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Thursday, June 12, 1986

L’affaire Roques


Henri Roques, 65 ans, ingénieur retraité, a rédigé une thèse de doctorat d’université sur Les Confessions de Kurt Gerstein. La soutenance de cette thèse a eu lieu le 15 juin 1985 à l’université de Nantes et elle a obtenu la mention « très bien ».

Cette thèse consiste en une étude critique des différents textes qui sont de Kurt Gerstein ou qui lui sont attribués. Ces textes sont généralement considérés comme l’une des preuves essentielles de ce que les Allemands auraient, dit-on, utilisé des chambres à gaz homicides, notamment à Treblinka et à Belzec. Dans The Destruction of the European Jews, Raul Hilberg mentionnait vingt-trois fois le nom de Gerstein.

Au terme de ses analyses, H. Roques a conclu que, notamment en raison des invraisemblances, des non-sens et des variations de ses différents récits, le témoignage de Kurt Gerstein n’a aucune valeur scientifique. H. Roques a montré, par ailleurs, combien tous ceux qui avaient utilisé les confessions de Gerstein avaient gravement manipulé les textes, en particulier Léon Poliakov. En conséquence, il n’a pas caché qu’il doute aujourd’hui de l’existence des chambres à gaz.

En 1985, la presse française et la presse allemande avaient été informées de la thèse d’Henri Roques, de son contenu, de ses conclusions et de l’attribution à celui-ci de la mention « très bien ». Mais elles n’en avaient pas parlé.

En avril 1986 est paru un article de Georges Wellers dans Le Monde Juif, revue trimestrielle du Centre de documentation juive contemporaine (numéro daté de janvier-mars 1986, p. 1-18). Cet article était violemment hostile à H. Roques.

Alors éclatait en France la « bombe à retardement » de l’affaire Roques. A partir d’avril et mai 1986 s’est déclenchée dans les journaux, dans toutes les radios et sur toutes les chaînes de télévision une importante campagne contre « la thèse scandaleuse de Nantes », « la thèse qui nie les chambres à gaz », « la thèse antisémite qui a reçu la mention très bien ».

De très nombreux hommes politiques sont intervenus dans cette campagne. En signe de protestation contre cette thèse, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence à la mémoire des déportés morts. Des universitaires français ont signé une pétition. Les syndicats ont manifesté leur indignation. Des universitaires et des hommes politiques allemands ont envoyé des messages de protestation au président Mitterrand, au ministre français de l’Éducation nationale et au président de l’université de Nantes. La Knesset aurait envoyé un message au président Mitterrand.

Le point culminant de cette campagne a été atteint le 23 mai, de 18h à 20h, lors d’une émission très populaire de la station de radio Europe n° 1 : « Découvertes ». H. Roques et son avocat, Éric Delcroix, se sont trouvés opposés à neuf personnes, sans compter le responsable de l’émission : J.- P. Elkabbach. Parmi ces neuf personnes, il y avait notamment G. Wellers et C. Lanzmann, auteur du film Shoah, ainsi que, sur intervention téléphonique, Simone Veil et deux ministres. H. Roques a dit qu’il doutait de l’existence des chambres à gaz tandis qu’Éric Delcroix a dit qu’il ne croyait pas à leur existence. Tous deux ont donné leurs raisons. Du côté de ceux qui disaient croire à l’existence des chambres à gaz, il n’y a guère eu d’arguments mais il y a eu surtout des sermons moralisateurs, des outrages et des injures. C. Lanzmann a lancé à l’adresse d’H. Roques : « Fermez votre sale gueule de rat ! » A la fin de l’émission, Jacques Tarnero a dit : « On s’est fait piéger. » H. Roques a répliqué que les révisionnistes étaient bien forts s’ils avaient réussi, étant deux, à piéger tant de personnes.

Des millions de Français ont pu, s’ils ont fait preuve d’attention, assister ainsi à l’agonie «en direct» du mythe des chambres à gaz homicides. De la bouche même de Claude Lanzmann, ils ont appris qu’il ne fallait pas confondre, comme un ministre venait de le faire, fours crématoires et chambres à gaz. Lanzmann a dit et répété qu’il n’y avait eu aucune chambre à gaz homicide en Allemagne, ni à Mauthausen (Autriche), mais seulement en quelques points de Pologne.

Plus tard, dans une interview reproduite dans le magazine VSD, S. Klarsfeld a dit : 

[Jusqu’ici] personne ne s’est préoccupé de rassembler des preuves matérielles [des chambres à gaz homicides].

A la question : « Parce qu’il n’y avait pas encore de vraies preuves ? » il a répondu : « Il y avait des débuts de preuves qui embarrassaient les faurisonniens mais ne les avaient pas encore réduits au silence. » 

Et, là-dessus, il a promis qu’il allait enfin publier de vraies preuves avec la collaboration d’un pharmacien, J.-C. Pressac. L’échantillon de preuve « définitive » qu’il a offert est un bon de réception de quatorze pommes de douche et d’une porte étanche au gaz pour la salle de douches du crématoire-III d’Auschwitz-Birkenau [1]. S. Klarsfeld semble ignorer que les Allemands ont fabriqué avant et pendant la guerre, en quantités industrielles, des portes étanches au gaz pour tous les locaux pouvant servir de refuge éventuel, en cas de guerre des gaz. Ces portes n’ont pas plus de signification criminelle que... des masques à gaz ! Dans les bâtiments des crématoires, il y avait très souvent des douches dont l’eau chaude provenait soit de la salle de crémation des cadavres, soit de la salle d’incinération des ordures. Quant à Pressac, il avait déclaré quelques jours auparavant :

« On avait jusqu’ici des témoignages et seulement des témoignages [2] » et il a fait la même promesse que Serge Klarsfeld. 

