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Friday, July 8, 1994

Condamnation d'un libraire


A Bordeaux, Jean-Luc Lundi, libraire de trente-neuf ans, père de dix enfants, a été dénoncé au parquet pour avoir détenu, dans ses rayonnages, les Annales d’histoire révisionniste et la Revue d’histoire révisionniste (quatorze volumes).


Le président Louis Montamat (né le 11 novembre 1939 à Tarbes) le condamne, le 6 juillet 1994, à un an d’emprisonnement dont six mois ferme, à vingt mille francs d’amende et, probablement, à d’autres peines financières encore. Le condamné annonce son intention de faire appel. La Montagne ne souffle pas mot de l’affaire.


Ce même 8 juillet, j’apprends que, le 6 juillet, la police s’est présentée au domicile de Pierre Guillaume aux fins de perquisition, une fois de plus. P. Guillaume est convoqué le 11 août (n-ième convocation).


Alain Guionnet est sorti de prison.


Pour ma part, j’apprends que le procès, que j’ai perdu, contre Libération va me coûter environ cinquante mille francs. Libération avait imprimé que nous avions été condamnés Le Choc du Mois et moi-même à 30.000 F + 30.000 F d’amende en tout et pour tout. J’avais alors adressé au journal une lettre en "droit de réponse" où j’avais rappelé que la condamnation s’élevait, au total, non pas à soixante mille mais à trois cent soixante-quatorze mille francs; j’avais ajouté que nous étions en attente de deux autres procès pour la même interview de moi dans Le Choc du Mois et que cela faisait, au total, trois procès pour un même écrit.


8 juillet 1994

Friday, November 1, 1991

Une censure catholique



L’hebdomadaire La Vie (Groupe des Publications de la Vie catholique) annonçait dans sa livraison du 18 avril 1991 (p. 7) :

A l’occasion du procès Faurisson, L’Actualité religieuse dans le monde, éditée par notre groupe de presse, publie un dossier très complet sur les négateurs des chambres à gaz : qui sont-ils ? que veulent-ils ? quels sont leurs soutiens politiques et religieux ? Pour se procurer ce numéro spécial, daté du 15 avril, écrire à L’ARM, 163, boulevard Malesherbes, 75859 Paris Cedex 17. 35 F, port compris. 

Effectivement, L’ARM du 15 avril 1991 portait en couverture : « Enquête sur les négateurs des chambres à gaz. » En page 2, Jean-Paul Guetny y signait un éditorial intitulé « En parler ou pas... », qui commençait en ces termes :

L’homme, vous l’avez aperçu à la télé, se pavanant sous les flashes. Il s’appelle Robert Faurisson. Il a 67 ans. C’est un spécialiste de littérature française, discipline où il s’est médiocrement illustré. Sa notoriété vient d’ailleurs. Ancien pétainiste, zélateur de l’OAS, qui ne dédaigne pas la compagnie des adeptes du Ku Klux Klan ni des néo-nazis anglais, il a fondé en 1987, à l’occasion du procès Barbie, une revue, les Annales d’histoire révisionniste. 

Suivait un dossier de quinze pages (p. 6-24) sur Les Falsificateurs de l’histoire. Les révisionnistes y étaient vivement pris à partie mais on ne leur accordait pas le droit à la parole. La thèse révisionniste était exposée par les adversaires du révisionnisme. En page 13, figurait une photo de choc ainsi présentée : « Au camp de Dachau : la manette des gaz. » La preuve du crime était là : les Allemands avaient mis au point une machinerie comme il ne s’en rencontre nulle part ailleurs. Et pour cause : selon un procédé assez courant1, on avait reproduit la photo à l’envers ; le sol était au plafond et le plafond, au sol ; entre sol et plafond, deux innocentes canalisations et deux manettes en prenaient un aspect parfaitement diabolique.

Robert Faurisson et Henri Roques, gravement mis en cause, adressaient à la revue, chacun de son côté, un texte en droit de réponse (recommandé avec accusé de réception) dont voici des extraits :

Réponse de R. Faurisson (19 avril 1991) :

Dans votre livraison du 15 avril 1991, vous prétendez soumettre à vos lecteurs le dossier d’une « enquête » sur les révisionnistes. En réalité, vous dressez là un réquisitoire contre les révisionnistes que vous baptisez négateurs des chambres à gaz et ce réquisitoire fourmille d’erreurs.

