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Monday, December 11, 1989

Identités successives du ghetto-boy, de 1960 à 1982 :


1. David Rabinovitch, Paris-Match, 23 avril 1960, p. 22 ; il serait mort ; 
2. David X..., in programme du cinéma bruxellois « Arenberg » (17 mars 1961) pour le film Opération Eichmann ; présenté comme devant témoigner au procès Eichmann (1961) ; 
3. Arthur ou Artek Chimiontek ou Chmontiak, Le Soir (de Bruxelles), 4 août 1978 ; il serait mort en déportation ; il est parfois appelé, à tort, à mon avis, Arthur Domb (nom de sa tante) ; 
4. Anonyme (plus tard, se révélant être Israël ou Izzy Rondel), The Jewish Chronicle, 11 août 1978, p. 1-2. Il vivrait à Londres ; 
5. Dr [Tsvi C.] Nussbaum, The New York Times, 28 mai 1982, p. B1-B2. Il est aujourd’hui oto-rhino-laryngologiste à Rockland, N.Y.

11 décembre 1989

Saturday, November 15, 1980

Vérité historique, vérité humaine


Dans mon article du Monde (29 décembre 1978, p. 8) intitulé : « Le problème des "chambres à gaz" ou "la rumeur d’Auschwitz"», j’écrivais : « L’inexistence des "chambres à gaz" est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité. Une bonne nouvelle qu’on aurait tort de tenir plus longtemps cachée. »

C’est avec soulagement et non avec indignation qu’on devrait recevoir la nouvelle que des millions d’êtres humains qu’on croyait avoir été assassinés dans des conditions atroces ont survécu à la guerre. En particulier, beaucoup plus de juifs qu’on ne le croit généralement ou bien ne sont pas allés en camps de concentration ou de travail forcé (c’est le cas pour les trois quarts des juifs de France) ou bien y sont allés mais en sont revenus.

On trouvera ci-dessous l’exemple de trois bonnes nouvelles qui constituent trois révisions de la thèse officielle par des juifs eux-mêmes. 

Viennent ensuite deux textes qui sont, pour chacun d’eux, significatifs de leur époque. Le premier date de 1946. Il montre qu’une littérature prétendument antinazie ne fait que reproduire et illustrer les mécanismes mentaux et les fantasmes de la pire propagande antisémite. Ces mécanismes sont toujours à l’œuvre ; seuls le sujet et l’objet en ont été intervertis. Le dernier texte date de 1980. Il donne à espérer que le délire d’une époque touche à sa fin et que nous serons peut-être un jour débarrassés d’un nazisme fantasmatique qui infecte toute la pensée contemporaine. Paradoxalement le délire antinazi alimente un certain goût pour les idées nazies.

Ce délire n’est pas spécifique aux juifs, il est universel. Il n’a pas été produit plus particulièrement par les juifs. Il se trouve simplement qu’au lendemain de la guerre effroyable de 1939-1945, les appareils judiciaires américain, britannique, français et soviétique ont authentifié ce qui n’était probablement à l’origine qu’une rumeur obsidionale reprise par la propagande de guerre. Après le cataclysme de la guerre, il fallait réinventer le Diable ; il s’agissait là d’un besoin général, commun à la société des vainqueurs. Il serait d’autant plus absurde de reprocher aux juifs d’y avoir cru que tout le monde y a cru, y compris le peuple allemand dans son ensemble, et la grande majorité des ex-dirigeants nazis.

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Il ne faut pas jouer avec les chiffres. Ils ont leur importance. Il ne faut ni grossir, ni minimiser le nombre des morts de la seconde guerre mondiale. Le chiffre des six millions de morts juives ne repose sur rien de sérieux. Le nombre exact des morts juives peut très bien être déterminé. Il se trouve simplement que trente-cinq ans après la guerre, on n’a toujours pas déterminé ce nombre. Il y a déjà quinze ans, on pouvait lire dans le supplément du Patriote Résistant (Histoire d’un crime. L’impossible oubli. Pourquoi) cette remarque qui garde aujourd’hui toute sa valeur (p. 98) :

Lorsque les générations nouvelles qui ne manquent pas déjà, et ne manqueront pas demain, de s’interroger sur l’effroyable tragédie, poseront la question de savoir combien d’êtres humains ont été déportés, combien sont morts, il serait dérisoire de devoir leur répondre qu’à l’époque des ordinateurs électroniques, au moment où la statistique est en train de devenir une science exacte, personne n’a été capable de dresser un bilan de quelque valeur.

