Tuesday, May 13, 2003

Au Canada, Ernst Zündel est toujours en prison de haute sécurité

Toujours en prison de haute sécurité près de Toronto et toujours dans l’incertitude sur le sort qu’on lui réserve, Ernst Zündel tient à exprimer sa profonde gratitude à l’endroit des lecteurs de Rivarol. Il a fait savoir que, dans le flot des lettres reçues d’une bonne partie du monde, il a été ému par l’exceptionnelle qualité intellectuelle et morale de la correspondance envoyée par ces lecteurs français ou francophones. Il déplore de ne pouvoir répondre à la plupart d’entre eux parce qu’il n’a pas leur adresse. Il faut savoir, en effet, que le personnel de la prison a pour ordre d’arracher tout ce qui a été collé par l’expéditeur, c’est-à-dire non seulement l’enveloppe et les timbres mais aussi les autocollants indiquant les adresses, et cela… pour s’assurer que l’expéditeur n’a pas glissé dans son envoi de poudre suspecte ou de drogue!


Toutes les trente minutes, de jour comme de nuit, un responsable de la prison, accompagné de deux gardes, pénètre dans la cellule éclairée a giorno et, en présence du prisonnier, consigne sur un registre ce que ce dernier a été trouvé en train de faire. La promenade dans la cour dure dix minutes par jour, dans l’éternelle tenue orange, menottes aux mains, chaînes aux pieds. Aucun détenu ne peut lui adresser la parole. Parfois, il est conduit devant un juge des plus spéciaux qui, immanquablement, reconduit la décision de le maintenir en détention, car E. Zündel est censé représenter un danger pour la sécurité du Canada. Ses accusateurs reconnaissent qu’ils n’ont pas trouvé trace, dans toute sa vie, d’une seule violence ou d’un seul appel à la violence ; mais, sans preuve à l’appui, ils soutiennent que ses opinions sur le sort des juifs durant la deuxième guerre mondiale et sa façon de présenter l’histoire du IIIe Reich peuvent susciter des actes de violence préjudiciables à l’harmonie dans laquelle vivent les communautés du Canada. Parfois les séances de cet étrange tribunal pour la Sécurité du Canada se tiennent à huis clos. En l’absence de l’intéressé et de tout avocat, le juge entend des témoins de l’accusation choisis par l’Intelligence Service et reçoit des documents à charge. Même ultérieurement, l’accusé ou ses avocats seront tenus dans l’ignorance de ce que contenaient précisément lesdits témoignages et documents.


Ce que veulent ses puissants adversaires, c’est que le malheureux soit extradé vers l’Allemagne où il serait jugé par un tribunal encore plus spécial ; selon l’usage, accusé et avocat y seraient proprement bâillonnés. Au terme de la mascarade, la trappe.


Tout récemment, deux événements sont venus redonner un peu d’espoir, sinon au prisonnier, du moins à ceux qui aiment et admirent ce grand caractère. Doug Christie, « the Battling Barrister » (l’avocat de combat) qui s’était illustré dans les procès fleuves intentés à E. Zündel notamment en 1984-1985, puis en 1988-1992 et, enfin, de mai 1997 à janvier 2002, a enfin pu se libérer des contraintes professionnelles qui le retenaient à son cabinet de la région de Vancouver, soit à quatre mille kilomètres de là. Il s’est rendu sur place à Toronto et, pour les besoins de la cause, à Ottawa. Il ne sera pas homme à se laisser intimider. Un autre avocat de choc vient d’être découvert aux États-Unis par Ingrid Rimland, qui est l’épouse d’E. Zündel ; il est décidé à porter le fer dans ce qui reste le scandale originel de cette ténébreuse affaire : le kidnapping légal d’E. Zündel dans un paisible village du Tennessee par trois agents de police d’un service d’immigration aidés de deux policiers locaux, kidnapping qui s’est produit ce 5 février et qui a été suivi d’une incarcération dans des conditions abjectes, puis d’une extradition précipitée vers le Canada avec interdiction de revenir trouver sa femme aux États-Unis pendant vingt ans. E. Zündel, né en Allemagne le 24 avril 1939, a soixante-quatre ans.


Aux dernières nouvelles, le site d’Ingrid Rimland (« le site le plus assiégé sur le Net ») a été supprimé par le géant américain des communications QWest, qui, de guerre lasse, a cédé aux pressions de certains. Heureusement, ce site a trouvé refuge ailleurs et il reste consultable à <http://www.zundelsite.org>.


On peut écrire à Ernst Zündel, Niagara Detention Centre, P.O.B. 1050, Thorold, Ontario, L2V 4A6 (Canada). Attention ! Aucun cadeau n’est autorisé ni aucun envoi de document ou de coupures de presse. On peut également écrire à Ingrid Rimland, 3152 Parkway, Suite 13, PMB 109, Pigeon Forge, Tennessee 37863 (USA) ; dans ce cas, des contributions au fonds de défense sont possibles (en euros, par exemple).


Additif du 29 février 2004 : E. Zündel est toujours en prison, toujours sans notification d’un crime ou d’un délit qu’il aurait commis, toujours devant un juge unique (Pierre Blais), toujours sans jury, toujours sans possibilité de voir, d’écouter et de réfuter les témoins que son juge entend en secret et toujours sous la menace d’une condamnation dont il ne pourrait faire appel. On peut lui écrire mais non lui envoyer de cadeau ou d’objet à l’adresse suivante : MWDC, 111 Disco Road, Rexdale, Ontario M9W 1M3 (Canada) ; Rexdale se situe dans la banlieue de Toronto.


14 mai 2003

(Avec additif du 29 février 2004)