Thursday, June 15, 2006

Mémoire juive contre histoire : ou l’aversion juive pour tout examen critique de la Shoah

Elie Wiesel écrit dans ses mémoires: «Les chambres à gaz, il vaut mieux qu’elles restent fermées au regard indiscret. Et à l’imagination» (Tous les fleuves vont à la mer …, Le Seuil, 1994, p. 97). Comme lui, Simone Veil, Claude Lanzmann et bien d’autres sommités juives ont fini par recommander la même discrétion. Après trop de tentatives infructueuses pour relever le défi que leur avaient lancé les révisionnistes («Montrez-nous ou dessinez-nous une chambre à gaz nazie!»), ils ont préconisé l’abandon de la méthode historique ou scientifique au profit du recours à «la mémoire». Ce qu’ils appellent leur «mémoire» n’est qu’un fonds de récits et de témoignages non vérifiés. Comme ils ont normalement tendance à examiner de près ce qu’on leur présente comme véridique, l’historien ou le chercheur scientifique, fussent-ils juifs, seront tenus pour de dangereux fureteurs qui risquent de «contester» et de «réviser». On les écartera. En particulier, on les tiendra à distance du saint des saints que constituent la Shoah et son corollaire, le très juteux Shoah Business.

«Quel avenir pour la mémoire de la Shoah?»

«Quel avenir pour la mémoire de la Shoah?». C’est sous ce titre que Le Monde de ce jour (15 juin 2006, p. 3) publie un article où il se confirme que la mémoire de la Shoah et le Shoah Business sont à défendre contre toute approche des historiens, quels qu’ils soient. L’article s’ouvre sur le mot d’«argent». Evoquant les liquidités de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, organisation qu’elle préside, Simone Veil déclare: «Cet argent est l’argent des morts. Nous devons être très rigoureux dans sa gestion.» Il va de soi que «l’argent des morts» va aux vivants et il faut savoir que le banquier David de Rothschild convoite la succession de S. Veil. La dotation de la Fondation ne provient pas des juifs mais de sommes qui ont été versées par notre Caisse des dépôts et consignations, par la Banque de France, par la Poste, par des établissements de crédit et des sociétés d’assurances françaises. Exploitant, en effet, la déclaration du président Jacques Chirac, en 1995, sur le crime commis par la France contre les juifs de 1940 à 1944, un crime «irréparable» mais à réparer, les associations juives s’étaient ruées sur tous ces organismes, les accusant, sans preuves, d’avoir pris part à la spoliation des juifs pendant la guerre. Comme d’habitude en pareille matière, on s’était passé de tout procès. On avait formé sur mesure une commission ad hoc, la «Mission Mattéoli», et l’on avait orchestré un tintamarre médiatique, dont le journal Le Monde, supervisé par l’homme d’affaires Alain Minc, avait en quelque sorte pris la direction. Puis la note avait été présentée aux accusés, qui n’avaient eu d’autre ressource que de verser leurs contributions respectives sans le moindre murmure. Cela dit, s’il est une organisation qui devrait comprendre des historiens, c’est bien, penseront les naïfs, une fondation censée servir en premier lieu l’histoire et la recherche. En théorie, tel est le cas puisque, aussi bien, la première des cinq commissions spécialisées que comprend cette fondation s’appelle «Commission histoire et recherche». Mais, dans la réalité, cette commission a été confiée à un ambassadeur et, comme le dit l’historienne juive Annette Wieviorka, «dès le départ, les historiens ont été écartés des instances dirigeantes de la fondation.» Cette juste remarque, lourde de sens, est à retenir et à méditer.

Un précédent: le cas de l’historien israélien fondateur de Yad Vashem

Le cas du fondateur de Yad Vashem est hautement significatif. En 1959, le prestigieux historien israélien Ben Zion Dinur a dû, à cause de son respect pour l’histoire, démissionner de son poste de directeur de Yad Vashem (mémorial et institut de recherche de l’«Holo­causte», situé à Jérusalem). Ministre de l’Instruction publique et de la Culture de 1951 à 1955 et fondateur de Yad Vashem en 1953, le professeur Dinur avait, pour son malheur, préconisé une étude critique des innombrables récits et témoignages de «survivants». Historien professionnel de haute volée, le professeur Dinur était entré en conflit avec le lobby des «miraculés» juifs qui n’avaient cure de la critique historique et de la probité scientifique. Ces juifs-là avaient fini par l’emporter et, aujourd’hui encore, l’institut de recherches historiques Yad Vashem n’est composé, bien qu’il s’en défende, que d’historiens et de chercheurs qui servent la «mémoire» juive au détriment de l’histoire. En de rares occasions il est arrivé à des responsables de Yad Vashem de dénoncer de gros mensonges comme celui de «l’inepte histoire de Wannsee» (Yehuda Bauer en 1992) mais, mal­heureuse­ment, la totalité des historiens israéliens persiste, par exemple, à nous faire croire qu’il existe des témoignages véridiques sur les chambres à gaz nazies alors qu’en réalité une simple analyse de ces témoignages à la manière de Jean Norton Cru démontrerait de façon dirimante que, sur le sujet, il n’existe pas un seul témoignage véridique. Pas un seul docu­ment, pas une seule preuve non plus, d’ailleurs.