Un homme qui disparaît laisse derrière lui des traces de son existence. Ces traces sont nombreuses dans le cas des juifs ou des déportés. Il faut un cataclysme comme celui de Dresde, bombardée par les Anglo-américains, pour que le nombre exact des victimes en un lieu donné devienne très difficile à établir. Encore les victimes de Dresde peuvent-elles, dans les statistiques, se retrouver sur la liste des « personnes disparues » vers février 1945. Je prétends que nous possédons depuis longtemps tous les moyens désirables pour établir le nombre exact, ou à peu près exact, des juifs morts par tous faits de guerre de 1939 à 1945. Même s’il existe dans la communauté juive des individus qui se sont détachés d’elle, il n’empêche que cette communauté tisse de forts liens entre ceux qui la compose, ou la composait autrefois, et cela d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre et aussi d’un bloc politique à l’autre, entre l’Est et l’Ouest. Le document qu’on va lire prouve qu’une simple enquête menée par des particuliers, avec toutes les imperfections et les difficultés d’une entreprise conduite par des profanes et non des professionnels de la recherche officielle, peut donner d’excellents résultats. Ce document est une dépêche de l’Associated Press de novembre 1978. Le State-Times, de Baton Rouge (Louisiane), l’a publiée le 24 novembre 1978, p. 8, dans sa version intégrale, que nous reproduisons ici, tandis que le San Francisco Chronicle en a donné une version tronquée de sa fin, dans son numéro du 25 novembre 1978, p. 6 (partie mise ci-dessous entre crochets) :


Des survivants des camps de la mort de Hitler tiennent 
une réunion à Los Angeles

Los Angeles (Associated Press). – Autrefois les Steinberg florissaient dans un petit village juif de Pologne. C’était avant les camps de la mort de Hitler. Voici qu’un vaste groupe de plus de deux cents survivants et leurs descendants sont ici réunis pour participer ensemble à une célébration spéciale de quatre jours qui a opportunément commencé le jour d’Action de Grâce (Thanksgiving Day). Des parents sont venus jeudi du Canada, de France, d’Angleterre, d’Argentine, de Colombie, d’Israël et d’au moins treize villes des États-Unis. « C’est fabuleux », a dit Iris Krasnow, de Chicago, « Il y a ici cinq générations qui vont de trois mois à quatre-vingt-cinq ans. Les gens pleurent et passent un merveilleux moment. C’est presque comme une réunion de réfugiés de la seconde guerre mondiale. » Sam Klaparda de Tel Aviv était stupéfait par un vaste arbre généalogique installé dans le salon de l’hôtel Marriott de l’aéroport international de Los Angeles. « C’est fantastique... ce que je peux avoir de parents », dit-il. L’idée du pèlerinage provenait de Joe et Gladys Steinberg de Los Angeles. Ils s’étaient assuré l’aide de plusieurs parents, dont une belle-fille, Elaine Steinberg, pour leur recherche des membres de la famille. « Ce qui nous a d’abord incités à la recherche des gens de la famille, c’est d’avoir vu Racines (Roots) », dit Mme Steinberg. Ce feuilleton de télévision reconstituait l’histoire de la famille de l’écrivain Alex Haley, retracée, en remontant dans le temps, de l’époque de l’esclavage aux États-Unis jusqu’en Afrique. « Puis, après Holocaust (autre feuilleton de télévision), nous y sommes vraiment allés à fond », dit-elle. La branche de la famille vivant à Los Angeles a recherché des informations auprès des cousins et par des annonces dans des journaux juifs à travers le monde. Trouver des membres de la famille n’a pas été facile. « Des centaines, a dit Mme Steinberg, ont été anéantis dans l’holocauste de Hitler. » Les racines des Steinberg se trouvaient dans le village de Skarseika-Kamiena, en Pologne, avant la seconde guerre mondiale. « Il en reste très peu là-bas maintenant, dit Joe Steinberg. Pour certains, c’est réellement tout à fait extraordinaire parce qu’ils ne pensaient pas qu’il leur restait de la famille. » Tel était le cas d’Arthur Steinberg, architecte à Houston, et de sa sœur Rosslyn, de New York. Ni l’un, ni l’autre ne pensait qu’aucun membre de leur famille avait survécu au fléau d’Hitler. Les Steinberg ont ingurgité vingt-trois dindes à leur dîner de Thanksgiving, puis ils ont commencé un week-end de vacances qui allait comprendre visite de la ville, tournois de ping-pong, de backgammon et de bridge, un dîner dansant le samedi soir, ainsi que des séminaires consacrés à des films d’amateurs, aux questions de santé, aux affaires de crédit, de biens immobiliers, de planning financier et de travaux d’artisanat.

[Pour la mère d’Iris Krasnow, Hélène, qui avait quitté la Pologne pour la France, puis pour les États-Unis, c’était un joyeux événement. « Je pleure, dit-elle, je ne peux croire que tant de personnes ont survécu à l’holocauste. Il y a ici tant de vie – une autre génération. C’est magnifique. » « Si Hitler apprenait cela, il se retournerait dans sa tombe ». dit-elle.]


L’enfant du ghetto de Varsovie : symbole du « génocide »

S’il faut en croire le Jewish Chronicle [1], cet enfant a survécu à la guerre et, devenu aujourd’hui un homme très riche, il vit dans la banlieue de Londres avec son père, sa mère et quatre enfants. Un jour de 1941, à Varsovie, il avait été arrêté avec tout un groupe de juifs portant des ballots ; l’armée allemande avait procédé ce jour-là à des fouilles et à des contrôles en prévision de l’arrivée dans la capitale polonaise d’une importante personnalité allemande. L’enfant avait été amené au poste de police. Sa mère qui, elle, n’avait pas été arrêtée, s’inquiétant de l’absence de son enfant, était allée en informer le poste de police et c’est ainsi que son fils lui avait été rendu. La seconde photo est censée représenter le même enfant, photographié quelques années plus tard en U. R. S. S., où il était allé se réfugier. « L’enfant du ghetto » est assez souvent présenté dans les légendes photographiques comme un enfant pris par les Allemands en avril-mai 1943, lors de l’insurrection du ghetto de Varsovie, et amené vers Treblinka et asphyxié dans une « chambre à gaz ».

