Sunday, November 9, 2008

Encore un serpent de mer à Auschwitz !

La dernière livraison de Bild nous annonce qu’on vient de découvrir de nouveaux documents sur Auschwitz et qu’en particulier l’un de ces documents prouverait l’existence d’une chambre à gaz homicide dans ce camp. A Berlin, Hans-Dieter Kreikamp, responsable des Archives fédérales, a cru enfin trouver dans cette «découverte» le moyen de faire taire les révisionnistes.

En réalité, ce type de documents n’a rigoureusement rien de nouveau et le plan de la «chambre à gaz» en question (Gaskammer, en toutes lettres) est celui d’une simple «installation d’épouillage» (Entlausungsanlage, également en toutes lettres).

D’ailleurs, un passage de l’article de Bild prouve l’embarras de nos farceurs. Le voici en allemand, suivi de sa traduction en français: «Dass in der 11,66 mal 11,20 Meter großen „Gaskammer“ nicht Kleidungsstücke mit dem bei der SS üblichen Blausäure-Mittel entlaust, sondern Menschen vergast werden sollten, muss als sehr wahrscheinlich angenommen werden.» Soit, en français: «On doit tenir pour très vraisemblable que dans cette «chambre à gaz» de 11,66m par 11, 20m on n’a pas épouillé des pièces vestimentaires avec l’habituel moyen cyanhydrique des SS mais qu’on a dû y gazer des êtres humains.»

Le lecteur aura noté: «On doit tenir pour très vraisemblable […] qu’on a dû y gazer des êtres humains».

Ce passage a été escamoté dans les articles de la presse française ou anglaise qui me sont jusqu’ici parvenus et où l’on prétend citer Bild.

Je me permets de rappeler que j’ai été le premier au monde à publier les plans des crématoires d’Auschwitz censés contenir des chambres à gaz homicides, lesquelles étaient, en fait, soit des dépositoires, soit un abri anti-aérien, soit d’autres pièces inoffensives. J’ai découvert ces plans en 1976 dans les archives du camp et j’en ai commencé la publication dans le magazine espagnol Interviu (février 1979), où l’on me voit tenir un plan de crématoire tout à fait comparable à celui que publie Bild. Par la suite, je n’ai cessé de revenir, pendant près de trente ans, sur les conclusions à tirer de ces plans ainsi que de bien d’autres éléments tels que l’examen des lieux du crime, supposé, à Auschwitz, la bibliographie scientifique concernant les méthodes d’épouillage, de désinfection ou de désinfestation au moyen du Zyklon B et la procédure d’exécution au gaz cyanhydrique suivie dans les pénitenciers américains. (Inventé après la première guerre mondiale et encore en usage aujourd’hui sous un autre nom, celui de Cyanosil, le Zyklon B est un produit à base d’acide cyanhydrique.) Par la suite, à peu près tous les chercheurs révisionnistes (Fred Leuchter, Germar Rudolf, Carlo Mattogno et tant d’autres) ont abondamment fait usage de ces plans ou d’autres plans encore, que Bild découvre aujourd’hui comme on découvre la lune ou le monstre du Loch Ness. Les antirévisionnistes ont bien dû, eux aussi, à leur tour, publier ces plans et tenter, mais en vain, d’en contester l’évidente signification. Tel a été, en particulier, le cas du pharmacien Jean-Claude Pressac. Je rappelle que ce dernier, après avoir déployé les formidables moyens mis à sa disposition par le couple Klarsfeld pour soutenir la thèse de «l’Holocauste» en général et des prétendues chambres à gaz homicides d’Auschwitz en particulier, a fini par écrire que, tout bien considéré, cette thèse était à jeter «aux poubelles de l’histoire» (Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Gallimard, 2000, p. 652).

En fin de compte, le journaliste de Bild n’a fait que recycler une rumeur.

Reste à savoir si les autorités juives vont lui faire grief de sa lourdeur ou le féliciter de sa bonne volonté à servir leur propagande.