Wednesday, December 20, 1995

Conseils à certains révisionnistes («Fuyez la théorie, interrogez la réalité !»)


[L’ensemble ci-après a été rédigé en anglais. Je l’ai adressé à quelques révisionnistes rencontrés à Munich et en Bavière du Sud en octobre 1993. Certains de ces révisionnistes m’avaient, je dois le dire, déçu par la suffisance avec laquelle ils développaient soit des vues théoriques, soit des considérations pédantes sur le problème des « chambres à gaz» nazies ou sur le fonctionnement et le rendement des fours crématoires dans les camps de concentration allemands. A ces révisionnistes je me permets, dans le présent texte, de recommander plus de modestie, plus de prudence et un plus grand souci de l’humble réalité. Sur un aspect du problème des «chambres à gaz», c’est-à-dire sur le risque pratique d’explosion du gaz cyanhydrique, je leur cite la lettre d’un ingénieur californien et, sur un autre aspect de ce même problème, c’est-à-dire sur le risque pratique d’intoxication pour toute personne habitant près d’un lieu à désinsectiser par un gaz hautement toxique, je leur cite unrécent article de journal inspiré par un communiqué de l’Agence allemande de presse.]


La théorie n’est pas la vraie vie et le pédantisme n’est pas la vraie science.


Si l’on désire savoir ce que sont dans la réalité les dangers du gaz cyanhydrique ou de tout autre gaz hautement toxique, il faut commencer par vérifier ce que sont ces dangers dans la réalité et non pas d’après des théories, des spéculations, des extrapolations. Si l’on désire savoir quelles étaient les possibilités réelles, à supposer qu’il y en ait eu, pour les Allemands, dans les années quarante, d’exécuter des millions de personnes avec du gaz cyanhydrique, il faut commencer par vérifier ce qu’était en réalité une chambre à gaz d’exécution aux États-Unis à cette époque (matériau, forme, technique, fonctionnement). Si l’on désire savoir quelles étaient les possibilités réelles pour ces Allemands d’incinérer des millions de cadavres dans des crématoires, il faut commencer par vérifier combien de cadavres au maximum un four crématoire peut en réalité, aujourd’hui, incinérer en l’espace d’un mois (il ne faut pas demander combien de temps est nécessaire pour incinérer un cadavre ; cette question est trop théorique et, des réponses obtenues, on risquerait de déduire des extrapolations erronées).



Liberty Bell,

décembre 1994, p. 36-37


Dans la livraison d’octobre 1994 de Liberty Bell, vous avez publié un article de Friedrich Berg sous le titre : «Les machinistes devaient porter un masque à gaz quand ils s’occupaient des fourneaux». J’avais pris part au débat par une lettre que vous aviez publiée dans la livraison d’avril 1993 de Liberty Bell ; il y était question du caractère explosif du HCN [acide cyanhydrique] et de mon expérience, en tant qu’ingénieur, du matériel anti-explosion utilisé pour le gaz naturel.


Ce n’est pas l’existence d’une proportion tonnante air-gaz qui détermine l’installation de dispositifs anti-explosion. Ce qui préoccupe, c’est le fonctionnement défectueux du matériel ou l’erreur de l’opérateur dans la manipulation des gaz inflammables à proximité d’un foyer ouvert. En particulier, les fuites, par le matériel, de gaz plus lourd que l’air (ce qui n’est pas le cas du HCN) dans des locaux fermés. Pour l’industrie, c’est le propane qui est le mauvais larron. Dans la plupart des cas, on exagère le danger, mais les installations se font néanmoins conformément au règlement de la National Electric [Company]. Ce qui ne veut pas dire que telles étaient les exigences en Allemagne nationale-socialiste. Je suis certain que tous les plans de l’époque, pour toute installation qui comportait normalement la présence de quelque proportion que ce fût de HCN dans l’atmosphère, prévoyaient du matériel antiexplosion, quoi qu’on en pense à la firme Du Pont [de Nemours].


Il est exact que les limites d’inflammabilité du HCN s’étendent de 5,6 à 40 % en volume dans l’air, mais ces limites valent pour les conditions normales et elles s’élargissent en fonction de la température et, je pense, de la pression. Si bien que, si une poche de mélange air-gaz prend feu, le brusque accroissement de température enflammera également les volumes plus dilués de mélange air-gaz, ajoutant ainsi à la masse enflammée, donc à l’explosion.


Récemment, en feuilletant ma collection d’anciens numéros du magazine Life, je tombais sur un article (Life, 22 décembre 1947, p. 31) avec des photos d’une maison de Los Angeles « avant » et « après » une fumigation au gaz cyanhydrique. La photo d’«après» montrait la maison totalement effondrée après la dévastation provoquée par l’explosion. Par ailleurs, cette année [1994], au cours des informations, on a rapporté qu’une maîtresse de maison avait ouvert, pour une seule opération, vingt-cinq boîtes de désinfectant (bombes anti-punaises), ce qui avait provoqué une explosion.


Dans la vie réelle, le HCN explose bel et bien. Je reconnais aussi que la plupart des gens qui l’utilisent en ignorent généralement le danger.


R. T., Californie


[R.T. est un ingénieur répondant à F. Berg qui minimisait les dangers d’explosion du HCN.]


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Kreiszeitung Böblinger Bote, 16 novembre 1995, p. 7,

d’après « DPA » [Deutsche Pressagentur]


Désinsectisation improvisée


Le ratage a été complet. Trois habitants de la localité ont été intoxiqués tandis qu’une quantité d’insectes xylophages en ont réchappé : tel est le bilan d’une opération désastreuse entreprise contre des nuisibles dans une église de la localité touristique de Lovran, près de Rijeka en Croatie. A cause du travail improvisé des désinsectiseurs, il a fallu, pour raison de sécurité, évacuer plusieurs centaines d’habitants de la localité.


Les désinsectiseurs avaient voulu s’attaquer de nuit, au moyen d’un gaz hautement toxique, à des vers à bois dans l’église Saint-Juraj de Lovran. Comme ils n’avaient pas obturé le bâtiment dans les règles de l’art, le gaz s’était échappé vers les maisons voisines où les habitants étaient déjà en train de dormir. «Subitement pris de nausées, les gens se sont heureusement tout de suite éveillés, ce qui les a sauvés d’une mort certaine», écrit le journal Vecernji List. Cependant, trois habitants ont souffert d’intoxication grave. Le maire a décidé l’évacuation du centre de la localité. Les désinsectiseurs ont été arrêtés. Les vers à bois ont survécu.


Je dois la communication de cet article à l’obligeance du chimiste allemand Germar Rudolf qui avait participé aux rencontres révisionnistes de Munich et de Bavière du Sud et qui m’écrivait, le 5 décembre 1995 :


L’information de l’Agence allemande de presse est parue dans bien d’autres journaux. Cette information prouve en fait ce que vous avez toujours affirmé [sur le sujet] – contre le scepticisme de maint révisionniste, y compris moi-même.


20 décembre 1995