Simone Veil

Le CDJC (Centre de documentation juive contemporaine) de Paris affirme, comme tous les autres centres de recherches du même genre, que le fait de ne découvrir dans les énormes archives du camp d’Auschwitz aucune trace d’un détenu signifie que ce détenu a été gazé dès son arrivée. C’est ainsi que le CDJC a établi de longues listes de juifs de France (français, étrangers ou apatrides) qui sont censés avoir été gazés à Auschwitz. Prenons, par exemple, le convoi n° 71, lequel est arrivé à Auschwitz le 16 avril 1944. Toutes les femmes de ce convoi ont été, nous dit-on, gazées le jour même de leur arrivée. Parmi elles figurait le nom d’une certaine Simone Jacob, née le 13 juillet 1927 à Nice. Or, cette jeune fille est bel et bien revenue vivante en France ; par son mariage elle est devenue Simone Veil et elle préside aujourd’hui le parlement européen. Bien d’autres femmes de ce convoi, comptabilisées de la même façon comme « gazées », ont survécu à la déportation. Serge Klarsfeld s’est récemment avisé des formidables erreurs de comptabilité (et, surtout, dirons-nous, de méthode) commises par le CDJC ; il les signale honnêtement dans son Mémorial de la déportation des juifs de France (1978), du moins pour quelques milliers de cas. Pour vérifier ce que je dis là du cas de Simone Veil, il faut consulter deux sources : 1° pour le sort du convoi n° 71, la livraison n° 7 (1964) des Hefte von Auschwitz, à la page 88 ; 2° pour la présence de Simone Jacob dans ce convoi, la colonne de gauche de la page 519 du Mémorial.


Antinazisme de sex-shop (1946)

Voici une page caractéristique de l'antinazisme de sex-shop. Elle date de 1946. Aujourd'hui encore, même des ouvrages universitaires réputés sérieux sont infectés par ce type d’incitation à la haine et ce genre de fabulation.


« PAPA, ENCORE UNE FOIS, JE T’EN PRIE ! » 

Un rapport de la Commission d’État extraordinaire, chargée d’enquêter sur les crimes commis par les nazis, les fascistes et leurs complices à Lwow, en Ukraine soviétique, déclare que les Allemands majeurs massacraient les habitants juifs majeurs, tandis qu’ils livraient les enfants et les nourrissons aux Jeunesses hitlériennes. Les assassins étaient eux-mêmes des enfants et portaient encore des shorts. Aussi se sentaient-ils très obligés envers leurs aînés qui leur abandonnaient les petites victimes et les laissaient jouer au football avec les nourrissons juifs avant de les achever, ou bien les jeter en l’air pour les viser comme dans un tir aux pigeons. 

Wilhaus, le commandant du camp de concentration de Yanowska, à Lemberg, avait une fillette trop jeune pour faire partie du Jungvolk ; elle avait neuf ans. Elle ne pouvait encore ni jouer à football, ni tirer, mais elle aimait déjà à voir couler le sang. Son père l’adorait et ne manquait aucune occasion de lui faire plaisir. Comme le commandant habitait une maison dont le balcon donnait sur le camp, il avait l’habitude de tirer sur les détenus qui passaient à portée de son fusil. L’enfant assistait à ces scènes et comptait les coups. Le rapport cité plus haut dit que Wilhaus se fit apporter un jour deux enfants de quatre ans pour les précipiter de son balcon et les tirer en l’air. L’enfant applaudissait en criant : « Encore une fois, papa, je t’en prie, encore une fois ! »

A ce moment-là, il y avait encore des enfants à Lwow. Les petits hitlériens pouvaient à loisir assouvir leur besoin de spectacles sadiques.

(J. Gottfarstein, L’École du meurtre) 


Apologue révisionniste (1979) 

J’ai conté à mes élèves des anecdotes de la guerre, en les déformant à notre avantage. J’ai stimulé leur propension à ne retenir que le pire, leur tendance à généraliser et leur humaine paresse à tout critiquer. J’ai polarisé sur l’Allemand seul leur potentiel de haine et de cruauté.

Pédagogue, j’ai collaboré à la rédaction du dernier chapitre de l’histoire de France : je n’y ai retenu que ce qui pouvait charger le vaincu et glorifier le vainqueur, en masquant le rôle parfois douteux, de certains Alliés.

Je dois dire que non seulement l’Université ne m’a jamais reproché mes violentes inexactitudes, mais, au contraire, m’a manifesté sa haute satisfaction en me décorant et en me donnant l’avancement que dix ans de dévouement et de conscience professionnelle n’avaient jamais réussi à me valoir.

