Tuesday, June 18, 1996

Affaire Notin : Les organisations juives font la loi


Depuis 1990, Bernard Notin, maître de conférences en sciences économiques à l'université Lyon-III, ne peut plus exercer son métier, parce qu'ainsi en ont décidé – envers et contre les lois de la République – les institutions et les organisations juives de Lyon représentées par le Dr Marc Aron [1] ainsi que l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).


Tout le monde se tait devant cette anomalie : les collègues de B. Notin, le président de son université, le ministre de l'Éducation nationale, la Ligue des droits de l’homme, les grands médias. On se tait, soit parce qu'on approuve un tel excès de pouvoir, soit parce qu'on a peur de ces organisations qui sont capables, on le sait, de déclencher à volonté la chasse aux hérétiques.


Le 7 juin 1994, quand le quotidien Le Monde a cru devoir annoncer que le maître de conférences allait être mis à la disposition de l'université Mohamed Ier d'Oujda (Maroc) sur la demande du doyen de la faculté de sciences économiques, l'UEJF a exercé de telles pressions sur le plan international que cette université a, dans les quarante-huit heures, fait savoir qu'elle n'envisageait pas d'engager B. Notin [2].


Le quotidien Le Monde s'est, dès le début, acharné sur la victime. En particulier, il a servi d'organe de transmission aux chasseurs de révisionnistes avec un article d'Edwy Plenel intitulé : «Un article jugé raciste et révisionniste suscite des protestations».


Le crime de l'universitaire était d'avoir signé, dans une revue spécialisée au tirage confidentiel et publiée avec le concours du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), une étude iconoclaste sur le rôle des médias en France [3]. En passant, l'auteur évoquait le traitement, par ces médias, du sujet des chambres à gaz homicides ; il laissait voir son scepticisme sur l'existence de ces abattoirs chimiques et donnait pour référence, à ce propos, le livre de Serge Thion : Vérité historique ou vérité politique ?.


La campagne alors déclenchée contre le jeune enseignant (trente-neuf ans, cinq jeunes enfants, salaire unique) allait passer les bornes de ce qu'on a pu connaître en la matière. La Revue d'histoire révisionniste en a traité et je n'y reviendrai pas [4].


Le 11 juillet 1990, le tribunal de grande instance de Paris condamnait B. Notin sur le fondement de l'article 1382 (dommage causé à autrui) à verser vingt-cinq mille francs de dommages-intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Jugement confirmé par un arrêt du 15 mai 1991. En appel, la condamnation était portée à vingt-neuf mille francs.


Sur le plan administratif, le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) décidait également de prendre une sanction mais l'affaire est, aujourd'hui encore, pendante devant le Conseil d'État.


B. Notin a tenté de reprendre ses cours mais les organisations juives sont venues sur place pour l'en empêcher.


Chaque année, régulièrement, il demande par écrit au président de son université de l'affecter à une tâche d'enseignement et de lui fournir, en conséquence, un «emploi du temps». Il ne reçoit aucune réponse à ses lettres.


Le 3 février 1993, il avait été conduit à signer un communiqué de presse à valeur d'abjuration publique. Dans ce texte, après avoir protesté contre le sort qui lui était fait (« On prétend de nouveau, illégalement, et par la pression physique, m'interdire d'enseigner et d'exercer le métier pour lequel les contribuables me paient »), il déclarait qu'il ne remettait pas en cause l'existence du génocide des juifs ainsi que des chambres à gaz nazies ; il ajoutait que son ambition n'avait jamais été de «réécrire l'histoire de travers» et concluait notamment : «Si j'ai causé, involontairement, la moindre souffrance à qui que ce soit, je lui en demande pardon». Peine perdue : l'obstruction continuait.


Le dernier cours de B. Notin remonte au 2 mai 1990. Depuis plus de six ans, la situation du maître de conférences, aujourd'hui âgé de quarante-cinq ans, constitue une anomalie du point de vue de la loi et du droit. Les organisations juives savent qu'aucune loi ne les autorise à prendre de telles sanctions de fait. Ces organisations portent atteinte au droit de chacun d'exercer le métier pour lequel il est payé. Quant aux autorités de l'Éducation nationale, elles ne peuvent ignorer qu'un fonctionnaire a le droit, dans l'exercice de sa fonction, à la protection de l'État.


Les institutions et les organisations juives, porte-parole de la communauté juive, bénéficient, en France, de privilèges. L'affaire Notin montre qu'elles peuvent dicter leur loi à l'État. Je ne connais, dans notre pays, aucune autre institution, aucune autre organisation, aucune autre communauté capable de lancer une affaire de ce genre, de persécuter un homme avec cet acharnement, de le poursuivre jusque dans l'exil, et tout cela, sinon avec l'approbation de tous, du moins dans le silence général.


On aime à répéter qu'en France « les juifs sont comme tout le monde ». Personnellement, au vu de l'affaire Notin, j'ai peine à le croire.


18 juin 1996



Notes


[1] Le Dr Marc Aron porte, plus que personne, la responsabilité de la situation qui m'a été faite pendant dix-sept ans et qui est aujourd'hui faite, depuis plus de six ans, à B. Notin. Le Dr M. Aron présidait, à la fin des années soixante-dix, le comité de liaison des institutions et organisations juives de Lyon ; membre éminent de la loge, exclusivement juive, des B'naï B'rith, il présidait également la section européenne du Congrès juif mondial. Pour sa situation au début des années quatre-vingt-dix, voy. E. Ratier, Mystères et secrets du B'naï B'rith..., Paris, Facta, 1993, p. 284-287.


[2] E. Plenel, « Un article jugé raciste et révisionniste suscite des protestations » 28-29 janvier 1990, p. 9.


[3] B. Notin, « Le rôle des médias dans la vassalisation nationale : omnipotence ou impuissance ? », Economies et Sociétés, Presses universitaires de Grenoble, 1989, n° 8, p. 117-133.


[4] Voy., en particulier, la Revue d'Histoire Révisionniste n° 1, p. 143-146 ; n° 2, p. 155-162 ; n° 3, p. 206.