory, thus any possibility of returning to the home of his wife, herself seriously ill. I first received the news of his death with a sense of relief. Two days later I thought of the friend I had lost and of his torturers, of the two years of solitary confinement in a Toronto prison in abominable conditions, then of his handing over to the German authorities, his conviction, in Mannheim, to a further five years’ imprisonment. I recalled a hundred details of the times spent with a man who was exceptional in his kindness, his humanity, his intelligence, his thoughtfulness at every instant for our companions in struggle, his good sense, his steadfastness, his moderation, his practicality.
Recently, in a homage to the man who, unbeknownst to all, was at death’s door, I wrote that throughout my trying existence I had, despite all, the satisfaction of having met at least one genius, Arthur Robert Butz, and at least one hero, Ernst Zündel, a peaceful hero, forever determined to fight against warmongering, war and its lies.
For the moment, I request to be allowed to leave things at that, at least for today. I must urgently retake my place aboard the revisionist galley, alongside other galley slaves equally resolved to row through the storm until death arrives. I must take as my example that hero who, even when broken, persisted in signing his letters “E. Zündel, unbowed”.
August 14, 2017
 Note: I recommend a long obituary of Ernst Zündel written by the black American columnist Jonas E. Alexis for the site Veterans Today (August 7). The comments also deserve a read.
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Thursday, July 20, 2017

Max Gallo, le complice du faussaire Martin Gray, est mort


Max Gallo est mort hier15 mois après le décès de lillustre faussaire Martin Gray auquel il avait servi de nègre. On voudra bien prendre connaissance, dans l’ordre chronologique, d’abord de deux articles, parmi d’autres, que je lui ai consacrés en 1983 et en 2002, puis d’un article que vient de lui consacrer Le Monde, journal oblique :
Quelle belle vie ! Que d’argent ! Que d’honneurs ! Quels hommages ! Un modèle  n’est-ce pas ? – de probité, de conscience et de courage. Il convient que le monde journalistique lui prodigue les marques de respect qui toujours s’imposent en pareil cas, ne fût-ce qu’au nom du « devoir de mémoire » et de la nécessaire édification des jeunes générations.
                                                                                      20 juillet 2017

NB : Je me permets d’appeler l’attention du lecteur qu’intéresserait la personne de Martin Gray sur mon article du 19 mai 2016, Martin Gray, marchand de faux en tous genres, est mort.

Monday, June 26, 2017

Texte du stupéfiant jugement rendu le 6 juin 2017 à mon encontre + Texte de mes premiers commentaires