Certains journaux ont modéré leurs attaques quand ils se sont aperçus de la solidité de la position révisionniste. Certains ont même osé publier des lettres favorables à H. Roques. Mais tout le monde paraissait oublier que, depuis un arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 26 avril 1983, il était expressément permis à tout Français d’affirmer, de nier ou de mettre en doute l’existence des chambres à gaz. La cour avait pris cette décision au terme de la bataille judiciaire, longue de quatre ans, qui avait opposé neuf associations à Robert Faurisson. La cour avait même expliqué que, si elle avait pris cette décision, c’était à cause du sérieux du travail de Robert Faurisson sur la question.

Des personnes de droite et des personnes de gauche ont pris, avec des nuances diverses, la défense d’Henri Roques. Les personnes de droite ont tendance à voir dans le révisionnisme une sorte de réaction contre les idées de gauche tandis que des personnes de gauche y discernent une forme de révolution contre les idées reçues de l’establishment.

A droite, des députés du Front national (parti de Jean-Marie Le Pen) ont exprimé quelques doutes sur la réalité du génocide des juifs et ils se sont déclarés plus sensibles à un autre « génocide », celui des chrétiens au Liban. Quant à J.-M. Le Pen, il a fait remarquer que le chiffre total des victimes juives de la seconde guerre mondiale était l’objet de controverses historiques. Il a ajouté :

Quant aux chambres à gaz, je m’en tiens aux historiens officiels, qui pensent aujourd’hui [souligné par moi] qu’elles n’ont fonctionné qu’en Pologne [3].

Mais en France, on le sait depuis l’exemple donné par Paul Rassinier, le révisionnisme est aussi de gauche. A l’émission d’Europe n° 1, H. Roques a pu faire état, avec sa permission, du soutien que lui apportait Michel de Boüard. Ce dernier, qui a soixante-seize ans, est un homme de gauche qui a été déporté au camp de Mauthausen comme interné « N.N. ». C’était un résistant actif, très proche des communistes. Sa haute formation universitaire (c’est un ancien élève de l’École des Chartes) lui a permis de finir sa carrière comme doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Caen. Fait capital : il a été membre du Comité d’histoire de la deuxième guerre mondiale, organisme directement rattaché au Premier ministre. Il connaît les chiffres exacts de la déportation en France (à l’exception des déportés de Paris et de la région parisienne) et il déplore que le Comité n’ait pas voulu publier en 1974 le résultat d’une enquête qui avait duré vingt ans et qui portait sur le nombre des déportés et des survivants de la déportation. Le Comité craignait, en cas de publication de cette enquête, des incidents notamment avec certaines associations de déportés. Michel de Boüard est membre de l’Institut de France, une fondation qui rassemble des personnalités érudites du monde des sciences, des arts et des lettres.

Mais, à gauche, le révisionnisme le plus actif se trouve du côté de Pierre Guillaume et de ses amis de la Vieille Taupe. Pierre Guillaume a littéralement miné l’édifice holocaustique par une inlassable activité à Paris et en province et par des initiatives personnelles d’un extrême courage. Il a publié les ouvrages de Paul Rassinier, de Robert Faurisson, la traduction en français du Mythe d’Auschwitz (de l’Allemand Wilhelm Stäglich) et un ouvrage dont il est l’auteur : Droit et Histoire où il adopte une position entièrement révisionniste. Toujours à gauche, se situe le dessinateur humoristique « Konk », très connu en France. Celui-ci vient de publier une bande dessinée : Aux Voleurs ! L’ensemble des dessins qui composent le recueil tourne en dérision les escrocs et les jobards et ses trois dernières pages illustrent d’une façon particulièrement claire et pertinente l’escroquerie du mythe des chambres à gaz. Ces trois pages mériteraient d’être reproduites à des millions d’exemplaires pour être distribuées dans toutes les écoles de France. « Konk » écrit : « On a été éduqué pour croire d’office à tout ce qui est monstrueux. »

Mais le gouvernement français, inquiet des progrès du révisionnisme, semble décidé à utiliser tous les moyens pour venir en aide au mythe défaillant. La France possède depuis l’année dernière un service officiel appelé « Direction de l’information historique » et rattaché au secrétariat d’État auprès des anciens combattants. Cet organisme, digne de « Big Brother », est chargé de lutter contre le révisionnisme, avec l’argent du contribuable, notamment auprès de la jeunesse. Des membres de l’Institut d’histoire du temps présent demandent l’annulation de la thèse maudite et le recours à la répression judiciaire contre H. Roques. Des enquêtes administratives ont été lancées contre les membres du jury qui a accordé à la thèse de ce dernier la mention « très bien ».

