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Monday, January 9, 1989

Est-il normal qu’en France les révisionnistes ne puissent pas tenir de réunion publique ?


Depuis plus de dix ans, je n’ai pas pu tenir en France une seule réunion publique sur le problème historique des chambres à gaz et du génocide. « L’affaire Faurisson » a éclaté en novembre 1978. Pendant plus de dix ans, j’ai été, à l’exemple d’autres révisionnistes français, abreuvé d’outrages par la grande presse, accablé de procès par certaines associations, et victime de multiples agressions physiques. On ne me laisse plus exercer mon métier de professeur d’université parce qu’on se déclare incapable d’assurer ma sécurité. Il est arrivé qu’on saisisse mon salaire. On s’en est pris à ma femme et à mes enfants. Le journal Le Monde répète à satiété que je suis un faussaire, un nazi, un « gangster de l’histoire ». En décembre 1987, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, Pierre Vidal-Naquet a traité les révisionnistes d’«excréments» tandis que Simone Veil les a traités de «clowns». On n’a de scrupule ni à droite, ni à gauche. Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, a déclaré que ma place était en prison. Georges Sarre a déposé une proposition de loi condamnant à une peine d’emprisonnement d’un mois à un an et à une amende de 2.000 à 300.000 F les tenants des thèses révisionnistes.

Encore aujourd’hui, agressions, outrages et procès continuent. 

Récemment, s’est créée une Association pour la défense de la libre recherche historique (ADLRH). Cette association, à laquelle je refuse d’adhérer pour des motifs d’ordre personnel, se donne pour tâche de permettre un débat public sur le problème des chambres à gaz et du génocide. Il importe de noter qu’à deux reprises les instances judiciaires ont déclaré légitime un débat sur ces questions (arrêt Grégoire du 26 avril 1983 et jugement Diet du 16 décembre 1987). 

Peine perdue. L’ADLRH a d’abord voulu tenir une réunion publique le 23 décembre 1988. Dès qu’il l’a su, Le Canard enchaîné a donné l’alerte et c’est ainsi que la salle a été refusée à l’association. 

Quelques semaines plus tard, la même association a retenu une salle pour le 10 février 1989. Cette fois-ci, la LICRA de Jean Pierre-Bloch sonnait l’alerte et publiait une protestation dans Le Monde. Le propriétaire de la salle, devant le flot des menaces (en particulier, des menaces de mort), décidait de retirer la salle. En France, Le Canard enchaîné, Le Monde et la LICRA de Jean Pierre-Bloch ont toujours été à la pointe du combat contre les révisionnistes.

Les antirévisionnistes manifestent une anxiété croissante. Ils redoutent qu’un jour ou l’autre le grand public ne découvre l’existence du « rapport Leuchter », du nom de cet ingénieur américain dont l’étude, présentée devant le tribunal de Toronto les 20 et 21 avril 1988, vient de prouver péremptoirement qu’il n’a pas pu exister de chambre à gaz homicide à Auschwitz, à Birkenau et à Majdanek.

Le 26 avril 1983, la première chambre civile, section A, de la cour d’appel de Paris rendait un arrêt sur ce qu’elle appelait elle-même « le problème des. chambres à gaz ». Considérant le sérieux des travaux de M. Faurisson sur le sujet, elle concluait :

La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson relève DONC de la seule appréciation des experts, des historiens et du public.

Le 16 décembre 1987, la première chambre, 1re section, du tribunal de grande instance de Paris prononçait un jugement sur, disait-elle, « le premier numéro des AHR consacré à [la] négation de l’existence du génocide juif. » Attendu que l’exposé des thèses révisionnistes relevait à ses yeux « de la libre expression des idées et des opinions et d’un débat public entre historiens », elle concluait :

Le Tribunal n’a pas, en l’état, à exercer un contrôle sur une discussion de cette nature.

On se rappellera enfin deux déclarations, bien connues, sur la liberté d’expression :

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. La libre communication des idées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi [1].

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit [2]

Il convient de souligner que, dans ces dernières années et sous l’impulsion de son président, l’avocat Yves Jouffa, la Ligue [française] des droits de l’homme s’est portée en tête de la répression judiciaire et extra-judiciaire contre les révisionnistes.

9 janvier 1989

[1] Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789, articles X et XI. 
[2] Déclaration universelle des droits de l’homme, 10 décembre 1948, article 19.

Tuesday, February 18, 1975

Exposé du préjudice subi


J’estime avoir été insulté et diffamé, à l’occasion de l’exercice de mes fonctions, par le fait d’instances administratives à l’occasion, elles-mêmes, de l’exercice de leurs propres fonctions. Elles m’ont laissé insulter par voie d’affiche sans intervenir si peu que ce fût. Elles ont surtout pris à mon endroit une série de graves décisions qui m’attaquaient dans mon honneur et dans ma délicatesse, qui portent atteinte à ma réputation de professeur et de chercheur et qui, sans préjudice du retentissement possible des effets de ces décisions sur la suite de ma carrière, entravent mon libre exercice de la profession. J’ai été insulté publiquement par voie d’affiche sur le lieu de mes fonctions. J’ai été diffamé en séance publique le 25 juin 1974. J’ai été diffamé par voie de presse, le 5 juillet 1974, par le président de mon université. J’ai été à nouveau diffamé, le 8 octobre 1974, par le conseil de mon UER.