Tribunal de Grande Instance de Paris,
17e chambre correctionnelle, 6 juin 2017

Président : Fabienne Siredey-Garnier. Assesseurs : Marc Pinturault et Caroline Kuhnmunch. Ministère public : Florence Gilbert. N° de parquet : 14356000489. Plaidoiries le 9 mai 2017. Robert Faurisson porte plainte pour diffamation publique contre Ariane Chemin, journaliste du Monde, et Teresa Cremisi, directrice de publication des Editions Flammarion, pour avoir écrit et publié dans Le Monde / 70 ans d’histoire (août 2014, 496 p.) un article intitulé : « 29 décembre 1978 / Le jour où Le Monde a publié la tribune de Faurisson » (p. 469-470).
Le texte du jugement qui me déboute de mes demandes
Voyez ci-après les treize pages du jugement du 6 juin 2017 qui déclare recevable l’offre de preuve d’Ariane Chemin, renvoie Ariane Chemin et Teresa Cremisi des fins de la poursuite, déclare Robert Faurisson recevable en sa constitution de partie civile et le déboute de ses demandes en raison de la relaxe prononcée.
Mes premiers commentaires sur ce jugement
Me voici déclaré 1) un menteur, 2) un falsificateur et 3) un faussaire de l’histoire. De 1979 à 2017, soit en 38 ans, jamais une instance judiciaire n’a porté à mon encontre une seule de ces trois accusations. Si j’avais été vraiment condamné à l’un ou à l’autre de ces titres, les médias du monde occidental auraient immanquablement corné la nouvelle à tous les échos.
Mais il y a pire. Dans ce jugement, on ne me fournit pas un seul exemple, pas une seule preuve de ce que je serais effectivement soit « un menteur professionnel », soit un « falsificateur », soit un « faussaire de l’histoire ». J’attendais au moins trois exemples, trois preuves. Je ne découvre rien de tel.
Parce que j’ai souvent fait état du résultat de mes enquêtes sur les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs, et cela notamment dans une phrase de soixante mots, j’ai pu être condamné pour « diffamation raciale (!) », pour « dommage à autrui » (!), pour « contestation » (loi Gayssot) (!) ou pour tel autre motif, mais jamais je n’ai été condamné comme menteur professionnel, comme falsificateur ou comme faussaire de l’histoire. Certains de mes adversaires sont allés jusqu’à déplorer cet état de fait surtout quand, par exemple, un arrêt de la Cour d’appel de Paris, en date du 26 avril 1983, a rendu justice à la qualité de mes travaux sur les « chambres à gaz nazies ». J’ai, d’autre part, obtenu, par le passé, la condamnation de personnes déclarant que j’avais été condamné comme faussaire de l’histoire (tel a été le cas de l’avocat Bernard Edelman, docteur en droit, et du responsable du Recueil Dalloz-Sirey« la bible des juristes », successivement en première instance, en appel et en cassation ; voy., par exemple, Le professeur Faurisson obtient la condamnation du Dalloz-Sirey, 23 novembre 1983).
L’explication, incroyablement biscornue, de mes juges se situe à la page 6 de leur écrit. Pour eux, les différentes juridictions qui, par le passé, se sont prononcées sur mon cas l’auraient fait en recourant à des « formulations et précautions stylistiques et méthodologiques » qui cachaient leur conviction profonde selon laquelle j’aurais « occulté et travesti la vérité historique ». Mes juges estiment que leurs précautionneux prédécesseurs n’auraient pas exprimé le fond de leur pensée ! Pendant 38 ans (de 1979 à nos jours), lesdits prédécesseurs auraient considéré que j’étais un homme qui avait « occulté et travesti la vérité historique » mais, pendant 38 ans, prenant toutes sortes de précautions, ils n’auraient pas osé et su le dire. Ici on attend une démonstration. On aimerait savoir comment, tout d’un coup, en 2017, mes juges auraient soudainement sondé les cœurs et les reins de leurs timides prédécesseurs. Quelles auraient été au juste ces « formulations » précautionneuses ? Ces « précautions stylistiques » ? Et surtout ces « précautions méthodologiques » qu’on a peine à imaginer vu le caractère jargonnesque de la formulation ? On aimerait surtout des démonstrations rigoureuses avec, d’une part, les phrases des anciens juges, d’autre part, leurs « précautions » et, enfin, la traduction précise de leur pensée profonde par de nouveaux juges, sans doute particulièrement pénétrants.  
De quel droit le tribunal s’est-il dispensé de toute véritable démonstration ?
Il est arrivé que, portant plainte contre telle personne me traitant de « faussaire », j’aie été débouté. Tel a été le cas quand Robert Badinter a osé dire à la télévision qu’il m’avait fait condamner « pour être un faussaire de l’histoire ». Mais la vérité allait se révéler toute autre. En 2007, les juges de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris ont expressément prononcé que l’ancien Garde des Sceaux avait « échoué en son offre de preuve » (p. 16 du jugement du 21 mai 2007), ce qui signifie que R. Badinter n’avait pas été capable de prouver que Faurisson avait été condamné en qualité de « faussaire de l’histoire ». R. Badinter n’avait échappé à une condamnation qu’au bénéfice de « la bonne foi » (sic). Dans ces conditions, les juges de la même chambre du même tribunal de Paris, cette fois-ci, en 2017, sous la présidence de Dame Siredey-Garnier ne peuvent  pas se prévaloir d’un tel jugement et l’invoquer pour conclure qu’il y avait là, dans ce jugement même de 2007, une preuve de plus de ce que Faurisson était au fond un faussaire de l’histoire, un faussaire stigmatisé comme tel par une instance juridictionnelle française. C’est  pourtant ce qu’ont eu l’audace de faire ces juges, le 6 juin 2017.
Autre étrangeté : en 1990, le Parlement, avec la loi Gayssot (ou « loi Faurisson »), a soudain institué en délit le fait même de contester l’existence de la Shoah et des « chambres à gaz exterminatoires ». Soit ! Mais comment, le 6 juin 2017, le tribunal a-t-il pu ajouter que cette loi « confère nécessairement aux personnes persistant [dans la contestation] la double qualité de délinquant et de menteur » (p. 6) ? La qualité de « délinquant », certes, mais celle de « menteur », nulle part. On s’arroge le droit de qualifier de « menteur » celui qui ose « contester » la vérité révélée aux juges et par les juges de Nuremberg : serions-nous là face à l’application d’un dogme de nature religieuse, selon lequel celui qui persiste à douter est nécessairement de mauvaise foi ?
Le tribunal présidé par Dame Siredey-Garnier s’est lui-même permis de gravement falsifier le texte et le contenu de l’arrêt susmentionné du 26 avril 1983. Au bas de la page 8, citant un important passage de cet arrêt, il en interrompt subitement le cours et en omet froidement la si importante conclusion. Juste après les mots « plus de quatorze ans », suivis d’un point-virgule, la cour avait ajouté le considérant suivant : «  la valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sur les chambres à gaz nazies] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public ».  On aura noté la présence de la conjonction « donc ». Pour la cour, les recherches, les travaux, les conclusions de M. Faurisson en ce domaine sont si sérieux (car sans aucune trace soit de « légèreté », soit de « négligence », soit d’ignorance délibérée, soit, surtout, de « mensonge ») que tout le monde doit avoir le droit 1) de dire, tout comme Faurisson, que ces prétendues chambres à gaz nazies ne sont qu’un mensonge historique et 2), à plus forte raison, d’en débattre librement. 
Comment des magistrats peuvent-ils ainsi pousser l’aplomb jusqu’à dénaturer par de tels escamotages le sens d’une décision de justice ? Il est inconcevable qu’un arrêt qui contient, dans l’une de ses parties, un pareil hommage à mon travail sur les prétendues armes de destruction massive d’Adolf Hitler contienne, au fond, l’idée ou l’accusation que je serais « un menteur professionnel », un « falsificateur » ou un « faussaire de l’histoire ». Il est tout aussi inconcevable qu’un jugement où il est dit que Robert Badinter a été incapable de prouver qu’il avait, en tant qu’avocat, fait condamner Robert Faurisson en qualité de « faussaire de l’histoire » contienne, au fond, l’idée que le même Robert Faurisson serait, lui, un « faussaire avéré de l’histoire ». Assurément des juges peuvent quelquefois exprimer au début de leur sentence un avis, puis, par la suite, exprimer sur tel autre point des réserves ou des critiques mais ils ne le feront pas au point d’aller jusqu’à s’infliger un pareil démenti ou jusqu’à tenir un discours aussi incohérent.
26 juin 2017 

[Ces « premiers commentaires » devraient avoir prochainement une suite]