Le hasard veut que, l’année même où H. Roques a soutenu sa thèse en France, Carlo Mattogno ait, en Italie, publié Il rapporto Gerstein. Anatomia di un falso. Il « campo di sterminio » di Belzec

La thèse d’H. Roques : Les Confessions de Kurt Gerstein. Étude comparative des différentes versions, se présente sous la forme de deux volumes dactylographiés d’un total de trois cent soixante-et-onze pages. Il peut être commandé à La Vieille Taupe, BP 9805, 75224 Paris cedex 05, contre la somme de trois cents francs (frais d’envoi compris).

12 juin 1986

Notes

[1] VSD, 29 mai 1986, p. 3. 
[2] Le Matin de Paris, 24-25 mai 1986, p. 3.
[3] National Hebdo, 5 juin 1986, p. 6.

Friday, July 31, 1981

L’affaire des « chambres à gaz » devant la justice française


1) Robert Faurisson est « assigné pour falsification de l’histoire ».
2) Le tribunal déclare qu’il n’a « pas à rechercher si un tel discours [celui de Faurisson] constitue ou non une falsification de l’histoire ».
3) Faurisson est condamné ! Coût des condamnations : trois mois de prison avec sursis et plus de trois millions cinq cent mille francs (trois cent cinquante millions d’anciens francs).


La justice française vient de condamner le professeur Faurisson à quatre reprises dans l’affaire des « chambres à gaz ». Il est condamné à trois mois de prison avec sursis. Le montant des amendes, des dommages-intérêts, des frais d’insertion dans la presse, à la radio et à la télévision, et, enfin, des dépens s’élève à la somme de 3 580 488,83 F. Cette somme équivaut à peu près à six cent cinquante mille dollars ou trois cent soixante mille livres sterling ou un million cinq cent mille deutschmarks.

Il faut croire que le paisible professeur s’est rendu coupable d’un énorme délit. Et c’est vrai. Il s’est rendu coupable d’un délit d’opinion. Il a affirmé que les prétendues « chambres à gaz » hitlériennes ne sont qu’un odieux mensonge de la propagande de guerre et il a dit quels étaient les principaux bénéficiaires et les principales victimes de ce mensonge historique.

Les condamnations dont il a été ainsi l’objet remontent au 3 juillet (d’une part, jugement du procès que lui intentait Léon Poliakov et, d’autre part, deux jugements de procès que lui intentaient d’abord le MRAP et l’Amicale d’Auschwitz, puis la LICRA) et au 8 juillet 1981 (jugement du procès civil que lui intentaient neuf associations).

Avant d’entrer dans le détail de chacun de ces quatre procès, nous voudrions avertir notre lecteur de trois faits importants et surprenants :

1) Les tribunaux ont bien voulu admettre qu’ils n’avaient aucune qualité pour se prononcer sur un point d’Histoire ;
2) En conséquence, aucun tribunal n’a voulu dire si les « chambres à gaz » avaient existé ou non ;
3) A la grande déception de la partie adverse, aucun tribunal n’a dit ni n’a même insinué que le professeur Faurisson était un falsificateur.

Cela dit, notre lecteur doit se demander quels motifs les tribunaux ont bien pu trouver pour le condamner comme ils l’ont fait. La réponse se lira plus loin.

Qu’on nous permette auparavant un bref retour sur le passé.

Le délit d'opinion qui lui coûte aujourd'hui si cher en justice a déjà valu au professeur Faurisson, depuis 1978, une somme de persécutions et d’ennuis incessants. A diverses reprises il a été agressé sans que la justice instruise ses plaintes. A cause de ce même délit, il ne peut plus enseigner la littérature française et la critique de textes et documents à l’université de Lyon-II. Sa carrière est brisée. Pourtant, de l’avis même du recteur chargé d’une enquête sur son compte, « le professeur Faurisson était inattaquable ; il n’avait commis aucune faute professionnelle » et, en particulier, il n’avait pas entretenu ses étudiants de ses opinions sur les « chambres à gaz ».



Son nom a été et continue d’être couvert de boue par la presse nationale et internationale à quelques exceptions près. Récemment, le 7 août 1981, la Tribune de Genève vient de lui consacrer un article intitulé : « Faurisson : une liberté d’expression pour les salauds ? » Cet article est signé d’un avocat qui est en même temps chargé de cours à l’université de Genève : M. Charles Poncet. Le même jour, La Tribune de Genève a affiché à des centaines d’exemplaires un placard publicitaire ainsi rédigé : « L’antisémite Faurisson : une liberté pour les salauds? » Sa vie personnelle, sa vie familiale, sa vie professionnelle : tout a été bouleversé du jour au lendemain parce qu’un jour il a osé proclamer après bien d’autres auteurs français et étrangers, eux aussi persécutés (surtout en Allemagne), que les « chambres à gaz » hitlériennes n’ont jamais existé.
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Déjà en octobre 1978, il avait eu affaire à la justice française. En effet, le Conseil d’Etat – jugeant en première et dernière instance, sans possibilité d’appel pour le condamné – avait osé déclarer, contre toute évidence matérielle, qu’il n’était qu’un maître de conférences qui n’avait jamais rien publié de sa vie et qu’en conséquence le président de son université avait eu le droit d’interrompre, comme il l’avait fait, le déroulement normal de sa carrière. Le Conseil d’Etat avait prononcé ce jugement alors qu’il avait pourtant sous les yeux la liste ou la reproduction de ses ouvrages sur des auteurs du XIXe et du XXe siècle.