Je ne me prénomme pas Pierre (p. 14) mais Robert (p. 2) et je n’ai pas 67 ans mais 62 ans. L’âge que vous m’inventez vous permet de me présenter comme un « ancien pétainiste » mais l’âge que j’ai en fait ne vous le permettrait pas ; j’ajoute qu’ainsi que je l’ai relaté dans un écrit que vous ne semblez pas avoir lu, j’ai, en 1942, à l’âge de treize ans, gravé sur mon pupitre d’écolier « Mort à Laval » parce que Laval venait de déclarer qu’il souhaitait la victoire de l’Allemagne plutôt que celle du bolchevisme en Europe. Je n’ai pas été un « zélateur de l’OAS » et je n’ai jamais été « inculpé de coups et blessures pour [mes] prises de position violentes en faveur de l’OAS » (p. 16) mais j’ai cotisé au Comité Maurice Audin contre la torture en Algérie, et cela en un temps où j’étais secrétaire de section du SNES, majoritairement communiste et socialiste.

Ce n’est pas moi qui ai fondé les Annales d’histoire révisionniste mais Pierre Guillaume, responsable de la Vieille Taupe (marxiste) et disciple de Paul Rassinier, lui-même ancien socialiste et ancien déporté résistant. J’aurais ainsi une dizaine d’autres erreurs à corriger sur mes supposées accointances avec le Ku Klux Klan, avec les néo-nazis anglais, etc.

Sur la question de fond, celle du génocide et des chambres à gaz, vous affectez de présenter nos arguments. Mais quand on accuse, c’est à l’accusé lui-même qu’il faut donner la parole, en direct. Ce n’est pas au procureur de présenter la thèse de la défense. A la fin, dans vos conseils de lecture (« Pour en savoir plus »), vous fournissez à vos lecteurs les références précises de huit publications mais aucune d’entre ces publications n’est révisionniste et toutes sont résolument hostiles au révisionnisme.

Nos arguments sont essentiellement d’ordre physique, chimique, topographique, architectural, documentaire et historique. Il faut les connaître à la source ou alors on s’abstient de les juger. 

Vous croyez confondre les révisionnistes en produisant sous le titre « Vérités de l’histoire » (sic) une photographie dont la légende porte : « Au camp de Dachau, la manette des gaz. » Or, vous devriez savoir que, depuis 1960, l’historiographie officielle a soudainement décidé que, contrairement à ce qu’affirmait le tribunal de Nuremberg, photographies et témoignages à l’appui, il n’y avait jamais eu de gazages homicides à Dachau. Aujourd’hui, un panneau en avertit les visiteurs du camp.

Selon un procédé assez courant, votre photographie a été mise sens dessus dessous et n’en paraît que plus bizarre et inquiétante. Remettez-la sur pied et vous constaterez la présence, en tout et pour tout, de deux inoffensives canalisations isolées pour vapeur d’eau ; voyez les manettes, les volants, les axes, les vannes, le contacteur et le dispositif de contrôle.

Vous écrivez : « Les révisionnistes seront-ils un jour condamnés pour délit de presse ? Il faudrait pour cela que la loi Gayssot soit appliquée plus strictement. » Vous écriviez ces lignes durant le délibéré du procès où, à vous en croire, je me « pavanais ». L’athée que je suis demande au chrétien que vous êtes s’il est humain d’en appeler ainsi à la loi contre un homme qui, en onze ans, a subi cinq agressions physiques et une tentative d’assassinat, qui a été accablé de procès et d’amendes, qui a vu saisir son salaire, et dont la vie personnelle, familiale et professionnelle a été bouleversée parce qu’il défend les conclusions de ses recherches. Le 18 avril, nous venons d’être condamnés, mon éditeur (pour le temps d’une simple interview) et moi-même, à une sanction de quatre cent trente mille francs (dont cent mille avec sursis). Professeur à salaire unique, marié, père de trois enfants, dépourvu detoute fortune, j’ai, dès le prononcé du jugement, récidivé, car tel est mon devoir. Ne hurlez pas avec les loups.

*

Réponse de M. Roques (23 avril 1991) :

A la suite de l’entretien que j’ai accordé à deux rédacteurs de votre mensuel, vous avez publié à mon sujet une sorte de biographie tendancieuse, sans me la soumettre au préalable. Je tiens à redresser un certain nombre d’erreurs. [...]

