Tuesday, July 15, 2008

Roosevelt en prière… pour mieux tuer


Dans son volume 14 (juin 2008), la revue Tabou (Editions Akribeia, 45/3, Route de Vourles, 69230 Saint Genis Laval) reproduit quelques fragments d’une prière lue à la radio par F.-D. Roosevelt le 14 juin 1942. Le 14 juin est, aux Etats-Unis, le “Flag Day” ou “Jour du drapeau national”. Ci-dessous, après l’adresse où il peut être consulté, on trouvera d’abord dans sa version anglaise, puis dans sa traduction en français le texte de cette prière, qui serait due à un certain Stephen Vincent Benét.

http://www.scribd.com/doc/222180/We-Stand-United-and-other-Radio-Scripts-by-Stephen-Vincent-Benet

Prayer


God of the free, we pledge our hearts and lives today to the cause of all free mankind. Grant us victory over the tyrants who would enslave all free men and nations. Grant us faith and understanding to cherish all those who fight for freedom as if they were our brothers. Grant us brotherhood in hope and union, not only for the space of this bitter war, but for the days to come which shall and must unite all the children of earth.


Our earth is but a small star in the great universe. Yet of it we can make, if we choose, a planet unvexed by war, untroubled by hunger or fear, undivided by senseless distinctions of race, color or theory. Grant us that courage and foreseeing to begin this task today that our children and our children's children may be proud of the name of man. The spirit of man has awakened and the soul of man has gone forth. Grant us the wisdom and the vision to comprehend the greatness of man's spirit, that suffers and endures so hugely for a goal beyond his own brief span. Grant us honor for our dead who died in the faith, honor for our living who work and strive for the faith, redemption and security for all captive lands and peoples. Grant us patience with the deluded and pity for the betrayed. And grant us the skill and valor that shall cleanse the world of oppression and the old base doctrine that the strong must eat the weak because they are strong. Yet most of all grant us brotherhood, not only for this day but for all our years -- a brotherhood not of words but of acts and deeds. We are all of us children of earth -- grant us that simple knowledge. If our brothers are oppressed, then we are oppressed. If they hunger, we hunger. If their freedom is taken away, our freedom is not secure. Grant us a common faith that man shall know bread and peace -- that he shall know justice and righteousness, freedom and security, an equal opportunity and an equal chance to do his best, not only in our own lands, but throughout the world. And in that faith let us march toward the clean world our hands can make.

Amen.


Prière


Dieu des hommes libres, nous vouons aujourd’hui nos coeurs et nos vies à la cause de l’humanité libre tout entière. Accorde-nous la victoire sur les tyrans qui voudraient asservir tous les hommes et toutes les nations libres. Accorde-nous foi et compréhension afin de chérir tous ceux qui se battent pour la liberté comme s’ils étaient nos frères. Accorde-nous la fraternité dans l’espoir et dans l’union, non seulement pour la durée de cette âpre guerre mais pour les jours à venir qui uniront et doivent unir tous les enfants de la terre.


Notre terre n’est qu’une petite étoile dans le grand univers. Pourtant, si tel est notre choix, nous pouvons en faire une planète épargnée par la guerre, à l’abri de la faim ou de la peur, sans divisions dues à d’insensées distinctions de race, de couleur ou de théorie. Accorde-nous ce courage et cette prévoyance afin d’entreprendre aujourd’hui cette tâche pour que nos enfants et les enfants de nos enfants puissent être fiers du nom d’homme. L’esprit humain s’est éveillé et l’âme humaine a progressé. Accorde-nous la sagesse et la vision qu’il faut pour comprendre la grandeur de l’esprit humain, lequel souffre et endure si immensément pour un but qui est au-delà de son bref espace de temps à vivre. Accorde-nous honneur pour nos morts qui sont morts dans la foi, honneur pour nos vivants qui travaillent et luttent pour la foi, le salut et la sécurité de tous les pays et les peuples captifs. Accorde-nous la patience avec ceux qui sont dans l’erreur et la pitié pour ceux qu’on a trahis. Et accorde-nous l’adresse et le courage qui purgeront le monde de l’oppression et du vieux et vil principe selon lequel les forts doivent dévorer les faibles parce qu’ils sont forts. Mais par-dessus tout accorde-nous la fraternité non seulement pour ce jour-ci mais pour toutes nos années à venir – une fraternité non en paroles mais en actes et en faits. Nous sommes tous des enfants de la terre – accorde-nous simplement de le savoir. Si nos frères sont opprimés, alors nous sommes opprimés. S’ils ont faim, nous avons faim. Si leur liberté leur est enlevée, notre liberté n’est pas assurée. Accorde-nous de croire tous ensemble que l’homme connaîtra le pain et la paix – qu’il connaîtra la justice et la vertu, la liberté et la sécurité, des possibilités et des chances égales de donner le meilleur de lui-même, non pas seulement dans nos pays mais à travers le monde. Et armés de cette foi, marchons vers ce monde propre que nous pouvons façonner de nos mains.

Amen.


L’homme qui, le 14 janvier 1942, débite ces niaiseries humanitaristes va bientôt se mettre à phosphoriser les enfants allemands, à préparer l’atomisation des enfants japonais et à livrer la moitié de l’Europe à Uncle Joe. Plus tard, après avoir massacré tant d’Européens et d’Asiatiques pendant la seconde guerre mondiale, son peuple, à l’occasion de bien d’autres guerres, tuera les enfants coréens, vietnamiens, guatémaltèques, salvadoriens, panaméens, serbes, afghans, irakiens, palestiniens et peut-être bientôt les enfants iraniens, et tout cela grâce à des armes ou des produits chimiques de plus en plus sophistiqués. « In God we trust ».

Cette prière n’offre après tout qu’un échantillon de ce qu’en 1937 Céline appelait des « bagatelles pour un massacre » à venir. L’année suivante, le même Céline lançait, en vain comme on le sait, un dernier cri d’alarme contre « l’école des cadavres », c’est-à-dire contre le dressage des hommes à la guerre, à la mort. Aujourd’hui, dans nos écoles, l’on continue, sous une forme laïcisée, à réciter ce type de prière rooseveltienne et à présenter la boucherie de 1939-1945 comme la croisade menée par les bons, Staline y compris, contre la bête immonde. A l’issue du procès de Nuremberg, du procès de Tokyo et de cent autres procès du même acabit, les vainqueurs ont goûté l’intense satisfaction morale de pendre les vaincus. Sous le couvert de bonnes paroles et en lui mentant effrontément on inculque à la jeunesse l’esprit de croisade, de guerre et de vengeance. Les dieux ont soif et Yahweh plus que tout autre. Il lui faut de constants holocaustes mais des vrais, des holocaustes de goïm. Et il n’est rien de tel pour développer l’ardeur guerrière et missionnaire de l’Occident que « la mémoire de l’Holocauste des juifs », c’est-à-dire un mythe qui est devenu l’arme numéro un de la propagande belliciste de l’Etat juif et de l’Armée juive. « In Yahweh ye shall trust ».

15 juillet 2008