             *****


Tribunal de Grande Instance de Paris
17e chambre correctionnelle

Jugement du 6 juin 2017

Plaidoiries le 9 mai 2017
Prononcé le 6 juin 2017

JUGEMENT CORRECTIONNEL
Prononcé à l’audience publique du Tribunal Correctionnel de Paris le SIX JUIN DEUX MILLE DIX-SEPT
Composé de :
Président :       Fabienne SIREDEY-GARNIER vice-                                       président
Assesseurs :     Frédérique RIPOLL FORTESA vice-                                       président
                         Marc PINTURAULT juge
Ministère public:    Aglaë FRADOIS substitut
Greffier:                  Martine VAIL greffier

Dans l’affaire plaidée à l’audience publique du Tribunal Correctionnel de Paris le NEUF MAI DEUX MILLE DIX-SEPT

Composé de :
Président :      Fabienne SIREDEY-GARNIER vice-                                   président
Assesseurs :   Caroline KUHNMUCH vice-président
                       Marc PINTURAULT juge
Ministère public:     Florence GILBERT substitut
Greffier:                  Martine VAIL greffier

ENTRE :

Monsieur le PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE, près ce tribunal,

PARTIE CIVILE :

FAURISSON Robert
domicilié Cabinet d’avocats 125 rue de Tolbiac 75013 PARIS
              … assisté de Me Damien VIGUIER …

ET

[Page 2]
PREVENUE :

Nom :       CHEMIN
Prénom :  Ariane
              … assistée de Me Catherine COHEN RICHELET                   …
 Prévenue du chef de :
COMPLICITE DE DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS PARTICULIER PAR PAROLE, ECRIT, IMAGE OU MOYEN DE COMMUNICATION AU PUBLIC PAR VOIE ELECTRONIQUE, faits commis le 24 septembre 2014 à PARIS

PREVENUE :

Nom :      CREMISI
Prénom :  Teresa
              … représentée par Me Christophe BIGOT …
 Prévenue du chef de :
DIFFAMATION PUBLIQUE ENVERS PARTICULIER PAR PAROLE, ECRIT, IMAGE OU MOYEN DE COMMUNICATION AU PUBLIC PAR VOIE ELECTRONIQUE, faits commis le 24 septembre 2014 à PARIS

[Page 3] 
PROCEDURE
Selon ordonnance rendue le 9 février 2016 par l’un des juges d’instruction de ce siège, à la suite de la plainte avec constitution de partie civile déposée par Robert FAURISSON le 22 décembre 2014, Teresa CREMISI et Ariane CHEMIN ont été renvoyées devant ce tribunal sous la prévention :
 Teresa CREMISI :
 - d’avoir à Paris et sur l’ensemble du territoire national, le 24 septembre 2014, et en tout cas depuis temps non couvert par la prescription, en qualité de directeur de publication, commis une diffamation publique envers un particulier pour avoir publié un article intitulé “29 décembre 1978 - Le jour où “Le Monde” a publié la tribune de Faurisson” rédigé par Madame Ariane CHEMIN dans un ouvrage intitulé “Le Monde, 70 ans d’histoire”, paru aux éditions Flammarion et comprenant les propos suivants:
 - “un menteur professionnel
- “falsificateur
- “faussaire de l’histoire
propos comportant des allégations susceptibles de porter atteinte à l’honneur et à la considération de Robert FAURISSON, faits prévus et réprimés par les articles 23 alinéa 1, 29 alinéa 1, 32 alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881.

Ariane CHEMIN :
  - de s’être à Paris et sur l’ensemble du territoire national, le 24 septembre 2014, en tout cas depuis temps non couvert par la prescription, en qualité d’auteur, rendue complice du délit de diffamation publique envers un particulier reproché à Teresa CREMISI, pour être l’auteur de l’article intitulé “29 décembre 1978 - Le jour où “Le Monde” a publié la tribune de Faurisson” dans un ouvrage intitulé “Le Monde, 70 ans d’histoire” paru aux éditions Flammarion et comprenant les propos ci-dessus reproduits,
faits prévus et réprimés par les articles 23 alinéa l, 29 alinéa 1, 32 alinéa 1 de la loi du 29 juillet 1881.
Appelée pour fixation à l’audience du 15 avril 2016, l’affaire a été contradictoirement renvoyée aux audiences des 1er juillet 2016, 30 septembre 2016, 9 décembre 2016 et 9 mars 2017, pour relais, et 9 mai 2017, pour plaider.
  
DEBATS
 A cette dernière date, à 1’appel de la cause, la présidente a constaté la présence de la partie civile et d’Ariane CHEMIN, prévenue, toutes deux assistées de leurs conseils, Teresa CREMISI étant, pour sa part, représentée par son avocat, puis elle a donné connaissance de l’acte qui a saisi le tribunal.
 Les débats se sont tenus en audience publique.
La présidente a procédé à l’interrogatoire d’identité d’Ariane CHEMIN et l’a informée de son droit, au cours des débats, de faire des déclarations, de répondre aux questions
 
[Page 4]
qui l[ui] sont posées ou de garder le silence.
Puis elle a procédé à l’appel des témoins : se sont présentés, cités par Ariane CHEMIN au titre de son offre de preuve, Annette WIEVIORKA, Laurent JOLY et, à 14h15, Valérie IGOUNET.
Les témoins ont été invités à quitter la salle d’audience pour ne la rejoindre qu’au moment de leur déposition.
La présidente a instruit l’affaire, rappelé les faits et la procédure, procédé à l’audition de la partie civile, à l’interrogatoire de la prévenue présente ainsi qu’à l’audition, serment préalablement prêté, des trois témoins cités par la défense.
 Puis le tribunal a entendu dans l’ordre prescrit par la loi :
    Me VIGUIER, pour la partie civile qui a développé ses          écritures ;
   la représentante du ministère public en ses réquisitions ;
   Me COHEN-RICHELET, pour Ariane CHEMIN, en ses        moyens de défense et plaidoirie ;
   Me BIGOT, pour Teresa CREMISI, en ces moyens de            défense et plaidoirie ;
    Ariane CHEMIN, prévenue, ayant eu la parole en                  dernier.