Avec une perfidie certaine, vous signalez que j’ai soutenu ma thèse de doctorat à Nantes devant un jury très « marqué » ; vous citez les noms de deux professeurs qui ont des convictions de droite, ce qui n’enlève rien à leurs compétences professionnelles ; vous avez omis le nom du professeur Pierre Zind, frère mariste, enseignant d’histoire à l’université de Lyon-II ; décédé en 1988, il était connu pour son action en faveur des minorités culturelles, incluses dans les nations européennes, qu’il s’agisse de son Alsace natale, du Val d’Aoste ou du Pays basque. Que penseriez-vous si la valeur d’une thèse de doctorat était contestée pour avoir été soutenue devant un jury très « marqué »... à gauche ? 

Je précise que ma thèse n’a pas été annulée, puisque la délibération d’un jury ne peut être remise en cause ; seule, la soutenance, donc la procédure administrative, a été annulée pour deux prétendues irrégularités. En mars 1988, j’ai déposé un recours devant le conseil d’État ; j’ai entamé la quatrième année de mon instance devant cette juridiction.

Par ailleurs, vous écrivez : « En mai 1990, en plein drame de Carpentras, il lance la Revue d’histoire révisionniste. » On peut parfaitement retourner votre phrase et écrire : « En mai 1990, en plein lancement de la Revue d’histoire révisionniste, survient le drame de Carpentras. » Il y a, certes, un scandale : le fait que les coupables de cette profanation n’aient pas encore été trouvés.

Dans votre article « Vérités de l’Histoire », vous privilégiez la prétendue chambre à gaz de Mauthausen qui, exceptionnellement dites-vous, n’a pas été détruite. C’est la photographie de ce mythique local homicide qui devrait illustrer votre article et non celle de banales canalisations qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher au camp de Dachau.

Je note à la page 12 que, pour « transmettre la mémoire » et convaincre les lycéens de la réalité de l’Holocauste, il suffit de leur faire visiter les plages normandes du Débarquement. C’est inattendu ! [...] 


*

Deux mois plus tard, dans sa livraison du 15 juin, L’ARM consacre quatre pages au courrier reçu à propos de ce dossier [1] :

Notre dossier intitulé : Les falsificateurs de l’histoire [...] a provoqué une avalanche de lettres. Nous en avons sélectionné quelques-unes, les plus caractéristiques. 

Ces quatre pages ne contiennent pas les réponses de R. Faurisson et d’H. Roques. Il n’est fait, pour les lecteurs, aucune allusion à l’existence de ces réponses. Max Gallo (le nègre du faussaire Martin Gray) est cité pour avoir écrit : « Je veux vous féliciter pour le remarquable numéro de l’ARM : un travail tout à fait essentiel. » Est également cité le rabbin Sirat (initiateur de la loi Fabius-Gayssot contre les révisionnistes) : « Permettez-moi de vous féliciter d’avoir le courage de rétablir la vérité contre les négationnistes. » 

Pour ce qui est de la photo, la rédaction s’engage dans de longs commentaires sur une « expertise » de la chambre à gaz de Dachau ; rédigée en 1967, cette « expertise », selon l’ARM, « n’a jamais été publiée ni en Allemagne, ni en France » ; le commentaire s’achève ainsi :

Bien sûr, rien ne prouve qu’une telle chambre à gaz homicide ait servi. Pour cela, une autre expertise serait nécessaire. 

L’ARM omet de dire à ses lecteurs qu’un panneau installé par les autorités du musée de Dachau prévient expressément les touristes que cette prétendue chambre à gaz « N’A JAMAIS SERVI ». 

Quant à l’étrange photo, elle fait l’objet d’un long développement sur son « authenticité » et sur l’absence de toute erreur... dans la légende. Mais, alors que la rédaction de la revue avait été prévenue par le professeur Faurisson que la photo avait été mise sens dessus dessous, on n’en souffle pas mot au lecteur et on se garde bien de lui dire : « Pour comprendre cette photo, il vous suffit de la retourner. »

A en juger par cette affaire, les responsables actuels de L’Actualité religieuse dans le monde se soucient peu du droit (le droit de réponse, par exemple), de l’exactitude des faits rapportés et des obligations du journaliste. 
1er novembre 1991

[1] Voy. le livre d’Evelyn Le Chêne sur Mauthausen ou la comptabilité de l'horreur, Paris, Belfond, 1974, photo 6a.


[Publié dans la RHR, n° 5, novembre 1991, p. 157-161, qui ne reproduisait que des extraits du texte en droit de réponse du professeur Faurisson.]

Thursday, July 9, 1987

Le révisionnisme historique vu par le journal "Le Monde" (du 12 mai au 9 juillet 1987)


• 12 mai. En page 9 : « Un tract néo-nazi » (« le désormais fameux tract attribué à un “collectif Lyon-Nancy-Strasbourg”, développant les thèses “révisionnistes” sur le génocide des juifs perpétré par les nazis »). 