Par la suite, son expérience de la justice française devait se révéler tout aussi négative dans les divers procès qu’il était obligé d’intenter soit au président de son université, soit à des journaux qui lui refusaient le droit de réponse. Jusqu’ici, à chaque fois qu’il a réclamé en justice le droit de réponse dans les journaux qui le citaient soit pour l’insulter, soit pour déformer la réalité des faits, il a constaté que la justice avait recours aux arguments les plus retors pour lui refuser un droit qui est pourtant inscrit dans la loi.

Mais venons-en maintenant à chacun des quatre procès que l’on a intentés au professeur Faurisson et qu’il a tous perdus.

1. Le procès que lui intentait Léon Poliakov

Le 28 janvier 1981, Léon Poliakov intentait à son éditeur et à lui-même un procès en diffamation. En effet, dans son livre intitulé Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire, le professeur Faurisson avait principalement reproché à Léon Poliakov, auteur de Bréviaire de la haine, d’avoir reproduit, au fil des rééditions, différentes moutures d’une seule et même « confession » du SS Kurt Gerstein. Il avait écrit que Léon Poliakov s’était livré à des manipulations et à des fabrications de textes. Il avait à sa disposition des preuves tellement flagrantes de manipulations et de fabrications que, selon une procédure rarement usitée en justice, il avait été en mesure de remettre aux autorités judiciaires une « offre de preuve » dans un délai inférieur à dix jours. Léon Poliakov aurait dû lui répondre dans un délai de cinq jours mais il s’en révélait incapable.

Les manipulations et les fabrications auxquelles s’était livré Léon Poliakov étaient absolument criantes. Même un enfant aurait su les voir et les montrer du doigt. Elles portaient sur des points essentiels du texte. Voici un exemple : dans un manuscrit rédigé en français et fort lisiblement dactylographié Kurt Gerstein écrivait en 1945 que dans les prétendues « chambres à gaz » de Belzec se pressaient debout sept à huit cents personnes sur 25 m2, à 45 m3. On ne peut pas dire qu’il s’agisse là d’un point de détail ; nous sommes ici au cœur même du récit de Kurt Gerstein car il y est question des « chambres à gaz » elles-mêmes. Mais, si le lecteur est attentif, il se rend compte que nous sommes en même temps au cœur d’une absurdité puisque sept à huit cents personnes debout sur 25 m2 cela ferait de vingt-huit à trente-deux personnes au mètre carré, ce qui constituerait une impossibilité totale, une impossibilité qui, surgissant en plein cœur d’un récit, a pour résultat d’anéantir dans l’instant ce récit. De plus, les 45 m3 laisseraient supposer une hauteur de 1m80. Léon Poliakov en publiant ce récit six ans plus tard, c’est-à-dire en 1951, procédait à une transformation stupéfiante du texte. Il supprimait le chiffre de 25 m2 pour le remplacer par un chiffre complètement fabriqué : celui de... 93 m2. Puis, constatant qu’une pièce de 93 m2 et de 45 m3, cela ferait une hauteur de plafond d’environ cinquante centimètres, il avait froidement supprimé toute mention des 45 m3, non seulement à cet endroit-ci du texte, mais un peu plus loin dans le texte, là où Gerstein faisait une nouvelle mention des 45 m3. C’est ce qui s’appelle une manipulation de texte.

Ces exemples de manipulation et de fabrication sont en nombre considérable dans les différentes moutures de la confession de Gerstein, qu’il s’agisse de la forme la plus connue de cette confession (PS-1553) ou d’autres formes moins connues et que Léon Poliakov a également dénaturées. Des pans entiers de phrases ont été insérés, d’autres ont été supprimés ; tout a été contaminé par d’incessantes manipulations : des chiffres, des noms de personnes, des noms de choses, des verbes, des adjectifs, tout, jusqu’au caractère même de certains personnages, à commencer par celui de Gerstein qui, il faut bien le reconnaître, ne nous a laissé, avant de se suicider dans une prison militaire française, que des confessions incohérentes et inacceptables par leur contenu intrinsèque.

Bref, Léon Poliakov avait agi de 1951 (date de la première édition) jusqu’à 1979 (date de la dernière édition de Bréviaire de la haine) comme un homme qui n’avait cessé de livrer au public une marchandise frelatée. Le fait était d’autant plus grave que Léon Poliakov avait fini sa carrière comme directeur de recherches au CNRS.