A l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré et la présidente, dans le respect de l’article 462, alinéa 2, du code de procédure pénale, a informé les parties que le jugement serait prononcé le 6 juin 2017.
- . -
 A cette date, la décision suivante a été rendue :
 MOTIFS
 Le 29 décembre 1978 le quotidien Le Monde publiait une tribune de Robert Faurisson, alors maître de conférences à l’université de Lyon-II, intitulée « Le problème des chambres à gaz ou « la rumeur d’Auschwitz » ».
Dans cette tribune, l’auteur se félicitait de ce que le « silence » sur la question des chambres à gaz soit en train de se rompre et que la vérité se fasse progressivement jour sur le fait qu’il n’avait existé de « chambres à gaz » [1] qu’en cinq ou six endroits de Pologne et que ces « chambres à gaz » ne correspondaient en rien à la légende entretenue à dessein par « les appareils judiciaires polonais et soviétiques » de « véritables abattoirs humains ». Soutenant qu’une telle thèse était incompatible avec les lois élémentaires de 1a chimie, et soulignant qu’il n’existait aucun document sur ces « chambres à gaz », l’auteur concluait cette tribune en ces termes « Le nazisme est mort, et bien mort, avec son Führer. Reste aujourd’hui la vérité. Osons la proclamer. L’inexistence des « chambres à gaz » est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité.

———————————
[1]  Les guillemets sont d’origine

[Page 5]
Une bonne nouvelle qu’on aurait tort de tenir plus longtemps cachée. ».
Le 21 août 2012, ce même journal publiait un article d’Ariane Chemin, intitulé « 29 décembre 1978 - Le jour où « le Monde » a publié la tribune de Faurisson », dans lequel l’auteur revenait sur les circonstances de la publication de la tribune de Robert Faurisson et le débat qu’une telle publication avait suscité en interne, rappelait les grandes lignes de la carrière de l’intéressé et critiquait par ailleurs personnellement l’initiative du Monde, la qualifiant de « bourde monumentale » qui avait contribué à la notoriété de Robert Faurisson et à la propagation, voire à la légitimation, de ses thèses, qualifiées de « délirantes », sur l’inexistence des chambres à gaz.
Poursuivie en justice par Robert Faurisson pour avoir écrit que celui-ci était un « un Menteur professionnel », un « falsificateur » et un « faussaire de l’histoire », Ariane Chemin, par jugement de cette chambre du 16 janvier 2014, confirmé le 18 décembre 2014 par la cour d’appel de Paris, était relaxée, les poursuites ayant été engagées sur le fondement de 1’injure publique envers particulier alors que les propos incriminés se référaient à des faits précis, exclusifs de la qualification d’injure.
Le 24 septembre 2014, l’article d’Ariane Chemin du 21 août 2012 était publié sous forme de fac-similé dans l’ouvrage commémorant les 70 ans du Monde.
Robert Faurisson déposait à nouveau plainte avec constitution de partie civile le 22 décembre 2014 pour les propos déjà poursuivis lors de la première publication de l’article, mais cette fois-ci sur le fondement de la diffamation publique envers particulier.
Ariane Chemin et Teresa Cremisi, directrice de publication des éditions Flammarion, étaient respectivement mises en examen les 6 juillet et 5 octobre 2015.
Lors de l’audience, Robert Faurisson s’expliquait sur ses recherches et travaux. Il déclarait ainsi avoir exprimé la synthèse de sa pensée lors d’une émission de radio le 17 décembre 1980 en ces termes « ... les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand - mais non ses dirigeants - et le peuple palestinien tout entier ». Il affirmait, par ailleurs, avoir, contrairement à ses détracteurs, les preuves de tout ce qu’il avançait, et soutenait que même les spécialistes les plus opposés à ses thèses, comme Raul Hilberg, étaient finalement convenus de l’impossibilité de démontrer l’existence à la fois d’un ordre aux fins d’extermination des juifs et des chambres à gaz aux fins d’extermination.
Son conseil plaidait en faveur de la condamnation des prévenues, l’offre de preuve n’étant selon lui pas recevable, son client n’ayant jamais été condamné, en toute hypothèse, pour avoir été un faussaire de l’histoire, les magistrats n’ayant fait que relever, dans les différents procès, la bonne foi de ses adversaires, et Ariane Chemin s’étant exprimée sans aucune prudence et avec malhonnêteté.
Le ministère public requérait la relaxe, les propos étant bien diffamatoires mais l’offre de preuve étant à la fois recevable et bien fondée.