En page 10 : « Annales d’histoire révisionniste. Une revue met en cause l’extermination des juifs ».

• 13 mai. En page 13 : « Dans un lycée parisien. Qu’est-ce qu’une chambre à gaz ? » 
• 14 mai. En page 12 : « Au tribunal de Paris / Des associations de déportés et la LICRA demandent la saisie des Annales d’histoire révisionniste ».
• 24-25 mai. En page 10 : « L’A.B.C. “révisionniste” sera révisé ». 
• 27 mai. En page 12 : « Les Annales d’histoire révisionniste interdites à la vente ». 
• 30 mai. En page 13 : « Après la publication de lettres “révisionnistes”. Le rédacteur en chef de Libération a présenté sa démission ». 
• 3 juin. En page 12 : « Les éternels malades de l’insulte anonyme » (à propos du « tract des lycéens » et d’un tract sur Élie Wiesel rédigé par (Robert Faurisson, non nommé) « un professeur révisionniste qui a récemment boxé un cameraman de nos confrères de FR3. Ce grand colérique [...] ». 
En même page : « Un tract révisionniste provoque une polémique au lycée Voltaire » (à propos du « tract des lycéens »). 
En page 48 : « Une “direction extraordinaire de la rédaction” est créée à Libération » (à propos des lettres révisionnistes publiées par ce journal). 

• 16 juin. En page 2 : Pierre Vidal-Naquet (« Les degrés dans le crime ») dénonce « la petite bande abjecte qui s’acharne encore aujourd’hui à nier la réalité du crime de génocide ». Le journal publie son texte à la page « Débats » ; il n’y a pas de débat. 
• 18 juin. En page 2, Jacques Baynac et Nadine Fresco (« Comment s’en débarrasser ? Les révisionnistes nient la réalité qui les excède parce qu’elle excède leur théorie ») dénoncent les révisionnistes. Les mots employés sont les suivants : Mentez, mentez... « Le mensonge »...trois mensonges... faux et mensonger... faux et mensonger... mensonge... mensonge... mensongère... pseudo-vérité... mensonge... redresseurs de morts. Le journal publie ce texte à la page « Débats » ; il n’y a pas de débat. Le titre de présentation porte en encadré : « Haine et révisionnisme » et parle de « pestilences ».
En page 14 : « Dans la file d’attente devant le palais de justice [de Lyon]. La mémoire et la rancune » (« un service d’ordre et des barrières métalliques qui débordent devant le palais de justice, juste assez sévère pour décourager des manifestants révisionnistes »).

• 25 juin. En page 33 : dans son compte rendu du procès Barbie, le journaliste rappelle que Me Henri Noguères dénonce « les révisionnistes de l’histoire ». 
• 28-29 juin. En page 17 : une journaliste écrit : « Programmé à la fin du procès Barbie, [Shoah] répond aussi à ceux qui voudraient aujourd’hui “réviser” l’histoire. »
En page 3 : un éditorial consacré au même film porte : « Cinq minutes du film, même prises au hasard, ruinent à elles seules au passage tous les volumes de l’indignité révisionniste ». 

• 2 juillet. En page 8 : « En confiant une mission à M. Hannoun (RPR). M. Malhuret veut relancer l’action contre le racisme et les discriminations ». Cet article contient, en particulier, les deux passages suivants :

Pour M. Malhuret (chargé des droits de l’homme), la loi de 1972 interdisant toute incitation à la discrimination raciale ne suffit plus à la situation actuelle. « Depuis, nous savons que le prix du pétrole a triplé, le chômage s’est installé et les thèses révisionnistes niant l’existence des chambres à gaz se répandent. »

D’autres signes « concomitants » au procès Barbie inquiètent M. Malhuret. Il s’agit des tentatives d’interprétation de l’Histoire touchant à l’existence des chambres à gaz et au génocide juif, de la publication d’annales « tendant à banaliser les actes du génocide ou à comparer le génocide nazi à l’attitude de la France en Algérie », interprétation qu’il qualifie de proche des thèses révisionnistes. Il note également la multiplication des tracts racistes signés notamment « La France propre » ou « Aigle noir ».  

