Sunday, June 5, 2005

Les "chambres à gaz" dans le jugement de Nuremberg (version allemande)

1) La version allemande du jugement du Tribunal de Nuremberg occupe les pages 189 à 414 du premier des 44 volumes, soit 226 pages. Chaque page contient une moyenne de 44 lignes (c'est le nombre de lignes de la page 190). Donc le jugement tout entier occupe environ 9944 lignes.

Les deux passages où il est question des chambres à gaz occupent 13 lignes de la page 263 (« In einer Anzahl von Konzentrationslagern […] wo sie dem Tode überliefert wurden ») et 37 lignes de la page 282 (« Alle Arbeitsfähigen […] und zogen das Gold aus den Zähnen der Leichen »), soit un total de 50 lignes.

Autrement dit, le sujet des chambres à gaz occupe 50 lignes sur environ 9944 lignes, soit environ 0, 5% du total du texte du jugement tandis que 99,5% de ce jugement traitent d'autres sujets.

Par conséquent, l’on est fondé à dire que, pour les juges de Nuremberg, le sujet des chambres à gaz nazies, a été traité comme un détail.

2) Le contenu de la page 263 est remarquablement vague. Le mot de « Gaskammern » y apparaît 2 fois et seules 4 lignes en tout sur les 13 lignes de l’alinéa concernent vraiment le sujet. Aucune description de cette arme du crime n’est même esquissée. Aucune expertise n’est mentionnée. Rien n’indique la nature du gaz. La procédure n’est pas décrite. On ne précise le nombre ni des exécutants ni des exécutés. Mieux : on ne dit ni où ni quand ces chambres à gaz ont fonctionné. On nous dit seulement qu’elles auraient fonctionné « dans un certain nombre de camps de concentration » (In einer Anzahl von Konzentrationslagern). Ce nombre est donc incertain.

3) Le contenu de la page 282 est moins vague mais les quelques détails cette fois-ci apportés invalident le récit. Le mot de « Gaskammern » y apparaît une seule fois ; en outre, une fois et une seule fois, est employé le mot, au singulier, de « Todeskammer » (chambre de mort). Là encore aucune description de cette arme du crime n’est même esquissée, aucune expertise n’est mentionnée et rien n’indique la nature du gaz. On nous dit que « certains camps de concentration, tels que Treblinka et Auschwitz furent principalement choisis à cette fin » (Bestimmte Konzentrationslager, wie Treblinka und Auschwitz, wurden für diesen Hauptzweck bestimmt). On ne nous nomme donc que deux camps sans produire un critère qui permettrait de déterminer si tel ou tel autre camp de concentration, en plus de ces deux-là, possédait une ou plusieurs chambres à gaz. On ne nous dit pas combien il y aurait eu de chambres à gaz soit à Auschwitz, soit à Treblinka. Sur Treblinka, on ne nous fournit aucune précision sinon que les victimes savaient presque toujours qu’elles allaient être exterminées (die Opfer fast immer wussten, dass sie vernichtet werden sollten). Sur Auschwitz, ce qu'on nous fournit, c’est, en tout et pour tout, un EXTRAIT d'une DECLARATION (Aussage) FAITE PAR UN HOMME qui, pendant un certain temps, A COMMANDE ce camp. Cette déclaration est donc une AUTO-ACCUSATION ou une CONFESSION. On peut s’étonner de ce que la formidable accusation ici portée contre l’Allemagne ne repose que sur une CONFESSION, obtenue, on ne sait dans quelles conditions, d’un vaincu détenu et interrogé par ses vainqueurs. Vu l’ampleur du crime qui est ici en cause, on n’imagine pas un tribunal qui oserait conclure que, dans telle agglomération, plusieurs centaines de milliers d’habitants ont été assassinés et qui, pour étayer cette conclusion, ne fournirait aucun rapport d’expertise mais seulement l’AVEU d’un prisonnier de guerre détenu par ses ennemis. Aucune preuve n’est donc ici fournie mais seulement un témoignage, le témoignage d’un seul témoin (« testis unus, testis nullus ») et un témoignage de la pire catégorie qui soit : celui d’un homme qui s’accuse lui-même devant des personnes qui le tiennent à leur merci pour sa nourriture, son sommeil, ses conditions de vie et son intégrité physique.

4) A y regarder de près, le contenu de cet AVEU est irrecevable. Il est vague, invraisemblable et absurde. On nous dit que, selon l’estimation de Höss, qui a été le commandant du camp du 1er mai 1940 au 1er décembre 1943, ont été exterminés dans cette période de temps 2 500 000 hommes et que 500 000 autres sont morts de maladie et de faim. Le total aurait donc ainsi été de 3 millions de morts pour cette période. Comme le camp en question a été évacué vers le 18 janvier 1945, sa durée d’existence et de fonctionnement meurtrier se serait prolongée pendant encore 13 mois après le départ de ce commandant et, par conséquent, le chiffre de 3 millions de morts aurait dû être largement dépassé. Or il est aujourd’hui admis par les autorités actuelles du Musée d’Auschwitz que le chiffre des victimes s’est élevé à environ 1 500 000 tandis que les auteurs qui défendent la thèse de l’extermination des juifs (parmi eux citons Reitlinger, Hilberg, Piper, Bédarida, Pressac, Meyer) proposent des évaluations nettement inférieures et parfois très nettement inférieures ; avec Jean-Claude Pressac (1994) elles descendent jusqu’à un chiffre situé entre 630 000 et 710 000, dont 470 000 à 550 000 gazés et, avec Fritjof Meyer (2002), elles tombent au chiffre de 510 000 morts, dont 356 000 gazés.