En conséquence, le jour du procès, ses avocats ont bien senti que la cause de leur client était indéfendable. Pas un instant ils n’ont cherché à répondre aux preuves de manipulations et de fabrications. Ils n’ont pas essayé de montrer que le professeur Faurisson avait tort. Ils ont préféré utiliser un subterfuge. Selon un procédé classique, ils l’ont décrit comme un personnage diabolique. Ils lui ont prêté des intentions de nazi, un nazi qui, à travers la personne de Léon Poliakov, cherchait à atteindre le personnage de Gerstein, lui-même décrit par eux comme une espèce de saint et de héros qui s’était glissé dans la SS pour découvrir de l’intérieur l’horrible machinerie. Ils ont dit qu’il ne croyait pas à l’existence de Gerstein. C’est ainsi que les avocats de L. Poliakov ont fait défiler, à la barre des témoins, des étrangers tels que le baron suédois von Otter qui ont raconté, chacun à son tour, que pendant la guerre ils avaient personnellement rencontré Gerstein et que ce dernier leur avait fait d’horribles révélations sur les agissements de ses compatriotes allemands. Aucun de ces étrangers n’a, soit dit en passant, montré un document quelconque qu’il aurait rédigé juste après sa rencontre avec cet étrange SS ; ces comptes rendus ont fort probablement été rédigés et il serait du plus haut intérêt de les examiner pour voir d’une part ce que Gerstein avait bien pu raconter à chacun et ce que chacun pensait à l’époque, en pleine guerre, des dires de Gerstein et du personnage même de Gerstein.

Et c’est ainsi que Léon Poliakov a gagné son procès. Dans son jugement le tribunal a, en effet, déclaré que M. Poliakov avait été « animé du désir passionné et légitime d’informer le public sur une période et des faits particulièrement tragiques de l’histoire contemporaine » et que M. Poliakov avait « pu, sur des points de détail, enfreindre la rigueur scientifique sans que pour autant il soit permis d’affirmer qu’il est un manipulateur ou un fabricateur de textes ».

Le professeur Faurisson a été présent à ce procès et à ce seul procès. Pas un instant il n’a vu le tribunal demander à Léon Poliakov d’où il avait tiré ses « quatre-vingt-treize mètres carrés » et cent autres fabrications.

Les juges ont été MM. Quilichini, Cabié et Boyer-Chammard. Les peines prononcées contre le professeur Faurisson ont été les suivantes : un franc de dommages-intérêts, deux mille francs d’amende pour son éditeur (Pierre Guillaume), deux mille francs d’amende pour lui-même, huit mille francs d’insertion dans la presse et, comme dépens, 462,34 F et 124,22 F. Le total se monte ainsi à 12 587,56 F.

2. Le procès que lui intentaient le MRAP et l’Amicale d’Auschwitz (l’affaire de la phrase de soixante mots)

Le 24 février 1981, le MRAP ainsi que l’Amicale des déportés d’Auschwitz et des camps de Haute-Silésie déposaient plainte contre le professeur Faurisson pour diffamation publique envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. Bref, ils l’accusaient d’avoir diffamé la communauté juive. En effet, le 17 décembre 1980 il avait prononcé une phrase de soixante mots sur les antennes de la station de radio Europe n°1. Cette phrase avait été soigneusement préparée. Elle résumait son opinion sur le mensonge des « chambres à gaz » et sur les conséquences de cet énorme mensonge. A la radio, il la faisait précéder d’un avertissement pour dire qu’aucun de ces soixante mots ne lui était dicté par une sympathie ou une antipathie politiques. Voici cette phrase qui allait lui coûter des millions de francs : 

Les prétendues « chambres à gaz » hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier.

Il convient de voir dans cette phrase de soixante mots un ensemble indissociable. De même que pour les sionistes, « chambres à gaz » et « génocide » forment une seule et même vérité (le crime serait le « génocide » et l’instrument parfait de ce crime parfait serait les « chambres à gaz »), de même, pour lui, « chambres à gaz » et « génocide » forment un seul et même mensonge, un mensonge à classer au point de vue historique parmi tous ceux que la propagande de guerre a fabriqués depuis l’aube des temps. Le plus récent mensonge historique auquel on puisse comparer celui qui nous intéresse ici est celui de la première guerre mondiale sur la « barbarie teutonne » avec ses prétendues usines où la chair humaine était transformée en savon ou en engrais. Quant à la gigantesque escroquerie politique permise par le mensonge des « chambres à gaz » et du « génocide », elle a eu de multiples bénéficiaires à commencer par le bloc des Alliés (y compris nos alliés soviétiques) instituant en un seul mouvement le procès à grand spectacle de Nuremberg et le partage du monde à la convenance des vainqueurs, sûrs de leur bon droit et certains d’avoir écrasé une bête immonde avec laquelle ils ne pouvaient avoir aucun point commun, car, eux, ils n’avaient institué aucun « génocide » ni rien de comparable aux horribles « chambres à gaz », instruments d’un meurtre gigantesque froidement et scientifiquement calculé. Il ne fait cependant guère de doute que le principal bénéficiaire du mensonge a été le sionisme international qui, depuis la fin du XIXe siècle, s’efforça de créer un Etat hébreu et n’y parvenait pas encore malgré le succès obtenu durant la première guerre mondiale avec la « Déclaration Balfour ». Ce que les sionistes avaient commencé d’obtenir au cours de la première guerre mondiale, ils allaient l’obtenir complètement à l’issue de la seconde guerre mondiale. Les Nations unies, considérant que des souffrances qui avaient été sans aucun précédent historique (le « génocide » et les « chambres à gaz » étaient en effet sans précédent au point qu’on avait dû créer le mot de « génocide ») autorisaient une réparation de caractère exceptionnel, découpaient une partie du globe terrestre pour en faire donation à un groupe de sionistes internationaux et cela sans guère se soucier de l’opinion des occupants de cette terre promise. Ainsi fut fondé l’Etat d’Israël. Quant au « sionisme international », il n’est pas une expression vide de sens. Le sionisne international est même officiellement représenté par une instance internationale qui s’appelle le Congrès juif mondial (le mot de «congrès» étant à prendre dans son sens américain de « parlement »). Le président en était pendant la guerre, après la guerre et jusqu’à une époque récente Nahum Goldmann, lequel a toujours clamé : « Je suis sioniste ».

