Friday, July 26, 2002

L’endoctrinement des Français, dès l’école primaire

Françoise a sept ans et demi. Vive, fine, hardie et pleine d’attention pour les autres, elle est dotée d’une forte personnalité. Son frère aîné a dix ans et son plus jeune frère, six ans. Avec leurs parents, ils habitent Nantes.

Un soir de cette année, elle est revenue de l’école, «les yeux pleins d’angoisse», me dit sa mère.

«Maman, en Allemagne, pendant la guerre, il y avait quelqu’un de très méchant, un horrible «dacteur» [pour: dictateur]. Il voulait tuer tout le monde, même les enfants, même les bébés. Il voulait venir en France.»

A quelques jours de là, Françoise demande: «Maman, qu’est-ce qu’on est, nous?». Sa mère, comprenant qu’il s’agit d’appartenance à une religion, répond: «Nous sommes catholiques». La fillette lui dit: «Moi, je voudrais être juive». Devant la surprise de sa mère, Françoise s’explique: «La maîtresse a consacré une leçon au courage. Pendant la guerre, des Français très courageux avaient caché des familles en fuite parce qu’on voulait arrêter tout le monde, même les bébés …». La maîtresse avait ajouté: «Il y a peut-être parmi vous des enfants qui sont juifs, comme moi». Et Françoise, à son grand dépit, n’avait pas pu lever le doigt pour dire qu’elle était comme cette maîtresse, qu’elle admire.

Le dimanche suivant, à la messe, Françoise glisse à l’oreille de sa mère: «Je suis là, mais je n’écoute pas. Parce que je suis juive.»

Plus tard, elle demandera à propos de son «amoureux»: «Quentin est-il juif?». Sa mère lui répond que non. Françoise en est désolée. La consternation succédera à la désolation quand elle s’entendra dire: «Mais, ton ancien «amoureux », que tu as abandonné, l’était».

Un soir, c’est au jeune frère de la fillette d’arriver à table, la mine décomposée. Il s’enquiert: «Est-ce vrai que Nicolas est mort?» Nicolas est un ancien camarade qui a dû quitter Nantes pour Hambourg, où ses parents ont été mutés. Et d’ajouter: «Françoise m’a dit qu’en Allemagne il y avait un monsieur très méchant qui tue les enfants».

Je rapporte ces anecdotes parce qu’elles sont caractéristiques de l’endoctrinement général de la jeunesse française. Le phénomène a commencé à la fin des années soixante-dix dans les médias, en particulier à la télévision. Il a suivi dans l’enseignement supérieur, puis dans l’enseignement secondaire et il apparaît maintenant dans l’enseignement primaire.

Récemment, lors de l’impressionnante campagne déclenchée contre Jean-Marie Le Pen, les chaînes de télévision, se disputant la palme de la meilleure propagande «antifasciste», «antinazie» et «antirévisionniste», ont montré avec la plus vive satisfaction que les instituteurs et les institutrices avaient su mobiliser jusqu’aux tout-petits. C’est ainsi qu’on a pu voir de jeunes enfants préparer, sous l’œil attendri de leurs maîtres et maîtresses, des banderoles portant, par exemple: «Maman, j’ai peur!».

A partir de la rentrée de l’année scolaire 2002/2003, une mobilisation est prévue en France, du haut au bas de l’Education nationale, pour l’enseignement de la Shoah, c’est-à-dire pour l’enseignement de la version cachère et mensongère de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Des millions de livres, brochures, films, documentaires, vidéos vont être distribués gratuitement. Les visites de «lieux de mémoire» en France ou à l’étranger vont se multiplier aux frais du contribuable. On ne comptera plus les travaux, mémoires, spectacles destinés à faire comprendre aux enfants de France que, comme vient de le déclarer M. Raffarin, Premier ministre, la Shoah a commencé chez nous, en France, à Drancy, et que, comme l’avait auparavant affirmé M. Chirac, Président de la République, «la France a commis l’irréparable».

L’œuvre littéraire la plus lue de la jeunesse française n’est pas de Balzac ou de Victor Hugo; elle est le prétendu Journal d’Anne Frank. Cet ouvrage, qui est un faux patent, truffé de récits matériellement impossibles ou absurdes, est, nous dit-on fièrement, l’œuvre la plus lue en France après la Bible.

PS: Signe des temps: la première version de ce texte comportait le vrai nom de la ville et les vrais prénoms des enfants. A la demande de la mère de «Françoise», il m’a fallu changer ce nom et ces prénoms. Je ne comprends que trop la prudence de cette mère.

Pour mémoire, rappelons qu’en Suisse, l’Etat fédéral a financé et distribue gratuitement aux enfants des écoles, en versions française, allemande, italienne et romanche, la bande dessinée intitulée Les Héritiers du serpent (Suzanne Herter éd., Genève 1998). La première image montre, à la table familiale, le père, la mère et trois enfants. La fille aînée, journaliste, dit: «… en fait, il n’y a pas de vérité absolue». Le père réplique: «Attention, Nicky, on com­mence comme ça et on finit par dire que les chambres à gaz n’ont pas existé».