Tuesday, February 15, 2005

Le syndrome de Dresde

Pour la première fois depuis soixante ans, Le Monde vient de faire preuve d’un peu d’humanité et de compréhension à l’endroit du peuple allemand en évoquant quelques-unes des atroces souffrances que les Alliés ont infligées au grand vaincu. Dans sa livraison du 13/14 février 2005, ce journal porte, en première page et sur trois colonnes, le titre suivant: «La renaissance de Dresde réveille la mémoire allemande.» La deuxième page est entièrement consacrée à la commémoration du bombardement de Dresde en 1945. En page 17, l’éditorial s’intitule «Mémoire allemande»; le ton en est certes jésuitique mais on y relève des phrases qui donnent quelque espoir, celle-ci, par exemple: «Le temps passant, on assiste à un réexamen de l’histoire de l’Allemagne avec ses ombres et ses lumières.»

Le tsunami shoatique de janvier avait suffoqué bien des Français. Mais il semble que, dès le début de ce mois de février, un renversement a commencé de se produire dans les consciences. Il reste à espérer que ce renversement sera durable à la fois en France, en Allemagne et dans le reste du monde.

Il ne faut pas se faire d’illusion sur la capacité du Monde à défier ainsi une certaine coterie. Il est même à craindre que, pour se faire pardonner son audace d’un jour, il ne donne à nouveau dans la surenchère holocaustique, par exemple en avril prochain, à l’occasion des journées de la Déportation, ou en juillet, pour la commémoration de la rafle du Vél d’hiv, ou en octobre-novembre, lors de la visite de Chirac au camp du Struthof. Cela dit, Le Monde a fait un effort de probité et on pourrait adresser à son président, Jean-Marie Colombani, un message d’encouragement à poursuivre dans la voie où il s’est engagé.

Des lecteurs avaient protesté contre la place exorbitante accordée par Le Monde au soixantième anniversaire de la «libération du camp d’Auschwitz». Dans sa «Chronique du médiateur», Robert Solé s’était fait l’écho de ces protestations. Il avait même écrit: «Une première manchette, dans le numéro du 25 janvier, a été suivie d’une deuxième, le 26 janvier, puis d’une troisième, le 28. Il y en avait sans doute une de trop» (30-31 janvier, p. 14). Une dizaine de jours plus tard, une lettre de lecteur était publiée sous le titre «La destruction de Dresde» et se terminait sur la question suivante: «Ne pensez-vous pas qu’en mémoire de ces malheureuses victimes, mais aussi pour rappeler à beaucoup que cette tragédie apocalyptique, c’était il y a seulement soixante ans, ne pensez-vous pas qu’il serait juste d’en parler?» (11 février, p. 16).

Ce 12 février, seize ministres en exercice, dont Jean-Pierre Raffarin, viennent d’assister au dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Selon son habitude, Roger Cukierman s’est permis de multiplier plaintes et menaces contre la France et son gouvernement. Jusque-là on l’en remerciait, compliments à l’appui. Cette fois-ci, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, a jugé «décourageant» le discours de R. Cukierman. Pour sa part, François Fillon, ministre de l’Education nationale, a déclaré: «Le président du CRIF a pu constater, lorsqu’il est revenu s’asseoir, que les membres du gouvernement estimaient que les attaques très fortes portées contre la politique étrangère de la France n’étaient pas acceptables» (Le Monde, 15 février, p. 9). Il y a peu, de telles réserves ou critiques à l’égard de l’omnipotente organisation juive auraient été inconcevables de la part de nos hommes politiques.

Vers un réexamen de l’histoire allemande?

Parlera-t-on un jour du «syndrome de Dresde»? Assistons-nous en ce moment aux premiers signes et symptômes d’un retour à la raison après soixante ans d’une propagande délirante sur le compte des vaincus de la deuxième guerre mondiale?