Georges Bensoussan

Georges Bensoussan est le rédacteur en chef de la Revue d’histoire de la Shoah, ancienne­ment Le Monde juif, éditée par le Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) de Paris. Il a consacré la livraison de janvier-juin 2005 de sa revue aux juifs de la Palestine, puis de l’Etat d’Israël, «face à la Shoah», de 1933 à 1961. Il en a signé l’éditorial (p. 5-20), où il rappelle qu’encore en 1948, la Shoah occupait chez les juifs d’Israël une place extrêmement restreinte dans l’enseignement général de l’histoire. C’est ainsi qu’il écrit: «En 1948, dans un manuel d’histoire juive, une dizaine de pages (sur 220) était consacrée aux guerres napoléoniennes contre une seule à la Shoah» (p. 13). Poursuivant son éditorial, G. Ben­soussan en vient à présenter une étude que l’universitaire israélienne Arielle Rein consacre à Ben Zion Dinur. Il écrit ces lignes, dont je souligne certains fragments:

Ben Zion Dinur, explique Arielle Rein, est partagé entre sa vision sioniste de l’histoire juive et son métier d’historien auquel il entend demeurer fidèle […]. Dès 1947 […], Ben Zion Dinur estime que face à la Shoah il s’agit de «ne pas brouiller. Ne pas embellir. Ne pas chercher à fuir devant la réalité.» C’est ainsi qu’il en appelle très tôt au traitement critique du témoignage par-delà la sacralisation latente de la parole du témoin. Comme, très tôt aussi, il convie à un travail critique dans l’esprit de celui qui avait animé Jean Norton Cru, l’auteur de Témoins (1929) qui avait passé au crible plusieurs centaines de récits de combattants de la Grande Guerre. L’histoire d’abord, assure Dinur, au risque de ne rien transmettre. C’est précisément cette attitude d’historien, et la vision par définition hétérodoxe qu’elle charrie dans un domaine aussi émotionnellement chargé, qui en 1959 le poussent à démissionner de la direction de Yad Vashem, un poste qu’il occupait depuis la fondation en 1953.

Ben Zion Dinur est un bon exemple des contradictions qui minent l’historiographie lors­qu’elle est aux prises avec le souci national de la patrie. Ainsi ne peut-on qu’être frappé du fait que les projets de loi qui conduisent à la fondation de Yad Vashem (mai 1953) comme à la mise en place d’un programme d’instruction publique (juin 1953) ne sont pas seulement concomitants, mais qu’ils sont dus au même homme, Ben Zion Dinur, alors ministre de l’Instruction publique. Un ministre qui demeure pourtant conscient de l’écueil que constitue, pour la connaissance du passé, l’instrumentalisation progressive de la Shoah dans le discours politique de l’Etat d’Israël (p. 15-16).