Le professeur Faurisson dit que Nahum Goldmann pour le sionisme international et David Ben Gourion pour l’Etat d’Israël ont agi en escrocs d’envergure internationale dans leurs pourparlers avec le chancelier Adenauer, pour l’obtention des réparations financières au profit du sionisme international et de l’Etat d’Israël. En 1976, Nahum Goldmann a révélé dans une longue interview pleine de cynisme de quelle façon lui-même et Ben Gourion avaient agi avec un Adenauer soit réduit à l’impuissance, soit consentant. Tout le monde devrait lire et méditer cette longue interview telle qu’elle a paru dans l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur du 23 au 29 octobre 1976 [1]. Le professeur donnait ces références dans un article publié en 1978 et reproduit en note 61 de la page 212 du livre de Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique ? paru en 1980. C’est au cas précis de Ben Gourion et de N. Goldmann qu’il faisait allusion lorsque le 17 décembre 1980 il parlait de l’Etat d’Israël et du sionisme international. Nous défions un lecteur de garder son sang-froid devant cette interview : un homme d’affaires y explique avec une extraordinaire fatuité comment il a conduit son affaire, l’argent qu’il en espérait d’abord, puis l’argent qu’il a obtenu grâce à son habileté, les moyens de pression utilisés, etc.

Le professeur Faurisson ne s’en prenait pas aux juifs. Sionisme et judaïsme sont deux réalités distinctes. On peut être sioniste sans être juif et on peut être juif sans être sioniste. On peut être antisioniste sans être contre les juifs. Son avocat a insisté sur le fait qu’il n’y avait dans sa phrase de soixante mots aucune imputation concernant les juifs ou portant atteinte à la considération de la communauté juive, laquelle ne doit pas être confondue avec l’Etat d’Israël ou le sionisme international.

S’il en avait eu le loisir à la radio dans la courte émission qui lui avait été accordée et où il était constamment interrompu par les attaques de l’interviewer, il aurait même pu ajouter que, pour lui, figuraient parmi les victimes « non principales » du mensonge les jeunes générations juives élevées dans une sorte de religion pleine de haine et d’inventions affreuses. Il aurait pu dire que les juifs ne sont pas plus responsables que beaucoup d’autres du mensonge des « chambres à gaz » ; ils n’étaient pas mieux armés que les autres pour déceler la supercherie. La croyance dans les « chambres à gaz » a été si universelle que même les déportés pouvaient ne pas soupçonner le caractère fallacieux de la rumeur des « chambres à gaz ». Le mythe des « chambres à gaz » et du « génocide » a été universellement admis parce qu’il fournissait une explication facile et rassurante pour l’humanité au sortir de la plus grande boucherie de l’Histoire.

Mais pour le tribunal rien de ce que le professeur Faurisson pouvait avoir exactement écrit, ni rien de ce qu’il pensait ou pouvait penser en réalité ne semble avoir eu d’importance. Il n’a pas pu assister à ce procès. Comme il le craignait, l’atmosphère en était hystérique et la salle était en bonne partie constituée de « tricoteuses ». Le journal de gauche Libération a dénoncé pour sa part cet état de fait, lequel n’a provoqué aucune intervention de la part du président du tribunal.

Dans son jugement, le tribunal affirme que « la simple lecture de la phrase poursuivie énonce des imputations de faits déterminés qui portent gravement atteinte à l’honneur et à la considération des Juifs ».

Cependant, le tribunal a humblement commencé par affirmer qu’il ne lui appartenait pas de dire si les « chambres à gaz » et le « génocide » avaient existé ou non. Sa phrase est exactement la suivante : « Le Tribunal entend préciser qu’il ne lui appartient pas de confirmer l’Histoire ni par conséquent de prendre parti sur les thèses développées par le prévenu ».


