Tuesday, July 1, 2008

Quand R. Badinter rêve de défendre l’auteur d’un assassinat commis … pour la cause des juifs

Robert Badinter ne se contente pas de pratiquer la diffamation commise … de bonne foi; il aurait aussi aimé défendre l’auteur d’un assassinat commis … pour la bonne cause, laquelle, comme on va le voir, se trouve être, en la circonstance, la cause des juifs.

Le 11 novembre 2006, sur la chaîne de télévision «ARTE», il avait eu l’extraordinaire aplomb (shutzpah) de déclarer: «Le dernier procès que j’aurai plaidé dans ma vie avant de devenir ministre [de la Justice], c’est l’affaire, c’est le procès contre Faurisson. [En 1981] j’ai fait condamner Faurisson pour être un faussaire de l’histoire.» Ce mensonge m’avait obligé à le poursuivre en justice pour diffamation. Par un jugement du 21 mai 2007, les juges de la XVIIe chambre du tribunal de grande instance de Paris ont constaté que R. Badinter avait «échoué en son offre de preuve», c’est-à-dire qu’il avait prétendu leur apporter des preuves de son allégation mais que ses «preuves» étaient, en fin de compte, sans valeur. Toutefois, les mêmes juges m’ont débouté de mes demandes en accordant à mon diffamateur «le bénéfice de la bonne foi». Je n’ai pas interjeté appel: l’important pour moi était que, désormais, j’avais une confirmation judiciaire de ce que R. Badinter s’était, à mon égard, publiquement comporté en diffamateur avéré. Dans un récent article de Tribune juive, Bernard Jouanneau, son propre avocat, vient de faire trois intéressantes déclarations, que voici: 1) «La Shoah m’est tombée dessus en 1972 lorsque Robert Badinter m’a fait entrer à la LICRA. Dès lors, j’ai fait du combat contre Faurisson l’engagement de toute ma vie»; 2) parlant du procès de 1981/1983 (jugement en 1981 et arrêt en 1983) il reconnaît avoir subi là, avec son ami et client, «une défaite»; il admet que «M. Faurisson [n’a pu] être convaincu de mensonge» et il s’indigne encore aujourd’hui d’une décision judiciaire en laquelle il voit «une démission de la justice»; 3) quant au jugement de 2007, il en parle comme d’«un succès mitigé» et il ajoute: «Il aurait fallu que Badinter obtienne une décision qui condamnait Faurisson pour avoir commis un faux. Pour le tribunal, la preuve de la vérité n’a pas été apportée [par R. Badinter]. Du coup, Faurisson a le sentiment d’avoir gagné car la vérité du fait diffamatoire n’a pas été retenue» (Fanny Bijaoui, «Bernard Jouanneau en première ligne contre le négationnisme», Tribune juive en date du 22 avril 2008).

Le 10 juillet 2008, un journal gratuit parisien a publié un entretien de R. Badinter où notre bon apôtre, qui s’est bâti une réputation d’opposant résolu à la peine de mort, déclare qu’il aurait rêvé de plaider en faveur du juif Herschel Grynspan (ou Grynszpan), qui, en novembre 1938, avait assassiné à Paris l’Allemand Ernst vom Rath. Ce dernier était un attaché de l’ambassade du Reich. Nous étions encore en paix avec l’Allemagne et aussi bien l’ambassadeur lui-même, le comte Welczek, qu’E. vom Rath étaient innocents de tout crime.

Pour le détail, on se reportera au texte de cet entretien, accordé au journaliste A. Kerloc’h et reproduit dans 20 Minutes sous le titre: «J’aurais rêvé de plaider le procès Grynspan». R. Badinter s’y fait l’ardent défenseur d’un juif «qui tue pour une cause», une juste cause, qui est ici celle des juifs. L’entretien a été accordé à l’occasion de la sortie d’un «docu-fiction», genre hybride s’il en fut et autorisant tous les accommodements avec la vérité des faits. Intitulé «Livrez-nous Grynspan», ce film, dont R. Badinter est l’un des deux auteurs, a été diffusé par la chaîne de télévision «France 2» le soir même du 10 juillet.