Un seul mystérieux médecin, dont on ne nous donne pas le nom aurait, pendant des années, procédé à d’innombrables sélections pour un mystérieux camp d’extermination (Vernichtungslager) ; cette expression de « camp d’extermination » a été créée de toutes pièces par les accusateurs. On nous dit que les enfants en bas âge ont été systématiquement exterminés ; or le camp d’Auschwitz comprenait un camp des familles ; des femmes juives y ont accouché de leurs enfants et il existe encore aujourd’hui au moins une association d’anciens enfants d’Auschwitz, comprenant des personnes nées à Auschwitz ou qui ont été internées à Auschwitz dans leur jeune âge. Quant au déroulement de la mise à mort (Vorgang der Tötung), tel qu’il nous est ici décrit, il est physiquement impossible. En effet, selon d’autres fragments de la confession de Höss, non cités ici, et selon la vulgate, le gaz employé pour tuer aurait été de l’acide cyanhydrique (sous la forme et avec le label de Zyklon B, un produit insecticide inventé en 1922). Or l’acide cyanhydrique, sous la forme du Zyklon B, est long et difficile à évacuer après usage ; il tend à adhérer aux surfaces avec lesquelles il a été en contact et même à les pénétrer ; de plus il est explosible (dans certaines conditions, cela va de soi). On ne voit donc pas comment les membres des Sonderkommandos, après une attente d’environ une demi-heure, auraient pu impunément pénétrer dans un local imprégné d’acide cyanhydrique et cela pour y manipuler des cadavres imprégnés de ce même poison et donc rendus intouchables ; les bouches d’où on nous dit qu’ils extrayaient les dents auraient régurgité du gaz, etc. L’impossibilité technique est ici évidente au point que, lorsqu’en 1978-1979, je l’ai exposée dans le journal Le Monde et quand j’ai demandé comment un tel meurtre de masse aurait été techniquement possible, des historiens français, au nombre de 34, m’ont répondu : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible ; il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. » Autrement dit ces historiens n’ont pas trouvé de réponse à la question posée et, s’ils n’ont pu répondre, c’est parce qu’aucune réponse n’était possible.

5) Il est impossible d’attribuer à cette conclusion du tribunal militaire international une valeur de vérité notoire et incontestable. C’est d’autant plus impossible qu’un pan entier de cette conclusion a été notoirement contesté sans que les tribunaux allemands y trouvent à redire : ce pan entier, c’est celui du nombre des victimes de ces prétendus abattoirs humains. Sur ce point, les écrits des six auteurs, publiés en Allemagne, n’ont fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.

6) L’existence des chambres à gaz nazies n’a été notoire et incontestable pour aucune des autorités suivantes : Roosevelt, Churchill, De Gaulle, Eisenhower, Staline, Truman, Benes, Pie XII, le Comité international de la Croix-Rouge. La liste pourrait être plus longue. Même dans leurs mémoires, rédigés après la guerre et après le jugement du tribunal de Nuremberg, Churchill, De Gaulle et Eisenhower n’ont jamais mentionné ces chambres à gaz. En août 1943, les Alliés avaient décidé de rayer toute mention des chambres à gaz dans un communiqué commun qu’ils s’apprêtaient à publier sur « les atrocités allemandes », parce que, après enquête, ils avaient découvert que les preuves étaient insuffisantes (« evidence […] not substantial enough » / « insufficient evidence »). Et, par la suite, ils n’avaient pas changé d’avis, ce qui, soit dit en passant, pourrait être la raison pour laquelle ils ont refusé, aussi bien du côté occidental que du côté de Staline, de bombarder Auschwitz.

7) Donc l’existence et le fonctionnement des chambres à gaz nazies 1) n’ont rien d’offenkundig ; 2) et restent à prouver. Nous attendons encore une preuve, une seule preuve. Nous attendons encore qu’on nous montre ou qu’on nous dessine un seul spécimen de cette « arme du crime ». Affirmer sans preuve, c’est formuler un jugement téméraire. Accuser d’un crime sans apporter de preuve, c’est calomnier.

PS : Voy. Mark Weber, « The Nuremberg Trials and the Holocaust », The Journal of Historical Review, Summer 1992, p. 167-213. En traduction : « Les procès de Nuremberg et l’Holocauste », Nouvelle Vision [Vincent Reynouard], décembre 1992, p. 3-47 ; Robert Faurisson, « Les chambres à gaz dans le texte [français] du jugement de Nuremberg » (décembre 1992) reproduit dans Ecrits révisionnistes (1974-1998), publiés en 1999, p. 1470-1473.

5 juin 2005