A un article diffamatoire paru dans un magazine de diffusion limitée, la Sorbonne Nouvelle a donné une extension considérable. Par la diffusion du Procès-Verbal de la séance du 25 juin 1974, elle a saisi de l’affaire Faurisson, tout le personnel auxiliaire, technique, ouvrier et de service de « Censier », tous les étudiants, tous les collègues. Des incidents s’en sont suivis sur les lieux mêmes, en juin et en octobre 1974. Des collègues ont pris parti pour ou contre moi. Excipant de la condamnation de la Sorbonne, mon syndicat – auquel j’appartenais depuis vingt-deux ans (SNES d’abord, puis SNESup) – m’a exclu sans même m’entendre. A Lyon, la section syndicale du SNESup a approuvé cette décision, sans m’entendre non plus. Comment d’ailleurs ne pas les comprendre ? Ils supposent, en toute bonne foi, que si le président du Conseil de l’Université de la Sorbonne Nouvelle et son président m’avaient condamné à l’unanimité, ce ne pouvait être qu’en s’entourant de toutes les précautions qui s’imposaient : enquête préalable, audition de l’intéressé, etc. A Lyon, cette condamnation et cette exclusion me valent de la part de jeunes collègues une subite mise en quarantaine. Là encore des incidents – très limités il est vrai – se sont produits.


L’approbation en quelque sorte accordée par le président de la S.N. à Tribune juive-Hebdo a déclenché durant le second semestre de l’année 1974 un véritable tir de la presse française : Le Canard enchaîné (deux fois), Tribune Juive (deux fois encore, dont une pour suggérer mon éviction du SNESup), Le Monde, Le Droit de Vivre, Les Temps Modernes dénonçaient, parfois sans le nommer, parfois en le nommant et en donnant l’adresse de son domicile, ce « professeur à la Sorbonne qui ose mettre en doute l’existence des camps de concentration » (ou : « des fours crématoires », ou : « des chambres à gaz »). Sur la première chaîne de la télévision française, le dimanche 15 septembre 1974, à 14 h, le grand rabbin Kaplan stigmatisait, sans le nommer, ce professeur à la Sorbonne.

J’ai reçu des lettres d’injures (dont une qui fait expressément mention du président de la Sorbonne Nouvelle) et des appel téléphoniques insultants. Ma femme a été prise à partie une fois ; ma fille (qui ignorait alors tout de l’affaire) deux fois. A mon domicile, dans le couloir d’entrée de mon immeuble, quelqu’un avait inscrit : « Faurisson, tu crèveras. »

Avec le souci de distinguer ce qui, dans les attaques dont je suis la cible, est le fait de la presse ou de personnes civiles et ce qui – seul point qui doit m’intéresser ici – est le fait de l’Administration à laquelle j’appartenais, je déclare que :

la Sorbonne Nouvelle, soit dans son Conseil d’université, soit dans son Conseil de Gestion, soit dans telle de ses instances chargées de veiller au bon ordre des choses et à la sécurité des personnes dans l’exercice de leurs fonctions, a gravement manqué à ses obligations administratives et s’est permis, avec une longue persistance dans l’outrage délibéré, de m’infliger un préjudice dont j’ai grandement souffert durant tout le second semestre de l’année 1974 et dont je souffre encore aujourd’hui dans mon travail alors même que je dépends d’une autre université, et dans ma vie privée et celle de ma famille.

18 février 1975

Wednesday, July 17, 1974

"Le Canard enchaîné", 17 juillet 1974 : Défaut d’information


Paris, le 23 mars 1974

à Monsieur le Dr Kubovy 
Directeur du Centre de documentation 
juive de Tel-Aviv

Monsieur,

Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment personnel sur un point particulièrement délicat de l’histoire contemporaine : les chambres à gaz hitlériennes vous semblent-t-elles avoir été un mythe ou une réalité ? Auriez-vous l’obligeance de me préciser éventuellement dans votre réponse quel crédit, selon vous, il convient d’accorder au « document Gerstein » à la confession de R. Hüss [Höss], au témoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer ?) et, d’une façon générale, à ce qui s’est écrit, de ce point de vue, sur Auschwitz, sur ce gaz Zyklons B [Zyklon B], sur le sigle « N.N. » (« Nacht und Nebel » ou « Nomen Nescia » ? [Nescio]) et sur la formule de « solution finale » ?


Votre opinion sur la possibilité d’existence de ces chambres a-t-elle varié depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourd’hui ce qu’elle était il y a vingt-neuf ans ?

Je n’ai pu, jusqu’à présent, découvrir de photographies de chambres à gaz qui paraissent présenter quelque garantie d’authenticité.


Cette lettre, qu’on hésite de qualifier de « sérieuse », a été publiée par le quotidien israélien Yediot Aharouot [Aharonot] dans son numéro du 26 mai dernier. Elle a pour auteur un nommé Faurisson qui dispense son enseignement à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines (Centre Censier, Paris). Chargé de commenter cet ahurissant poulet, l’écrivain Haim Gouri finissait par admettre, avec un humour féroce, que si, en 1974, un professeur de la Sorbonne pouvait encore douter de l’existence des camps de la mort, et poser au directeur du Centre de la documentation juive de Tel-Aviv la question de savoir si, au sujet de ceux-ci, son opinion restait aujourd’hui ce qu’elle était il y a vingt-neuf ans, ce ne pouvait être que par défaut d’information.

Il est vrai qu’on a si peu évoqué les joyeusetés de la « solution finale », qu’il est permis à un Sorbonnard de s’interroger sur cette vague formule. Et qu’est-ce que c’est, Auschwitz ? Ce gaz zyklone ? Ce document Gerstein ? Et ces chambres à gaz, dont on ne peut découvrir de photographies qui paraissent présenter quelque garantie d’authenticité ?

Faute de culture et de lecture, M. le professeur Faurisson pourrait peut-être aller faire du tourisme en Allemagne, du côté d’Auschwitz, où on peut les « visiter » ces chambres à gaz.


[Publié dans Le Canard enchaîné, 17 juillet 1974.]