Monday, August 27, 2012

Quand Jacqueline Piatier écrivait à Robert Faurisson au sujet des prétendues « chambres à gaz nazies »


Le 17 juillet 1977, Jacqueline Piatier, journaliste du Monde, m’adressait une lettre manuscrite dont, jusqu’à présent, j’ai tu l’existence. Cette lettre est antérieure d’un an et demi à la publication dans Le Monde, le 29 décembre 1978, de ma tribune sur « ‘Le problème des chambres à gaz’ ou ‘la rumeur d’Auschwitz’ », un texte qui mettra le feu aux poudres de la Shoah. Les temps ont bien changé. Dans la propagande shoatique la magique chambre à gaz s’est effacée à tel point que les historiens, en France et à l’étranger, ne la mentionnent plus que du bout de la plume. Aussi la rétrospective du 21 août 2012, intitulée « 29 décembre 1978 / Le jour où Le Monde a publié la tribune de Faurisson », ressemble-t-elle à un faire-part d’enterrement des chambres à gaz. Cette rétrospective est rédigée par une journaliste people qui, totalement ignorante du sujet, en est réduite à l’imprécation. Mais Yahweh entendra-t-il les cris de vengeance qu’elle pousse ainsi à la fois contre Faurisson et contre les journalistes qui, en 1978, lui ont ouvert les portes du Monde ?

Faurisson et ses quarante imperfections ou péchés

Ariane Chemin (à ne pas confondre avec sa collègue Anne Chemin) est le nom de la dame qui m’a trouvé au moins quarante imperfections ou péchés qu’elle dénonce dans les passages où figurent les mots suivants: 1) « mégalomane », 2) « thèses délirantes », 3) « prétendant », 4) « comédie », 5) « pétaradant », 6) « abreuve », 7) « autoritaire », 8) « sans succès », 9) « atterrissent à la poubelle », 10) « Les redresseurs de morts » [Nadine Fresco], 11) « marginalité », 12) « l’énormité des thèses » [Bruno Frappat], 13) « inanité de son propos », 14) « quinquagénaire fluet », 15) « ce nostalgique de Pétain », 16) « non issu de la gauche, comme il le prétend », 17) « est un menteur professionnel », 18) « a déjà eu maille à partir avec l’éducation nationale et la justice », 19) « un provocateur né », 20) « adore se victimiser », 21) « monstre idéologique », 22) « une mauvaise odeur de ‘mensonge’», 23) « Le mensonge » de ses pareils, « Tout cela paraît si stupide, si fantastique, si monstrueux de bêtise autant que d’ignorance qu’on est tenté de jeter cette soi-disant brochure (…) et de n’y plus penser. Eh bien ! On aurait tort ! » [Pierre Viansson-Ponté en 1977 au sujet d’une brochure révisionniste], 24) « procédurier tatillon », 25) « obsessionnel et hypermnésique », 26) « graphomane », 27) « son fatras pseudo-scientifique », 28) « est publié presque par effraction », 29) « falsificateur », 30) « dialecticien retors », 31) [Pierre Vidal-Naquet dans] Les Assassins de la Mémoire, 32) « négationnisme », 33) « monomaniaque », 34) « avançait masqué » [Laurent Joly], 35) « [Les historiens] ont réduit à néant les fantasmagories de Faurisson et de son fan-club antisémite », 36) « ce ‘faussaire de l’Histoire’, comme l’a appelé Robert Badinter », 37) « n’est plus qu’un protagoniste de la rubrique Justice », 38) « un bouffon qui se produit sur les estrades avec Dieudonné », 39) « l’invité de marque du président Ahmadinejad à Téhéran », 40) « Plus jamais un ‘professeur’ ».

Une lettre, révisionniste, de J. Piatier

J. Piatier (1922-2001) est entrée au Monde en 1945. En 1967, elle fonde Le Monde des livres. Le 17 juin 1972, elle assiste à ma soutenance de thèse dans l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne sur « la Bouffonnerie de Lautréamont », c’est-à-dire sur la bouffonnerie d’Isidore Ducasse (1846-1870), auteur des Chants de Maldoror par le Comte de Lautréamont. Le 23 juin, elle signe un compte rendu élogieux à la fois de la thèse et de la soutenance. Cinq ans plus tard, je lui envoie un texte résumant la conclusion de mes recherches sur les prétendues chambres à gaz nazies. On trouvera ci-après sa réponse  que je ne pouvais pas divulguer de son vivant sans lui faire courir de graves risques aussi bien professionnels que personnels et physiques. J’en souligne les deux passages sacrilèges.


 La Rédaction                       Paris 17 juillet 1977

 Cher Monsieur,

Votre texte est arrivé pendant mes vacances ce qui vous explique mon retard à vous répondre. Je connaissais déjà votre thèse sur les Chambres à gaz. Elle est virulente. Il se peut qu’elle soit vraie et aille un jour rejoindre au pays des légendes ces histoires d’enfants aux mains coupées par les Allemands qui couraient après la guerre de 14.

A moins qu’il ne paraisse un ouvrage sur la question (comme le livre américain que vous me signalez – mais il est déjà ancien [1]) le Monde des livres n’est pas le lieu pour ouvrir une telle polémique et surtout pendant les vacances, où l’on peut difficilement se procurer les références nécessaires.

Mais je garde votre note. Un jour ou l’autre, peut-être, j’y aurai recours. C’est un fameux lièvre que vous levez.

Croyez à mon bon souvenir.     Jacqueline Piatier


Le piquant de l’affaire est qu’A. Chemin, dans son libelle de 2012, fait compliment à J. Piatier, décrite sous les traits d’une femme « énergique et audacieuse », de m’avoir traité de « professeur pétaradant » comme s’il s’agissait d’un défaut de plus de l’ignoble et nul Faurisson. En réalité, comme le montre le contexte, J. Piatier trouvait la soutenance comparable à un « pétaradant » feu d’artifice ! Elle concluait : « On ne peut nier que [M. Faurisson] ait mis le doigt sur quelques-uns de nos maux et qu’il fasse régner, là où il passe, une bonne santé mentale et verbale que la jeunesse trouve à son goût » (« Maldoror entre M. Prudhomme et M. Fenouillard » (23 juin 1972, p. 13, 15) [2].

Au journal Le Monde mes découvertes sur le mythe des chambres à gaz nazies rencontraient alors – et, pour certains qui sont toujours parmi nous, rencontrent encore aujourd’hui – un vif intérêt auprès d’autres journalistes que J. Piatier. Je me réserve de fournir des noms ainsi que de révéler un certain document en possession du Monde dont la publication riverait leur clou à ceux et à celles qui, sachant que j’ai été la victime de dix agressions physiques en raison de mes travaux révisionnistes, ont l’aplomb soit d’écrire, soit de clamer : « [Faurisson] adore se victimiser ». J’ai la faiblesse de croire que ce document ferait honte aussi bien à certains de ceux qui traquent et chassent les révisionnistes qu’à ceux qui, par leur couardise, laissent le champ libre à la meute. En attendant, chez les historiens, la magique chambre à gaz ressemble de plus en plus à ce qui nous reste d’Ariel Sharon depuis six ans, à Jérusalem, dans une chambre d’hôpital : elle se meurt, elle est morte. Qu’on s’en avise enfin et qu’on se le dise, au Monde et ailleurs ! [3]