Ethnologue, j’ai soutenu des thèses inacceptables et j’ai poussé le ridicule en portant le divorce fondamental franco-allemand sur le plan biologique : j’ai même imaginé pour des revues de vulgarisation scientifique (?), le témoignage du Dr Woybosczek (un nom qui me vint comme ça) qui, pour avoir disséqué trois mille cinq cents cadavres de soldats allemands, aurait été en mesure d’affirmer que le déséquilibre thyroïde-surrénales était énorme chez ces sujets, alors qu’il était infime chez les Français. Or tout le monde sait que le déséquilibre thyroïde-surrénales est la cause de la férocité chez les animaux.

Ainsi la cruauté teutonne se trouvait étalée sur le marbre des morgues, irréfutablement.

Oui, j’ai fait cela, Walther.

Et je dois dire, à ma grande confusion, que tout cela a très bien pris auprès du peuple qui se dit le plus intelligent de la terre et que vous aimez tant. Oui, les Français m’ont cru. J’en suis décontenancé. [...] 

(Henri Vincenot, Walther, ce boche mon ami.


Il s’agit là d’un personnage de roman.

Toute ressemblance avec des universitaires ayant réellement existé serait fortuite.


__________
[1] 11 août 1978, p. 1-2.

Monday, December 31, 1979

Le « ghetto-boy » et Simone Veil : deux symboles de l’imposture du génocide ?


Le ghetto-boy a été retrouvé en 1978. Il n’a nullement été assassiné par les Allemands dans un prétendu « camp d’extermination ». Il vit à Londres avec son père et sa mère. Il est richissime. Ce « ghetto-boy » était devenu un symbole : le symbole d’un prétendu « génocide » du peuple juif. Il va de soi que, s’il devait rester un symbole, ce ne pourrait plus être que le symbole de l’imposture du « génocide ».

Le cas de Simone Veil est tout à fait semblable, quoique dans un sens inverse de celui du ghetto-boy de Varsovie. Simone Veil, elle aussi, est très riche. Elle jouit apparemment d’une santé florissante. Elle a longtemps été notre ministre de la Santé. Elle est devenue présidente du Parlement européen. On nous rappelle avec insistance qu’elle a été internée à Auschwitz. Mais ce que l’on nous cache, c’est qu’elle est... morte à Auschwitz. Elle a été gazée à Auschwitz-Birkenau le 16 avril 1944. Elle fait officiellement partie de l’immense cohorte des (faux) morts et des (faux) gazés du camp d’Auschwitz. Elle est, elle aussi, à sa façon, un symbole de l’imposture du « génocide ».

Simone Veil n’a pas de responsabilité personnelle dans le fait que des historiens, plus soucieux de propagande que de vérité, aient fabriqué de longues listes de prétendus gazés dans lesquelles son nom de jeune fille (Simone Jacob, née le 13 juillet 1927 à Nice) figure parmi les noms d’autres femmes ou jeunes filles qui, elles non plus, en réalité, n’ont pu être gazées le 16 avril 1944. En revanche, le ghetto-boy a une responsabilité personnelle, sinon dans la création de sa légende, du moins dans la persistance et dans le succès de cette légende. Ce n’est que contraint et forcé qu’il a révélé le pot aux roses. Trop de gens s’étaient mis à exploiter le filon, notamment en Israël, et se vantaient d’avoir connu de près le ghetto-boy. L’intéressé avait donc dû, à la longue, rappeler son existence et son identité.

Le ghetto-boy est ce tout jeune garçon à casquette qu’on voit lever ses petits bras en l’air sous la menace des armes des soldats allemands. La photo a fait le tour du monde. Les textes de présentation de cette photo sont variables mais tous donnent à entendre que la scène s’est déroulée lors de l’insurrection du ghetto de Varsovie vers avril-mai 1943 et l’on nous dit – ou bien on nous laisse entendre – que cet enfant et le groupe de juifs qui l’entourent ont été conduits vers un « camp d’extermination ». Or, la réalité aurait été toute différente. A en croire le Jewish Chronicle, c’est en 1941 que se situait la scène [1]. L’enfant (et tout le groupe qui l’entourait, portant des sacs ou des ballots) avait été surpris par des soldats allemands en train d’effectuer une opération de police déclenchée à l’occasion de la venue à Varsovie d’une importante personnalité nazie. « J’étais un voleur de première force ; je volais pour survivre », devait déclarer au Jewish Chronicle l’ex-ghetto-boy. L’enfant avait été conduit au poste de police. Sa mère, qui n’avait pas assisté à la scène de l’arrestation et qui se demandait ce que son fils était devenu, était allée le réclamer au poste de police. L’enfant lui avait alors été remis par la police allemande.

A côté des vrais résistants, des vrais déportés, des vrais médaillés, des vrais morts ou assassinés, il existe des cohortes entières de faux résistants, de faux déportés, de faux médaillés, de faux morts ou assassinés. L’historien se doit de vérifier cas par cas toutes les listes de héros ou de victimes qu’on lui présente. Il ne doit accueillir qu’avec circonspection des phrases du genre de : « Toute ma famille a disparu. » Il doit exiger les identités complètes de ces disparus et vérifier, cas par cas, s’il y a lieu d’accuser les Allemands. Avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui et, en particulier, avec les ordinateurs, ce travail de recherche est tout à fait possible.

