Saturday, November 22, 2008

Pour Patrick Jarreau, chroniqueur au «Monde»

Monsieur,

L’article que vous intitulez «Coups de canif dans le ‘politically correct’» (Le Monde, 22 novembre 2008, p. 2) m’a intéressé.

Depuis quelques années, je suis les activités de «Liberté pour l’histoire» et je recueille les déclarations sur le sujet de feu René Rémond, de Pierre Nora, de Françoise Chandernagor et de Grégoire Kauffmann. Ces personnes se donnent des airs d’aller parfois contre le vent dominant des idées ou des tendances, c’est-à-dire contre ce que vous appelez le «politically correct». Mais, en fin de compte, y compris par le récent «Appel de Blois», où l’on donne à croire qu’on est contre toutes les lois mémorielles, on cherche, en fait, à préserver le caractère unique de la loi Gayssot. Cette loi que William Bourdon, avocat du Monde, a justement qualifiée d’«atroce» est chère aux juifs. Dès le mois de mai 1986, elle a été réclamée par le grand rabbin Sirat et ses amis. C’est Laurent Fabius et non Jean-Claude Gayssot qui, non sans mal, en a obtenu l’institution le 13 juillet 1990. Comme vous le montrez fort bien, la voici devenue aujourd’hui la seule loi mémorielle assortie de sanctions. Extraordinaire privilège! Bien loin derrière elle, en position de rattrapage, apparaissent deux autres lois mémorielles (l’arménienne et la noire) qui – attention! – ne sont pas assorties de sanctions. En troisième position, enfin, figurent toutes les autres lois mémorielles possibles: elles passeront à la trappe ou laisseront place, tout au plus, à des «résolutions».

Les organisations juives devraient pousser un soupir de soulagement: la religion de «l’Holocauste» ainsi que l’industrie ou le business de la Shoah vont conserver leur privilège, leur exclusivité; les autres «mémoires» ne peuvent plus espérer de véritable estampille gouvernementale. Soupir de soulagement au CRIF: «A nous, et à nous seuls, le recours aux lois, aux juges et aux gendarmes!» On ne mélangera plus les serviettes et les torchons.

Votre titre m’étonne. Pour ma part, je ne vois pas ici de «coups de canif dans le ‘politically correct’». Nous sommes, au contraire, en plein dans le respect du politiquement correct. Ce sont les propositions de lois vendéennes, colonialistes ou autres qui auraient pu donner des coups de canifs, mais on n’en parlera plus. Ce sont les lois arméniennes ou noires qui auraient pu remettre en cause le très politiquement correct privilège des juifs, mais elles ne sont pas et ne seront pas assorties de sanctions, elles.

Vous stigmatisez «les nazis», «les troupes allemandes», «l’antisémitisme» et le «négationnisme», lequel, pour vous, ne serait qu’«une nouvelle stratégie de l’antisémitisme». Vous insistez sur la «tragédie» des juifs «qui pèse sur la conscience occidentale»; vous prenez soin de le faire sans évoquer, à la même époque, les trop REELLES tragédies des enfants allemands phosphorisés, des enfants japonais atomisés, des femmes violées ou tondues, des plus formidables déportations qu’ait jamais connues l’histoire des hommes, des abominables épurations qui se poursuivent encore aujourd’hui plus de soixante ans après la fin du conflit, de la guerre délibérément faite aux civils par Churchill et Roosevelt, du terrorisme et du communisme moscoutaire d’Uncle Joe, notre cher et fidèle allié. En somme, je vous vois donner là dans tous les godants de l’époque. Votre article lui-même me semble donc d’une irréprochable correction politique. Qu’en pensez-vous?

Recevez, je vous prie, mes salutations.

Robert FAURISSON