Les juges ont été, comme pour le procès Poliakov, MM. Quilichini, Cabié et Boyer-Chammard. Les peines prononcées contre le professeur ont été les suivantes : quatre mille francs d’amende, six mille francs plus six mille francs de dommages-intérêts, quatre mille francs plus quatre mille francs de publication dans les journaux et, comme dépens, 455,15 F + 144,60 F. Mais surtout, fait qui paraît sans précédent, le tribunal ordonnait la lecture du jugement sur les antennes de la radio d’Europe n°1 et de la télévision au cours d’un journal télévisé. Le tribunal ne donnait aucune autre précision. Les précisions qu’il n’a pas données, nous les donnons ici au lecteur. La lecture du jugement exigerait environ dix minutes. Sur Europe n°1 où la publicité à l’heure de l’émission considérée coûte quarante mille francs la minute, il aurait à payer environ quatre cent mille francs. Sur la première chaîne de télévision, à l’heure du journal télévisé, la minute de publicité revient à deux cent soixante-six mille, ce qui fait qu’il aurait à payer deux millions six cent soixante mille francs. Le total des condamnations de ce seul procès s’élève donc ainsi à 3 088 599,75 F.

3. Le procès que lui intentait la LICRA (toujours à propos de la phrase de soixante mots)

Il s’agit en fait du même procès que le précédent. Le plaignant est cette fois-ci la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Le directeur de la LICRA, M. Jean Pierre-Bloch, avait très vivement attaqué le professeur Faurisson sur les antennes de la radio Europe n° 1. Il l’avait notamment accusé d’être vraisemblablement payé par Kadhafi! Et c’est justement en raison de la violence des attaques portées contre sa personne qu’il avait obtenu de passer le lendemain à Europe n° 1. La LICRA, elle, obtenait sa condamnation pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale.

Les juges ont continué d’être MM. Quilichini, Cabié et Boyer-Chammard. Les peines prononcées contre le professeur ont été les suivantes : une amende de cinq mille francs réduite à mille francs en vertu du précédent jugement ; quatre mille francs plus deux mille francs de dommages-intérêts ; quatre mille francs plus quatre mille francs plus quatre mille francs de publication et, comme dépens, 155,92 F et 144,60 F. Le tribunal ordonnait la lecture du jugement sur les antennes de la radio Europe n° 1, soit environ quatre cent mille francs. Enfin, il était condamné à trois mois de prison avec sursis. Là encore le tribunal déclarait : « Le Tribunal entend préciser qu’il ne lui appartient pas de confirmer l’Histoire, ni par conséquent de prendre parti sur les thèses développées par le prévenu. » Le total des condamnations de ce seul procès s’élève donc ainsi à 419 300,52 F.

On aura remarqué que pour la même phrase de soixante mots le professeur Faurisson est condamné à deux reprises malgré la règle non bis in idem.

4. Le procès civil que lui intentaient la LICRA, le MRAP, l’Amicale d’Auschwitz et six autres associations

Ce quatrième jugement était rendu le 8 juillet 1981. Le débat s’était déroulé devant un tribunal civil et le professeur n’avait donc pas le droit d’y prendre la parole. Ce jugement était le plus attendu de tous. Il était en fait attendu depuis plus de deux ans. Pendant tout ce temps-là, les neuf associations et, en particulier, la LICRA n’avaient épargné ni leur temps, ni leur argent, ni leur sueur, pour essayer de découvrir ce que le professeur mettait les exterminationnistes au défi de trouver, c’est-à-dire une preuve, une seule preuve matérielle de l’existence passée d’une seule « chambre à gaz ». Des fours crématoires ont été utilisés dans certains camps ; il en subsiste mille preuves matérielles. C’est une preuve matérielle de ce genre – et une seule – qu’il demandait qu’on lui trouve afin de lui prouver l’existence d’une seule « chambre à gaz » hitlérienne. Peine perdue ; au bout de deux ans, c’était pour la partie adverse un fiasco complet. A la place de cette seule preuve, la partie adverse nous inondait d’un flot de papiers et de paroles en l’air comme par exemple le faux témoignage d’un Martin Gray. Ce procès était le seul qui fût susceptible de porter sur le fond de la question historique. Et le professeur Faurisson ne pouvait y prendre la parole ! Tout allait se passer par procédure écrite et par l’intervention d’avocats.

Les neuf associations l’avaient attaqué en réparation pour un curieux motif : celui de « dommage ». Il était accusé de leur avoir causé un « dommage » par son opinion sur le mensonge des « chambres à gaz », telle que cette opinion était apparue dans Le Matin de Paris et Le Monde à la fin de 1978 et au début de 1979. Ces associations affirmaient qu’il avait « volontairement faussé la présentation de l’Histoire » et qu’il avait « tronqué certains témoignages tels que celui de J. P. Kremer » ; elles l’accusaient également d’avoir écarté sans justification sérieuse un certain nombre de preuves jusqu’ici retenues par des instances judiciaires. Elles attendaient du tribunal qu’il déclare que les « chambres à gaz » avaient bien existé et que Faurisson était un « falsificateur ».

Nous ne pouvons ici entrer dans le détail du jugement, tel qu’il a été rédigé par l’un des juges, M. Pierre Drai. Nous n’en retiendrons que deux points essentiels.