Mais d’ores et déjà nous possédons pour les juifs déportés de France – qu’il s’agisse de juifs français ou étrangers – d’un document précieux : Le Mémorial de la déportation des Juifs de France rédigé par Me  Serge Klarsfeld, édité et publié par Beate et Serge Klarsfeld en 1978 à Paris. Ce livre qui coûte cent vingt francs est de six cent cinquante-six pages de format 21 x 29,5 cm ; comme ses pages ne sont pas numérotées, je le citerai ici d’après ma propre pagination. L’auteur de ce gros ouvrage est résolument exterminationniste. Il cautionne les positions les plus contestables de l’histoire officielle. Il travaille au CDJC de Paris (Centre de documentation juive contemporaine) dans le même esprit qu’un Georges Wellers. Je ne relèverai pas ici, mais seulement dans une étude à venir, les manipulations auxquelles Me Klarsfeld n’a pas craint de se livrer. Le titre de l’ouvrage est à lui seul fallacieux. Il donne à entendre – et c’est bien ainsi qu’il a été présenté à sa sortie – que ce livre est un « annuaire de la mort » alors qu’en réalité il s’agit de listes de personnes qui ont fait partie de convois ferroviaires à destination principale mais non exclusive des camps de concentration, et cela du début à la fin de la déportation des juifs de France, c’est-à-dire de mars 1942 à août-septembre 1944. Mais laissons ces points de côté et sachons que, derrière le tapage publicitaire qui a accueilli ce gros livre, on se trouve devant une pièce qui marquera une date importante dans l’histoire véridique de la déportation. Cette date de 1978 me paraît presque aussi capitale que celle du 19 août 1960. C’est ce jour-là, on le sait, que l’hebdomadaire Die Zeit publiait l’extraordinaire « rétractation » du Dr Martin Broszat. Ce membre éminent de l’Institut d’histoire contemporaine de Munich, exterminationniste convaincu, confiait piteusement à Die Zeit qu’il n’avait pas fonctionné une seule « chambre à gaz » sur tout le territoire de l’Ancien Reich.

L’histoire est ainsi faite. Elle conduit à réviser ce que la foule croit acquis une bonne fois pour toutes. Son essence est d’être révisionniste.

Qu’il l’ait voulu ou non, le livre de Me Klarsfeld nous permet d’établir de longues listes de faux gazés avec, presque à chaque fois, nom, prénom, date et lieu de naissance, date et lieu de départ du convoi, date et lieu d’arrivée du convoi.

Il faut lire avec attention les pages neuf à douze du Mémorial. On y découvre que les chiffres de « gazés » pour chaque convoi ont été mis au point, non pas, comme on aurait pu le penser, par les autorités du musée national d’Auschwitz en Pologne, mais par les autorités du CDJC de Paris. L’origine des manipulations dont je vais donner quelques exemples est à chercher non pas du côté des communistes polonais mais du côté de juifs français dont l’organisme fonctionne en partie avec l’argent du contribuable français que lui verse le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ce n’est pas que les communistes polonais aient été dupes de ces chiffres puisque le mécanisme de leur détermination a été manifestement le même pour tous les pays. Ils ont sans vergogne « fabriqué » des gazés sans nous révéler leurs modes de calcul. Il semble qu’en gros ce calcul ait été le suivant : on a comptabilisé comme « gazés » les déportés qui auraient dû arriver à Auschwitz mais qui n’y sont pas arrivés ; on a également baptisé comme « gazés » les déportés qui, arrivés à Auschwitz, n’y ont pas été immatriculés. Nous allons voir comment les manipulateurs ont été ainsi amenés à commettre de fatales erreurs que Me Klarsfeld, prenant les devants de la critique révisionniste, a lui-même relevées. Notons toutefois que ce dernier ne nous révèle pas plus que ses devanciers comment il a procédé pour faire ses propres comptes de « gazés », car, bien entendu, tout en réduisant sensiblement le nombre des « gazés », Me Klarsfeld maintient qu’on gazait à Auschwitz. Notons enfin le curieux mode de calcul qu’il a employé pour déterminer, parmi l’ensemble des déportés juifs de France, le nombre des survivants et celui des morts. Me Klarsfeld nous demande de considérer comme morts tous les juifs qui ne sont pas revenus en France tout de suite après la guerre pour s’y déclarer vivants! Pris de scrupule, il est tout de même allé consulter les archives belges pour voir si des juifs déportés de France ne s’étaient pas, après la guerre, installés en Belgique. Or, quand on sait que la très grande majorité des juifs déportés de France étaient des étrangers, on ne voit pas pourquoi ces gens seraient revenus après la guerre dans un pays qui les avait livrés aux Allemands. Me Klarsfeld aurait pu étendre ses recherches à une bonne dizaine de pays étrangers. Le Service international de recherches d’Arolsen lui aurait certainement permis de dépister bien des juifs survivants dans ces pays-là. Pour commencer, Me Klarsfeld aurait pu préciser à ses lecteurs qu’il avait systématiquement accordé la nationalité française à tous les enfants nés en France de parents étrangers. Si une législation souhaitée par Me Klarsfeld fait de ces enfants-là des citoyens français, il se trouve qu’à l’époque ce n’était pas le cas pour la législation en vigueur : aux yeux d’une loi française qu’on peut déplorer ou critiquer, ces enfants étaient des étrangers.

