Wednesday, September 10, 2008

Solidité du révisionnisme, fragilité de l’exterminationnisme

«On ne pensait pas avoir à prouver un jour l’existence des chambres à gaz nazies». Cette naïve réflexion a été courante dans les années 1980 chez les exterminationnistes, c’est-à-dire chez les tenants de «l’Holocauste» ou de «la Shoah».

De 1945 jusqu’au milieu des années 1970, des révisionnistes tels que Maurice Bardèche, Paul Rassinier et leurs pareils n’ont eu droit qu’à l’anathème, aux procès et, surtout, au silence. Mais soudain, à partir de la fin des années 1970 et au début des années 1980, ont commencé à se répandre des écrits révisionnistes comme ceux d’Arthur R. Butz, aux Etats-Unis, et de Richard Harwood, en Grande-Bretagne, tandis que la France, en novembre 1978, assistait à l’éclatement de «l’affaire Faurisson». Les tenants de «l’Holocaust» ont alors dû faire un constat des plus cruels: les révisionnistes disposaient d’une argumentation de nature réellement scientifique tandis qu’en face on n’avait rien de vraiment sérieux à leur opposer. Il fallait d’urgence que les historiens de «l’Holocauste» se réveillent. Ce constat, Pierre Vidal-Naquet l’a fait dès 1979. Il a adjuré les historiens de « se mettre au travail » mais sans grand succès. Il s’est lui-même mis à la tâche, en complet amateur. Georges Wellers a échoué à son tour et on ne parlera pas ici de Léon Poliakov ou de Joseph Billig. Ce bilan, ce n’est pas un révisionniste qui le dresse mais des exterminationnistes tels Raul Hilberg, Serge Klarsfeld et Valérie Igounet. Ils en conviennent amèrement: pour eux, ce sont les «négationnistes» qui, sans le vouloir, ont réveillé, puis stimulé la recherche sur «l’Holocauste».

Dans son Histoire du négationnisme en France (Seuil, 2000, 701 p.), V. Igounet évoque le colloque international tenu à la Sorbonne, du 29 juin au 2 juillet 1982, pour tenter de répondre à l’offensive révisionniste qui, au tournant des années 1970/1980, venait de se déclencher en France. Raymond Aron et François Furet présidaient ce colloque transformé en chambre ardente. J’étais l’accusé principal. J’avais donc demandé d’assister à mon procès, quitte à m’abstenir de toute intervention personnelle, mais les deux universitaires m’avaient opposé un refus catégorique: pour eux, ma présence n’était «pas négociable». Or l’entreprise, annoncée à son de trompe médiatique, allait s’achever sur un fiasco. Dans leur conférence de presse finale, à la consternation des journalistes présents, les deux organisateurs déclaraient que, «malgré les recherches les plus érudites», on n’avait trouvé aucun ordre de tuer les juifs d’Europe; quant aux «chambres à gaz nazies», sujet essentiel du colloque, R. Aron et F. Furet n’en soufflaient mot.

Dix-huit ans plus tard, en 2000, V. Igounet revient sur ce colloque et consacre un développement au rôle, qu’elle juge positif, du «négationnisme». Elle écrit:

Si cette manifestation scientifique [du 29 juin au 2 juillet 1982] permet de faire état précisément des connaissances mondiales sur l’histoire du génocide juif, elle met en évidence certaines faiblesses historiographiques de l’histoire de cette période. L’historien américain Raul Hilberg, auteur de The Destruction of the European Jews, choisit ce moment pour s’interroger sur les «bienfaits de la négation de l’histoire». Il perçoit dans l’émergence du négationnismeune sorte de stimulation pour la recherche historique:

Je dirai que, d’une certaine manière, Faurisson et d’autres, sans l’avoir voulu, nous ont rendu service. Ils ont soulevé des questions qui ont eu pour effet d’engager les historiens dans de nouvelles recherches. Ils ont obligé à rassembler davantage d’informations, à réexaminer les documents et à aller plus loin dans la compréhension de ce qui s’est passé. […] Je suis toujours à la recherche de nouveaux documents. Les chambres à gaz [comprendre: la contestation de leur existence], c’est évidemment l’accusation la plus terrible. Les gens qui les ont construites et qui ont opéré dans les camps ont pris soin de ne rien laisser derrière eux après la guerre. Ils savaient qu’on leur demanderait justice, puisque c’est principalement par ce moyen que s’est opérée l’extermination [«Les archives de l’horreur», Le Nouvel Observateur, 3-9 juillet 1982, p. 71].