En page 14 : « Cinq millions de Français ont regardé Shoah ». Dans cet article, on peut lire :

Un chiffre qui rend dérisoire la poignée d’irréductibles niant l’holocauste et cherchant à en convaincre les Français. Des tracts révisionnistes circulent en effet, actuellement à Paris, s’ingéniant à remettre en cause l’œuvre de Claude Lanzmann et l’existence des chambres à gaz. La LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) « scandalisée » par la diffusion de ces documents « demande aux autorités de prendre d’urgence toute disposition législative afin que les tentatives de falsification de l’holocauste tombent sous le coup de la loi antiraciste de 1972. »

• 4 juillet. En page 1 : dans son compte rendu du procès Barbie, le journaliste dénonce « le chant des sirènes révisionnistes » et le révisionnisme. 

• 5-6 juillet. En page 7 : « André Frossard : “Le juge silencieux” ». Le journal rapporte un article du Figaro où A. Frossard dit que depuis une vingtaine d’années « toute une jeunesse, remarquablement disposée à accueillir le vrai, n’entendait guère (sur Auschwitz et Treblinka) que le misérable discours du révisionnisme jetant sa pelletée de sarcasmes sur la tombe immense de tant de morts. »
En page 31, Bruno Frappat, rendant compte de Shoah, dénonce « les révisionnistes, les exclueurs de tout poil, les fortes têtes du mensonge et de la falsification, les gangsters de l’histoire ». 

• 9 juillet. En page 10 : « Inculpation du directeur des Annales d’histoire révisionniste. »

9 juillet 1987

Wednesday, July 1, 1987

Une fédération groupant plus de deux mille journalistes français demande aux autorités judiciaires de faire taire le professeur Faurisson


Le 1er juillet 1987, l’Agence France-Presse (AFP) a diffusé un communiqué, signé de Michel Castex, à l’occasion d’un texte du professeur Faurisson portant sur Shoah, film de Claude Lanzmann. Ce communiqué dit notamment :

Des individus comme Robert Faurisson, estime la Fédération [française des sociétés de journalistes], ne devraient pas pouvoir écrire impunément ce qu’ils écrivent et diffusent. L’infamie et le racisme ont des limites. La déontologie de l’information interdit qu’on puisse écrire n’importe quoi, les contre-vérités les plus folles, au mépris de la vérité et donc de la liberté de savoir, en connaissance de cause [...].

En plein procès Barbie, et alors que les tentatives révisionnistes se multiplient, conclut la Fédération, il est urgent que les autorités judiciaires, au nom du respect de l’information et des Droits de l’homme, sanctionnent de tels tracts infamants et leurs auteurs, en les empêchant de récidiver.

La Fédération française des sociétés de journalistes regroupe plus de vingt sociétés (notamment TF1, Antenne 2, FR3, l’Agence France-Presse, Le Monde, Sud-Ouest, L’Equipe,...), soit plus de deux mille journalistes au total. 

Le 3 juillet, le professeur Faurisson ainsi que Pierre Guillaume et Carlo Mattogno, seront inculpés d’apologie de crimes de guerre et de propagation de fausses nouvelles en raison du contenu du premier numéro des Annales d’histoire révisionniste. Ce numéro, sorti le 9 mai, a été saisi dès le 13 mai [1987]. Le 25 mai, il a fait l’objet d’une ordonnance de référé du juge Pluyette (tribunal de Paris) interdisant d’en poursuivre actuellement la distribution, la diffusion et la vente ; Pierre Guillaume pourra seulement en poursuivre la vente auprès des abonnés.

Dans son numéro du 5-6 juillet, Le Monde publiera (p. 31) un article de Bruno Frappat sur Shoah où seront condamnés, selon les propres termes du journaliste, « les révisionnistes, les exclueurs de tout poil, les fortes têtes du mensonge et de la falsification, les gangsters de l’histoire. »

Une loi est en préparation contre ceux qui « auront tenté de nier l’existence d’éléments constitutifs de ces crimes » (« crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité »). Ainsi ceux qui disent qu’il n’a pas existé de chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIe Reich pourront-ils être punis de prison [1]

En préparation également : l’obligation pour les élèves de l’enseignement du second degré de suivre des cours dits d’« Instruction civique et (de) Droits de l’homme » sanctionnés par des examens et, à partir de 1990, par une épreuve au baccalauréat ; ces cours comprendront un enseignement anti-révisionniste ; c’est ce qui ressort de la lecture de divers journaux [2].

1er juillet 1987


[1] Le Droit de vivre, juin-juillet 1987, p. 1, 2, 3, 8, 13-15. 
[2] Information juive, juillet 1987, p. 16, Le Monde, 2 juillet 1987, p. 8. etc.