Il y a donc près de soixante ans, le plus prestigieux des historiens israéliens a manifesté des préoccupations semblables à celles d’un Paul Rassinier qui, en 1950, venait de publier Le Mensonge d’Ulysse. En conséquence, ses vues «hétérodoxes» (tel est le mot de G. Bensoussan) lui ont valu, comme à bien des révisionnistes, désaveu et démission forcée. Quant à « l’instrumentalisation» (c’est-à-dire, en l’espèce, l’emploi abusif) de la Shoah «dans le discours politique de l’Etat d’Israël», elle a été tellement «progressive» depuis tant de lustres qu’elle a fini par devenir la norme dans tout le monde occidental. La Shoah est aujourd’hui la référence suprême du discours moral, historique, philosophique, politique et religieux. Elle fonde un commerce ou un business, une industrie et une religion, qui, en Israël, en France et en bien d’autres pays du monde, sont protégés et garantis par la loi, par la justice et par les appareils gouvernementaux avec interdiction draconienne faite aux «hétérodoxes» de remettre en cause les points centraux de l’orthodoxie shoatique. G. Ben­soussan le reconnaît à la fin de son éditorial, quand il écrit: «[En 1952,] la Knesset [a institué] par la loi les éléments d’une ‘religion civile’ (p. 20)». Dans une note il précise: «Laquelle religion civile prendra plus d’importance après la Guerre des Six Jours en 1967. C’est à la fin des années 1980 que sont initiés les voyages de lycéens israéliens à Auschwitz. Au début 2000, près de 100 000 jeunes Israéliens auraient déjà participé à ce pèlerinage.» G. Bensoussan aurait pu ajouter ce que notait la livraison précédente de sa propre revue: «Durant les presque soixante ans d’existence du musée Auschwitz-Birkenau, le site a été visité par environ 25 millions de visiteurs du monde entier dont des personnes de diverses nationalités, de toutes confessions, des touristes, des pèlerins, des chefs d’Etat» (Revue d’histoire de la Shoah, juillet-décembre 2004, p. 154). A ce jour, il conviendrait d’ajouter deux autres millions de «pèlerins» et deux papes successifs, lesquels sont venus s’exhiber à Auschwitz en posture de repentance, à deux genoux, sous l’œil des caméras du monde entier. Avec beaucoup d’émotion, le pape actuel a même embrassé sur les deux joues l’un des plus notoires faux témoins d’Auschwitz, Henryk Mandelbaum, l’homme qui, en 1945, avait «témoigné» devant les Soviétiques qu’il était mort 4 500 000 détenus à Auschwitz. Aujourd’hui, les plaques commémoratives du camp indique le chiffre de 1 500 000 victimes mais Franciszek Piper, une autorité du Musée national d’Auschwitz, a opté pour le chiffre de 1 100 000, feu Jean-Claude Pressac pour un chiffre compris entre 631 000 et 711 000 et Fritjof Meyer pour celui de 510 000, tous chiffres considérablement gonflés et dépourvus de vraie justification.

Arielle Rein

Arielle Rein est maître de conférences en histoire juive à l’Université hébraïque de Jérusalem. Soutenue en 2000, en hébreu, sa thèse de doctorat portait sur l’œuvre de Ben Zion Dinur. Son article, publié dans la Revue d’histoire de la Shoah (janvier-juin 2005, p. 257-278), est intitulé: «L’historien, la mémoire et l’Etat / L’œuvre de Ben Zion Dinur pour la commémoration et la recherche sur la Shoah en Israël». Il commence en ces termes:

Ben Zion Dinur, né Dinaburg (Horol, 1884 – Jérusalem, 1973), fondateur de l’école historique de Jérusalem, ministre de l’Education [sic pour «de l’Instruction publique»] et de la Culture dans les années qui suivent la création de l’Etat d’Israël, de 1951 à 1955, est l’un des principaux protagonistes de l’élaboration des représentations de la Shoah dans la société israélienne, au cours de la première décennie de l’Etat. C’est dans le cadre de son mandat ministériel qu’il présente au gouvernement, puis à la Knesset, la «loi sur le souvenir de la Shoah et de l’héroïsme – Yad Vashem», supervise sa rédaction finale et met en œuvre sa ratification en 1953. L’objet de cette loi […] est la création d’une institution d’Etat préposée à la mémoire de la Shoah: Yad Vashem. Dinur en sera le premier président, de 1953 à 1959» (p. 257).

L’universitaire israélienne ne manque pas de rappeler la brillante carrière de l’historien. Ben Zion Dinur, écrit-elle, a joué «un rôle pionnier et directeur» dans la création de la Bibliothèque nationale israélienne et de la Société historique israélienne, ainsi que dans la création du département d’histoire juive de l’Université hébraïque, tout comme des Archives sionistes et des Archives centrales pour l’histoire du peuple juif; il a également été à l’origine de la création de l’Académie de la langue hébraïque et du Conseil de l’enseignement supérieur. De 1951 à 1955, il a, comme nous l’avons vu, exercé la double fonction de ministre de l’Instruction publique et de ministre de la Culture. «Son œuvre historique est monumentale» (p. 259). Il a été «à la fois le Guizot et le Lavisse de l’historiographie israélienne» (p. 261). Il a également joué un rôle directeur dans l’organisation du premier congrès mondial sur la Shoah, qui s’est tenu à Jérusalem les 13 et 14 juillet 1947. C’est dans la conférence d’ouverture de ce congrès qu’il a rappelé les exigences qui s’imposent à l’historien: «Ne pas brouiller. Ne pas embellir. Ne pas chercher à fuir devant la réalité [allusion probable aux multitudes de ‘juifs bruns’ qui avaient coopéré avec les Allemands, notamment dans les ghettos. RF]. Ne pas se cacher sous des formules routinières. Il nous incombe d’imposer une approche véridique de notre catastrophe nationale, comme point de départ, comme fondement de toute recherche sur l’histoire de notre temps» (p. 269).