La position de Raul Hilberg, isolé à l’époque, gagne peu à peu les esprits français. A l’instar de Raul Hilberg, Serge Klarsfeld considère que les «thèses» négationnistes «ont provoqué un effet intellectuel positif dans la mesure où elles ont animé l’énergie et […] aiguillé les gens vers les recherches. Des jeunes chercheurs se sont demandé pourquoi ils iraient travailler sur un sujet si lointain ou subalterne par rapport à une question aussi importante qui est en quelque sorte une terre inconnue del’histoire» [Entretien avec Serge Klarsfeld, Paris, 19 février 1996]. Selon l’avocat, au moment de l’affaire Faurisson, il existait «très peu d’études historiques sur la question juive qui répondaient à des critères universitaires». Les négationnistes ont réveillé la vitalité de «ceux qui avaient à défendre une cause et qui avaient à la défendre non pas en recourant à l’anathème, mais en recourant tout simplement au travail. […] C’est cela le résultat du négationnisme; il n’y aurait pas eu de négationnisme [comprendre: s’il n’y avait pas eu de négationnisme], il n’y aurait pas eu ces cris d’alerte disant: ‘Il faut mettre sur pied des grands centres de documentation’ et qui ont permis d’ailleurs de rassembler l’argent nécessaire».
Ce développement de V. Igounet revient à dire qu’à partir de l’éclatement de «l’affaire Faurisson» en novembre 1978, jusqu’à 1982, on s’est essentiellement contenté de recourir à l’anathème contre les «négationnistes» au lieu de leur répliquer sur le terrain scientifique. C’est qu’alors, toujours selon V. Igounet et ses amis, il n’existait, sur le sujet du génocide des juifs et des chambres à gaz nazies, que très peu d’études historiques répondant à des critères universitaires. Il aurait fallu travailler, mais on s’était abstenu de le faire. Le sujet était encore, en quelque sorte, une terre inconnue pour les historiens orthodoxes. Faurisson et d’autres «négationnistes», eux, avaient travaillé. Leurs travaux ont stimulé la recherche, ont incité à recueillir davantage d’informations, ont poussé à un réexamen de documents acceptés jusqu’ici comme probants. Ils ont réveillé la vitalité de ceux qui dormaient. A leur réveil, ces derniers se sont alarmés. Ils ont alors, par exemple, découvert qu’il n’y avait pas de preuves de l’existence des chambres à gaz nazies (explication, naïvement fournie, à ce mystère: les criminels allemands avaient trouvé le moyen de supprimer toutes les traces physiques, toutes les preuves documentaires et tous les témoins!).