[Page 6]
Ariane Chemin exposait, tout d’abord, les motifs l’ayant conduite à écrire sur la polémique engendrée par la publication de la tribune de Robert Faurisson, sujet pas ou peu abordé jusqu’alors et qui lui paraissait soulever d’intéressantes questions sur les limites de la liberté d’expression. Elle expliquait avoir énormément travaillé en vue de la rédaction de cet article, sachant à quel point le sujet abordé était sensible, et avoir d’ailleurs rencontré Robert Faurisson chez lui, à Vichy, durant l’été 2012, l’entretien s’étant bien passé au début mais l’ayant mise mal à l’aise dès lors que l’intéressé avait voulu lui montrer ses archives et tenté de la convaincre du bien-fondé de ses thèses sur la Shoah et les chambres à gaz. Elle ajoutait s’étonner, n’étant pas juriste mais se prononçant en tant que citoyenne, du fait que Robert Badinter, poursuivi par Robert Faurisson pour avoir déclaré le 11 novembre 2006 sur la chaîne de télévision Arte « ...J’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’histoire », n’ait été relaxé qu’au bénéfice de la bonne foi, alors même que la Shoah était pour sa génération un fait avéré qui ne souffrait aucune discussion.
Les trois témoins cités par ses soins estimaient que 1’emploi des termes poursuivis par Robert Faurisson se justifiait totalement.
Valérie Igounet, historienne, auteur d’une thèse sur le négationnisme et d’une biographie de Robert Faurisson, témoin lors du procès intenté en 2007 par Robert Faurisson contre Robert Badinter, déclarait considérer Robert Faurisson comme un professionnel du mensonge et de la falsification, avide de notoriété et adepte des provocations en tout genre. Elle affirmait que s’il ne fabriquait pas de faux documents, il partait systématiquement d’un postulat, celui du complot juif quant à l’existence de la Shoah afin de percevoir des réparations et parvenir à la création de l’Etat d’Israël, et s’arrangeait pour faire coïncider ses prétendues recherches et découvertes avec ce postulat, en tordant et tronquant si besoin la vérité.
Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherches émérite au CNRS, auteur d’ouvrages sur Auschwitz et les procès de Nuremberg et d’Eichmann, également témoin lors du procès de 2007, confirmait avoir été choquée lors de la publication en 1978 de la tribune de Robert Faurisson, cet acte légitimant selon elle une falsification de l’histoire et un mensonge. Elle soulignait les approximations et les erreurs, toujours orientées dans le même sens, de la méthode de Robert Faurisson, estimant que le i négationnisme, s’il avait sans doute poussé les véritables historiens à approfondir leurs recherches sur un fait tellement établi qu’il ne paraissait souffrir aucune contestation, et à préciser certains points, n’était que le « pilote » de la tendance actuelle aux « faits alternatifs », et insistait sur la propension de Robert Faurisson à toujours travestir la réalité à son avantage, transformant ainsi, en particulier, ses défaites judiciaires en victoires.
Laurent Joly, historien, directeur de recherches au CNRS, spécialiste de l’antisémitisme et de l’extrême-droite, précisait que, pour lui, il ne faisait aucun doute que Robert Faurisson se rattachait au milieu de « l’activisme antisémite, qui depuis l’affaire Dreyfus tente de se donner les apparences de la science pour justifier leur haine des juifs » et «  soumet(tait) la réalité à ses fantasmes ». Il déclarait que Robert Faurisson était bien à la fois, un « faussaire », au sens de « mystificateur » ou de « falsificateur », et un « menteur professionnel » - seul qualificatif adapté à un « homme qui depuis 40 ans nous dit que l’existence des chambres à gaz est matériellement impossible » -, se refusant à entrer dans ce qu’il qualifiait les « histoires absurdes de Faurisson », mais se disant inquiet que le négationnisme puisse prospérer avec la disparition des derniers témoins directs.

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Le conseil d’Ariane Chemin plaidait en faveur de la relaxe de sa cliente, estimant que celle-ci, de par les pièces et témoignages produits par ses soins dans l’offre de preuve, il avait démontré la réalité des imputations poursuivies, et pouvait à tout le moins bénéficier de l’excuse de bonne foi, en raison notamment de la base factuelle extrêmement solide dont elle disposait pour écrire son article.
Le conseil de Teresa Cremisi demandait également sa relaxe, sa cliente devant bénéficier, en sa qualité d’auteur au sens de la loi du 29 juillet 1881, de 1’excuse absolutoire de vérité résultant des éléments fournis dans l’offre de preuve d’Ariane Chemin et sa bonne foi étant parfaitement établie, les Editions Flammarion, bien qu’en étant totalement solidaires, n’ayant au surplus jamais interféré dans les choix éditoriaux du Monde pour la conception de l’ouvrage.
  
SUR CE
SUR L’ACTION PUBLIQUE
La démonstration du caractère diffamatoire d’une allégation ou d’une imputation suppose que celles-ci concernent un fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne identifiée ou identifiable.
Si, comme en l’espèce, une offre de preuve de la vérité des faits diffamatoires est formulée, elle doit, pour produire l’effet absolutoire prévu par l’article 35 de la loi du 29 juillet 188l, ètre parfaite, complète et corrélative aux imputations dans toute leur portée et leur signification diffamatoire.
Les imputations diffamatoires peuvent, enfin, être justifiées lorsque leur auteur établit sa bonne foi, en prouvant qu’il a poursuivi un but légitime, étranger à toute animosité personnelle, et qu’il s’est conformé à un certain nombre d’exigences, en particulier de sérieux de l’enquête, ainsi que de prudence dans l’expression, étant précisé que la bonne foi ne peut être déduite de faits postérieurs à la diffusion des propos et que l’ensemble des critères requis est cumulatif.
Ces critères s’apprécient différemment selon le genre de l’écrit en cause et la qualité de la personne qui s’y exprime et, notamment, avec une moindre rigueur lorsque l’auteur des propos diffamatoires n’est pas un journaliste qui fait profession d’informer, mais une personne elle-même impliquée dans les faits dont elle témoigne.
 sur le caractère diffamatoire des propos
Il résulte de l’article d’Ariane Chemin qu’en qualifiant Robert Faurisson de « menteur professionnel », « falsificateur » et « faussaire de l’histoire », l’auteur a entendu dénoncer non pas un trait de caractère mais les mensonges sciemment proférés par la partie civile aussi bien, à titre principal, sur la question de la Shoah et des chambres à gaz exterminatoires, que sur des points plus accessoires, telles son appartenance à la gauche ou les circonstances de son interdiction d’exercer ses fonctions à l’université de Lyon-II et de l’agression consécutive dont il s’est dit victime.