Arielle Rein rappelle ensuite le conflit qui a opposé l’historien professionnel au lobby des serviteurs de la «mémoire», lobby principalement animé, dit-elle, par les «rescapés de la Shoah d’origine polonaise, formés à l’histoire avant guerre ou autodidactes mus par un sentiment de mission»; ces gens, écrit-elle, «souhaitent mettre l’accent sur les fonctions mémorielles et identitaires que doit remplir [l’institut de] Yad Vashem» (p. 276). Elle écrit encore:

De même [ces juifs] engagent-ils avec Dinur une polémique de longue durée sur la place respective des historiens et des témoins dans la recherche sur la Shoah. Pour les historiens rescapés, la Shoah est un événement unique et incomparable. De ce fait, elle exige une méthodologie particulière, dans laquelle doivent être privilégiés les témoignages de ceux qui l’ont vécue. A leurs yeux, la reprise scientifique et l’élaboration de ces témoignages par les historiens professionnels ne peuvent que trahir les sources. En conséquence de quoi, ils demandent une politique de publication qui soit tout entière concentrée sur la littérature du témoignage: journaux, mémoires et correspondance. Face à ces positions, Dinur maintient la nécessité d’établir la recherche sur la Shoah sur des bases rigoureusement scientifiques. Il considère que le témoignage, s’il est essentiel, constitue pour l’historien, seul formé et habilité à son traitement, une matière brute, n’ayant de valeur qu’après avoir été passée au crible de la critique historique (Ibid.).

En outre, les défenseurs du mensonge et de la légende exigeaient «une concentration exclusive de Yad Vashem sur les années de persécution nazie», soit 1933-1945, «contrairement à la vision intégratrice de Dinur, qui [avait choisi] d’avoir recours au long terme et de remonter aux années 1870» (p. 276-277). A. Rein conclut:

Ces conflits, confinés dans un premier temps à l’intérieur des murs de l’institution, vont en s’aggravant. A partir de 1958, ils sont rendus publics par la presse. Face à l’opposition croissante que suscite sa politique, à l’intérieur [de l’institut] Yad Vashem et dans une partie de l’opinion publique israélienne qui prend parti pour le camp des historiens rescapés, Dinur démissionne de ses fonctions en 1959 et retourne à ses multiples recherches dans le domaine de l’historiographie juive, qu’il poursuivra jusqu’à sa mort en 1973 (p. 277).

L’envol définitif du grand mensonge de la Shoah

C’est depuis ce temps-là que le grand mensonge de la Shoah a pris son envol définitif. Si, dans les années 1950, un Jean Norton Cru juif avait pu s’imposer en terre d’Israël, les champions du faux témoignage, les Elie Wiesel et les Ilia Ehrenbourg de tout calibre n’auraient pu déverser à prix d’or leurs immondices dans les pays occidentaux et dans le monde communiste. Le commerce, l’industrie et la religion de la Shoah, fondés en trop grande partie sur des récits de névrosés et de filous, ne règneraient pas aujourd’hui avec autant d’impudence. En 1950, le professeur Dinur n’était pas le seul juif à stigmatiser le fatras des faux témoignages de «survivants». A l’époque, le juif américain Samuel Gringauz, un ancien habitant du ghetto de Kaunas (Lituanie) pendant la deuxième guerre mondiale, dénonçait chez certains de ses coreligionnaires ce qu’il appelait «le complexe de surenchère dans l’histoire» (the hyperhistorical complex); il écrivait:

Le complexe de surenchère dans l’histoire peut se décrire comme judéocentrique, lococentrique et égocentrique. Il ne trouve essentiellement de signification historique qu’à des problèmes juifs liés à des événements locaux, et cela sous l’aspect d’une expérience personnelle. C’est la raison pour laquelle, dans la plupart des souvenirs et des récits, s’étalent une absurde verbosité, l’exagération du graphomane, les effets de théâtre, une présomptueuse inflation de l’ego, une philosophie d’amateur, un lyrisme d’emprunt, des rumeurs non vérifiées, des distorsions, des attaques partisanes et de minables discours («Some methodological problems in the study of the ghetto», Jewish Social Studies / A Quarterly Journal Devoted to Contemporary and Historical Aspects of Jewish Life, Vol. XII, Edited for The Conference on Jewish Relations, New York, 1950, p. 65).