En janvier 2005, les Français dans leur ensemble ont été les témoins, estomaqués, de crises d’hystérie shoatique. Ils se sont demandé d’où pouvait bien provenir cette épilepsie à répétition. Les juifs, eux, en savent la raison. Cette raison, qu’il leur faut tenir cachée, c’est que l’édifice de l’«Holocauste» ou de la Shoah leur semble de plus en plus trembler dans ses fondations. En un premier temps, durant les années 1975-1995, ils avaient compté sur leurs historiens pour répliquer aux arguments des révisionnistes. Mais le fiasco allait être complet. Sur le plan de la raison et de l’histoire, les révisionnistes ont réduit à néant les Poliakov, Wellers, Dawidowicz, Vidal-Naquet comme les Klarsfeld et les Berenbaum (engageant à leur service un Jean-Claude Pressac), ou encore les Raul Hilberg et, plus tard, les Jan van Pelt. Le grand public l’ignore à cause de la répression exercée par une police de la pensée qui est allée jusqu’à obtenir le vote de lois spéciales contre la diffusion des écrits révisionnistes. Mais les juifs, eux, lisent les révisionnistes et ont assisté à la déroute de leurs propres historiens. Aussi, en un second temps, ont-ils progressivement abandonné le terrain du monde rationnel pour celui du n’importe quoi. Ils ont congédié leurs historiens et fait entrer en piste leurs clowns et leurs bateleurs, les Elie Wiesel et les Claude Lanzmann. Pour évoquer la Shoah, ils en ont appelé à l’imagination, à la fiction, au cinéma, au roman, au théâtre, à la télévision, aux spectacles, aux cérémonies de toutes sortes et aux fantasmagories de la religion, de l’industrie ou du business de l’«Holocauste» au point que le Français moyen, pris dans un tourbillon d’images, un fracas de tous les instants, un flot de récriminations accompagnées de gémissements sans fin, n’a pu qu’ingurgiter de force les récits les plus échevelés sur la barbarie nazie et l’extermination des juifs, une extermination qui, soit dit en passant, a heureusement produit une foule, toujours renouvelée, de «témoins uniques», de «seuls rescapés» et d’«incroyables miraculés». Tous les égouts ont été rouverts. De prétendus témoignages et de prétendues confessions que les historiens juifs eux-mêmes avaient dénoncés pour faux ont été recyclés et présentés comme authentiques. Enfin, on s’en est pris à la fraction la plus réceptive de la population: les enfants à partir de l’âge de sept ans (!), les collégiens et les lycéens. On en a fait une cible de choix pour une propagande éhontée. Entre sept et dix-sept ans, quand on ne possède encore que des bribes de connaissances historiques et qu’on ignore généralement à quel point, pour se rendre intéressant, l’adulte - en particulier dans sa vieillesse - tourne facilement au menteur ou au bonimenteur, on n’est pas armé pour se défendre contre une telle propagande. Pourvu de sa «mallette Simone Veil», l’enfant ou l’adolescent abusé serait en fait bien étonné d’apprendre que ladite Veil a longtemps fait officiellement partie des gazés d’Auschwitz (sous son nom de jeune fille de Jacob) et a été, dans ce camp, le témoin d’événements précis qui montrent que les SS n’avaient pas du tout l’ordre de traiter les juifs comme du vil bétail.

Les propagandistes ne changeront pas de cap. Leur folie les mènera encore plus loin. Ils monteront encore leur sono. Un jour, cette folie sera visible à tous. Peut-être dira-t-on ce jour-là que, sur ce chapitre au moins de la deuxième guerre mondiale, le retour à la raison a commencé en février 2005. Le syndrome de Dresde et de ses roses blanches aura «réveillé la mémoire allemande» et ouvert la voie à «un réexamen de l’histoire de l’Allemagne». En attendant, au Canada, le pacifiste allemand Ernst Zündel croupit depuis deux ans dans sa prison de haute sécurité. Il n’est pas même inculpé. Son crime? Il est révisionniste. Ses torts? Il réveille la mémoire allemande et il exige un réexamen de l’histoire de sa patrie.