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 Il s’agit, par conséquent, de faits à la fois précis, un débat probatoire pouvant s’engager sans difficulté sur ces différentes questions, et attentatoires à l’honneur et à la considération, le fait de proférer des mensonges étant intrinsèquement contraire à la morale commune et étant d’autant plus vexatoire lorsque la personne ainsi qualifiée se prévaut de la qualité d’historien et de scientifique.
L’ensemble des propos poursuivis doit, par conséquent, être considéré comme diffamatoire.
sur l’offre de preuve
 -   sur la recevabilité de l’offre de preuve
Il est soutenu par le conseil de la partie civile que l’offre de preuve d’Ariane Chemin n’a pas été régulièrement délivrée à son client, celui-ci en ayant été informellement averti par le ministère public après l’expiration du délai de dix jours et le jour même où expirait le délai pour formuler une offre de preuve contraire.
Cet argument ne saurait toutefois prospérer, dans la mesure où il résulte des éléments versés aux débats que le ministère public a transmis le 14 mars 2016 à Me Yon, conseil de Robert Faurisson lors de l’instruction, l’offre de preuve formulée le 9 mars 2016 par Ariane Chemin, celle-ci ayant été citée à comparaître le 1er mars 2016 ; que par courriel du 14 mars, Me Yon a indiqué au ministère public ne plus être en charge des dossiers de Robert Faurisson, celui-ci confiant désormais ses intérêts à Me Viguier ; que ce dernier, dans une lettre du 25 mars 2016, a indiqué avoir averti le 10 mars 2016 le ministère public, la 17ème chambre et ses confrères du changement d’avocat ; que toutefois la télécopie figurant au dossier mentionne qu’elle a été adressée au cabinet de Sabine Kheris, juge d’instruction dessaisie du dossier depuis l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel ; que, dans ces conditions, il ne saurait être fait grief au ministère public d’avoir notifié l’offre de preuve hors délai, Ariane Chemin ayant elle-même formulé son offre de preuve dans les délais requis et le ministère public, qui n’était d’ailleurs pas tenu de le faire, étant, aux termes de l’article 55, le seul destinataire de droit de l’offre de preuve, ayant également procédé à l’information de la partie civile dans les délais.
L’offre de preuve d’Ariane Chemin doit, par conséquent, être déclarée recevable.
 -  sur la démonstration de la vérité des faits poursuivis
 A titre liminaire, il convient de rappeler qu’en l’espèce, il incombe à la partie ayant invoqué le bénéfice de l’exception de vérité de démontrer que Robert Faurisson a, sciemment, falsifié la vérité en affirmant que la Shoah et les chambres à gaz n’avaient pas existé.
Au soutien de son offre de preuve de la vérité des faits, Ariane Chemin produit, outre les témoignages exposés ci-avant, des articles de presse, des extraits d’ouvrage et, principalement, une série de jugements et d’arrêts, ou d’extraits de ces décisions s’échelonnant entre le 8 juillet 1981 et le 18 décembre 2014, dont :

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 - un extrait d’un arrêt de la cour d’appel de Paris du 23 juin 1982 opposant Robert Faurisson à la Ligue contre l’Antisémitisme (LICA) et la Société Amicale des Déportés. D’Auschwitz [2] déclarant Robert Faurisson coupable de diffamation publique à raison d’une appartenance à une ethnie, pour avoir nié le génocide hitlérien à l’égard des juifs et imputé des faits d’escroquerie et de mensonge à la communauté israélite;
 -  un arrêt du 26 avril 1983 de la cour d’appel de Paris [3] condamnant Robert Faurisson pour des propos, dont certains extraits de la tribune du 29 décembre 1978, publiés dans différents quotidiens et l’arrêt de la Cour de cassation du 28 juin 1983 rejetant le pourvoi [4] ;
-  un arrêt de la cour d’appel de Paris du 16 janvier 1985 [5] déboutant Robert Faurisson de l’action entreprise par ses soins contre Jean Pierre-Bloch à raison de l’allégation de « faussaire » proférée à son encontre dans l’autobiographie du prévenu ;
 - un jugement de la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris du 14 février 1990 [6] déboutant Robert Faurisson de son action en diffamation à l’encontre de Georges Wellers et du Centre de Documentation Juive Contemporaine pour une notice le présentant comme « ...chef de l’école révisionniste en France, falsificateur de l’histoire des juifs pendant la période nazie » ;
 - le jugement de la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris du 21 mai 2007 [7] déboutant Robert Faurisson de son action en diffamation contre Robert Badinter à raison des propos selon lesquels il avait « fait condamner Faurisson pour être faussaire de l’histoire » ;
 - le jugement de «la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris du 16 janvier 2014 [8], confirmé par l’arrêt du 18 décembre 2014 de la cour d’appel de Paris [9], relaxant Ariane Chemin et Louis Dreyfus pour les propos figurant dans l’article du 21 août 2012 objet de la présente poursuite ;
 - les condamnations pour contestation de crime contre l’humanité prononcées les 20 avril 1991, 27 avril 1998 et 4 juillet 2006 à l’encontre de Robert Faurisson [10].
 Selon Robert Faurisson et son conseil, ces différents éléments, et notamment les décisions des tribunaux et cours, ne démontreraient en rien la preuve de la vérité des allégations diffamatoires poursuivies, dans la mesure où elles n’ont jamais consacré le fait que son client soit un faussaire de l’histoire, n’ont été prises qu’au bénéfice de la bonne foi des personnes poursuivies, après avoir constaté qu’elles avaient échoué dans leur offre de preuve, et ont pour certaines d’entre elles consacré le bien-fondé et le sérieux de ses recherches.
 ___________________
 [2]   CfPJ Mme Chemin n° 8
[3]   CfPJ 9 Mme Chemin
[4]   CfPJ 10 Mme Chemin
[5]   CfPJ 11 Mme Chemin
[6]   CfPJ 12 Mme Chemin
[7]   Cf PJ 16 Mme Chemin, jugement non frappé d’appel
[8]   CfPJ 18 Mme Chemin
[9]   CfPJ 19 Mme Chemin
[10] CfPJ 13, 14 et 15 Mme Chemin