La guerre a pris fin le 8 mai 1945. Me Klarsfeld considère comme morts les juifs, étrangers pour la très grande majorité d’entre eux, qui ne sont pas revenus en France se déclarer vivants, au plus tard le 31 décembre 1945 ! C’est se moquer. Pour commencer, on se demande pourquoi ces gens seraient venus se déclarer vivants au ministère des Anciens Combattants qui ne tenait officiellement aucune liste de «survivants» et ne demandait donc pas qu’on aille frapper à sa porte pour y compléter sa liste officieuse. Ensuite, si je comprends bien Me Klarsfeld, toute personne qui serait passée au ministère à partir du début de janvier 1946 pour s’y déclarer vivante serait comptée comme morte dans les listes du Mémorial. Ce type de comptabilité surprend d’autant plus que, depuis trente-cinq ans, ce ministère tient liste ouverte de tous ceux qui, chaque année, se réveillent d’un long engourdissement pour demander à être enregistrés comme anciens déportés politiques ou résistants, soit en leur propre nom, soit pour un ayant-droit ; ces étranges retardataires sont accueillis, leur cas est examiné et, si leur dossier est reconnu valable, les associations d’anciens déportés les reçoivent avec plaisir dans leur sein. Quand on voit que, malgré d’importants intérêts financiers, des gens attendent trente-cinq ans pour signaler leur existence aux pouvoirs publics, on se doute que beaucoup d’hommes et de femmes ont négligé de se faire porter sur des listes officieuses où leur inscription ne leur apportait aucun avantage d’aucune sorte.

Le Mémorial permet d’établir de longues listes de faux gazés. Je répète qu’il s’agit de faux gazés au point de vue même de Me Klarsfeld. Mais un complément au Mémorial est nécessaire pour certaines vérifications. Il s’agit des Cahiers d’Auschwitz. Ces Cahiers sont publiés en polonais, en russe et en allemand. En allemand, ils portent le titre de Hefte von Auschwitz. Je les désignerai ici sous le titre de Hefte que je ferai suivre du numéro de tomaison, du chiffre de l’année de parution et du numéro de page. Il s’agit d’une publication réputée scientifique et de caractère officiel, émanant du musée d’Oswiecim (nom polonais d’Auschwitz). Six numéros de ces Hefte sont particulièrement précieux ; ils contiennent le «calendrier des événements du camp de concentration d’Auschwitz». Ce calendrier a demandé de longues années de travail. On s’y reporte couramment pour savoir la provenance et le sort des convois de déportés de tout pays. A vrai dire, l’esprit de propagande y est presque toujours présent et seules ont été triées les informations propres, dans l’esprit des communistes polonais, à charger les « fascistes allemands ». On a, d’autre part, la surprise d’y voir noter la plupart du temps le nombre des « gazés » à l’unité près, mais nous ne reviendrons pas sur ce point. Nous nous contenterons d’en relever les anomalies signalées par Me Klarsfeld lui-même.

Voici trois types d’anomalies dont la responsabilité première incombe au CDJC de Paris et la responsabilité seconde au musée d’Oswiecim :

1) convois de pure fiction avec « gazés » fictifs ; 
2) convois dirigés ailleurs que sur Auschwitz avec « gazés »
fictifs ; 
3) convois réellement parvenus à Auschwitz avec vrais « gazés »
et « gazés » fictifs. 

Je me contenterai de quelques exemples de ces trois anomalies :

1) Convois de pure fiction avec, par conséquent, gazés de pure fiction :

– convoi du 24 juin 1943, Hefte n° 4, 1961, p. 109, 509 gazés fictifs ;
– second convoi du 28 oct. 1943, Hefte n° 6, 1962, p. 74, 728 gazés fictifs ;
– second convoi du 20 janv. 1944, Hefte n° 7, 1964, p. 75, 749 gazés fictifs.

                        Total : 1 986 gazés fictifs.

Pour ces convois on se reportera notamment aux pages 10 et 470 du Mémorial. On pourrait ajouter encore le convoi « arrivé » fictivement à Auschwitz le 28 mars 1943 et comptant mille gazés fictifs ; voyez Hefte n° 4, 1961, p. 86, et le Mémorial, p. 416.

2) Convois dirigés ailleurs que sur Auschwitz et, par conséquent, non gazés :

convoi parti de Drancy le 4 mars 1943, Hefte n° 4, 1961, p. 80, ainsi que le Mémorial p. 386-389, 1 000 gazés fictifs ;
– convoi parti de Drancy le 6 mars 1943, Hefte n° 4, 1961, p. 81, ainsi que le Mémorial, ibid., 1 002 gazés fictifs ;
convoi parti de Drancy le 15 mai 1944, Hefte n° 7, 1964, p. 95, ainsi que le Mémorial p. 53, 1 410 gazés fictifs.