Le journal ne mentionne pas trois étonnants paradoxes de l’affaire. Le premier est que Grynspan avait voulu tuer l’ambassadeur d’Allemagne en personne, et non un simple attaché, parce qu’il avait entendu dire que sa propre famille, venue volontairement de Pologne pour s’établir en Allemagne national-socialiste, avait été refoulée vers la Pologne. Le deuxième paradoxe est qu’à l’époque, en raison de son hostilité au national-socialisme, E. vom Rath était surveillé par la Gestapo. Le troisième paradoxe veut que l’assassin, arrêté et interné en France par les Français, ait été ensuite interné par les Allemands au camp de concentration de Sachsenhausen, puis transféré en détention préventive à la prison de «Moabit» à Berlin même; il a SURVECU à la guerre et, revenu à Paris, il y vivait encore en 1957 sous un faux nom. Son père, qui a également SURVECU à la guerre, a témoigné, en 1961, à Jérusalem au procès parodique d’Adolf Eichmann, qui, l’année d’avant, avait été kidnappé en Argentine par des barbouzes israéliennes (Robert Solomon Wistrich [professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem], Wer war wer im Dritten Reich, München, Harnack, 1983, p. 102/103).

De 1938 à 2008, qu’il s’agisse de Grynspan fils, de Grynspan père, de l’Etat juif avec son armée, ses barbouzes et ses juges ou encore de R. Badinter, le combat semble le même. Il s’inscrit dans la longue histoire des assassinats politiques commis par des juifs. Sur le sujet, on peut consulter l’ouvrage de Nachman Ben-Yehuda, Political Assassinations by Jews : A Rhetorical Device for Justice (Assassinats politiques par des juifs / Un moyen d’expression au service de la justice), State University of New York Press, 1993, XX-527 p. Le cas de Grynspan y est traité, en particulier aux pages 114–117. L’assassin a revendiqué son crime tout comme l’avait fait son coreligionnaire Shalom Schwartzbard, qui, également à Paris, le 25 mai 1926, avait révolvérisé l’Ukrainien Simon Petlioura. S. Schwartzbard avait bénéficié d’une publicité à l’échelle du monde et il avait été acquitté aux applaudissements d’un grand nombre de journalistes et d’intellectuels. A son tour, en 1936, le juif David Frankfurter avait assassiné, à Davos, le Suisse Wilhelm Gustloff. Le motif invoqué pour ces assassinats comme pour bien d’autres a été «la vengeance», même quand la victime n’avait manifestement commis aucun crime contre qui que ce fût, juif ou non juif (op. cit., p. 121-123). Le sous-titre de l’ouvrage susmentionné est parlant: les assassinats politiques commis par les juifs en question sont «un moyen d’expression au service de la justice». Ces crimes de sang sont ainsi, banalement, présentés comme justes ou justifiables. Nachmann Ben-Yehuda a limité son étude à 98 cas contemporains (notamment l’assassinat du baron Moyne, ami de Churchill, le 6 novembre 1944 au Caire ou, à Jérusalem, le 17 septembre 1948, l’assassinat du colonel français André Sérot et du comte Folke Bernadotte, un Suédois qui avait tant fait pour les juifs de Hongrie pendant la seconde guerre mondiale). L’auteur a aussi traité d’assassinats restés à l’état de projets avancés (par exemple, contre le chancelier Adenauer en 1952 ou contre le général de Gaulle en 1961). De hautes personnalités sionistes ont trempé dans ces crimes ou projets de crimes. Des hommages officiels ont été rendus aux assassins. On baigne là dans la haine, la vengeance, la tranquille justification des pires horreurs au nom de l’intérêt du peuple juif. L’auteur ne manque pas d’évoquer dans son livre aussi bien la longue tradition des vengeances exigées par Yahweh dans l’Ancien Testament que les crimes des Zélotes.

Il n’est pas beau, le visage de la haine vétéro-testamentaire. Je l’ai constaté lors des multiples agressions physiques que j’ai eu à subir. Je l’ai aussi vu de près lorsque, le 12 mars 2007, portant soudain son visage à quelques centimètres du mien, R. Badinter, les traits déformés par la haine, m’a soufflé à la face les derniers mots de sa déposition. A la sortie du prétoire, deux jeunes femmes l’ont interviewé et filmé, puis elles m’ont interviewé et filmé à mon tour. Notre humaniste s’est porté vers elles pour leur jeter à la figure qu’on n’a pas le droit de donner la parole à un «négationniste». Les jeunes femmes – elles en ont fait la confidence autour d’elles – ont été suffoquées par la haine et la fièvre de l’homme qui venait de les interpeller ainsi publiquement.