Les exterminationnistes renoncent peu à peu aux arguments de la raison

A relire aujourd’hui cette page écrite il y a huit ans, l’on est tenté de croire qu’après R. Hilberg et le colloque de Paris (1982) ou après S. Klarsfeld (dont l’entretien date de 1996) ou encore après V. Igounet (dont le livre a été publié en 2000), la situation a dû s’améliorer pour les tenants de la thèse du génocide des juifs et des chambres à gaz nazies. Il n’en est rien. En fait, leur situation s’est aggravée. Une à une, toutes leurs tentatives de réplique à l’argumentation et aux découvertes des révisionnistes ont fait chou blanc. Leur échec est aujourd’hui total, et cela à telle enseigne que, depuis la fin des années 1990 (soit depuis l’ultime tentative, dérisoire, du juif canadien Robert Jan van Pelt en 1996), les historiens qui défendent la thèse officielle ne cherchent plus vraiment à démontrer la réalité du crime lui-même ou de l’arme du crime. Leurs ouvrages désormais présupposent que ce crime et cette arme ont existé. A partir d’un tel axiome, ces historiens compilent, théorisent, brodent, et chacun d’entre eux, plus que jamais, y va de son sentiment particulier. Revoici Hortius, Rullandus, Ingolsteterus et Libavius. En quelque sorte, voilà que sont de retour les savants en «us», chers à Fontenelle, lesquels nous débitent à nouveau l’histoire de la dent d’or, «en partie naturelle, en partie miraculeuse», soudain venue à un enfant de Silésie âgé de sept ans mais aucun d’entre eux ne se hasarde à examiner la dent de près afin, au préalable, d’en établir la réalité, l’authenticité et pour déceler une éventuelle supercherie. Nos modernes historiens de «l’Holocauste», tel Saul Friedländer, ne font plus que ressasser leur catéchisme et l’illustrer. Parmi eux, dissertant sur le mode philosophique, les pédants se sont gravement interrogés sur le point de savoir si l’entreprise d’extermination des juifs avait été «intentionnelle» ou «fonctionnelle» ou encore «en partie intentionnelle, en partie fonctionnelle». Avec un R. Hilberg, alarmé par sa découverte de l’argumentation révisionniste et récrivant sa thèse en conséquence, ils ont cherché refuge dans la parapsychologie, la parahistoire et la transmission de pensée («an incredible meeting of minds, a consensus-mind reading by a flar-fung bureaucracy»). Aujourd’hui, donnant leur langue au chat, les historiens professionnels de «l’Holocauste» laissent place aux religionnaires de «l’Holocauste». Il n’y en a donc plus maintenant que pour la croyance et l’observance religieuses ainsi que pour le «Shoah Business» et le «Shoah Barnum»! D’une certaine manière, les historiens officiels sont revenus à leur situation d’avant le milieu des années 1970 avec la différence que, cette fois, s’étant enfin éveillés de leur torpeur et mis au travail, ils ont vite constaté qu’il n’existait aucun argument, aucun document, aucune preuve à opposer à ces diables de «négationnistes» qui ne leur demandaient pourtant qu’une preuve, une seule preuve de leur choix (et surtout pas un amoncellement de «preuves», de «témoignages» ou de «confessions»).

Un ultime sauveur: le Père Patrick Desbois

L’ultime sauveur leur est venu en la personne d’un prêtre catholique dont j’ai déjà parlé mais sur le cas duquel je me promets de bientôt revenir. Il s’agit du Père Patrick Desbois, auteur, en particulier, de l’ouvrage intitulé Porteur de mémoires / Sur les traces de la Shoah par balles, Michel Lafon éd., Neuilly-sur-Seine, 2007, 335 p. Le concept de la «Shoah par gaz» étant manifestement en perdition, le Père Desbois, non sans hardiesse, propose depuis quelque temps deux nouveaux concepts salvateurs, celui de «la Shoah par balles» et celui de «la Shoah par étouffement [sous édredon]»; pour cette dernière, on se reportera, vers la fin de son livre, aux pages 304-307, qui sont comme le bouquet couronnant l’édifice d’extravagances construit par le bon père. Notre homme s’est acquis une renommée internationale et, en France, le président de la République vient de lui remettre la Légion d’honneur. A la fin de son livre, il exprime sa reconnaissance au ban et à l’arrière-ban des autorités religieuses et civiles qui l’ont soutenu de cent manières dans son entreprise. Il nomme feu le cardinal Lustiger, Mgr Vingt-Trois, le cardinal Ricard, Simone Veil, des autorités rabbiniques, Serge et Beate Klarsfeld, le Congrès juif mondial, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le Centre de documentation juive contemporaine de Paris (CDJC), de multiples musées et centres de recherche en France et à l’étranger, ainsi que quelques historiens. Rien n’illustre la dégradation de l’historiographie holocaustique ou shoatique comme l’empressement général à saluer en la personne du Père Desbois le sauveur d’une histoire officielle qui, fondée sur des bases sans consistance et se révélant de plus en plus fragile au cours du temps, a dû laisser place à une religion aux inventions les plus délirantes.

Imperturbables, les révisionnistes, de leur côté, continuent de stimuler la recherche historique et la font avancer au pas de la raison, quoi qu’il leur en coûte.