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Toutefois, il résulte même de l’analyse de ces différentes décisions, et ce quelles que soient les formulations et précautions stylistiques ou méthodologiques retenues par les différentes juridictions s’étant prononcées, que Robert Faurisson a bien été condamné pour avoir occulté et travesti la vérité historique ; qu’il a, ainsi, été condamné pour ses déclarations sur « les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs » ; qu’il a été reconnu que le terme de « faussaire » utilisé à son endroit ne pouvait justifier la condamnation des personnes l’ayant employé, celles-ci s’étant exprimées « sans exagération, sans dénaturation de la vérité, avec objectivité et sincérité » ; que si plusieurs décisions ont cru bon de relever qu’il «  n’appartient pas aux tribunaux de juger de la véridicité des travaux historiques ou de trancher les controverses suscitées par ceux-ci et qui relèvent de la seule appréciation des historiens et du public », force est de constater d’une part que, s’agissant de la Shoah et des chambres à gaz exterminatoires, cette question a été vidée de sa substance par la loi Gayssot, qui institue en délit le fait même d’en contester l’existence, et, partant, confère nécessairement aux personnes persistant dans cette voie la double qualité de délinquant et de menteur, d’autre part que tout en affirmant ne pas vouloir se poser en historiens, les juges, par leur examen de la bonne foi, ont été néanmoins nécessairement amenés à se prononcer sur la validité des éléments historiques produits par les parties au soutien de leurs positions respectives ; qu’ils ont ainsi, notamment, relevé (les soulignements sont ajoutés) :
 « ...que, dans le cas d’espèce, M. Faurisson avait manqué à ses obligations en écartant par principe tous les témoignages contraires à sa thèse, en orientant son analyse des documents « dans le sens de la négation » et en se livrant « sur un ton messianique » à des proclamations « qui relèvent plus du discours politique que de la recherche scientifique » ... que même dans l’exercice de son activité scientifique, et en particulier lors de la publication des résultats de ses travaux, tout historien demeure soumis envers autrui au principe de responsabilité édicté par les articles 1382 et 1383 du code civil... qu’une lecture d’ensemble des écrits soumis à la cour fait apparaître que M. Faurisson se prévaut abusivement de son travail critique, pour tenter de justifier sous son couvert, mais en dépassant largement son objet, des assertions d’ordre purement général qui ne présentent plus aucun caractère scientifique et relèvent de la pure polémique ; qu’il est délibérément sorti du domaine de la recherche historique et a franchi un pas que rien, dans ses travaux antérieurs n’autorisait, lorsque, résumant sa pensée sous forme de slogan, il a proclamé que « les prétendus massacres en chambres à gaz et le prétendu génocide sont un seul et même mensonge » ; que, par-delà la négation de l’existence des chambres à gaz, il cherche en toute occasion à atténuer le caractère criminel de la déportation, par exemple en fournissant une explication personnelle mais tout à fait gratuite des « actions spéciales » mentionnées à quinze reprises et avec horreur dans le journal du médecin Kremer... » (cour d’appel de Paris, arrêt précité du 26 avril 1983) ;
- que cette motivation est reprise dans le jugement rendu le 14 février 1990 par la 17ème chambre du TGI de Paris, qui en outre, après avoir énuméré les documents fournis par Georges Wellers et le Centre de Documentation Juive Contemporaine en vue de la démonstration du « caractère délibéré de la politique, niée par les révisionnistes, menée par les nazis en vue de « l’anéantissement total des Juifs », selon les termes utilisés le 13 mai 1942 par Theodor Dannecker « responsable des affaires juives » à Paris pour le compte de l’Office central de sécurité du Reich » [11], conclut que les « défendeurs … ont publié l’expression incriminée
 ___________________
 [11] Parmi lesquels des passages du procès verbal de Wannsee, les déclarations de Himmler, celles d’officiers nazis devant le tribunal international de Nuremberg, celles d’Eichmann à son procès.