S. Gringauz se faisait ainsi le porte-parole de tous ceux que suffoquait le déferlement de littérature juive et concentrationnaire au sortir même de la guerre. Aujourd’hui, les «témoins» juifs sont portés à dire que, juste après la guerre, ils se sont «tus» parce qu’il n’y avait personne pour les entendre ou les croire. En réalité, à propos de leurs souffrances, décrites comme à nulle autre pareilles, les juifs menaient déjà dans les années 1945-1948 un tel sabbat qu’effectivement des réactions de fatigue et de rejet avaient fini par se manifester, quand ce n’était pas des éclats de rire dans les conversations ou des saillies de chansonnier parisien («On croyait que c’étaient des fours crématoires; c’étaient des couveuses»).

En 1968, Olga Wormser-Migot notait, y compris dans les témoignages rendus sous serment lors des procès dits de «criminels de guerre»,

[…] la primauté accordée aux faits spectaculaires – et surtout l’exagération: outrance dans les récits d’horreur ou dans les possibilités du sabotage et de la résistance, grossissement du nombre réel des déportés et des victimes et, particulièrement dans les témoignages féminins, raffinement dans le sadisme sur fond de sexualité (caractère beaucoup plus sensible dans les témoignages de 45-47 que dans les témoignages postérieurs). La révélation de l’horreur des camps avait entraîné une telle débauche de récits de cruautés que la plupart des témoins n’ayant pas subi ces sévices ou n’en ayant pas été spectateurs, craignait inconsciemment de ne pas être considéré comme un véritable déporté s’il n’y faisait pas allusion (Essai sur les sources de l’histoire concentrationnaire nazie, thèse complémentaire dacty

lographiée, 1968, p. 322). Pour avoir ainsi manifesté son scepticisme aussi bien à l’endroit de ces «témoignages» que dans son étude du «problème des chambres à gaz», O. Wormser-Migot allait, elle aussi, connaître quelques déboires. Dans les années 1970, je lui avais rendu visite et elle m’avait alors mis en garde contre les dangers d’un scepticisme comparable au sien. Décidant de passer outre, je déclenchais les foudres juives. En un premier temps, l’historienne essayait de prendre ma défense mais, en un second temps, elle publiait contre ma personne un ouvrage d’une violence fébrile, préfacée par son coreligionnaire «Vercors» (Assez mentir!, Ramsay, 1979, 171 p.). De rares historiens juifs osent parfois, surtout en Israël, s’affranchir du joug et faire montre d’indépendance d’esprit mais, dès qu’on porte vraiment atteinte aux «témoignages» sur le saint des saints de la Shoah, c’est-à-dire sur les «chambres à gaz» et le «génocide», les juifs les plus téméraires reviennent sur leurs audaces premières et rallient, d’une manière ou d’une autre, le camp des religionnaires. Aujourd’hui, des bataillons de septuagénaires et d’octogénaires juifs des deux sexes propagent les mensonges de la Shoah jusque dans nos écoles, collèges, lycées et institutions diverses. Des régiments de jeunes gens sont emmenés en pèlerinage vers des lieux saints scénarisés. Des armées de journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision, des cinéastes, des musiciens, des artistes, des muséographes, des spécialistes du documentaire-documenteur, des architectes de l’horreur rivalisent d’inventions sur la «barbarie nazie» et la sainteté de la Shoah. Le professeur Dinur pourrait méditer sur le cas de Céline décrivant son voyage au bout de l’horreur:
On mentait avec rage au-delà de l’imaginaire, bien au-delà du ridicule et de l’absurde, dans les journaux, sur les affiches, à pied, à cheval, en voiture. Tout le monde s’y était mis. C’est à qui mentirait plus énormément que l’autre. Bientôt, il n’y eut plus de vérité dans la ville […] tout cela n’était que fantômes haineux, truquages et mascarades […]. Le délire de mentir ET DE CROIRE s’attrape comme la gale (Voyage au bout de la nuit [1932], Gallimard /Pléiade, 1973, p. 56).
Pour trop de juifs, les historiens indépendants sont, en effet, des gêneurs. Pour ces juifs-là, l’histoire n’est recevable que si elle cautionne et exalte «la mémoire», c’est-à-dire un capital d’inventions et de légendes inspirées de la tradition talmudique et tissées de témoignages non vérifiés, de preuves trafiquées et de comptes truqués. Pour répondre à la question posée par le journaliste du Monde, l’avenir de la Shoah restera donc dans le mensonge et l’argent. Tout comme l’a été son passé et tout comme se trouve être son présent. Les historiens intimidés devront donc encore attendre avant de s’engager dans la voie que leur ont ouverte Paul Rassinier, Ben Zion Dinur et les révisionnistes du monde entier.