Le premier point porte sur la qualité du tribunal en matière d’histoire. Là le tribunal est clair. Il déclare : « les Tribunaux [...] n’ont ni qualité ni compétence pour juger l’Histoire ». Le second point porte sur un passage d’une lettre que Mme Olga Wormser-Migot avait adressée au professeur Faurisson le 7 novembre 1977 [2]. Cette personne est une spécialiste de l’histoire de la déportation. Elle est d’origine juive. C’est elle qui en 1968 a parlé, dans sa thèse, du « problème des chambres à gaz ». C’est elle qui a osé écrire que, malgré tous les témoignages contraires, il n’avait pas pu exister de « chambre à gaz » ni à Ravensbrück, ni à Mauthausen et que Auschwitz était « sans chambres à gaz ». Cela lui avait valu des ennuis. Le professeur était allé voir cette personne et était entré en correspondance avec elle. Elle l’adjurait de ne pas continuer à s’intéresser au problème des « chambres à gaz ». Elle lui faisait valoir qu’il fallait d’abord et avant tout ménager les anciens déportés. L’argument surprend de la part d’une historienne. Pour une historienne, n’est-ce pas la vérité qui devrait compter d’abord et avant tout et non pas le souci de ménager Pierre ou Paul ?

Dans sa lettre du 7 novembre 1977, elle reprenait son argument sous la forme suivante : « L’Histoire se doit d’attendre que le temps permette une étude sans agressivité de certains problèmes d’horreur [3]. » Son avocat avait déposé cette lettre auprès du tribunal. Tous deux pensaient que le tribunal en tirerait peut-être la conclusion que la première spécialiste en France de l’histoire concentrationnaire en était réduite à de bien pauvres arguments en réponse aux questions précises que le professeur posait sur les « chambres à gaz » qui n’étaient pas de Ravensbrück ou de Mauthausen, mais, par exemple, d’Auschwitz ou de Majdanek. Eh bien, tous deux se trompaient, car on peut dire que c’est de cette phrase de Mme Olga Wormser-Migot que le tribunal allait faire son principal argument contre Faurisson. A la treizième page du jugement, il est en effet écrit : « il est profondément vrai que “l’histoire se doit d’attendre que le temps permette une étude sans agressivité de certains problèmes d’horreur”. » Dans neuf « attendus » d’un caractère extrêmement vague, le professeur se voyait en fin de compte reprocher par le tribunal d’avoir manqué « aux obligations de prudence, de circonspection objective et de neutralité intellectuelle qui s’imposent au chercheur que [Faurisson] veut être ». Des allégations surprenantes de la part du tribunal apparaissent encore sous la forme suivante : « Attendu que [Faurisson] apparaît vouloir [souligné par nous] rejeter globalement dans le néant du mythe les souffrances de ceux qui ont subi, par eux-mêmes ou par la disparition de membres de leur famille, les épreuves du régime concentrationnaire – alors qu’ils sont encore vivants pour en témoigner ».

Il y a mieux : pour le tribunal, le professeur a « paru » vouloir faire admettre que les victimes du régime concentrationnaire auraient, de près ou de loin, été les auteurs et les bénéficiaires d’une « gigantesque escroquerie politico-financière » ; de plus, il aurait permis « avec une légèreté insigne, mais avec une conscience claire de laisser prendre en charge, par autrui, son discours dans une intention d’apologie des crimes de guerre ou d’incitation à la haine raciale ». On ne voit pas ici ceux que le tribunal vise par le mot d’« autrui » et, de toute façon, il ne semble pas que le professeur puisse être tenu pour responsable de ce que Pierre ou Paul font de ses écrits.

Nous en aurons fini en faisant remarquer que sa phrase de soixante mots était pour la troisième fois évoquée ici par un tribunal alors même qu’elle avait été prononcée plusieurs mois après la date de clôture de dépôt des pièces. Nous dirons aussi, d’un autre côté, que le tribunal a déclaré qu’il n’avait « pas à rechercher si un tel discours [celui de Faurisson] constitue ou non une falsification de l’Histoire » [4].

Nous précisons que M. Boittiaux, représentant du ministère public, a au cours de ce procès pris la parole contre le professeur pour demander sa condamnation.

Les juges ont été MM. Caratini, Drai et Martzloff. Les peines prononcées contre le professeur ont été : un franc de dommages-intérêts et trois fois vingt mille francs de publication dans deux journaux et une revue. Le total s’élève donc ici à 60 001 francs, sans compter les frais, non précisés dans le jugement.

En conclusion, le jugement qui était destiné à persuader la France et le monde entier de ce que les « chambres à gaz » auraient existé ne comportait aucune réponse sur ce point, ni aucun argument technique ou historique ; il ne parvenait à mettre en évidence aucune falsification ni même aucune erreur de Faurisson. Les seuls arguments employés contre Faurisson étaient ou bien vagues, ou bien d’ordre moral ou sentimental, avec tout l’arbitraire qui peut se déployer dans de pareils cas.

Signé : Quelques nouveaux amis de Robert Faurisson


Notes

[1] N. Goldmann, « Nahum Goldmann : au nom d’Israël ».
[2] Voy. Ecrits révisionnistes (1974-1998), 1999, vol. I, p. 38.
[3] Réponse d’O. Wormser-Migot à une lettre de R. Faurisson, 7 novembre 1977, Ecrits révisionnistes (1974-1998), 1999, vol. I, p. 38.
[4] Or, la LICRA l’avait bien assigné pour falsification de l’Histoire !