Saturday, April 18, 1998

A un journaliste de la BBC


Fax à Nicholas Fraser 
Copie à Cie des Phares et Balises

Cher monsieur, 

Vous deviez me rendre visite à Vichy mardi prochain avec deux de vos collègues pour un entretien télévisé. Il était entendu que je vous accueillerais au train de 9 h 53 et que vous quitteriez Vichy vers 20 h. A mon grand regret je me vois obligé de vous dire que je renonce à tout entretien télévisé. 

Renseignement pris, la BBC, dont vous faites partie, et la « Compagnie des Phares et Balises » (55 bis, rue de Lyon, à Paris) préparent un film documentaire de quatre-vingt-dix minutes sur la droite dite extrême ou sur l'extrême droite en Europe. De cinq à huit minutes seraient consacrées à Robert Faurisson qui apparaîtrait ainsi aux côtés de MM. Le Pen, Mégret, Haider, Schoenhuber, de Republikaner et de Populistes.

Qu'irais-je faire, je vous le demande, en cette galère ou politique ou politicienne ? Je ne porte pas là un jugement de valeur sur ces personnalités ou sur ces groupes mais je suis aussi apolitique que je me trouve être athée. Et j'apparaîtrais comme un naïf si, au cours de cette émission, on m'entendait dire : « Je n'ai rien à voir avec la compagnie dans laquelle vous me voyez ! » 

Je ne suis donc pas d'accord pour qu'on me dénature et pour qu'on trompe, par conséquent, le public sur la marchandise. Je ne suis pas non plus d'accord (vous étonnerais-je ?) pour qu'on me châtre.

Car il va de soi que je ne pourrais, dans cet entretien de caractère public, tenir aucun propos révisionniste, sinon je tomberais, en France, sous le coup de la loi Fabius-Gayssot et, en Grande-Bretagne, sous le coup du Public Order Act, 1986 « the Act ». Voyez les poursuites en cours contre, d'une part, Jean-Marie Le Pen et, d'autre part, Nick Griffin. J'ai déjà, de mon côté, trois procès en cours à cause de mes travaux révisionnistes, et cela après de multiples condamnations.

Dans votre film on me verrait, en gros, avec des opinions politiques que je n'ai pas et sans les convictions révisionnistes que j'ai bel et bien. Cela ressemble un peu trop, selon moi, à l'histoire du couteau-sans-manche-dont-on-a-au-préalable-retiré-la-lame.

La simple perspective d'avoir affaire, de près ou de loin, à une compagnie médiatique française me lève le cœur : ces gens sont – sans exception connue de moi – des voyous. Depuis plus de vingt ans, ils sont à la pointe de la chasse aux sorcières révisionnistes, déversent sur mon compte des flots de calomnies et justifient ou passent sous silence les agressions physiques des milices ou des individualités juives qui opèrent en France à force ouverte. Rappelez, je vous prie, à ces gens que, comme je crois vous l'avoir dit, je ne suis ni nazi, ni fasciste, ni de droite, ni de gauche : je suis un « Palestinien » et mes modestes ouvrages sont les pierres de mon Intifada ; je vis en « territoire occupé ».

Après tout, il n'est pas mauvais que les occupants soient payés de leur monnaie. Le «Palestinien» se rebiffe. Il n'a pas envie de faire de la figuration, ou de la contre-figuration, dans leurs films de propagande. 

Peut-être nous reverrons-nous, vous et moi, en une autre circonstance, par exemple à Harrow Crown Court où le procès de Nick Griffin commencera ce lundi 27 et où j'espère bien déposer à titre d'expert.

Croyez à mon bon souvenir. 

P.S. Ma photographie est interdite en France! De mon fait !


18 avril 1998