Le raisonnement tenu par nos « historiens » officiels semble avoir été le suivant : « Puisque ces convois sont bien partis de Drancy et puisque, d’autre part, on ne trouve pas trace de leur arrivée à Auschwitz, c’est qu’ils ont été intégralement gazés.» En réalité, les personnes des deux premiers de ces convois étaient descendues en gare de Cholm pour rejoindre le camp de Majdanek, tandis que celles du troisième de ces convois étaient dirigées pour partie sur Kaunas (Lituanie) et pour partie sur Reval (aujourd'hui Tallinn, Estonie). D’une façon générale, il faut voir à la page 12 du Mémorial comment des milliers d’autres personnes ont été comptabilisées comme gazées parce qu’au lieu d’être sélectionnées pour le travail à Auschwitz elles l’avaient été à Cosel (Koźle), ville située à cent vingt kilomètres d’Auschwitz !

3) Convois avec, pour Me Klarsfeld, « vrais gazés » et « gazés fictifs » :

– convoi du 13 avril 1944, Hefte n° 7, 1964, p. 88, ainsi que le Mémorial p. 509 ;
– convoi du 20 mai 1944, Hefte n° 7, 1964, p. 80, ainsi que le Mémorial p. 531.

Dans ce type de convois, les Hefte ont commis la fatale erreur de décréter qu’hommes et femmes avaient été gazés à l’exception d’un nombre donné d’hommes, d’où ils déduisaient que toutes les femmes avaient été gazées. En conséquence, on n’aurait dû trouver aucune survivante de ces convois. Or Me Klarsfeld a bien dû se rendre à l’évidence et constater que les survivantes ne manquaient pas, à en juger simplement par les listes minimales et minimisantes qu’il avait en sa possession.

En bonne logique, Me Klarsfeld aurait dû conclure que pour ces convois les statistiques de gazage n’avaient aucune valeur. En effet, prenons l’exemple du premier de ces convois. Voici ce qu’en disent les Hefte :

Transport du camp de Drancy, mille cinq cents juifs. Après la sélection, cent soixante-cinq hommes [en allemand : Männer] ont été remis au camp comme détenus ; ils ont reçu les numéros 184 097 à 184 261. Les autres gens ont été gazés [en allemand : Die Übrigen wurden vergast].

Me Klarsfeld fait, à la page 509 de son Mémorial, le commentaire suivant :

Le « calendrier » d’Auschwitz ne mentionne aucune femme sélectionnée mais cela est inexact, car en 1945 on comptait soixante-dix femmes survivantes de ce convoi.

A ces soixante-dix femmes Me Klarsfeld est bien obligé d’ajouter Simone Jacob, devenue célèbre sous le nom de Simone Veil. Autrement dit, voilà nos comptables de gazages pris soixante-et-onze fois en flagrant délit d’erreur. Comment leur accorder la moindre confiance pour le reste ? Et d’où vient que Me Klarsfeld ne pose pas ici publiquement la question qui s’impose et qu’on peut formuler ainsi :

Mais, enfin, d’après quel critère les juifs de Paris et les Polonais d’Oswiecim ont-ils déterminé le nombre des gazés ? Et, pour commencer, comment ont-ils fait pour attribuer la mention de « gazé », ne serait-ce qu’à un seul déporté ?

Car les formidables « erreurs » commises en ce qui regarde les déportés juifs de France, il n’y a aucune raison qu’elles n’aient pas été aussi commises pour tous les autres déportés.


Les listes de déportés sont nominales. Les listes de « gazés » devraient l’être aussi puisque l’on se permet de donner le nombre des « gazés » à l’unité près, le plus souvent.

Me Klarsfeld a publié la liste nominale des déportés juifs de France. D’un trait de plume infiniment discret il a signalé à ses lecteurs les noms des survivants ou plus exactement les noms de ceux auxquels, avec une extraordinaire parcimonie, il a accordé la mention de « survivants ». Il lui reste pour la prochaine édition de son ouvrage à marquer d’un signe quelconque les noms des déportés qui, d’après lui, ont été « gazés ». Et, bien entendu, il nous ferait savoir d’après quelles preuves vérifiables il se permet d’accuser les Allemands d’avoir commis le crime affreux de gazer telle ou telle personne.

Me Klarsfeld a le mérite d’avoir corrigé ce qu’il appelle les « erreurs » du CDJC de Paris et celles du musée d’Oswiecim. Mais il faut être clair sur ce point. Me Klarsfeld a corrigé seulement les « erreurs » – la foule des « erreurs » – qu’il ne pouvait pas ne pas corriger. Il a, comme on dit, « limité les dégâts ». Il est, en effet, trop évident que, si un convoi n’a pas existé, ce convoi n’a pu avoir de « gazés ». De la même façon, si un convoi est allé ailleurs qu’à Auschwitz, ce convoi ne risque pas d’avoir été « gazé » à Auschwitz. Enfin, si des personnes officiellement considérées comme « gazées » réapparaissent bien vivantes, en chair et en os, comme, par exemple, Mme Simone Veil, c’est apparemment qu’elles n’ont pas du tout été tuées en « chambre à gaz ». Il est dommage pour nos historiens officiels qu’ils aient commis l’étourderie d’écrire à propos de tel convoi :

Mille cinq cents juifs [...] cent soixante-cinq hommes remis au camp comme détenus [...] les autres gens ont été gazés.