[Page 11]
 falsificateur de l’histoire des Juifs pendant la période nazie » de bonne foi, sans animosité excessive, dans le seul but légitime et conforme à la vocation du ‘Monde juif’ d’exprimer leur appréhension à la perspective de voir se généraliser des conceptions relevant dans leur aboutissement, plus du discours politique que de la recherche scientifique. » ;
 - que, dans le jugement du 21 mai 2007 de la 17ème chambre (cf supra), il est noté :
 * tout d’abord que si le jugement du 8 juillet 1981 « ne peut constituer la preuve parfaite et corrélative de la vérité du fait diffamatoire », de même que les autres éléments fournis à titre d’offre de preuve, même s’ils « démontrent qu’au sein de la communauté scientifique, les méthodes du demandeur sont assimilées à celles d’un faussaire et que ses productions, non seulement ne bénéficient d’aucun crédit, mais sont unanimement condamnées, pour leur absence totale de sérieux et en ce qu’elles caractérisent des contestations de crimes contre l’humanité », il y est toutefois relevé, dans l’analyse relative à la bonne foi des défendeurs, « qu’il résulte clairement des termes de cette décision (le jugement du 8 juillet 1981) ... que le tribunal, s’il s’est interdit de consacrer judiciairement et expressément une vérité historique, ce qui l’a conduit à refuser de rechercher si le discours de Robert Faurisson « constitue ou non une «falsification de l’histoire », « a imputé à faute à celui-ci de graves manquements aux obligations qui incombent aux historiens... » ;
 * que dans l’arrêt du 26 avril 1983 « la cour dénonçait, elle aussi, le glissement de Robert Faurisson vers « des assertions d’ordre général qui ne présentent plus aucun caractère scientifique et relèvent de la pure polémique ; elle affirmait, se faisant juge de la qualité de ses productions, qu’en niant ensemble l’existence des chambres à gaz et du génocide, il a franchi un pas » que rien dans ses travaux antérieurs n’autorisait. » ;
 * que « la cour d’appel comme le tribunal, tout en refusant de juger l’histoire et de dire la vérité, n’ont donc à aucun moment remis en cause les acquis de celle-ci et ont au contraire fondé la condamnation civile prononcée contre Robert Faurisson, non sur des considérations morales, comme celui-ci le soutient à tort, mais bien sur la responsabilité professionnelle encourue par lui vis-à-vis du public, en tant « qu’universitaire et en sa qualité revendiquée d’historien, à tenter d’appuyer sur une prétendue recherche critique à caractère scientifique et historique – les juges ayant analysé les vices affectant la méthode qu’il revendiquait – sa volonté de nier les souffrances des victimes du génocide des juifs, de réhabiliter les criminels nazis qui l’ont voulu et exécuté... » ;
 * que « Robert Badinter, en retenant de ces décisions, plutôt que l’analyse portant sur le but poursuivi par Robert Faurisson, celle relative à la méthode suivie par lui, et en la ramassant dans la formule, dont la pertinence résulte de ce qui précède, de « faussaire de l’histoire », rassemblant ainsi des termes qu’il avait déjà appliqués à l’intéressé dans ses plaidoiries en première instance ... a donc conservé une parfaite modération dans le propos ».
    
[Page 12]
 Au vu de ces différentes motivations, il est parfaitement artificiel de soutenir, comme le font Robert Faurisson et son conseil, qu’il n’a jamais été reconnu par la justice française que les qualificatifs qu’il poursuit en la présente espèce lui ont été appliqués à tort ; que, bien au contraire, toutes ces décisions n’ont de cesse que de stigmatiser, en des termes particulièrement clairs, les manquements et les abus caractérisant ses méthodes et de valider, partant, le jugement porté par les différentes personnes qu’il a cru devoir poursuivre de ce fait et les qualificatifs, identiques à ceux ici incriminés, qu’ils ont employés à son encontre ; que c’est à tort, enfin, qu’il prétend que l’arrêt précité du 26 avril 1983 aurait porté un coup fatal à ses contradicteurs et entériné le bien-fondé desdites méthodes ; que si la cour d’appel, de fait, a écrit dans un premier temps, « que les accusations de légèreté formulées contre lui manquent de pertinence et ne sont pas suffisamment établies ... (qu’) il n’est pas davantage permis d’affirmer, eu égard à la nature des études auxquels il s’est livré, qu’il a écarté les témoignages par légèreté ou négligence, ou délibérément choisi de les ignorer ; qu’en outre, personne ne peut en l’état le convaincre de mensonge lorsqu’il énumère les multiples documents qu’il affirme avoir étudiés et les organismes auprès desquels il aurait enquêté pendant plus de quatorze ans », il convient à l’évidence de relativiser la portée de ces considérations, dans la mesure où, d’une part, à supposer même qu’elles doivent être interprétées comme il le prétend, elles ne sauraient valoir blanc-seing définitif et ne portent que sur certains des griefs formulés à son encontre, et où, d’autre part – point que Robert Faurisson n’estime pas utile de préciser – elles sont immédiatement suivies, dans le même arrêt, ainsi qu’il l’a été rappelé ci-avant, d’une analyse qui conclut, en des termes sans appel, à l’absence de caractère scientifique de ses travaux et pointe ses abus méthodologiques, analyse qui conduit la cour, comme le tribunal l’avait fait, à le débouter.
 Dans ces conditions, il convient de considérer que l’offre de preuve d’Ariane Chemin remplit les conditions posées par l’article 55 de la loi du 29 juillet 1881 et de renvoyer, partant, l’intéressée des fins de la poursuite.
   sur l’extension du bénéfice de l’offre de preuve à Teresa Cremisi
Il est soutenu par le conseil de Teresa Cremisi que celle-ci, bien que n’ayant pas formulé d’offre de preuve à titre personnel, doit néanmoins mécaniquement bénéficier de l’exception de vérité admise au profit d’Ariane Chemin.
De fait, dès lors qu’il a été reconnu que l’auteur des propos apportait la preuve de la vérité des faits avancés par ses soins, et que, partant, sa responsabilité était exclue, il doit être admis, s’agissant au surplus d’un moyen dont l’effet est de consacrer une vérité objective, que cette exclusion de responsabilité s’étend nécessairement au directeur de publication.
Teresa Cremisi sera donc également renvoyée des fins de la poursuite.
SUR L’ACTION CIVILE
Robert Faurisson est déclaré recevable en sa constitution de partie civile mais est débouté de ses demandes eu égard à la relaxe prononcée.

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*
PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, statuant publiquement, en premier ressort et par jugement contradictoire à l’égard de Teresa CREMISI, prévenue (article 411 du code de procédure pénale), d’Ariane CHEMIN, prévenue, et de Robert FAURISSON, partie civile :
Déclare recevable l’offre de preuve d’Ariane CHEMIN ;
Renvoie Ariane CHEMIN et Teresa CREMISI des fins de la poursuite ;
Déclare Robert FAURISSON recevable en sa constitution de partie civile ;
Le déboute de ses demandes en raison de la relaxe prononcée.

En application de l’article 1018 A du code général des impôts, a présente décision est assujettie à un droit fixe de procédure de 127 euros dont est redevable Robert FAURISSON.
et le présent jugement ayant été signe par la présidente et la greffière.