Il suffisait dans ce cas de retrouver parmi les survivants une ou plusieurs femmes pour que l’« erreur » se découvre. Il aurait mieux valu pour ces historiens se ménager une porte de sortie en prévoyant pour chaque envoi deux lots d’hommes (les sélectionnés et les « gazés ») et deux lots de femmes (les sélectionnées et les « gazées »). C’est d’ailleurs ce qu’ils ont presque toujours fait. Le système a du bon. Il permet, si l’on découvre après la guerre des survivants de tel ou tel convoi, d’inclure automatiquement et rétroactivement ces miraculés parmi... les sélectionnés. Rien de plus simple : si l’ancien déporté est mort, c’est qu’il a été enregistré comme « gazé » et, si l’ancien déporté est vivant, c’est qu’il a été enregistré comme « sélectionné pour le travail ».


Résumé du cas particulier de Simone Veil


A la page 519 du Mémorial de la déportation des juifs de France de Me Klarsfeld, on découvre dans la colonne de gauche le nom de Simone Jacob, née le 13 juillet 1927 à Nice. Cette jeune fille a fait partie d’un convoi de mille cinq cents juifs, hommes et femmes, parti de Drancy (où les juifs étaient internés dans un groupe d’HBM, ou habitations à bon marché) le 13 avril 1944. Pour savoir ce qu’est officiellement devenu ce convoi, il suffit de se reporter aux Hefte von Auschwitz. Ces Hefte ont été rédigés par les autorités du musée d’Oswiecim en Pologne. Ces autorités ont travaillé, pour les juifs de France, avec le CDJC de Paris (dont le principal responsable scientifique est Georges Wellers) ; c’est même le CDJC qui a, d’après Me Klarsfeld, la principale responsabilité dans l’historique des convois et la comptabilité générale de la déportation des juifs de France. Le Heft no 7, publié en 1964 (soit près de vingt ans après la guerre, ce qui laissait une marge de réflexion aux historiens, archivistes et statisticiens pour vérifier leurs affirmations), porte à la page 88 de l’édition allemande que ce convoi est arrivé à Auschwitz le 16 avril 1944. On lit exactement ceci :

Transport du camp de Drancy, 1 500 juifs. Après la sélection, 165 hommes ont été remis au camp comme détenus ; ils ont reçu les numéros 184097 - 184261. Les autres gens ont été gazés.


La jeune Simone Jacob a donc été gazée. Si l’on se reporte par ailleurs à ce que nos historiens officiels ont écrit sur l’opération du gazage, il est possible de préciser que Simone Jacob a été gazée le jour même de son arrivée, c’est-à-dire le 16 avril 1944, très précisément à Auschwitz-Birkenau.


Or, Simone Jacob est en fait revenue d’Auschwitz. Son numéro d’immatriculation était le 78651, si je dois en croire Le Nouvel Observateur du 5 mars 1979, p. 34. Elle n’a pas été enregistrée par le ministère des Anciens Combattants. Soixante-dix de ses compagnes du même convoi ont, elles, été enregistrées dès 1945 comme survivantes mais le nombre des survivantes est certainement très supérieur à ce chiffre.


Simone Jacob, par son mariage, est devenue Simone Veil. Elle est présidente du Parlement européen. Elle a beaucoup fait pour obtenir la projection en France du film d’horreur et de propagande qu’est Holocauste. Elle a en quelque sorte présidé le faux débat sur Holocauste. Elle s’est montrée extraordinairement discrète, pour ne pas dire fuyante, sur le sujet des « chambres à gaz ».

Plus fuyant ou plus discret encore s’est montré un autre participant à ce faux débat : M. Maurice Benroubi. Ce personnage venait de se vanter dans L’Express lors d’une interview recueillie par le journaliste Philippe Ganier-Raymond d’avoir travaillé aux « chambres à gaz » et d’être, par conséquent, un de ces témoins exceptionnels dont tout le monde entend parler et que personne ne parvient jamais à localiser [2]. Hélas pour nous, M. Benroubi ne devait, le soir du faux débat, pas même prononcer les mots de « chambre à gaz ». Pour une fois, je me permettrai une supputation : Mme Simone Veil ou M. G. Wellers ou un autre participant de ce débat à sens unique – ou encore tous les participants à la fois – avaient demandé à cet encombrant témoin de garder pour lui son « témoignage ». Me croira-t-on si j’affirme que j’avais prédit à mon entourage que M. Benroubi, plus que personne, se montrerait tout à fait discret sur le sujet des « chambres à gaz » ?


Le cas de Simone Veil n’a rien d’exceptionnel. L’ouvrage de son ami Me Serge Klarsfeld nous permet de citer par leurs noms des milliers de « gazés » fictifs. Mme Simone Veil est pour beaucoup de journalistes une personnalité de valeur exemplaire, admirable, symbolique. Pour ma part, je découvre, grâce en partie à Me Serge Klarsfeld, qu’elle peut aussi symboliser à sa manière l’imposture du « génocide ».

31 décembre 1979


[1] 11 août 1978, p. 1-2.
[2] L'Express, 3 au 9 mars 1979, p. 5 et 107-110.